« L’attitude des forces de l’ordre est irresponsable »

Des violences policières ont été constatées dans tous les cortèges, hier. Et cette stratégie de la tension, visible depuis le début du mouvement, ne cesse de s’intensifier.

Le ministre de l’Intérieur veut-il de nouveaux Malik Oussekine et Rémi Fraysse ? On peut se le demander, au vu de l’ampleur des violences policières constatées, hier, dans tous les défilés contre la loi El Khomri. Et ce, dès les premières heures de la matinée. À Gennevilliers, un dispositif policier démesuré a accueilli 200 manifestants à proximité du port de cette ville des Hauts-de-Seine. Salariés, étudiants, chômeurs et syndicats de Saint-Denis avaient décidé, en AG interprofessionnelle, de bloquer son entrée pour soutenir les salariés du site et perturber les transports, avec barrage filtrant. Mais les militants, pacifiques, ont été chassés par des CRS très agressifs. Charges violentes, matraquage, gazage se poursuivront à Saint-Denis, lorsque les manifestants tenteront de rejoindre la bourse du travail. Une nasse policière est mise en place, et une centaine de militants sont interpellés. Un syndicaliste de SUD Rail, Nicolas Palmire, et le sociologue Nicolas Jounin, sont placés en garde à vue pour violence, alors même qu’ils ont été blessés à la tête.

À Marseille, le camion de l’Union syndicale Solidaires a été touché par des tirs tendus de grenades lacrymogènes et de flashballs. Un responsable local, touché à la gorge, a été hospitalisé. Des drones sont apparus dans le ciel parisien pour surveiller le défilé.

À Nantes, les CRS ont préféré charger un cortège de 20 000 personnes plutôt que d’isoler un petit groupe de casseurs (lire page 6). « Leur attitude est irresponsable, a réagi Fabrice David secrétaire général de la CGT 44. Ils ont cassé le cortège en deux, alors que tout se passait bien. Ils nous ont canardés. » Sous le choc, de nombreux militants exigent aujourd’hui des comptes. « J’ai vu une femme d’une cinquantaine d’années, manifestant comme moi à visage découvert et ne manifestant pas le moindre signe d’agressivité frappée de plein fouet, dans le dos par un projectile visiblement tiré à tir tendu », écrit Aymeric Seassau, adjoint au maire de Nantes et secrétaire départemental du PCF, dans une lettre envoyée hier au préfet, demandant que « les forces de police retrouvent le sens du discernement à Nantes ».

Cette politique répressive dure depuis le début du mouvement. À Rennes, neuf manifestants ont été poursuivis pour avoir participé à la manifestation du 31 mars et du 9 avril. Accusés de rébellion et d’outrage, sept d’entre eux ont été condamnés cette semaine à six mois de prison avec sursis assortis d’une obligation de 110 heures de travail d’intérêt général, un huitième à trois mois de sursis. Et deux mois de prison ferme pour un délégué CGT de PSA Rennes, Fabrice Rouillaux, qui a refusé les prélèvements ADN et les travaux d’intérêt général. La justice continue « à s’en prendre aux militants CGT et à la liberté de manifester dans le cadre de la mobilisation contre la loi travail », avait dénoncé Jean-Pierre Mercier, délégué syndical central de PSA. Qui prévient : « Si le gouvernement pense pouvoir faire baisser la tête et intimider les militants de la CGT par cette politique de répression, il fait fausse route. »

Pierre Duquesne

 http://www.humanite.fr/lattitude-des-forces-de-lordre-est-irresponsable-605976

COMMENTAIRES  

30/04/2016 13:52 par D. Vanhove

Voici un commentaire que je laissais il y a qqs semaines suite à un article de Mediapart qui faisait allusion à la violence démesurée des forces de l’ordre à l’encontre de mineurs qui faisaient régulièremt les frais de contrôles abusifs dans leur quartier, à la limite du viol, en raison de leur couleur de peau...

au vu des derniers évènements je signe et confirme mon commentaire d’alors :
"On pourra me raconter tout ce qu’on veut sur les flics et tout ce qui va avec, cela ne me fera jamais changer d’avis sur une engeance dont je me méfie comme de la peste et que je considère comme de vrais délinquants de nos sociétés... les exemples sont légion, et le plus intéressant, c’est qu’on retrouve ce type de profils dans tous les pays du monde...
regardez-les agir, à toute époque et en tous lieux, ils sont là pour cogner, brimer, humilier tout ce qui leur tombe sous la main... tant en Occident qu’en Orient, et du Nord au Sud... n’avez-vous pas vu cette dame âgée il y a qqs mois, pacifique s’il en est, se faire renverser et prsq étouffer par les méthodes d’un de ces flics pourris dont on se demande s’il a jamais eu une mère...!?
non, décidement, faut avoir qq chose de tordu voire pervers au fond de l’âme pour devenir flic, et tant pis si ces propos choquent !"

30/04/2016 17:42 par amar

Le PS electoralement le payera très chère d’avoir pratiqué avec sa police une répression digne des dictatures militaires fachiste. Soyons également vigilant pour les camarades emmené au poste et prévenir toute disparitions. Mon commentaire peut paraitre exagéré mais a entendre les témoignages ou n’est pas loin de tortures ..
La répression a tout va est déjà le signe qu’on bascule dans quelque chose ce malsain .

30/04/2016 22:07 par macno

L’attitude des forces de l’ordre n’est pas, loin de là, la première responsable.
Toute force organisée finit par s’identifier à l’image de son chef.
Dès les premiers temps de la prise de fonction de Bernard Cazeneuve en tant que Ministre de l’Intérieur, j’ai vu "arriver le train" avec inquiétude, celui très précisément des "événements" de ces manifestations. Il ne faut pas être un expert en psycho-morphologie pour éprouver de vives inquiétudes à l’apparition de Bernard Cazeneuve : cet homme n’est manifestement pas un rigolo, il ne sourit jamais. Ou bien quand il sourit, on dirait qu’il va mordre.
Faites image Bernard Cazeneuve sur votre moteur de recherche et constatez le résultat...
Un mélange de dureté et d’intransigeance est gravé sur son visage. Il n’en faut pas plus pour que les ordres et les consignes soient interprétés par les forces de l’ordre vers ce à quoi elles sont destinées, et elles vont agir à l’image de leur chef, soit vers plus de dureté et d’intransigeance, avec les "débordements" que l’on connaît et qui devaient inéluctablement se produire...
Cazeneuve était vraiment la dernière personne à mettre à cette fonction, à moins qu’il y ait eu une volonté politique préméditée de les provoquer, ces "débordements". À priori, je pencherait vers l’idée qu’ils n’arrangent personne et en premier bien évidemment, ceux qui en ont été les victimes.
C’est l’attitude du Gouvernement qui est irresponsable.
Mais là, c’est une autre histoire...

01/05/2016 14:06 par calame julia

macno,
je vais sans doute le vexer (et je m’en fous délibérément) mais le jour où j’ai entendu qu’il nommait
Cazeneuve m’a fait penser à "Rue cases nègres" entre autres parce que comme dirait mon voisin
"nazeneuve" lui conviendrait mieux. Il n’a malheureusement que l’apparat et celles et ceux qui
ont visionné les reportages (!) lors de l’affaire terroriste du 93 ne peuvent que s’en rendre compte.
Les corps d’Etat qu’il défend chaque fois qu’il tombe une date de manifestation ou de supposé danger
est bien la preuve qu’il les em..... profondément. Mais bon.

01/05/2016 14:11 par calame julia

amar,
non ! votre commentaire n’est pas exagéré.

01/05/2016 21:07 par anonyme

Des policiers frappent des personnes menottées place de la République

Matthieu Bareyre, réalisateur et son ingénieur du son Thibaut Dufait tournaient place de la République à Paris le soir du 28 avril 2016. C’est en montant les images qu’ils ont découvert des plans insoutenables où des policier frappent des manifestants menottés. Ils nous ont transmis leurs images

Vidéo

02/05/2016 08:46 par cunégonde godot

La police "socialiste" ne frappe pas sans discernement. Elle sait ce qu’elle fait. Elle ne frappe pas p.ex. ceux qui occupent l’espace public et vandalisent la place de la République, à Paris, pour y faire un... potager. La police "socialiste" sait elle aussi faire du tri sélectif. A sa manière...

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