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Les particules fines, cet alibi pour de futures taxes

Chien Guevara

C’est une première en France. Plusieurs associations ont décidé de déposer une plainte au pénal contre X pour mise en danger d’autrui, à cause de la pollution aux particules fines qui sape la qualité de l’air en Ile-de-France, rapporte France Info, lundi 10 mars.

L’alerte aux particules, le plus haut seuil de mise en garde, a été déclenché vendredi en Ile-de-France par l’agence de surveillance de qualité de l’air Airparif et la préfecture de police. Un dépassement du seuil d’information est encore attendu lundi. Francetv info se pose trois questions autour de cette plainte.

Qui porte plainte ?

"Il fallait donc que cela arrive. La société civile se rebiffe", annonce l’association écologiste Respire. Cette ONG a annoncé son intention de soutenir la plainte déposée mardi au pénal par l’association Ecologie sans frontière. Cette dernière est à l’origine de l’idée du Grenelle de l’environnement ( ndlr : une sacrée référence, en effet ). Les deux associations sont également regroupées dans une structure, le Rassemblement pour la planète, qui doit s’associer à la plainte.

Pour quelles raisons ?

Les associations dénoncent l’immobilisme des pouvoirs publics pour lutter contre la pollution de l’air. "Le rapport Roussel, sur l’impact des pollutions d’origine automobile, a fait le lien entre particules fines et cancers, il y a maintenant plus de 30 ans", explique l’association Respire sur son site. "Mais (...) nos représentants politiques successifs ont laissé perdurer une situation inadmissible", s’indigne l’ONG, qui se plaint notamment d’une police de l’environnement en sous-effectif.

"Dès qu’il fait beau, dès qu’il fait sec en hiver, vous avez des pics de pollution, les urgences se remplissent. Les slogans et les petites manifs très gentils, ça ne suffit plus", renchérit le vice-président d’Ecologie sans frontière, Nadir Saifi. Pour mémoire, selon un rapport de 2005 (en anglais) de la Commission européenne, les particules fines tuent environ dix fois plus de personnes que les accidents de la route chaque année en France ( ndlr : ha bon ? alors pourquoi autant de radars et d’alcotests ? ).

Quels sont les objectifs de cette plainte ?

Nadir Saifi rassure les automobilistes, ils ne sont pas visés par cette plainte. Il s’agit plutôt de s’attaquer "au trio mafieux Etat, constructeurs automobiles, pétroliers", confie-t-il au Figaro. ( ndlr : les automobilistes ne sont pas visés, certes, mais ils en seront les victimes ) L’objectif pour les associations, c’est de "dresser l’ensemble de la chaîne de responsabilités", ajoute Nadir Saifi. Le responsable d’Ecologie sans frontière réclame notamment "une vraie fiscalité incitative sur les voitures et carburants propres" ( ndlr : qui aboutira à coup sûr sur une taxation des véhicules que vous classez « sales » ).

En attendant l’issue de cette plainte, Francetv info vous livre quelques conseils pour vous protéger de cette pollution. Il est ainsi déconseillé de courir, de fumer ou de faire des travaux. A l’inverse, cela ne sert à rien de rester chez soi ou de porter un masque.
http://www.francetvinfo.fr/meteo/particules-fines/ile-de-france-une-plainte-contre-x-deposee-a-cause-de-la-pollution-aux-particules_548527.html

Je n’en reviens toujours pas. Hier soir, après une belle journée ensoleillée, la première depuis des mois, je pensais retrouver mes enfants heureux d’avoir enfin pu jouer dehors sans bonnet ni imperméable. Et de s’amuser autrement que devant leur tablette ou leur console.

Mon petit bonhomme de 9 ans m’annonce en fait un peu triste : "On n’a pas eu le droit de courir à l’école, à cause de la pollution."

Le principe de précaution poussé jusqu’à l’absurde

Les bras m’en tombent. Un pic de particules fines accompagne, comme souvent désormais, la présence d’un anticyclone. Et aussitôt les indicateurs passent au rouge, les "lanceurs d’alerte" se mettent en branle, la belle idée de la prévention est brandie pour protéger toute la population des dangers mortels de la pollution atmosphérique...

Les plus vulnérables, bébés, asthmatiques, insuffisants respiratoires doivent être prévenus et protégés, et c’est très bien. Mais des enfants en pleine forme, qui manquent juste un peu de vitamine D après six mois de grisaille, et qui ont surtout envie de se courir après et de taper dans un ballon, pourquoi les priver d’activité physique et de moments de joie collective dans la cours ?

Le principe de précaution poussé jusqu’à l’absurde, c’est le trouble obsessionnel-compulsif des pays modernes, saturés d’écologie extrême et de couvertures "supercondriaques" universelles...

Déjà, bien avant cette loi-qui-interdit-de-courir-quand-il-fait-beau, il est devenu impossible d’apporter des gâteaux fait maison à l’école pour fêter les anniversaires avec les copains dans la classe. Il faut que tout soit emballé, sous sachet avec la composition détaillée sur l’emballage pour ne pas risquer de graves allergies... Quelle tristesse, surtout quand on voit ce qui se trouve réellement dans ces beaux produits de l’industrie alimentaire !

La peur inhibe, trouble le jugement

On dit souvent les Français pessimistes (plus que les Afghans sur l’avenir de leur pays !), déprimés, repliés sur eux-mêmes. Mais ils sont surtout anxieux, phobiques, hantés par les risques de déclassement dans un monde qui ne cesse de se transformer et où l’immobilité est mortelle.

Obsédés par le risque zéro (et les ministres donnent bien l’exemple dans ce domaine), beaucoup finissent par refuser les vaccins à cause d’effets secondaires rarissimes sans réaliser que, ce faisant, ils s’exposent à des maladies bien plus graves. La peur inhibe, trouble le jugement. La recherche de protection et les évitements, tous les thérapeutes le savent, ne conduisent qu’à aggraver la peur.
Il n’est bien sûr pas question de remettre en cause les principes essentiels de santé publique, mais un peu de bon sens et de hiérarchisation seraient les bienvenus de la part des pouvoirs publics.

La priorité politique absolue devrait être de protéger les enfants et adolescents contre les dangers catastrophiques de l’alcool et du tabac, ou contre la violence et le stress qui conduisent certains à la dépression et au suicide. Ces combats là sont certes bien plus difficiles et coûteux que de produire des niveaux d’alerte liés à la pollution de l’air, mais les enjeux sont aussi bien plus nobles et salutaires pour notre société et nos enfants.

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1155921-beau-temps-mon-fils-en-danger-a-cause-de-la-pollution-une-peur-absurde.html

On accuse donc le diesel de polluer plus que le sans plomb. OK, certes ! Sauf que lu ailleurs : "Toutefois, l’essence risque de ne pas faire longtemps figure de bonne élève. Les nouveaux moteurs à injection directe émettent dix fois plus de particules fines que les moteurs diesel actuels, accuse la fédération Transport & Environment, citée par Les Echos. Car les constructeurs refuseraient "de leur adjoindre un filtre ad hoc". Un comble, puisqu’ils sont amenés à se généraliser "pour répondre aux nouvelles normes antipollution Euro 6".

On accuse aussi les particules fines issues du diesel et du bois de cheminée. OK, certes ! Sauf que lu ailleurs : "Concernant la taille, on considère que les pollens les plus petits sont ceux du myosotis (7 µm) et les plus gros, ceux de la courge (150 µm). Les pollens de moins de 10 µm sont réputés plus souvent allergènes : bouleau, aulne, charme, noisetier, châtaignier, chêne, cyprès, frêne, olivier, peuplier, platane, etc."

Les particules fines, cet alibi pour de futures taxes

Et si tout ce cinéma n’était qu’un scénario calculé pour taxer le gasoil, les voitures diesel, le bois de chauffage et les cheminées ?

Et si nos camarades écolos s’interessaient un peu plus aux lobbying de téléphonie mobiles ou fournisseurs d’internet. La wifi est inoffensive, c’est bien connu, les ondes des téléphones portables aussi, n’est-ce-pas ? Et puis, pourquoi ne pas cumuler les deux, car vive la technologie ! Internet en méga haut débit sur son smartphone, presque greffé dans la main : la 3G ? dépassée ! La 4G ? un pallier vers la 5G ! Et pour capter internet en haut débit sur son téléphone portable, en roulant sur l’autoroute, dans un train ou même en avion désormais, vous n’avez pas l’impression qu’il faut une sacrée dose d’ondes ? Ecologiques, les ondes ? Apparemment plus que le chauffage au bois, vu ce qu’on peut lire dans la presse.

Je crois que la planète est tombée sur la tête ... Les militants « écolo », vous avez un pois-chiche bio à la place du cerveau, ou quoi ?

Les feux de cheminées polluent, les voitures diesel polluent. Ben oui !

Mais il faut croire que les avions ne polluent pas, les centrales nucléaires, et toutes les industries non plus. Et les centaines de camions de marchandises lithuaniens qu’on croise sur les autoroutes d’Espagne (ce n’est qu’un exemple parmi les milliers de camions qui parcourent des millions de kilomètres chaque jour, rien qu’en europe) sont sans doute non polluants ; et si on restaurait le réseau ferroviaire ? Ce serait sans doute moins polluant, et moins gênant pour les particuliers qui circulent sur les autoroutes encombrées de camions.

Mais non, nos politiciens écologistes ne parlent que de sujets débiles, car ils n’ont pas le courage d’attaquer les vrais problêmes qui sont liés au Grand Capital. Par contre les stupidités qu’ils mettent en avant, attaquent les particuliers, et là, ça les excitent, parce que ce sont des proies faciles !

Compléments d’information :

(Juste pour les détails) : Les particules fines causent-elles vraiment 42 000 morts par an en France ?

"44 000 morts chaque année", du fait des particules fines, dont "au moins une bonne moitié" peut être imputée au diesel. C’est ce que lâchait Jean-Vincent Placé, sénateur et président du groupe Europe Ecologie-Les Verts au micro de Radio classique et Public Sénat lundi 4 mars, pour dénoncer les effets "catastrophiques" du diesel pour la santé. Un chiffre aussi évoqué par la ministre du logement Cécile Duflot tandis que la ministre de l’écologie Delphine Batho parlait pour sa part de 42 000 morts "prématurées". Alors, les particules fines font-elles vraiment plus de 40 000 morts chaque année en France, soit 8 % des décès annuels ? Et quel est l’impact du diesel ?

Ce chiffre ne vient en réalité ni de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ni du ministère de l’écologie – comme l’ont répété en boucle hommes politiques, associations et médias – mais de la Commission européenne. Il est issu du rapport CAFE CBA : Baseline analysis 2000 to 2020 publié en 2005 par le programme CAFE (Clean Air for Europe, "Air pur pour l’Europe"), mené par la Commission européenne de 2001 à 2006 pour lutter contre la pollution atmosphérique.

Les chercheurs ont ainsi étudié l’impact sanitaire des particules fines, ces éléments en suspension dans l’air d’un diamètre inférieur à 10 micromètres voire 2,5 micromètres – les fameuses PM10 et PM2,5 –, qui pénètrent profondément dans le système respiratoire et provoquent de nombreuses pathologies, surtout chez les personnes fragiles.

( ndlr : comme on peut le lire, les particules fines ne viendraient que du diesel et des feux de cheminées )

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/03/06/particules-fines-vraiment-42-000-morts-par-an-en-france_1842963_3244.html

(Juste pour le fun (Abruti niveau bas)) : Oui, il faut une taxe sur le diesel !

Réduire nos émissions de gaz à effet de serre en réduisant notre consommation énergétique, ce n’est pas faire plaisir aux " bobos " comme certains le disent. Engager la France sur la voie de la sobriété énergétique, c’est se battre au quotidien aux côtés de ceux qui subissent de plein fouet la hausse du prix de l’énergie et l’épuisement des ressources mondiales. C’est rappeler chaque jour que 8 millions de Français survivent dans la précarité énergétique.

Gardons le cap, choisissons le camp de la gauche, celui du progrès social, de la lutte incessante contre les inégalités, d’une gauche qui donne à tous le droit de vivre sainement. Ne laissons pas les plus pauvres de côté sur le chemin de la transition énergétique, n’ayons pas peur d’une fiscalité écologique juste, progressive, redistributive et incitative.

N’ayons pas peur de le dire, l’alignement de la taxation du diesel sur l’essence est une urgence en matière de santé publique, d’environnement, de pouvoir d’achat. C’est une mesure sociale. Le diesel tue des milliers de femmes et d’hommes chaque année aux frais de notre protection sociale.

( ndlr : comme on peut le lire, on veut ajouter une taxe sur le diesel, et ça va aider les défavorisés, en plus de moins polluer... Portnawak ! )

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/09/19/oui-il-faut-une-taxe-sur-le-diesel_3481361_3232.html

Citoyen, ouvre les yeux et n’écoute plus ces charlatans de politiciens, et encore moins ces ONG/associations « écologiques » qui parlent à leur place !

Chien Guevara

L’article chez lui : Les particules fines, cet alibi pour de futures taxes

 http://forget.e-monsite.com/pages/les-scandales/les-particules-fines-cet-alibi-pour-de-futures-taxes.html

COMMENTAIRES  

22/03/2014 19:09 par Geb.

Et ça fait combien de "particules fines" une heure de vol de "Rafale" ?

Ou une heure de consommation d’un Char Leclerc dans lequel on peut brûler n’importe quoi, de l’huile de vidange au fuel lourd ?

Et les "particules fines" de l’Uranium appauvri qu’on a larguées sur la Libye et son peuple et qu’on se prend les jours de Sirocco en Provence, elles s’arrêtent en Méditerranée ???

Geb.

23/03/2014 12:42 par Dominique

Il y a une double confusion dans cet article. La première entre les militants écologiques, lesquels sont pour la plupart des gens sincères, et leurs dirigeants, lesquels ne sont que des politiciens. La deuxième consiste à jeter dos à dos la gauche et les écolos. Pour moi ces deux luttes s’inscrivent dans la même lutte, et il sera impossible de gagner l’une sans gagner l’autre. Elles sont en fait la même lutte.

Le problème des dirigeants écolos sont que ce qu’ils proposent n’est pas de l’écologie mais une sorte de scientisme, la croyance qu’un techno-capitalisme serait à même de nous sauver, or les chiffres montrent que les nouvelles technologies ne suppriment pas les anciennes, au contraire elles ajoutent de nouvelles sources d’exploitation des ressources naturelles aux anciennes, ainsi que de nouvelles sources de pollution.

Quand à l’état, c’est à dire à la majorité des politiciens, il est largement complice lui qui au lieu de prendre des mesures efficaces ne fait que remplacer une capote trouée par une autre tout autant trouée, et bien sur prélever des taxes. Sur ce point, je rejoins tout à fait cet article.

Marx a montré que le problème de base est lié à notre rapport avec la nature. C’est le rapport borné des hommes avec la nature qui conditionne tous les autres rapports humains. Des anthropologues modernes comme Philippe Descola sont d’accord avec lui sur ce point. Marx va plus loin car il montre aussi qu’il s’agit d’un cercle vicieux qui à partir du rapport avec la nature, produit les autres rapports humains comme les rapports sociaux ou économiques, et ’qu’à leur tour, ces autres rapports sociaux entretiennent ce sur quoi ils sont basés, notre rapport avec la nature.

Le point de départ de ce cercle vicieux se situe au début de l’Antiquité lorsque l’homme a commencé à séparer la nature et la culture. C’est à dire qu’il a commencé à se croire supérieur au reste de la création, à croire que l’esprit est supérieur à la matière, et que certains sont plus proches des dieux que les autres, ouvrant ainsi la voie à 3 formes de racismes : le racisme contre la nature, le racisme contre le travail manuel et le racisme ordinaire.

De ces 3 formes de racisme, comme Marx le montre, le racisme fondamental est celui contre la nature. Nous savons aussi que derrière le racisme il y a toujours une exploitation : exploitation de la nature, exploitation des travaux manuels qui sont plus pénibles et moins bien rémunérés que les travaux intellectuels, et exploitation de tous par tous.

Il est dés lors faux de croire que le problème se résume au seul capitalisme. Une partie de la gauche confond encore communisme avec système productiviste. L’intention est bonne et je la partage : satisfaire tous les besoins humains, mais sans tenir compte aussi des besoins de la nature, notre société qu’elle soit capitaliste, communiste ou écolo-techno-capitaliste court à la catastrophe. Et de nombreux jeunes ne s’y trompent pas, une statistique montre qu’en Suisse, depuis plus de 10 ans, de moins en moins de jeunes passent leur permis et qu’ils privilégient d’autres moyens de transport comme la marche, le vélo et les transports publics.

Il y a 30 ans les gens me disaient "T’as pas ton permis, tu fais comment ?". Aujourd’hui je l’ai passé pour des raisons professionnelles et ils me disent "T’as pas de voiture, tu fais comment ?". C’est uniquement une question de priorité. Définir ses priorités, et s’organiser en conséquence. Et en plus j’ai la satisfaction de ne pas polluer l’air des autres pour quelque chose d’aussi simple que me rendre à mon travail ou faire des courses. Si bien que je peux regarder mes enfants dans les yeux sans avoir honte de leur laisser un monde encore plus pollué que celui que j’ai trouvé. Ceci est juste un exemple, il ne faut pas le prendre comme une attaque personnelle.

Par contre, cela démontre que le problème environnemental et le problème sociétal posé par le capitalisme aujourd’hui ne sont que les deux visages d’un problème encore plus vaste, celui posé par notre rapport avec la nature. Il y a une solution, c’est revenir à une structure horizontale de pouvoir, ceci aussi bien dans la société qu’entre la société et la nature. Ceci implique que notre société doit non seulement avoir pour but de satisfaire les besoins humains, mais qu’elle doit aussi satisfaire les besoins de la nature, et que comme le rapport de l’homme avec la nature est ce qui conditionne tout, la satisfaction des besoins de la nature doit passer avant la satisfaction des besoins humains.

Il faut aussi remarquer que comme l’être humain fait partie intégrante de la nature, satisfaire les besoins de la nature revient à satisfaire une partie importante des besoins humains. Il ne restera donc que moins de travail à faire si nous commençons par satisfaire les besoins de la nature.

Historiquement, satisfaire les besoins de la nature n’était pas difficile, il suffisait de la laisser faire. Aujourd’hui c’est une autre affaire. Avec l’industrialisation, le pillage des ressources de la planète est devenu industriel, est avec lui aussi bien la pollution engendrée par la transformation systématique des ressources extraites en sources de pollution que la destruction des biotopes. La situation est tellement désastreuse que des scientifiques ont prouvé que le taux de disparition des espèces animales et végétales, ceci sur terre comme dans les mers et les océans, est d’ors et déjà supérieur à celui de toutes les extinctions massives d’espèces précédentes. Ceci implique qu’aujourd’hui la nature a besoin d’être réparée et ceci de toute urgence. Autrement, comme nous sommes le sommet de la chaîne alimentaire et que ce sommet a toujours disparu lors de extinctions massives d’espèces, nous savons tous ce qui nous attend : la disparition pure et simple d’une espèce assez bête pour avoir consciemment supprimé les conditions nécessaires à la vie.

Si l’espèce humaine survit, je suis sur que les responsables de cette gabegie seront jugés coupables au même titre que les nazis furent jugés coupables à Nuremberg.

23/03/2014 13:48 par Geb.

Si l’espèce humaine survit, je suis sur que les responsables de cette gabegie seront jugés coupables au même titre que les nazis furent jugés coupables à Nuremberg.

Hummmm !!

J’espère surtout que ça sera un peu plus complet et radical.

Parce qu’à "Nuremberg", sous la pression des Anglo-Saxons "libérateurs" y en a pas mal qui sont passés au travers du filet ou/et qui n’ont eu que des peines de principe et ont retrouvé leurs intérêts bien au chaud juste après...

Ils en ont juste pendus quelques uns des moins utiles et des plus voyants.

Et je laisse volontairement de côté les deux ou trois mille Nazis récupérés lors de l’"Opération Paperclip" par les USA. Qui les ont utilisés durant des décennies pour leurs programmes d’armements secrets.

Ou les "exfiltrés" et "planqués" en Amérique du Sud ou dans diverses localisations secrètes en Europe afin de les recycler dans les réseaux "Stay-Behind" ou les "Gestapo" locales latino-américaines.

Alors de grâce... Ne me parlez surtout pas de "Nuremberg" et de cette mascarade tragique à l’usage des gogos.

Pourquoi pas du "TPI" pendant qu’on y est. ?

Geb.

23/03/2014 16:10 par Dominique

Geb,
Je suis bien d’accord avec toi. C’était l’heure de terminer mon commentaire, il faut voir cette formule comme l’expression de ce que je ressens par rapport à l’élite politico-intellectuelle de notre société par rapport aux problèmes écologiques. Pas comme un souhait de ce qui devrait être fait, à savoir ce dont ils ne parlent jamais : instaurer un pouvoir horizontal dans la société dont la base soit des comités de quartiers et d’ouvriers. Et aussi faire que le pouvoir contrôle l’économie, et non l’inverse comme aujourd’hui.

Pour inverser la spirale destructrice dans laquelle se trouve notre société, il faudra aussi bien que ses buts soient non seulement la satisfaction des besoins humains, mais aussi ceux de la nature. Quand cela sera fait, nous ou nos enfants pourront paraphraser Marx :

« L’identité de l’homme et de la nature apparaît aussi sous cette forme, que le comportement harmonieux des hommes en face de la nature conditionne leur comportement harmonieux entre eux, et que leur comportement harmonieux entre eux conditionne à son tour leurs rapports harmonieux avec la nature. »

23/03/2014 23:47 par Chien Guevara

@ Dominique

Tu dis : "Il y a une double confusion dans cet article". Mais c’est justement le but de mon article !

Tu dis : "La première entre les militants écologiques, lesquels sont pour la plupart des gens sincères, et leurs dirigeants, lesquels ne sont que des politiciens."
Les militants écologiques sont tellement sincères qu’ils sont naïfs, et leur militantisme est systématiquement récupéré par des politiciens / économistes qui ne cessent de transformer la sauvegarde de la planète ou de notre santé, en taxes !

Tu dis : "La deuxième consiste à jeter dos à dos la gauche et les écolos. Pour moi ces deux luttes s’inscrivent dans la même lutte, et il sera impossible de gagner l’une sans gagner l’autre. Elles sont en fait la même lutte."
Et moi, je te dis : non ! L’écologie , ce n’est pas de la politique, et ça ne devrait être ni de gauche, ni de droite ; on voit d’ailleurs les dégats de la politisation de l’écologie !

L’écologie, c’est une façon de penser, de vivre ; et (désolé de décevoir les gauchistes), si ça devait se rapprocher de quelque chose, ce serait de l’anarchisme !

En fait, le truc essentiel dans le quotidien que nous vivons, et qui me fait gerber, c’est : "tu pollues, tu payes" !
Car ça ne sauvera que les banques, et en aucun cas la planète !

24/03/2014 09:17 par rouge de honte

En fait, le truc essentiel dans le quotidien que nous vivons, et qui me fait gerber, c’est : "tu pollues, tu payes" !
Car ça ne sauvera que les banques, et en aucun cas la planète !

C’est une certitude !
La pollution due à l’être humain est générée par son pouvoir d’achat et presque toujours liée à celui-ci :
Un franc dépensé est un franc qui pollue, que ce soit pour l’achat de pain, d’électronique ou le payement d’une taxe.
Même les economies de carburant faites, par exemple, par l’achat d’un véhicule efficient, seront dépensées d’une façon ou d’une autre et finiront par polluer...
Le seul moyen est d’investir dans de la terre, ou d’enterré l’argent dans celle-ci :-)
Réduire sont temps de travail, gagner moins pour ceux qui ont trop, culture et culture, entraide etc
Surtout ne pas croire aux chimères atomiques, aux moulins à vent électriques et autres pompes à fric...

24/03/2014 12:17 par Dominique

@ Chien Guevara

Sur le premier point je suis bien d’accord. J’avais peut-être mal compris, et si cette discussion a pu contribuer à lever ce mal-entendu, c’est une bonne chose.

Sur le deuxième, je suis d’accord que l’écologie devrait être un art de vivre. Mais malheureusement elle ne l’est pas. À la place nous avons un gigantesque système d’exploitation industriel de la planète et de transformation de ses ressources en sources de pollution. La base de ce système est bien antérieure au capitalisme, elle remonte au début de l’Antiquité et si les modes d’exploitation ont changé jusqu’à nous donner le capitalisme, l’idéologie bourgeoise qui sert de justification morale à cette exploitation n’a pas changé, et c’est la même idéologie qui justifie aussi bien l’exploitation et la destruction de la nature par l’homme, l’exploitation des ouvriers et le racisme ordinaire.

La destruction de la nature n’est devenue problématique qu’avec l’industrialisation. Le couple industrialisation-capitalisme est en train de détruire les conditions nécessaires à la vie sur notre seule source de vie. Mais les racines du problème sont l’idéologie qui permet cela. Les indiens d’Amérique du Nord qui n’avaient jamais lu ni Marx ni GreenPeace ne s’y sont pas trompé, et ils avaient bien compris ce double aspect du problème, moral et commercial, eux qui dirent aux colons qui les massacraient et qui massacraient les bisons :

« Un être humain qui ne respecte pas son environnement est incapable de respecter ses semblables. »

« Vous ne comprendrez que l’argent ne se mange pas que le jour où il ne restera rien d’autre. »

La première citation montre qu’ils avaient bien compris que la mère de toutes les exploitations et de tous les racismes est l’exploitation et le manque de respect envers la nature. Et je te rejoint quand tu dis que cela devrait être une façon de penser, de vivre. Vivre en harmonie avec la nature est une façon de vivre et de penser pour les indiens, toute leur représentation du monde part de cette harmonie, et pas que pour ceux d’Amérique du nord. Encore aujourd’hui, le mode de vie des indiens des forêts primaires qui n’ont pas encore été exterminées contribue à la biodiversité de leurs forêts. Et nous avec toute notre technologie, même avec les nouvelles, nous sommes incapables de faire autre chose que de détruire la biodiversité. Pourtant il existe des preuves concrètes que même avec des technologies modernes, il est possible de contribuer à la biodiversité, par exemple l’agriculture cubaine.

Sur les gauchistes, je fais une autre critique. Je part du Manifeste Communiste, lequel déclare que le but de la société humaine doit être de satisfaire tous les besoins humains. Il ne dit pas comment dans une telle société, dont le productivisme n’est pas nié mais simplement réorienté vers la satisfaction des besoins humains, le pillage et la destruction de la nature cessera. Et comme je suis athée, je ne crois pas plus dans le saint esprit du communisme que dans celui des lois du marché. De plus Marx a bien montré dans l’idéologie allemande que tout part de notre rapport borné avec la nature. C’est à partir du moment où ce rapport à cessé d’être basé sur le respect inconditionnel de la nature qu’un cercle vicieux d’exploitation s’est installé, et je ne vois pas comment, sans changer la nature de ce rapport avec la nature, c’est à dire sans l’intégrer à sa juste place dans les luttes, il serait possible de changer autre chose que la forme du problème.

Le communisme de l’URSS illustre bien cette problématique. Il a développé une société productiviste qui au nom du Communisme a construit des brises-glace nucléaires. Le réacteur nucléaire d’un de ces brises-glace a tellement chauffé qu’il a troué la coque et git quelque part au fond de la Mer du Nord, l’autre pourrit en cale sèche à coté de celui qui est troué. Et même à Cuba, il n’ont développé leur agriculture biodynamique que contraint et forcé par l’histoire. Ces deux exemples montrent que même dans une société révolutionnaire, rien ne se fait de lui-même, rien ne se fait sans décisions politiques. La gauche occidentale fait parfois de grandes déclarations sur l’environnement, mais quand elle doit choisir, elle choisit toujours le productivisme et ces places de travail.

De plus le problème n’est pas que les banques, mais toutes les multinationales. Quand une multinationale détruit une forêt primaire, lesquelles contiennent 75 % de la biodiversité mondiale, elle commet non seulement un biocide qui contribue à creuser la tombe de l’humanité, mais également un génocide car les populations forestières qui vivent dans ces forêts sont perdues à jamais. Et avec elles leur façon de vivre en harmonie avec l’environnement.

24/03/2014 12:44 par Anne Wolff

Je crois que nous sommes tous ici sont plutôt d’accord dans la diversité des points de vue.
Cela fait un moment que je préfère le terme écosophie à écologie, et milieu ambiant à environnement.
L’écologie, est la logique de l’habiter. Toute logique est un enchaînement formel valide de proposition mais qui dépend du choix des prémisses (indémontrable) qui en sont parfois le but… si les prémisses implique que ce qui est à sauver en priorité c’est le capitalisme, ou que le modèle national-socialiste est le meilleur possible, on peut sans problème créer une logique qui rend cela possible. Et au cours des derniers mois, je vois effectivement des informations concernant des organisations néo-nazies écologistes. Et je viens d’avoir une expérience avec des mouvements qui se disent écologistes apolitiques, qui en faite sont totalement impliqués dans une logique éco-fascistes, et des parlementaires wallons écolo sont impliqués à divers titre dans ce mouvement.
Ecosophie, indique simplement qu’il n’est pas possible d’éluder le débat éthique comme prélude au choix des prémisses.
J’accumule aussi les preuves théoriques et pratiques qui démontrent que non seulement capitalisme et nazisme marchent ensemble depuis longtemps. Pendant toute la seconde guerre mondiale, l’Europe de l’Ouest était en majorité sous dominance fasciste, et les USA qui avant, pendant, après ce sont fort bien accommodés du franquisme, qui ont contribués à installer le régime des colonels en Grèce, ne sont intervenus que lorsque la Russie Soviétique menaçaient de dérouter le nazisme dans l’ensemble de l’Europe. En réalité ils sont venu défendre leur territoire - marché européen contre le risque s’une soviétisation. Après le nazisme à semer ses métastases dans le monde et proliférer dans l’ombre et à présent il émerge comme étant la nature intrinsèque de cette nouvelle phase du capitalisme. Et nous devrions être bien plus en alerte par le franchissement de ligne rouge, en Ukraine comme au Venezuela, Washington ne se gène plus pour apporter ouvertement son aide à des mouvements qui se revendiquent tout aussi ouvertement du nazisme.
Une manière très simple de savoir de quel côté se place une théorie écologique, et de vois comment elle solutionne l’équation qui lie Ressources – modes de production-consommation (manière d’habiter) - nombres d’habitants.
Toute solution qui va donner priorité à des modes de production-consommation qui impliquent un sacrifice d’habitants est du côté du fascisme.
Non seulement les ressources et leur caractère renouvelables varient selon les modes de production. L’exemple le plus limpide : entre une terre améliorée de génération en génération par une agriculture traditionnelle de qualité et celle rendue incultivable par le Round-Up et autres contaminant on a soit une ressource non seulement renouvelable mais améliorable ou un épuisement irréversible. Etc…

Environnement – milieu ambiant. Pour certains cela reste de la théorie et ceux qui l’éprouvent comme réalité – la différence entre être posé sur ou être dans, partie de la nature – se rendent compte qu’on peut utiliser autant de mots que l’on veut ceux qui ne l’ont pas éprouvé ne comprenne pas.
Une des catastrophe actuelle est ce déplacement des paysans par centaines de millions de leurs terres en conséquence d’un accaparement par des corporations qui veulent à tout prix sauver le modèle qui leur permet l’accaparement du monde, de s’en rendre littéralement Propriétaires. Avec pour but de plus en plus manifeste de parvenir à une sorte de société en homéostasie, avec nombre réduit d’habitants-employés-consommateurs dans l’actualisation du projet de »domination du spectre complet » (ce n’est pas moi qui le dit, c’est exprimé dans leurs textes et se concrétisent de plus en plus clairement dans leurs actions, malheureusement ces textes qui circulent en espagnol de toute part sont très peu traduit en français).
Si nous somme du côté de ceux ui pensent que ce sont les modes de productions-consommations qu’il faut changer et notre relation avec la richesse, sa définition même, alors très vite nous avons conscience qu’il est urgent de renverser le rapport des populations de la ville et de la campagne, de mettre en chantier une agriculture qui non seulement aura besoin d’énormément de main d’œuvre mais aussi d’un énorme secteur de recherche, constituer comme cela se fait toujours d’avantage en Amérique Latine par les lieux et les moments où les professionnels de la culture partagent leurs connaissances (et échangent librement leurs semences). Fini la concurrence, et ses gaspillages irresponsables intrinsèque, et son enrichissement de l’un qui passe par le dépouillement de l’autre, bonjour la complémentarité, le partage qui nous enrichit tous (sauf bien sûr les accapareurs). Et même si ce n’est pas évident en ne considérant que le gouvernement du Venezuela et son action si l’on se tourne vers le pouvoir populaire de toute la région, dont les mouvements paysans et indigènes sont les avant-gardes éclairées par leur amour de la vie et de l’étant, c’est cela l’enjeu de cette guerre de basse intensité qui a commencé au Venezuela.
Et je n’emploie pas le terme « étant » par hasard, les zapatistes et d’autres aussi le font… là, présentement les modèles de Souveraineté Populaire-naturalisation et ceux de Fascisme-machination supposent des ontologies antithétiques… il serait temps d’en prendre conscience pour pouvoir extirper le mal à la racine…

24/03/2014 17:16 par Lionel

@Dominique, je rejoins Anne dans le fait d’avoir des divergences sur un sujet commun et dans l’accent qu’elle met sur l’idéologisation réelle d’une certaine vision de l’écologie.
Paul Ariès en a débattu à de nombreuses reprises ainsi que Serge Latouche.
Où je mettrais un bémol en relation, c’est avec la notion de "réparer" dont tu parles.
Les destructions liées à l’exploitation des ressources naturelles, leurs transformations et pollutions primaires et secondaires sont hélas irréversibles.
Sauf si l’on se place dans une perspective productiviste-technophile où les profits créés par l’élaboration de techniques de "réparation" faisant appel aux plantes et animaux mutés ou GM, en fabriquant des milieux artificiels qui ne seraient que des ersatz d’une misérable pauvreté mais sous le contrôle des Humains pour les raisons que tu invoques.
Refaire la nature ne fait pas partie de nos prérogatives, ce qui n’est plus ne sera pas de nouveau, il nous faudra composer et limiter l’extension des dégâts ( nous sommes lancés sur notre ère, un peu comme ces pétroliers géants à qui il faut au moins une douzaine de Km pour stopper... ) et bien être vigilants sur les certaines récupérations par le capitalisme vert.
Je pense que si nous détruisons c’est en effet pour nous accaparer ce que Dieu nous a légitimement attribué et athée ou pas, ça fait partie de notre charge culturelle de civilisation judéo-chrétienne.
C’est le sujet du désintéressement de l’occident populaire face à l’accaparement des terres, notre grille de lecture primaire du monde nous empêche de condamner ce que nous avons appris à trouver "normal".
De même je m’aventure à dire que l’occupation nazie n’a logiquement pas été sans effet-retard et que nous avons forcément intégré un quelque chose de cette saloperie, ce qui nous empêche de condamner les interventions guerrières.
La fascisation de la société se fait parce que nous y contribuons !

24/03/2014 17:58 par Lionel

Je tombe juste sur ce texte d’Anselm Jappe écrit à l’occasion du 18e anniversaire du mouvement zapatiste au Mexique qui cadre totalement avec le sujet et peut-être nous mettra d’accords...
http://sd-1.archive-host.com/membres/up/4519779941507678/Etre_libre_pour_la_liberation_Anselm_Jappe_Revue_Refractions.pdf

24/03/2014 21:07 par Anne Wolff

@ Lionel
Réparer n’est pas refaire à l’identique. Et je sais bien que les dégâts sont irréversibles, et que donc, il va falloir inventer.
Nettoyer est également un terme lié. Je suis loin de tout modèle industrialiste quel qu’il soit
Pour illustrer :ta maison est détruite pour une cause quelconque, pleins de matériaux sont irrécupérables, et tu n’as accès à aucun magasin. Qu’est-ce que tu fais tu restes planté là, à pleurer sous la pluie, puis la neige, sous prétexte qu’elle ne sera plus jamais là même, ou tu fais l’inventaire de ce qui est réutilisable, des éléments du milieu qui peuvent te servir et tu en construis une autre, que peut-être quand tu auras fait le deuil de la précédente tu trouveras pas si mal après tout ? Et pourquoi pas mieux ?
Je sais (d’expérience) que je n’hésiterais pas une seconde) et que le nettoyage est la première étape, le tri et l’inventaire,, et après on invente avec ce qu’on a...mais bon, j’ai vécu des années (6 d’affilé par là ) sous la tente, sans électricité, et cela compte parmi les meilleurs moments de ma vie... bonheur, pour moi, mais je sais bien que d’autres seraient hyper malheureux dans ce genre de situation.Ils ne savent pas ce qu’ils perdent !
Ici, c’est la terre notre Maison en voie de destruction massive... et les matériaux souvent dégradé qui la compose sont ce dont nous disposons... on attend la fin du monde ou on se retrousse les manches ?

25/03/2014 11:39 par Dominique

@Lionel

Si je suis bien d’accord qu’athée ou pas, nous héritons d’un lourd passé judéo-chrétien, je m’insurge totalement contre l’idée que dieu nous aurait "légitimement attribué" quoi que ce soit. Ce n’est pas dieu qui a écris la bible mais les hommes de dieu, et ce n’est pas du tout la même chose. La religion légitime le prophète et le prophète légitime la religion.

26 Dieu dit : « Faisons l’homme a notre image, selon notre ressemblance, et qu’il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toute la terre et toutes les petites bêtes qui remuent la terre ! » Genèse 1.1

Dieu en créant l’homme lui donne pour mission divine et sacrée, de dominer la terre et toutes les créatures qui s’y trouve. Il ne lui demande pas de vivre en harmonie avec la terre et ses créatures, au contraire il lui demande de dominer le monde. Aujourd’hui nous savons grace à l’ethnologie et des scientifiques comme Philippe Descola que le rapport de l’homme avec la nature conditionne toute l’ontologie d’une société, c’est à dire qu’il conditionne sa vision du monde, son mode de vie et son évolution historique. L’ontologie d’une société n’est donc pas une théorie mais une pratique.

Nous voyons ainsi que les valeurs véhiculées par cette simple phrase de la bible impose à l’homme toute sa destinée. Nous voyons aujourd’hui où cela nous mène. Alors dire que le capitalisme industriel est l’héritier logique du capitalisme, oui c’est certain. Mais venir dire que c’est légitime parce qu’un dieu aussi égoïste et conquérant que celui de la bible trouve cela juste, jamais. À noter aussi que dans l’ancien testament, un des mots qui revient le plus souvent est le mot terre, et que ce livre n’est qu’une cohorte de guerres, de conquêtes, d’esclaves et de meurtre pour le destin destin que ce dieu inique a fixé en page 2 : la conquête de la terre et de tout ce qui s’y trouve.

Puis on arrive à la vie de Jésus, un mec qui a chassé les marchands du temple mais qui n’a pas chassé les conditions rendant les pauvres et les riches possibles. L’amour biblique rime ainsi avec l’amour des riches et du système qui les rends possible, et ce que fait Jésus est juste de donner des lots de consolation à quelques pauvres. Arrive ensuite l’Apocalypse et nous nous retrouvons avec cette obsession de la conquête de la terre quand le personnage qui donne son nom à cette religion, triomphe en exterminant toutes celles et ceux qui ne sont pas d’accord avec lui pour donner Jérusalem et son or aux tribus du début.

Donc du début à la fin du bouquin nous avons une obsession quasi constante pour la conquête. Pas étonnant qu’aujourd’hui encore l’occident et ses 3 religions ne sache faire qu’une chose, la guerre. Alors oui, nous avons comme Anne l’a très bien relevé besoin d’un changement d’ontologie, et nous pouvons être sur que quoi qu’il arrive, un tel dieu n’a rien à voir avec l’après capitalisme. Car soit nous serons tous morts et ces dieux-là avec nous, soit les survivants ne voudront jamais d’un dieu qui les aura conduits si près de la disparition de la vue sur cette planète.

La croyance est personnelle, la religion doit aussi être personnelle. En d’autres termes, personne n’a besoin d’un dieu pour lui dicter le sens de sa vie. Un des problèmes de notre société est son manque de sens. Certains sont tellement perdus qu’ils se raccrochent à des faux dieux. Nous voyons aujourd’hui où cela nous mène : vers le suicide de l’espèce humaine et vers le meurtre de la vie de la terre. Comme le disait Reich, il faut cesser de crier viva, viva, et heil, heil pour se mettre à croire en nous et être ainsi nos propres libérateurs. Le Che ne disait pas autre chose lui qui toute sa vie à aimer et à cru en l’homme.

25/03/2014 16:27 par Lionel

@Anne et Dominique, je vais tenter de corriger ce qui me semble malentendu, j’ai dû mal l’exprimer.
Étant moi-même modestement agnostique avec toute la lignée mâle de la famille qui bouffait du curé à tous les repas, il me semblait évident que je ne parle pas de la légitimité de ce que l’on fait dire à Dieu mais de la charge Culturelle dont nous sommes toutes et tous porteurs et héritiers envers et contre toute volonté intellectuelle d’y échapper.
Les plus anciens et aguerris ou les miraculés après un gros travail pourront se targuer de s’en être sortis.
Il ne suffit pas de croire ou de connaître, l’info est une condition nécessaire mais pas suffisante, encore faut-il avoir les échanges et confrontations des points de vues pour trouver une voie de pensée critique, ce n’est en aucun cas une simple question de volonté.
Les traumatismes sont transmissibles et culturellement marquants, ce que certains nomment "inconscient" et que je choisis de nommer "charge culturelle" est imprégné de notre passé et conditionne ( au grand dame de certains aussi ) notre vision du monde.
C’est pourquoi mon expérience me fait dire que le danger est grand, notre perception du milieu ambiant ou de l’écosystème ( auquel nous sommes de toute façon rattachés quelle qu’en soit l’appellation ) de voir les destructions prendre inexorablement un tour dramatiquement irréversible.
Pourquoi et de quoi parlons nous en disant "biodiversité" ?
Il s’agit de parler de ce qui fait Vie, l’un ne peut subsister à l’autre et quand une population d’organismes vivants disparaît, c’est une série d’autres organismes plus ou moins évolués qui lui succède et ainsi de suite, réaction en chaîne.
C’est la raison de mes dires sur le fait de "réparer", en dessous d’un seuil que nous ignorons, toute vie élaborée ( autre que bactérienne ou de micro-organismes ) cesse de réunir les conditions nécessaires à sa survie.
Pas de pleurnicheries au programme, juste des constats très alarmistes, je suis paysan et le regard d’un homme de la terre ne peut être le même que celui d’un citadin, il ne s’agit pas de regretter les temps anciens et les beaux jours perdus, chaque jour qui passe je lutte pour tenter de faire revivre un sol et de partager mes savoirs avec d’autres paysans, mais en raison de nos marqueurs culturels différents et ce qui est ma vérité n’est pas celle de mon voisin pourtant agro-écologue, nos perspectives sont différentes.
Cependant un point nous réunit, les terres sont de moins en moins productives et un point de non-retour est à l’horizon, au même titre que quand il n’y aura sur la planète plus de certaines terres rares eh bien nous n’aurons pas d’autre choix que de renoncer à certaines technologies, sauf qu’en l’occurrence il s’agit d’alimentation basique et que se profile à l’horizon des famines y compris pour certains pays occidentaux.
Donc rester "les doigts dans le fion" n’est pas le genre prôné par la maison et envisager des solutions de survie n’est pas ma tasse de thé, alors bien entendu que nous n’aurons pas le choix, il faudra faire avec ce qui restera.
Ce que je tente de mettre en avant est que la gravité de la situation est perçue avec moins d’acuité ( à niveau d’infos égal ) dans les pays riches et encore moins parmi les citadins.
Il me semble que les réactions ne sont pas du tout au niveau des alertes et que "trop tard" risque de prendre tout son sens !
Ce qui me semble également vrai à propos des réactions face à la montée et la banalisation de l’idéologie fascisante...
À moins d’avoir une vision d’un futur de science-fiction apocalyptique de vie dans des bunkers souterrains et de cultures alimentaires totalement artificielles, dans ce cas, on peut attendre il y aura toujours des solutions, comme quand on vit sous la tente ou comme le font les rastas chez moi, dans la forêt pendant plusieurs années, certes on survit et quand c’est fini, qu’est-ce qu’on se marre !
Moi qui vis dans le milieu naturel on ne peut plus naturel, eh bien cette vision-là ne m’enchante pas le moins du monde, alors je dis qu’il faut se bouger les neurones un peu plus que ça et cesser les guerres intestines, les croyances croissancistes et nucléarisantes, technophiles et de progrès ( quel progrès ? ), certains proposent "l’Humain augmenté"
qui peut aussi être considéré comme une porte de sortie après tout !

25/03/2014 17:48 par Anne Wolff

@Dominique
Dans Condition de l’Homme Moderne, parmi d’autres éléments constitutifs de la dite Modernité, Hannah Arendt montre le moment où la traduction de la Bible a été modifiée, je ne sais plus qu’elle était exactement l’Ancienne Traduction, mais elle disait que l’homme était là pour "veiller" sur la terre et ses habitants, en être le gardien au sens "prendre soin de". "Dominer" est venu après. Un changement volontaire qui correspondait mieux à faire passer la pilule capitaliste.
Je n’ai pas reçu d’éducation religieuse mais je sais que le message du Christ comprenait, simplicité, partage, et aime ton prochain comme toi-même... le fameux antéchrist, ce sont le Profit et l’Usure... interdits à l’église et aux chrétiens de toute obédience jusqu’à la fin du Moyen-Age. Les catholiques et une bonne partie des protestants ne sont pas des chrétiens. D’ailleurs pour que leur point de vue s’impose, ils ont brûlé - entre beaucoup d’autres - les chrétiens qui pratiquaient le voeu de pauvreté. Hitler n’a rien inventé, il a industrialisé des pratiques courantes depuis des siècles, les Bûchers s’éteignent, on ouvrent les chambres à gaz, et, en plus on peut réutiliser la matière.. rentabilité et efficacité...

Pour revenir à la Bible, on change un mot et tout le sens du livre change sur fondation du choix d’une traduction plutôt qu’une autre.
Il est tout aussi intéressant de voir - en parallèle - que toute une série de métaphores utilisées au moment de la fondation de la science moderne la pose d’emblée dans un rapport de "virilité triomphante", qui va "dominer" et "contrôler" la terre, "violer les secrets de la nature". J’en avais trouvé une série rassemblée dans un bouquin de mon prof de bioéthique... "virilité triomphante" est de lui de même que le fait de se féliciter de ce que notre très récente conception du temps-horloge universel, nous faisait les contemporains de l’avènement d’un temps - enfin - viril.
Et l’histoire de cette science va évacuer Dieu qui sera remplace par le Scientifique créateur omniscient... et zut, il est pas à la hauteur, alors il détruit tout par réduction-abstraction. Une machine - système intégrable - aussi complexe soit-elle le sera toujours infiniment moins qu’un humain qui n’obéit pas au lois déterministes - pas sans douleur en tout cas, pas sans en tomber malade ou en mourir.... Biologie de synthèse ce ne sera jamais de la biologie, cela reste de la mécanique. Une dangereuse mécanique aux effets imprévisibles.

L’homme, les civilisations fabriquent Dieu à leur image.
Mais je ne pense pas que la nature ait pu inventer toutes ces merveilles sans un plan directeur, il suffit de faire le calcul (je l’avais fait) depuis la cellule originaire indifférenciée à l’humain : nombre de cellules dans un organisme humain (même regroupées pas spécificité) 10exp14, avec une division cellulaire toutes les 20 minutes, une mutation (au hasard, létales en majorité) toutes les 10exp17 divisions, il faut que ce soit des mutations fonctionnelles et convergentes, rarissimes...même avec des raccourcis sans ce "plan", cela aurait mis infiniment plus de temps... une conception de Grand Esprit qui de toute manière nous restera inaccessible et ne nous épargne pas le fait d’avoir à trouver des manières respectueuses de vivre ensemble (entre nous humains), cela me convient. Et l’image de cet Esprit est le monde, a moins que ce ne soit pas une image mais bien ce qui le constitue, cela reste de l’ordre du spéculatif par nature.... ce n’est pas très important,
Pendant longtemps, ce miracle de l’évolution qui résout les problèmes en augmentant de complexité pour fournir des solution simple, me donnait une grande confiance dans le fait que des barrières naturelles spontanées feraient obstacle à la destruction. Mais là j’hallucine... la destruction est en accélération permanente, nous vivons de plus en plus mal, et nous sommes bel et bien menacés de disparition. Et cela m’énerve parce qu’on avait vraiment tout sous la main, il a a cent ans encore pour construire un lieu où il fasse bon vivre pour tous, dans l’abondance. Et là cela devient de plus en plus improbable. C’est réellement un gâchis.
Quand j’ai compris que les générations qui me précédaient disparaissaient les unes après les autres, je me suis mise à poser beaucoup de questions aux anciens, sur leurs modes de vie, leur regard sur le monde actuel et beaucoup m’ont dit "On n’avait pas tout ça (les produits de la techniques) mais on s’amusait bien mieux"... je crois que le grand avantage qu’ont sur nous, ceux qui participent aux mouvements populaires montants des régions pauvres, c’est qu’il ont bien perçu que "tout cela" ne nous rendait pas plus heureux, que là où ils faisaient la fête avec trois fois rien et beaucoup de bonne humeur,de joie de vivre, de bonne convivialité, les européens nagent - nageaient pour de plus en plus - dans l’abondance en tirant la tronche... c’est un écho de paroles partagées avec des gens venus d’ailleurs, et pour qui l’Europe réelle a été une immense déception. Mais leur épargnera sans doute bien des erreurs.

A coté de cela il est clair que les écolo politiciens sont une machine à trouver des prétextes pour de nouvelles taxes, de nouveaux règlements et des maîtres en culpabilisation des masses.. I.D. qui est dans le staff de tête des écolos belges, lors d’une conférence en septembre passé "Les grecs, tout de même quelque part, c’est normal ce qui leur arrive... ces gens ne payent pas de taxes..." Pardon ! je n’ai entendu que des bribes de la suite tellement j’étais sciée... écolo est un parti de gauche. Mais il y a 15 ans ils voulaient en finir avec l’économie de marché, aujourd’hui ils en sont parmi les principaux défenseurs revendiqués... l’écologie est devenue un vecteur d’une société de contrôle (entre la peur et la culpabilisation) qui rapporte aux multinationales puisque les taxes ne vont plus au Bien Public mais aux Banques, à des sociétés privées, des projets d’aménagement du territoire qui ouvrent la porte aux transnationales,...
Et bien sûr du coup une majorité de gens jettent le bébé avec l’eau du bain et ne veulent plus entendre parler d’écologie... double victoire pour le capitalisme, les gens payent - obligés - et se fichent de la pollution.
Je suis très pessimiste pour l’avenir de l’Europe.

25/03/2014 19:56 par Anne Wolff

@ Lionel

Mon illustration de "Réparer" était juste cela, une illustration.

il y aura toujours des solutions, comme quand on vit sous la tente ou comme le font les rastas chez moi, dans la forêt pendant plusieurs années, certes on survit et quand c’est fini, qu’est-ce qu’on se marre !

Attention les amalgames Lionel... je vivais sur mon terrain, et quand j’avais fini de m’occuper de mon jardin, de construire des terrasses, de les remplir de terres nouvelles, de couper mon bois (à la scie),... il me restait parfois un peu de temps pour poser quelques pierres de ma maison, et pour aller gagner l’argent liquide dont j’avais besoin. Comme des tas de gens qui vivent en yourtes, et tipis, et qui travaillent comme des dingues parce que oui, la terre est exigeante.
Et si je peux dire une chose, c’est que je travaillais comme une dingue, avec bonheur et le sentiment de vivre pleinement, pas de survivre. Et que finalement la maison passait au second plan. Et quand cela été finit pour des raisons tout à fait extérieures, j’ai pleuré, beaucoup... et j’ai commencé à découvrir la réalité du monde du 21ème siècle,...
Peut-être que tu trouverais plus de gens qui partagent tes idées parmi les constructeurs de cabanes improbables, les inventeurs de machines agricoles nouvelles, qui ont parfois des look de rastas, parfois pas et dont beaucoup sont des paysans, fils de paysans, des petits fils de paysans, et d’autres non, mais c’est plus rare, mais qui ont compris que pour continuer le métier faut changer de manière.
Et je dois dire que parmi les jeunes que je rencontre, ce sont ceux qui me donne de l’espoir pour demain et envie de continuer à me battre aussi. Et oui, matériellement même en bossant 10, 12, 16 heures par jour, matériellement c’est souvent limite survie, s’il s n’ont pas un bon métier qui leur permette de faire quelques sous en hiver pour avoir la possibilité de faire le travail peu rentable qu’ils aiment le restant de l’année.

alors je dis qu’il faut se bouger les neurones un peu plus que ça et cesser les guerres intestines, les croyances croissancistes et nucléarisantes, technophiles et de progrès ( quel progrès ? ), certains proposent "l’Humain augmenté"
qui peut aussi être considéré comme une porte de sortie après tout !

Tout à fait d’accord. Mais cesser les guerres intestines, cela implique aussi de considérer la question de la marginalité d’un autre oeil. Le vrai potentiel est là. Chez tout ces jeunes qui quand ils ont nettoyé la terre de leur main, te répare ton ordi ou sortent les guitares, ou jonglent un petit coup.Ils sont impressionnant de vitalité et de savoir. Ils savent par dessus tout que le monde dont ils veulent ils vont devoir le construire, que personne ne le fera à leur place, alors ils se retroussent les manches, ... et ils inventent en travaillant. Et en plus ils ont en général de très bonnes connaissances en géopolitique. Il savent que continuer à défendre leur accès à la terre et leur mode de vie, c’est l’enjeu d’une guerre contre des gens qui ne font pas de quartier.

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