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Le chauffeur sans ses bus (chronique d’en bas nº7)

Il est juché sur le toit d’un chicken bus, ces vieux bus scolaires jaunes si typiques des Etats-Unis. Derrière lui, des dizaines de bus similaires sont soigneusement alignés, jusqu’à l’arche de Carabobo, au loin. La photo est parfaite. Une communication méticuleuse et étudiée.

Le gouverneur de l’Etat du Carabobo, Rafael Lacava, vocifère avec sa gouaille habituelle : « Je vous avais bien dit que je ne vous laisserais pas seul, Peuple de Carabobo, voici une solution à court terme pour mettre fin au sabotage, et à cette guerre que l’on nous fait. Nous appellerons cette compagnie publique de bus, le TransDracula »
La vidéo, postée sur le compte Twitter du gouverneur, se reproduit plus vite qu’une trainée de poudre allumée. Elle devient rapidement l’objet de tous les commentaires. Ce matin, en face de l’arrêt de métro Bellas Artes, je m’achète un tequeño, ces beignets au fromage fort prisés au petit-déjeuner. Plusieurs personnes font de même et discutent, devant le petit stand de vente, du show de Lacava et de ces chicken bus.

« C’est pas possible que l’on considère ça comme une solution.
- Il a dit que c’était à court terme. Au moins, il se bouge le cul.
- Il est vulgaire ce type. On ne se conduit pas comme ça quand on est gouverneur.
- Et alors, du moment qu’il me met un bus à disposition, il peut bien faire son annonce à poil, je m’en tamponne.

La discussion est plutôt amusante, mais elle est surtout révélatrice du malaise ambiant autour du thème des transports publics.

A cinquante mètres de là, en face de la bouche de métro, une longue file d’attente s’est formée le long de l’avenue Mexico, une des artères importantes de Caracas. C’est l’arrêt de plusieurs lignes de transports privés. Des dizaines de personnes attendent un microbus pour atteindre leur lieu de travail ou rentrer chez eux. En plus de l’attente, l’achat du ticket doit se faire en liquide. Les billets de banques étant rares, cet unique moyen de paiement joint le nuisible au désagréable. Et surtout, le prix du ticket de bus suit les aléas de la spéculation contre la monnaie nationale, et augmente constamment.

Charilin me rejoint. Nous allons vers le centre historique de la ville.
« On prend le métro, me demande-t-elle ? Il est gratuit, tout comme les Metrobus, le système public d’autobus.
- Non, répondis-je. Nous sommes à deux stations. Il fait beau, je ne suis pas pressé. On va y aller à pied.

Nous nous engouffrons dans les rues de la Candelaria. Contrairement aux années passées, nous ne sommes plus une seule poignée de sportifs et d’intrépides. Un flot continu arpente désormais les trottoirs, comme dans n’importe quelles métropoles occidentales. Mais ne nous y trompons pas. Cette ressemblance est surtout due à l’architecture du quartier où nous nous trouvons, encore partiellement hérité du colonialisme espagnol.

Au delà de leur centre historique, la majorité des villes, y compris Caracas, a adopté un environnement urbain dans lequel l’usage d’un transport motorisé est indispensable. De grandes avenues interminables laissent place à des autoroutes nichées au cœur des villes. Le piéton a été sacrifié sur l’autel de l’automobile. Le prix de l’essence aidant, les Vénézuéliens des centres urbains avaient coutume de prendre la voiture pour faire deux cents mètres.

Avant la Révolution bolivarienne, toutes les villes du Venezuela ne pouvaient compter que sur des services privés de transport en commun. Mis à part la capitale Caracas, qui disposait de deux lignes de transport souterrain et d’un système de bus public, les Metrobus, dont les lignes convergent vers les stations de métro. Ce fut sous l’impulsion d’Hugo Chávez que s’est construit le métro de Valencia, celui de Maracaibo, les trolleybus de Merida, Barquisimeto, et de Caracas, ainsi que la massification des lignes de transports publics dans le pays. Sans oublier les télécabines construites pour atteindre les hauteurs des barrios ou encore les trains qui relient la capitale à sa banlieue. Le service public de transport est avant tout une réalisation du chavisme.

Au Venezuela, avec son essence presque gratuite, la bagnole a toujours régné en maître. Au milieu des années 2000, le pays avait même rénové une partie de son parc automobile en exemptant de TVA certaines marques de véhicules (1) .

La marche à pied n’a jamais été une variable réellement prise en compte dans les différents plans d’aménagements urbanistiques. En conséquence, une grande partie de l’espace public était accaparé par les vagabonds ou les voyous (2) , ce qui n’incitait guère à laisser sa voiture au garage. Avec la diminution du nombre de transports en commun, la marche n’est plus optionnelle, elle est devenue une nécessité.

Cette récupération forcée de l’espace public par les piétons ne se fait pas sans heurts. Une population majoritaire a surgit sur un territoire jadis abandonné aux délinquants. De nombreux vols ont été à déplorer, mais de nouvelles revendications ont surgit de la population comme la réfection des trottoirs et l’éclairage public. Préoccupations nouvelles adaptés à un nouveau type de comportement urbain.

Avec Charilin, nous continuons notre marche matinale direction la Plaza Bolivar. Immanquablement, le sujet revient sur le gouverneur de Carabobo et sur les problèmes liés au transport urbains.
« Tu te rappelles quand je t’ai parlé des Guarimbas et du coup d’Etat avorté de 2017 ? (3) .
- Oui, bien sur. Quelle horreur.
- Et bien, figure-toi, que les années précédentes, le gouvernement avait renforcé, dans plusieurs villes du pays, son service public de transports : les fameux Metrobus. Non seulement, il avait importé de nombreux autobus, mais en plus, une usine d’assemblage de bus chinois Yutong avait été inaugurée dans l’Etat de Yaracuy.
- Quel rapport avec les guarimbas ?
- Durant les trois mois de violence intense que nous avons vécu, plus de 600 bus appartenant au service public ont été détruits ou incendiés. Ce qui est étrange, c’est que dans le même temps, aucun bus privé n’a été endommagé. Les « manifestants pacifiques » ne frappaient pas au hasard.
- De là à dire que les entreprises privées de transport aient pu participé à ce ravage pour éliminer un concurrent, il n’y a qu’un pas.
- Oui, c’est sûr. Mais, ne tombons pas dans le complotisme. Il y a suffisamment de conspiration et de complots au Venezuela pour en rajouter un, me répond-elle dans un grand sourire qui la fait cligner de l’œil. Toujours est-il que symboliquement, c’était évidemment l’effet recherché. Rappelle-toi que Nicolas [Maduro] est un ancien chauffeur de Metrobus.
- Oui, il y avait clairement la volonté de laisser le chauffeur sans ses bus. Tout un symbole.

Une délinquante, rebaptisée « manifestante pacifique » par le système médiatique pose près d’un bus, de la compagnie publique, qu’elle a incendié.

Nous arrivons devant la Plaza Candelaria. Devant l’église, de nombreuses personnes font des exercices de musculation sur des installations mises en place par la mairie. Ce quartier commerçant fourmille de monde, nous continuons notre chemin en prenant l’avenue Urdaneta, au bout de laquelle se trouve Miraflores, le palais présidentiel.

« Le problème des transports vient en partie du manque de pièces détachées. Nous importons la moitié de ce que nous utilisons, pour la plupart provenant de pays qui se sont alignés sur le blocus décrété par les Etats-Unis (4) . Il est donc devenu difficile ou très cher de se les procurer. Du coup, il y a moins de voitures en circulation, et moins de transports en commun. Regarde : même la circulation sur l’avenue Urdaneta est plutôt fluide ».

Bien conscient du problème de transport, je me lance tout de même dans le sarcasme.
« Il y a quelques années tout le monde se plaignait des embouteillages à Caracas. Visiblement ce problème a été résolu, non ?
Charilin rit jaune. L’humour cynique est un trait culturel que tous les peuples ne partagent pas. Avec les Français, les Argentins excellent en la matière. Mais ce n’est pas le cas au Venezuela. Mon amie me répond :

« Entre le blocus et la manipulation du taux de change, beaucoup de personne ne peuvent plus utiliser leur voiture ou alors en font un usage plus réservé. Quant au service privé de transport en commun, il y en a moitié moins. Du coup, le métro et les Metrobus, qui sont gratuits, sont tout le temps bondés. Et c’est pire en province, où il n’y a pas de transport public. Dans certaines villes, les mafias privées du transport utilisent des pick up ou des camions de transport de marchandise, aménagés ou non. L’armée a même du se substituer au secteur privé défaillant pour emmener les gens à destination dans leur camions ».

Elle s’arrête de parler et me demande : « Au fait, tu as mangé ce matin ? »
- Oui, j’ai pris un tequeño dans la rue en t’attendant, à Bellas Artes.
- Laisse-moi m’acheter un empanada. Je n’ai pas eu le temps de prendre un petit-déjeuner.

Nous entrons dans une cafétéria située sur l’avenue. Nous sommes les seuls clients à cette heure. Vite servie, Charilin mange debout devant le présentoir. Entre deux bouchées et une gorgée de malta (5) , elle continue la discussion.
« Le gouvernement a longtemps financé le secteur privé du transport. Mais pour la plupart d’entre eux, ils en veulent toujours plus. Pendant les élections présidentielles du 20 mai, de nombreux microbus ont fait grève pour empêcher les gens d’aller voter. En plus, avec l’augmentation des tarifs, les gens ne les supportent plus.
- C’est peut-être le moment de créer un vrai système public de transport au niveau national. Pourquoi le gouvernement n’inonde-t-il pas le pays de lignes de bus ?
- Parce que ce sont des incompétents » nous crie le serveur, qui écoutait discrètement la conversation derrière la caisse enregistreuse.
Au Venezuela, mieux vaut être discret lorsque l’on parle de politique, car votre voisin n’hésitera pas à s’immiscer gentiment dans votre conversation, et à la faire sienne. Nous tempérons les propos du jeune homme qui continue pourtant.
« Je viens de La Guaira, sur le littoral. Là-bas, il y a un cimetière de bus Yutong. Pourquoi ne les remettent-ils pas en état, les gens du gouvernement ? Et ce n’est pas le seul cas ».

Sur ce point, force est de reconnaître que la préoccupation est réelle.
« Oui, c’est vrai, dis-je en acquiesçant. L’autre jour, j’ai vu une cinquantaine de bus stationnés sur un parking à La Carlota, la base aérienne qui se trouve au cœur de la ville de Caracas. Espérons que le gouvernement remette rapidement toute cette flotte en marche, ça résoudrait une grande partie du problème de transport.
- C’est le moment, renchérit Charilin, en plus, personne ne prendrait la défense des mafias privées du transport. Tout le monde a la rage contre elles à cause des files d’attente et des augmentations incontrôlées du prix du ticket.

Le petit-déjeuner terminé, nous reprenons notre chemin. En marche. Et ce n’est pas une métaphore.

Romain MIGUS

Prochain épisode : Attaques sur les services publics

Notes
(1) Voir Romain Migus & Ernesto J. Navarro, “Le Communisme de Chávez est en train de nous tuer, Venezuela en Vivo, 23/07/2006, https://www.romainmigus.info/2013/06/le-communisme-de-chavez-est-en-train-de.html
(2) Pour ceux que le thème intéresse, nous ne saurions que trop recommander la lecture de la thèse doctorale de Julien Rebotier, “Les territorialités du risque urbain à Caracas. Les implications d’un construit socio-spatial dans une métropole d’Amérique latine”, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, 2009. Disponible en ligne sur https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00355850/file/These_Rebotier_Soutenue.pdf
(3) Pour connaître Charilin et découvrir les terribles témoignages des guarimbas, voir notre chronique précédente, “2016-2017. Le calme après la tempête (Chronique d’en bas numéro 2)”, Venezuela en Vivo, 21/07/2018, https://www.romainmigus.info/2018/07/2016-et-2017-le-calme-apres-la-tempete.html
(4) Voir Pasqualina Curcio, “Blocus criminel contre le Venezuela”, Le Grand Soir, 09/04/2018, https://www.legrandsoir.info/blocus-criminel-contre-le-venezuela-ultimas-noticias.html
(5) Boisson gazeuse sans alcool préparée à base de malt, très prisée au Venezuela ou en Colombie.

COMMENTAIRES  

25/08/2018 21:29 par Assimbonanga

Ce soir sur France 2, nouveau reportage consacré à l’exode "massif" des Vénézuéliens. Ça sent vraiment le roussi. Soit que l’insistance médiatique annonce le frémissement d’une fin explosive, soit que ces exodes indiquent réellement un désastre humain au Vénézuéla. Des explications raisonnables, et rassurantes, s’il vous plaît !

25/08/2018 23:18 par Xiao Pignouf

@Assim

Anecdote : du temps où je vivais dans le pacifique sud, sur Espiritu Santo au Vanuatu plus exactement, un gros cyclone nous frôla après avoir ravagé une île des Tuvalu. Un avion survola une de ces îles où plus rien n’était debout et où tout signe de vie avait disparu. Dans cet avion, un journaliste ou un ami de journaliste, ou l’ami d’un ami de journaliste, bref l’homme qui a vu l’ours. Le lendemain aux infos en France, ce cyclone devenait meurtrier et les habitants de cette île tous victimes sans exception. Quelques jours plus tard, les habitants de cette île sortir des grottes alentours où ils s’étaient par prudence réfugiés car ce cyclone était un monstre. A ce moment-là, j’ai réalisé deux choses : que mes copains et moi avions peut-être bien échappé à la mort et que le journalisme n’était pas une science exacte.

On peut par conséquent assez aisément imaginer jusqu’à quelles approximations ils peuvent aller lorsque leur objectif est de mentir pour nuire. Et si des Vénézuéliens quittent leur pays, ils ne feront aucun effort pour descendre de leur avion et savoir ce qui provoquent ces départs.

26/08/2018 08:19 par CN46400

@ Assimbonanga
J’ai vu ce reportage, des migrants bien nourris (apparemment), correctement habillés, des valises sur roulettes, rien de comparable avec les migrants faméliques de la Méditerranée, qui m’ont rappelé d’autre temps, celui des "boat people" du Vietnam (1979) qui quittaient Saigon avec assez de monnaie pour s’installer dans les "china town" du 13°. Que de larmes a-t-on, alors, vues sur nos médias...

Dans ce genre de situation il faut d’abord essayer de comprendre, le Vénézuela n’a pas la chance d’être une île. Laisser le commerce extérieur entre les mains de la bourgeoisie est mortifère, mais la leçon est facile. Les trafics monétaires n’ont pas commencé avec Maduro, ni avec Trump, mais il s’accentuent avec les tensions sur le dollar imposées, et réclamées, par la haute bourgeoisie vénézuelienne. Quitte à jeter sur les routes la petite soeur....

26/08/2018 11:27 par latitude zero

En effet une nouvelle campagne médiatique chez nous sur le Venezuelaaaa, sur le thème de l’emigration « comparable aux migrants de la Méditerranée » , qui laisse peut être augurer d’actions futures. ( d’où l’intérêt « d’espionner les médias ennemis » !)

Ceux qui fuient le Venezuela ( sans surprise les chiffres doivent être volontairement grossis) le font plus par lassitude de cette guerre économique que par contrainte , tout en rejetant la faute sur le gouvernement. Principalement des classes moyennes sans conscience politique prenant pour argent comptant la propagande incessante de l’opposition.
Lassitude due à leur pouvoir d’achat fortement dégradé par l’inflation, au blocus sur l’alimentaire en voie d’être résolu mais plus problématique sur les médicaments et sur les pièces détachées automobiles et autres…
Le dollar parallèle , complètement délirant et sans aucune réalité économique , est la vraie plaie de l’inflation, sur lequel se base toute la chaîne des commerçants pour augmenter leurs prix , alors qu’il existe le dollar Simadi mis en place par le gouvernement, à destination des résidents et entreprises locales, permettant un taux correct beaucoup plus intéressant que le cours officiel.
Venezuela qui se cache derrière la fraude de Dolar Today
http://ms21.hautetfort.com/archive/2017/01/05/venezuela-qui-se-cache-derriere-la-fraude-de-dolar-today-5893239.html
C’est sur le site de lechugaverde ( la laitue verte !) , en réalité Dollar Today, site interdit au Venezuela d’où son nom, mais où tous les commerçants se connectent pour suivre la « tendance » totalement bidon, qu’on peut voir le nouveau taux aujourd’hui , après la réforme ( Bolivar souverain). Le taux atteignait encore il y a peu des millions de Bolivars pour un euro ou un dollar , permettant à nos chers médias d’annoncer dernièrement de façon jubilatoire une inflation de 1 000 000 % !
http://lechugaverdehoy.blogspot.com

26/08/2018 11:31 par Romain Migus

Qu’il y ait une émigration massive depuis 2016 c’est sans aucun doute. Les études les plus sérieuses montrent qu’entre 1,5 millions et 2 millions de vénézuéliens ont quitté leur pays. C’est la première fois que le Venezuela connait une émigration de cette ampleur dans son histoire. Maintenant, 1) C’est assez commun (malheureusement) dans les pays de la région 2) A la différence de ces pays, les habitants ne fuient pas une politique délibérément mis en place par leurs dirigeants mais les conséquences d’une guerre économique induite depuis l’extérieur 3) Beaucoup d’émigrés vénézuéliens n’ont aucune idée de la réalité de la migration lorsqu’ils partent (n’ayant pas d’histoire migratoire á laquelle se référer ). Malheureusement une fois sur les routes, il y a une impossibilité économique de retour immédiat. 4) Beaucoup d´étrangers (le Venezuela compte 4 millions de colombiens et 300.000 équatoriens par exemple) rentrent chez eux. Ce n’est pas de la migration, c’est un droit au retour.... 5) Comme partout, il y a de grands réseaux mafieux qui exploitent la crédulité des gens et se livrent au trafic humain. Une fois largué en pleine nature, le retour immédiat des gens abusés est malheureusement impossible faute de ressources économiques 6) ATTENTION AUX CAMPAGNES MEDIATIQUES : ce documentaire auquel vous faite allusion n’est pas un élément isolé. Depuis 3-4 jours, c’est une véritable tempête médiatique qui s’abat sur ce thème. Tous les journaux, de tous les pays du monde parlent en ce moment de la migration vénézuélienne (qui est a peu près equivalente à celle du Portugal et bien en deçà de celle de la Grèce, mais la ça n’intéresse pas les médias). Il faut se demander pourquoi maintenant. Ce n’est pas anodin á quelques jours d’un événement politique majeur dans le pays, la reconversion monétaire. 7) Les ennemis de la révolution bolivarienne ont besoin de creer une telle matrice dans l’opinion afin d’imposer des camps de réfugiés á partir desquels pourraient être lancés des attaques militaires, comme tactique de guerre asymétrique. Comme ce fut le cas au Nicaragua dans les années 80, voire en Syrie plus récemment.

26/08/2018 14:18 par Assimbonanga

Oui, j’ai remarqué que c’est une campagne médiatique. Ce matin, ce fut sur France Inter. On voit que désormais , ceux qui n’ont pas de passeport, seront refoulés (par les pays où ils veulent se rendre ?). Du coup, les habitués des voyages internationaux- qui en possèdent déjà un- passent sans problème.
Cette campagne médiatique est un signe qui n’augure rien de bon. Le mec détenteur d’un passeport se la pétait dans le style" exil politique", "fuir le régime", "les pauvres gens qui ne peuvent pas le faire" (quelle hypocrisie !). On voyait pour quel bord il milite.
Cet exode est probablement une nouvelle action concertée "en attendant la chute de Maduro", chute espérée par l’interviewé.

Ça y est. Le reportage France 2 est disponible en replay : https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/venezuela-l-inquietude-de-ses-voisins-face-a-la-crise-migratoire_2911097.html

26/08/2018 14:23 par Assimbonanga

..." á quelques jours d’un événement politique majeur dans le pays, la reconversion monétaire."
Sans doute est-ce l’élément déclencheur. N’oublions pas que des Français avaient fui Paris quand Mitterand avait été élu.( Je pouffe. Faut bien relâcher un peu la pression. )
Mais nos médias ne pouffent pas, eux, et ils ne cherchent pas à proposer cette explication. Ils mettent tout sur le compte d’une supposée famine.

26/08/2018 22:34 par Daniel BESSON

Cette émigration concerne aussi les Amérindiens qui n’hésitent pas à se taper de 800 kms à 1200 Kms de jungle et " mato " pour se réfugier à Manaus . De véritables " jungle people "
Tous les services de sécurité de la région sont sur les dents par peur d’infiltrations d’agents de renseignements Vénézuéliens ou Cubains .

26/08/2018 23:02 par legrandsoir

Sans oublier les agents Russes et Chinois.

27/08/2018 00:57 par Daniel BESSON

Des agents Cubains ont été parfaitement identifiés par le Renseignement Brésilien :
http://www.defesanet.com.br/front/noticia/28035/Batalha-de-Porto-Alegre---Acidente-com-cubanos-sacode-o-continente/

27/08/2018 19:13 par legrandsoir

"Parfaitement identifiés", rien du tout. Ca a plutôt l’air d’un site conspirationniste.

27/08/2018 10:03 par Assimbonanga

J’embraie dans la diversion : je me demande si je ne suis pas gagnée par un étrange symptôme, une confusion mentale peut-être même que ! Il me semble que le sénateur Mac Cain ( j’avais retenu son nom à cause des frites) pérorait sur la place Maïdan, mais aucun média n’en fait état dans l’apologie qu’ils font à son sujet. Quelqu’un a-t-il meilleure mémoire que moi ? Est-ce le même Mac Cain que le mort fameux qui envahit tous les journaux ?
Non, parce que sinon, question infiltration et ingérence étrangère, on pourrait lui décerner une médaille, un prix, un trophée...

27/08/2018 10:24 par Antiglobalización

M Mingus, après privatiser la chaine Bicentenario et des sociétés des pêches publiques rentables, ¿pourquoi le régime Madoro néolibéral privatise les INAC et SITSSA ?

27/08/2018 10:46 par latitude zero

Le 18 juin dernier de la Maison Blanche : Sarah Sanders déclare « Toutes les options pour sortir du régime de Maduro sont sur la table »
https://dolartoday.com/casa-blanca-todas-las-opciones-para-salir-del-regimen-de-maduro-estan-sobre-la-mesa/?new=1
L’option la plus crédible aujourd’hui est qu’ils créent toutes les conditions pour justifier la nécessité d’intervenir « humanitairement » au Venezuela. Un scénario à dérouler !
Faciliter l’émigration au maximum. Mafias de passeurs.
le Pérou nouveau pays de cocagne.
En réalité pour les riches investisseurs , pour les Vénézuéliens candidat à l’exil , les rares qui auront la chance de trouver un emploi iront pour beaucoup combler les emplois de restauration les moins rémunérés dans la nouvelle gastronomie Péruvienne. http://fr.euronews.com/2016/09/19/perou-la-gastronomie-nouvelle-fierte-nationale
Forte campagne médiatique internationale.
Pressions sur l’Equateur et le Pérou.
https://www.medias24.com/filafp/afp-125088-Migrants-venezueliens-l-Equateur-ouvre-un-corridor-humanitaire-vers-le-Perou.html
https://www.medias24.com/filafp/afp-125092-L-Equateur-suspend-l-obligation-de-passeport-pour-les-migrants-venezueliens.html
https://dolartoday.com/atencion-peru-evalua-dar-visas-humanitarias-venezolanos-sin-pasaporte
( Le Pérou évalue la possibilité de donner des visas humanitaires aux Vénézuéliens sans passeports)
Création d’un gouvernement légitime (de pantins) en exil aux USA ,
Le 15 août dernier, la Cour (fantoche) suprême vénézuélienne en exil a déclaré qu’il y a suffisamment de preuves pour établir la culpabilité de Maduro dans les crimes de "corruption et de blanchiment d’argent" et déclaré Maduro illégitime à la présidence de la République , condamné à 18 ans et trois mois d’emprisonnement dans la prison de Ramo Verde dans l’État de Miranda. Il devra payer une amende de 25 millions de dollars, il doit également indemniser la nation avec 35 milliards de dollars !
Trois noms sont apparus pour "remplacer" Maduro : Blanca Rosa Marmol, Diego Arria et Antonio Ledezma.

28/08/2018 01:48 par Vania

Très intéressant le dernier programme du 25 août de la "hojilla" avec M Alejandra Diaz. Ils expliquent les nouvelles mesures économiques et font un rappel de la guerre économique /multiforme contre le gouvernement qui a commencé en 2002 (avec les mêmes membres de l’opposition et les mêmes médias de droite).
Attention ! J’ai voulu attacher Le lien de la hojilla du 25 août/18 qui est sur youtube mais il est identifié comme un "spam" (censure ???)et je n’ai par réussi à l’attacher

28/08/2018 07:35 par legrandsoir
28/08/2018 16:38 par Assimbonanga

Renseignement prix, je n’avais pas la berlue : oui, Mac Cain s’est bien rendu sur la place Maïdan pratiquer un sport à sens unique : l’ingérence dans les affaires intérieures d’autres pays. Article de Courrier-International : https://www.courrierinternational.com/article/2013/12/16/visite-de-john-mccain-a-kiev-une-vengeance-contre-la-russie
C’est marrant, mais tous les journaux, radios, télés, semblent avoir occulté ce souvenir. Heureusement que son nom de frites m’a servi de moyen mnémotechnique !

29/08/2018 10:17 par Assimbonanga

Erratum. Renseignement pris, bien sûr !

12/09/2018 15:50 par Made in Québec

« Tous les services de sécurité de la région sont sur les dents par peur d’infiltrations d’agents de renseignements Vénézuéliens ou Cubains . » — Daniel BESSON

« Des agents Cubains ont été parfaitement identifiés par le Renseignement Brésilien » — Daniel BESSON

La Commission du Sénat dit : « De nombreux supports furent exploités : presse, radio, films, tracts, dépliants, envois postaux, banderoles, peintures murales. » La Commission reconnaît que par l’intermédiaire de ses partis et de diverses organisations sociales, la CIA réalisa « une campagne alarmiste », dans laquelle la principale cible furent les femmes, à qui l’on affirmait que les soviétiques et les cubains viendraient enlever leurs enfants. Des affiches distribuées massivement montraient des enfants portant la marque de la faucille et du marteau estampillée sur le front.

Tiré du livre L’équipe de choc de la CIA de Hernando Calvo Ospina, lu sur Investig’Action et qui contient un autre extrait qui devrait grandement plaire à Gérard Miller :

L’action contre Allende nécessitait une campagne internationale de diffamation et d’intrigues. Une bonne partie de celle-ci fut confiée à un novice en politique étrangère, presque un inconnu en politique, mais il s’agissait d’une vieille connaissance du président Nixon et des hommes de l’équipe de choc qui menaient l’opération : George H.W. Bush. Il réalisa cette tâche en tant qu’ambassadeur à l’ONU, fonction qu’il occupa à partir de février 1971. Lorsqu’il fut nommé à ce poste, personne ne voulut se rappeler que quelques mois plus tôt, en tant que représentant à la Chambre du Texas, il avait réussi à faire rétablir dans cet état la peine de mort pour les « homosexuels récidivistes ».

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