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Les Gilets Jaunes - un signe de détresse jaune vif

Chaque voiture en France est censée être équipée d’un gilet jaune. Ainsi, en cas d’accident ou de panne sur une autoroute, le conducteur peut l’enfiler pour assurer sa visibilité et éviter de se faire écraser.

L’idée de porter votre gilet jaune pour manifester contre les mesures gouvernementales impopulaires s’est donc rapidement imposée. Le costume était à portée de main et n’avait pas besoin d’être fourni par Soros pour une certaine "révolution de couleur" plus ou moins spontanée. Le symbolisme était approprié : en cas d’urgence socio-économique, montrez que vous ne voulez pas être écrasé.

Comme tout le monde le sait, ce qui a déclenché le mouvement de protestation, c’est une nouvelle hausse des taxes sur le carburant. Mais il était tout de suite clair qu’il s’agissait de beaucoup plus que cela. La taxe sur le carburant a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase dans une longue série de mesures favorisant les riches aux dépens de la majorité de la population. C’est pourquoi le mouvement a atteint une popularité et un soutien presque instantanés.

Les voix du peuple

Les Gilets Jaunes ont tenu leurs premières manifestations le samedi 17 novembre sur les Champs-Elysées à Paris. C’était totalement différent des manifestations syndicales habituelles, bien organisées pour marcher sur le boulevard entre la Place de la République et la Place de la Bastille, ou l’inverse, en portant des banderoles et en écoutant les discours des dirigeants à la fin. Les Gilets Jaunes arrivés de nulle part, sans organisation, sans chef pour leur dire où aller ou haranguer la foule. Ils étaient juste là, dans les gilets jaunes, en colère et prêts à expliquer leur colère à tout auditeur prêt à les écouter.

En bref, le message était le suivant : nous n’arrivons pas à joindre les deux bouts. Le coût de la vie ne cesse d’augmenter et nos revenus continuent de baisser. On n’en peut plus, c’est tout. Le gouvernement doit s’arrêter, réfléchir et changer de cap.

Mais la première réaction du gouvernement a été d’envoyer la police pulvériser des torrents de gaz lacrymogène sur la foule, apparemment pour tenir la population à distance de la résidence présidentielle voisine, le palais de l’Elysée. Le président Macron était ailleurs, se considérant apparemment au-dessus de tout cela.

Mais ceux qui écoutaient pouvaient apprendre beaucoup de choses sur l’état de la France d’aujourd’hui. Surtout dans les petites villes et les zones rurales, d’où viennent de nombreux manifestants. La situation est bien pire que ce que les autorités et les médias à Paris ont laissé entendre.

Il y avait des jeunes femmes qui travaillaient sept jours sur sept et qui désespéraient de ne pas avoir assez d’argent pour nourrir et vêtir leurs enfants.

Les gens étaient en colère mais prêts à expliquer très clairement les enjeux économiques.

Colette, âgée de 83 ans, ne possède pas de voiture, mais a expliqué à qui veut bien l’entendre que la flambée du prix de l’essence nuirait aussi aux gens qui ne conduisent pas, en affectant le prix des aliments et autres produits de première nécessité. Elle avait fait ses calculs et pensait que cela coûterait 80 euros par mois à un retraité.

"Macron n’a pas fait campagne en promettant de geler les pensions", se souvient un gilet jaune, mais c’est ce qu’il a fait, tout en augmentant les impôts de solidarité des retraités.

Une revendication importante et récurrente concernait la question des soins de santé. La France dispose depuis longtemps du meilleur programme de santé publique au monde, mais ce programme est de plus en plus miné pour répondre au besoin premier du capital : le profit. Au cours des dernières années, une campagne gouvernementale de plus en plus importante a été menée pour encourager, puis ensuite obliger les gens à souscrire à une "mutuelle", c’est-à-dire une assurance maladie privée, prétendument pour combler "les lacunes" non couvertes par la couverture maladie universelle en France. Les "écarts" peuvent être les 15% qui ne sont pas couverts pour les maladies ordinaires (les maladies graves sont couvertes à 100%), ou pour les médicaments retirés de la liste "couverte", ou pour les soins dentaires, entre autres choses. Les "lacunes" à combler ne cessent de s’accroître, de même que le coût de l’adhésion à la mutuelle. En réalité, ce programme, vendu au public comme une amélioration modernisatrice, est une évolution graduelle vers la privatisation des soins de santé. C’est une méthode sournoise pour ouvrir tout le champ de la santé publique aux investissements financiers internationaux. Ce stratagème n’a pas dupé les gens ordinaires et figure en bonne place sur la liste des revendications des Gilets Jaunes.

La dégradation des soins dans les hôpitaux publics est une autre revendication. Il y a de moins en moins d’hôpitaux dans les zones rurales et il faut "attendre assez longtemps pour mourir" aux urgences. Ceux qui peuvent se le permettre se tournent vers les hôpitaux privés. Mais la plupart ne le peuvent pas. Les infirmières sont surchargées de travail et sous-payées. Quand on entend ce que les infirmières ont à endurer, on se rappelle qu’il s’agit effectivement d’une noble profession.

Tout cela m’a rappelé une jeune femme que nous avons rencontrée lors d’un pique-nique public dans le sud-ouest de la France l’été dernier. Elle s’occupe des personnes âgées qui vivent seules à la maison dans les zones rurales, allant de l’une à l’autre en voiture, pour les nourrir, les baigner, leur offrir un moment de bonne compagnie et de compréhension. Elle aime sa vocation, elle aime aider les personnes âgées, même si cela lui permet à peine de gagner sa vie. Elle fera partie de ceux qui devront payer plus cher pour se rendre d’un patient à l’autre.

Les gens paient volontiers des impôts lorsqu’ils obtiennent quelque chose en échange. Mais pas quand on leur enlève les choses auxquelles ils sont habituées. Les fraudeurs sont les super riches et les grandes entreprises avec leurs batteries d’avocats et de paradis fiscaux, ou des intrus comme Amazon et Google, mais les Français ordinaires ont été relativement habitués à payer des impôts en échange d’excellents services publics : soins de santé optimaux, transports publics de première classe, service postal rapide et efficace, enseignement universitaire gratuit. Mais tout cela est attaqué par le règne du capital financier appelé ici "néolibéralisme". Dans les zones rurales, de plus en plus de bureaux de poste, d’écoles et d’hôpitaux sont fermés, les services ferroviaires non rentables sont supprimés en raison de la "libre concurrence" introduite par les directives de l’Union européenne - des mesures qui obligent plus que jamais les gens à prendre leur voiture. Surtout quand les grands centres commerciaux drainent les petites villes de leurs magasins traditionnels.

Politiques énergétiques incohérentes

Et la taxe annoncée par le gouvernement - 6,6 centimes de plus par litre pour le diesel et 2,9 centimes supplémentaires par litre d’essence - ne sont que les premières étapes d’une série d’augmentations prévues au cours des prochaines années. Ces mesures sont censées inciter les gens à conduire moins ou même mieux, à mettre à la casse leurs vieux véhicules et à acheter de belles voitures électriques neuves.

De plus en plus, la "gouvernance" est un exercice d’ingénierie sociale par des technocrates qui savent ce qui vaut le mieux. Cet exercice va directement à l’encontre d’une mesure gouvernementale antérieure d’ingénierie sociale qui utilisait des incitations économiques pour encourager les gens à acheter des voitures fonctionnant au diesel. Maintenant, le gouvernement a changé d’idée. Plus de la moitié des véhicules personnels fonctionnent encore au diesel, bien que ce pourcentage ait diminué. Maintenant, on dit à leurs propriétaires d’aller acheter une voiture électrique à la place. Mais les gens qui vivent sur le fil du rasoir n’ont tout simplement pas les moyens de changer de véhicule.

En outre, la politique énergétique est incohérente. En théorie, l’économie "verte" inclut la fermeture de nombreuses centrales nucléaires en France. Sans elles, d’où viendrait l’électricité pour faire fonctionner les voitures électriques ? Et l’énergie nucléaire est "propre", sans CO2. Alors, que se passe-t-il ? Les gens se posent des questions.

Les sources d’énergie alternatives les plus prometteuses en France sont les marées fortes le long des côtes septentrionales. Mais en juillet dernier, le projet Tidal Energies sur la côte normande a soudainement été abandonné parce qu’il n’était pas rentable - pas assez de clients. C’est symptomatique de ce qui ne va pas avec le gouvernement actuel. Les nouveaux grands projets industriels ne sont presque jamais rentables au départ, c’est pourquoi ils ont besoin de l’appui et des subventions du gouvernement pour démarrer, en prévision de l’avenir. De tels projets ont été soutenus sous de Gaulle, élevant la France au rang de grande puissance industrielle et apportant une prospérité sans précédent à l’ensemble de la population. Mais le gouvernement Macron n’investit pas dans l’avenir et ne fait rien pour préserver les industries qui subsistent. Sous sa direction, la société française Alstom, leader dans le secteur de l’énergie, a été vendue à General Electric.

En effet, il est parfaitement hypocrite de qualifier la taxe française sur l’essence d’"écotaxe" puisque les bénéfices d’une véritable écotaxe seraient investis dans le développement des énergies propres - comme les centrales marémotrices. Les bénéfices sont plutôt affectés à l’équilibre budgétaire, c’est-à-dire au service de la dette publique. La taxe macronienne sur l’essence n’est qu’une mesure d’austérité de plus - avec la réduction des services publics et la "vente des bijoux de famille", c’est-à-dire la vente de sources potentielles de revenus comme Alstom, les installations portuaires et les aéroports parisiens.

Le gouvernement n’a pas compris ce qui se passait.

Les premières réponses du gouvernement ont montré qu’il n’écoutait pas. Ils ont puisé dans leur sac aux clichés pour dénigrer quelque chose qu’ils ne voulaient pas se donner la peine de comprendre.

La première réaction du président Macron a été de culpabiliser les manifestants en invoquant l’argument le plus puissant des mondialistes pour imposer des mesures impopulaires : le réchauffement climatique. Quelles que soient les petites revendications que les gens peuvent avoir, a-t-il indiqué, ce n’est rien comparé à l’avenir de la planète.

Cela n’a pas impressionné les gens qui, oui, ont entendu parler du changement climatique et de la protection de l’environnement autant que quiconque, mais qui sont obligés de répondre : "Je suis plus inquiet pour ma fin du mois que pour la fin du monde".

Après le deuxième rassemblement des Gilets Jaunes, le samedi 25 novembre, qui a vu plus de manifestants et plus de gaz lacrymogènes, le ministre en charge du budget, Gérard Darmanin, a déclaré que ce qui avait manifesté sur les Champs-Elysées était "la peste brune", qui signifie fasciste. (Pour ceux qui aiment excorier les Français comme racistes, il faut noter que Darmanin est d’origine ouvrière algérienne). Cette remarque a provoqué un tollé d’indignation qui a révélé la sympathie de l’opinion publique pour le mouvement - plus de 70% d’approbation d’après les derniers sondages, même après les actes de vandalisme incontrôlés. Le ministre de l’Intérieur de Macron, Christophe Castaner, a dû déclarer que la communication du gouvernement avait été mal gérée. Bien sûr, c’est l’excuse technocratique bien connue : nous avons toujours raison, mais tout est une question de "communication", et non de faits sur le terrain.

J’ai peut-être manqué quelque chose, mais parmi les nombreuses interviews que j’ai écoutées, je n’ai pas entendu un seul mot qui tomberait dans les catégories de "l’extrême droite", et encore moins du "fascisme" - ou même qui indiquerait une préférence particulière en ce qui concerne les partis politiques. Ces personnes sont entièrement préoccupées par des questions pratiques concrètes. Pas un soupçon d’idéologie – chose remarquable à Paris !

Certains, qui ignorent l’histoire de France et qui désirent montrer leur purisme gauchiste ont suggéré que les Gilets Jaunes sont dangereusement nationalistes parce qu’ils agitent parfois des drapeaux français et chantent La Marseillaise. Cela signifie simplement qu’ils sont français. Historiquement, la gauche française est patriotique, surtout quand elle se révolte contre les aristocrates et les riches ou pendant l’occupation nazie. C’est juste une façon de dire que nous sommes le peuple, que c’est nous qui bossons et que vous devez écouter nos griefs. Pour être mauvais, le "nationalisme" doit être agressif envers les autres nations. Ce mouvement n’attaque personne, il se cantonne à son territoire.

La faiblesse de Macron

Les gilets jaunes ont clairement fait comprendre au monde entier qu’Emmanuel Macron était un produit artificiel vendu à l’électorat par une campagne médiatique extraordinaire.

Macron était le lapin magiquement sorti d’un haut-de-forme, parrainé par ce qu’on doit appeler l’oligarchie française. Après avoir attiré l’attention de Jacques Attali, le jeune Macron fut embauché à la banque Rothschild où il a pu rapidement gagner une petite fortune, ce qui lui assure une fidélité de classe envers ses parrains. La saturation des médias et la campagne de peur contre Marine Le Pen "fasciste" (qui a par ailleurs raté son grand débat) ont mis Macron au pouvoir. Il avait rencontré sa femme alors qu’elle lui enseignait le théâtre, et maintenant il peut jouer au président.

La mission que lui ont confiée ses parrains était claire. Il doit poursuivre avec plus de vigueur les "réformes" (mesures d’austérité) déjà entreprises par les gouvernements précédents, qui avaient parfois hésité à hâter le déclin de l’Etat social.

Et au-delà, Macron était censé "sauver l’Europe". Sauver l’Europe, c’est sauver l’Union européenne du bourbier dans lequel elle se trouve.

C’est pourquoi il est obsédé par la réduction des dépenses et l’équilibre budgétaire. Parce que c’est pour cela qu’il a été choisi par l’oligarchie qui a parrainé sa candidature. Il a été choisi par l’oligarchie financière avant tout pour sauver l’Union européenne d’une désintégration menaçante provoquée par l’euro. Les traités instituant l’UE et surtout la monnaie commune, l’euro, ont créé un déséquilibre insoutenable entre les États membres. L’ironie, c’est que les gouvernements français précédents, à commencer par Mitterrand, sont largement responsables de cet état de fait. Dans un effort désespéré et techniquement mal analysé pour empêcher l’Allemagne nouvellement unifiée de devenir la puissance dominante en Europe, les Français ont insisté pour lier l’Allemagne à la France par une monnaie commune. A contrecœur, les Allemands ont accepté l’euro - mais seulement aux conditions allemandes. Le résultat est que l’Allemagne est devenue le créancier involontaire d’États tout aussi involontaires, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et, bien sûr, la Grèce ruinée. Le fossé financier entre l’Allemagne et ses voisins du sud ne cesse de se creuser, ce qui suscite la grogne de toutes parts.

L’Allemagne ne veut pas partager le pouvoir économique avec des États qu’elle considère comme irresponsables. La mission de Macron est donc de montrer à l’Allemagne que la France, malgré son économie chancelante, est "responsable", en serrant le vis à la population pour payer les intérêts de la dette. L’idée de Macron est que les politiciens à Berlin et les banquiers à Francfort seront tellement impressionnés qu’ils se retourneront et diront, bravo Emmanuel, nous sommes prêts à mettre notre richesse dans un pot commun au profit des 27 États membres. Et c’est pourquoi Macron ne reculera devant rien pour équilibrer le budget, pour que les Allemands l’aiment.

Jusqu’à présent, la magie Macron ne fonctionne pas sur les Allemands, et elle pousse son propre peuple dans les rues.

Mais sont-ils réellement son peuple ? Macron se préoccupe-t-il vraiment de ses compatriotes qui ne font que travailler pour gagner leur vie ? Tout le monde s’entend pour dire que ce n’est pas le cas.

Macron est en train de perdre le soutien des gens dans la rue et des oligarques qui l’ont parrainé. Il ne fait pas son travail.

L’ascension politique de Macron - véritable lapin sorti du chapeau - lui laisse peu de légitimité, une fois que la lueur des couvertures satinées des magazines s’estompe. Avec l’aide de ses amis, Macron inventa son propre parti, La République en Marche. Il a peuplé son parti avec des individus de la "société civile", souvent des entrepreneurs de taille moyenne sans expérience politique, plus quelques transfuges du Parti socialiste ou du Parti républicain, pour occuper les postes gouvernementaux les plus importants.

La seule recrue bien connue de la "société civile" était l’activiste écologique, Nicolas Hulot, qui s’est vu confier le poste de ministre de l’Environnement, mais qui a brusquement annoncé sa démission à la radio en août dernier, en citant sa frustration.

Le plus fervent partisan de Macron dans la classe politique était Gérard Collomb, maire socialiste de Lyon, qui s’est vu confier le poste de ministre de l’Intérieur, chargé de la police nationale. Mais peu après le départ de Hulot, Collomb a dit qu’il partait aussi pour retourner à Lyon. Macron l’a supplié de rester, mais le 3 octobre, Collomb a démissionné, avec une déclaration étonnante faisant référence aux "immenses problèmes auxquels son successeur devait faire face. Dans les "quartiers difficiles", dit-il, la situation est "très dégradée : c’est la loi du plus fort qui règne, les trafiquants de drogue et les islamistes radicaux ont pris la place de la République". Ces banlieues doivent être "reconquises".

Après une telle description de poste, Macron a eu du mal à recruter un nouveau ministre de l’Intérieur. Il a tâtonné et a trouvé un ami qu’il avait choisi pour diriger son parti, l’ex-socialiste Christophe Castaner. Diplômé en criminologie, l’expérience principale de Castaner le qualifiant pour diriger la police nationale serait sa fréquentation dans sa jeunesse avec un Mafioso marseillais, apparemment dû à son penchant pour le poker et la consommation de whisky dans des tanières clandestines.

Le samedi 17 novembre, les manifestants ont manifesté pacifiquement, mais ils n’ont pas apprécié les lourdes attaques au gaz lacrymogène. Samedi 25 novembre, les choses ont été plus dures, et le samedi 1er décembre, ce fut l’enfer. Sans chefs ni service d’ordre, il était inévitable que des casseurs entrent en scène et commencent à tout casser, à piller des magasins et à mettre le feu aux poubelles, aux voitures et même aux immeubles. Pas seulement à Paris, mais dans toute la France : de Marseille à Brest, de Toulouse à Strasbourg. Dans la ville reculée du Puy en Velay, connue pour sa chapelle perchée sur un rocher et sa dentelle traditionnelle, la préfecture a été incendiée. Les touristes annulent leurs réservations, les restaurants chics se vident et les grands magasins craignent pour leurs vitrines de Noël. Les dommages économiques sont considérables.

Pourtant, l’appui pour les gilets jaunes demeure élevé, probablement parce que les gens sont capables de faire la distinction entre les citoyens en déshérence et les vandales qui sèment la destruction.

Lundi, il y a eu de nouvelles émeutes dans les banlieues troublées dont Collomb avait parlé en se retirant à Lyon. Il s’agissait d’un nouveau front pour la police nationale, dont les représentants ont fait savoir que tout cela devenait beaucoup trop difficile à gérer pour eux. L’annonce de l’état d’urgence ne résoudra probablement rien.

Macron est une bulle qui a éclaté. La légitimité de son autorité est très fortement remise en question. Pourtant, il a été élu en 2017 pour un mandat de cinq ans, et son parti détient une large majorité au Parlement, ce qui rend sa destitution presque impossible.

Alors, quelle est la suite ? Bien qu’ils aient été mis à l’écart par la victoire électorale de Macron en 2017, les politiciens de tous bords tentent de récupérer le mouvement - mais discrètement, car les Gilets Jaunes ont manifesté leur méfiance à l’égard de tous les politiciens. Ce n’est pas un mouvement qui cherche à prendre le pouvoir. Il cherche simplement à obtenir réparation de ses griefs. Le gouvernement aurait dû d’abord écouter, accepter les discussions et les compromis. Cela devient de plus en plus difficile avec le temps, mais rien n’est impossible.

Pendant deux ou trois cents ans, les gens que l’on pourrait appeler "de gauche" espéraient que les mouvements populaires entraîneraient des changements pour le mieux. Aujourd’hui, de nombreux gauchistes semblent terrifiés par les mouvements populaires pour le changement, convaincus que le "populisme" doit conduire au "fascisme". Cette attitude est l’un des nombreux facteurs indiquant que les changements à venir ne seront pas menés par la gauche telle qu’elle existe aujourd’hui. Ceux qui craignent le changement ne seront pas là pour aider à le réaliser. Mais le changement est inévitable et ne doit pas nécessairement être pour le pire.

Diana Johnstone
Paris, 3 décembre 2018

Traduction "ça commence (presque) toujours par le bas" par Viktor Dedaj pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles. Révisé par l’auteure.

COMMENTAIRES  

04/12/2018 22:56 par Yannis

Bonne synthèse, bonne conclusion, sans ratures : "Aujourd’hui, de nombreux gauchistes semblent terrifiés par les mouvements populaires pour le changement, convaincus que le "populisme" doit conduire au "fascisme". Cette attitude est l’un des nombreux facteurs indiquant que les changements à venir ne seront pas menés par la gauche telle qu’elle existe aujourd’hui. Ceux qui craignent le changement ne seront pas là pour aider à le réaliser. Mais le changement est inévitable et ne doit pas nécessairement être pour le pire."

Les réflexes quasi mécaniques qui ont été patiemment mis en place via les médias et la pub, le cinéma commercial également, dans les cerveaux disponibles "des gens", ceux qui manifestent aujourd’hui, sont en train de s’enrailler et de sauter. Même la paresseuse psy parisienne ne pourra rien temporiser, car les gens ne sont plus prêts à contextualiser et pardonner pour tous les mensonges et coups tordus accumulés depuis trop de temps par la classe dirigeante française. Qui doit certainement laisser trainer partout ses grandes oreilles et, devant la vivacité de la révolte populaire, se préparent certainement à des solutions beaucoup plus radicales. Que "les gens" crèvent de mal-être, de fatigue, de faim, ou face aux flics dans une grande explosion, cela ne leur fait ni chaud ni froid, ce sont des reptiles au sang froid. Mais il faut savoir que les choses les plus dures ne font que commencer, dans une lutte qui prend des dimensions symboliques, et qui est le signe d’un ultime sursaut vital.

04/12/2018 23:06 par lairderien

Superbe article de Diana Johnstone : la révolte de gilets jaunes expliquée pour les nuls !

C’est d’une (fausse) naïveté incroyable ce texte, mais efficace pour ceux qui ne connaissent pas la France.

05/12/2018 00:57 par Danael

"Ce n’est pas un mouvement qui cherche à prendre le pouvoir." C’est mieux que cela : c’est un mouvement qui veut changer la nature et l’exercice du pouvoir. Et ce dernier ne se fera pas sans lui. Ce mouvement est tellement inédit que, comme vous le dites, les partis traditionnels s’en méfient . Pourtant il s’est montré solidaire aux côtés des organisations de la société. Les jeunes lycéens adoptent sa résistance jaune face aux plans éducatifs imposés par Macron et les gilets souscrivent aux revendications du mouvement syndical, féministe et à celles des agriculteurs qui les ont rejoints. Cette convergence des luttes est salutaire, urgente à élargir et nécessaire pour renvoyer l’essentiel de la violence à sa principale source c’est à dire à l’État et au capital financier qui le gouverne. Elle est essentielle aussi pour transformer radicalement notre économie, nos services publics et faire en sorte que l’écologie ne soit pas un marché de dupe et que nos institutions reflètent réellement nos aspirations, cette fois en impliquant la majorité des citoyens jusqu’ici sous-représentés et sans moyen de contrôle sur les élus. Ce mouvement est sans aucun doute notre plus grand espoir d’égalité, de fraternité et de bonheur si nous lui ouvrons les bras. Si nous lui tournons le dos ce sera notre plus grande catastrophe politique et sociale . Nous ne devons plus discuter avec le pouvoir. Ce gouvernement n’a plus rien à nous dire. Nous devons parler entre nous pour renforcer nos propositions et être prêts à faire tomber Macron.

05/12/2018 01:01 par pascal

Excellent.
une description en phase avec la réalité. Pour certains puristes ces manifestants sentent trop la sueur pour etre vraiment de gauche. Mais c’est le peuple qui n’en peut plus, et qui après des années de trahisons de la part de tous les partis au pouvoir (certains se réclamant de gauche), ne fait plus confiance à la caste politique mais demande des réponses directes à leurs revendications.
Et pour cela pas besoin de leader ou représentants. Les doléances ont été transmises (les 42 sont sur la tables), pour une large partie il suffirait d’une décision politique pour y accéder.

05/12/2018 01:26 par Georges SPORRI

Il est très facile de repérer que ces 42 doléances ont été pondues par un "noyau" et pas par l’ensemble des Gilets Jaunes ... Ce fake est hyper bien fait puisqu’il ne contient que 10 - 12 % d’imbécilité lepéno-dupontgnangnanistes rédigés dans un style "Chevènement" + 4 % de saloperie de droite (abrogation des régimes spéciaux ...). Mais cela suffira largement aux porte-flingues de Macron et aux syndicalistes mous pour discréditer le vrai mouvement et ses vrais buts ! Les TV donnent le plus souvent possible la parole à Mr Cauchy viré du collectif toulousain et connu en tant que mec de droite, et à Mr Chalençon qui est un personnage controversé, ...etc. C’est du petit jeu mais ça énerve certains collectifs qui pensent que tout élu, tout délégué, tout porte-parole est un traître potentiel !

05/12/2018 06:23 par benzekri

Quelle horreur... (Actualisé)

J’avais écrit ceci il y a un certain temps... et MERCI les gilets jaunes vous avez sauvé l’honneur.

Pour paraphraser un poème de Nizar Qabbani (+) sur les « sages » et poètes arabes, voici un avis sur les « Lumières » de France
J’essaie —depuis mon arrivée en France— de suivre ce qui se dit et ce qui s’écrit par des intellectuels et des historiens des occasions
Mais je ne vois que des paroles et des mots léchant les bottes des Princes
pour se faire inviter au « château », dans un Palais ou dans un Riyad…
Quelle horreur !
Je ne vois qu’une multitude d’individus de tout bord qui n’hésitent pas à aller présenter l’allégeance à leurs maîtres et se faire (a)voir au dîner annuel du CRIF
Quelle horreur !
Je ne vois qu’une abondance de « journalistes et de journaux » qui acceptent de faire semblant de poser des questions proposées auparavant par l’interviewé et/ou aller jusqu’à ôter leurs vêtements intimes...
Devant tout président venant de l’inconnu…
Devant tout monarque ou chef d’Etat marchant sur le cadavre de son peuple...
Devant tout(e) usurier(e) entassant entre ses mains des montagnes d’or...
Quelle horreur !
Je ne vois que des collaborateurs serviles,
Une multitude de députés, de sénateurs et d’Hommes d’Etat qui se servent Indécemment de la République au lieu de la servir
Quelle horreur !
Je ne vois qu’une classe politique qui cocorique (*) mais n’hésite pas à s’agenouiller devant les Emirs des pétrodollars, à faire appel au savoir-faire et aux fonds asiatiques et à lécher— pour quelques valises bourrées de fric— les babouches des grands saigneurs de l’Afrique…
Quelle horreur !

Une classe politique qui n’hésite, pourtant, pas à donner au monde des leçons de morale : sur les Droits de l’Homme, l’égalité homme/femme et autres principes démocratiques et philosophiques…
C’est franchement tragi-comique !
Je ne vois que des foules hystériques animées par un chauvinisme décervelant qui les conduit à vénérer jusqu’à la déraison un ballon ovale, un ballon rond ou une balle de Tennis,
Des spectateurs et téléspectateurs —au cerveau disponible— faire et refaire le tours de France à vélo ou le Rallye Monte Carlo... dans un fauteuil...
Quel dommage !
Est-il besoin de rappeler qu’aucune force ne peut empêcher un peuple déterminé à vivre son printemps ? A chacun(e) de semer autour de lui pour donner des couleurs à cette saison.
Honneur aux rebelles qui refusent de se soumettre à un pouvoir soumis aux patrons véreux et à l’Europe des mafieux...
(+) Nizar Qabbani, poète syrien, surnommé le poète de la femme, mort en 1998.
(*) Verbe emprunté à la langue gauloise : le cocorico…
Hamid Benzekri

05/12/2018 09:32 par Assimbonanga

Super Que-sais-je de Diana Johnstone. Il ne lui reste plus qu’à réaliser le même petit guide pour le peuple rouge vif du Venezuela. Quand je vois comment les députés LREM et LR commencent à parler de François Ruffin , on tient la clé de l’énigme : mépris, raillerie, moquerie, calomnie, accusations, mensonges. Tout le reste s’ensuit logiquement. C’est cette version qui est reprise par les journaleux sur toutes les chaînes d’information.
Les gilets jaunes n’avaient pas d’autre voie que de prendre d’assaut le terrain. On a vu se mettre en place la répression et l’invisibilisation médiatique des meetings, des marches et manifestations (front de gauche puis France insoumise) depuis Hollande. Il ne restait donc pas de moyens d’exister.
Bravo aux gilets jaunes qui ont conquis le droit de siéger sur les plateaux de télévision. Pour l’instant, on les écoute craintivement.

05/12/2018 10:49 par Maxime Vivas

Une certaine intelligentsia pousse Ruffin pour virer JLM dont l’envergure (y compris sur les questions internationales) est redoutable.
Mais, dans l’hypothèse (à mon avis peu probable) ou Ruffin remplacerait JLM, il est normal qu’ils commencent à lui faire subir ce que subit le leader de la France Insoumise. JLM est le bouclier de LFI et de ses députés.
MV

05/12/2018 11:54 par Buffaud

« Dans un effort désespéré et techniquement mal analysé pour empêcher l’Allemagne nouvellement unifiée de devenir la puissance dominante en Europe, les Français ont insisté pour lier l’Allemagne à la France par une monnaie commune. A contrecœur, les Allemands ont accepté l’euro - mais seulement aux conditions allemandes. »
Excellente analyse.
Je remarque juste au passage que l’on ne voit pas beaucoup Jacques Attali en ce moment, se cacherait-il ? Ce serait pourtant intéressant de connaitre son point de vue …
Maxime Vivas : c’est effectivement totalement improbable, d’autant que F.Ruffin n’est absolument pas candidat à succéder à qui que ce soit.

05/12/2018 12:26 par saphirétoile

Nous devrions inviter les médecins cubains rapatriés du Brésil. Et puis des techniciens politiques pour nous aider à organiser la révolution. Ce sont les plus grands experts en révolution. La révolution réussie (! Et rayonnante ) cubaine à 60 ans. Prenons le chemins des grand mères. Avec leur humilité, leur modestie, leur competance, leur expérience et leur altruisme légendaire les cubains sont nos amis.

05/12/2018 12:55 par Renard

C’est d’une (fausse) naïveté incroyable ce texte, mais efficace pour ceux qui ne connaissent pas la France

Il était nécessaire aux américains ce texte quand on voit que le moonofalabama croit que les gilets sont une sorte de révolution colorée organisé par la CIA ils en avaient effectivement besoin..

05/12/2018 15:29 par Toff de Aix

Magnifique article,qui appelle pas mal de réflexion...

En tant que syndicaliste, il appelle aussi une remise en question : j’ai mis ma carrière volontairement aux orties par conviction, pour ce que j’estimais être juste...la double besogne.

J’ai eu la haine contre ce peuple français qui ne nous a pas soutenu en 2016, nous laissant seuls, nous, militants, face a Hollande et Bruxelles...j’ai eu vraiment la haine contre cette population passive,que j’ai été jusqu’à qualifier de veaux, je le reconnais. Nous avons morflé et ils n’étaient pas là, alors que nous nous battons aussi pour eux...
Mais peut on en vouloir aux gens de ne pas être aussi passionnés,et dans l’action que vous ? Jusqu’à un certain point, peut être...

Puis je n’ai pas vu venir ce mouvement. Il nous a tous surpris, pris de court, totalement...

Quand j’en entends certains, j’aurais tendance à me hérisser car ils ne nous font pas confiance,nous font des procès d’intention, nous caricaturent,nous rejettent...pas grave. C’est juste notre amour propre qui parle. Car je ne regrette rien...

Car au fond,je ne peux honnêtement qu’être HEUREUX de ce qui est en train de se passer : ce Peuple, je l’ai mal jugé. Il fallait juste qu’il se réveille, c’était une question de temps...mais quel réveil, maintenant ! Ça n’a peut être pas pris la forme dont moi et mes camarades aurions rêvé, mais peu importe. C’est en train d’arriver. C’est tout ce qui compte.

Je vais bientôt les rejoindre sur les barrages, et jusque sur les barricades s’il le faut. Je mettrai ce foutu gilet jaune...
Car ce peuple,j’en fais partie. Leurs revendications sont aussi les miennes.

Camarades, ce pourquoi nous nous sommes battus pendant des décennies est en train d’arriver : le Peuple est en train de conscientiser, de se repolitiser, de s’unir et de désigner l’ennemi commun !

Il faut y aller, car au fond ce mouvement c’est l’ADN révolutionnaire de notre pays qui est en train de refaire surface.

Ne boudons pas notre plaisir.

05/12/2018 16:29 par Madre in Québec

Pendant deux ou trois cents ans, les gens que l’on pourrait appeler "de gauche" espéraient que les mouvements populaires entraîneraient des changements pour le mieux. Aujourd’hui, de nombreux gauchistes semblent terrifiés par les mouvements populaires pour le changement, convaincus que le "populisme" doit conduire au "fascisme". Cette attitude est l’un des nombreux facteurs indiquant que les changements à venir ne seront pas menés par la gauche telle qu’elle existe aujourd’hui. Ceux qui craignent le changement ne seront pas là pour aider à le réaliser. Mais le changement est inévitable et ne doit pas nécessairement être pour le pire.

Diana Johnstone

Elle nage en plein délire, la Johnstone !!! Ce sont ceux et celles qui descendent présentement dans la rue pour maintenir le statu quo qui ont peur du changement, peur de prendre les mesures environnementales qui s’imposent pour assurer, non pas un avenir meilleur, mais un avenir tout court à leur géniture.

La prochaine révolution française sera le fait d’une "gauche" d’apparat, nombriliste et anti-écologiste… L’idéologie Georges Spörri ! Proprement hallucinant ! Le culte de la voiture personnelle a de beaux jours devant elle, de même pour les guerres meurtrières pour que vous puissiez continuer de vous rendre du point A au point B pour pas cher.

Ce n’est plus d’une dictature du capital dont l’humanité à besoin, mais d’une dictature verte !

05/12/2018 17:13 par bob

voici un article interressant pour faire avancer "la cause"
http://2ccr.unblog.fr/2018/12/05/macron-un-an-ca-suffit/

05/12/2018 18:27 par Danael

BFMTV et autres médias délinquants qui invitent les gilets jaunes à s’exprimer sur leurs revendications ( certains gilets y vont de bonne foi), le font uniquement pour les tabasser de leur arrogance. Cela ne fait que provoquer notre rage devant l’écran. Je souhaiterais qu’on boycotte tous les plateaux des bobos parisiens qui ridiculisent, infantilisent et brouillent notre message. Nous n’avons pas de temps à perdre avec eux. Nous avons nos propres lieux d’échanges et de moyens de diffusion. Qu’ils viennent eux nous voir si ça les intéressent et sur nos lieux de résistance. Nous avons de multiples solutions à notre portée. Donc je propose qu’on boycotte Matignon et tous les médias qui nous insultent et pratiquent à plein tube leur mépris de classe. Non, leurs experts truc machin n’incarnent pas la démocratie, ils ne représentent pas la France et encore moins la réalité du peuple français.

05/12/2018 19:05 par DD

Excellent texte, merci.
Aujourd’hui les ennemis de la classe ouvrière galvaudent et détournent à longueur de temps le terme de "fascisme".
Ils espèrent ainsi s’exonérer de leurs propres turpitudes... Rappelons simplement que le fascisme tels que l’ont conçu successivement Mussolini, Franco et Hitler, n’est rien d’autre que la violence institutionnalisée du capital financier à l’encontre de la classe ouvrière pour briser sa résistance.
Il peut prendre différents visages.
Lors des dernières élections présidentielles, on a voulu faire croire au peuple qu’il fallait faire barrage au "fascisme" en votant Macron contre Lepen : une escroquerie intellectuelle et politique dont beaucoup prennent conscience aujourd’hui.
En fait, on leur demandait de choisir entre la peste et le choléra...
Si l’on fait abstraction de cette supercherie odieuse, Macron a été élu président avec moins de 19% des électeurs inscrits.
Il n’a donc aucune légitimité dans son combat impitoyable contre les travailleurs dont les retraités.

05/12/2018 19:07 par Sidonie

Certains mauvais esprits (russes évidemment !!!) comparent la révolution des Gilets jaunes à celle de Maidan et s’étonnent que la première ne suscite pas en occident le même enthousiasme que la seconde...
https://fr.sputniknews.com/international/201812051039186227-ukraine-france-maidan-violences/

05/12/2018 19:11 par Jérôme Dufaur

@Toff de Aix : vos mots pourraient exactement être les miens. Et je pense que nous ne sommes pas les seuls dans ce cas.

@Madre in Quebec : puisque vous êtes apparemment canadien, je vous conseille la lecture de "Tout peut changer" ("This changes everything") de votre compatriote Naomi Klein. Ça vous évitera d’écrire un certain nombre de bêtises. Comme celle (tartufferie des tartufferies) laissant entendre que la fiscalité "écologique" constitue une réponse digne de ce nom au changement climatique.

05/12/2018 20:17 par Georges SPORRI

@ Madre in Québec / Avez vous lu ça : http://mai68.org/spip2/spip.php?article2425 ?
Vous n’avez pas compris pourquoi j’insiste lourdement pour prévenir les camarades sur les béances intellectuelles du paradigme écologiste que les experts du capital détruiront quand cela sera opportun !
Je vous promets d’aller acheter une trottinette électrique pour aller travailler à l’usine pétrochimique et ma petite sœur, révoltée contre le plastoc, exigera des pailles en carton dans le bar du navire de croisière où elle sert des milk shake ( NB : les navires de croisière polluent comme 20 millions de bagnoles, pas en CO2 mais en particules fines toxiques ...).
J’espère que mon explication vous aura réveillé.

05/12/2018 20:23 par legrandsoir

merci de recentrer sur le texte...

05/12/2018 22:22 par eris

Diana JOHNSTONE a écrit : "il a été élu en 2007 pour un mandat de cinq ans,et son parti détient une large majorité au parlement,ce qui rend sa destitution impossible."

Ha bon ! les gilets jaunes sont en discussion afin d’initier un référendum d’initiatives citoyennes,en fait il y en a quatre:abrogatoire,révocatoire,législatif,constituant...
Je dis les gj mais en fait c’est ces plus de 80% de soutient qui vont voter alors la macronie partira mais aussi les institutions tel qu’ont les connais jusqu’à présent.

05/12/2018 23:37 par vagabond

C’est beau à voir une révolution de couleur. Ca force l’espoir. Malheureusement, nous savons tous ce qu’elles sont devenues ailleurs.

06/12/2018 11:41 par Assimbonanga

Je reprends ce qu’ a dit hier Xavier Mathieu : Macron se contrefiche de l’écologie puisqu’il donné l’autorisation pour la montagne d’Or et le forage Total en Guyanne. Tout ce que dit Macron sur l’écologie n’est que prétexte et mensonges. Du coup, c’est perdre notre temps et notre énergie d’opposer écologistes et gilets jaunes.
Moi, je jubile au milieu de tout ce gros bordel, de voir comment que le petit prodige, parti tout seul et fier comme Artaban, est en train de se prendre le mur !
Ruth Elkrief et ses acolytes défenseurs du capitalisme nos diffusent en boucle des images de flics prenant des baffes en retour de leurs gaz lacrymo, mais pourquoi ne montrent-ils pas en boucle le petit prodige flanqué de Carlos Ghosn à l’usine Renault de Maubeuges pendant la "itinérance mémorielle" ? Ouarf ! C’est eux les ridicules !!!

06/12/2018 17:43 par Dominique

Excellent article écrit avec un bonne dose d’humour. J’adore l’intro (et pas seulement mais je ne vais pas citer tout l’article) :

« L’idée de porter votre gilet jaune pour manifester contre les mesures gouvernementales impopulaires s’est donc rapidement imposée. Le costume était à portée de main et n’avait pas besoin d’être fourni par Soros pour une certaine "révolution de couleur" plus ou moins spontanée. Le symbolisme était approprié : en cas d’urgence socio-économique, montrez que vous ne voulez pas être écrasé. »

08/12/2018 23:43 par Rond-point

Mme Johnstone,
Vous lisant de France, je voulais vous remercier pour votre belle et fidèle synthèse du mouvement, et de votre analyse, remarquable encore une fois, de la situation d’un pays que vous connaissez très bien (et aussi de votre sens de la pédagogie).
Merci beaucoup, votre voix compte.

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