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Lettre ouverte à J-L. Mélenchon

Prétendre que l’Union européenne, et l’Euro, auraient été conçus, peu ou prou, pour protéger les peuples contres les influences de la mondialisation est un mensonge éhonté. L’UE a été en réalité à l’avant garde du mouvement qui défait les Etats au profit des grandes firmes multinationales. Elle n’est que l’héritière du projet américain conçu dans la guerre froide.

Cher Jean-Luc Mélenchon,

Vous avez indiqué dans un interview au site hexagones.fr , qui a été largement repris dans la presse, votre volonté de prendre du champ après les cinq années frénétiques que vous avez passées à la tête du Front de Gauche et où vous avez donné ce que vous pensiez être le meilleur de vous même pour ce parti. C’est bien compréhensible. Vous avez été particulièrement exposé durant cette période, et l’on ne vous a pas ménagé les critiques injustes, voire scandaleuses, allant jusqu’à vous chercher des querelles d’allemands sur votre prétendu antisémitisme. Que vous ayez été blessé par ces attaques, ces insinuations, cette volonté constante de vous nuire, est bien normal et tout à fait naturel. Mais, telle est –hélas – la vie politique en France. A bout d’arguments, on n’hésite pas à inventer des polémiques odieuses. J’en ai fait l’expérience aussi, que ce soit de la part d’un certain Pierre Moscovici, qui se prétendait Ministre des Finances, mais aussi de celle – et c’est plus regrettable – d’Alexis Corbières du Front de Gauche.

Vous dénoncez le double jeu que joua le PCF, que ce soit en freinant l’expression politique du Front de Gauche lors des élections présidentielles ou en passant des compromis sans principes avec les « solfériniens », pour reprendre le joli terme dont vous avez affublé le parti dit « socialiste ». Ce double jeu a rendu la position du Front de Gauche largement illisible, et partant inaudible. Il ne fut pas pour rien dans le mauvais résultat enregistré lors des dernières élections européennes. Tout ceci est juste. Pourtant, tout ceci était aussi parfaitement prévisible. On connaît les pratiques de la direction du PCF, qui à bien des égards est un parti « zombi », un mort-vivant qui ne tire ses subsides et son importance que des quelques sièges et positions électorales qu’il peut maintenir justement grâce à des alliances avec les « solfériniens » Je sais qu’existent des militants, et même des responsables locaux et régionaux du PCF qui ne partagent en rien l’attitude de leur direction, d’un Pierre Laurent ou d’un Ian Brossat. Les courriers nombreux que j’ai reçus depuis dix-huit mois me le confirment. Mais, la direction du PCF s’est autonomisée de sa propre base, imitant de fait ce qui se passe au Parti dit « socialiste ».

Il faut donc affronter aussi des réalités plus déplaisantes : pourquoi en France le Front national explose-t-il au niveau électoral alors que le Front de Gauche stagne ? Vous n’esquivez pas ce problème, cher Jean-Luc Mélenchon, et c’est tout à votre honneur. Mais l’argument sur le « talent » de Marine le Pen est un peu court et il ne peut convaincre. La véritable réponse se trouve dans la difficulté, pour des raisons électoralistes pour certains (le PCF) et pour des raisons idéologiques chez d’autres, à assumer le caractère radical de la souveraineté. Il y a de cela plusieurs années, j’avais répondu à un journaliste du monde en paraphrasant Lénine : la haine de la Nation est l’internationalisme des imbéciles. En un sens, tout est dit. L’obsession de « revivre les années trente » pousse un certain nombre d’esprits mal avisés à refuser de dire publiquement des choses qu’ils pensent pourtant, de peur d’être assimilés au Front national, un parti qu’ils assimilent – très à tort d’ailleurs – au NSDAP. Ceci les conduit, par étapes successives à rejeter l’idée de Nation au prétexte qu’elle pourrait donner naissance au nationalisme.

Votre responsabilité à vous, Jean-Luc Mélenchon, dirigeant emblématique et charismatique du Front de Gauche, est à cet égard lourdement engagée. Plus le Front de Gauche tardera en la matière, plus il minaudera sur des questions qui impliquent pourtant des solutions claires et précises, comme sur celle d’une sortie de l’Euro, et plus il accumulera du retard face au Front National. La crise de société que nous connaissons a aussi la dimension d’une crise de l’alternative. Incapable de s’opposer, si ce n’est en discours, à la politique du pouvoir, rusant quand il faudrait une rupture franche, le Front de Gauche devient pour le coup parfaitement inaudible. Ceci, et c’est en un sens une dimension du drame français, laisse le champ libre à la politique réactionnaire de Hollande et de ces gouvernements, mais aussi au développement du Front National comme seule alternative. Les militants du Front de Gauche, quelle que soit leur origine, qu’ils viennent du PCF, du Parti de Gauche ou d’autres composantes du Front de Gauche doivent se faire entendre. Car, ce qui est entre leur main dépasse de loin la question de l’avenir électoral d’un parti.

La remise en cause de la souveraineté et de la démocratie porte atteinte au plus profond de la nature de la société française. Certes, il peut y avoir des Etats souverains qui ne sont pas démocratiques ; mais on n’a jamais vus d’Etat démocratique qui ne soit pas souverain. Ce sont donc les fruits amers, mais sommes tout logiques, du processus de mondialisation et de construction de l’Union européenne. Prétendre que l’Union européenne, et l’Euro, auraient été conçus, peu ou prou, pour protéger les peuples contres les influences de la mondialisation est un mensonge éhonté. L’UE a été en réalité à l’avant garde du mouvement qui défait les Etats au profit des grandes firmes multinationales. Elle n’est que l’héritière du projet américain conçu dans la guerre froide[1]. Elle se construit sur ce que Stathis Kouvelakis va, en se référant à un ouvrage relativement récent de Perry Anderson[2], pour décrire comme « ...une mise à distance de toute forme de contrôle démocratique et de responsabilité devant les peuples est un principe constitutif du réseau complexe d’agences technocratiques et autres collèges d’experts qui forme la colonne vertébrale des institutions de l’UE. Ce qu’on a appelé par euphémisme le « déficit de démocratie » est en fait un déni de démocratie »[3]. On peut en dire autant de l’Euro, qui bien sur n’est pas responsable de tous nos maux, mais qui concentre en lui-même toute la charge négative de la financiarisation et de la dépossession de la souveraineté populaire.

Il faut donc le répéter, il ne peut y avoir de sortie de cette crise que nous vivons que par un retour à la souveraineté et à la démocratie. Mais l’urgence de ce retour s’impose de manière désormais tragique. L’approfondissement de cette crise nous conduit sur les chemins de l’anomie ou de l’éclatement dans des replis communautaristes. Dès lors, il nous faut penser ce que pourrait être, et tactiquement et stratégiquement, le bloc historique qui sera capable de penser et de porter la nécessaire réappropriation de la souveraineté et de la démocratie. Si, prenant du champ par rapport aux contraintes de la direction du Front de Gauche, vous pouviez nous revenir dés la rentrée avec un projet cohérent sur ce point, alors cela prouverait que vous avez su tirer les leçons des errements de ces deux dernières années.

Et, en attendant, permettez moi de vous souhaiter bon repos avant les échéances qui s’annoncent.

[1] Ce qui fut déjà analysé par J-P. Chevènement, La faute de M. Monnet, Paris, Fayard, 2006.

[2] Anderson P. Le nouveau vieux monde, Marseille, Agone, 2011 (en anglais The New Old World (2009) Londres, Verso).

[3] Kouvelakis S., in C. Durand (sous la direction de), En Finir avec l’Europe, Paris, La Fabrique, mai 2013, p. 51

Original de l’article

COMMENTAIRES  

18/08/2014 14:49 par Sierra

Et zut ! ......j’suis d’accord.

18/08/2014 18:42 par Calame Julia

" ce sont donc les fruits amers, mais sommes tout logiques "
Ce sont les fruits amers, mais (somme toute faite) logiques, du processus...
(Ou en inversant : ce sont les fruits logiques et somme toute amers etc).

18/08/2014 20:04 par Dwaabala

Allumons un cierge dans la grotte de Massabielle puis implorons la Vierge et Bernadette Soubirous, -voulez-vous ?

18/08/2014 23:17 par Taliondachille

Si, prenant du champ par rapport aux contraintes de la direction du Front de Gauche, vous pouviez nous revenir dés la rentrée avec un projet cohérent sur ce point

Hé non ! Mélenchon doit porter le projet du FdG et pas le contraire. Tant que l’on attend tout d’un chef en bêlant, il ne se passera rien. C’est le B-a-ba de la révolution.

19/08/2014 00:16 par gérard

Monsieur Sapir,
Un économiste, quand il n’est qu’un économiste, si on peut faire une comparaison osée, ne peut pas se contenter de n’être qu’un stratège militaire qui aurait fait ses plans de bataille sans tenir compte de tous les multiples autres éléments que seraient les troupes, les munitions, le terrain, l’adversaire, les éléments atmosphériques, les alliés, etc etc...(liste non exhaustive !)
Quelqu’un a dit que les économistes avaient été créés pour que les météorologues se sentent moins ridicules (dans leurs prévisions...). L’économie est une des sciences les plus inexactes qui soient, on est bien d’accord ?
D’ailleurs vous n’avez pas été toujours pour la sortie de l’Euro, non ? Mais je peux faire erreur...
Sortir de l’Euro (j’y suis favorable) mais ce n’est qu’un simple outil ponctuel pour rendre l’économie d’un pays plus compétitive...et si tous les autres pays dévaluent, le résultat est nul.
Ce n’est donc pas la panacée, l’arme absolue et elle serait extrêmement difficile à réaliser si elle n’était pas accompagnée en tout premier lieu d’un large soutien populaire de toutes les classes sociales d’une part, (point de la plus haute importance) et de préférence en coopération avec d’autres pays de l’Europe ; pour le coup une "Union Européenne" ferait la force. Vous n’êtes pas sans ignorer qu’un Pays qui sortirait de l’Euro(pe) aurait fort à faire (euphémisme) avec le Système économique et monétaire mondial. Depuis la guerre en Yougoslavie, beaucoup ont tenté de le combattre et ont été "écartés" un tout petit peu...violemment !
Relisez les objectifs et les moyens que Jacques Généreux propose par son "programme", son "plan de bataille".
Reprendre un discours "nationaliste" et prôner, en "sautant comme un cabri"....sortir de l’euro ! sortir de l’euro ! sortir de l’euro !...n’aurait rien changé au problème de fond de la Gauche, qui est surtout celui des cadres du Parti Communiste et de ses élus. Ils se battent c’est certain, par tous les moyens possible aussi, mais pour exister encore sur la place politique tant ils ont peur du chômage, et là, vous avez effleuré le problème, mais effleuré seulement.
Ah la bourgeoisie, elle fait des "petits" partout, même à Gauche !
Là est une partie du problème...
L’autre, il est politique aussi et rien que politique !
Au lendemain des élections présidentielles, il ne fallait sous aucun prétexte ralentir cet élan de Gauche qui s’était formé sous l’impulsion de Mélenchon, l’Assemblée Constituante etc, euro ou pas euro, c’était l’élan qui était le plus important, mais ça, ce n’est pas de votre domaine, pas celui de l’économie.
Il fallait donc reprendre la main dans la contestation radicale du Système, être plus à Gauche que le PC (ça...il n’aime vraiment pas !).
C’était risqué, ça je vous l’accorde. Il fallait donc accélérer, car comme lorsque que l’on saute un fossé, si on hésite, inévitablement on se "ramasse la gueule" au milieu, et au milieu en politique, c’est le vide.
Et c’est effectivement ce qui s’est passé...
Vous savez pertinemment bien que le programme du Parti de Gauche, celui de Généreux, amenait iné-vi-ta-ble-ment à sortir de l’Euro, mais lui, il voulait le faire sans l’annoncer auparavant...avec des "biscuits", avec des alliés, avec une tactique...
Que le Front de Gauche ait pris, après ou avant les élections, la position de sortir de l’Euro ainsi qu’un langage nationaliste, vous, vous pouvez vous le permettre en tant qu’économiste, mais pas Mélenchon, lui qu’on associe déjà trop souvent aux "extrêmes qui se rejoignent" pour en "rajouter une couche".
Je vois d’avance le sourire béât de Marine en tendant une carte du FN à Jean Luc : "vous la voulez ?"
Car le jour où j’ai appris le programme du FN, celui de sortir de l’Euro, et toutes ses positions prétendument "républicaines" et nationalistes, j’ai immédiatement compris que sans une réaction forte de la Gauche c’était foutu, le "diable" occupait déjà la place !
A partir de cet instant il ne fallait surtout pas/plus s’occuper du tout du FN, qu’il n’était pas le problème, mais, et là je vais me faire incendier, mais qu’il était une partie de la solution contre le Système. En gros, il fallait le déborder sans s’en préoccuper...
Deux mots quand même sur le pourquoi le FN serait une partie de la "solution".
Il suffit d’aller écouter ce que dit un "petit nouveau" au FN du nom d’Aymeric Chauperade et de l’analyser objectivement (sans langue de bois ça va être dur pour certains !). Si, si...Il y a du changement à l’extrême droite, il n’ y a pas que des fachos (mais ce n’est vraiment pas nouveau) et là c’est l’erreur fondamentale de la Gauche de n’avoir pas secoué ses neurones sur ce sujet depuis 1945. Sujet très épineux...celui de la posture anti-système qui est bien réelle d’une partie de l’extrême-droite. Mais passons sur ce sujet.
Vous reprochez à Mélenchon de n’avoir pas abordé la « réappropriation de la souveraineté et de la démocratie », mais c’est archi-faux concernant la "démocratie" ; la 6ème République c’était quoi une proposition.esthétique ?..un 6 pour faire plus joli qu’un 5 ?
Quant à la Souveraineté je n’ai qu’une seule chose à dire : relisez (si vous les avez lues) les propositions économiques (c’est bien votre partie ?) de Jacques Généreux, c’est désolant comme discours...
Que « l’Union européenne et l’Euro, auraient été conçus, peu ou prou, pour protéger les peuples contre les influences de la mondialisation est un mensonge éhonté » mais c’est certain, et il le sait parfaitement bien Mélenchon, en admettant qu’il ait dit ça (j’aimerai bien les références de ses propos), réécoutez plutôt ses discours !
Mais vous pensez sincèrement que c’est maintenant qu’il va faire l’historique de la construction européenne, de Jean Monnet et de la CIA etc..., dans l’état où sont les connaissances populaires sur un sujet qui a été mythifié depuis 60 ans par le Système et même par la Gauche, alors que le PC s’est rallié au concept d’une transformation de l’Union Européenne en une "Europe Solidaire des Travailleurs" (ou un truc dans ce genre) ?
Je rêve !
Encore une fois critiquer l’Europe et préconiser de sortir de l’euro, c’est entrer directement dans la dialectique du FN...
Le piège s’est refermé, et il n’est plus moyen ou il sera très difficile d’en sortir.
Ce n’est pas à Mélenchon qu’il aurait fallu adresser cette lettre.

19/08/2014 01:46 par legrandsoir

Encore une fois critiquer l’Europe et préconiser de sortir de l’euro, c’est entrer directement dans la dialectique du FN...

Ou alors, c’est réapproprier une dialectique qu’on n’aurait jamais du laisser au FN. Une des règles fondamentales du combat politique, c’est de ne pas laisser l’adversaire définir les termes de ton combat.

19/08/2014 03:37 par Le fou d'ubu

Les commentaires me laissent rêveur ...
Les croyants attendent leur messie pendant que les athées dissertent sur le digne représentant du parti qui doit porter la révolution en étendard ... C’est du pareil au même. Alors Jésus ou JLM ... Si vous me permettez ! A tout choisir je préfère Jésus plutôt que le frère truelle installé là, pour encore plus divisé le sens commun ... La preuve il s’en va quand ses ouailles ont le plus besoin de lui ... Il est fatigué. Vous entendrez parler de lui bientôt une fois reposé de son éreintant combat, à l’occasion de son ’reclassement’ cinq étoiles ... Eh oui ! Lui aussi à fait son job Mélanchon ! Incroyable ! Et pourquoi pas rappeler Laguiller puisqu’on y est (grand respect pour elle) ! Être bloqués encore dans des appareils de partis qui ont perdu tous les combats depuis 50 ans et ont prouvé leur obsolescence et innocuité, faut le faire !... La folie disait Einstein est la répétition d’une même méthode dans l’espoir d’un résultat différent ... Faut l’écouter les gars. Ce mec était intelligent, servons-nous de sa lanterne pour éclairer notre chemin. Sinon encore cinq années supplémentaires de dissertation sans le moindre commencement du début de l’aube des solutions à mettre en œuvre nous attendent ... Mais pas les objectifs de nos ennemis ...
Je comprends mieux désormais certains silences ...et le silence de certains. Décidément Brassens avait vu juste et le temps ne change rien à l’affaire ...
Ma Grand Mère me disait tout petit. ’Si un jour tout va mal, chante. Ce que tu veux, mais chante. ’

Alors je chante :

lalala ... Amis (es) ! Pendant que tu cherches encore un chef, n’entends-tu pas le vol noir du corbeau sur la plaine ... lalala lalère...

José ... de Roubaix

19/08/2014 09:26 par Cunégonde Godot

M. Mélenchon et le Front de gauche n’ont jamais été jusqu’à maintenant que le ramasse-miettes de la social-démocratie appelée aussi parti "socialiste", comme Mme Le Pen et le Front "national" (quoi qu’il en dise) ne sont et ne seront jamais que les ramasse-miettes de la droite en général. Ces partis sont mus peu ou prou par la haine consciente ou inconsciente du peuple souverain : dans les faits, la haine de la France, de sa culture, de son histoire, d’un certain art de vivre qu’elle confond, ou fait semblant de confondre dans le cas du FdG, avec le "nationalisme", etc.
L’ "Europe" (et l’euro) = disparition de la France. Le peuple français souverain l’avait compris un certain 29 mai 2005, sous les crachats de ses pseudo-élites. Le peuple, pas le Front de gauche apparemment. Etonnant, non ?
Le FdG se prétend internationaliste et européiste, ce qui est une contradiction fondamentale (il n’en est pas à une près, c’est vrai). Pis, une absurdité !
Une autre contradiction du Front de Gauche (la gauche autoproclamée radicale) si européiste : il soutient Gaza tout en acceptant ou prônant la dilution de son propre territoire dans le maelström ethnico-communautariste "européen" otanesque et ultra-libéral. Etonnant, non ?
Bon, j’arrête là, je suis en train de me faire du mal...

19/08/2014 09:59 par Autrement

Tiens, la grotte de Massabielle, quelle drôle d’idée...
Lascaux, Padirac, c’est bien plus intéressant !

19/08/2014 10:03 par gérard

@ legrandsoir
Mais bien évidemment et c’est très exactement ce que je voulais exprimer !
Preuve en est qu’en quelques mots on peut en dire bien plus que dans tout un discours...
Le problème reste entier : que faire maintenant ?
Et d’ailleurs qu’aurions nous eu toujours du faire ?
Qu’aurait toujours du faire la Gauche ?
La réponse se trouve dans le Grand Soir, et c’est dedefensa qui, avec cet article, (à mon avis) la définit très bien :
http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1188&r_id=3

Il faut autrement dit introduire le désordre [dans le Système] en son cœur, par tous les moyens possibles. Tous les actes, tous les événements, dans tous les domaines, selon toutes les formes qu’ils peuvent prendre, sont comptables de ce devoir fondamental, qui est nommé “résistance”

Le (à mon avis) était intentionnellement mis, justement pour bien mettre l’accent sur le grand intérêt du GS et qui doit perdurer, sa diversité dans la cohésion, et ce malgré et/ou grâce à quelques "frictions" qui doivent surtout confirmer que « de la contradiction naît la lumière ».

19/08/2014 13:05 par Sierra

LGS a écrit :

"Ou alors, c’est réapproprier une dialectique qu’on n’aurait jamais du laisser au FN. Une des règles fondamentales du combat politique, c’est de ne pas laisser l’adversaire définir les termes de ton combat"

Mais voila, tout est dit. En 2008 il y eut une occasion tout à fait HISTORIQUE pour la gauche, la vraie gauche, de se refaire un costume sur mesure sur le dos d’une énorme crise largement managé par la finance et son prolongement, la mondialisation. Cependant, le bouton "mute" est rester enfoncé, et ce durant des années ou les opportunistes du national-populisme se sont imposé sur un terrain traditionnellement labouré par la gauche, hors PS évidemment. Pendant ces années, la LCR a explosé, LO s’est refermé dans sa coquille, le PCF s’est dissous dans les tractations pour son avenir, le PG arrivé tardivement n’a pas osé le souverainisme par rapport à l’euro, et le FDG porteur de l’espoir populaire, s’est sclérosé par la nouvelle couverture du F Haine, n’osant pas aller sur un terrain pourtant opportunément confisqué par ces derniers. Se réapproprier les thèmes traditionnels, et surtout les aspirations de bon sens comme un discours très clair à l’égard de ce montage de destruction massif, n’est pas se fourvoyer avec l’hydre fascistoïde. Comprendre puis marteler que l’imposture du Front National n’est qu’opportunisme et non pas convictions, permettra de remettre les choses en place. Et enfin, QU’ILS OSENT LE DISCOURS ATTENDU SUR LA SORTIE DE L’EURO ET DE L’EUROPE TELLE QUELLE EST PROPOSÉE !

19/08/2014 16:08 par Dwaabala

Il n’est pas sûr que l’électorat du FN se détermine sur la question technique de la sortie de l’Euro, ou sur la question politique d’un retrait relatif de l’UE.
Tout lui est bon pourvu que ce soit franchouillard, xénophobe et raciste ; et sur ce terrain il est difficile et sans intérêt de lui courir après en matière d’agitation et de propagande.
En admettant, à titre d’hypothèse saugrenue, que les forces populaires parviennent à soustraire un nombre appréciable de suffrages au FN sur les deux premiers thèmes (Euro, UE), ainsi qu’au PS et autres, quelles serait donc la fiabilité et la durée d’un tel soutien électoral pour la démocratie, c’est-à-dire la lutte contre le capital, son appareil d’État, son idéologie déversée à flots par ses vecteurs de propagande, et surtout le mode de vie des masses qui en est le soutien le moins visible mais le plus lourd ?

19/08/2014 16:46 par gérard

@ Le fou d’ubu
Il faut avoir le courage de terminer ta phrase, de Brassens tu cites :
« le temps ne change rien à l’affaire ... »(exactement c’est "ne fait rien à l’affaire")
la suite c’est : "quand on est con, on est con"
C’est plus clair comme ça, non ?
Je trouve ton analyse un peu partiale, il y en a bien qui remontent à Jaurès et à Robespierre...
Sérieux, ce n’est pas du tout une question de personne, mais d’en venir enfin à un système véritablement démocratique, celui justement que M (le maudit ?) préconise(ait) de tous ses vœux, celui d’une sixième république, et bazarder enfin cette "monarchie (si peu) républicaine".
Heu, juste un détail Mélenchon s’écrit avec un e.

19/08/2014 17:24 par Cunégonde Godot

Dwaabala :
En admettant, à titre d’hypothèse saugrenue, que les forces populaires parviennent à soustraire un nombre appréciable de suffrages au FN sur les deux premiers thèmes (Euro, UE), ainsi qu’au PS et autres, quelles serait donc la fiabilité et la durée d’un tel soutien électoral pour la démocratie, c’est-à-dire la lutte contre le capital, son appareil d’État, son idéologie déversée à flots par ses vecteurs de propagande, et surtout le mode de vie des masses qui en est le soutien le moins visible mais le plus lourd ?

L’élément de langage "forces populaires" peut très bien s’appliquer à l’électorat du Front national. L’électorat, pas le noyau idéologiquement fasciste, plutôt maigre. Nous ne sommes pas dans les années 30 du siècle dernier, l’Histoire ne repasse pas les plats. Alors, assez de ces précautions "bouchage de nez" de socialisme de supermarché. Quant à l’expression "mode de vie des masses" en lieu et place de peuple français, ça fait sourire...
Vous faites partie, Dwaabala, à l’aune de votre style littéraire (et si manifestement condescendant), de la classe cultivée qui doit tout à une république, la France, sachant jadis fabriquer ses élites, mais aussi des individus qui, sortant de l’Education nationale, savait peu ou prou penser par eux-mêmes.
Et vous ne cessez de cracher sur ce pays et ses habitants. Vous croyez vraiment que les "masses" sont assez bêtes pour ne pas s’en rendre compte – et aussi se rendre compte de l’amateurisme "trotsko-populiste" d’un Mélenchon p.ex. ?...

19/08/2014 18:22 par legrandsoir

Mélenchon est néanmoins le meilleur d’entre eux (à moins que vous ayiez un nom à nous proposer à part casser du sucre systématiquement sur "la gauche de la gauche")

19/08/2014 18:27 par gérard

@ Cunégonde Godot
On a « le sionisme de service » mais il ne faudrait surtout pas oublier notre anti-F-D-Giste obsessionnel...
Il manquait sérieux.
Tu dis :
« Le peuple français souverain l’avait compris un certain 29 mai 2005 »
Mais rien n’est plus faux !
En 2005, il n’avait absolument rien compris de l’Europe ni du Traité Constitutionnel le "peuple français souverain", il ne l’avait déjà même pas lu (et je m’inclus dedans)...
Et quant à en comprendre les "entourloupes", là c’est encore une autre histoire !
Pourquoi a-t-il voté NON ?
Alors là...mystère ! Vote anti-Chirac ? Il y a de fortes chances...
Bien vu Taliondachille, la conclusion de cet article m’avait moi aussi choqué...
Vous êtes tous on ne peut plus constructifs ça fait plaisir à voir...
Entre mysticisme et nihilisme on n’a guère le choix...
Les deux mènent au suicide...
politique cela va sans dire !

19/08/2014 18:39 par Le fou d'ubu

@ Gérard

" Être bloqué encore dans des appareils de partis qui ont perdu tous les combats depuis 50 ans et prouvé leur obsolescence et innocuité !! Faut le faire "...

J’aurai préféré que tu commentes cette phrase plutôt que mes fautes d’orthographe. Mais comme d’hab on s’attache au dérisoire et on le "sophistise"... Tu as aimé les "bétonneurs du statu quo", tu en es pourtant un avec ta sixième république. Les cinq autres étaient pourries pourquoi penses-tu qu’une sixième ferait l’affaire. On fait du neuf avec du vieux et surtout les mêmes crapules qui ont professionnaliser la vie politique pour qu’elle nous échappe ... Encore et toujours la servitude volontaire. Incapable de se prendre en main en nombre pour foutre tout ça dehors ...
Quand à mon courage, rassures-toi on est toujours le con de quelqu’un (moi aussi)... Que l’on ait vingt ans où que l’on soit grand Père ...

19/08/2014 19:46 par Dwaabala

Pour le nihilisme il faut aller voir chez L-F Céline, -ou pour le suicide, -ou pour l’extermination, et non pas du côté de ceux qui pensent, pour paraphraser Le Grand Soir dans une récente objection à un commentaire , qu’ « il fait toujours beau quelque part ».

19/08/2014 21:37 par Dwaabala

Une argumentation sans doute intéressante : Sur la sortie de l’euro, réponse à Jacques Sapir

19/08/2014 22:54 par Feufollet

Enfin une remise à jour, un dépoussiérage nécessaire des cerveaux
De temps en temps, faut oser laver le linge sale en famille
La machine à laver Jacques SAPIR est une marque recommandable
Espérons que J-L. Mélenchon en profitera pour s’en rafraîchir les idées
Car mon candidat préféré, pour qui je ne pouvais pas voter
A su accumuler quelques contradictions notoires
Ecologie et productivisme industriel par exemple
Mais bon, ce serait dommage que J.-L. Mélenchon finisse son destin
Juste en écrivant un livre sur sa vie difficile

19/08/2014 22:57 par gérard

@ Le fou d’ubu
Pour la faute sur Mélenchon, c’est assez rigolo, mais ceux qui mettent un a c’est très souvent ceux qui ne l’aiment pas et/ou ceux qui ne connaissent pas ses idées, et toi tu fais apparemment partie du second groupe par le jugement que tu portes sur cette éventuelle VIème république. Je n’ai plus en tête les détails, mais grosso modo, elle devrait être issue d’une Constituante et abolir ce style de dictature soit disant démocratique. Si quelqu’un a plus de détails....
Tiens un court métrage/dessin animé que je trouve formidable et qui illustre assez bien nos propos, il est assez connu mais je me le refais de temps en temps, par gourmandise, Mouse Land :
http://www.youtube.com/watch?v=G8dYrK62cjE
Mais je suis d’accord sur tes alertes sur les professionnels de la politique, sur tes inquiétudes, j’ai les mêmes. Depuis bien longtemps, bien avant que ce soit de "mode", j’étais, et suis toujours, partisan de l’écologie politique et de la décroissance intelligente, et j’avais donc disons de très lourdes aversions pour le monde politique, pour ne pas dire plus.
Le seul qui m’ait pour ainsi dire "réveillé" c’est Mélenchon, malgré ses défauts. Donc je l’ai beaucoup écouté.
A ma connaissance c’est le seul homme politique qui ait dit un jour, en gros : "oui, à telle époque j’ai fait ceci, j’avais telle idée, mais je me suis trompé"
Là, il avait gagné...au moins mon attention, ce qui était déjà beaucoup !
De Jean Luc Mélenchon : « je m’interdis le mot croissance »
http://www.reporterre.net/spip.php?article2779
Peu connu de lui : Intervention sur la défense nationale :
http://www.dailymotion.com/video/xpvina_intervention-de-jean-luc-melenchon-sur-la-defense_news
Mais qu’on se comprenne bien ce n’est nullement mon idole, je n’en ai aucune, même Brassens, c’est dire !

20/08/2014 00:40 par gérard

@ Dwaabala
Bien de passer ce lien sur l’intervention de Guillaume Etievant du Parti de gauche, je l’avais oublié, il est pourtant dans mes marque-pages, mais où ?
Je ressorts un des points de cette intervention qui me semblent être un des plus importants [sujet qu’avait d’ailleurs développé assez longuement Jacques Généreux (sa "tactique" dont je parlais), dans une interview assez ancienne : http://www.dailymotion.com/video/xday9w_j-genereux-lesprit-de-munich-a-enva_news]
« Mais contrairement à Jacques Sapir, nous considérons que le préalable au changement n’est pas la sortie, mais bien au contraire la bataille politique pour créer une crise diplomatique et politique au sein de l’Union européenne. »
Cela correspond d’ailleurs à ce que je disais en premier [19/08/2014 à 00:16] sur le fait que sortir de l’euro « n’est donc pas la panacée, l’arme absolue ».
On est d’accord ?
Cet article de Sapir, bien qu’il y ait des choses intéressantes dedans, apparaît vraiment trop en "donneur de leçon" moralisateur, avec une conclusion où il apparaît que son auteur ne tient nullement compte ni des analyses de Généreux, ni celles d’Etievant, et paraît rester bloqué sur ses propres arguments. Étrange...
@ 19/08/2014 à 19:46 par Dwaabala
Que vient faire Celine là dedans ?
Il faudrait traduire tout le reste qui apparaît tout autant obscur...

20/08/2014 06:53 par Le fou d'ubu

@ Gérard
Pour en terminer avec Mél(E)nchon et l’analyse graphologique. Je me fous complètement de ce bonhomme. Il n’est ni plus ni moins comme le reste de intelligentsia politique qui a confisqué notre destin. Tu veux que je lise ses mots ? Quels qu’ils soient, je n’ai plus confiance. Hollande aussi a dit que son ennemi c’était la finance. Apparemment il a menti ou il a changé d’avis. Pourquoi JLM serait sincère. Parce qu’il déclare s’être trompé ! C’est suffisant ! ... Déjà il aurait du dire qu’il NOUS avait trompé avec ses erreurs passées. Comment croire encore qu’elles étaient involontaires et non assujetties ?
Gérard, tu sais que je n’ai point d’idoles à défendre moi non plus. Sur ça on est OK. Mais à suivre quelqu’un je vote Brassens ... Même défunt il vaut mieux que l’autre en bonne santé ... Après, ce que j’en pense doit en toucher une à plus d’un ... Aujourd’hui une sixième république pour inscrire dans le marbre ce qui sera obsolète demain. Voilà une idée qu’elle est bonne ... Moi qui croyait que la révolution était un processus permanent ...

Cordialement

20/08/2014 09:25 par Cunégonde Godot

Dans l’article « La sortie de l’euro, réponse à Jacques Sapir » (lien proposé par Dwaabala), on peut lire ceci :

(...) La position du Front National est donc loin d’être plus offensive que la nôtre. Il ne proposera une sortie de l’euro aux Français qu’après avoir essayé par la négociation de modifier les statuts de la BCE. Tout son battage autour de l’euro n’est qu’un écran de fumée médiatique pour masquer les intérêts de classe qu’il défend et le fait qu’il ne cherche absolument pas à affronter le capital.
Sortir de l’euro plutôt que renoncer à notre politique
De notre côté, nous pensons qu’il faut, par la désobéissance aux traités européens, mener une bataille politique au sein de l’UE, sur la question monétaire comme sur les autres politiques européennes. Si cette bataille ne permet pas un changement radical des statuts de la BCE, alors il y aura un éclatement de la zone euro. Nous ne resterons pas dans l’euro s’il reste ce qu’il est aujourd’hui. Nous en serons exclus ou en sortirons volontairement.

Mais où se trouve donc la différence entre ces deux "politiques" puisqu’il ne s’agit dans l’une comme dans l’autre que de changer les statuts (changer le règlement intérieur du capitalisme) ? Nulle part. Ces deux "politiques" qui n’en sont qu’une consistent, dans les faits à se coucher.
Changement de règlement intérieur : astuce mis en œuvre par les "surgés" autrefois, dans les pensionnats, pour vider les abscès de rebellitude chez les lycéens (et dont les plus bêtes et les plus paresseux poursuivaient leur "luttepourlalutte" à la LCR). Fin de la parenthèse...

Et sur quoi d’autre que cette "analyse" reposent les incessantes et paranoïaques pleurnicheries du gouvernement français actuel (dans la continuité du précédent de droite) auprès de l’archevêque du Capital en "Europe" : l’Allemagne ?.

Tous ces tristes personnages, dès lors qu’ils sont d’accord sur le fond – rester quoi qu’il en coûte dans l’ "Union européenne", quoi qu’il en coûte aux peuples, vous savez ceux qui sont trop abrutis pour comprendre quoi que ce soit et votent de travers sauf coup de bol —, tous ces tristes personnages dis-je nous psalmodient ad nauseum depuis des décennies leurs variations (l’euro, pas l’euro, unique, commun, p.ex.) sur un thème unique : le capitalisme mondialiste otanesque. L’ "Union européenne" est l’essence même du capitalisme-système. Prétendre lutter contre le capitalisme en y restant enfermer (surtout qu’il suffirait de pousser la porte de sortie, non verrouillée), comme le propose le FdG, à l’image du "PS" (toutes tendances), confine au délire schizophrénique. Rien de plus. Voilà où nous en sommes !

L’eurochouillardise est une religion. Prions mes frères...

20/08/2014 13:00 par CN46400

Dans le raisonnement de Sapir, quelque chose coince :
1-Pourquoi la crise concerne, à des degré divers, tout le système capitaliste et pas seulement la zone euro ?
2- pourquoi fait-il l’impasse sur le pb de la création monétaire qui depuis bien avant l’arrivée de l’euro est l’apanage des banques privées mondialisées qui se servent largement (trop ?) sur ce gâteau.
3- Pourquoi ne pas préconiser le retour des états dans cette création, en fonction de leur importance économique dans le cas de la zone euro ?

20/08/2014 13:45 par Leo Lerouge

Mais comment peut-on dire avec aplomb :

Mais rien n’est plus faux !
En 2005, il n’avait absolument rien compris de l’Europe ni du Traité Constitutionnel le "peuple français souverain", il ne l’avait déjà même pas lu (et je m’inclus dedans)...
Et quant à en comprendre les "entourloupes", là c’est encore une autre histoire !
Pourquoi a-t-il voté NON ? Alors là...mystère ! Vote anti-Chirac ? Il y a de fortes chances..."

alors que le référendum a mobilisé toutes les forces militantes de gauche, tournées vers un objectif commun, empêcher la ratification du TCE, comme cela ne s’était plus fait depuis longtemps ? Et qui a vu la victoire du non à près de 55%.
Et c’était contre toute espérance, car, pratiquement tout l’UMPS, emmené avec acharnement par le tandem sarkozy-Hollande, main dans la main, soutenus par un battage médiatique sans précédent, où tout ce qui était de près ou de loin journaliste, "expert", chef d’entreprise, saltimbanque ou autres agents pro-TCE se relayait inlassablement dans tous les médias et dans toutes les émissions, même de variétés, pour débiter la propagande pour le "oui".

Comment lutter, dans ce cas ? Comment informer ?
Le 29 octobre 2004, était signé, à Rome, le texte sur le Traité établissant une Constitution pour l’Europe. Ce texte devait être proposé aux Français par voie de référendum, le 29 mai 2009.
Mais, déjà, vers la fin de l’année 2004-début 2005 (je n’ai pas retrouvé la date exacte), l’Huma–Dimanche proposait un dossier complet et très documenté pour décrypter le texte. Un électrochoc.

Il y a eu d’énormes meetings partout en France, avec les plus importants acteurs de la gauche anti-TCE : avec des politiques, M-G Buffet, O. Besancenot, JL Mélenchon (encore au PS jusqu’en 2008 - eh, oui, Mélenchon n’est pas né en 2009 avec le FdG !), Clémentine Autain (apparentée PCF à l’époque), des économistes (dont Jacques Généreux, qui n’est pas, non plus, né avec le FdG), des associations comme Attac ou la Fondation Copernic (avec, entre autres, Raoul Marc Jennar et Yves Salesse, qui en était le coprésident), j’en oublie beaucoup.

Mais ils ne prêchaient pas dans le désert : sur le terrain, leurs textes, leurs déclarations, étaient relayés, de toutes les façons à disposition, par des militants syndicaux et politiques, par ceux qui faisaient partie de collectifs unitaires antilibéraux ou par de simples citoyens.
On retrouve certains textes, parmi tous ceux qui ont été publiés à l’époque, ici (dont un texte de Viktor, dont le lien est, hélas, invalide. Viktor, si vous m’entendez \o).

Quant à Jacques Généreux, que l’on prétend promouvoir sans le connaître, il publiait, le 3 mars 2005 le "Manuel critique du parfait européen : les bonnes raisons de dire non", un ouvrage qui était vendu à 25 000 exemplaires, et qui a été probablement lu par quatre ou cinq fois plus de personnes. Or, ce n’était pas la seule référence à disposition.

Ce qui s’est passé ensuite n’enlève rien à la formidable dynamique de 2005. Et s’explique, justement, en grande partie, par cela.

Il fallait ne militer nulle part, et ne s’intéresser à rien, pour passer à côté de toute cette effervescence.
Et ignorer ce pan de l’histoire, c’est ne pas avoir en main un élément essentiel du puzzle politique de ce début de millénaire et vouloir réécrire l’histoire à travers son propre prisme étriqué.
Il est, donc, ridicule de suggérer que le résultat de ce référendum avait peut-être été un mouvement d’humeur contre Chirac.
Si Chirac avait proposé un référendum, au lieu d’un simple vote parlementaire, comme souvent ailleurs, c’est que le secrétaire du PS de l’époque, un certain François Hollande, lui avait garanti que la gauche voterait oui comme un seul homme.
Et elle aurait voté oui, ou se serait abstenue, s’il n’y avait eu un tel élan.
Et si à l’Huma, ils n’avaient pas décortiqué ce texte, ouvrant la voie aux débats qui ont eu lieu par la suite.

En conclusion, on peut parvenir à combattre la propagande, mais il y a pire que la propagande, il y a la désinformation propagée par des gens qui, de toute évidence, n’ont jamais milité et se prétendent "anars, tendance Mélenchon".

@le Fou d’Ubu : je suis d’accord, une VI° république parachutée d’en haut par les professionnels de la politique est une aberration. Cela se terminerait comme la cacophonie qui a suivi le vote au référendum.

20/08/2014 16:43 par Autrement

Le labyrinthe du nihilisme ? À condition d’éclairer sa lanterne pour voir le fil qui permet d’en sortir.
Le possible est une catégorie de la pratique, et non seulement de la logique (ni surtout de la logique du constat, qui fige les éléments du réel). En logique, A est A et n’est pas non-A. En dialectique (qui fait aussi intervenir la temporalité dans les contradictions), des non-A du passé sont encore présent dans A, et d’autres non-A à venir y sont aussi déjà présents. Il s’agit de savoir s’orienter pour peser dans la bonne direction.
Ceci est évidemment très sommaire.
Voir Lucien Sève"Une introduction à la philosophie marxiste, suivie d’un vocabulaire philosophique", Paris : Éditions Sociales, 1980 (1re, 2e et 3e éditions) et autres ouvrages et études.
Je n’ai pas lu le livre de Jean Sève, qui me paraît plus ardu et moins pertinent (voir ici même), mais il doit développer la même idée dans un autre registre, et avec des exemples ou des propositions peut-être discutables.
Pour moi, c’est une vérité vécue : c’est toujours sur le terrain de la pratique qu’il est possible de sortir d’une situation en apparence sans issue, même si l’issue frayée est toujours à frayer en continu. C’est ce qui me paraît ressortir des multiples expériences de ce qui se passe en Amérique latine. Mais c’est aussi vrai ailleurs.

20/08/2014 16:59 par ADSkippy

A lire certaines commentaires, même au GS, il y a ceux qui pratiquent de la diatribe, l’indulgence intellectuelle, égocentrique, qui n’ont rien avoir avec, ni révolution, ni avec la lutte des classes, donc n’ont rien de dialectique mais de l’immaturité politique infantile. Avec tant de négativisme, si on comptait sur eux pour mobiliser les masses et de changer la société, rien ne se ferrait jamais.
Mais je soupçon ceux-la ( ils se reconnaîtront) de s’en foutre, pourvue qu’ils aient leurs quart d’heure de gloire personnelle.
Mais ne vous gêné pas pour moi et tous les autres, qui eux, ont autre chose a faire que de se laisser distraire de ce qui est l’essentielle.
Bon courage a tous.

20/08/2014 19:11 par eric

A ceux qui préfèrent chanter et faire des arguments àl’emporte pièce, je fournis la vaseline

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