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Le spectre de l’esclavage dans la viticulture médocaine.

Ils sont les petites mains de l’ombre et, tout comme celui des composants du vin, leur nom est tu.

Ils sont tus jusque dans leur existence,combien de personnes en s’extasiant sur la qualité, l’arôme ou la rondeur d’un vin s’arrêtent sur les faiseurs de ce joyau ?

Combien de touristes sillonnant la route des châteaux vont discuter avec les salariés des grands crus dont ils vont acheter une bouteille à prix d’or à quelques centaines de mètres de là ?

Non pas qu’ils cherchent leur minute de lumière, mais peut-être que si les consommateurs, les amateurs, les collectionneurs, les amoureux du vin grattaient un peu derrière l’étiquette ils découvriraient une autre réalité.

La réalité de la viticulture médocaine , un monde où l’esclavage coule encore dans les veines de ses acteurs et où la traite des étrangers n’est pas seulement une page de l’histoire.

Des salariés agricoles sans lesquels ils n’auraient pas cette bouteille de vin à partager avec quelques amis au coin du feu, œuvrent par tout temps du plan grand froid au plan canicule en passant par l’alerte inondations, pas d’arrêts intempéries en agriculture alors juste une "prime" annuelle autant dire une faveur dont le montant correspond à une journée de travail brut , soit moins de 80 euros. 80 euros qui ne couvriront pas les frais du salarié pour s’équiper en vêtements de pluie ou contre le froid !

Des salariés agricoles exposés à des risques pour leur santé, dont le risque chimique mais sans la prime cette fois.

Des salariés agricoles sur lesquels l’employeur et la médecine du travail se déchargent de toute responsabilité face à un problème de santé, mais auxquels il est demandé de s’en tenir à une bête exécution des ordres, sans réflexion malvenue....

Des salariés agricoles dont l’isolement et l’absence d’instruction est un critère d’embauche éloignant tout risque de rébellion.

Des salariés agricoles recrutés par l’Office des Migrations Internationales pour pallier une main d’œuvre locale trop au fait de la réglementation applicable en droit du travail.
Des salariés agricoles étrangers isolés dont les papiers sont parfois confisqués pour accroître la docilité, des salariés pas informés du droit du travail en vigueur en France, qui travaillent 7 jour sur 7 payés au tarif applicable dans leur pays.

Une population locale appauvrie délaissée par la viticulture , dont elle suit les enrichissements et festivités dans la presse au même titre que l’exonération de ses maîtres de contribution économique territoriale.

Une viticulture localement appauvrissante, mondialement esclavagiste. Si le vin en avait le goût il y a longtemps que plus personne n’en boirait....

COMMENTAIRES  

04/06/2014 07:26 par Calame Julia

J’attends que dans un quelconque journal on vienne nous montrer avoir interrogé et offert mouchoirs
à certains viticulteurs dont la récolte sera moindre cette année...par exemple !
Il y a quelques temps les sulfateuses étaient portés sur le dos par les ouvriers viticoles qui actionnaient
une manette pour provoquer l’aspersion. Combien d’entre eux sont morts de cette double combinaison
fatigue et intoxication ?
Aujourd’hui, on écrit sur les étiquettes "présence de sulfites" parce que le producteur se déresponsabilise.
Même les meilleurs crus ! On sait que la crainte du mildiou fait précautionneusement sulfater.
Mais même pour le mildiou, certaines conditions météo doivent se conjuguer... On ne va pas refaire
l’histoire ! Déjà il y a quelques décennies on moquait les "résistants" ! Ceux qui savaient planter les
bons cépages en tenant compte de l’exposition et à l’abri de certain vent et ensuite les entretenir
de manière artisanale. Une attitude qui relève de l’amour de la grappe et du plaisir du partage, que,
malheureusement, nous avons perdu dans des bouteilles minées de sulfites en exploitant ceux qui
travaillent.
.

04/06/2014 22:03 par Benoit

Cet article est un tout petit peu (mais alors un tout PETIT peu) exagéré... D’une, le médoc c’est surtout des petits domaines qui peinent à vendre du vin en vrac à vil prix, et qui sera revendu entre 2,5 et 4 euros la quille en grande distribution. On est loin du faste et des prix astronomiques de quelques rares domaines Elus par la grâce Divine.
De deux, si Peugeot, Seb, Armor Lux (pour ne citer que des marques françaises ou à peu près) remerciaient les ouvriers, ça serait chouette mais elles ne le font pas non plus. Pourquoi se focaliser sur la viticulture ?

Quant aux conditions de semi-esclavage dont vous parlez, avez-vous des témoignages, des preuves pour étayer cette grave accusation ?
Isolement et absence d’instruction, je dirait ça à mes ouvriers, ils seront ravis...Bon, ceux-ci sont locaux, pas importés. Et effectivement la main d’oeuvre immigrée est largement utilisée en viticulture, en particulier dans le sud, mais je ne crois pas trop au fait que le droit du travail français ne leur soit pas appliqué. Ceci n’exclut pas des abus comme il y en a partout, je ne le nie pas.
Simplement si vous voyez des gens bosser dans les vignes un dimanche, dites-vous qu’ils sont peut-être tâcherons. C’est un type de contrat classique où un saisonnier s’engage à réaliser une tâche (tailler un hectare, ébourgeonner, relever les rameaux...), et il s’organise comme il le veut pour la faire.

Et je ne ferai même pas l’effort de répondre à la caricature du précédent commentaire, en revanche si son auteur veut discuter avec un viticulteur au lieu de se plaindre des enfoirés que nous sommes, qu’il me le fasse savoir, je suis ouvert au dialogue, en revanche je ne recevrai aucune accusation de ce type.

Merci de m’avoir lu.

05/06/2014 07:27 par Calame Julia

Vous êtes donc viticulteur, et pas dans le Sud ?
Vous avez des ouvriers et pas des immigrés ? Vous avez des ouvriers locaux, instruits.
Vous n’avez repris aucun point de la soi disant caricature que j’ai faite.
Mais c’est un fait, les femmes ne sont pas très prisées dans ce milieu.
Je vous ai lu et bien lu.

05/06/2014 10:15 par rouge de honte

Les faits sont ceux-ci : les sols sont pollués, occupés par une culture aussi inutile que néfaste.
L’alcool est un produit addictif impliqué dans pas mal de violence et pour plus de 50% des accidents de la route.
Je ne plains pas tous ceux qui travaillent dans le domaine, ils sont comme les ouvriers des usines d’armement. Ils n’ont soit pas le choix, soit pas de conscience.
Comme pour le pavot ou la coca, il faut des programmes pour transformer ces cultures en cultures fruitières ou maraîchères.
Le vice amenant le vice et pour que la société change, il faut s’abstenir de consommer alcool, médicaments psychotropes, drogues.(Et religions :-))
C’est la base.

05/06/2014 10:32 par dan

Pour avoir travaillé longtemps dans la vigne (et je continue à le faire), je cautionne très largement le propos honnête et mesuré de Benoît. Je trouve qu’il rend compte des faits du terrain dans de leur proportions réelles, du moins est-ce mon sentiment, après 15 années de pratique de la vigne. Calam Julia, je trouve que vous faites à Benoît un drôle de procès d’intention : à aucun moment il n’a évoqué la place de la femme dans la viticulture !! Faut-il vraiment consacrer les clichés, et hurler au machisme dès que le mot agriculture est mentionné ? Quelle serait alors la différence entre LGS et un vulgaire " grand media" ?

05/06/2014 13:53 par Calame Julia

Seulement quinze ans dans la viticulture ?
Si vous aviez lu mon commentaire sans me coller une étiquette, avant la fin, vous auriez compris
que je faisais un constat et que je n’attaquais personne puisque premier commentaire après l’article.
Mais je ne suis pas étonnée puisqu’ici comme ailleurs, il faut passer son temps à justifier ses dires
en racontant sa vie.
Quelque part vous me donnez raison.

05/06/2014 16:02 par Emilio

In vino veritas…
Apres la democratie du cause toujours tu m interesses, la nouvelle democratie de la fermelaculture , la culture des masses silencieuses qui pousse sans rien dire et LA reponse qui nous laissera tous sans voix apres les exces des .. faut pas pousser quand meme.
Voila , c est dit , plus rien a ajouter non plus. La priorite reste a droite , meme avec un volant a gauche . Comme disait rouge de la honte , supprimons les routes et il n y aura plus d accidents de la route . Cqfd et simple comme bonjour… (et c est pareil pour l esclavage .)

le stupefiant tafta changera t-il le vin de messe en coca cola ?

06/06/2014 22:27 par Benoit

@Calame Julia : Relisez bien : "je ne ferai même pas l’effort de répondre à la caricature du précédent commentaire". Donc je ne vous ai pas répondu sur vos attaques au lance-flammes au sujet du vigneron qui sait plus rien faire sans chimie, c’était mieux avant etc...En revanche, avant d’avoir écrit ces lignes, je reprends les points de l’article qui me semblent exagérés.

Y’a un point dans la charte des commentaires qui dit ceci : Certain(e)s prennent le temps d’écrire. Ayez la gentillesse de prendre le temps de lire - avant de réagir.

Pas pigé pourquoi vous parlez des femmes dans l’agriculture...

@Rouge de honte : vous avez mille fois raison. Arrachons les vignes et mettons des pommiers à la place, ils réclament encore plus de traitements, mais au moins on ne produira pas de poison avec (sauf si on est normand).

07/06/2014 10:49 par rouge de honte

@ Benoît,
Lorsque les arguments manquent, la dérision ou le cynisme surgissent.
Toutes les monocultures sont gourmandes en traitements et la vigne plus que d’autres. Que penseraient nos ancêtres d’un épandage de produits depuis des aéronefs sur d’immenses étendues de vignes qui ne servent principalement qu’à enivrer une population déjà bien assommée et soumise par des travaux souvent peu gratifiant ?
Chez moi ils invitent la population à ce cloisonner chez eux et ils ferment les routes pour ce faire. C’est la guerre...

Ceci dit, le jus de pomme bio est délicieux :-)

08/06/2014 00:34 par gérard

Cet article est totalement au fait de la réalité sur l’esclavagisme pratiqué dans la viticulture bordelaise, celle que je connais assez bien pour l’avoir eu comme cliente une bonne douzaine d’années (j’étais travailleur indépendant en taille de vignes). Demandez donc leur avis aux assistances sociales ; comme nous l’a confié une amie à nous : « ce qu’elles redoutent par-dessus tout c’est d’aller travailler dans le Médoc. »
Les femmes sont les principales victimes d’un système tout particulièrement vicieux : le "salariat au prix fait". Un barème est établi sur le plan régional pour toutes les façons ( taille, épamprage, levage etc ) et bien évidemment pas par les travailleurs agricoles, donc au minimum patronal ; qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, qu’il gèle ou sous la canicule, il faut faire un certain rendement pour espérer faire un SMIG sur l’année ; mais comme pour elles c’est souvent un second salaire, elles l’acceptent sans broncher, le dos cassé et bien évidemment avec le spectre des maladies apportées par les produits chimiques de traitement de la vigne. Il n’y a pas si longtemps de cela existait un traitement d’hiver à base d’arsenic (je n’ai plus le terme exact) ; des protections pour ceux qui répandaient ces produits étaient obligatoires, ainsi qu’était impératif un certain délai avant de pénétrer dans la vigne ; qui, à part ceux qui croient au père Noël, peut imaginer que ces règles étaient respectées ?
@ Benoit, j’ajouterai que bon nombre de viticulteurs du Médoc sont des escrocs et je pèse mes mots.
Ils vendent un vin de merde à un prix prohibitif, car ils profitent de l’attrait de l’étiquette Médoc apportées par les très grands châteaux, pour vendre souvent en "promo" (ou pas) des bouteilles trop jeunes, 1...2 ans d’âge, à des prix-pas-abordables-tous-les-jours !
Il faut savoir que le cépage principal du Médoc, c’est le cabernet sauvignon, et il donne un vin de garde qui demande au strict minimum 5 ans de vieillissement pour être simplement buvable (compte tenu de son prix), contrairement au merlot qui lui peut être bu assez rapidement. Les autres régions bordelaises pratiquent l’assemblage d’environ 50/50 de ces deux cépages.
Quant à voir du Médoc vendu en vrac...j’en ai jamais vu, du moins à des prix raisonnables...
J’avais comme client appelons le "château de M...". J’y ai connu une employée au "prix fait" qui y travaillait moins de 80% de l’année ; bien évidemment elle avait le dos cassé et les mains "pierre ponce". Bien évidemment aussi elle était très loin de faire un smig toute l’année, mais comme "en compensation" elle avait (pas gratuitement faut pas rêver !) mais moins cher, un "logement de fonction", celui ci était en plein milieu (à 4 m) des vignes. Elle avait donc le "plaisir" de se bouffer gratuitement toute l’année le bon air des traitements chimiques, sans aucun espoir d’espérer des changement de vents salutaires....
Et ce n’est qu’une anecdote...j’en aurais une foultitude d’autres !
@ Calame Julia Vous n’y êtes pas du tout sur les sulfites : « présence de sulfites » est indiqué surtout pour le soufre qui est mis dans le vin pour qu’il se conserve ; autrefois on méchait les barriques avant et en même temps d’y mettre le vin, en y faisant brûler une mèche de soufre dedans. Les traitements à dos humain contre le mildiou c’était du sulfate de cuivre, autorisé en agrobio, mais controversé par le problème de l’accumulation du cuivre dans le sol, ainsi que du soufre en poudre contre l’Odium, autorisé aussi en bio.. Les traitement actuels sont bien plus féroces contre d’autres maladies de la vigne, vin de "prestige" ou non.
Les seuls qui mettent strictement rien dans le vin, ce sont ceux qui travaillent en bio-dynamie...
Par contre au niveau du prix,ce n’est certes pas du vin de tous les jours, mais c’est justifié par le travail....
TOUTES les bouteilles de vin qui dépassent des seuils raisonnables de prix, disons 10€ pour une bouteille de vin rouge, vous payez soit le rétro, soit quelques boulons du dernier 4/4 du fils du châtelain, mais pas le produit et encore moins le travail des ouvriers agricoles...

08/06/2014 15:25 par Emilio

Salut Gerard, tres tres interessant ton commentaire.
Qui repond aussi a mon interrogation d usage de sulfate de cuivre en agrobio.
Il y a un an , j etais comme Benoit , c est mon employe jardinier qui s occupait de la partie maraichage de ma finca , j avais d autres priorites de constructions. Et il faisait le, devenu traditionnel , en copiage sans plus d interrogations de ce que font les ¾ des campesinos de chez nous , agriculture chimie de synthese NPK , traitement insecticide etc… le normal monsantiste qui tue.

Puis est venu la grande greve paysanne contre l odieux traite de libre echange commercial USA Colombie.. et une repression violente et sanglante tout autour de moi , la guerre de la police anti emeute et une tres forte resistance populaire, l insurrection carrement.
La , et ça tombait bien c etait le moment pour moi de reprendre le controle de ma partie agricole maraichage. Je ne partais pas de zero non plus en terme de connaissance , forme et diplome en agronomie tropicale en Australie… en agro de synthese et aussi un peu en bio.

L aspect social de choix de methodes agricoles est primordiale pour moi. Comment un campesino colombien peut resister et peut vivre face a cet agresseur capitaliste US. Comment pouvons nous etre encore competitif sans subventions pour nous, face aux importations massives de pomme de terre de Hollande ou du Canada , qui eux sont hyper subventionnes. Interrogations de survie pour nous, notre avenir en jeu.

Un microbiologiste français et son epouse , Bourguignon , a dit
“ si vous voulez lutter contre les multinationales , cessez de les alimentees” .
Cette cle et toutes mes recherches contacts etc… ont decoule de source de cette evidence.

Je cultive la pomme de terre, traditionnel, et adapte dans mon coin. Quelques tonnes de production en NPK ..3 cultures possibles a l annee du fait du climat entre 12 et 25 degres toute l annee. Pas tres satisfait du resultat, la plante est certes nourrie mais pas la terre qui s appauvrit, le truc commercial et d arnaque est que ces elements sont tres peu assimilables .. de 30 a 60% je n entrerai pas dans les details. Donc des sacs d engrais hors de prix et des cailloux pour les 2/3 qui contamineront les sols et les eaux.

Le mildiou est aussi un de mes problemes.
Je suis reparti de zero mais sur de bonnes bases cette fois, parce que oui il y a des solutions , beaucoup moins cheres , pas contaminantes ni pour les travailleurs , sain pour les consommateurs et qui permet de vivre correctement pour le producteur du fait de l enorme reduction du prix de revient. Et cerise sur le gateau , une production superieure en volume et en qualite nutritionnelle.

Chez nous, du au fait de la mentalite de resistance eternelle du peuple colombien , le proselytisme revolutionnaire etant interdit de fait et passible de mort, les voix et les voies de la resistance sont entrees partout en silence mais tres actif. Les structures sont deja en place , dans les universites avec des milliers d etudiants pour les methodes cooperatives, en universite encore avec les travaux de chercheurs sur l etude des sols et les methodes autres de compost , de recyclage des dechets etc… et bien sur des milliers de paysans agroecolo, avec soutien technique et gratuit de techniciens agricoles communaux , avec les echanges de graines, d experiences … et qui eux vivent bien… et coupe circuite la distribution capitaliste en vendant eux memes , ou sur les marches , ou directement au camión dans les barrios populares des villes tres proches. Moins cher et sain pour tous. Pas de subventions et pour quasiment personne ou minime, bio ou pas bio et pas de certfication non plus.

Techniquement, le compost est le coeur de cette revolution agro. Souvent le Bokashi par chez moi , bidynamie aussi . D autres methodes plus adaptees pour mon cas. Et une solide connaissance de ce que faisait les ancetres indiens qui ont vecu la et prospere en nombre et capable de soutenir leurs choix des milliers d annees, en harmonie avec le milieu ambiant. Et de fait ,la pointe de notre savoir vient en bonne partie de leur heritage culturel.

J ai retrousse mes manches libertaires et construit donc et d abord un atelier de compost d une trentaine de m2 . Utiliser les milliers de papyrus (j ai commence avec une vingtaine en 2009). Acheter un broyeur et broye ces merveilleux papyrus du Nil, tres adapte a mes precipitations annuelles de 3 m environ. Bien sur et depuis le debut , gros travaux de drainages , d enfouissement de tuyaux pour amener l eau de mon ruisseau petite riviere la ou je voulais .. lac d une centaine de carpes koi et compost et the d humus avec cette eau de riviere cristalline qui descend des montagnes tout autour. Et forets intactes par une conscience d Indios ,metisses aujourd hui , mais vivante .

Et couvrir tout le sol de maraichage de 200m2 avec ce paillis papyrus , de 20cm environ. Les arbres fruitiers nombreux , citrons oranges mandarines goyaves avocats etc… et maintenant , du au rechauffement climatique manguiers . Notre probleme a nous, les pays de zones equatoriales , et en plus appuye par l altitude d alti plano a 2500m pour moi, ou encore plus haut et plus froid de paramo jusqua 5000m , c est la diminution drastique de la couche d ozone , qui nous grille litteralement aux heures de fort ensoleillement. Le paillis est donc une protection de ces UV mortels . Et une vie de micro organismes qui peut encore exister (pour combien de temps ¿ la est l incertitude. Probleme quasi numero un , au Perou Equateur et Colombie.

Pratiquement et contre mon mildiou entre autres … lombriculture , pas grand non plus 7m2 , l humus est garde pour mes plants de tomates en serre (tout en auto construction evidemment, des plans , construction parpaings ou briques , plomberie charpente electricite irrigation .. tout parce que d abord , je n ai pas le fric pour payer des professionnels .
Je garde une partie de l humus de lombrics (elabores avec les elements qui me manquent dans ma terre ) et une dizaine de kgs vont en the pour etre oxygene par une pompe de type jaccusi pendant 24 heures , 1000 litres de concentre . Elabores suivant les recommandations de mon emminente instructrice americaine Elaine Ingham.

L inconvenient (pas vraiment hein) est que ce produit ne peut pas etre commercialise avec le schema de distribution capitaliste. Il doit etre employe le plus rapidement possible , sinon tu passes de l action d une bombe thermo a un petard .. Donc usage prive ou entre voisins ou en cooperatives ou programme pour emploi rapide. Condition indispensable pour cette bombe , qui sert d engrais racinaire ou de protection foliaire suivant la composition. 1000 L de concentre, 5000 L en dilution , de quoi traiter 50 hectares , en 24 heures de production a 5% des prix des chimies de synthese et completement assimilable cette fois. Plus de contamination et au contraire (comme le papyrus ) decontaminant des sols.

Voila , adieu mildiou et adieu Monsanto. J ai d autres techniques encore plus simples et plus elaborees qui me viennent du peuple Maya . Un procede d electroculture . Une ligne de compost oriente est ouest , c est important . Un compost acide .. des aiguilles de pin par exemple .. en rangee et oppose a 3 m de distance environ ( reste a tester l optimum) et une autre rangee de compost basique de dechets verts. Les plantes de culture entre ces 2 rangees . Un courant electrique est genere (la terre comme disait Tesla est un excellent conducteur) .. Une circulation ionique entre les 2 tas , de type electrolyse. Une vibration qui agit sur le systeme racinaire de la plante .. et les resultats de volume sont spectaculaires. Certains en parlent sur le net , mais avec d autres procedes equivalents dans l idee, de fil et antenne .

Oui, il y a d autres solutions , deja eprouvees et viables. Et moi chaque matin quand je me leve avec les chants des oiseaux .. je me demande “qu est ce que je pourrais bien faire aujourd hui pour aider a la construction de la revolution bolivarienne” . Et nous sommes des millions a avoir ce reve et essayer de le concretiser dans tous les aspects de nos vies. Des idees et des actes de recuperation de notre pouvoir. De l ecosocialisme vivant et actif . Une histoire pas si personnelle d un guerrillero de l ecosocialisme de la revolution bolivarienne (ne le repetez surtout pas )

Voila , commentaire plus destine aux pros de l agro , mais du terre a terre connecte au ciel.
Hasta siempre compañeras y compañeros , venceremos
Desde las montañas.
Desole LGS pour le laîus , ne le publier pas si vous le trouver trop long . Vous resterez mes amis .

08/06/2014 17:38 par Lionel

Pour avoir eu une exploitation maraîchère quelques années dans le Tarn, en bordure de vignobles, je confirme ce que dit Gérard, touts les jours je voyais les gens travailler et la grande majorité étaient des Marocains venus pour la taille et il leur fallait en plus venir avec leur propre sécateur qui coûte une vraie fortune !
Pour les sulfites également, il s’agit non seulement de conservation mais aussi d’équilibrage de la qualité du vin, sans être spécialiste je sais qu’il est très difficile de faire du vin dont toutes les bouteilles soient semblables sans soufre.
Pour l’anecdote, c’est ce grand criminel international de BHO qui boit toute la production d’un viticulteur en biodynamie ( j’ai oublié la région... ).
Les études faites par des labos indépendants pour l’asso Générations Futures ( salutations au passage pour leur boulot courageux ! ) ont montré de façon formelle les abus d’utilisations des pesticides dans tous les vignobles de France, donc personne ne peut contester l’exposition dangereuse des ouvriers à des produits mortels, je n’ai jamais vu un ouvrier respecter à la lettre les consignes de sécurité, la pression des patrons sur le temps passé ne leur permet pas d’être vigilants et de se protéger, je me suis moi-même fait traiter de pédé pour avoir hésité à mettre les bras dans la cuve du tracteur pour déboucher la pompe sans perdre le mélange !
L’heure est à l’urgence de l’éradication totale de l’utilisation des pesticides, les études récentes sur la fertilité sont les plus alarmantes et il ne s’agit plus de savoir si untel exagère ou pas mais de se rendre à l’évidence : les ouvriers et les populations environnantes des cultures sont en danger, les consommateurs sont en danger, notre descendance n’est plus assurée, les maladies graves surviennent en masse...
Alors si les personnes qui lisent le GS et y font des commentaires mettent en doute la condamnation des profits à tous prix et à n’importe quel prix, agriculteurs ou pas, il y a un grave problème !

08/06/2014 19:50 par Emilio

D accord avec toi Lionel
interdiction totale des engrais chimiques de syntheses , herbicides et pesticides
c est une URGENCE sanitaire mondiale.

09/06/2014 21:46 par Marie-Lys Bibeyran

Je suis l’auteur de cet article, je vous remercie de tous ces commentaires,
Je viens de mettre en ligne cette pétition pour améliorer autant que possible les conditions de travail des salariés agricoles et de l’agro alimentaires exposés aux pesticides ....

https://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/mr-st%C3%A9phane-le-foll-petition-pour-la-reduction-de-l-exposition-des-salaries-de-l-agriculture-et-des-industries-agroalimentaires-aux-pesticides

10/06/2014 10:09 par gérard

@ Emilio
Même pour un commentaire destiné aux "pros de l’agro", il faut te suivre et ce n’est pas évident, mais sincèrement bravo pour l’ouvrage entrepris.
Je ne suis pas réellement un pro, mais il y a deux principes de base dont je suis certain, ils se regroupent sous l’intitulé "tout comme nous" :
- Il faut nourrir le sol, et là une analyse physique et chimique est indispensable pour en connaître les carences ou même les excès, ce serait pour ainsi dire l’équivalent de notre "prise de sang". Un sol équilibré, bien nourri produit des végétaux très résistants aux maladies...tout comme nous lorsque nous sommes bien nourris.
Les anciens déterminaient qualités et défauts d’un sol en fonction des plantes sauvages qui y poussaient.
- Tout comme nous aussi un sol a besoin de repos, d’où la nécessité d’alternance de cultures et/ou de culture d’engrais vert aussi en alternance, sinon il arrive à s’épuiser, tout comme nous. De toute façon le principe de base est jamais la même culture deux fois de suite au même endroit. L’idéal c’est d’alterner avec des légumineuses style haricot qui fixent l’azote dans le sol. La monoculture même en bio, en faisant des apports de compost est (normalement sous nos climats) à proscrire...
Mais les réponses tu ne peux les avoir que sur le lieu où tu travailles, en fonction du climat, des qualités et des défauts des sols que tu travailles.
Bon courage !

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