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La Katyn soviétique et la "Katyn" états-unienne et coréenne.

photo : exécution en masse de coréens "communistes" www.japanfocus.org

Avec une approche comparativiste, le philosphe italien D. Losurdo propose une analyse pour sortir du manichéisme moral (et politique) dans le récit exclusif que fait l’idéologie dominante de cet épisode.

Extrait de Stalin. Storia e critica di una leggenda nera (Carrocci, Rome, 2008). Traduction française à paraître à l’automne aux Editions Aden (publié avec l’aimable autorisation des Ed. Aden, Bruxelles)

Contrairement à la collectivisation de l’agriculture et à l’industrialisation à marche forcée, le massacre des officiers polonais, décidé par le groupe dirigeant soviétique et consommé à Katyn en mars-avril 1940, est un crime en soi. Le poids de l’épreuve de force avec la Finlande se faisait encore sentir : après une vaine tentative de procéder à un échange consensuel de territoires, entreprise par Staline dans le but de conférer un minimum de profondeur territoriale à la défense de Leningrad (la ville protagoniste ensuite d’une épique résistance à l’agression nazie), la guerre risquait maintenant de s’étendre et de se généraliser. Comment auraient réagi dans une telle circonstance les officiers polonais capturés par l’URSS après le démantèlement de la Pologne ? Du côté de Moscou, on avait tenté en vain de les faire revenir sur leurs fières positions antisoviétiques, héritage du conflit qui avait débuté avec l’effondrement de l’Empire tsariste et qui tendait ainsi à prendre les caractéristiques brutales d’une guerre civile. La situation était devenue assez difficile : le péril menaçait que l’URSS en tant que telle fut engloutie par la guerre, et les cercles occidentaux qui pensaient à un renversement du régime stalinien ne manquaient pas (supra , p. 84). C’est ce « grave problème de sécurité » qui fait précipiter l’ «  horrible décision », que Staline plus tard doit avoir « amèrement regrettée à cause des embarras et complications qui s’en suivirent »(1) . Donc même dans le cas des exécutions de Katyn les dilemmes moraux sur lesquels Walzer attire l’attention ne sont pas absents. Mais ce serait pourtant erroné d’invoquer dans ce cas aussi l’ « urgence suprême », en dilatant après coup un critère qui, en soi déjà , risque d’avoir des mailles trop larges.

Mais, même s’il est injustifiable, le crime que nous examinons ici ne renvoie pas aux caractéristiques qui seraient particulières à la personnalité de Staline ou au régime qu’il dirige. Qu’on pense au crime dont s’entache le général états-unien Patton quand, débarquant en Sicile, il ordonne qu’on tue les soldats italiens qui se rendent après une âpre résistance (2) . Même s’il s’agit ici d’une infamie de dimensions plus réduites, il faut pourtant ne pas oublier que ce n’est pas une réelle préoccupation pour la sécurité du pays qui la provoque, mais bien l’esprit de vengeance ou peut-être même le mépris racial. C’est-à -dire qu’il s’agit ici d’un délit pour des motifs abjects.

Cependant si nous voulons chercher une analogie réelle avec Katyn, nous devons nous référer à d’autres tragédies et à d’autres horreurs. Dix ans après la Katyn Soviétique, se déroule ce que nous pourrions définir comme la « Katyn » états-unienne et sud-coréenne. La guerre de Corée est en cours. Du nord sauvagement bombardé fait irruption au sud une masse de réfugiés. Comment sont-ils accueillis ? « L’armée USA avait comme politique de tuer les civils qui s’approchaient de la Corée du Sud » : les victimes étaient « pour la majorité des femmes et des enfants », mais on craignait que ne se fussent infiltrés parmi eux des nord-coréens, même si dans l’enquête sur un des cas peut-être les plus documentés (les tueries qui ont eu lieu à No Gun Ri), « aucune preuve d’ennemis infiltrés n’est sortie » (3). Nous sommes donc ici en présence non pas de dispositions d’un individu, fut-il brillant et notoire général ou maréchal, comme l’était Patton, mais bien d’une politique décidée aux plus hauts niveaux des sommets militaires (et politiques) états-uniens. Et cette circonstance nous fait justement penser à Katyn, d’autant plus que dans les deux cas c’est la sécurité qui est en jeu.

Pour la garantir, les USA et leurs alliés ne se bornent pas à tuer les réfugiés. Ils trouvent nécessaire de liquider aussi la cinquième colonne potentielle. Par exemple, « dans la ville de Taejon, en juillet 1950, la police ordonna à 1.700 coréens, accusés d’être communistes, de creuser leur fosse, après quoi ils furent passés par les armes ». Un témoin raconte :

Un dimanche matin, à l’aube, dans la ville apparemment déserte de Chochiwon, je vis une procession d’hommes et de femmes, attachés l’un à l’autre avec les mains dans le dos, frappés et bastonnés, qui se dirigeaient du poste de police vers les camions où ils étaient chargés. On les passa par les armes et on les laissa sans sépulture un ou deux miles plus loin (4).

Ce fut une opération à grande échelle :

Dans une mine de cobalt proche de Daegu, au sud du pays, les enquêteurs ont retrouvé pour le moment les restes de 240 personnes. Ce n’est qu’une fraction des présumés 3.500 détenus ou suspects de communisme qu’on a tirés de leurs cellules ou de leur maison entre juillet et septembre 1950, passés ensuite par les armes et jetés au fond d’une mine.

Parfois ce sont des « femmes et des enfants » qui sont victimes d’« exécutions sommaires » : on dirait que dans ces cas-là on n’a pas épargné même les familles de ceux qui sont soupçonnés d’être communistes. L’obsession de la sécurité n’envahit pas que les arrières, mais aussi les villes à peine conquises ou reconquises. Voici ce qui advint dans l’une d’elles : « Ils nous dirent d’allumer nos cigarettes. Ils commencèrent alors à décharger leurs fusils et leurs mitrailleuses. Après une pause, un officier nous cria : "Ceux d’entre vous qui sont encore vivants peuvent se lever et rentrer chez eux’. Ceux qui le firent furent de nouveau frappés par les tirs ».

A combien se montent le nombre des victimes des deux pratiques, le meurtre des réfugiés et la liquidation des suspects de communisme ? En réalité, on n’a pas encore pleinement mesuré l’extension de ceux que « les parents des victimes appellent les camps coréens de la mort ». On peut faire pour le moment un bilan provisoire : « Les investigateurs ont jusqu’à présent identifié 1.222 probables cas de tueries de masse […].Les cas incluent 215 incidents dans lesquels les survivants disent que les avions et les troupes américaines terrestres tuèrent des réfugiés désarmés » (5).

La « Katyn » états-unienne et sud-coréenne ne semble pas être de proportions plus réduites que la soviétique, et en tous cas elle révèle un supplément d’absence de scrupules (pour une guerre menée à des milliers de kilomètres de leur pays, les dirigeants de Washington n’auraient pas pu invoquer même l’ombre de l’ « urgence suprême »). Mais il ne s’agit pas ici d’établir une hiérarchie entre deux crimes injustifiables l’un et l’autre ; il s’agit par contre de prendre acte de l’inadéquation de l’approche morale manichéenne pour la compréhension de Staline et du pays qu’il dirige.

D. Losurdo

(1) Roberts (2006), p. 47 et 170-1.

(2) Di Feo (2004) ; Di Feo (2005).

(3) Hanley, Mendoza (2007).

(4) Warner (2000).

(5) Sang-Un Choe (2007).

(6) Ibid.

Extrait, avec l’aimable autorisation de l’éditeur, de
Staline. Histoire et critique d’une légende noire .

A paraître aux Editions Aden (Bruxelles) à l’automne 2010.

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

COMMENTAIRES  

21/04/2010 17:32 par Piotr Przyjalkowski

,, Il est evident qu’on peut beacoup puiser de la pensee de Trotski "- Ernesto ,, Che " Guevara ( 1965 an )

,, Nous ne pouvons pas proceder avec Staline parce que Staline nous trompera ’’- V. I. Lenine ( d’apres L. D. Trotski ,, Ma vie. Un essai d’autobiographie ’’ )

Walzer a tort. ,, Des embarras et des dillemmes ’’ ne relevent pas autant de l’ordre ,, moral ’’ mais du pragmatisme pur et net.

Ceci se voit meme plus tard lorsque Staline aura propose a Churchill de faire fusiller 50 000 d’officiers allemands, une fois la victoire accomplie !

Pourtant le texte n’est pas tout-a-fait errone, n’est pas mal fonde dans son ensemble du tout ! En effet, par ce crime de guerre- la ,, le Pere des nations ’’ voulait securiser l’arriere- front de son etat vu... une prochaine guerre contre l’Allemagne ( et le cas echeant la Finlande ), pourtant pas necessairement causee par celle- ci, toujours ayant ses forces liees au duel contre l’Angleterre. ( A comparaitre : Victor Souvorov ,, Brise- glace ’’ et autre travaux de cet auteur )

22/04/2010 09:08 par CN46400

C’est bien sûr là que git la contradiction suprême : Le massacre de Katyn démontre que Staline, et les siens, savaient que la guerre anti-nazie était inévitable et qu’ils la préparaient consciencieusement, au moins un an avant le 21 juin 41. Or les plus dénonciateurs du massacre sont, encore, ceux prétendent qu’à cette époque Staline "collaborait" avec Hitler !

De même qu’on passe sous silence le fait que le général Jaruselski a été écarté des commémorations officielles (ce qui lui a sauvé la vie...)parcequ’en 40 il avait échappé au massacre en répondant favorablement aux sollicitations soviètiques de passer dans l’Armée Rouge.

22/04/2010 16:51 par Piotr Przyjalkowski

Non, c’est une confusion- sauf un point- totale, ceci.

General Wojciech Jaruzelski vient de se voir personellement inviter, il y a un mois a peu pres, par la presidence russe aux ceremonies du 65. anniversaire de la victoire contre les nazis, soit le 9 V.

En 1940 nul ne proposait rien a Wojciech Jaruzelski ni a aucun autre Polonais, sauf la deportation a la Siberie ( le cas de la famille Jaruzelski tout entiere ) ou, le cas echeant, le passage devant le peloton ( c’est une espece de locution, en fait, les officiers polonais se faisaient tirer dessus des pistolets a bout portant ) pour une cause evidente : ,, Vae victis ".

Wojciech Jaruzelski tout jeune, ayant perdu ses parents au demeurant, s’etait fait engager a la I division dit ,, Kosciuszko " ( agrandie et renommee ensuite a la I Armee ), sous la houlette sovietique tout ca, seulement en 1943, lorsque la guerre contre le Reich battait son plein.

L’auteur dans la premiere partie de son enonce a tout a fait raison, en suivant l’operation mentale de Staline : ,, l’attaque est une meilleure defense ’’ tout en n’en ayant pas... plus tard ; une cooperation economique entre le III Reich et l’URSS entre le 23 VIII 1939 ( pacte Molotov- Ribbentrop ) et le 22 VI 1941 ( invasion allemande ) est un fait indiscutable.

Fraternellement, jusqu’ a la victoire, toujours !

22/04/2010 22:20 par marie-ange patrizio

A Piotr Przyjalkowsky,

Monsieur,
"une cooperation economique entre le III Reich et l’URSS entre le 23 VIII 1939 ( pacte Molotov- Ribbentrop ) et le 22 VI 1941 ( invasion allemande ) est un fait indiscutable" et les autres sentences que vous livrez en résumant en quelques mots (et sans références précises) des années d’histoire tumultueuse et la pensée de quelques personnages non moins complexes, est une façon d’écrire l’histoire assez fantaisiste.

Je reproduis ici, pour les lecteurs curieux et préférant se faire un avis sur des sources et analyses plus argumentées historiquement, le message diffusé hier par l’historienne Annie Lacroix-Riz :

La conjoncture de Katyn peut être éclairée par une connaissance sérieuse de la stratégie polonaise, définitivement alignée sur le Reich depuis la « déclaration d’amitié » germano-polonaise du 26 janvier 1934. On la trouvera décrite, depuis cette date (et depuis le début de la décennie), dans mes ouvrages :

Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930 , Paris, Armand Colin, 2e édition complétée et révisée, 2010, 679 p., passim, index Pilsudski et Beck

De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940 , Paris, Armand Colin, 2008, 408 p., passim, index Pilsudski et Beck

Et dans la phase précédant directement l’assaut allemand, dans la contribution suivante, dont j’ignore si elle sera publiée, et qu’on pourra lire ci-dessous :

«  La Pologne dans la stratégie politique et militaire de la France (octobre 1938-août 1939)  », communication au colloque sur la campagne de Pologne, Varsovie, 15-16-17 octobre 2009

Sur les tentatives soviétiques, inlassables depuis le début de 1933, de constituer l’alliance tripartite finalement impossible, on se reportera aux deux ouvrages cités ci-dessus, passim.

L’article cité ci-dessus est disponible à  :

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=18796

bonnes lectures,
m-a patrizio

23/04/2010 07:46 par Anonyme

L’article cité d’A. Lacroix-Riz est aussi depuis ce matin sur le site du Grand Soir,

m-a p.

23/04/2010 09:04 par CN46400

@ Piort,

Staline et les siens ont procédé à l’exécution des officiers polonais, qui refusaient de collaborer avec les soviet, (et pas des simples soldats...), simplement parcequ’ils ont jugé que ces personnes risquaient de leur poser des problèmes dans l’hypothèse d’une attaque nazie contre l’URSS. Comme cela s’est, d’ailleurs, vérifié dans les états baltes.

Qoiqu’on puisse penser de ces massacres, ces faits démontrent que Staline et son gouvernement se préparaient, y compris après la signature du pacte germano-soviètique, et son application, à la conflagration anti-nazie !

Quand à Jaruselski, c’est bien le fait d’avoir combattu dans l’Armée Rouge qui lui vaut, à la fois, d’être invité à Moscou pour la commémoration de la victoire de 45, et d’être "évité" par les autorités polonaises à Katyn ! Cette situation est éminemment symbolique.

23/04/2010 20:49 par Piotr Przyjalkowski

Oui c’est bien ca. La Pologne etait tout a fait alignee, avec le comble de ce soi- disant ,, alignement ’’ au petit matin du 1 septembre 1939 an.

Merci bien de nommer Che, Trotski, Lenine et enfin Souvorov ( ex-agent du GRU, le service secret militaire sovietique ) ,, les personnages complexes ". Ils le valent fort ! Je suis de meme avis, moi !

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Le sens de ,, La Pologne dans la strategie exterieure de la France " est a l’inverse de celui suggere ci- dessus, meme son titre en dit beacoup ! Heureusement, camarade moderateur ( et non ,, monsieur " pour l’amour de Dieu ! ) prevoyait bien des situations comme ca : ,, il y en a ceux qui savent ecrire et... ne savent pas lire ", regardez bien autour de vous, notamment ci- contre, a gauche (sic !).

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Je reproduis ici pour les lecteurs curieux et preferant se faire un avis sur les effets de la soi- disant ,, declaration d’amitie germano- polonaise " ( en realite ce n’etait qu’ un acte de non agression, refute et puis brise unilateralement par Hitler ) une petite carte :

24/04/2010 09:08 par CN46400

@ Piotr,

Merci pour votre lien qui montre bien deux éléments qu’il n’est pas coutume de relever :

1-La chronologie des évènement, au jour le jour, montre que c’est d’abord Hitler qui attaque la Pologne, puis, après l’arrêt de l’avance des troupes nazies, l’entrée des troupes soviètiques.

2- Le partage de la Pologne s’est bien faite sur la base des la "ligne Curzon" prévue par le traité de Versailles, et est toujours en vigueur aujourd’hui entre la Pologne, la Lituanie, la Biélorussie et l’Ukraine. Si bien que quand, aujourd’hui, on parle du "partage de la Pologne", cela peut sous entendre, avec tout ce que cela pourrait supposer, que la frontière Est de ce pays ne serait toujours pas définitive !

3-Enfin, le massacre des "élites polonaises" est, d’un strict point de vue marxiste, une faute grave puisqu’il ne laisse aucune place à la pensée individuelle, et à sa possible évolution. Il n’est pas niable que nombre des suppliciés de Katyn auraient, ultérieurement, s’il avaient vécu, trouvé leur place dans l’Armée Rouge. La notion de faute collective, ou de prédétermination collective est étrangère au marxisme. Cependant, dans l’histoire des guerres, les Katyn sont légion. les USA, au Vietnam (Opération Phoenix)ont, aussi, et ouvertement, pratiqué l’extermination systèmatique des "élites" nord-Vietnamiennes ou Vietcong !

26/04/2010 18:15 par Maxa

Je suis presque d’accord avec Domenico Losurdo ; mes réserves portent sur deux points au moins :
1- La condamnation des dirigeants soviétiques est peut-être juste sur le plan moral, mais tout à fait erronée du point de vue politique. Dans les deux pages que j’ai lues de son livre, Domenico Losurdo pense que les officiers polonais auraient pu changer d’avis si on leur en avait laisser le temps ; mais comment penser qu’en 1940-41, quand l’URSS préparait sa défense contre l’assaut des troupes nazies, un pouvoir responsable pouvait prendre un pareil risque ?
2- Et surtout, Domenico Losurdo fait comme si tout commençait en 1939 (je suppose qu’il y a songé dans l’ensemble de son ouvrage !) ; or, sans remonter plus loin, qui sont les gens qui aujourd’hui font la leçon aux Soviétiques ? Les héritiers de ceux qui, en Grande-Bretagne, en France... ou en Pologne, ont abandonné à son sort la République espagnole dès 1936 (voir Blum, Chamberlain, Beck et toute la clique manoeuvrée par les classes dirigeantes), puis qui ont laissé s’accomplir l’Anschluss en mars 1938, puis qui ont vendu la Tchécoslovaquie la même année (et la suivante) par les accords de Munich, avec la complicité des Polonais et des Hongrois (résultat des imbéciles traités de Versailles, Trianon, Saint-Germain-en-Laye etc.), tout en sabotant les accords passés avec l’URSS contre la menace allemande, avant de crier à la trahison quand les Soviétiques ont fini par signer le traité de non-agression d’août 1939...
Voilà une toute petite partie de ce que les médias aux ordres oublient systématiquement de rappeler...

26/04/2010 19:29 par Piotr Przyjalkowski

Oui, quelques petites precisions.

Tout d’abord on ne peut pas confondre la frontiere entre Das Reich et Sowietskij Sojuz du bout de septembre 1939 au 22 VI 1941, autrement dit celle du IV- ieme demembrement de la Pologne d’avec les limites du pays a present, c’est- a- dire, une fois la II guerre mondiale terminee. On ne peut pas le confondre meme si elles ne sont guere eloignees toutes les deux, pourtant il parait evident qu’ on devait trouver du lieu pour un nouveau Etat, soit le Republique populaire de la Pologne.

En resumant le bord de l’Etat sovietique et, respectivement, du Reich s’appuyaient sur la riviere de San ( lis : sane ) pourtant, la frontiere ,, definitive " quand meme, d’apres- guerre, dont vous parlez, officiellement reconnue a travers le monde, est esquissee selon les contours du Bug ( lis : bougue ) un peu plus vers l’Est.

Independamment je trouve que J. Pilsudski a son tour ne suivait pas de pres l’evolution du marxisme vers 1919- 1920 en s’en prenant a la Russie, sovietique deja. Pour justifier injustifiable je dois (l’) expliquer ici qu’il s’etait vu a l’epoque vraiment tourmenter des sequelles de la Premiere guerre mondiale d’ou l’un de ses slogans les plus fameux :

>> Je suis descendu du tramway dit : ,, socialisme ’’ a l’arret dit : ,, independance ".<<

Mais il le remontera encore ce tram- la, le Moustachu, je vous le jure !

Fraternellement, jusqu’ a la victoire, toujours !

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P. S. Je ne sais pas, cher camarade qu’est- ce que vous connaissez du cas de la mort subite de Camilo Cienfuegos ? Je vous le demande parce que nous- autres, nous avons ici depuis deux semaines 96 Camilos, j’en suis coinvaincu, helas. Le mode operatoire ? Keine ,, Nacht ’’ aber viel, viel ,, Nebel ’’ artificiellement prepare, j’en suis sur ou presque car je sais comment, de quelle maniere.

Il est difficile de vivre avec ca, peu importe leur option politique dans le cas comme ca.

Camarade (-s) moderateur(-s), pardon !

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P. S. ,, Lorque les Etats- Unis sont venu chercher Cuba, nous n’avons rien dit, nous n’etions pas Cubains ".

Cette fois- ci personne n’ aura pu rien dire a haute voix non plus, le gouvernement inclu.

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Je sais deja, je le connais maintenant tout-a-fait, les raisons et cet etat d’ame fichu, pour lesquelles El Che gardait si minicieusement une image presentant Camilo sur un mur de sa villa. Il est difficile de vivre avec ca.

26/04/2010 19:59 par CN46400

Au risque de me répéter lourdement, je pense que ce massacre, comme tous les massacres,ne peut être excusé. Ne serait-ce que par ce parti pris profondément anti-marxiste, de Staline lui-même, que la fin justifie tous les moyens.

Toutefois je remarque le peu d’entrain à souligner la contradiction entre ce massacre "stalinien", et la soit-disant "coopération Hitler-Staline" durant cette période. Stupéfiant est aussi le maquillage employé par les soviètique (Assassinats avec des pistolets et des munitions allemandes pris lors de l’occupation des pays baltes)et fosses communes prés de Smolenk, comme si déjà , Staline envisageait, dès 40, une profonde pénétration nazie dans le territoire soviètique !

27/04/2012 14:58 par jean-pierre

j’irais meme plus loin que certains...en disant que de sacres zones d’ombre planent sur katyn.
1:l’aspect des corps sortis des fosses par les allemands ne correspond pas (les corps et uniformes,bottes ect) a des corps restes en terre 3 ans,pas besoin d’etre grand legiste pour cela.2 :les balles geko allemandes 7.5mm utilisable en partie par le seul pistolet walter ppk(pour faire accuse les allemands).perpetuer le massacre a queques encablures des allemands et il aurait fallu que les russes imaginent que l’operation barberousse se fasse en juin 1941,que l’on decouvre seulement par pur hasard les corps en 1943...ouf ! alors la c’est plus machiavel ou staline ,c’est du tartuffe

01/09/2015 19:41 par Skevin

Il y a de sacrés doutes factuels sur la réalité de ce qui s’est passé à Katyn. Grover Furr va publier bientôt un livre sur la question. Mais au delà de ces doutes factuels il y a aussi autre chose, c’est quand même le critère de vraisemblance. Le 13 avril 1943, monsieur Goebbels qui a déjà tué des centaines et des centaines de milliers de polonais, d’ukrainiens de juifs de biélorusses, se sent une âme de défenseur des droits de l’homme et il dit, à la radio que le massacre de Katyn a été commis par les officiers "judéo-bolchéviques" du NKVD. 6 jours plus tard, en pleine guerre, le gouvernement polonais en exil se rallie à la thèse de Goebbels, il est convaincu ! On peut le comprendre, la Pologne a désespèremment tenté de se ranger aux cotés de Hitler, allant jusqu’à attaquer la Tchécoslovaquie en même temps que lui pour en arracher 5000km2 de territoire (il n’y a pas de petits pourboires). Le gvt polonais en exil a peu à espérer de ces "judéo-bolchéviques". Mais enfin, admettons tout cela y compris la conversion de Goebbels. Les russes ont formé une commission ultérieurement, qui est arrivée (bien entendu, dira-t-on) à des conclusions inverses de celles du Dr Goebbels. Mais parmi les témoins de la presse anglo-saxone, Mlle Hariman, fille du sénateur éponyme, décrit les fosses remplies de cadavres et elle décrit, sans bien sur utiliser le mot, la méthode du Sardinenpackung, mise au point par les escadrons nazis pour employer au mieux l’espace des fosses. Bien sur, elle a été obligée de retirer son témoignage en plein MacCarthysme devant une commission du sénat très menaçante en 1952. Si on voulait clarifier l’histoire de Katyn on pourrait le faire, mais les dernières études décrites par Grover Furr, menées par des archéologues polonais et ukrainiens permettent d’aboutir à des conclusions déplaisantes pour la thèse officielle. Les fosses ont donc rapidement été refermées. Pour l’instant, il n’y a que deux thèses en présence : celle de Staline et celle de Goebbels. Choisissez.

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