Le Parti Socialiste se rallie à Nicolas Sarkozy, par Denis Collin.

















La sociale, samedi 27 octobre 2007.


LA DÉCOMPOSITION DE L’AILE GAUCHE DU PARTI SOCIALISTE.


« Sarkozy nous a tendu un piège » dit le fabiusien Bacheley à propos du nouveau traité « simplifié » remplaçant feu le TCE. C’est une mauvaise plaisanterie : Sarkozy n’a tendu aucun piège au PS puisqu’il ne fait que mettre en oeuvre, à la lettre, ce qu’il avait annoncé dans sa campagne électorale. On peut reprocher beaucoup de choses au nouveau président de la république, mais certainement pas d’être infidèle à ses promesses, sur la question européenne comme sur les autres questions. Le seul responsable de ce prétendu « piège » est le parti socialiste lui-même.

Les choses sont en effet très simples : le programme du PS (congrès du Mans) et le programme de la candidate Royal disaient clairement : tout nouveau traité doit être soumis au référendum. A l’unanimité, les socialistes se plaignent du « déficit démocratique » dans la construction de l’Europe. La logique voudrait donc que les socialistes fassent tout leur possible pour contraindre Nicolas Sarkozy à organiser un référendum sur le traité simplifié. Et le seul moyen de le faire est de voter « non » à la révision constitutionnelle préalable à l’adoption du traité par le Parlement. Personne ne demande donc aux socialistes de renoncer à leurs convictions. Les adeptes du traité « relifté » pourront voter « oui » au référendum et même convaincre leurs concitoyens que c’est une bonne chose.

Au lieu de suivre cette logique et cette honnêteté élémentaire, les dirigeants socialistes ont décidé d’apporter un soutien décisif à Nicolas Sarkozy. Les Jouyet, Besson, Kouchner, Bockel and Co ne suffisaient pas. C’est maintenant tout le gratin de la rue de Solferino qui rallie le président sur cette question décisive : la mise hors jeu de la volonté populaire, la liquidation de l’article 3 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui stipule que « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation ».

En effet, Moscovici, Poignant et une vingtaine d’autres hiérarques ont d’ores et déjà annoncé qu’ils voteraient « oui » au parlement, oui à la révision et oui au traité. Mme Royal leur a emboîté le pas. Rien de plus normal, la droite socialiste, ces socialistes de droite qui ressemblent comme deux gouttes d’eau aux prétendus « sarkozystes de gauche » font bloc avec leurs maîtres, la bureaucratie européiste, les rois de la finance, les spéculateurs, profiteurs, agioteurs et autres exploiteurs pour qui la construction européenne est un moyen indispensable pour liquider toutes les conquêtes sociales et tout ce qui reste de service public.

Mais le plus inquiétant ne vient pas de ces gens qu’on connaît bien et qui sont la honte du socialisme, à l’égal de leurs compères, les Blair et Brown, les dirigeants italiens noyés dans le PD de Prodi, les SPDistes collaborateurs de Mme Merkel, etc. Non, le plus inquiétant vient de tous ceux qui se proclamaient la « vraie gauche », ceux qui avaient dit « non » en 2005 et qui, les uns après les autres retournent leur veste. Les fabiusiens et une partie du NPS (Hamon) veulent conjurer le spectre de la division du PS et proposent l’abstention, ce qui revient, comme on l’a montré sur ce site, à dire « oui » à Sarkozy. Courageux et intransigeant en parole, Emmanuelli, comme à son habitude, fait demi-tour quand il y a une bataille à livrer et propose de ne pas prendre part au vote, histoire de laisser M. Sarkozy en paix. Et, last but not least, Vincent Peillon, autre ex-leader du « non » socialiste, appelle purement et simplement à voter « oui » ! Avec un sens de l’absurde assez déconcertant, cet ex-professeur de philosophie prétend qu’il faut dire oui quand on a dit non... Une chance qu’il n’enseigne plus !

Qui reste en lice ? Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez. Un sénateur et un député et quelques autres militants et dirigeants. Cela paraît bien mince. Mais après tout, mieux vaut être seul que mal accompagné. Mais ces derniers socialistes ayant un peu d’honneur ne pourront rester éternellement à maugréer contre les importants et les belles gens, comme dit Mélenchon, sans devenir les faire-valoir de ceux qu’ils critiquent. Il faudra qu’ils tirent la conclusion qui s’impose : le PS ne peut plus être un outil de lutte, de représentation politique ou de réformes sociales. Si ce parti explose et disparaît de la scène, ce sera la meilleure chose qui puisse arriver à la gauche de ce pays. Et ainsi la voie se libérera pour la construction d’un nouveau parti socialiste et républicain.

Denis Collin


- Source : La sociale www.la-sociale.net




Traité européen simplifié : abstention des socialistes = trahison ! par Denis Collin.


Pourquoi il faut dire non au nouveau traité européen, par Jean-Luc Mélenchon.






COMMENTAIRES  

27/10/2007 16:42 par Anonyme

Les socialistes pas opposés au traité européen

Samedi27 octobre 2007 à 12h31

Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a déclaré que les socialistes "ne s’opposeront pas" à la ratification du nouveau traité sur les institutions européennes.

"Il faut que l’Europe sorte de l’impasse. Il faut soit rechercher une attitude commune (du parti) sur la ratification, sinon (qu’il y ait) un vote majoritaire dans un délai très rapide", a affirmé M. Hollande devant la presse à son arrivée au Conseil national du PS.

Le Bureau national doit se prononcer le 6 novembre sur le traité de Lisbonne.

http://www.lefigaro.fr/fil-info/

28/10/2007 09:10 par Le volatile

Le TCE a été rejeté par référendum. le nouveau traité doit être adopté par référendum seul le peuple pouvant revenir sur sa décision.
Le programme du PS prévoyait de soumettre le nouveau traité au référendum et SR en campagne en a fait la promesse.
Donc FH n’a aucune question à se poser et encore moins à solliciter les militants pour tenter de faire cautionner ce qui est une trahison du peuple et de ses promesses.
Donc opposition de la gauche, du modem et d’une certaine droite à la modification de la Constitution qui est le préalable nécessaire à la ratification du traité par le Congrès et mise en oeuvre concomittante d’un référendum afin que les citoyens décident de leur sort.

28/10/2007 13:11 par robespierre

"C’est maintenant tout le gratin de la rue de Solferino qui rallie le président sur cette question décisive" : ce n’est pas le gratin, c’est françois hollande en personne, c’est-à -dire la direction du ps et que je sache, en entendant et lisant la presse de ce samedi dimanche, il semblerait que fabius demande la tenue d’un referendum.
Cela ne change pas sur le fond, le titre et l’appréciation générale de l’article ; mais dans la période qui s’ouvre, de la reconstruction d’un parti authentiquement démocratique et représentant les intérêts
s de la majorité sociale, il ne faut pas se tromper d’amis...
pour le reste, le ps met les pas dans la sfio de 1914 et de 1940, à chacun ses traditions et sa "mémoire"...

28/10/2007 20:20 par Anonyme

bonsoir,

C’est bien ainsi, les choses se clarifient
Le PS rompt avec sa tradition de parti ouvrier pour tendre à devenir un parti démocrate bourgeois.

Mais l’affirmer tout de suite serait un coup de poignard contre ceux qui se battent encore au sein du parti et il y en a.

Gageons au rythme où ils vont que la création d’un nouveau parti à partir de
la gauche du PS, d’une partie du PC et de nombreux inorganisés qui n’attendent que celà se rapproche.

Bambuck

28/10/2007 23:17 par luher

Si l’unique manière de faire comprendre le parti socialiste que se trompe est voter FN, Je le ferai malgré la repugnance que je sent a faire un tel virage, toujours on les a appuyé malgré les differences, mais s’assoir sur le vote de 55% de la population c’est trop.

29/10/2007 11:57 par Anonyme

Le PS "laissera passer" le traité simplifié au Parlement.

Reuters, lundi 29 10 2007.

PARIS (Reuters) - Les parlementaires socialistes laisseront "passer" le traité simplifié européen lors de son vote au Parlement, même si le PS aurait préféré un référendum, a déclaré François Hollande.

"Nous laisserons passer ce texte, nous ne nous opposerons pas à ce traité simplifié", a dit le premier secrétaire du Parti socialiste sur France 2. "Au-delà de cette question sur la procédure - référendum ou pas -, que nous déplorons, il est vrai que nous sommes majoritairement pour voter ce texte."

"Si Ségolène Royal avait été élue présidente de la République, nous aurions fait un référendum. Nicolas Sarkozy est sur une autre ligne, celle de ne pas organiser un référendum. Je déplore cette position et j’en prends acte", a souligné François Hollande, qui a été reçu lundi matin par le président de la République à l’Elysée.

"Nous ne nous opposerons pas à ce traité parce qu’il permet, même s’il est très compliqué (...), de sortir l’Europe de l’impasse", a-t-il répété à l’issue de cet entretien de près d’une heure avec Nicolas Sarkozy. "Nous aurons un choix responsable et européen."

Il a précisé à des journalistes que le PS se prononcerait "dans dix jours" et a estimé que le débat serait plus simple, cette fois-ci, au sein de son parti, que lors des discussions sur le projet de Constitution européenne en 2005.

Une majorité des militants socialistes s’étaient prononcés pour la ratification de cette Constitution mais une partie du PS, notamment sous la houlette de Laurent Fabius, s’était désolidarisée de cette décision. Lors du référendum du 29 mai 2005, le "non" l’a finalement emporté.

"UNE PAGE SE TOURNE"

"Les apaisements ont eu lieu", a assuré François Hollande, selon lequel la méthode choisie pour discuter au sein du PS du traité simplifié "permet de faire en sorte que les socialistes ne fassent pas de cette affaire une division mais au contraire l’occasion d’un dépassement".

"Une page se tourne. (...) Avançons en posant à la présidence française (de l’UE) l’obligation d’ouvrir la question du protocole social, de lancer véritablement Galileo et de faire en sorte aussi que la directive cadre sur les services publics puisse être adoptée", a-t-il ajouté.

Le traité simplifié sur les institutions européennes a été adopté par le Conseil européen des 18 et 19 octobre à Lisbonne. Les 27 doivent le signer lors du sommet du 13 décembre.

Sur Canal +, la secrétaire nationale du Parti communiste, Marie-George Buffet, a de nouveau plaidé pour une consultation des Français.

Il faut "bien évidemment un référendum", a-t-elle dit.

Selon un sondage CSA paru lundi dans Aujourd’hui en France/Le Parisien, 61% des Français se déclarent en faveur d’une ratification du traité européen par référendum et 68% affirment qu’ils voteraient "oui".

"On avait la même situation au début du débat du référendum en 2005 et quand on a donné à voir ce qu’il y avait dans le traité, les gens ont modifié leur opinion", a estimé Marie-George Buffet.

Les Français on dit "non" à 54% au projet de Constitution européenne par référendum en mai 2005.

29/10/2007 22:22 par Patrick

Les socialistes ne changent pas.
En 1940 ils votent massivement (tout comme l’ européiste Robert Schuman) les pleins pouvoirs à Pétain.
En 2007 ils s’ apprètent à voter massivement les quasi pleins pouvoirs à Sarkozy et aux technocrates Bruxellois.

30/10/2007 23:30 par Sinte Michel

Comme si les socio^-democrates etaient encore socialistes .Il n y a plus de vrais socialistes en europe en tant que parti politique.Le marxisme et autre trotskisme n ont rien a voir avec le socialisme non-autoritaire et de democratie directe.depuis Duruti le pouvoir ronge tout et l experience de Barcelonne n est pas prete de se renouveler

(Commentaires désactivés)