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La femme oubliée (Countercurrents)

Rosemarie Jackowski

LGS publie ci-dessous un article « venu d’ailleurs » qui va échauffer des esprits. Mais il nous a semblé qu’il contenait quelques éléments utiles à la réflexion et d’autres susceptibles d’ouvrir une polémique. Si vous intervenez, merci de rester courtois(e)s.
Le Grand Soir.
(Les illustrations dans le corps de l’article ont été ajoutées par LGS).

Le dernier livre de Sheryl Sandberg met une fois de plus le projecteur sur le Mouvement féministe. Il n’y a aucun doute que la plupart du temps, dans le cours de l’histoire, les femmes ont été dépréciées. Il n’y pas non plus de doute que les leaders des mouvements féministes méritent que leurs efforts soient reconnus.

Mais il y a un aspect du problème qui a trop souvent été vu comme une conséquence fortuite et de ce fait ignoré. Le mouvement n’a pas toujours libéré les femmes ni élargi leurs options. Les femmes ont souvent été forcées d’aller travailler à l’extérieur à des tâches encore moins intéressantes que celles qu’elles faisaient chez elles. De quelle libération bénéficiait une femme obligée de travailler en usine ? Beaucoup de femmes sont passées de femmes au foyer à fabricantes de gadgets. Abandonner la poêle à frire pour être jetées dans le feu, voilà à quoi s’est résumé le mouvement de libération pour beaucoup de femmes.

Le mouvement n’a pas aidé la maman de couleur de Detroit, ni la maman blanche des Appalaches, ni la maman latino du Texas, ni la famille de fermiers immigrants de Californie. Celles qui étaient en bas de l’échelle économique ont été oubliées. Et dans beaucoup de cas, leur sort a même empiré. Beaucoup on dû quitter leurs foyers pour se rendre, sans moyen de transport, à un travail à peine rémunéré. Les mamans étaient parfois forcées par les services sociaux et la pression sociale de laisser leurs enfants sans garde adéquate pour aller travailler. Cela a engendré une génération d’enfants négligés qu’on a appelés les enfants avec une clé autour du cou.

Dans les centres urbains, beaucoup de femmes ont été forcées de déposer leurs enfants dans des garderies où les enfants ne bénéficiaient pas toujours de l’attention nécessaire. Les mamans ont quitté leurs foyers pour prendre des emplois abrutissants et mal payés. Demandez donc à une mère obligée de laisser son enfant malade dans une garderie ce qu’elle ressent. Le mythe qu’une mère ou un père aimants puissent être remplacés sans encombre par une assistante de garderie aussi gentille soit-elle a fait beaucoup de mal et continue d’en faire. La relation enfant-parent a été compromise par cette évolution sociétale. Une employée payée ne peut jamais remplacer l’amour d’une mère ou d’un père.

Il est facile de voir qui a le plus profité de cette situation. Il n’y a qu’à suivre l’argent. Beaucoup de familles sont au bord de la faillite aujourd’hui. Les grandes entreprises sont florissantes. Elles sont les grands bénéficiaires. L’arrivée sur le marché du travail de toutes ces femmes a presque doublé la force de travail. L’échelle des salaires a vite reflété la nouvelle donne. En 1950, un salarié en possession d’un bon diplôme pouvait entretenir sa famille. Maintenant il faut presque toujours deux salaires pour y arriver. Le capitalisme a fait une bonne affaire : deux travailleurs pour le prix d’un.

Une des conséquences du mouvement a été la banalisation du rôle de mère. Les femmes qui préféraient se consacrer à élever leurs enfants plutôt que de travailler étaient mal vues.

On peut dire qu’il n’y a pas de plus haute vocation dans la vie que de s’occuper des autres. Et il est remarquable que le soutien des familles, des mères célibataires, des mères en général et même des pères n’aient absolument jamais fait partie des préoccupations du mouvement féministe. Aujourd’hui, de plus en plus de familles choisissent de ne pas envoyer leurs enfants à l’école et de les former à la maison. C’est chose impossible si les deux parents travaillent.

Quelques femmes bardées de diplômes ont vraiment eu un plus grand choix de métiers. L’histoire du mouvement a reflété la culture et les valeurs des femmes capables de s’élever dans la société. Aujourd’hui toutefois, beaucoup de féministes se rendent compte que consacrer sa vie à une entreprise est moins satisfaisant qu’il n’y paraît.

Title nine* et salaires égaux ont toujours été les revendications phares du mouvement. Cela donne l’illusion que toutes les femmes en tirent profit. Mais la femme au foyer est devenue une citoyenne de seconde zone. Ce choix de vie devrait pourtant être respecté et celui de ne pas avoir d’enfants aussi.

Nous avons besoin d’un vrai mouvement de libération des femmes. Un mouvement qui inclurait toutes les femmes, qui donnerait aux femmes le choix de rester chez elles en recevant une compensation financière. Cela n’est pas aussi impossible que ça en a l’air. Il suffirait de changer une seule chose à savoir de considérer tous les revenus d’une famille comme le revenu de la famille. Cela éliminerait le poids injuste qui pèse sur le parent-qui-reste-à -la-maison dans le calcul de Sécurité Sociale. Cela protégerait les enfants au cas où le seul parent salarié se retrouverait dans l’incapacité de subvenir aux besoins de son ou ses enfants. De plus, cela permettrait davantage de mamans de rester chez elles pour le plus grand profit non seulement de leurs enfants mais de toute la force de travail. Moins de travailleurs en compétition pour le même nombre d’emplois ferait remonter les salaires. Ce serait un scénario gagnant-gagnant.

Le nouveau mouvement de libération doit moins mettre l’accent sur le genre et plus sur notre humanité commune. Ceux qui ont le plus besoin de libération sont ceux dont on n’entend pas la voix... ceux qui sont en situation de précarité économique, les sans abris, les personnes handicapées et surtout les enfants.

Rosemarie Jackowski est une journaliste engagée. Elle a écrit Banned in Vermont.

Note :

* Titre IX est le nom usuel de l’amendement Title IX of the Education Amendments of 1972 voté en 1972 aux États-Unis qui interdit toute discrimination sur la base du sexe dans les programmes d’éducation soutenus par l’État.

Pour consulter l’original : http://www.countercurrents.org/jackowski150313.htm

Traduction : Dominique Muselet

COMMENTAIRES  

17/03/2013 10:13 par Iyhel

Je ne vois pas trop ce que ce texte précis a de polémique. Il montre juste qu’aucune lutte d’émancipation particulière ne peut se faire sans une lutte globale.

La solution au problème décrit paraît assez simple (à concevoir, pas à obtenir !) : établir un revenu de base pour toutes et tous, revenu qui viendrait reconnaître le travail "social" de chacun(e), y compris le tempo consacré à l’entretien d’une maison ou l’éducation d’enfants - que ce travail soit effectué par les femmes ou les hommes.

17/03/2013 10:50 par LaCamille

Un mouvement qui inclurait toutes les femmes, qui donnerait aux femmes le choix de rester chez elles en recevant une compensation financière

Quasiment une proposition du Front National. Je rêve LGS ?

et vieille féministe des années 1970 j’ajoute : le "droit" pour les femmes de ne pas pouvoir être indépendantes et condamnées à garder les enfants. Ma mère aurait applaudi à cette disposition ... pas moi.

17/03/2013 15:35 par Maxime Vivas

Ce n’est pas un article du GS mais un article que LGS vous propose de discuter parce que, sur bien des points, il est dans les débats.
Grâce à vous, ce dernier va progresser. Par vos interventions, vous allez vous (nous) informer et c’est ça qui est bien. Et déjà , d’ailleurs, chacun voit plus clair grâce à plusieurs commentaires.

17/03/2013 11:37 par domi

Les USA sont "devenus un pays de minorités" nous dit Christopher Lash.

Et les pays européens, embarqués par la trahison de leurs élites dans le "rêve américain", pareillement. Cela signifie qu’on fait des lois en faveur des minorités, ce qui engendre, comme l’a dénoncé Anne Marie le Pourhiet à Ce soir ou jamais (15/3), un tissu de lois contradictoires dans lesquelles il est impossible de se retrouver.

Ces minorités (féministes, gays, personnes handicapées, religions minoritaires, etc...) qui se sont constituées en lobbys sont devenues intouchables et il est interdit de les critiquer sous peine d’être traités de tous les noms d’oiseaux à la mode. Le journaliste P. Cohen nous en a donné un aperçu en en qualifiant les invités de Taddéi dernièrement (http://lejournaldusiecle.com/2013/03/13/patrick-cohen-a-frederic-taddei-vous-donnez-la-parole-a-des-cerveaux-malades/)

Je comprends donc l’inquiétude du GS en mettant en ligne un article qui fait état de certaines lacunes du mouvement féministe (tout en disant qu’on lui doit beaucoup de reconnaissance). Pourtant la stigmatisation de la femme au foyer pour le plus grand profit des capitalistes n’est pas la seule contradiction du mouvement féministe.

Je n’en citerai que deux autres :

1. La libération sexuelle de la femme en 68 (fierté des féministes dont je suis) a surtout profité aux hommes (tu ne veux pas, tu n’es donc pas libre ?), qui le nierait aujourd’hui ?

2. Le mouvement féministe soutient le mariage gay, l’adoption et comme il n’y a plus d’enfants à adopter (les derniers pays qui en avaient viennent de durcir leurs lois pour qu’ils ne soient pas adoptés par des couples gays), la PMA et les mères porteuses. Ces dernières seront des femmes réduites en esclavage comme a dit Anne-Marie le Pourhiet ("si ça, ce n’est pas de l’esclavage !) pour faire des enfants à des HOMMES. Les gays sont des hommes, non ?

Je me demande qu’elle est la position du mouvement féministe en ce qui concerne la dernière revendication (à savoir des assistantes sexuelles, rien de moins) des personnes handicapées, en fait à 95% des HOMMES handicapés, selon une dame elle-même handicapée venur sur le plateau de Ce soir ou Jamais s’insurger contre cette légalisation sournoise de la prostitution dont les femmes feront les frais à 95%.

17/03/2013 12:24 par cinto

Le problème n’est pas si simple que cela ; André Gorz a déjà discuté l’idée de rétribuer les tâches ménagères : cela revient à annexer même la vie privée et familiale au système capitaliste, à généraliser la marchandisation de la vie. En suivant cette logique, dit-il, faudrait-il instaurer un tarif pour les bisous aux enfants, ou pour chaque rapport sexuel conjugal, dans la mesure où il contribue à la reproduction des forces de travail ?
En ce qui concerne le fond de l’article, il va très loin : c’est d’une réévaluation du mouvement féministe qu’il s’agit. Ce mouvement a toujours été mené par des femmes de la bourgeoisie (voire de l’aristocratie si on remonte à sa préhistoire en France sous la Révolution) : seules les bourgeoises peuvent se permettre cette séparation des intérêts entre l’homme et la femme dans le couple. Pour les classes populaires, la survie même dépend de la solidarité à l’intérieur du couple ; dans les mouvements authentiquement populaires (telles les protestations contre la privatisation de l’eau en Bolivie), les femmes n’agissent jamais en tant que catégorie mais au nom de leur famille. La propagande féministe, lorsqu’elle touche les classes populaires, aboutit souvent (par le biais de la facilitation des divorces) à une dégradation de la situation économique des femmes. D’autre part, l’entrée massive des femmes dans le monde du travail ne répond à aucune finalité féministe, mais à la pénurie de main-d’oeuvre provoquée par la guerre de 14-18 : avant de devenir des fabricantes de gadgets en concurrence avec les hommes, les femmes ont commencé par fabriquer les obus destinés à tuer leurs frères, maris ou fiancés. Il faut aussi, au lieu de mythifier le travail libérateur des femmes, penser aux conditions de vie et de travail réelles des femmes lors de leur entrée dans les usines de textile, au XIXe siècle et encore au début du XXe siècle : journées de travail harassantes de 14 heures, qui s’ajoutaient aux soins des enfants et de la maison (et allaitement des bébés sur place, à l’usine, lorsqu’une voisine pouvaient les amener). Le travail des femmes n’est une conquête que pour celles des classes privilégiées qui exercent des professions valorisantes, et leur accès à ces professions signifie une barrière de plus pour la promotion des hommes (et des femmes) des classes populaires. Enfin, les quotas instaurés à l’Assemblée en faveur des femmes bénéficient toujours aux classes privilégiées, ils ne changent rien à la composition sociale de nos "représentants", ni, bien sûr, à la politique qu’ils mènent. L’expérience montre même que lorsqu’on met une femme à la tête d’un gouvernement, c’est pour mener une politique encore plus dure : c’est l’exemple de la chancelière Merkel, mais aussi, en Espagne, en 2004, de Carmen Chacon, choisie par Zapatero, alors qu’elle était enceinte, comme ministre de la guerre (pardon, de la Défense), pour pouvoir prétendre que les bombes qu’on allait larguer sur l’Afghanistan étaient des bombes, non seulement humanitaires, mais même maternelles.

17/03/2013 12:56 par Dwaabala

Le plus clair du travail libérateur de la femme sur le plan des salaires, c’est qu’il faut maintenant deux salaires pour entretenir décemment un foyer quand auparavant un suffisait.
On peut grosso modo en déduire que la valeur de la force de travail a été divisée par deux.
Sur le plan de la conscience c’est différent : le travail a arraché la femme à l’horizon borné du foyer, comme il avait arraché le paysan à l’horizon borné de son lopin de terre.

17/03/2013 13:00 par Adrien

Tout à fait d’accord avec l’analyse de ce texte. L’auteure parle du jugement très dépréciatif qui pèse sur les femmes au foyer actuellement, pas assez "libres" au goût de certains (à qui l’on devrait rappeler que liberté=avoir le choix). Il faut rappeler que ce jugement s’applique également à tous ceux qui ne "travaillent pas" en général, car c’est bien connu, ce qui ne vous oblige pas à avoir un contrat ou un salaire ce n’est pas du travail. C’est ce genre de mentalité qui rend choquante pour toute une partie de la population l’idée même de père au foyer par exemple, car s’il est bien que la femme travaille, il est en revanche inadmissible que l’homme n’en fasse pas autant, montrant bien que le modèle patriarcal n’est toujours pas dépassé et que l’homme reste considéré comme le pourvoyeur principal du foyer (ce qui est souvent le cas vu que les salaires des femmes sont plus bas). Finalement, les femmes ont été intégrées à un marché du travail de plus en plus dur sans pour autant être mises au même niveau que les hommes, qui gardent (au moins symboliquement) le rôle traditionnel de chef de famille que les mentalités leur attribuent.

17/03/2013 13:55 par daniel

Les femmes "à la maison à éléver les enfants " devraient perçevoir une retraite, reconnaissance du travail.

17/03/2013 14:23 par Roger Lafosse

En accord avec Lyhel : encore un petit effort contre l’injustice, et on arrive au revenu minimal de base pour tous :
http://revenudebase.free.fr/
http://revenudebase.info/2013/03/conseil-europe-revenu-de-base/
http://martouf.ch/document/440-les-avantages-d-un-revenu-de-base-inconditionnel.html

17/03/2013 14:26 par fidelito

Mme Jackoswki a très bien parlé (pardon, très bien écrit sa pensée.) il est évident qu’il y a eu un surplus de travailleurs, si bien que nous sommes arrivé au stade de la remise en équilibre. je suis également d’accord que les enfants , dès leur naissance ont besoin de leur maman, pas d’une personne, une maman de remplacement aussi bonne et capable soit-elle. l’amour d’une maman est irremplaçable. le travail d’une maman est de veiller et éduquer, dès sa naissance, bébé et suivre son éducation.Les jeunes lors de l’adolescence seront moins révoltés qu’ils le sont actuellement. le travail de la mère au foyer est aussi dur, si pas plus, que le travail d’esclavagistes dans lequel elles sont entrées
La faillite des ménages est due aux publicités, aux grandes surfaces, qui bouffent littéralement les petits magasins de quartier. Pourtant ils sont nécessaires, en effet, vous avez besoin d’ une marchandise, vous la prenez. Elle est légèrement plus chère qu’aux grandes surfaces, oui mais vous avez acheté une seule marchandise. la grande surface, vous vous fait tomber dans la tentation en vous présentant, des marchandises à bon prix que vous n’avez pas besoin dans l’immédiat. Vous vous retrouvez à la caisse avec un caddye plein. vos stockez dans vos réserves et il vous arrive de laisser la date d’utilisation passée. alors, qui est le moins cher ? Pareil avec les cartes de crédit, visas et Cie, qui est une source d’endettement.la femme au foyer ? il n’y a rien de déshonorant, bien au contraire, car il n’y a pas plus ingrat que le travail d’une femme au foyer, elle mérite un salaire pour le travail au foyer. avec le mouvement féministe, vous avez lutté pour votre égalité face aux machos, qui devraient être homme au foyer pendant 1 mois, je vous parie que la grosse majorité ne tiendraient pas et capituleraient bien avant le délais proposés. j’estime que le travail de la femme doit être rénummèré. c’est pour cela que vous auriez dû manifester, et croyez moi, votre égalité serait reconnue. ceci est valable pour les hommes. JE SIGNE : le défenseur de la femme au foyer.
oh oui, j’oubliais. je suis certain qu’il y aurait moins de mise à la porte comme pour le môment, et cerise sur le gâteau, baisser les loi sociales.

17/03/2013 14:55 par Lionel

Oui, je trouve ce texte bien "calme", il cite des évidences à propos d’une prétendue et mythique "libération de la femme" par le salariat qui est passer d’un esclavage à un autre.
Nous pourrions reparler d’immenses possibilités que l’un des deux parents puisse s’il le désire rester à domicile en toute fierté et reconnaissance sociale.
Mais il est un autre aspect rarement évoqué qui est la contrainte à fabriquer du conforme et pas du transmis culturel. Les enfants du monde occidental n’appartiennent plus à leurs parents puisque ceux-ci ne jouent plus qu’un rôle secondaire dans leur devenir, l’État remplit ce rôle en lieu et place, de façon plus ou moins homogène et égalitaire, mais seul le résultat compte, les enfants n’ont plus de compte à rendre aux parents, ils sont "libres", façonnés par les institutions ( les médias font partie des institutions ), ils ne leur ressemblent en rien en dehors de l’aspect physique, ne transportent pas avec eux les mêmes valeurs morales, de solidarité, d’identification, ils sont adaptés et donc fonctionnels au sein de la société qui les accueille, infiniment plus performants en termes de productivité-consommation.
Bref, en fait de libération, la prétendue ouverture au travail salarié pour les femmes n’a été qu’un réajustement permettant de fabriquer un peu plus de consentement et de soumission à un système socio-économique pour leur descendance et une dilution des particularités culturelles des parents, une uniformisation des comportements.
Le double tranchant de la pensée progressiste, on ne peut pas dire que les choses aillent plus mal, il est vrai que l’on vit dans de meilleures conditions matérielles, de même un chien de garde sera certainement plus efficace s’il est bien nourri, voire même caressé et qu’il dort à l’abri des puces et de la pluie, il en sera d’autant plus féroce à l’égard de ceux qui en veulent à son maître.
Parent au foyer est une place hautement honorifique et infiniment plus gratifiante que n’importe quel boulot bien payé qui vous fait marcher sur les gens et perdre vos enfants à tout jamais.
L’accès des femmes au travail salarié a été l’accomplissement du capitalisme, il a détruit la société irrémédiablement, les jeunes parents sont souvent contraints de faire appel aux services sociaux pour savoir comment faire avec ces drôles de petits êtres, personne n’a pris le temps de leur transmettre ne serait-ce que le plus élémentaire comme de savoir comment donner le sein !
Eh, oui, Madame ( ou Monsieur, mais il donne le sein un peu moins souvent ) a désiré "s’investir" ( quel mot dégueulasse ) dans son travail, en retour elle n’a pas eu le temps de penser à apprendre à sa fille à nourrir son futur enfant, l’assistante maternelle le fera si bien !

17/03/2013 15:15 par act

Découvrant l’auteur de cet article, difficile de la situer.
Par contre pour ceux qui l’ignorent le livre auquel elle fait référence est de la plume de Sheryl Sandberg, l’actuelle directrice générale (COO) de Facebook. Auparavant vice-présidente des Ventes et opérations internationales en ligne (Global Online Sales and Operations) chez Google.
Participante au Forum économique mondial de Davos, en Suisse. En mars 2008, Facebook a annoncé le transfert de Sheryl Sandberg de Google vers Facebook8. Le 23 décembre 2009, Sheryl Sandberg est nommée au directoire de la Walt Disney Company...
De 1996 à 2001, elle a été chef de service au sein du département du Trésor des États-Unis.

Bref, elle par contre est assez facile à "situer".."venue d’ailleurs" pour le moins.

On ne s’étonnera donc pas de cette charge travestie et hypocrite contre les luttes féministes.
Au hasard :

Un mouvement qui inclurait toutes les femmes, qui donnerait aux femmes le choix de rester chez elles en recevant une compensation financière.

Pour quelle raison "aux femmes" et pas "aux femmes et/ou aux hommes" ?! Poser la question y répond.

Mais on peut dès lors s’interroger sur la pertinence d’ouvrir les colonnes du GS à une dame qui chante les louanges des écrits d’une femme du camps adverse, classée comme la cinquième femme la plus puissante au monde par le magazine Forbes en 2011 et qui dispose de multiples canaux officiels et privés pour répandre sa "bonne parole".
Il suffit de parcourir les médias officiels pour constater à quel point ils se réjouissent du "féminisme moderne" de madame la patronne.
Effectivement je ne vois pas ici de polémique, juste une interrogation légitime et une déception.

17/03/2013 16:01 par Anonyme

Pour revenir sur le thème des MINORITÉS, repris de bonne fois par une bonne partie de la population, où les femmes sont mises à côtés des "gays" (pas toujours) des "personnes de couleur" (pas bleue), etc... et où on leur accorde" généreusement UN JOUR par an, comme il y avait UN JOUR par an en Italie ou ailleurs, où le peuple pouvait "se défouler" et où il était autorisé de brûler l’effigie des puissants, par exemple... Pour revenir sur ce thème des MINORITÉS, ben...

LES FEMMES CONSTITUENT 50 %, DONC LA MOITIE, DE LA POPULATION !

Est-ce écrit en assez gras et gros ?

Les "communicants" des candidats aux élections le savent bien, EUX. Et ce n’est pas par hasard que Hillary, Laurence Parisot et autres Fadelas sont des ’fâmes libres"... autant que le libéralisme dont elles sont les chantres.

Avec la moitié de la population qui n’a le droit de vote que depuis 1947, il y a de quoi faire... Messieurs.

17/03/2013 16:48 par Dwaabala

@ cinta

lorsqu’on met une femme à la tête d’un gouvernement, c’est pour mener une politique encore plus dure : c’est l’exemple de ...

qu’il ne faudrait pas oublier non plus de la prima donna Margaret Thatcher, la dame de fer, à laquelle un très beau film a été consacré.
Il y a aussi Sissi et Marie-Antoinette.

17/03/2013 18:05 par Scalpel

Rien à ajouter ...sinon que je viens -grâce au lien fourni par Domi, merci- d’enrichir ma déjà très riche collection personnelle (et en en ayant que des échos !!!), de raisons de boycotter le 7/9 de ce laboureur de parquet, le carrièristissime Patrick Cohen, incarnation/caricature de la pensée de marché, ici parfaitement remis à sa place (dans quelque niche du néant), pas très difficile au demeurant, par l’o(T)Vni Taddéi dont le face à face est d’une insoutenable cruauté pour le bellâtre, tant l’élégance et l’honnêteté semblent avoir définitivement fuit son camp pour trouver refuge dans celui d’en face.
Attention Missié Cohen, la place de PDG de Radio France 2030 est aussi convoitée par votre pendant(e) féminine, votre voisine immédiate de tranche (un seul "passage d’antenne" de ces deux là font vomir votre pdj héroïquement ingurgité), l’arrivistissime Pascale Clark et ses interviews/interrogatoires à la tête du client, selon le degré d’influence -sur sa carrière à elle- et son allégeance au PPA.
Si. Une chose : le débat lancé par cet impertinent ET pertinent article est particulièrement intéressant et témoigne de la rafraîchissante vigueur intellectuelle du lectorat de ce site -j’en suis même intimidé au point de ne pas ajouter mon grain de sel-, vigueur qui récompense l’impeccable tenue du site lui-même (faites moi penser à racheter une boîte de cirage, je vais en manquer...).
On pourrait résumer cette contribution de Rosemarie Jackowski de deux maximes : le diable se cache dans les détails et le mieux est parfois l’ennemi du bien (oui, bon, je fais c’que j’peux, hein, voilà voilà ).

17/03/2013 18:32 par Anonyme

Oui, Anonyme, c’est assez gros. Merci pour elles et pour nous (les féministes).

Pour ce qui est des "gens de couleur", "colored" in english, cette expression, née dans les champs de coton fut forgée par les esclavagistes pour départager les esclaves blancs des noirs. No comment.
C’est inouï de voir cet hideux vocable repris sans malice y compris par d’éminents intellectuels progressistes, ne se posant pas la question toute simple : en tant que blanc, ne suis-je pas moi-même "de couleur" ?
"De couleur" et "minorité féminine", le parallèle n’est-il pas saisissant quand on songe aux cerveaux mâles du XIXè décrétant que la plus brillante des femmes n’équivaudrait jamais au plus médiocre des hommes (opinion largement partagée à l’époque), pour les noirs, remplacer femmes par "nègre" et homme par blanc. Femme et noir étaient bel et bien logés à la même enseigne question ostracisme...Intéressant, non ?

17/03/2013 18:37 par transes en France

A lyhel, tout à fait d’accord pour un salaire de base pour tous.
Il n’y a pas de travail ? On verse à ceux qui ne peuvent pas en avoir (par la volonté du capital et de son bras armé, les politiciens choisis par eux) ou qui ne veulent pas, un salaire qui leur permet de vivre décemment tout en se consacrant à des tâches qu’ils auront librement choisies. Et pas seulement les tâches ménagères et la garde des enfants !

Or, c’est cela qui émanciperait les peuples, pas de faire rentrer les femmes à la maison sous le prétexte fallacieux qu’elles sont plus aptes à s’occuper des enfants et qu’elles prennent le boulot des hommes et font baisser les salaires.
Le capital a plus d’un tour dans son sac, dans ce cas-là : il se garde sous la main tout un volant d’immigrés qui font aussi bien l’affaire.
Si tout le monde recevait un salaire, même sans travailler pour un patron, ils seraient contraints de proposer des emplois mieux rémunérés et cesseraient de faire modifier sans cesse le code du travail pour toujours plus assujettir les travailleurs et les faire vivre dans l’angoisse du lendemain.

Mais ce n’est pas ce qui est dit dans le billet.
Il est de bon ton d’accuser les "féministes" et leurs alliés des maux que crée le capitalisme pour retomber sur ses pattes à la moindre avancée pour la condition des femmes.

D’abord, le "mouvement féministe" n’est pas un bloc monolithique. Cela ne veut donc rien dire - et est la preuve que nous allons tomber aussitôt dans les clichés.
D’ailleurs, ça commence fort : dire que les "féministes" ont "obligé les femmes à aller travailler", c’est stupide. En revanche, en ayant un salaire autonome, les femmes ont pu s’émanciper de la coupe de leur mari, considéré comme leur tuteur (je fais bref).
Puis, si les femmes n’ont obtenu que des emplois subalternes, ce serait la faute des féministes ? Il faut être gonflé pour oser dire cela.

D’abord, les féministes se sont toujours battues contre l’oppresseur, pas pour défavoriser les femmes, et c’est, hélas, l’oppresseur qui gagne toujours, si, justement, il n’y a pas de luttes communes contre lui, voire, au contraire, approbation et complicité.

Ce sont les patrons qui ont profité de cet apport de main d’oeuvre pour réduire les salaires et mettre les travailleurs et les travailleuses dos à dos, pas le "mouvement féministe".
Rappelons que pendant la Seconde guerre mondiale, aux Etats-Unis, les femmes ont été embauchées pour pallier le manque de main-d’oeuvre masculine, mais sitôt qu’ils n’en ont plus eu besoin, elles ont été renvoyées dans leurs foyers. Et le capital leur a inventé toutes sortes de robots et de gadgets (cf la deuxième photo) pour les convaincre de rester à la maison et pour transmettre le message que tout était facile désormais pour les femmes au foyer.
C’est ce que veut faire cette femme. Laisser croire qu’une femme s’épanouirait davantage à rester à la maison, même si cela la coupe de toutes relations sociales et la réduit aux discussions sur les enfants et la cuisine.

D’autre part, pourquoi donc choisir de faire rentrer les femmes à la maison ? C’est partir du principe qu’elles seules peuvent et, donc, doivent s’occuper des enfants à plein temps et de tout le reste des tâches ménagères ?
Les rémunérer (très peu, évidemment, et pas comme pour un travail à plein temps avec heures sup et sans jour de repos), cela justifierait donc que le conjoint serait délivré de toutes ces tâches subalternes ? Déjà que ce n’est pas évident quand les deux travaillent, on imagine à quoi elle veut réduire le partage des tâches.
D’ailleurs, le FN ne s’y trompe pas, c’est une des ses propositions-phares de toujours.

D’autre part, pourquoi ne veut-elle réserver cette possibilité qu’aux femmes ? Après tout, il y a des hommes qui choisiraient cette option. Mais la société capitaliste toute entière (et on le voit ici) cantonne volontairement hommes et femmes à des rôles précis qui leur ont été assignés par des siècles de propagande.

Mais voyons ce qu’elle dit :
"Celles qui étaient en bas de l’échelle économique ont été oubliées" :
Par qui ? Par le capital ou par les militantes féministes ? Et quoi celles-ci ont-elles accès aux pouvoirs ?
Chavez, lui, ne les a pas "oubliées". On se demande pourquoi. Si c’est parce qu’il n’était pas, lui, harcelé par des "féministes" écervelées ou parce qu’il s’opposait au capitalisme et aux inégalités qu’il génère.

Ensuite, on lit : "Dans les centres urbains, beaucoup de femmes ont été forcées de déposer leurs enfants dans des garderies où les enfants ne bénéficiaient pas toujours de l’attention nécessaire".
Mêmes questions que plus haut. Qui ne crée pas des crèches adaptées pour permettre aux couples de travailler s’ils le souhaitent ? Ces idiotes irréfléchies du "mouvement féministe" ?

"Les mamans ont quitté leurs foyers pour prendre des emplois abrutissants et mal payés. Demandez donc à une mère obligée de laisser son enfant malade dans une garderie ce qu’elle ressent… blablabla"
Nous voilà dans le pathos.
Cette pauvre "maman" déchirée d’avoir à abandonner son enfant quelques heures. Le "papa", lui, évidemment, se porte bien. Il assume.
D’autre part, si les emplois sont "abrutissants" ce n’est toujours pas le fait des féministes, mais bien encore du système capitaliste qui barre l’accès à des emplois moins "abrutissants".

"On peut dire qu’il n’y a pas de plus haute vocation dans la vie que de s’occuper des autres".
Et si ça ne plait pas, c’est pareil. Gros cliché encore : les femmes sont "faites" pour avoir des enfants, s’en occuper et s’occuper de leur mari, de leurs parents et de toute l’humanité souffrante. Les hommes, eux, sont des zombies insensibles qui ne sont là que pour ramener l’argent et grogner si le repas n’est pas prêt ou les enfants pas encore couchés.
C’est de ces clichés que se nourrit le capitalisme. Le problème, c’est que la population opprimée (hommes et femmes) continue à se satisfaire et perpétuer les schémas qu’il leur impose.

"Nous avons besoin d’un vrai mouvement de libération des femmes. Un mouvement qui inclurait toutes les femmes, qui donnerait aux femmes le choix de rester chez elles en recevant une compensation financière" :
C’est exactement ce que la droite préconise. Donner de l’argent aux mères au foyer pour qu’elles élèvent les enfants, sortent du circuit et se bornent aux tâches qu’on veut bien leur laisser - ce qui permettra de chanter leurs louanges en tant que mères et garde-malades gratuites ou d’attribuer à elles seules les échecs.

"De plus, cela permettrait davantage de mamans de rester chez elles pour le plus grand profit non seulement de leurs enfants mais de toute la force de travail" :
Encore et toujours la même litanie : Laissons les femmes à la maison car elles piquent le boulot aux hommes, alors que leur rôle, c’est de materner et de soigner.
Les enfants dont les mères restent à la maison ne sont pas forcément plus équilibrés ou moins enclins à la délinquance. C’est la qualité des heures consacrées à la famille - que ce soit de la part de la mère ou du père - qui importe, pas la quantité. Toutes les études sérieuses vont dans ce sens. Sans compter que la situation financière des parents joue un rôle important dans l’éducation.

Avec cette logique, on pourrait aussi leur interdire de faire des études pour ne pas leur donner l’idée de prendre les emplois hautement qualifiés dévolus aux hommes par la volonté divine.

"Le nouveau mouvement de libération doit moins mettre l’accent sur le genre et plus sur notre humanité commune. Ceux qui ont le plus besoin de libération sont ceux dont on n’entend pas la voix ... ceux qui sont en situation de précarité économique, les sans abris, les personnes handicapées et surtout les enfants"
Eh bien voilà , c’est clair : les femmes doivent s’estimer satisfaites et on se demande ce qu’elles veulent encore, hein ? Il y a pire situation que de rester tranquilles à la maison.
Comme si elles n’entraient dans aucune de ces catégories, si ce n’est de plusieurs.

Madame Rosemarie Jackowski, "journaliste engagée", on se demande en quoi, a eu bien de la chance, elle, d’avoir fait des études et de pouvoir être libre d’écrire ce qu’elle veut et d’être publiée.
Elle est bien dans la ligne de ces grandes bourgeoises privilégiées, complices de l’oligarchie, qui assignent aux hommes et aux femmes des rôles précis et distincts pour perpétuer les inégalités entre eux et réduire la rébellion des classes opprimées.

NB : Je cite, dans un commentaire, entre autres : " Il est évident qu’il y a eu un surplus de travailleurs".
Quelle bêtise ! Il est "évident" qu’"on" fait faire le travail à une personne au lieu de plusieurs, en faisant pression sur elle, qui plus est. C’est la réduction des horaires et la répartition des tâches pour le même salaire qu’il faut demander, pas de faire retourner les femmes à la maison.
Cela n’arrangera en rien les revenus de la famille, de toute façon. Il ne faut pas rêver : les patrons ne paieront pas plus si une seule personne du couple travaille !

17/03/2013 20:31 par Petite soirée

Tout ce qu’a écrit "Transe en France" est impeccable.
Je suis pour le revenu de base universel, inconditionnel, suffisant et cumulable. Voilà qui changerait les rapports de force, que ce soit capital/travail ou au sein des familles, sans compter le caractère mobilisateur unitaire, toutes catégories et statuts confondus, chômeu-se-r-s, retraité-e-s, précaires, public privé que constituerait cette revendication, si le syndicalisme révolutionnaire s’en emparait.
Et qu’on ne vienne pas prétexter pour le rejeter, que ça renverrait les femmes à la maison, comme je l’ai entendu récemment de la bouche d’un responsable syndical. Marre de l’instrumentalisation du féminisme, pour protéger des privilèges patriarcaux. Nous sommes massivement confrontées à la pauvreté, comme femmes. Les retraites de hommes sont le double de celles des femmes, comme les patrimoines. Deux/tiers du précariat sont des femmes. La loi Parisot-Sapin d’insécurisation nous touchera de plein fouet, si nous la laissons passer.

17/03/2013 20:41 par calamejulia

Et ne parlons pas des enfants uniques que l’Etat n’aide surtout pas mais qu’il saura retrouver
à leur premier salaire ! Ces faux problèmes de discutaille sur les mouvements féministes alors
qu’à diplôme égal une femme est rémunérée 25 à 30% de moins qu’un homme, avec retraite
en conséquence ! Pas le droit de faire du mi-temps pour élever même un enfant ce sera
moins de cotisations, etc, etc ! Quand il y en a qui choisissent de rester à la maison pour ne
pas risquer d’autres problèmes négligence des enfants, de leur propre vie de femme, et,
j’en passe. Mais il fallait consommer et à n’importe quel prix et les politiques savaient que
les femmes seraient en tête pour concevoir un tel besoin. Alors, maintenant que tout
s’écroule : que fait-on ?

17/03/2013 21:16 par Sheynat

Merci à act et Transes en France pour vos commentaires dont j’apprécie les apports et positionnements.

Ceux de Rosemarie Jackowski me rendent perplexe, ils semblent venir d’un autre monde, pour moi, et je me méfie énormément des conditionnements qui figent les rôles assignés, leur préférant les mouvements élastiques et multifonctionnels entre les sphères intimes et publiques, entre l’intérieur et l’extérieur, car c’est ainsi que l’apprentissage et ses transmissions peuvent le plus librement circuler.

J’imagine aussi le poids de culpabilité, après celui de l’étouffement, que peuvent vivre les enfants assujettis à une figure monoréférente en vase clos, pour les loisirs, l’éducation, la scolarisation (et cela me fait méchamment penser à ces configurations microfamiliales repliées sur elles mêmes à la manière de certains évangéliste étatsuniens, le monde extérieur étant le diable) qui désirent à maturation quitter le cocon cotonneux familial (chose normale hein, le but c’est que l’enfant grandisse et devienne assez autonome pour quitter ses parents), avec cette terrible impression d’abandonner une mère totalement investie pour ses enfants, à son syndrome dépressif du nid vide.

J’aurais encore beaucoup à dire mais je m’arrête là car je ne comprends pas la démarche de cet article : il est contre l’oeuvre de Sheryl Sandberg, ou pour ?

Car en faisant des recherches sur ce qu’elle prône, cela ne colle pas avec le contenu de l’article de Rosemarie Jackowski, ou alors google m’a sorti une traduction déformante :

Facebook COO Sheryl Sandberg est, au moins officieusement, évangéliste de la femme qui travaille pour l’année 2011. Pourquoi est-ce ? Parce qu’elle est réaliste. Son conseil d’avoir une carrière super réussie, tout en ayant une vie heureuse et normale en dehors du bureau est génial car il est simple et réalisable. Une étape à la fois.

Sheynat

18/03/2013 00:55 par act

@tous (dont LGS ;)

Après la mauvaise surprise que de voir LGS publier un texte qui promeut les écrits de madame la patronne (google, facebook et j’en passe ;) juste au cas où elle n’aurait pas assez de tribune chez "Le point", "Le Figaro"*, TF1 et ici aussi j’en passe...
Après il y a le fond et il est rassurant de lire qu’une bonne partie des commentateurs-trices ne sont pas dupes.

Sérieux avec un peu de distance dialectique c’est carrément ridicule : accuser le féminisme d’avoir mis les femmes aux travail en somme...et pourquoi pas les enfants aussi ?
Ni le despotisme/féodalisme ni le capitalisme n’ont attendus les féministes pour exploiter les femmes serfs, esclaves, domestiques, servantes, à l’atelier, dans les champs, puis à l’usine et toujours le "double-travail" au "foyer".

Reprocher le capitalisme aux féministes est absurde, particulièrement quand la fin de l’oppression/sur-exploitation de la majorité de l’espèce humaine, les femmes, est un des aspects fondamentaux de la lutte des classes.
Faut-il rappeler aux camarades mâles que les femmes subissent comme eux l’exploitation et l’oppression capitaliste PLUS le machisme (+éventuellement le racisme suivant pigmentation) ?
Et pas seulement le machisme de droite malheureusement et visiblement.

Et voilà que madame facebook voudrait faire la leçon à Louise Michel ou aux Cubaines ?
Ce serait juste ridicule si ça ne passait pas par ici.
Autant accuser Marx et les communistes d’avoir provoqué le fascisme.

*cherchez et lisez sur la toile les médias réacs s’extasier sur la prose de
"Sheryl Sandberg, wonder woman féministe
La directrice générale de Facebook sort un livre et crée un nouveau réseau social pour aider et encourager les femmes à s’affirmer dans leurs entreprises. Leur manque de confiance est, selon elle, la cause première des discriminations qu’elles subissent.
Milliardaire et révolutionnaire. Sheryl Sandberg, 43 ans, directrice générale de Facebook, après avoir occupé un poste stratégique chez Google et avoir été économiste à la Banque mondiale, etc..
."(Figaro)

18/03/2013 01:01 par act

erratum :
c’est dans mes rêves que les femmes sont majoritaires,
les hommes seraient très légèrement plus nombreux sur Terre, une autre déception.

18/03/2013 07:56 par transes en France

Après la question de Sheynat, sur le soutien de Rosemarie Jackowski à Sheryl Sandberg, je me suis demandé si je n’avais pas fait un contre-sens. Je n’avais vu que le texte et plus ou moins occulté l’introduction où il était question du dernier livre de Sheryl Sandberg, que je ne connaissais pas, et la phrase "met une fois de plus le projecteur sur le Mouvement féministe" m’avait laissé penser que c’était un livre sur le féminisme.
Et que c’était ce à quoi répondait Rosemarie Jackowski dans le texte.
Ce qui est exact. La confusion vient, en fait de ce que celle-ci bâtit toute son analyse en partant du principe que cette Sheryl Sandberg (qu’act a bien décrite) est "féministe", ce qui démontre qu’elle n’a aucune notion de ce qu’est le "mouvement féministe".

Et, elle la qualifie de féministe, tout simplement parce que Sandberg a écrit un livre pour expliquer aux femmes que, bien sûr, on peut mener à la fois une carrière et avoir une vie de famille normale : il suffit qu’elles "se bougent".
Une véritable imposture (quand on a une fortune personnelle évaluée à plus d’un milliard de dollars, on n’est pas une de ces femmes à qui on prétend s’adresser et on n’a aucune notion de ce qu’est leur vie) et une insulte aux vraies féministes.

Et, donc, partant simplement de ce postulat, Rosemarie Jackowski explique ce quelle pense, elle, du "mouvement féministe". Elle ne cite pas le livre du tout. Ce qui est écrit, c’est donc sa propre opinion sur le rôle des femmes.
Et son idée, à la base, est qu’au lieu de célébrer le travail des femmes dans l’entreprise, il faudrait valoriser l’"autre travail d’une femme" : celui d’élever les enfants et de s’occuper de sa famille. Parallèlement, elle soutient l’enseignement à la maison par les parents. Sheynat en a parlé de façon pertinente. (A la décharge de Rosemarie Jackowski , le système éducatif public aux Etats-Unis est à l’agonie).
D’où le flot d’idées rétrogrades qu’on trouve dans son billet.

Et c’est curieux de sa part, parce que c’est, en effet, une personne engagée par ailleurs, ce qui ne se devine pas en lisant ce billet.

En faisant des recherches, j’ai découvert qu’elle avait créé une association de défense des enfants (en 1970), qu’elle militait contre la guerre (et tous les maux qui s’y rattachent), qu’elle appelait à ne pas voter démocrate ou républicain, qu’elle appréciait Ralf Nader, en politique, et des journalistes comme Jeremy Scahill, Robert Fisk, Greg Palast, Bill Blum ou Glen Greenwald. De plus, elle soutient Bradley Manning et Julian Assange, se bat contre les OGM, défend les droits des travailleurs agricoles, est pour l’assurance-maladie universelle publique, s’intéresse tout particulièrement à la question de Diego Garcia, île du Pacifique qui a été vidée de ses habitants pour créer une base militaire, et soutient Cuba. Etc.

On trouve pire.

Et, pour finir, ce n’est, donc, pas une "grande" bourgeoise, mais disons qu’elle fait partie de la middle class. Donc, je retire "grande", que j’utiliserais plutôt pour la dirlo de facebook, formatée à Harvard.

@act : j’approuve ce que vous dites, sauf que vous ne l’avez pas attribué au bon César ;-)

@Sheynat : en effet, la traduction google est très obscure. Entre autres, elle n’est pas "évangéliste", comme on pourrait le croire, mais elle prêche pour inciter les femmes à faire carrière.

18/03/2013 15:26 par Antar

Désolé LGS, je sais que vous n’êtes pas friands du copier/coller, mais je ne saurais le dire mieux qu’Engles :

’’Engels soumet à une vive critique la famille bourgeoise. Il révèle le fondement
économique de l’inégalité des femmes alors que règne la propriété privée et montre
que la vraie émancipation des femmes passe par l’abolition du mode de production
capitaliste. Ce n’est qu’en société socialiste, note Engels, alors que les femmes seront largement associées à la production sociale, qu’une véritable égalité avec les hommes sera instaurée dans tous les domaines de la vie sociale, que les femmes seront affranchies des soucis du ménage que la société assumera à un degré croissant, c’est alors seulement que s’affirmera un type de famille nouveau, supérieur, basé sur l’entière égalité des sexes, le respect mutuel et l’amour.’’ in L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, Note de l’éditeur page 6.

18/03/2013 16:28 par legrandsoir

( ce c’est pas du copié/collé, c’est une citation. Pas pareil )

18/03/2013 17:41 par act

@TEF
merci d’avoir éclairé ma lanterne, en effet, la seule vue de ce nom ici m’emporta...
cela dit vu le fond du texte quelque soit sa plume et certains commentaires, mon emportement reste valable.

19/03/2013 00:08 par Dominique

Les femmes étant en moyenne moins bien payées que les hommes pour le même travail, le travail des femmes conjugué avec le fait qu’aujourd’hui il faut deux salaires dans un couple, n’a donc pas seulement provoqué un doublement de la force de travail globale mais aussi une diminution globale des salaires.

De plus, il est vrai que l’origine du féminisme est bourgeoise, et que même aujourd’hui, il y a toujours plus de bourgeoises que de prolétaires chez les féministes, même si ce n’est pas forcément la même forme de bourgeoisie. Je m’explique. Wilhelm Reich nous a expliqué que les prolétaires, avec le progrès introduit par la révolution industrielle, se sont embourgeoisés, et qu’ainsi faisant, ils ont adopté l’idéologie bourgeoise. Pour tirer un parallèle, je dirais que c’est comme la Santeria et les cubains. Réprimés dans leur culte, ils ont adopté le christianisme tout en le métissant avec leurs croyances. L’église romaine n’a ainsi toujours pas réussi à leur faire abandonner leurs croyances. Chez nous c’est différent. Avant la révolution industrielle, les prolétaires allaient à l’église comme les cubains, par obligation. Ainsi par exemple en Suède, quelqu’un qui n’était pas luthérien pratiquant ne pouvait pas prétendre à la citoyenneté, ceci même si ses parents étaient suédois et qu’il était né en Suède. Cela dura jusqu’au XIX siècle et la Suède fut le dernier pays d’Europe à séparer l’état de l’église dans les années 1920 et encore, seulement suite à des pressions internationales.

Mais la révolution industrielle à changé tout cela en Europe : les prolétaires s’étant embourgeoisés, beaucoup ont adopté la morale chrétienne avec tout ce que cela comporte. Ils se sont même mis à aller à l’église par conviction.

Sur le féminisme du XX siècle, certains vont même jusqu’à affirmer qu’il a été favorisé par la CIA car cette agence y voyait là un bon moyen pour diviser la société. Quoi qu’il en soit, force est de constater que certaines des tendances du féminisme sont plus adeptes de la guerre des sexes que de la lutte pour la libération sociale. Heureusement, de nombreuses femmes ont compris que le problème est une problème de société et pas un problème de genre.

Je trouve dommage que cet article n’aborde pas la question du sexe. Pas du sexe des anges mais de la satisfaction des pulsions sexuelles, concept que certainEs appelle la libération sexuelle. Reich, encore lui, nous explique qu’en adoptant la morale bourgeoise, les prolétaires ont aussi hérité des tares induites par cette morale comme les frustrations sexuelles. Un peu plus tard, William Prescott nous a expliqué que les raisons de la violence d’une société sont aux nombres de 3 :

- la privation sensorielle des nouveaux nés (ils ont besoin de preuves physiques de l’amour que leurs parents leur portent - câlins, massages, etc.)
- le manque de tolérance envers la sexualité pré-maritale (la sexualité de nos jeunes est leur affaire, et tout comme un pédophile n’a pas à leur montrer une sexualité d’adulte, les parents n’ont pas à la brimer.). C’est le point le plus importants des deux premiers points.
- les tabous véhiculés par les religions sont à l’origine directe des deux premiers points.

Ainsi Reich avait raison. Les nazis comme le gouvernement US ont fait bruler ses travaux. Quand à Prescott, à peine eu-t’il publié les résultats de ses recherches que ses crédits furent coupés.

Et y’a encore mieux, Des anthropologues comme Philippe Descola nous montrent que certains peuples des forêts humides pratiquent encore la plus ancestrale des formes de régulation de la sexualité humaine, la régulation par la satisfaction des pulsions sexuelles, et qu’il n’y a pas plus d’inceste et de sexe récréatif dans ces formes de société que dans notre société patriarcale monothéiste, en fait le contraire est bien souvent vrai.

Nous pouvons donc compéter la citation d’Engels et affirmer que "Ce n’est qu’en société socialiste, note Engels, alors que les femmes seront largement associées à la production sociale, qu’une véritable égalité avec les hommes sera instaurée dans tous les domaines de la vie sociale, que les femmes seront affranchies des soucis du ménage que la société assumera à un degré croissant, c’est alors seulement que s’affirmera un type de famille nouveau, supérieur, basé sur l’entière égalité des sexes, le respect mutuel, l’amour et la satisfaction des besoins sexuels, toutes conditions nécessaires pour libérer la société de l’idéologie bourgeoise et de ses tares que sont la frustration, la violence, le racisme et le capitalisme."

19/03/2013 11:47 par agnello

Un peu leger a mon gout cet article>

Le feminisme a vole nos femmes et nos meres pour les livrer a la societe de consommation., se liberer pour pouvoir consommer ce qu elle veulent, s habiller comme elles veulent. Elles ont change de maitre avant c etait le pere, le mari. le curee, maintenant ce sont les commercants, les medias en gros.Plus de famille, la conso et la pression sociale qui fait porte le voile a certaine, elle fait montrer ses seins a d autre sous un pretexte de liberte. Fumaient c est un symbole d emancipation avait fait croire E. Barneys pour le compte des cigarettier.
Fumait, fumait, continuer de fumer.
Le feminisme c est le corbeau et le renard, finance par des interets tout autre que celui de la femme, ceux des USA a fin de destabiliser les pays et de casser la famille et les valeur pour faire des generations de perdus bien mure pour consommer sans deranger.
( Les pussy riots est exemple flagrant de ce genre de financement et de soutient, la rapidite de reaction d Hilary clinton pour soutenir des personnes ayant baise enceinte de 8 mois en public dans un musee a moscou. Je suis certain que c est avec ce genre de valeur qu elle a eduque ca fille. c est sur !)

19/03/2013 12:05 par agnello

Le soutien des femmes envers les homo ( black, gay ca fait plus moderne plus americain quoi ! plus hilary), c est une preuve d enorme connerie, resultat de manipulation, car le degout qu a le milieu de la mode en vers les femmes est sans limite, pour eux une femme ca a max 16 ans et 45 kilo, des femmes pour ceux qu aime pas les femmes.

19/03/2013 20:59 par Anonyme

Eh ! les mecs, j’ai trouvé encore mieux que le GS :
http://www.dedefensa.org/article-talleyrand_aurait_dit__18_03_2013.html

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