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La crainte irrationnelle et raciste envers la Chine fabriquée par l’Occident (CounterPunch)

L’Irak, l’Afghanistan, la Palestine et la Libye sont en ruines, écrasés par les lourdes bottes de l’impérialisme occidental. Mais on nous dit, nous avons peur de la Chine.

Toutes les nations de l’Indochine ont été bombardées jusqu’à les renvoyer à l’âge de pierre, parce que les demi-dieux occidentaux n’étaient pas disposés à tolérer, et pensaient qu’ils ne devaient pas tolérer, ce que quelques-non-gens en Asie désiraient réellement ardemment. Viêt-Nam, Cambodge, Laos - des millions de tonnes de bombes lancées depuis les fameux B-52 , bombardements en piqué, et depuis des chasseur-bombardiers. Les bombes pleuvaient dans les champs assassinant des enfants, des femmes, et des buffles d’eau, des millions sont morts. Il n’y a pas eu d’excuses, la faute n’a pas été acceptée et il n’y a pas eu de compensation de la part des nations coupables.

L’Indonésie, leader du monde Non-aligné, avec un immense Parti Communiste constitutionnel, a été détruite par le coup d’ Etat de 1965, par l’alliance de gouvernements occidentaux, de militaires fascistes indonésiens et les élites du pays, ainsi que par des fanatiques religieux de la plus grande organisation musulmane, UN. Entre 2 et 3 millions de personnes sont mortes, y compris celles appartenant à la minorité chinoise. Professeurs, artistes, penseurs, tous assassinés ou étouffés. Dans ce cas, l’impérialisme a créé une nation soumise, presque dépourvue de base intellectuelle ; incapable même d’analyser sa propre chute.

Mais maintenant, on nous ordonne d’être conscients de l’ascension de la Chine.

L’ Amérique Latine : violée à plusieurs reprises, du Mexique à la République Dominicaine, de Cuba jusqu’à la Grenade, Panama, Haïti, Brésil, Argentine, Colombie et le Chili. Pendant des années, des décennies et des siècles. Presque tous les pays de l’Amérique Centrale et de l’Amérique du Sud, ainsi que des Caraïbes, ont été dévastés à un moment de leur histoire, par l’installation raciste et révoltante de la « Doctrine Monroe ».

Les récents putschs contre les gouvernements progressistes du Honduras et du Paraguay ont été mis en application sous le « doux leadership » du leader suprême libéral de l’Occident et « défenseur de la démocratie globale », le président Barack Obama.

Mais ils nous disent qu’il faut contenir la Chine ! Pas nous - pas l’Occident - mais la Chine.

Au Moyen-Orient, des royaumes et des émirats entiers jouent des coudes entre eux pour qui sera le collaborateur le plus servile des intérêts occidentaux, qui acceptera le plus de bases militaires des Etats-Unis d’Amérique (USA) sur son territoire, qui tuera, arrêtera ou torturera le plus de gens, opposants à la dictature globale de l’Occident.

Mais c’est la Chine, naturellement, qui met en danger de manière inacceptable le droit ancestral européen et usaméricain de régner sur le monde. Ou, pour être plus précis, le « danger » est partagé par la Chine, la Russie et l’Amérique Latine, trois lieux qui ont réussi à se libérer des chaînes occidentales et à avancer sur leurs propres chemins politiques, sociaux, culturels et de développement. Quels qu’ils soient, mais les leurs !

Mais la Chine c’est « pire », parce que ces popofs et latinos encore, ils ressemblent, au moins dans leur majorité, à des blancs. Mais imaginer que le pays le plus important du monde est fermement situé en Asie serait inimaginable, inacceptable et vraiment un sacrilège.

En Afrique, qui certes n’a pas beaucoup d’importance, dans l’état où elle est, aux yeux des multinationales et des gouvernements occidentaux, habitée par l’espèce la plus humble des « non-gens » (pour utiliser le lexique d’Orwell), d’immenses zones géographiques et culturelles ont été pillées, divisées, affaiblies, pratiquement annihilées. Des frontières ridicules ont été érigées, de grands leaders populaires comme Patrice Lumumba au Congo, ont été assassinés. Des assassins maniaques comme Paul Kagame y Museveni ont été entraînés dans et par l’Occident, armés et mis au pouvoir, ensuite ont été envoyés sur diverses missions ; pour piller et maintenir l’ordre pour le compte des intérêts occidentaux.

Le Congo a perdu environ 10 millions de personnes pendant le règne génocide du roi belge Léopold II (actuellement héros national de la Belgique, célébré par d’innombrables statues dans tout Bruxelles). Actuellement, il en perd un nombre similaire, tandis que les militaires protégés de Washington et de Londres au Rwanda et en Ouganda envahissent librement, renversent des gouvernements et pillent cette vaste nation voisine maltraitée.

La Somalie n’existe pratiquement plus, divisée par la force, et envahie régulièrement par des alliés de l’Occident, le Kenya et l’Éthiopie. Les Européens versent des déchets toxiques près de sa côte et ensuite se montrent indignés par la piraterie, une justification supplémentaire pour la militarisation continue de toute la région. L’« orgueilleuse Cuba africaine » - l’Érythrée - est torturée par des sanctions ; tandis que le pays/base militaire de Djibouti a été glorifié et gâté, transformé en symbole frustré et grotesque du militarisme français et US, de l’impérialisme occidental, dans la région où est né le genre humain.

En Afrique de l’Ouest, en Algérie, en Angola et en Namibie, au Congo et en Somalie, et dans des douzaines d’autres pays en Afrique, des dizaines de millions de personnes ont été massacrées par les impérialistes occidentaux aux XXe et XXIe Siècles. Et le compte horrible ne fut pas meilleur dans les temps précédents, avec un holocauste direct contre les populations natives, avec des génocides comme celui réalisé par les Allemands dans ce qui est maintenant la Namibie, avec l’esclavage, la torture, les viols et le mépris total pour les vies humaines non blanches.

Mais cela a-t-il permis que les nations occidentales soient plus humbles, réfléchies et apologétiques ? Existe-t-il au moins, un certain pathos de faute profonde qui cause un espoir de réconciliation globale ? Non, loin de cela ! Il n’y a pas de remords à Londres, à Paris, à Berlin, à Bruxelles et Washington, sur le territoire français, au Middle West ou au Sud des USA. Ou s’il existe, il est rassemblé dans de petites zones, surtout urbaines, coupées du courant dominant.

Mais ils accusent la Chine maintenant de « faire des affaires » avec des dictateurs africains ! Et l’appareil de propagande occidental, les médias d’information locaux, propriété et « formés » par l’Occident, fabriquent, gonflent et implantent la responsabilité de la Chine dans les cerveaux des gens dans le monde entier.

Par exemple, un accident minier en Zambie. Chaque fois qu’une compagnie chinoise est impliquée, la situation est exagérée jusqu’à prendre des proportions terribles. Le résultat est que des douzaines de personnes mortes à cause d’une négligence sont mises au même niveau que des douzaines de millions morts à cause de l’impérialisme sauvage occidental, la traite des esclaves, le colonialisme et le néo-colonialisme.

Les mêmes tactiques de propagande sont utilisées partout dans le monde. Par exemple, l’Institut Goethe de Jakarta, en Indonésie a, il n’y a pas longtemps, organisé une exposition de photos de travailleurs polonais à Gdansk dans des heurts avec la police, au temps de Solidarnosc. Où quelques personnes sont mortes. Mais l’Institut Goethe n’organise pas d’expositions commémorant les millions de communistes, d’athées, d’intellectuels et de chinois qui sont morts en 1965 et après en Indonésie ! C’est presque comme dire : « Voyez, ces 3 millions d’indonésiens ont eu à être sacrifiés, pour empêcher le scénario dans lequel 30 personnes sont mortes plus tard en Pologne ». Une logique intéressante. Mais, appuyée par des montagnes d’argent : cela fonctionne !

En Océanie - en Polynésie, Mélanésie et Micronésie - les britanniques, les usaméricains, les français, les espagnols, les allemands et d’autres maîtres coloniaux [hollandais, portugais, etc], ont écrasé et ensuite remodelé l’univers complexe qui jusque là appartenait aux personnes de haute lignée qui habitaient des dizaines de milliers d’îles, d’îlots et atolls du Pacifique Sud.

Les habitants locaux effectivement ont été mis en esclavage ; leurs royaumes, leurs entités géopolitiques ont été premièrement divisées en colonies et ensuite en Nations-États. Leurs leaders ont été assassinés, ignorés, menacés et finalement corrompus et achetés.

Les nations occidentales ont livré batailles pour les îles, ont réalisé des expériences nucléaires aux dépens des locaux, et ensuite ont inventé une soi-disant « doctrine de dissuasion stratégique », pour s’assurer qu’aucun bateau « ennemi », qu’aucune idée inadéquate ou idéologie anti-impérialiste n’entrerait dans cet univers terrible, qui s’étend sur une interminable aire d’eau.

Enfin ils ont construit des bases militaires immenses ; étasuniennes, britanniques et françaises ; ils ont déchargé toutes sortes de déchets toxiques et des atolls protégés comme Kwajalein, ont été transformés en terrains d’essais de missiles.

Déchets, radiation, mal-bouffe ; tout a conduit à d’innombrables urgences médicales qui ont pris une telle dimension que seuls le changement climatique et l’inévitable conséquence de l’augmentation du niveau de la mer ont pu être considérés de manière réaliste comme une menace majeure pour la survie des habitants et des États d’Océanie.

J’ai vécu dans le Pacifique Sud pendant plus de 4 ans, j’ai voyagé et j’ai travaillé dans tous les pays de la région, excepté à Nioué et Nauru. J’ai écrit au sujet de la lutte des insulaires qui habitent le Pacifique Sud dans mon essai « Océanie » .

Plusieurs pays - le Kiribati, les àŽles Marshall, les États Fédérés de la Micronésie, ainsi que différents îles et atolls qui appartiennent maintenant à d’autres États - deviennent rapidement inhabitables. L’eau de mer passe à travers leurs zones de basse altitude et la végétation meurt.

L’ Occident, responsable de la plupart de la contamination, de l’émission de dioxyde de carbone et du réchauffement climatique, n’a presque rien fait pour sauver ces pays de la disparition.

L’aide extérieure que donnent les Etats-Unis, l’U.E., l’Australie et la Nouvelle-Zélande, est souvent aussi nuisible que les gaz toxiques eux mêmes. On l’utilise d’habitude pour corrompre les fonctionnaires des administrations locales ; pour les promener en avion dans le monde, en enracinant la soi-disant « mentalité per-diem ». Soumis et corrompus, les gouvernants locaux ne demandent pas de vraie compensation ni de réelles solutions pour leurs pays qui souffrent. L’ « aide extérieure » est aussi utilisée pour payer des experts étrangers afin qu’ils visitent, « analysent » et écrivent d’innombrables et presque toujours inutiles rapports. Tout cela, seulement pour créer le sentiment que quelque chose est fait ; et pour s’assurer de ce qui ne sera jamais fait !

Les gens de l’Océanie ne veulent pas qu’on les déplace ; la majorité veut lutter pour la survie de leurs îles. J’ai parlé avec eux : à Kiribati, au Tuvalu, FSM, RMI et dans d’autres endroits. Mais l’Occident et les administrations locales insistent sur des projets stupides d’évacuation, pour de nombreuses mauvaises raisons.

A un certain moment, la Chine a commencé à aider, avec l’esprit d’internationalisme ; comme un pays socialiste doit le faire. Elle s’est mise à l’oeuvre et a commencé à construire des écoles, des hôpitaux, des édifices gouvernementaux, des routes et des stades ; ainsi que des murs de protection et d’autres infrastructures lourdes pour défendre les zones peuplées en danger.

L’ Occident a attaqué tout de suite tous ces efforts, en injectant du nihilisme et rendant vil tout ce qui était pur et décent. La première étape de la propagande occidentale, la même qui a été utilisée en Afrique et dans d’autres endroits, fut une bordée de messages négatifs comme quoi la Chine « ne fait jamais quelque chose par altruisme » ; elle poursuit simplement ses propres intérêts ténébreux et ses intentions égoïstes.

Les constructions « philosophiques » et de propagande sont prévisibles et simples :

« Si nous sommes des ordures, si notre culture nous envoie piller et réduire le monde en esclavage, il faut convaincre l’humanité de ce que les autres ont la même essence que nous. De cette façon, ce que nous faisons ne sera pas considéré extraordinaire. Nous sommes tous humains, de toute façon ! »

Ce sont des ordures, bien sûr, et même des personnes comme Gustav Jung ont considéré la culture occidentale comme exceptionnellement agressive, une sorte de pathologie. Mais, comme des propagandistes occidentaux comme Joseph Goebbels et Rupert Murdoch l’ont souvent prouvé, si la propagande se répète mille fois et que nous corrompons et payons assez de sujets dans le monde entier pour qu’ils répètent ce que nous leur disons, les ordures deviennent des diamants reluisants de véracité, et éventuellement une indubitable sagesse commune.

Mais retournons à la Chine et à l’Océanie :

Quand la guerre éclair pour discréditer la Chine n’a pas donné de résultat, ou tout du moins a échoué dans les pays qui bénéficiaient de l’aide chinoise, l’Occident a inventé une stratégie singulière : il est allé à Taipei et a commencé à « encourager » Taiwan pour qu’ « il s’implique ». Les taïwanais étaient disposés et disponibles et ont commencé à offrir des pots-de-vin aux dirigeants de l’Océanie, en échange de la reconnaissance de Taiwan comme pays indépendant. Dès que Taiwan fut « reconnu », quelque chose que même les USA ou l’UE se refusent à faire, dans la plupart des cas la Chine fait des représailles en rompant les relations diplomatiques.

Et tel était, indubitablement, le plan des rusées et anciennes puissances coloniales.

Tandis que les pays qui n’ont pas abandonné la Chine, comme Samoa, ont obtenu leurs digues marines protectrices, stades et édifices du Parlement construits en solidarité et avec l’optimisme socialiste, des pays comme le Kiribati, un endroit que l’on pourrait facilement décrire comme l’un des vrais cas perdus de l’Océanie, ont été inondés du nihilisme infligé par Taiwan. L’argent est arrivé, mais pas jusqu’aux gens ; mais dans les poches profondes du gouvernement.

Tandis que de petits pays entiers de l’Océanie sont près de l’extinction, leurs dirigeants, en majorité éduqués et formés en Australie et aux USA, sont occupés en vendant leurs votes aux Nations Unies : en votant l’appui à l’occupation de la Palestine par Israël, l’appui aux invasions des USA dans le monde ou contre les résolutions écologiques qui pourraient avoir un effet positif direct sur la situation de leur propre pays.

« Un jour une équipe de la télévision israélienne m’a coincé », m’a raconté un prêtre dans la capitale des États Fédérés de la Micronésie (FSM). « Le public israélien voulait savoir : qui sont ces créatures qui votent constamment en appui à Israël, aux côtés des USA et contre tout le monde ? »

Eh bien : ce sont les mêmes qui reçoivent les cuirassés taïwanais et leurs équipages qui jouent les hymnes nationaux sur les plages, et défilent partout comme des maniaques, en levant des drapeaux !

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Et, à propos, ceux qui pensent que la Chine ne peut pas agir avec altruisme, devraient lire Fidel Castro et ses mots reconnaissants et puissants, en décrivant comment Cuba a été sauvé par la nation chinoise, après l’attaque de démence de Gorbatchev et l’orgie alcoolique exaltée de Eltsine, encouragée par l’Occident, avec la destruction de l’URSS et quelques terribles années de pillage du monde sans opposition par l’Empire Occidental, en conséquence.

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Quand les médias chinois m’interviewent, ils me posent souvent la même question : « Que peut faire la Chine pour apaiser l’Occident ? »

Et ma réponse est toujours la même : « Rien ! »

La propagande occidentale ne cherche pas objectivement à analyser la Chine ; elle ne cherche pas la bonne volonté de la Chine. Elle existe pour déformer et pour abîmer tout pays qui insiste sur son propre modèle de développement, pour servir son propre peuple au lieu de succomber docilement aux intérêts de l’Occident et à ceux des compagnies multinationales.

L’ Occident essaie de détruire la Chine socialiste comme il a essayé de détruire le Viêt-Nam durant ce qu’on appelle en Asie « La guerre étasunienne ». De même qu’il a fait un effort terrible pour ruiner Moscou, immédiatement après la Révolution de 1917, jusqu’à la fin. Comme il a essayé de détruire tous les pays qui ont persisté dans leurs propres principes : Cuba, Égypte, Indonésie, Chili, Nicaragua, Érythrée et Iran avant le Shah, pour en nommer seulement quelques uns.

Certains, comme la Corée du Nord, ont été d’abord rasés et ensuite amenés aux extrêmes, les obligeant à se radicaliser pour après les ridiculiser et pour les exhiber sur les écrans de télévision comme un exemple monstrueux de pays gagá.

C’est évident ce que l’Occident veut faire avec la Chine, et ce n’est pas si différent de ses desseins lors de la « Guerre de l’Opium ». La scène parfaite serait une nation qui n’en est pas une, séparée et soumise, admiratrice d’Occident. Le meilleur gouvernant serait une espèce de Eltsine chinois disposé à trahir, à dépecer le pays, à l’ouvrir aux oligarques et aux intérêts étrangers, à annuler toutes les aspirations sociales et à attaquer avec des bombes le Parlement plein de représentants du peuple qui croient encore au socialisme.

Alors nous pourrions « faire des affaires avec la Chine », et lui donner un plein appui idéologique et de propagande.

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Mon conseil habituel aux médias chinois est : « Utilisez les chiffres ! Les chiffres sont avec vous ! »

Mais il semble que l’équipe de propagande de la Chine n’est pas à la hauteur des apparatchiks occidentaux.

La Chine est trop timide, trop molle, comme l’est en réalité tout le monde, en comparaison de ces gangsters politiques et économiques occidentaux.

Avec une série de coups fatals, l’Occident peut bombarder un pays, empoisonner ses habitants avec de l’uranium appauvri, imposer des sanctions qui tuent des centaines de milliers de femmes et d’enfants sans défense, ensuite recommencer à bombarder le lieu, l’envahir, le piller et s’assurer que ses propres entreprises gagnent des milliers de millions de dollars dans un processus de reconstruction qui ne montre en réalité aucun résultat concret.

Une attitude semblable ne peut être comparée à aucune ; ni à la Chine ni à l’Union Soviétique, qui s’est toujours assurée de que ses États satellites avaiient des niveaux de vie supérieurs à ceux de Moscou.

***

Si la Chine ne le fait pas, je le ferai brièvement. Utilisons des chiffres et montrons au monde, notamment à ces citoyens occidentaux « préoccupés » de comment va réellement la Chine. Comparons. Et faisons-le sur une base par tête, l’unique chemin juste.

Combien de gens ont été assassinés par l’Occident au-delà de ses frontières depuis la Deuxième Guerre mondiale dans le Monde Arabe, en Asie Pacifique, en Afrique, en Amérique Latine, en Océanie ?, en réalité presque partout. J’ai calculé, et mon calcul a minima est entre 50 et 60 millions. Plus de 200 millions dans des actions indirectes.

La Chine, quelques milliers de personnes dans son invasion punitive et erronée du Viêt-Nam, après que le Viêt-Nam ait libéré le Cambodge des Khmers Rouges. Mais c’est le pire que la Chine ait fait ! Et elle s’est rapidement retirée. Et n’a jamais bombardé le Viêt-Nam jusqu’à le renvoyer à l’âge de pierre !

Par conséquent, supposons que l’invasion chinoise a coûté 10 000 vies, l’Occident a tué au moins 5 000 fois plus gens que la Chine. Simples mathématiques : non ?

Combien de gouvernements ont été renversés par l’Occident, y compris ceux qui ont été choisis dans des processus démocratiques soigneux et enthousiastes ? Je n’ai pas la patience de les mentionner tous : Nicaragua, Chili, Brésil, République Dominicaine, Indonésie, Iran, Zaïre, Paraguay et des douzaines d’autres. On a simplement détruit tout gouvernement qui n’était pas approuvé par les entreprises et hommes politiques occidentaux.

La Chine : zéro. L’Occident a réellement donné de grandes leçons de démocratie au monde !

Mais continuons nos comparaisons.

Qui utilise son veto contre les résolutions des Nations Unies sur la Palestine et d’autres sujets internationaux cruciaux ?

Qui se place en dehors de la portée des tribunaux internationaux de justice, en menaçant même d’envahir la Hollande dans le cas où on fait comparaitre ses citoyens devant la cour internationale de La Haye ?

Qui est le plus grande contamineur, par tête ? La Chine n’est même pas comparable avec les nations scandinaves, et elle devient la deuxième menace écologique, après les USA, seulement si on raisonne en valeurs absolues, une manière très étrange d’utiliser les statistiques. Pour utiliser la même logique, on finirait par dire que : « il y a plus de personnes qui fument en France qu’à Monaco ».
Même l’ex vice-président des USA, Al Gore, dont on ne peut pas dire qu’il soit un amoureux de la Chine, a écrit que la Chine a des lois de protection environnementale plus dures que les Etat-Unis d’Amérique.

Mais revenons à la défense, cette « menace » que la Chine, à ce qu’on suppose, porte au reste de monde.

Selon l’Institut international de recherches pour la paix de Stockholm (l’Annuaire SIPRI 2012), avec une population de 315 millions, les USA investissent (officiellement) près de 711 milliards de dollars dans des dépenses militaires. Beaucoup d’analystes insistent sur le fait que le chiffre est en réalité 1 billion [million de millions] de dollars ; d’autres disent que le montant est même supérieur à cela, mais il est incalculable à cause d’une interaction opaque et complexe entre le gouvernement US et le secteur privé. Mais basons-nous sur les chiffres officiels et acceptons, comme argument, le calcul le plus bas de 711 milliards de dollars.

Les proches alliés des USA sont aussi tous des grands dépensiers ; tous acquièrent ardemment leurs bombes nucléaires, missiles et avions de chasse : le Royaume-Uni avec 63 millions de personnes dépense 62,7milliards de dollars pour la « défense ». La France avec 65 millions de personnes, dépense 62,5milliards. Le Japon avec 126 millions, débourse 59,3 milliards de dollars, bien qu’officiellement il n’ait même pas d’armée. Deux des alliés les plus proches de l’Occident au Moyen-Orient, sont encore plus radicaux :

L’ Arabie Saoudite avec une population de 28 millions dépense 48,2 milliards de dollars, et Israël avec une population de seulement 8 millions, dépense 15 milliards de dollars, un montant proportionnellement similaire.

La Chine, le pays le plus habité du monde, avec 1 ,347 milliard de personnes, dépense 143 milliards de dollars, à peu près autant que le Royaume-Uni et la France réunis : mais avec une population à plus défendre 10 fois supérieure !

Par tête, les Etat-Unis d’Amérique dépensent en défense plus de 21 fois plus que la Chine. Le Royaume-Uni plus de 9 fois et l’Arabie Saoudite plus de 16 fois.

Et il faut se demander : De qui se « défendent » la France et le Royaume-Uni ? Peut-être être de l’Andorre, de Monaco ou de l’Irlande ? Ou peut-être encore de ce morceau lointain de l’Europe, l’Islande ?

A l’inverse, la Chine, qui a été attaquée à plusieurs occasions ; fut occupée, colonisée et pillée par des puissances occidentales, en particulier par le Royaume-Uni et la France (dont la barbarie du pillage de Pékin fut légendaire), et fait face à des centaines de bombardiers stratégiques et de missiles nucléaires, pointés depuis les bases d’Okinawa et de Guam, par les flottes US de la région et depuis les bases des ex colonies voisines d’Asie centrale de l’ancienne Union soviétique.

Les USA, en défi à la constitution des Philippines, mènent des exercices militaires sur la base Clark et dans d’autres installations militaires sur le territoire de leur ancienne colonie. Il a une forte présence militaire en Corée du Sud, à seulement quelques pas de la Chine, et fait des propositions ouvertes et dissimulées au Viêt-Nam, essayant, étrangement, de louer certains de leurs anciennes bases, qui ont été utilisées pour la dernière fois pendant la guerre contre eux. Et ce n’est pas un secret que la Mongolie est maintenant l’une des alliées les plus inconditionnelles des occidentaux, avec des milliers de kilomètres d’une longue frontière avec la Chine.

Qu’est-ce qui justifie des dépenses militaires si différentes entre l’Occident et la Chine ?

La réponse est : Rien ! Comme dans le cas de la « Doctrine Monroe » l’Occident n’a pas besoin de justifications ridicules. Sa présomption de supériorité raciale et culturelle, non exprimée mais assumée, semble suffire pour faire taire tous les sceptiques et critiques intérieurs.

Les élites, « intellectuels » et médias de la plupart du monde ont été entraînés et payés s’agenouiller et baisser la tête devant cette farce évidente mais indubitable.

Que suis-je entrain de faire ? Formuler ces questions est non seulement considéré comme inacceptable en Europe et aux Etats-Unis : c’est insolent !

Et la Chine, souvent victime d’agressions occidentales, se trouve maintenant sur la défensive, accusée de « démontrer son pouvoir », malgré son budget de défense disproportionnellement bas et presque sans histoires d’invasions et d’impérialisme.

***

La Chine représente une menace, tandis qu’elle se positionne épaule contre épaule avec la majorité des nations progressistes latinoaméricaines et avec la Russie, bloquant des résolutions de l’ONU faites pour ouvrir la porte à l’invasion occidentale de la Syrie.

Aux yeux du régime occidental, la tentative d’empêcher une invasion équivaut à un crime suprême, presque similaire au terrorisme. Les pays qui représentent un obstacle sont vilipendés, en utilisant la propagande la plus virulente.

Il faut rappeler que la même rhétorique fut utilisée par l’Allemagne nazie, pendant la guerre. Membres de toute la résistance, guérilleros et forces d’opposition étaient traités de terroristes. Et qui peut oublier les graves insultes réservées aux nations qui allaient être attaquées ? Ou à l’Union soviétique qui a affronté les nazis et fini par les battre !

Selon mes investigations dans la région, les forces occidentales entraînent non seulement l’ « opposition syrienne », mais aussi les djihadistes et mercenaires saoudiens et qataries, dans des lieux dénommés « camps de réfugiés » en Turquie, près de Hatay, et dans la base de la force aérienne US dans l’Adana.

Mais qui pardonnera à la Chine, la Russie et à l’Amérique Latine qui essaient d’empêcher un autre scénario horripilant dans le style libyen ?

Et après, nous avons, ces àŽles Spratly, cette prouesse de la propagande occidentale.

Les îles Spratly pourraient être en réalité l’unique preuve que la Chine est entrain de « montrer son pouvoir », ou qu’elle est disposée à défendre ses intérêts.

Le gouvernement des Philippines, une ex colonie US, est à l’avant-garde des fermes critiques dirigées contre la Chine.

Je me suis entretenu avec des universitaires philippins, d’importants experts à Manille, et j’ai réussi à interviewer plusieurs d’entre eux.

Les opinions étaient en général similaires, résumées par Roland G. Simbulan, chercheur et professeur d’Études de Développement et d’Administration Publique à l’Université des Philippines, qui a expliqué :

« En parlant franchement, ces àŽles Spratly ne sont pas importantes pour nous. Ce qui arrive est que nos élites politiques sont évidemment encouragées par les USA pour provoquer la Chine, et il existe aussi une grande influence des militaires étasuniens sur nos forces armées. Je dirais que les militaires philippins sont très vulnérables à ce type d’ « encouragement ». Par conséquent les USA nourrissent constamment ces attitudes antagoniques. Mais continuer avec ce type d’attitude pourrait être désastreux pour notre pays. Avant tout, nous sommes tout près de la Chine, géographiquement et en général ».

Au Viêt-Nam, les Etats-Unis exploitent clairement des rivalités anciennes, créant une inimité entre deux États socialistes.

***

Et ensuite le sujet des droits de l’homme.

A nouveau comparons.

Il y a plus de gens dans les prisons aux USA qu’en Chine. Pas seulement plus, mais incomparablement plus.

Selon le Centre International d’Études Pénitentiaires, les Etats-Unis d’Amérique ont plus de personnes en prisons, que toute autre partie du monde : 730 pour 100 000 habitants ! Sur 221 pays et territoires dont des données ont été obtenues, la Chine se trouve à la 123ème place, avec 121 prisonniers pour 100 000 habitants. Six fois moins que les USA, et même moins que le Luxembourg (qui occupe la 120ème place avec 124 prisonniers pour 100 000 habitants) ou l’Australie (qui occupe la 113ème avec 129 prisonniers pour 100 000 habitants).

C’est un fait connu qu’aux USA nombre de prisons sont privatisées et qu’on gère les prisonniers en réalité comme main d’oeuvre gratuite ou bon marché. Si ce n’est pas une violation des droits de l’homme, maintenir des millions de personnes en prisons pour des délits de peu d’importance, seulement pour remplir les coffres d’entreprises privées : qu’est-ce qui l’est ?

La torture est acceptée et utilisée par les interrogateurs US par tout dans le monde.

La Chine exécute encore plus de personnes qu’aux USA, même sur la base par habitant, ce qui est déplorable, mais la quantité d’exécutions diminue en Chine, car le nombre de crimes punis de mort se réduit.

Mais tandis que la peine capitale en Chine est fréquemment mentionnée en référence avec les violations des droits de l’homme, rarement l’on signale que les USA réalisent des exécutions extrajudiciaires dans différentes parties du monde, dont l’Afghanistan et le Pakistan, etc. où ils utilisent des drones, pour attaquer arbitrairement des présumés terroristes, y compris des femmes et des enfants.

Et le dernier argument de propagande, le Tibet ? Si nous comparons la situation à celle des territoires régis par des alliés occidentaux, comme l’Indonésie et l’Inde, nous arrivons à des conclusions très inconfortables.

Le régime de l’Inde au Cachemire peut être décrit seulement comme une vraie boucherie ; le régime indonésien chez les Papou, avec plus de 120 000 morts (un calcul a minima) ne se ne se différencie en rien d’un génocide.

Mais l’Inde et l’Indonésie ne sont jamais été décrites comme des nations qui devraient changer leur histoire de violations brutales des droits de l’homme. On ne décrit pas non plus les nations occidentales en fonction de leurs innombrables crimes contre l’humanité sur tous les continents.

Les droits de l’homme sont il valables seulement pour ceux qui vivent à l’intérieur d’un pays ? Ne sont-ils pas « humains », les 50, 60 ou 200 millions que l’Occident a assassinés, surtout dans des pays pauvres ?

Il est ridicule d’affirmer que le racisme ne joue pas un rôle dans la façon de montrer la Chine.

J’ai les amis, qui sont par ailleurs des hommes et femmes sensés et progressistes, qui, quand la Chine est mentionnée, n’écoutent plus et commencent à crier : « Non, je ne veux pas aller dans ce pays. C’est terrible ! »

Des communistes, des socialistes, ou des capitalistes, la réussite des nations asiatiques ne se prend jamais à la légère en Occident.

Qui pourra oublier les sarcasmes et la « méfiance » dirigés vers le Japon quand il a dépassé, économiquement et socialement la majorité des nations européennes. Et jusqu’à présent, quand quelqu’un mentionne que Singapour a beaucoup d’indicateurs sociaux qui sont meilleurs que ceux de l’Australie, il est immédiatement reçu par des arguments détournés, dirigés vers la ville-État tropicale.

Singapour et le Japon sont de fidèles alliés occidentaux et des économies de marché hautement développées intégrées dans le système capitaliste mondial.

La Chine est différente. Elle développe son propre modèle ; elle ouvre et crée son propre chemin à travers un territoire inconnu. Elle n’est pas disposée à se soumettre aux des ordres des autres. Elle est trop grande, sa culture est trop ancienne.

Dans le passé, comme le Japon, la Chine s’était fermée, vivant en son propre domaine, jamais agressive envers les autres, et sans ambitions expansionnistes.

Les occidentaux sont arrivés et l’ont obligée à s’ouvrir. Ce qui est survenu ensuite furent des bains de sang et des tromperies, de la confusion et une longue période d’humiliation nationale et de marasme.

Ensuite est venue la lutte pour l’indépendance et la révolution. Non sans difficultés, ni sans problèmes, mais la Chine a recommencé à grandir, elle a commencé à se mettre debout, éduquant son peuple, fournissant logement et santé aux pauvres.

Elle a suivi son propre chemin ; un mode complexe d’équilibre entre sa propre culture et les conditions mondiales, entre le socialisme et la réalité capitaliste qui domine le monde.

Elle a subi quelques revers mais a connu bien d’autres réussites. Et en réalité, elle n’a pas réellement « grandi » ; elle a seulement commencé à récupérer sa juste place dans le monde, un endroit qui lui a été refusé durant tant de temps, après des années de pillage et d’invasions affaiblissantes.

C’est en général une nation bénigne habitée par gens de bon coeur. Presque tous ceux qui connaissent la Chine sont d’accord.

Mais c’est aussi une nation extrêmement déterminée et orgueilleuse. Elle est savante et cherche l’harmonie, est toujours disposée au compromis.

Essayer de la coincer, de la provoquer, de l’attaquer, serait inique, presque suicidaire. Cette fois la Chine ne cédera pas, pas quand cela relève de sujets essentiels. Elle est encore fraîche, la mémoire de ce qui est arrivé quand elle l’a fait.

L’ Occident, figé par la crainte qu’ il pourrait perdre les privilèges du dictateur, fait l’impensable : mettre une barre en fer dans la bouche du dragon. Ici en Asie, les dragons sont respecté et aimées, ce sont des créatures mythiques de grande sagesse et pouvoir.

Mais les dragons peuvent aussi être cruels quand se brise la bonne volonté et les envahisseurs menacent de dévaster la nation.

La Chine grandit et essaie de comprendre le monde, d’interagir avec lui. Son peuple s’enthousiasme pour ce qu’il voit ; il veut gagner des amis.

L’ Occident joue l’antagonisme : recommence à provoquer une course aux armements, utilise la propagande la plus virulente, corrompt des nations entières en Asie et en Océanie pour qu’elles adoptent une position anti-Chine.

Il est compréhensible que l’Occident n’ait pas sacrifié ces millions de personnes, partout dans le monde, seulement pour abandonner son contrôle dictatorial et exclusif du pouvoir. Il n’a pas détruit de douzaines de pays qui cherchaient la liberté, n’a pas bombardé de dizaines de millions des personnes, pour céder maintenant.

A l’avenir on ne peut pas exclure un affrontement, et qui sera le coupable est évident.

La Chine n’abandonnera pas son chemin. Il n’y aura pas de Eltsine chinois. Après s’être montrée ferme, la Chine fournit un exemple au monde.

Au moment où j’écris ces mots, l’Amérique Latine résiste et gagne. La Russie résiste tandis qu’elle cherche sa propre direction. Les autres peuvent si joindre. L’ Afrique rêve de résistance, mais n’ose pas encore ; elle est encore trop blessée. Les pays arabes osent, mais n’ont pas encore décidé dans quelle direction orienter leurs rêves.

Mais le mécontentement augmente avec les bottes qui écrasent la liberté. Et la Chine n’est pas celle qui les chausse.

L’irrationalité et le racisme de l’Occident peuvent être contre-productifs.

Andre Vltchek

Titre original : « What’s the Big Deal ? The Irrational, Racist Fear of China »

CounterPunch. USA, 4 - 6 janvier 2013

Traduit pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo . Paris, le 9 janvier 2013

Andre Vltchek, romancier, cinéaste et journaliste d’investigation. Il a couvert des guerres et des conflits dans des douzaines de pays. Son livre sur l’impérialisme occidental au Pacifique Sud s’intitule « Océania ». Son livre provocateur sur l’Indonésie post Suharto et son modèle fondamentaliste de marché s’intitule « Indonésie : The Archipelago of Fear ». Il a récemment produit et dirigé le documentaire Rwandan Gambit, de 160 minutes sur le régime pro occidental de Paul Kagame et son pillage de la République Démocratique du Congo, et One Flew Over Dadaab sur le plus grand camp de réfugiés du monde. Après avoir vécu de nombreuses années en Amérique latine et en Océanie, Vltchek vit et travaille actuellement dans l’est de l’Asie et en Afrique.

COMMENTAIRES  

16/01/2013 11:29 par Eric

bonjour

bravo aux traducteurs. Quel boulot ! et merci de nous permettre d’accéder à des articles aussi intéressants. Le site Counterpunch est excellent

Eric Colonna

16/01/2013 12:44 par Maxime Vivas

Cet article est très long, parce que très documenté : son défaut et sa qualité sont ainsi mélangés.
Quel travail !
Quelles remises de pendules à l’heure !

Bravo et merci à nos amis d’el Correo.

16/01/2013 19:22 par Anonyme

Un dossier à charge imparable, précis, argumenté, minutieux. L’une des raisons qui pousse le monde capitaliste, coupable de toutes ces horreurs, dans sa fuite en avant criminelle est peut-être celle-là justement : éviter de comparaître devant le tribunal de l’Histoire.

16/01/2013 23:41 par christian

Bravo. Rien à redire, c’est parfait, clair, précis, condensé et vérifiable.
Non seulement la Chine est capable d’altruisme, mais l’occident en est lui incapable : seul compte l’intérêt.
L’ennemi numéro 1 de l’humanité sont les males blancs, dont le racisme fait partie de l’ADN, ainsi que les assimilés au dits blanc, que ce soit par naiveté ou par intérêt.

16/01/2013 23:49 par Lionel

A propos de pendules à l’heure il me semble important de dire toute la vérité et rien que la vérité !
La Chine est le pays où la désertification en cours est la plus spectaculaire.
Parmi les causes il y a la disparition des paysans déplacés par millions dans les villes comme main-d’oeuvre pas chère et non spécialisée particulièrement fragile puisque réfugiés.
Les nuages récurrents de pollutions mélangés aux particules poussiéreuses sur la région de Pékin est aussi une réalité, les populations sont extrêmement exposées aux contaminations de polluants et la main-d’oeuvre également.
Les cités fantômes que la Chine a bâties sur son territoire et un peu partout sur le continent africain sont un bel exemple de gâchis environnemental.
En Afrique aussi ils achètent des terres arables par millions d’ha, pensant ainsi se prémunir contre une dépression alimentaire puisque leurs terres sont pourries et stériles par des pratiques agronomiques de type soviétique.
La Chine s’est rendue prisonnière de son enclin à une large participation au monde néolibéral, actuellement elle n epeut en effet se passer de l’Occident comme celui-ci ne peut se passer des importations de tous les produits manufacturés chinois.
La Chine est le plus gros possesseur de valeurs étasuniennes en devises, ils ont pris place à la tête de banques internationales, de consortiums et transnatinales, ils ont pris une position majeure en matière de recherche médicale...
Tout ça pour quoi ?
Honorer le dieu PIB ?
Montrer à l’Occident qu’ils peuvent jouer mieux que nous ?
Non ! La Chine est au même régime que la totalité des pays riches ou en passe de le devenir, ils ne se fixent pas d’avenir au delà du néolibéralisme et de l’enrichissement individuel.
Les contrats que la Chine a passés avec un certain nombre de pays d’Afrique qui incluent l’exploitation minière, la construction de grands ouvrages, les infrastructures routières et industrielles... ont tous fait appel à la MO chinoise, les locaux n’en ont pas bénéficié.
De même au Brésil, de même partout où la Chine prend position il n’y a pas la moindre différence d’avec la Françafric, les étasunis et ses valets, que l’on pense que la Chine est socialiste et se comporte comme telle me rappelle les arguments des camarades quand je leur racontais la Bulgarie des belles années soviétiques ( un satellite comme le dit l’auteur ) et l’on voudrait nous faire avaler que la Russie prenait soin de ses satellites, à des personnes comme moi qui ont été des témoins directs de la quasi-famine permanente qui régnait à Sofia, les vitrines rigoureusement vides dès 9h du matin, les usines détraquées émettant des fumées de volcans, des forêts grillées sur pied ( pas brûlées ) à grands coups de défoliants par avion, la peur au ventre permanente de mes amis qui redoutaient de se faire mettre en prison pour héberger un étranger et se voir exclu de l’université...
Allons, le principe de ce texte n’est pas contestable mais je lui trouve des relents d’un je-ne-sais-quoi de pas digéré des espoirs perdus très légèrement partisan et pas vraiment objectif...

17/01/2013 07:56 par Anonyme

Mais c’est bien sur !!.....................Suis je bète , c’est un passeport chinois qu’aurait du demander Depardieu !
Comment ne pas m’etre aperçu avant , de l’humanité , de la justice et de la fraternité chinoise !!!!!
.......................encore de la pure propagande sino-pekino-mandarinoise chiffres à l’appuie !
Si vous vouliez me faire choisir entre des amibes au teint jaune et yeux bridés et celles aux yeux bleu et cheveux blond c’est plutot raté !
Moi perso , les amibes aux chiottes et je tire la chasse , pas d’jalouses !!!!!!!!!
Quant au travail fournit , la quantité n’a jamais rimée avec qualité ................... sauf en amour !!!!!!!!!!!!!! La preuve en chiffres : des pyramides , des cathédrales , des centrales atomiques , des murailles de chine , on en chie tous les matins ............... ; ben vous savez quoi , ça pue !
SVP trouvez autre chose .................j’suis sur que vous en etes capables ....................parce qu’entre nous , comme un colon qui ne voyait vraiment pas ou était le mal de faire un abat jour avec le scalp d’un indien , un chinois sera tout ragaillardi de se laver le cul avec le savon extrait de ta graisse après t’avoir fait bouillir !

17/01/2013 08:49 par Maxime Vivas

Les lecteurs du GS apprécieront la rupture de ton et d’argumentation entre l’article donné à lire et ce commentaire. Il est à prévoir que d’autres viendront, de la même veine.

Un jour (le 1er avril ?) LGS publiera peut-être en le présentant comme un article signé d’un pseudo, un rapport du FMI ou de la Banque mondiale, ou de l’UNESCO, ou du PNUD, FAO, OMS , etc., sur un pays qui agace les USA .
Vont alors se déchaîner contre le bourrage de crâne, les lecteurs occasionnels du GS gavés d’informations impartiales par leurs médias payants...

En attendant, on parle trop peu de la Chine sur ce site alors que tout ce qu’il faut savoir pour avoir peur de ce pays et le vomir est assez dit dans les médias.

A suivre (calmos).

17/01/2013 08:29 par CN46400

@ Lionel
L’activité de la Chine à l’extérieur a au moins une différence par rapport à celle de tous les pays occidentaux ; à savoir le non recours à la force ou à la menace militaire. Pas de base militaires hors de Chine ! Par contre il devient peut-être intéressant d’envisager, pour le capital occidental, une sortie de sa crise par une démolition des forces productives chinoises. Comme entre 41 et 45 on a démoli les industries allemande et japonnaise.

Quand aux rapports passés entre "sattellites" et URSS il est toujours bon d’en rester à une stricte, autant que possible, objectivité : Dans les satellites européens, y compris la Bulgarie, les niveaux de vie étaient supérieurs a celui de l’URSS. Dire que Sofia avait faim est aussi ridicule que de parler de faim dans le Cuba d’aujourd’hui sur fond d’image d’enfant bien nourris, bien habillés, de routes asphaltée etc.. comme on pouvais le voir dans un docu diffusé récemment sur Arte. Ce n’est pas parceque les magasins publics sont vides que la faim régne. Chez nous, aujourd’hui, les magasins sont pleins, qui peut assurer que la faim n’existe pas !

17/01/2013 08:30 par Le Grand Soir.

A propos de pendules à l’heure il me semble important de dire toute la vérité et rien que la vérité !

Non, il ne sera pas dit "toute la vérité" en un article sur ce pays immense, aux 1,3 milliards d’habitants, 56 ethnies, 200 langues parlées, lancé dans un rattrapage de son retard (la Chine est classée 93 ème pays pour son PIB par habitant). Il faudra d’autres articles.

Oui, il sera dit dans nos colonnes, (si possible) rien que la vérité .

Merci donc pour votre contre-article.

17/01/2013 12:05 par manant

Certains commentaires sont stupéfiants de racisme, je pense notamment à celui de Lionel. C’est quoi le racisme ? C’est la projection subjective sur l’autre de tout le négatif que l’on porte en soi. Ainsi, la Chine est-elle accusée de tous les maux du capitalisme + ceux du communisme. La position contraire consiste à se poser les questions suivantes :
1- Dans un contexte de champ de bataille économique dominé par le capitalisme, la sagesse ne pousse-t-elle pas à se battre contre l’adversaire avec ses propres armes et ses propres valeurs ? Certes, les dégâts du capitalisme y sont les mêmes que partout où règne le capitalisme prédateur, mais qu’est-ce comparé à une destruction de la Chine par les armes impérialistes. L’Empire US a-t-il jamais renoncé à détruire ses adversaires ?
2- L’une des raisons essentielles de la crise du capitalisme est d’origine étasunienne : déréglementations tous azimuths des mécanismes financiers et spirale infernale de la dette alimentée par l’impression de dollars par millions de milliards. Impliqué dans la guerre capitaliste de marché, la Chine détient le plus grand nombre de ces dollars toxiques (suivie par le Japon). Les vendre provoquerait un cataclysme mondial dont personne ne peut prévoir les effets. Le seul moyen de s’en débarrasser est de les utiliser en achetant tout ce qui peut l’être : matières premières, terres. Cela va jusqu’à construire des villes sans habitants. Mais le jour où la bulle gigantesque du dollar explosera, tout cela restera en Chine et servira ce pays. De toutes façons, même la détention à perte de ces actifs maudits est moins ruineux qu’une guerre mondiale. Là aussi : sagesse.
La dernière manifestation de racisme (qui est aussi un infantilisme) consiste à détourner l’attention, à répondre à côté, comme dans les cours de recréation. L’auteur accuse les Etats-Unis d’être des criminels (les plus grands jamais produits par l’Histoire, dépassant l’Allemagne nazie) et, au lieu de répondre à ses arguments, il accable la victime désignée des USA de tous les maux (puisque crimes il n’y a pas). C’est écoeurant et confirme à quel point le mal est profond.

17/01/2013 13:42 par Eric

bonjour

ce texte je le trouve excellent, politiquement incorrect et bien argumenté. ça me tient particulièrement à coeur car il parle de deux pays que j’aime beaucoup. La Chine et l’Indonésie
@Lionel n’est ce pas vous qui parliez dans un précédent commentaire de génocide tibétain ! je crois reconnaitre votre virulence sur ce pays, certes rien n’est parfait, il y a de nombreux problèmes mais à vous lire on croirait l’enfer sur terre....
Il se trouve que je viens de parcourir la Chine durant quatre mois d’ouest jusqu’au sud (Xinjiang-Qinghai-Sichuan-Yunnan) et je n’ai jamais vu ces villes fantômes, le pays est très peuplé et même dans les endroits les plus improbables, il y a des gens vivant dans des tentes, les nomades tibétains et leurs troupeaux de yacks dans le Qinghai.
j’ai senti un pays qui avance. On montre souvent du doigt les Chinois en occident pour les problèmes environnementaux. Quoique vous en pensiez, les autorités s’en inquiètent et agissent
Quelques exemples concrets : Dans la majorité des grandes villes que j’ai traversé, les deux roues sont électriques et progressivement ça s’étend aux petites villes et ainsi de suite. vous allez me dire "le nucléaire ?" la Chine exploite aussi l’énergie hydro-électrique car il est traversé par des fleuves gigantesques. Le résultat est moins de pollution, moins de nuisance sonore, moins de stress.
Certaines provinces ont banni le sac plastique.
Dans les montagnes, les maisons, édifices (lamaseries) et bâtiments publics sont équipés de panneaux solaires.
Les Chinois ont même fabriqué une voiture solaire. je l’ai vu dans un magazine de Chengdu.
Dans les rues, les parcs de Chengdu, Kunming, Kashgar, Xining, il y a des poubelles pour trier les déchets.
Les problèmes demeurent importants dans le domaine environnemental mais ils savent ce qu’ils font et n’ont pas besoin de leçons des occidentaux qui ont pollué la planète depuis plusieurs décennies.

Un autre aspect est leur relation avec leurs voisins, là je ne suis pas du tout d’accord ce que j’ai lu avant . Juste prenons l’exemple du Pakistan avec qui ils entretiennent des liens très fort en amitié.
Bien sur les médias bonimenteurs diront "c’est pour leur intérêt gna gna gna, pour mieux les exploiter gna gna gna"
mais il suffit de faire un micro trottoir dans les rues pakistanaises pour constater la gratitude, le respect et l’amitié des Pakistanais envers la Chine, parler des Usa et c’est la colère et l’incompréhension qui prédomine. C’est du vécu
Pour info, Les travailleurs chinois ont réalisé une prouesse incroyable en construisant la Karakorum Highway, cette route qui traverse le toit du monde. des centaines y ont laissé leur vie. On peut voir les cimetières où reposent ces hommes le long de cette route. Et cette route profite à tout le monde des deux côtés de la frontière depuis son ouverture dans les années 70. Encore maintenant en remontant cette route depuis Attobattad, j’ai croisé ingénieurs et ouvriers chinois en plein boulot pour la maintenance
Quelqu’un parlait avant des minorités ethniques vivant en Chine. 55 reconnues + l’ethnie majoritaire les Han. Le gouvernement chinois pratique une politique d’aide pour ces minorités c’est ce qu’on appelle la discrimination positive. Et bien sur chacune de ces minorités est libre de garder ses vêtements traditionnels, la liberté de culte est assurée, ils ne sont pas soumis à la politique de l’enfant unique etc.....Imaginez les maux de têtes en France déjà qu’il y a des débats pour un foulard sur la tête.

l’Indonésie où je suis en ce moment, mon cinquième séjour dans ce pays que j’aime et où les gens sont très attachants. Un pays qui me laisse un goût d’amertume dans la bouche. Un pays au potentiel incroyable, énergétique et humain. Parfois je me met à rêver d’un Chavez indonésien ici.......
Après la chute de Suharto en 1998, l’avènement d’une jeune démocratie mais malheureusement il a choisi la voie d’un libéralisme brutal car ses élites sont liées aux occidentaux ce qui sous l’égide du FMI signifie : coupes drastiques dans le secteur de la santé et l’éducation, des riches de plus en plus riches, des pauvres vivant dans des bidonvilles comme à Jakarta et c’est toujours d’actualité (le long des voies ferroviaires dans des baraquements en tôle), Jakarta où des malls gigantesques et démesurés cotoyent des kampungs avec des égouts à ciel ouvert. Des malls où la plupart des gens n’ont pas les moyens d’accéder. Une main d’oeuvre corvéable à merci travaillant dans des usines tournevis (principalement dans le secteur du textiles, en banlieue de Jakarta : Depok, Citeureup), des salaires misérables. Par exemple la multinationale française Carrefour paye ses caissières 500000rp par mois ce qui équivaut à moins de 50 euros alors que le cout de la vie augmente sans cesse. John Pilger a écrit sur l’Indonésie. Vous pouvez retrouver ses articles sur internet
Pour info j’ai écrit un récit (en cours) sur mon voyage avec photos à l’appui avec une partie chinoise qui pourra intéresser certains
Fragments de voyage : d’Istanbul à Jakarta par la route
http://voyageforum.com/forum/inde_fragments_voyage_i_ii_istanbul_jakarta_par_route_D1341490-6/
photos
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets

Eric Colonna

17/01/2013 14:05 par Lionel

CN46400, ce n’est ni le lieu ni l’opportunité de rouvrir un débat vieux de plus de 40 ans, j’oppose des arguments qui ( pardonnez ) ont à mon esprit de l’importance et d’un côté je suis ridicule et de l’autre je suis raciste !
Je me contente de dire ce que j’ai vécu, seuls les paysans et les classes favorisées mangeaient leur comptant, tous les trafics étaient de mise y compris les armes qui partaient en Palestine, il suffisait d’aller à l’auberge de jeunesse de Sofia pour se procurer une Kalachnikof et mes amis ne pouvaient me nourrir, j’avais l’insigne privilège d’aller au restaurant...
Je n’ajouterai rien à propos de racisme qui me semble tellement absurde, je n’ai pas compris le raisonnement, passer de l’économie néolibérale au racisme est de la haute voltige !
Mais je contesterai et lutterai bec et ongles contre l’idée que la Chine puisse être considérée comme socialiste et protectrice de sont milieu naturel et humain !!!
C’est une grosse ficelle de mauvaise propagande qui peut nous faire le plus grand tort.
Je revendique mes idées de démocrate libertaire marxo-écolo-décroissant ( j’en oublie plein ! ) et en aucun cas je ne me reconnais dans la Chine d’aujourd’hui.

17/01/2013 14:25 par Lionel

Éric merci pour votre témoignage ; De toute évidence nous ne pouvons pas nous mettre d’accord, non que je conteste vos observations mais justement que je les utilises pour un éclairage différent.
Vous parlez de vélos électriques, de panneaux photo-voltaïques, de grands travaux inutiles, de routes qui saignent à blanc des régions entières, bref, de croissance, pardon de Croissance comme divinité éternelle et juste.
Les énergies citées ont pour immense inconvénient de générer des pollutions irréversibles par les métaux lourds, par les matériaux composites non recyclables à durée de vie longue, le silicium qui est perdu. Ces matériaux demandent des sources d’énergie considérables pour leur mise en oeuvre, calorifique, électrique et surtout des quantités d’eau proprement incroyables ( potable, l’eau... ) qui rendent leur prix réel de fabrication infiniment supérieur à leur coût énergétique.
Ce qui exclut tout salarié correctement payé !
Le barrage des "Trois-Gorges" est un ouvrage dont les générations futures n’ont pas fini de conter les méfaits, il génère des séismes, a englouti d’immenses zones boisées générant ainsi des quantités de méthane pas calculables, a nécessité ( encore ) des déplacements de populations et des pertes irréversibles ( encore ) de terres arables ( on y revient ).
Bref, la course au PIB n’est pas ma tasse de thé, cher monsieur et pour respectable que soit votre vision je n’en reste pas moins convaincu que vous êtes sur la voie du capitalisme vert et rien d’autre comme la majorité de la gauche française !

17/01/2013 17:02 par Lionel

En voici une nouvelle !
C’est en cherchant des articles sur la désertification en Chine que je tombe sur "Le quotidien du peuple" en français et qu’y a-t-il en bandeau haut de page ?
Une pub pour l’introduction en Bourse du Quotidien du peuple en ligne...
Le socialisme n’est en rien soluble dans une quelconque notion de profit rien dans cette question n’est défendable, la Chine est devenue un pilier du néolibéralisme, faites moi donc un inventaire des peuples qui aujourd’hui luttent vraiment contre le capitalisme, ça ne devrait pas prendre plus d’une minute.
Il est aisé pour ce pays aux fonds en liquidités importantes de financer un vaste programme de lutte contre la désertification ( dont les résultats ne sont pour le moment pas probants ) qu’elle a provoquée, comme elle contribue à la mise au point d’OGM plantes qui viennent de recevoir un agrément dans le cas de la lutte contre les GES, cherchez, il n’y a rien qui soit différent de ce que nous sommes, nous nous laissons aveugler par le nombre en croyant qu’à petite échelle il n’y a pas de problème et qu’il s’agit d’une performance simplement parce qu’il sont plus d’1.5 milliard.
Pas d’histoire de racisme ou autre baliverne, la Chine est passée à l’ennemi et collabore plus que largement à la perpétuation de son idéologie, que cela fasse plaisir aux révolutionnaires retraités ou pas !

18/01/2013 11:16 par Anonyme

@ lionel

La Chine étant, dans le classement du PIB par tête, à le 93° place, j’ai du mal à imaginer votre agonie, qui doit être progressive, pour les 92 qui la précèdent dans ce classement !

18/01/2013 13:24 par Anonyme

Anonyme, le raisonnement se fout du PIB, il s’agit de savoir si oui ou non la Chine est en droit de se revendiquer en une quelconque façon "socialiste" et si sont positionnement dans le monde économique est conforme au modèle en cours.
C’est ici que l’effet d’échelle est le plus frappant, il est certain que l’impact d’un pays sale de 10 millions d’habitants ne peut être comparé, c’est comme un pesticide qui s’accumule peu à peu dans un sol on parvient très vite à un effet de saturation avec le volume, l’écologie en Chine est devenue un enjeu majeur et il ne s’agit pas de se fâcher ou de pleurer mais de voir les choses en observateur rigoureux.
L’idéologie n’a pas sa place pour en faire une bonne synthèse, comme pour l’accident nucléaire japonais, nous ne possédons pas de solutions pour remédier, le coût de la dégradation de leur environnement coûte environ 30 milliards d’€/an à la Chine et je suppose que cela grève un peu leur PIB...
De tous les sens qu’on le prenne, ils vont dans le mur comme nous mais juste un peu plus vite !
Le jour ne tardera pas de l’impossibilité de la Chine à l’autosuffisance alimentaire, quels seront alors vos commentaires ?
" Heureusement qu’ils avaient pensé à acheter quelques lopins en Afrique !... " ???

18/01/2013 14:15 par Anonyme

@ anonyme

Le jour ne tardera pas de l’impossibilité de la Chine à l’autosuffisance alimentaire, quels seront alors vos commentaires ?

La Chine n’a pas toujours été autosuffisante sur le plan alimentaire. Elle ne l’est devenue que depuis les réformes de Teng Xiaoping ! Quels auraient alors pu être alors vos commentaires ? Les pollutions y étaient bien moins prégnantes et les chinois tellement moins gourmants........

18/01/2013 17:36 par Lionel

Permettez moi de recentrer sur la question que j’expose :
Du temps de Deng Siaoping ils pouvaient se permettre des folies en matière agronomique, c’était de toutes façons efficaces puisqu’ils avaient affaire à des terres vierges de toute industrie agricole et de pollutions.
Il a donc été possible de supprimer la famine en urgence, ça ne veut pas dire que ce sont les réformes qui l’ont permis !
C’est un autre débat.
La Chine aujourd’hui voit se désertifier 5000 km² par an soit un bon département français, la surface de terres arables est réduite à seulement 7 % du territoire contre 30 % pour les déserts, la situation est totalement nouvelle et irréversible, comme je le dis plus haut, les estimations les plus optimistes parlent de 300 ans pour restaurer les sols à la vitesse actuelle.
Ils n’ont d’ores et déjà plus suffisamment de surfaces cultivables pour s’auto-suffire et ça grâce aux réformes de Teng Siao Ping... C’est une impasse réelle et l’époque dont vous parlez ne peut se comprendre en termes d’auto suffisance, la Chine avait été ravagée et il n’y avait tout simplement plus d’économie, la famine régnait à grande échelle mais il n’y avait alors pas d’ONG pour y remédier, ni d’avions de l’ONU balançant des colis de bouffe, le terme d’auto-suffisance alimentaire entend ne pas dépendre d’autre États pour ses besoins fondamentaux, après en effet cela dépend de la gourmandise des habitants.
Juste en passant, le plus effrayant dans l’histoire mais dont on ne parle pas tellement c’est obscène, c’est la vitesse effrénée de l’augmentation de consommation de viande par les chinois, il leur faudrait à eux seuls 3 planètes pour que ce soit viable !
Quel socialisme en Chine ?

18/01/2013 18:57 par legrandsoir

Juste en passant, le plus effrayant dans l’histoire mais dont on ne parle pas tellement c’est obscène, c’est la vitesse effrénée de l’augmentation de consommation de viande par les chinois, il leur faudrait à eux seuls 3 planètes pour que ce soit viable !

Il faudrait donc qu’ils arrêtent aussi de respirer parce qu’il n’y aura plus assez d’oxygène pour... nous ?

18/01/2013 22:24 par Lionel

Ce n’est pas ce que je vise LGS...
En parlant de la consommation de viande on ne peut que connaître le niveau général de consommation, plus une société se "modernise" et plus elle consomme de viande et donc l’industrialisation outrancière est bel et bien là  !
La question critique que j’émets est de savoir si à n’importe quel prix il nous faut nous réjouir de l’élévation du PIB par habitant de la Chine, pas de savoir s’ils peuvent satisfaire à leurs besoins généraux.
Vu sous l’angle de la nutrition la question est aigüe, sous l’angle de la destruction irréversible de leur environnement on en revient à la nutrition et la santé, la solution serait-elle de faire comme nous, soigner les cancers à grands coups de médicaments plutôt que ne plus émettre de particules cancérigènes ?
N’étant pas un grand adepte du "réchauffisme" je ne parlerai pas de la question du CO2, à ce propos ils n’ont pas trop de leçons à recevoir.
Les étasuniens le paient depuis bien longtemps, même si c’est moins spectaculaire, ils cultivent carrément hors-sol grâce aux engrais en masse, les sols sont si érodés par endroit qu’ils sont descendus de plusieurs mètres en un siècle, privez les d’engrais et c’est la famine.
Il existe une photo célèbre d’une chapelle en bois au milieu d’un champ sur un monticule qui doit faire bien cinq mètres, il y a un siècle, le champ était au niveau de la chapelle.
Il ne s’agit pas de savoir si les chinois ont le droit au bien-être dans le sens où le monde occidental l’envisage, bien sûr qu’il est légitime qu’un chinois tout comme un français ait besoin d’une voiture, mais si les chinois arrivent au niveau du nombre de véhicules des français, c’est la cata planétaire.
Alors le choix pour moi qui est le seul dans ce contexte est de se dépêcher de décroitre ( dans la joie et la bonne humeur, comme d’hab ) pour que tout le monde ait sa part avec des lendemains qui chantent.

20/01/2013 00:45 par Dominique

Juste pour info, la Chine n’est plus une nation autosuffisante sur le plan alimentaire. Elle est passée du statut de pays exportateur de pays alimentaire à celui de pays importateur. Ce n’est pas pour aider l’Afrique qu’elle achète des surfaces énormes pour les cultiver mais pour nourrir sa propre population.

Autre sujet évoqué. Pour ne pas avoir de catastrophes nucléaires suites à des centrales qui pètent, le seul moyen c’est de ne pas construire de centrales nucléaires. De plus, cela aurait l’avantage de ne pas avoir à gérer l’ingérable : des déchets du matériel le plus toxique que nous connaissions, déchets dont la durée de vie se calcule en centaines de milliers d’années. La radioactivité est durable, par contre, un mode de vie basé sur le court terme (le profit immédiat et uniquement mercantile) et l’exploitation de la nature ne sera jamais durable. Nous sommes simplement en train de creuser notre propre tombe. Celui ou celle qui n’a pas compris ça n’a rien compris.

Certains croient même que les nouvelles technologie pourront résoudre les problèmes causés par les anciennes. Pourquoi ? leur but est le même : enrichir les actionnaires. Et comme avec les anciennes, ont arrête pas le progrès est le premier slogan de leur management. Il s’agit de les vendre, c’est tout.

Tout comme la gauche s’est révélée incapable de stopper la montée du fascisme dans l’entre deux guerres, elle s’est montrée incapable d’enrayer la récupération de l’écologie par les capitalistes. La Chine en est une des meilleures preuves.

Une solution ? Je n’en vois aucune tant que les forces progressistes ne seront pas unies et tant qu’elles n’auront pas intégré le fait que seul un rapport avec la nature basé non seulement sur son respect mais aussi sur le fait que nous en sommes dépendant (c’est n’est pas la technologie qui va la remplacer ! heureusement !) peut changer quoi-que ce soit. Cela implique notamment de subordonner la satisfaction des besoins humain à la satisfaction des besoins de la nature. Il n’y a pas d’autres moyens pour construire une société durable ou la paix et la justice puissent s’épanouir, toutes deux conditions indispensables pour que la liberté existe. Et pour cela, il faut commencer par faire justice à la nature : c’est notre seule source de vie et elle mérite bien que nous la respections.

20/01/2013 04:39 par erwin

Aïe aïe aïe !
Difficile de dire à la Chine de se calmer, de lui refuser un développement dont l’Occident a si longtemps abusé.
Et pourtant, c’est ce qu’il faudrait.
En ce qui me concerne le grand paradoxe de la montée en puissance de la Chine est que d’un côté je me réjouis qu’un État soit en passe de concurrencer l’hégémonie US (parce que pour ce qui est des groupes d’États, leur liens et leur nombre sont encore trop faibles pour briser les pieds du colosse...). En plus, cette nouvelle grande puissance semble avoir des pratiques bien moins condamnables que celles de l’oncle Sam, surtout hors de ses frontières. D’un autre côté je me désole, pour nous et pour les Chinois, qu’ils s’engouffrent dans le même délire suicidaire que nous, suffisamment décrit par Lionel et Dominique pour que je m’abstienne d’y revenir.
Concernant la politique environnementale de la Chine, en effet, c’est pour l’instant essentiellement du tape-à -l’oeil et du capitalisme vert (beurk, je l’ai écrit, je vais me laver les mains...). Comme chez nous. Parce qu’il faut dire que la France aussi peut très bien être présentée comme étant impliquée à fond dans le développement durable, comme on dit (mince, cette fois-ci il va falloir que je mette du savon, çà part pas tout seul ces cochonneries capitalistes...) : des parcs éoliens, des bâtiments HQE, une surface boisée en progression, des locations de vélos dans toutes les grandes villes, des parcs naturels, des labels de qualité pour la bouffe... et toujours plus d’autoroutes, l’industrie automobile qui va avec, d’aéroports et les avions qui vont avec, d’appareils électriques en tous genres mais c’est pas grave çà marche au nucléaire qui comme chacun sait est une énergie propre, et la filière agroalimentaire, la grande distribution, toujours autant de fumées d’usines (moins quelques délocalisations...) etc. on ne va pas y passer la nuit ; sans compter que les arguments "youpi on se développe proprement" cités plus hauts ne sont pour la plupart pas si écolo à y regarder d’un peu moins loin... Donc je veux bien croire à une certaine sincérité dans certains des efforts consentis en Chine pour limiter l’impact environnemental du développement effréné du pays, si çà les amuse de pisser dans un violon tant mieux, mais à moins de mettre en cause le développement lui-même ils arriveront (et on arrivera) à peu près au même point.
Sur l’auto-suffisance alimentaire, effectivement la Chine est devenue récemment importatrice nette de denrées alimentaires. Les violentes augmentations du cours des matières premières agricoles y sont certainement pour quelque chose, mais structurellement, comme l’écrit Lionel, le pays est condamné par l’évolution de ses modes alimentaires (l’"émergence alimentaire", qu’çà s’appelle) à importer de plus en plus, la production de viande étant extrêmement gourmande en surfaces agricoles. Donc la seule solution serait de taxer violemment les importations de barbac’, virer 90% des agronomes (ou les brûler parce que franchement...) et bosser avec les 10% restants à la formation de milliers d’autres pour une reconversion agroécologique de l’agriculture chinoise permettant des rendements à peu près équivalents (voire supérieurs à moyen terme) à ceux obtenus aujourd’hui, ainsi qu’un arrêt de la désertification et la reconquête des terres perdues, le tout accompagné bien entendu d’une amélioration conséquente de la qualité et de la diversité des aliments (et les apprentis sorciers votre riz doré vous savez où vous l’coller !). Je sais, c’est pas gagné, mais c’est çà ou le retour de Malthus.

20/01/2013 09:20 par CN46400

@ erwin et dominique

Il ya deux manières pour faire de la viande (protéines animales) :

1-l’embouche qui consiste à nourir les animaux avec des protéines cérealières obtenues à coup d’intrans (engrais + phyto) couteux. Avec un bilan final calamiteux.
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2-Elevage des animaux sur des surfaces pauvres ou à l’accessibilité difficile pour le machinisme classique (montagne, Causse ....etc). Cette méthode est très positive puisque quelle utilise des ressources qui seraient sans cela perdues.

Cette observation vaut pour tous les pays, Chine y compris !

20/01/2013 13:41 par manant

@dominique.
Si vous êtes de gauche, écologiste de surcroit et que vous êtes préoccupé par les déchets atomiques, pourquoi la gauche ne se mobilise-t-elle pas, avec les écologistes, pour dénoncer la dissémination de ces déchets sous formes de munitions à l’uranium appauvri en Irak, en Afghanistan, en Libye et au Mali, sans oublier le Yémen ? Pourquoi ce silence assourdissant de ce qui s’apparente à un écocide et à un génocide silencieux ? Pourquoi ce silence sur le largage avéré, documenté, par des bateaux de futs de déchets toxiques aux larges de la Somalie, État failli ?
Quoi qu’on en dise, je mets cela sur le compte du racisme, du mépris de la vie des autres par un Occident arrogant. La preuve ? Pour éviter de reconnaître la justesse de l’article d’André Vltchek, qui met ses pas dans ceux du grand Alain Resnais de "Nuit et brouillard" et des grands humanistes que furent Victor Hugo et André Gide, personne n’a rien trouvé de mieux que d’attaquer la Chine sous le prétexte qu’elle n’a pas trouvé mieux pour son développement que de suivre les vilains capitalistes occidentaux. Ah, non, mais ! Il faut qu’ils prouvent leur supériorité au lieu de nous imiter, ces Chinois ! Et avec ça ils se posent en donneurs de leçon ?

20/01/2013 13:56 par erwin

sauf que l’élevage extensif, auquel effectivement il n’y a pas grand chose à reprocher surtout lorsqu’il est associé à des cultures, ne peut pas suffire à fournir quotidiennement de la viande à plus d’un milliard de Chinois, encore moins à 7 milliards d’êtres humains...et l’embouche non plus, par manque de terres pour cultiver le grain. Donc je ne vise pas l’élevage en lui-même, mais la surconsommation de protéines animales, d’ailleurs brocardée par tout nutritionniste sérieux et non inféodé (consciemment ou non) au lobby de l’élevage industriel.

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