Les chiffres invraisemblables sur la destruction programmée de l’Irak (De Wereld Morgen)

nouveau-né irakien agé de 3 mois, empoisonné par les eaux toxiques.
Dirk Adriaensens, Marc Vandepitte

L’invasion de l’Irak, il y a dix ans, a provoqué la plus grave crise humanitaire dans le monde. Comme on l’avait annoncé, le pays a été systématiquement détruit. La brutale réalité dépasse tout ce qu’il est possible d’imaginer. Ce qui suit ne s’adresse pas aux lecteurs sensibles.

"Le chemin vers Jérusalem passe par Bagdad." - Henry Kissinger

Morts, disparus, réfugiés

Selon l’UNESCO, entre 1991 et 2003, un million d’Irakiens, dont la moitié étaient des enfants, ont perdu la vie suite aux sanctions économiques imposées au pays.[1] Cela n’était que le prélude. Entre l’invasion étasunienne en mars 2003 et mars 2013, 1,5 million d’Irakiens de plus ont été tués.[2]

Le nombre de personnes disparues est actuellement estimé entre 250.000 et plus d’un million. Pour les seules familles expatriées, presque 100.000 enfants sont portés disparus.[3]

L’invasion et l’occupation qui a suivi ont été à l’origine d’une des plus grandes migrations de peuples provoquée par un conflit dans l’histoire du Moyen-Orient.[4] Un rapport des NU datant de 2008 rapportait 2,8 millions de personnes déplacées à l’intérieur de l’Irak.[5] La Croix Rouge irakienne rapportait, en juillet 2007, qu’au moins 2,5 millions d’Irakiens avait fui à l’étranger.[6] Au total, il s’agissait donc de 5,3 millions de réfugiés[7] sur une population de 31 millions, soit une personne sur six.[8] Parmi ces réfugiés en Irak, 80% sont des femmes et des enfants de moins de 12 ans.[9]

Entre l’invasion étasunienne en mars 2003 et mars 2013, jusqu’à 1,5 million d’Irakiens ont été tués. Un irakien sur six est en fuite.

Terrorisme, torture, détention, traumatismes…

Pendant des années, l’Irak fut le pays le plus violent et le moins sûr du monde.[10] En 2011, il fut rattrapé par la Somalie… Etant donné les multiples attentats à la bombe et la violence religieuse des diverses milices, c’est un endroit plus dangereux que l’Afghanistan.[11] Plus d’une victime sur trois du terrorisme mondial est un Irakien.[12]

Ces dix dernières années, plusieurs dizaines de milliers d’Irakiens ont été emprisonnés sans aucune forme d’inculpation ou de procès, dans des prisons officielles ou secrètes (aussi bien irakiennes qu’étasuniennes).[13]

"Tu as vu ce qui s’est passé en Afghanistan : les gens se promenaient dans les rues ! Et ils étaient joyeux. Ils avaient des ballons. Ils faisaient de la musique. Et ils accueillaient les Etats-Unis. Car tout le monde sait que les Etats-Unis ne veulent pas occuper l’Irak. " Donald Rumsfeld, à l’époque ministre de la Défense, 4 décembre 2002[14]

Entre 2005 et 2008, 50 à 180 corps humains ont chaque jour été jetés dans les rues de Bagdad, portant pour la plupart d’affreuses traces de torture.[15] On sait que la force d’occupation a formé, entraîné, armé et déployé des escadrons de la mort[16] responsables de ces assassinats. Il y a un lien direct entre les centres de torture et le Pentagone.[17]

Être journaliste dans ce pays entre deux fleuves n’est pas une sinécure. Depuis l’invasion, au moins 382 journalistes (dont 352 Irakiens) ont été tués.[18] Ce nombre dépasse celui de toute autre zone de guerre de l’Histoire. Pour comparaison : durant la période 1996-2006, 862 journalistes ont été tués dans le reste du monde.[19]

Il n’est pas étonnant que les Irakiens souffrent de traumatismes extrêmes, au niveau plus élevé que dans d’autres zones de guerre. Une étude indique que parmi les réfugiés irakiens 80% avaient été témoins d’une fusillade, 72% avaient été victimes d’une voiture piégée, et 75% connaissaient une personne morte assassinée.[20]

On sait que les Etats-Unis ont formé, entraîné, armé et déployé des escadrons de la mort responsables de ces assassinats.

Le pays le moins vivable du monde

Pour la énième fois, Bagdad a été proclamée « ville moins vivable de la planète »,[21] suite à la destruction systématique par l’armée étasunienne d’usines, d’écoles, d’hôpitaux, de musées, de centrales d’énergie et d’installations de purification des eaux.[22]

Pourtant, selon les dispositions de la Convention de Genève, lorsqu’une force d’occupation opère par le biais d’un gouvernement qu’elle a installé, elle est responsable de la protection et du bien-être de la population civile.[23] Ces règles et obligations ont été systématiquement ignorées.

"Mais lancez donc une guerre totale contre ces tyrans ! Je pense que nous allons faire ça à merveille. Et plus tard, nos enfants nous en feront l’éloge." Michael Ledeen, American Enterprise Institute, 29 octobre 2001[24]

Selon la Croix Rouge, la crise humanitaire en Irak après l’invasion étasunienne est une des pires du monde.[25] Aujourd’hui, 11 millions, soit presque la moitié des citadins irakiens, habitent dans des bidonvilles.[26] En 2000, ils n’étaient même pas 3 millions. Selon Oxfam, 8 millions d’Irakiens ont un besoin d’aide urgente, et 4 millions manquent de nourriture.[27] 70% de la population n’ont pas accès à une infrastructure d’électricité fiable.[28]

Les bas niveaux d’eau des lacs et rivières ont provoqué une catastrophe car la canalisation défectueuse a empoisonné l’eau potable, rendue ainsi inapte à la consommation humaine et animale.[29] Par conséquent, 70% des Irakiens n’ont pas accès à l’eau potable.[30]

La contamination par l’uranium appauvri et d’autres pollutions liées aux opérations militaires ont engendré une augmentation de déformations génétiques et de cancers qui ont rendu le pays quasi invivable.[31]

Pour la énième fois, Bagdad a été proclamée « ville moins sûre de la planète ». La contamination par l’uranium appauvri et d’autres pollutions liées aux opérations militaires ont engendré une augmentation de déformations génétiques et de cancers qui ont rendu le pays quasi invivable.

Femmes et enfants

En Irak, 44.000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque année,[32] ce qui est deux fois trop élevé. Ca veut dire que chaque jour 60 enfants meurent inutilement.[33] Un demi-million d’enfants sont mal nourris et 800.000 jeunes irakiens, entre cinq et quatorze ans, sont mis au travail.[34]

L’Irak est devenu le pays des orphelins. On estime à 5 millions le nombre d’orphelins,[35] dont plus d’un demi-million vivent dans la rue.[36]

En Irak, 44.000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque année, ou 60 par jour, soit plus que la normale. Un demi-million d’enfants sont mal nourris et 800.000 jeunes irakiens ,entre cinq et quatorze ans, sont mis au travail.

L’Irak est aussi le pays des veuves. En 2007, le Ministère irakien des Affaires des Femmes rapportait qu’il y avait environ 3 millions de veuves, suite à la guerre avec l’Iran, la guerre du Golfe de 1991, et l’occupation de l’Irak depuis 2003.[37] Plus de la moitié des veuves ont perdu leur mari après l’invasion de 2003, avec des conséquences dramatiques pour elles. 8% d’entre-elles seulement perçoivent une pension, 55% sont déplacés, et un nombre équivalent sont victimes de violences.[38]

Pour les femmes, l’invasion a signifié un grand bond en arrière. Depuis 2003, nombre de leurs droits ont reculé, notamment le droit à la protection maternelle, à l’emploi et aux soins de santé.[39] A présent, la polygamie est proposée comme une solution au très grand nombre de veuves,[40] et le mu’ta, sorte de mariage de complaisance - une forme de prostitution légalisée - est de retour.[41]

Education

L’enseignement a été une cible systématique dans la destruction de l’Irak. Entre mars 2003 et octobre 2008, plus de 30.000 attaques violentes ont été commises contre des institutions d’enseignement. Plus de 700 écoles primaires ont été bombardées, 200 ont été incendiées et plus de 3.000 ont été pillées. Plusieurs établissements d’enseignement ont été utilisés pour héberger des militaires.[42]

En 2008, seule la moitié des enfants entre six et douze ans fréquentait encore l’école.[43] En 2005, ils étaient encore 80%. Plus de 90% des enfants accusent un retard au niveau de l’apprentissage.[44]

L’enseignement supérieur a été particulièrement visé et encore plus durement frappé. 84% des institutions de l’enseignement supérieur ont été incendiées, pillées ou gravement endommagées.[45] Plus de 470 professeurs irakiens ont été des cibles, soit presque un enseignant tué par semaine depuis le début du conflit.[46]

L’enseignement a été une cible systématique dans la destruction de l’Irak.Plus de 470 professeurs irakiens ont été tués, soit presque un par semaine.

Une fuite de cerveaux sans précédent

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que le pays se vide. Depuis l’invasion, 20.000 scientifiques et de professionnels irakiens et 6.700 professeurs de l’université ont fui le pays.[47]

Les médecins, notamment, ont pris la fuite. Rien de surprenant quand on sait que, depuis 2003, plus de 2.000 médecins ou infirmiers ont été assassinés.[48] Plus de la moitié des médecins enregistrés se sont également désengagés dans leur propre pays.[49]

La désarticulation est totale. 75 % des médecins, pharmaciens, infirmiers, et 80% du corps d’enseignants de Bagdad ont été tués, ont émigré, ou ont abandonné leur poste.[50] Avant 2006, environ 40% de la classe moyenne avait pris la fuite suite à la violence ou la terreur.[51]

75 % des médecins, pharmaciens, infirmiers et 80% du corps d’enseignants de Bagdad ont été tués, ont émigré, ou ont abandonné leur poste.

Iconoclasme et purifications religieuses et ethniques

Non seulement les cerveaux ont été décimés mais également l’héritage culturel. Après l’invasion, l’occupant étasunien a laissé 12.000 sites archéologiques sans aucune surveillance et les pillages en ont été la conséquence.[52] Rien qu’au Musée national de Bagdad, 15.000 artéfacts mésopotamiens d’une valeur inestimable ont été volés.[53]

Les minorités irakiennes (les Chaldéens, Assyriens, Mandéens, Bahia, Yezidi…) sont au bord de l’extermination car elles sont confrontées à une violence inouïe.[54] Depuis l’invasion, l’Irak attire des combattants djihadistes visant souvent des minorités ethniques et religieuses.[55] Certaines de ces minorités ont vécu pacifiquement en Irak pendant deux mille ans. A l’heure actuelle, ce même scénario se répète en Syrie.

Les minorités irakiennes (les Chaldéens, Assyriens, Mandéens, Bahia, Yezidi…) sont au bord de l’extermination.

Néo-colonie et terre conquise pour les Etats-Unis

L’Irak ne fut pas seulement occupé en termes militaires mais également en termes économiques. Le pays est devenu un paradis pour les investisseurs étrangers, au détriment des Irakiens qui n’ont rien eu à dire dans la reconstruction de leur pays.[56] Les nouveaux contrats ont presque tous été attribués à des entreprises étrangères. L’exemple le plus édifiant à ce titre est celui de Halliburton.[57] En 2003, cette entreprise de construction de Houston est parvenue à acquérir un contrat d’une valeur de plusieurs milliards.[58] Détail révélateur : l’ancien CEO (jusqu’en 2000) n’était autre que Dick Cheney, vice-président et homme fort du cabinet de guerre de Bush. Jusqu’à maintenant, l’homme a conservé des intérêts dans cette société.[59]

"Il y a beaucoup d’argent pour financier tout ceci (…) les revenus du pétrole de ce pays pourraient s’élever entre 50 et 100 milliards de dollars US dans le courant des deux ou trois années à venir (…) Nous avons à faire à un pays qui peut financier sa propre reconstruction, et assez vite."
Paul Wolfowitz, conseiller d’élite de Bush et architecte de l’invasion, 27 mars 2003[60]

De nouvelles lois ont également prévu des impôts faibles permettant que des entreprises irakiennes passent à 100% aux mains d’investisseurs étrangers, y compris le droit de transférer tous les bénéfices à l’étranger.[61] Les transactions financières avec l’étranger sont passées entre les mains d’une banque des Etats-Unis, notamment JP Morgan, le premier financier de la première guerre mondiale et de Mussolini.[62]

Même après le retrait (de la plupart) des troupes étasuniennes, en décembre 2011, les conseillers étasuniens restent liés à tous les ministères et services de sécurité.[63] L’ambassade des Etats-Unis à Bagdad est le symbole de la main de fer sur le pays. Cette ambassade est la plus grande et la plus chère du monde, aussi grande que le Vatican, et dotée d’un cadre de personnel de 15.000 personnes.[64]

L’ambassade des Etats-Unis à Bagdad est le symbole de la main de fer sur le pays. Elle est la plus grande et la plus chère du monde. Les transactions financières avec l’étranger sont passées aux mains d’une banque des Etats-Unis, notamment JP Morgan, le premier financier de la première guerre mondiale et de Mussolini.

Facture improbable et situations maffieuses

Selon Stiglitz, lauréat du prix Nobel, l’invasion de l’ Irak a coûté quelque 3000 milliards de dollars,[65] l’équivalent de 100 ans d’aide au développement des Etats-Unis. [66] Un sixième de ce montant aurait suffi pour atteindre les objectifs du millénaire pour le monde entier.[67]

Pour l’occupation et la soi-disant reconstruction du pays, des montants considérables ont été prévus. Cependant, ils n’ont toujours pas été équitablement distribués. Selon Transparency International, il s’agit en l’espèce du plus grand scandale de corruption jamais vu dans l’histoire.[68] Des milliards de dollars se sont envolés en fumée. Jusqu’à présent, on vole du pétrole à volonté, puisqu’il n’y a toujours pas de système de mesure moderne disponible.[69]

Certes, on a bien tenté de combattre cette corruption massive. Ainsi, un service contre la corruption a vu le jour. Cependant, les fonctionnaires trop zélés sont assassinés. Depuis 2006, 30 inspecteurs contre la fraude ont été « liquidés ».[70]

Selon Stiglitz, lauréat du prix Nobel, l’invasion de l’ Irak a coûté quelque 3000 milliards de dollars, l’équivalent de 100 ans d’aide au développement des Etats-Unis.

Parole contre parole

Avant la première guerre du Golfe, en 1991, James Baker, à l’époque ministre étasunien des affaires étrangères, avait dit à son homologue Tariq Aziz : « Nous allons détruire ton pays et le catapulter à l’âge de pierre ». [71] Près de dix ans plus tard, Paul Wolfowitz, vice-ministre de la Défense et architecte de l’invasion, disait que les Etats-Unis « allaient en terminer avec les états qui soutiennent le terrorisme ».[72] Ils ont tenu parole.

"Nous allons détruire ton pays et le catapulter à l’âge de pierre" .
James Baker, à l’époque ministre étasunien des affaires étrangères

La population irakienne ne se croise pas les bras. Depuis l’invasion et l’occupation qui a suivi, les protestations sont constantes. Elles se sont accélérées lors du Printemps arabe en janvier-février 2011. Depuis le 25 décembre 2012, des protestations massives ont lieu chaque jour à Ramadi.[73]

Ces protestations auxquelles participent des centaines de milliers de personnes se sont étendues vers d’autres villes, partout dans le pays. Le 12 janvier dernier, plus de 2 millions de manifestants réclamaient la démission du premier ministre irakien Al Maliki. Ils réclament notamment la fin des atrocités, l’abolition des lois antiterroristes, la fourniture de services de base essentiels, l’arrêt de la marginalisation et de la division organisée parmi les groupes religieux et ethniques, la sanction du comportement criminel de l’armée, de la police et des forces de sécurité.

En Chine ou au Myanmar, il suffit d’un dissident pour se retrouver à la une des journaux. Par contre, nos médias gardent le silence sur ces protestations massives. Oui, la vérité est toujours la première victime de toute guerre.[74]

Dirk Adriaensens, Marc Vandepitte

Traduit du néerlandais par Erwin Carpentier http://www.michelcollon.info/Les-chiffres-invraisemblables-sur.html

Source : De wereld morgen http://www.dewereldmorgen.be/

[1] https://www.coc.org/files/iraq_fact_sheet.pdf

[2] Le nombre des morts est très controversé et, bien sûr, politiquement très sensible. Le chiffre d’un million et demi est basé sur les calculs suivants :
En 2006 déjà , le prestigieux magazine Lancet dénombrait environ 650.000 morts. En 2008, l’Opion Research Business, magazine autant renommé, recensait aussi un peu plus d’un million de victimes. En extrapolant, sur la base des comptes d’Iraq Body Count (IBC), on arrive au chiffre d’un million et demi. Les calculs conservateurs se limitent à 100.000 morts.
http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2806%2969491-9/abstract
http://www.reuters.com/article/2008/01/30/us-iraq-deaths-survey-idUSL3048857920080130
http://www.justforeignpolicy.org/deathcount/explanation
http://www.iraqbodycount.org/
http://en.wikipedia.org/wiki/Casualties_of_the_Iraq_War#The_Associated_Press_and_Health_Ministry._More_information

[3] http://www.unhcr.org/refworld/docid/4d35334e1e.html.

[4] http://www.irinnews.org/Report/77594/IRAQ-New-report-highlights-growing-number-of-IDPs, p. 10.

[5] http://www.brusselstribunal.org/Refugees.htm

[6] http://www.fmreview.org/FMRpdfs/Iraq/full.pdf

[7] http://www.sfgate.com/opinion/article/Mission-accomplished-Not-for-the-Iraqi-people-3184148.php#ixzz0yUDbF2Va

[8] Aujourd’hui, on estime à presque trois millions le nombre total de réfugiés, à l’intérieur du pays ou à l’étranger.
www.unhcr.org/pages/49e486426.html

[9] http://www.internal-displacement.org

[10] http://www.visionofhumanity.org/wp-content/uploads/2011/10/2011GPIMethodologyResultsFindings.pdf, p. 4.

[11] http://www.musingsoniraq.blogspot.be/2013/02/iraq-still-far-deadlier-place-than.html?goback=.gde_1491617_member_216675612

[12] http://www.visionofhumanity.org/wp-content/uploads/2012/11/Global-Terrorism-Index-Fact-Sheet.pdf

[13] http://www.amnesty.org/en/news-and-updates/report/thousands-iraqi-detainees-risk-torture-after-us-handover-2010-09-13

[14] http://www.defense.gov/Transcripts/Transcript.aspx?TranscriptID=2868

[15] http://www.reliefweb.int/ ;
http://www.stv.tv/weather/88812-horror-of-war-at-iraqi-morgue-even-as-attacks-fall

[16] http://www.globalresearch.ca/terrorism-with-a-human-face-the-history-of-americas-death-squads/5317564

[17] http://readersupportednews.org/news-section2/306-10/16361-revealed-pentagons-link-to-iraqi-torture-centers ; http://www.guardian.co.uk/world/2013/mar/06/el-salvador-iraq-police-squads-washington

[18] http://www.brusselstribunal.org/JournalistKilled.htm

[19] http://www.newssafety.org/images/stories/pdf/programme/globalinquiry/killingtheMessenger.pdf, p. 62.

[20] http://gorillasguides.com/2008/01/22/syria-un-research-indicates-high-levels-of-trauma-among-iraqi-refugees/

[21] http://www.mercer.com/press-releases/quality-of-living-report-2012

[22] http://www.michaelmoore.com/words/mike-friends-blog/truth-about-end-combat-operations

[23] http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/12A02E96E6AABB55852573D9005ABD42-Full_Report.pdf, p. 3.

[24] http://killinghope.org/bblum6/mafia.htm

[25] http://www.icrc.org/eng/assets/files/other/icrc-iraq-report-0308-eng.pdf, p. 3.

[26] http://www.unhabitat.org/pmss/listItemDetails.aspx?publicationID=2917, p. 33.

[27] http://www.oxfam.org/sites/www.oxfam.org/files/Rising%20to%20the%20humanitarian%20challenge%20in%20Iraq.pdf

[28] http://www.sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?f=%2Fc%2Fa%2F2010%2F06%2F27%2FIN5D1E116Q.DTL#ixzz0yUFpWWKI

[29] http://waterwebster.org/IraqWater.htm

[30] http://www.mcclatchydc.com/2007/11/18/21753/us-struggles-to-restore-drinking.html

[31] http://www.iauiraq.org/documents/1375/images...unitionsHumanHealthinIraq.pdf

[32] http://www.unicef.org/sowc2012/pdfs/SOWC%202012-Main%20Report_EN_13Mar2012.pdf

[33] En 1990, l’Irak avait le même taux de mortalité infantile que son voisin, la Turquie. Aujourd’hui, ce chiffre est le double.
http://hdr.undp.org/en/media/hdr_1992_en_indicators1.pdf, p. 142.
http://hdr.undp.org/en/media/HDR_2011_EN_Complete.pdf, p. 159.

[34] http://childvictimsofwar.org.uk/get-informed/iraq/

[35] http://en.wikipedia.org/wiki/Humanitarian_crises_of_the_Iraq_War

[36] Les estimations du nombre d’enfants orphelins varient énormément. Un rapport des NU de 2008 fait état de 870.000. Des calculs locaux donnent actuellement un nombre de 4,5 à 5 millions d’orphelins. Ces derniers chiffres sont plausibles, étant donné que plus d’un million d’Irakiens ont trouvé la mort et que le nombre d’enfants par femme s’élève à 4,7.
http://mawtani.al-shorfa.com/en_GB/articles/iii/features/iraqtoday/2012/03/27/feature-01
http://en.wikipedia.org/wiki/Humanitarian_crises_of_the_Iraq_War
http://www.alternet.org/story/70886/occupation%27s_toll%3A_5_million_iraqi_children_orphaned
http://www.unicef.org/sowc2012/pdfs/SOWC%202012-Main%20Report_EN_13Mar2012.pdf, p. 109.

[37] http://worldblog.nbcnews.com/_news/2007/03/29/4377071-iraq-a-nation-of-widows?lite

[38] http://www.ncciraq.org/
http://www.sfgate.com

[39] http://www.globalresearch.ca/how-the-us-erase-women-s-rights-in-iraq/1054

[40] http://www.bbc.co.uk/news/world-middle-east-12266986.

[41] http://usatoday30.usatoday.com/news/world/iraq/2005-05-04-pleasure-marriage_x.htm

[42] http://unesdoc.unesco.org/images/0018/001868/186809e.pdf, p. 202.

[43] http://childrenandarmedconflict.un.org/press-releases/25Apr08/

[44] http://www.irinnews.org/printreport.aspx?reportid=26114

[45] http://www.investpromo.gov.iq/index.php?id=80

[46] http://www.brusselstribunal.org/academicsList.htm

[47] http://dissidentvoice.org/2009/08/the-us-war-against-iraq/

[48] http://www.iraqupdates.com/free-news/health/2000-iraqi-doctors-killed-since-2003/2008-03-18

[49] http://www.brookings.edu, p. 35.

[50] http://dev-bd.bdnews24.com

[51] http://www.sfgate.com/news/article/CONFLICT-IN-IRAQ-Iraq-refugee-crisis-exploding-2656851.php

[52] http://www.nytimes.com/2007/12/11/news/11iht-iraq.4.8696930.html?_r=0

[53] http://www.nytimes.com/2011/03/15/world/middleeast/15george.html?_r=0

[54] http://www.minorityrights.org/download.php?id=25

[55] http://www.guardian.co.uk/world/2005/jun/23/terrorism.iraq

[56] http://dissidentvoice.org/2010/04/iraq-today-afflicted-by-violence-devastation-corruption-and-desperation/

[57] http://www.halliburtonwatch.org/about_hal/chronology.html

[58] http://articles.latimes.com/2004/jan/17/world/fg-halli17

[59] http://nl.wikipedia.org/wiki/Halliburton

[60] http://zfacts.com/iraq-war-quotes

[61] http://dissidentvoice.org

[62] http://www.nytimes.com ;
http://en.wikipedia.org/wiki/J._P._Morgan,_Jr

[63] http://www.bigeye.com/fc060404.htm

[64] http://en.wikipedia.org/wiki/Embassy_of_the_United_States,_Baghdad

[65] http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2010/09/03/AR2010090302200.html

[66] http://www.oecd-ilibrary.org/development/development-aid-net-official-development-assistance-oda-2012_aid-oda-table-2012-1-en

[67] http://www.worldbank.org/html/extdr/mdgassessment.pdf

[68] http://www.ft.com/intl/cms/s/0/e5dac110-9557-11d9-bc72-00000e2511c8.html#axzz2Mt6ICfUI

[69] http://www.iraqoilreport.com/oil/iraq-criticized-for-oil-metering-delays-5658/

[70] http://musingsoniraq.blogspot.be/2012/11/the-undermining-of-integrity-commission.html

[71] http://www.twnside.org.sg/title/iraq2.htm

[72] http://www.nndb.com/people/290/000023221/

[73] http://www.dewereldmorgen.be/artikels/2013/01/13/irak-massale-protesten-tegen-het-tweede-gezicht-van-de-bezetting

[74] http://www.dewereldmorgen.be/artikels/2013/02/08/protesten-in-irak-breiden-uit-de-pers-zwijgt-als-vermoord

COMMENTAIRES  

05/04/2013 16:26 par gérard

Et il y a cet article difficilement soutenable aussi de Hans-Christof von Sponeck, ancien adjoint du Secrétaire général des Nations Unies et coordinateur humanitaire des Nations Unies pour l’Irak :
« L’Irak et la trahison d’un peuple - l’impunité à tout jamais ? »
http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=3883
Voir aussi l’article qui suit :
« La Conférence sur l’Irak de Genève exige de demander des comptes aux responsables de la guerre »

05/04/2013 16:54 par Max

Bonjour.
Ce à quoi nous pouvons assister en Irak est beaucoup plus qu’une crise humanitaire. C’est une déshumanisation de la société Irakienne avec à son coeur une politique de terreur. Cette crise a un nom et elle a déjà fait ses preuves. Comme au Japon (bombe atomique), Vietnam (agent orange), Haiti (choléra), les néo-cons stigmatisent la société à tous les échelons. Il n’y aura plus de classe moyenne, il n’y aura qu’une élite et des gens en perdition totale facilement manipulable. Cet article résume bien la situation actuelle mais il y manque l’aspect le plus abjecte : les conséquences de l’utilisation de matériels toxiques sur les populations et en particulier à Fajullah. Le nombre d’enfants naissant avec des malformations (quand ils ne meurent pas en couche ou à la naissance) est profondément choquant. Le Dr. Dr Samira Alani est la seule à comptabiliser ces crimes. Qu’on ne se trompe pas, il s’agit bien de crimes. Ce ne sont pas des victimes collatérales, l’utilisation d’uranium, de bombes à phosphates ... rentre dans le cadre d’une politique perverse et insidieuse : sacrifier toute une génération pour mieux modeler et contrôler la suivante.
Ne pas rater les interventions du journaliste Dahr Jamail sur Democracy Now :
http://www.democracynow.org/2013/3/20/ten_years_later_us_has_left
Et sur Al-Jazeera :
http://www.aljazeera.com/indepth/features/2013/03/2013315171951838638.html
Et du Dr. Mozghan Savabieasfahani
http://www.aljazeera.com/indepth/opinion/2013/03/2013312175857532741.html
Max

05/04/2013 20:17 par hassinus

Enfin expliqué dans le détail, le vrai but de l’agression de l’Irak : la destruction de ce pays , le vol des investissements dans les pays capitaliste tous pro israéliens, sa plongée dans une guerre civile perpétuelle qui l’empêchera de se relever. N’en déplaise à ceux qui ont avancé mordicus l’argument du pétrole aujourd’hui exploité pour une grande part.la Chine. Le même sort attend tous les pays arabes entourant Israël : La Libye c’est fait, la Syrie bientôt ( avec l’annexion définitive du Golan ), l’Iran ensuite, puis, il sera temps de retourner contre "les amis" d’aujourd’hui : Egypte, Arabie Saoudite et Emirats dont les investissements effrénés dans le monde capitaliste seront saisis (Adieu PSG !). Merci dont pour l’explication

05/04/2013 22:59 par Krostif Karzi

Le simple emploi de munitions à l’U238 démontre clairement une volontée de nuire à long terme à l’Irak.
Où comment souiller le génome du peuple d’un pays choisi. C’est un véritable génocide programmé car bientôt la majorité des naissances sera constitués d’enfants diformes physiquement ou gravement atteints mentalement.
Déjà en 1991 il y avait eu une polémique sur le "syndrôme de la guerre du Golfe" ou "nos" soldats avaient fait du "tourisme" sur les épaves de blindés irakiens détruits (aux obus à l’uranium appauvri). Beaucoup étaient bien évidemment tombés très malades.
Vous rappelez-vous aussi de l’autoroute de la mort ? Des kilomètres de véhicules et de VIES pulvérisés par ces saloperies d’A10 faisant pleuvoir leur obus de 30mn qui enflammaient absolument tout.
On se demandait à l’époque quelle arme avait ce potentiel de destruction.
Tout cela est vraiment moche, très moche.
Le prix d’une vie humaine n’est pas la même partout à la surface de cette planète.
Personnellement, je ne pense pas que la vie d’un américain bien gras et con vale plus qu’une autre.
Perso, c’est le boycott TOTAL de ce pays (et d’autres).
Je ne fais désormais plus de différence entre le 3e Reich et les USA, AUCUNE ! La même logique génocidaire. GFA !

06/04/2013 06:47 par babelouest

Attila battu ? La horde sauvage, militaro-industrielle, s’est abattue sur un pays innocent, pour anéantir le berceau de l’humanité, la couper de ses racines. Dans cette hargne, cette rage, il n’y a pas que l’hystérie de mettre à bas un adversaire qui avait été auparavant un allié (les priorités changent), il n’y a pas que l’appât du lucre et de la spéculation, il y a plus que l’indifférence de béotiens au pays des Mille et Une Nuits, il y a, n’en doutons pas, le souci de faire table rase de nos bases mêmes.

Détruire les digues du Tigre et de l’Euphrate a transformé ce qui fut le Jardin d’Eden, selon les endroits, en marécage pustulant, ou en désert. A ce niveau de destruction, ce fut délibéré et programmé. Déjà , le désert a doublé de surface dans ce pays autrefois prospère.

Des sites inestimables ont été bombardés, apparemment sans raison. Là aussi, la volonté d’anéantir le passé détruit également l’avenir de ces populations.

Une certaine harmonie régnait entre les tribus. La propagande US a tout changé, en exacerbant des conflits religieux internes, selon la vieille maxime "diviser pour régner". Ainsi les survivants, de moins en moins nombreux, s’entretuent, et il ne restera qu’une plateforme nette pour les spéculateurs, souvent très proches du Pouvoir de Washington.

ô Cyrus ! Que d’amertume, si tu revenais ! A part quelques puits de pétrole, ton empire n’est plus qu’un désert où errent encore des veuves, des enfants déformés par l’uranium et quelques fanatiques hirsutes et ignares. Vingt ans encore, et le Rub al Khali se sera considérablement étendu vers le nord. Les enfants du monde ne pourront plus avoir la moindre idée de ce que pouvait être la Mésopotamie.

06/04/2013 18:25 par vagabond

De quoi se tirer une balle dans la tête pour ne plus faire partie de l’humanité.

07/04/2013 01:57 par cassiopea

Sans passer par la case Tribunal International, il faudrait envoyer tous ces tyrans, assassins, coupables de tant d’atrocités envers un peuple qu’ils devaient soit disant "libérer" d’un ( autre) tyran ; tous ces Bush (père et fils), Cheney, "oncle bens", Albright, Rumsfeld, Blair etc...tous à Gantanamo. Tant de sang sur les mains, et ça ne leur suffit pas, ils veulent toujours plus de guerre, afin d’ étancher leur soif de sang, comme ils ont fait pour l’ Afghanistan, la Libye, Mali, Syrie....Ces gens là ne sont sur Terre que pour détruire, piller, tuer !

07/04/2013 22:50 par hase

Inutile de dire que je n’ai pas lu votre article par le menu ! L’Irak est la honte de l’Occident ; et je ne m’identifie pas aux USA, et je sais gré à Chirac d’être resté en retrait ; mais ce pays, cette civilisation ne méritait pas Saddham Hussein et la suite...

08/04/2013 19:51 par Vagabond

Aussi autoritaire que fut Saddam, il n’était pas éternel ! Il aurait fini par disparaître naturellement ou par la main de son peuple... Bush et ses suppôts ont planté dans ce pays un mal plus abominable.
Personnellement, si j’avais été irakienne, j’aurai préféré combattre Saddam plutôt que ces infra-humains voire supporter Saddam que laisser un tel fléau toucher mon pays. Les traîtres qui ont ouvert la porte à Bush ne vivaient pas en Irak.

Maintenant, the US corporation a trouvé une autre méthode, laisser les imbéciles parmi les populations qu’ils ciblent faire le travail pour eux et regarder de loin le résultat comme les parfaits vautours qu’ils sont.

Je suppose que la France mérite Sarkozy et Hollande ? C’est vrai qu’eux, ils font leur guerre chez les autres tout en faisant des français leurs complices.

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