La résistance passera aussi par la technologie

A l’heure où la révolte gronde et où les contradictions du monde se bousculent, un processus de convergence des peuples s’amplifie. La résistance populaire et intellectuelle à un système terriblement inégalitaire démontre une volonté de modifier les pouvoirs et une nécessité de reconstruire une stratégie.

Il est de toute évidence nécessaire aujourd’hui de penser et d’associer à la réinvention d’une coalition entre les espaces, les corps d’organisation et les citoyens engagés dans la marche vers un changement global, la notion d’utilisation des nouvelles technologies.

« Salauds de pauvres ! », la phrase que scande Maxime Vivas - auteur et militant français - dans un récent forum donne le ton de l’amertume. Pour autant, ne doit-on pas y entendre l’éveil de la rage et de l’indignation ?

Sur ce terrain, le maire d’une petite commune de la région Rhône prône la désobéissance
civile.
« Lorsque la loi est contraire aux intérêts de la population, lorsqu’elle entre en
contradiction avec l’intérêt général, lorsqu’elle se heurte au principe de précaution,
lorsqu’elle porte atteinte au service public, lorsqu’elle favorise les intérêts de quelques-uns au détriment des intérêts du plus grand nombre, nous ne l’appliquerons pas ou nous
freinerons son application. »

Ailleurs mais pas si loin, on vient d’entendre résonner « Ben Ali dégage », « Moubarak
dégage » ou encore « Aujourd’hui, on n’a plus peur » alors que personne ne s’y attendait.
Quels seront les slogans de demain en Algérie, Jordanie, Libye, Yémen ou Syrie ?
L’Europe n’est pas en reste. Les mouvements sociaux de l’automne 2010 marquent une
postérité politique certaine.

« Que se vayan todos », mot d’ordre latino-américain, traverse les frontières et les océans. Obliger les puissants devient la consigne.

User de méthodes originales

En rédigeant le Manifeste d’économistes atterrés, un groupe d’économistes avisés démontent un certain nombre de postulats qui inspirent chaque jour les décisions des pouvoirs publics partout en Europe. Aujourd’hui, ils ajoutent : « Nous sommes toujours autant atterrés, mais nous sommes maintenant un peu mieux organisés ».

Le Forum social mondial de Dakar, qui vient de se clôturer, affirme et confirme qu’un autre
monde est possible. Il annonce le constat majeur qu’un autre monde est nécessaire. Les
peuples sont désormais prêts à l’offensive pour défendre les questions sociales, la santé,
l’écologie et lutter contre les inégalités et la domination géopolitique. De nouvelles forces
sociales émergeantes (indigène et minorités) s’y sont fait entendre. Lors de cet événement, l’Afrique et l’Europe se sont frottées aux expériences et aux exemples latino-américains. La présence et les témoignages d’Evo Morales, Hugo Chavez et Lula da Silva, symboles de la résistance en Amérique latine et acteurs de poids, démontrent la faisabilité d’une organisation sociale générale.

Se battre pour la citoyenneté universelle, c’est aussi passer par les outils de notre siècle - les nouvelles technologies.

Des moyens insoupçonnés

La science et ses technologies ne sont plus le pré carré d’un groupe d’initiés, des grandes
entreprises ou des grandes puissances mais à la portée de tous. Wifi, GPS, SMS, Smartphone, Smos (SOS), Facebook, blog, Twitter, Internet des objets (IDO) sont les outils du dépassement des frontières. La géolocalisation et le lien immédiat entrent dans le domaine du monde réel - la jeunesse y est déjà totalement immergée.

Les révolutions tunisienne et égyptienne ont su parfaitement utiliser l’Internet et l’usage des téléphones portables pour rassembler et informer sur la colère sociale. Le site Nawaat (« noyau » en arabe), remarquablement organisé, a diffusé documents, témoignages, vidéos… tout au long des événements. Relié à Twitter, Facebook, un Blog, Youtube, la couverture de la contestation a été quasi instantanée.

Nous sommes donc au coeur d’une question qui est stratégique.

Claire Villiers n’oubliait pas de nous signifier que « pour échapper à l’emprise des marchés,
on peut agir à différents moments ou situations : comme salarié dans une entreprise, comme consommateur, comme élu dans une institution, etc. ». Cette réflexion doit être définitivement prise au mot en y associant ce potentiel technique accessible à tous.

Les nouvelles technologies ouvrent la société au réseau et au temps réel. La société
numérique devient une société ubiquitaire au sein de laquelle tout est relié et accessible depuis n’importe où. A la société civile d’y adapter ses usages. Les objets communiquent, de plus en plus, de plus en plus vite et exactement, les hommes doivent en profiter et réapprendre à communiquer entre eux.

On se rappellera du Nabaztag né en 2005 - ce premier lapin communicant qui allume ses
LEDs à un message qui vous parvient. Grace aux compétences d’une jeunesse artiste,
inventive, passionnée de recherche et d’expérience, et activiste, il est tout à fait possible
d’imaginer et de fabriquer des liens « sur mesure » entre objets, données et applications. En 2011, pourquoi le Nabaztag ne pourrait-il pas agiter ses oreilles pour signifier le rassemblement à une manifestation ?

Un certain nombre d’applications reposant sur des technologies de l’IDO, utilisées par les
entreprises ou destinées aux consommateurs, montrent déjà la voie à suivre.

En 2005, le collectif hacktiviste Preemptive Media (Les Médias préventifs) a conçu un kit
anti-RFID appelé Zapped. En guise de démonstration, des puces RFID ont été greffées sur des cafards lâchés dans un supermarché de la chaîne Walmart pour perturber tous les lecteurs du distributeur - et ça marche ! Panique dans le système. A défaut de cafards, une puce placée sur un objet porté sur soi donnera le même résultat.

Nike+ est un exemple de l’utilisation de capteurs dans un domaine de l’objet commun. Les
chaussures de course équipées de ce dispositif peuvent suivre notre course et envoyer les données sur notre iPod ou bien les « twitter » ou les publier automatiquement sur Facebook ou Foursquare.

Pachube est une plate-forme ouverte qui permet de tagger et de partager en temps réel des données issues de capteurs insérés dans des objets, des appareils et divers environnements - pourquoi pas humains ?

Dans le domaine du développement durable, il est possible que les gens participent à la
connaissance de l’environnement urbain en leur proposant de porter une montre qui prendrait les mesures de qualité de l’air et du bruit et de les partager ensuite.

La notion de Fab lab (contraction de fabrication et laboratory) désigne un atelier composé de machines-outils pilotées par ordinateur et les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) pouvant fabriquer rapidement et à la demande des biens de nature variée. Son utilisation dans certains pays du tiers-monde a permis à des villages isolés de générer eux-mêmes des produits introuvables et ce à un prix accessible.

Le concept de l’imprimante 3D personnelle, créée par la société Desktop Factory, permet de répliquer des objets en trois dimensions. Ainsi, sur la base d’un document à plat dessiné en 3D, cette imprimante restitue la copie en volume du dit objet.

Le développement de ces Fab labs et imprimantes 3D pourrait modifier sinon bouleverser une partie des logiques d’offre et de demande mises en place par l’économie industrielle et de marché. Ils pourraient en effet contribuer à libérer certaines populations de leur dépendance à des producteurs éloignés et s’inscrire dans une logique d’écodéveloppement.

Ordre de marche

Fédérer ces initiatives pour en faire des enjeux de société, c’est-à -dire politiques par leur
potentialité de remise en cause des pouvoirs établis, doit passer par les citoyens pour enrichir le débat public.

Ces outils - que nous nous devons de soupçonner comme des objets de contrôle - doivent aussi être pensés comme des outils de libération et d’opportunités à une meilleure efficacité dans l’organisation de l’opposition et la réalisation de la société civile.

Ces nouvelles technologies sont les solutions à de nombreux défis dus à l’individualisation
qui nous a été fabriquée et imposée afin de rompre les solidarités. Elles se placent dans une étape logique de l’histoire de la résistance où le contre-pouvoir bascule du côté du pouvoir.

Etes-vous prêts ?

Muriel KNEZEK

COMMENTAIRES  

01/03/2011 11:35 par alfare

Utiliser le possible, d’accord mais avec moins de naïveté SVP.

D’abord, ça fait partie de l’arsenal médiatique dominant de gonfler exagérément le rôle des NTIC dans tout ce qui bouge dans le monde entier pour pouvoir voter des lois et dégager des moyens (financiers, techniques, humains) afin de toujours mieux contrôler.
Il ne faut pas oublier pour autant qui stocke réellement les milliards de données des quelques géants cités, qui tient les robinets et peut les fermer à tout moment sans préavis.

Par ailleurs il me semble que les Fab Lab (tout est possible et de plus en plus)sont plus utilisés par la 1ère armée du monde pour des réparations urgentes sur leurs équipement et que le prix est très élevé que par des villages du tiers-monde...

Donc d’accord avec le titre de l’article, mais insistons sur le "s’approprier la technologie" et ne pas se contenter d’utiliser ce qu’on trouve et qui génère pour le moment plus d’asservissement que de liberté contrairement aux apparences : quand wikipédia/espagne bannit toute référence à rebelion.org, quand youtube et google effacent les comptes (et tout le contenu) de cubadebate ou d’autres sites, quand fassebouc efface le compte d’un journaliste qui l’utilisait beaucoup... Tout est possible mais pour le moment c’est big brother !

Il manque donc l’étape de l’appropriation des TIC par tous et là , y a du boulot. Le mot logiciel libre n’est pas mentionné dans tout l’article, or résistance ou libération passent d’abord par se libérer de ces mastodontes qui écrasent, imposent les règles du jeu et passent à la caisse, une bonne partie des hommes et des sociétés (anonymes) les plus lourds du monde sont issus de ce secteur d’activité et c’est eux qu’il faut battre.

Pas avec des pseudo-actions totalement inutiles (bloquer un supermarché avec des puces et des cafards, à part donner des prétextes à la répression, je vois pas) alors que 95 % des ordis dans le monde utilisent encore le mauvais système de microsoft et engraissent encore les plus gros en propageant virus et failles de sécurité.

Juste un exemple pour illustrer ces propos
http://www.framablog.org/index.php/post/2011/02/21/freedom-box-internet-moglen

On pourrait aussi recommander des articles ou des livres de Roberto Di Cosmo : L. Lessig, Richard Stallman, E. Moglen, les sites ou les blogs april.org ; aful.org ; framasoft.net ; laquadrature.net ; et bien d’autres dont l’incontournable "Cyber Révolutions" de Lavallée - Nigoul éd Tps des cerises ; des articles de Jean Pierre Archambault sur les NTIC et l’Education...

C’est autre chose que de se contenter d’utiliser le clavier de son ordi ou de son téléphone pour dire "wesh, où t’es ?" croire qu’on maîtrise des instruments alors qu’on nous maîtrise à travers eux. C’est du travail, et ça en vaut la peine.

Nota : Muriel a beaucoup écrit sur le Vénézuela. Cela fait bientot 7 ans qu’un décret présidentiel demande à toute l’administration du pays de passer ses ordis au libre. C’est toujours pas appliqué. Récemment, un grand présentateur TV dans une émission de grande audience lance : "usar windoz no es malo, lo malo es pagarlo" déclanchant une polémique avec tout la communauté du libre qui lutte pas à pas pour libérer le pays dans ce domaine et obtient des résultats (les infocentros ont reçu un prix de l’unesco pour leur travail).
http://www.somoslibres.org/modules.php?name=News&file=article&sid=4341

01/03/2011 14:32 par Vladimir

Le facteur humain est decisif et peut mettre en resonnance les outils numeriques avec la determination collective.

La constitution,par divers itineraires d’un groupe initiateur organisateur,en Tunise :Nawaat (noyau),en Egypte,mouvement du 6 avril, a Madison USA,la coordination intersyndicale de base,est le prealable aux mobilisations reussies,

Ces groupes s’emparent alors de la technologie qui est appropriée par l’ensemble du mouvement comme moyen de son developpement victorieux.

Il n’y a eu aucun fetichisme des outils,juste la recherche collective d’une efficacité maximale.

Bonne presentation de MADISON ce matin sur France Culture :

http://www.franceculture.com/emission-la-chronique-de-flore-vasseur-chronique-de-flore-vasseur-2011-03-01.html

Elle est encore la seule journaliste a faire le lien entre les privatisations des services publics (centrale electrique bradée,pompiers etc) et l’offensive lançée par un gouverneur fraichement elu,15 jours apres son investiture.

Grace aux bourdes de Walker,la jonction public privé a eu lieu...

Comment s’est construite cette mobilisation a Madison qui s’est etendue aux salariés du prive de l’Etat au bout de 15 jours de luttes continues,merite notre attention car les conditions d’organisation sont les memes, droit reel d’organisation sociale, manque juste la determination collective,qui fut extraordinaire malgré la neige :

Anatomie d’une protestation : D’une simple marche à une lutte nationale (traduction provisoire)

DAN SIMMONS Posté le : Dimanche 27 Février, 2011 09:00

Dans la plus grande manifestation à ce jour, des milliers d’opposants au projet de loi du gouverneur Scott Walker sur le budget de réparation du Wisconsin se réunissent pour des manifestations au State Capitol du Wisconsin à Madison, Wisconsin Saturday, 26 Février 2011.

Dans la bataille du Capitole en cours

Le 7 février, avec la ferveur du Wisconsin uni dans la rémanence d’une victoire Packers de Green Bay dans le Super Bowl, le tout nouveau gouverneur de Scott Walker a convoqué une réunion dîner de son Cabinet à la Maison du Gouverneur.

Walker a brandi une photo du président Ronald Reagan, qui avait tiré gloire par la suppression des contrôleurs du trafic aérien, et a déclaré que son plan de balayer des décennies de protections pour les employés publics de l’Etat dans un projet de loi budgétaire bouche-trou représente "notre temps à changer le cours de histoire. "

Il a eu la gentillesse de l’avant dernier tour de piste pour nous larguer la bombe, at-il dit.

Le projet de loi budgétaire de réparation, ce qui priverait la plupart des droits de négociation collective 175.000 travailleurs du secteur public tout en imposant des concessions immédiates avantages, est devenue publique quatre jours plus tard. Walker, a Republican, called for passage in the GOP-controlled Legislature within a week. Walker, un républicain, a appelé pour le passage dans le GOP contrôlée Assemblée législative dans une semaine.

Parole de dispositions de l’Union du projet de loi a commencé à couler dans les rapports de presse jeudi soir, pour les chefs syndicaux et les organisateurs ont démarré ce que l’on décrit comme « un frenetique long week-end."

Une mobilisation rapide des militants

Dans les bureaux du Conseil du Wisconsin Association d’éducation sur le côté sud de Madison, environ 40 bénévoles et membres du personnel ont joué du téléphonetout en etant penché sur les ordinateurs portables.

Certains passairent des journées de 14 heures du week-end, sur la liste des 98.000 a contacter de l’Union des travailleurs de l’Etat, les enseignants plupart d’entre eux, d’autres postaient des messages sur Facebook au sujet des rassemblements qui étaient prévus pour la semaine a venir ou ont blogué sur les dispositions du projet de loi.

Aidé par plus de 1.000 bénévoles dispersés dans les bureaux de WEAC 29 de l’État, le syndicat a atteint son objectif : chaque membre a reçu un appel.

Je n’ai jamais vu une opération portée par de nombreuses personnes qui a reussi si rapidement", a déclaré Dustin Beilke, un organisateur WEAC.

Les dirigeants des syndicats d’autres petites et grands entreprises étaient également à pied d’oeuvre ce week-end, en s’appuyant sur les relations nouées lors des réunions dans les semaines précédentes entre une large partie des syndicats des employés privés-publics.

« Je ne me souviens pas d’une fusion si rapide des deux syndicats du secteur public et privé, que celle-ci a", a déclaré John Matthews, directeur général du personnel enseignant Madison Inc et un vétéran de quatre décennies de luttes syndicales.

Comme les syndicats ont organisé des manifestations à être lancé dans les prochains jours - le plus grand dans la capitale du Wisconsin depuis la guerre du Vietnam - environ 250 personnes en deux groupes distincts piquetage dimanche au Capitole et en face de la maison d’érable Bluff Walker appelle maintenant à la maison.

Vous ne voulez pas être à moi ?

Avant Walker a dévoilé son projet de budget de réparation sur le 11 février, les assistants d’enseignement « Association à l’UW-Madison, ainsi que des groupes d’étudiants du campus des étudiants Labor Coalition d’action et multiculturelle Coalition étudiante, avait prévu un mars à midi de l’Union Memorial au Capitole pour offrir "I Heart UW" valentines à Walker et lui demandons de ne pas réduire le financement de l’éducation. They were hoping to draw a couple hundred. Ils espéraient attirer quelques centaines.

Le projet de loi budgétaire a tout changé.

Plus de 1000 personnes ont rejoint le rallye prevu au mois de mars et, en criant , Stop a la haine, Ne laissez pas Walker légiférer."

Les gens dans le calme en général, de type commercial Capitol regardait nerveusement le groupe car ils coincé dans le couloir menant au bureau de Walker, versant des fleurs sur le bureau du bureau de la Garde Walker, leurs chants en écho sur les murs imposants de l’édifice.

Cette nuit-là , les dirigeants de l’ANT sont retourné sur le campus et ont envoyé a leurs 2.800 membres UW-Madison un e-mail leur demandant de retourner au Capitole le mardi et de témoigner à l’Assemblée législative du puissant Comité mixte des finances, qui avait prévu tenir une audience sur le projet de loi à 10 H.

Les syndicats à travers l’état faisaient la même chose, comme une douzaine de leaders convoquée lundi.

La loi de l’Etat empêche la police du Capitole de bloquer le bâtiment alors qu’il ya des audiences en cours.

Ainsi, certains membres du TAA ont fait des plans pour rester aussi longtemps que nécessaire, sans se rendre compte qu’ils ne pourraient pas dormir à la maison à nouveau pendant des semaines et que leur union mettrait en place un centre névralgique dans un bureau du Capitole, avec les membres de la coordination des bénévoles et aider à gérer ce qui est devenu l’ écosystème continu de la lutte en plein centre du Capitole.

Une manifestation capitale mardi

Mardi a été exceptionnellement doux à Madison, avec des températures supérieures à la congélation pour une grande partie de la journée.

Il faisait partie d’une série d’agréables journées qui ont fait en dehors de la collecte plus facile que, autrement, auraient été Capitol.

Ce matin-là , AFSCME, un syndicat de 68.000 membres qui représente les travailleurs nationaux et municipaux et a été fondée en Madison, a commencé à remplir les autobus d’au moins sept villes à travers le Wisconsin.

Environ 10.000 personnes se sont rassemblées au Capitole pour les rallyes à midi et 17H, en tenant des pancartes de protestation et scandant "Tuez le projet de loi !" et "C’est cela la démocratie rassemblee !"

A l’intérieur, 3.000 transforment la rotonde de plain-pied dans un cercle de tambours bruyants et plâtrée les murs anti-Walker,d’ affiches pro-syndicat.

Ce fut le début d’un village de protestation qui allait occuper le Capitole au moins jusqu’à dimanche 27 février, lorsque la police du Capitole dit qu’ils ne permettent plus aux manifestants de passer la nuit.

La foule des étudiants qui avaient livré principalement les fleurs la veille a été rejointe par un groupe diversifié d’enseignants, policiers, pompiers, monteurs de charpentes métalliques et de personnel de bureau, entre autres.

Autour de l’Etat, les enseignants ont protesté à Appleton, Wausau, Green Bay, La Crosse, Fond du Lac et la rivière Eagle.

Pendant ce temps, les opposants par centaines ont parlé au cours de l’audience publique contre le projet de loi, devant le comité des finances de l’Assemblée législative, créant un flux continu de témoignages et une liste de plusieurs heures d’attente qui a augmenté tout au long de la journée.

A quelques miles du Capitole, environ 120 dirigeants MTI se réunissaient à 16 heures 15 a la Bourse du travail de Madison.

Lors de la réunion, le directeur général John Matthews a débattu des conséquences de grande portée du projet de loi et le groupe a décidé d’enseignants Madison devrait passer les trois prochains jours au Capitole - et non dans les salles de classe.

« Nous avons été au même rythme", a déclaré Matthews."Il n’y a eu aucune dissension."

Cette nuit-là , le Madison School District annulé les cours pour le mercredi.

Au meme moment , des finances co-présidents du comité Rép Robin Vos, R-Rochester, et le sénateur de l’Alberta Darling, R-River Hills, le personnel de l’ordre de cesser l’enregistrement des personnes qui veulent témoigner, suscitant la colère des opposants.

Il a démontré que ces législateurs étaient prêts à faire adopter par la participation du public sans adéquates », a déclaré Scott Spector, un lobbyiste pour la Fédération américaine des enseignants et le Wisconsin, "et il a montré la détermination des travailleurs à ne pas se taire."

La séance est levée à 3 h mercredi. A ce moment, les démocrates ont continué témoignage entendu dans une autre pièce, en donnant la justification de manifestants de passer la nuit dans le Capitole.

Pour Rockford !

La foule se gonflait encore plus mercredi matin les 4.700 enseignants de Madison membres, 25.000 élèves du district et de nombreux parents d’élèves étaient libres de participer - et de décider de dormir à l’intérieur du Capitole.

Les manifestants étaient désormais 20.000, mais la politique reste inchangée, avec Walker et législateurs républicains insistant sur le fait qu’ils ont été ignorés de leur soutien.
Le projet de loi semblait alors acquis par un vote jeudi Sénat et approbation.

A 8 h le jeudi, les démocrates du Sénat ont décidé de fuir vers l’Illinois, de quitter le Sénat d’unpas timide des 20 sénateurs appelés à voter sur les projets de loi relatifs au budget.

Ce fut la troisième décision charnière - MTI appel pour protester contre les démocrates et « la poursuite du témoignage ont été les autres - qui ont bloqué le passage rapide du projet de budget de réparation et a accéléré un ensemble déjà historique d’ événements.

Mais il y avait un problème : le sénateur Tim Cullen de Janesville n’a pas participé au vote de quitter le Wisconsin. Il était d’aider la famille de l’ancien juge de la Cour suprême du Wisconsin Bablitch projet de loi informer les médias de la mort de Bablitch.

Quand il a entendu les plans, Cullen a appelé le président du Sénat Mike Ellis, R-Neenah, pour lui demander s’il pouvait entrer dans le Capitole sans être arreté.

"Il dit très bien, entre en jeu. Il n’ya pas de problème", a indiqué le journal de l’ État.

Ellis, qui dirige le Sénat, a mis en garde Cullen de quitter à 11 heures, lorsque le Sénat a prévu d’examiner le projet de loi et il serait obligé de mettre en place un « appel de la maison" pour tenter de contraindre les 14 sénateurs à la chambre.

Cullen dit-il plus tard, reçu un appel d’Ellis alors qu’il se rendait au sud vers l’Illinois : « Allez-vous sortir d’ici ?"

Lorsque l’assurance que Cullen était hors de Madison, il a dit Ellis a répondu : « Bon. Je voulais juste vérifier."

Ellis n’a pas pu être atteint pour la confirmation le vendredi.

La fuite des sénateurs a été rapidement tourné en dérision par le gouverneur Walker en tant que cascadeur, mais follement acclamé par les manifestants comme un acte de courage.

« Je pense qu’il a causé beaucoup de personnes de les augmenter, revenir et de rester plus longtemps », a déclaré Beilke.

Madison annulé les cours pour une deuxième journée jeudi, et il a été rejoint par les districts autour de l’état.

Environ 25.000 manifestants étaient descendus sur le Capitole ce jour-là , et 40.000 - plus de la semaine à ce moment-là - ont montré jusqu’à vendredi, une semaine après Walker dévoilé publiquement le projet de budget de réparation.

Le Crescendo ?

le samedi 19 février, sauvages de l’État tour politique avait capté l’attention de la nation, avec des camions nouvelles du réseau garé sur la place et un pro-Walker contre-manifestation organisée par une organisation politique nationale, les Américains pour la prospérité, qui a coordonné avec les militants locaux du Tea party et d’autres groupes de tendance conservatrice.

Un autre jour au Capitole, leur protestation - diversement estimé entre 3.000 et 10.000 personnes - serait considérée comme massive, mais ils ont été largement étouffés par la foule anti-Walker, qui se trouvaient son élan dans le cours des jours précédents de l’organisation et des rassemblements .

La police a estimé qu’au total, 68.000 personnes étaient là , avec la grande majorité opposés au projet de loi Walker et sans incidents majeurs pour une si grande foule.

Les organisateurs des manifestations contre le projet de loi ont dit que la participation, époustouflante, pourrait être expliquée par la croissance soutenue dans l’intérêt et les agitations de toute la semaine et le samedi a permis aux gens d’assister à l’horaire de travail dont le conflit dans le reste de la semaine.

Le rapport de force a éte construit tous les jours menant à samedi », a déclaré Spector.

"Alors que c’était le crescendo."

Au cours de la semaine suivante,les classes ont repris, mais les soirées pyjama au Capitol, les protestations et l’impasse législative se sont poursuivies.

Les syndicats ont discuté d’une grève générale, tandis que Walker, gêné par un appel blague d’un blogueur libéral se faisant passer pour un donneur riche de campagne,les menaçant de mises à pied si le projet de loi échoue.

Selon la police, environ 70.000 personnes ont participé à la place du Capitole le samedi 26 février, le plus grand taux de participation pour le moment.

Les 14 démocrates du Sénat,indispensables au vote, demeurent hors de l’état (vote impossible).

http://host.madison.com/wsj/news/local/govt-and-politics/article_3c7f9cd2-4274-11e0-8f25-001cc4c002e0.html

La suite est inconnue, les directions syndicales nationales cherchent a arreter la poursuite du mouvement ,craignant d’etre depassées,mais les outils de communications/mobilisations sont la,pour imposer
la volonté de la base.

La lutte au Wisconsin et la négociation salariale

Par Jerry White
1er mars 2010
http://www.wsws.org/francais/News/2011/mar2011/wisc-m01.shtml

l

01/03/2011 15:31 par legrandsoir

Vladimir : qu’est-ce qu’on a dit des commentaires interminables ? Hmmm ?

01/03/2011 16:23 par kuira

pour pousser plus loin la réflexion sur ces sujets, un petit détour par framablog peut être utile. On y trouve des articles et des traductions de "gens" qui savent de quoi ils parlent et maitrisent leur sujet. Bien sur les opinions sont diverses et souvent mêmes divergentes voire carrément opposées. Un petit aperçu :

A quoi ça sert de s’activer sur Internet ?
Doctorow répond à Morozov intro et traduction sur framablog.org

ory Doctorow est souvent traduit sur ce blog car c’est l’une des rares personnalités qui pense l’Internet et agit en conséquence pour qu’il conserve ses promesses initiales d’ouverture et de partage.

Il a rédigé un long mais passionnant article dans The Guardian qui prend appui sur un lecture (très) critique du récent mais déjà fort commenté livre The Net Delusion : The Dark Side of Internet Freedom de Evgeny Morozov.

Chercheur biélorusse à l’université de Georgetown et chroniqueur dans plusieurs journaux, Morozov remet radicalement en question, dans son ouvrage, le pouvoir libérateur d’Internet.

On peut le voir exposer son point de vue dans cette courte conférence au format TED : Comment Internet aide les dictatures, qui constitue un excellent préambule à ce qui va suivre.

Morozov y dénonce la « cyberutopie » qui draperait la technologie de vertus émancipatrices intrinsèques, comme celle d’être nécessairement vecteur de démocratie pourvu que l’information circule sans entrave (source Rue89). Une « cyberutopie » issue de l’ignorance ou de la paresse intellectuelle de nos contemporains, qui se laissent aller au « web-centrisme » en imaginant que toutes les questions qui se posent dans nos sociétés peuvent être résolues par le prisme d’Internet (source Webdorado). Cliquer sur « J’aime » ou rejoindre une cause sur Facebook, relayer frénétiquement une information non vérifiée sur Twitter, n’ont jamais révolutionné la société,

On comprendra dès lors aisément que le « net-activiste » Cory Doctorow ait pris sa plume pour répondre dans le détail à l’argumentaire de Morozov.

Internet n’est certainement pas synonyme de libération. Mais ce réseau possède des caractéristiques particulières qui font qu’il ne ressemble à rien de ce que l’on a connu auparavant. Raison de plus pour se battre afin de conserver son principe de neutralité et faire en sorte qu’il échappe au contrôle des États et aux logiques mercantiles des entreprises privées.

Wikileaks et ses anonymous[1], hier la Tunisie, l’Égypte aujourd’hui… L’actualité récente n’est pas évoquée, mais il semblerait qu’elle penche plutôt du côté de Doctorow que de celui de Morozov.

Nous avons besoin d’une critique sérieuse de l’activisme sur l’internet.

le lien :
http://www.framablog.org/index.php/post/2011/01/27/activisme-internet-cory-doctorow

24/01/2012 11:59 par Lampedusa

Vous trouvez ça bien ?
" Nike+ est un exemple de l’utilisation de capteurs dans un domaine de l’objet commun. Les chaussures de course équipées de ce dispositif peuvent suivre notre course et envoyer les données sur notre iPod ou bien les « twitter » ou les publier automatiquement sur Facebook ou Foursquare".

Big Brother n’est pas loin !

(Commentaires désactivés)