La bagnole, la fin d’une épopée ?

Des chromes rutilants, un vrombissement assourdissant. Le rockeur à banane nonchalamment appuyé sur la portière de la belle américaine décapotable fume une cigarette à bout dorée. Assise sur le haut d’un siège en cuir blanc une blonde vaporeuse carrossée à la Pini Farina invite d’un clin d’oeil aguicheur à monter dans le bolide. La belle américaine, pas la fille (la pin-up comme on l’appelait), mais « la bagnole » ! Le cliché, le flash du photographe qui va porter cette tentation idyllique aux nues.

Que de rêves cette « réclame » a suscités ! La naissance d’un mythe, mais un mythe qui deviendra peu à peu l’essentiel moteur d’un productivisme débridé. Et le pétrole commença à couler à flot…

Chacun rêvait alors de posséder son automobile, et si possible celle que l’on découvrait au fil des catalogues ou de la « pub » ayant généré cette envie d’acheter le symbole : des chromes rutilants… etc. Chacun eut sa voiture, peut-être pas celle qu’il avait espéré, qu’importe ! Le pétrole deviendra l’énergie incontournable et ne cessa depuis de se déverser à pleine pompe dans les réservoirs.

L’envie semble toujours présente, mais si le gros quatre/quatre représentation tapageuse de la réussite des parvenus a remplacé pendant un temps la belle américaine les regards se détournent peu à peu de ces redondances. Déjà , au mondial de l’automobile de 2008 on n’avait pas encore ouvertement relégué ces gouffres à carburant polluant dans le fond des stands, mais c’était tout comme ! Même si ces mastodontes sont toujours présents, on sent un intérêt atténué, mais en tout cas de moindre désir dans le regard de beaucoup de gens car la mode change. Effectivement, les conversations vont bon train, mais elles sont cette fois alimentées depuis quelques temps par une nouvelle perspective mercantile, on parle écologie. Qui trop embrasse, mal étreint (j’en connais un qui disait : qui trop embrasse manque le train ! ça revient au même). A force de couler à flot le pétrole devient rare, devient cher, et en plus il pollue ! Alors il faut qu’on trouve des solutions…

Pour ce faire, les constructeurs pour nous prouver qu’ils sont des gens responsables jetant un regard attentif sur la sauvegarde de la planète ont commencé par repeindre les bagnoles en vert, un peu comme les yaourts, allant même jusqu’à prétendre que certaines étaient bio utilisant sans complexe ce terme de plus en plus usurpé. Comme ils ne manquent pas d’imagination, on peut acheter des bagnoles qui on le privilège d’être « allégée en CO2 », d’autres dont c’est tout juste si elles ne produisent pas du carburant plutôt que d’en consommer, bref, une mascarade commerciale qu’alimente le lobby des écolos-tartufes. On a baissé les consommations certes, mais il n’en reste pas moins qu’elles émettent encore pas mal de CO2. D’autant que les constructeurs auraient apparemment magouillé les chiffres car il s’avère qu’il faut au minimum rajouter 20% à ce qu’ils annoncent. De surcroit cette traque à la pollution n’est qu’effet de mode car en coulisses à Bruxelles (entre 2008 et 2009 et l’histoire n’a pas été éclaircie, plutôt enterrée), les constructeurs allemands, avec le regard bienveillant des autres fabricants européens, avaient fait pression sur l’UE pour saboter la réglementation visant à limiter les émissions en dioxyde de carbone des automobiles. Pour contourner le problème on a promu aussi promouvoir des agro-carburants soi-disant non polluant. Mais on connaît les risques inhérents à leurs généralisations, que d’ailleurs on a commencé à cacher en les vendant sous la fausse appellation, là aussi, de « biocarburant ». Tout cela accrédite bien la thèse suivant laquelle, lorsque le capitalisme parle morale et éthique, ça sonne faux, on peut même dire que c’est du « pipeau ».

Cependant ils ont bien compris que dans l’état d’esprit actuel tout cela n’était que pis-aller, réapparait alors l’Arlésienne : la voiture électrique.

L’idée n’est pas mauvaise et est indéniablement dans son concept l’une des solutions pour écarter l’épineux problème du pétrole. Ses détracteurs diront que son rayon d’action et sa vitesse de pointe frisent le ridicule. Néanmoins se sont là arguments provisoires car il est fort possible que dans les années à venir avec un effort fait sur la recherche ces inconvénients seront alors à classer au rang des souvenirs. A la limite peu importe, mais où le bas blesse c’est dans son alimentation en énergie. EDF qui a senti que la demande va baisser du fait de maisons de mieux en mieux isolées, de moins de chauffage électrique, les ampoules à basses consommation, l’éolien individuel, etc., cherchera tout les moyens pour vendre son électricité afin d’éviter de se trouver devant une surproduction. Donc, sautant sur l’occasion de la bagnole électrique qui semble devenue la solution idéale, du moins celle en vogue, cela va lui permettre d’installer des bornes de ravitaillement main dans la main avec les constructeurs de voitures automobiles électriques, donnant ainsi une caution morale à l’utilisation et à la pérennité du nucléaire.

Seulement voila, on ne nous a toujours pas demandé notre avis sur le nucléaire. A tel point que lors de la mascarade de la mise en place du Grenelle de l’environnement ce sujet avait été volontairement écarté, comme s’il était tabou. Ce faux-semblant de concertation médiatisé à outrance, au service d’une écologie d’apparat, ne sera qu’une « fumisterie » tant que l’on n’aura pas abordé sous tous ses aspects le problème de fond, à savoir, l’hyper productivité débridée du capitalisme.

D’ailleurs ils vont en remettre une couche à leur techno-scientisme sans éthique car il est de plus en plus question de construire carrément une bagnole fonctionnant à l’énergie nucléaire selon les envies de certains apprentis sorciers, pour un peu on aura l’impression d’être dans un sous-marin atomique du genre : « Redoutable », où va-t-on ?

En attendant, les constructeurs qui n’avaient pas prévu la crise actuelle, où dans beaucoup de cas s’en servent de prétexte, cherchent tous les moyens pour stabiliser, voire augmenter les profits en licenciant et délocalisant. Mais cela ne doit pas se passer pas tout seul, ce serait oublier que le monde du travail est partie prenante dans cette affaire, et aux premières loges pour être touché par les mutations des sociétés. Déjà on a vu la réaction des ouvriers de Renault à Sandouville, cela doit servir d’exemple. Mais la plus belle manière de s’opposer au diktat du système capitaliste nous est venu de l’Inde.

Se moquant éperdument de la pollution Tata Motors veut mettre sur le marché la voiture la moins cher du monde, la Tata Nano, qui allégrement produira encore environ110g de CO2 par km. Comme rien n’arrête les capitalistes pour arriver à leurs fins, ils ont dépossédés les agriculteurs de Singur, dans l’est de l’inde, pour construire l’usine de fabrication de ladite bagnole. Mais dans ce pays où la nourriture est primordiale car n’étant pas toujours au rendez-vous de midi, les paysans spoliés de leurs terres nourricières se sont rebellés appuyés par les communistes bengalais et ont réussi à bloquer la fabrication de l’engin. Finalement Tata Motors a abdiqué.

Mais cette voiture va se construire et se vendre facilement n’étant pas cher ; par conséquence le nombre des automobiles va croitre encore plus et la multitude va annihiler le résultat de la baisse d’émission de chaque véhicule. On baisse le CO2 par engin mais on va augmenter le total par la quantité d’émetteur, on tourne en rond, en somme. En oubliant pas non plus que l’industrialisation à outrance aura toujours du mal à limiter les pollutions. Ne serait-que lors de la fabrication d’une voiture utilisant de plus de plus de composants électroniques.

En tout état de cause, il semblerait que l’épopée de la belle américaine soit maintenant de l’histoire ancienne, où chez quelques collectionneurs et dans les musées… Cependant l’on ne doit pas se laisser berner par de nouvelles options prisent par les capitalistes car cela ne réglera en rien les problèmes qu’engendrera une production exponentielle du nombre de véhicules.

Notre regard sur la société de demain doit être différent. Considérer que le véhicule personnel n’est plus l’essentiel, l’individualisme doit ne plus être un leitmotiv et particulièrement l’image de marque d’un libéralisme déshumanisé, donc favoriser la collectivisation des transports, chercher d’autres alternatives en "relocalisant" notre société par exemple, sortir du cycle infernale d’une mondialisation qui n’est axée que sur les profits et non au service des peuples.

http://le-ragondin-furieux.blog4ever.com

COMMENTAIRES  

21/08/2010 14:12 par Sierra

Elle fonctionne et elle est homologué :
http://www.mdi.lu

Pour info :

Bonjour,

Nous avons un prototype de l’AirOne en exposition dans notre show-room (version de base ouverte), nous serons ravis de vous accueillir sur notre site de Carros afin de vous donner plus d’informations sur l’AirOne et par la même occasion vous pourriez tester un AirPod.

Les visites sont possibles de 9h30 à 11h00 et de 14h à 16h30 (contactez nous au 04 97 10 20 20).

En vous souhaitant bonne réception.

COTTYN Benjamin.

21/08/2010 15:53 par argeles39

Seulement voila, on ne nous a toujours pas demandé notre avis sur le nucléaire

Pourquoi ne pas nous donner le votre ?
Comment on fait, en France, pour faire face à des appels de puissance de 60 GW en base et 95 GW à la pointe d’hiver (à 19h00 quand il n’y a pas de soleil et peu de vent) sans le nucléaire ? Comment on fait pour faire face à une consommation annuelle de l’ordre de 600 TWh sans le nucléaire. Dans l’état actuel des connaissances ces niveaux de puissance et consommation (énergie) ne sont satisfaits que avec du nucléaire ou bien avec des énergies fossiles, polluantes et en voie d’extinction (fuel lourd, gaz, charbon).
En France la consommation d’énergie électrique croit en moyenne de 2 % /an (démographie, nouvelles technologie type internet, très gourmandes en énergie, remplacement des chaudières fuel par des pompes à chaleur, climatisation.......). On est loin d’être en surproduction (voir les rapports de RTE et ce qui s’est passé le dernier hiver où on a frolé la coupure générale), c’est plutôt l’inverse.
Alors comment on fait ?

21/08/2010 16:38 par Anonyme

Oh la faire des concessions ?

Et bien la réalité va nous rattraper et toute illusion repartir dans son mirroir aux allouettes. ( qui n’a pas d’illusion ? posez vous la question à vous)

IL y a aussi des voiture concept électrique et économique, ou des vélo assisté et des scooter électriques : et qui sont proche d’un bon devellopement durable

alors oui l’énergie ne se crée pas en claquant des doigts ... mais il faut vivre.

merci

22/08/2010 21:36 par Vania

Il faut changer les mentalités. On peut parfaitement vivre sans voiture(c’est mon cas). Avec le temps, un inconvénient apparent, devient un avantage:moins de stress, plus d’activité physique.. Et c’est tant mieux pour la planète et pour moi..

23/08/2010 08:37 par Mengneau Michel

Ce n’est pas tant se passer de voiture inconditionnellement, mais faire en sorte qu’elle ne soit plus une centralité existencielle.

Sortir de l’individualisme pour donner une plus grande part aux transports en commun est déjà un pas en avant. Une relocalisation permettant de diminuer les trajets est aussi une solution. De toute façon, la multiplication des véhicules, quelqu’ils soient, serait une erreur. En effet, on pense aussi par la même occasion à un ensemble routier en constante évolution et particulièrement les autoroutes avec tous les dégats qu’elles génèrent.

Certains diront que la bagnole est un espace de liberté, c’est moins sûr lorque l’on regarde les contraintes d’entretien et le coût financier d’un véhicule en fonction du service rendu. C’est avant tout un pion essentiel du consumérisme capitaliste, et pratiquement le plus polluant...

24/08/2010 03:38 par Sandino

petit commentaire qui sert à rien, mais qui fait le lien avec tout les sujets evoqués sur ce site

pollution, catastrophe, destruction de la planéte

ON PARLE SOUVENT DE SAUVER LE MONDE
MAIS QUOI QU ON FASSE LA NATURE REPRENDRA LE DESSUS, MEME SANS PLANETE TERRE, L’UNIVERS CONTINUERA D EXISTER !!!

ON VEUT SAUVER QUOI ? L’HUMANITE ???

Ben desolé mais lorsque je vois que dans cette humanité :
- 18000 enfants meurent de faim chaque jour
- 1.1 milliard de personne n’ont pas d’eau potable
- au moins 30pour cent de la planéte vit au dessous du seuil de pauvreté
- des dizaines de millions de personne meurt chaque année de maladie curable

bon vous avez compris le raisonnement, je pourrais continuer ...

BEN DESOLE, CE MONDE LA ,CETTE HUMANITE LA, J’AI PAS TRES ENVIE DE LE SAUVER

NE SAUVONS PAS LE MONDE, CHANGEONS LE !!!!

25/08/2010 17:14 par Marcopolo245

D’accord avec Sierra, la voiture citadine économique la moins poluante existe et elle sera produite à partir de la fin de l’année : c’est l’Airpod.
Je l’ai essayé et je vous invite à en faire autant pour vous faire une idée.
Si vous avez des questions sur les voitures de la société MDI, voici une FAQ de base trés claire :
http://users.telenet.be/sarahgrimon...

27/08/2010 01:10 par Anonyme

Enfin ! Alleluya !
On commence a sortir péniblement du couchemard appelé "le rêve automobile" !! Le problème est certainement lié au productivisme et à la consommation d’énergie et ce n’est pas un hasard si l’histoire du developpement de la bagnole est fortement liée a celle de "majors" du pétrole et leur turpitudes (voir :"L’Histoire Scecrète du Plomb" par Jamie Lincoln-Kitman). Eh oui, c’est une des plus grandes arnaques de ce systeme de nous faire croire que c’est la bagnole la meilleure solution de transport individuel et meme un "droit" ! Droit a la mobilité oui, mais pas à n’importe quel prix ! La façon dont ces génies de l’industrie ont mené en bateau l’humanité tout entiere pendant des décennies ne fait que pointer le bout du nez...et ce n’est pas triste, c’est patéthique !

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