Je suis un khazar fier de l’être (Haaretz)

proposé par leila

" D’après Sand, la description des Juifs comme un peuple d’exilés, errant et se tenant à l’écart, qui « ont erré sur mers et sur terres, sont arrivés au bout du monde et qui, finalement, avec la venue du sionisme, ont fait demi-tour pour revenir en masse sur leur terre orpheline », cette description ne relève que d’une « mythologie nationale ». "

Parmi la profusion de héros nationaux que le peuple d’Israël a produits au fil des générations, le sort n’aura pas été favorable à Dahia Al-Kahina qui dirigea les Berbères de l’Aurès, en Afrique du Nord. Bien qu’elle fût une fière juive, peu d’Israéliens ont entendu le nom de cette reine guerrière qui, au septième siècle de l’ère chrétienne, a unifié plusieurs tribus berbères et a même repoussé l’armée musulmane qui envahissait le nord de l’Afrique. La raison en est peut-être que Dahia Al-Kahina était née d’une tribu berbère convertie semble-t-il plusieurs générations avant sa naissance, vers le 6e siècle.

D’après l’historien Shlomo Sand, auteur du livre « Quand et comment le peuple juif a-t-il été inventé ? » (aux éditions Resling - en hébreu), la tribu de la reine ainsi que d’autres tribus d’Afrique du Nord converties au judaïsme sont l’origine principale à partir de laquelle s’est développé le judaïsme séfarade. Cette affirmation, concernant les origines des Juifs d’Afrique du Nord à partir de tribus locales qui se seraient converties - et non à partir d’exilés de Jérusalem - n’est qu’une composante dans l’ample argumentation développée dans le nouvel ouvrage de Sand, professeur au département d’Histoire de l’Université de Tel Aviv.

Dans ce livre, Sand essaie de démontrer que les Juifs qui vivent aujourd’hui en Israël et en d’autres endroits dans le monde, ne sont absolument pas les descendants du peuple ancien qui vivait dans le royaume de Judée à l’époque du premier et du second Temple. Ils tirent leur origine, selon lui, de peuples variés qui se sont convertis au cours de l’Histoire en divers lieux du bassin méditerranéen et régions voisines. Non seulement les Juifs d’Afrique du Nord descendraient pour la plupart de païens convertis, mais aussi les Juifs yéménites (vestiges du royaume Himyarite, dans la péninsule arabique, qui s’était converti au judaïsme au quatrième siècle) et les Juifs ashkénazes d’Europe de l’Est (des réfugiés du royaume khazar converti au huitième siècle).

A la différence d’autres « nouveaux historiens » qui ont cherché à ébranler les conventions de l’historiographie sioniste, Shlomo Sand ne se contente pas de revenir sur 1948 ou sur les débuts du sionisme, mais remonte des milliers d’années en arrière. Il tente de prouver que le peuple juif n’a jamais existé comme « peuple-race » partageant une origine commune mais qu’il est une multitude bigarrée de groupes humains qui, à des moments différents de l’Histoire, ont adopté la religion juive. D’après Sand, chez certains penseurs sionistes, cette conception mythique des Juifs comme peuple ancien conduit à une pensée réellement raciste : « Il y a eu, en Europe, des périodes où, si quelqu’un avait déclaré que tous les Juifs appartenaient à un peuple d’origine non juive, il aurait été jugé antisémite séance tenante. Aujourd’hui, si quelqu’un ose suggérer que ceux qui sont considérés comme juifs, dans le monde (…) n’ont jamais constitué et ne sont toujours pas un peuple ni une nation, il est immédiatement dénoncé comme haïssant Israël » (p. 31).

D’après Sand, la description des Juifs comme un peuple d’exilés, errant et se tenant à l’écart, qui « ont erré sur mers et sur terres, sont arrivés au bout du monde et qui, finalement, avec la venue du sionisme, ont fait demi-tour pour revenir en masse sur leur terre orpheline », cette description ne relève que d’une « mythologie nationale ». Tout comme d’autres mouvements nationaux en Europe, qui ont revisité un somptueux âge d’or pour ensuite, grâce à lui, fabriquer leur passé héroïque - par exemple, la Grèce classique ou les tribus teutonnes - afin de prouver qu’ils existaient depuis fort longtemps, « de même, les premiers bourgeons du nationalisme juif se sont tournés vers cette lumière intense dont la source était le royaume mythologique de David » (p. 81).

Mais alors, quand le peuple juif a-t-il réellement été inventé, selon l’approche de Sand ? « Dans l’Allemagne du 19e siècle, à un certain moment, des intellectuels d’origine juive, influencés par le caractère "volkiste’ du nationalisme allemand, se sont donné pour mission de fabriquer un peuple "rétrospectivement", avec la soif de créer une nation juive moderne. A partir de l’historien Heinrich Graetz, des intellectuels juifs commencent à esquisser l’histoire du judaïsme comme l’histoire d’un peuple qui avait un caractère national, qui est devenu un peuple errant et qui a finalement fait demi-tour pour revenir dans sa patrie. »

- En fait, l’essentiel de votre livre ne s’occupe pas de l’invention du peuple juif par le nationalisme juif moderne mais de la question de savoir d’où viennent les Juifs.

« Mon projet initial était de prendre une catégorie spécifique de matériaux historiographiques modernes, d’examiner comment on avait fabriqué la fiction du peuple juif. Mais dès que j’ai commencé à confronter les sources historiographiques, je suis tombé sur des contradictions. Et c’est alors ce qui m’a poussé - je me suis mis au travail, sans savoir à quoi j’aboutirais. J’ai pris des documents originaux pour essayer d’examiner l’attitude d’auteurs anciens - ce qu’ils avaient écrit à propos de la conversion. »

Shlomo Sand, historien du 20e siècle, avait jusqu’à présent étudié l’histoire intellectuelle de la France moderne (dans son livre « L’intellectuel, la vérité et le pouvoir », Am Oved éd., 2000 - en hébreu), et les rapports entre le cinéma et l’histoire politique (« Le cinéma comme Histoire », Am Oved, 2002 - en hébreu). D’une manière inhabituelle pour des historiens de profession, il se penche, dans son nouveau livre, sur des périodes qu’il n’avait jamais étudiées - généralement en s’appuyant sur des chercheurs antérieurs qui ont avancé des positions non orthodoxes sur les origines des Juifs.

- Des spécialistes de l’histoire du peuple juif affirment que vous vous occupez de questions dont vous n’avez aucune compréhension et que vous vous fondez sur des auteurs que vous ne pouvez pas lire dans le texte.

« Il est vrai que je suis un historien de la France et de l’Europe, et pas de l’Antiquité. Je savais que dès lors que je m’occuperais de périodes anciennes comme celles-là , je m’exposerais à des critiques assassines venant d’historiens spécialisés dans ces champs d’étude. Mais je me suis dit que je ne pouvais pas en rester à un matériel historiographique moderne sans examiner les faits qu’il décrit. Si je ne l’avais pas fait moi-même, il aurait fallu attendre une génération entière. Si j’avais continué à travailler sur la France, j’aurais peut-être obtenu des chaires à l’université et une gloire provinciale. Mais j’ai décidé de renoncer à la gloire. »

« Après que le peuple ait été exilé de force de sa terre, il lui est resté fidèle dans tous les pays de sa dispersion et n’a pas cessé de prier et d’espérer son retour sur sa terre pour y restaurer sa liberté politique » : voilà ce que déclare, en ouverture, la Déclaration d’Indépendance. C’est aussi la citation qui sert de préambule au troisième chapitre du livre de Shlomo Sand, intitulé « L’invention de l’Exil ». Aux dires de Sand, l’exil du peuple de sa terre n’a en fait jamais eu lieu.

« Le paradigme suprême de l’envoi en exil était nécessaire pour que se construise une mémoire à long terme, dans laquelle un peuple-race imaginaire et exilé est posé en continuité directe du "Peuple du Livre" qui l’a précédé », dit Sand ; sous l’influence d’autres historiens qui se sont penchés, ces dernières années, sur la question de l’Exil, il déclare que l’exil du peuple juif est, à l’origine, un mythe chrétien, qui décrivait l’exil comme une punition divine frappant les Juifs pour le péché d’avoir repoussé le message chrétien. « Je me suis mis à chercher des livres étudiant l’envoi en exil - événement fondateur dans l’Histoire juive, presque comme le génocide ; mais à mon grand étonnement, j’ai découvert qu’il n’y avait pas de littérature à ce sujet. La raison en est que personne n’a exilé un peuple de cette terre. Les Romains n’ont pas déporté de peuples et ils n’auraient pas pu le faire même s’ils l’avaient voulu. Ils n’avaient ni trains ni camions pour déporter des populations entières. Pareille logistique n’a pas existé avant le 20e siècle. C’est de là , en fait, qu’est parti tout le livre : de la compréhension que la société judéenne n’a été ni dispersée ni exilée. »

- Si le peuple n’a pas été exilé, vous affirmez en fait que les véritables descendants des habitants du royaume de Judée sont les Palestiniens.

« Aucune population n’est restée pure tout au long d’une période de milliers d’années. Mais les chances que les Palestiniens soient des descendants de l’ancien peuple de Judée sont beaucoup plus élevées que les chances que vous et moi en soyons. Les premiers sionistes, jusqu’à l’insurrection arabe, savaient qu’il n’y avait pas eu d’exil et que les Palestiniens étaient les descendants des habitants du pays. Ils savaient que des paysans ne s’en vont pas tant qu’on ne les chasse pas. Même Yitzhak Ben Zvi, le second président de l’Etat d’Israël, a écrit en 1929, que "la grande majorité des fellahs ne tirent pas leur origine des envahisseurs arabes, mais d’avant cela, des fellahs juifs qui étaient la majorité constitutive du pays". »

- Et comment des millions de Juifs sont-ils apparu tout autour de la Méditerranée ?

« Le peuple ne s’est pas disséminé, c’est la religion juive qui s’est propagée. Le judaïsme était une religion prosélyte. Contrairement à une opinion répandue, il y avait dans le judaïsme ancien une grande soif de convertir. Les Hasmonéens furent les premiers à commencer à créer une foule de Juifs par conversions massives, sous l’influence de l’hellénisme. Ce sont les conversions, depuis la révolte des Hasmonéens jusqu’à celle de Bar Kochba, qui ont préparé le terrain à la diffusion massive, plus tard, du christianisme. Après le triomphe du christianisme au 4e siècle, le mouvement de conversion a été stoppé dans le monde chrétien et il y a eu une chute brutale du nombre de Juifs. On peut supposer que beaucoup de Juifs apparus autour de la mer Méditerranée sont devenus chrétiens. Mais alors, le judaïsme commence à diffuser vers d’autres régions païennes - par exemple, vers le Yémen et le Nord de l’Afrique. Si le judaïsme n’avait pas filé de l’avant à ce moment-là , et continué à convertir dans le monde païen, nous serions restés une religion totalement marginale, si même nous avions survécu. »

- Comment en êtes-vous arrivé à la conclusion que les Juifs d’Afrique du Nord descendent de Berbères convertis ?

« Je me suis demandé comment des communautés juives aussi importantes avaient pu apparaître en Espagne. J’ai alors vu que Tariq Ibn-Ziyad, commandant suprême des musulmans qui envahirent l’Espagne, était berbère et que la majorité de ses soldats étaient des Berbères. Le royaume berbère juif de Dahia Al-Kahina n’avait été vaincu que 15 ans plus tôt. Et il y a, en réalité, plusieurs sources chrétiennes qui déclarent que beaucoup parmi les envahisseurs d’Espagne étaient des convertis au judaïsme. La source profonde de la grande communauté juive d’Espagne, c’étaient ces soldats berbères convertis au judaïsme. »

Aux dires de Sand, l’apport démographique le plus décisif à la population juive dans le monde s’est produit à la suite de la conversion du royaume khazar - vaste empire établi au Moyen-âge dans les steppes bordant la Volga et qui, au plus fort de son pouvoir, dominait depuis la Géorgie actuelle jusqu’à Kiev. Au 8e siècle, les rois khazars ont adopté la religion juive et ont fait de l’hébreu la langue écrite dans le royaume. A partir du 10e siècle, le royaume s’est affaibli et au 13e siècle, il a été totalement vaincu par des envahisseurs mongols et le sort de ses habitants juifs se perd alors dans les brumes.

Shlomo Sand revisite l’hypothèse, déjà avancée par des historiens du 19e et du 20e siècles, selon laquelle les Khazars convertis au judaïsme seraient l’origine principale des communautés juives d’Europe de l’Est. « Au début du 20e siècle, il y a une forte concentration de Juifs en Europe de l’Est : trois millions de Juifs, rien qu’en Pologne », dit-il ; « l’historiographie sioniste prétend qu’ils tirent leur origine de la communauté juive, plus ancienne, d’Allemagne, mais cette historiographie ne parvient pas à expliquer comment le peu de Juifs venus d’Europe occidentale - de Mayence et de Worms - a pu fonder le peuple yiddish d’Europe de l’Est. Les Juifs d’Europe de l’Est sont un mélange de Khazars et de Slaves repoussés vers l’Ouest. »

- Si les Juifs d’Europe de l’Est ne sont pas venus d’Allemagne, pourquoi parlaient-ils le yiddish, qui est une langue germanique ?

« Les Juifs formaient, à l’Est, une couche sociale dépendante de la bourgeoisie allemande et c’est comme ça qu’ils ont adopté des mots allemands. Je m’appuie ici sur les recherches du linguiste Paul Wechsler, de l’Université de Tel Aviv, qui a démontré qu’il n’y avait pas de lien étymologique entre la langue juive allemande du Moyen-âge et le yiddish. Le Ribal (Rabbi Yitzhak Bar Levinson) disait déjà en 1828 que l’ancienne langue des Juifs n’était pas le yiddish. Même Ben Tzion Dinour, père de l’historiographie israélienne, ne craignait pas encore de décrire les Khazars comme l’origine des Juifs d’Europe de l’Est et peignait la Khazarie comme la "mère des communautés de l’Exil" en Europe de l’Est. Mais depuis environ 1967, celui qui parle des Khazars comme des pères des Juifs d’Europe de l’Est est considéré comme bizarre et comme un doux rêveur. »

- Pourquoi, selon vous, l’idée d’une origine khazar est-elle si menaçante ?

« Il est clair que la crainte est de voir contester le droit historique sur cette terre. Révéler que les Juifs ne viennent pas de Judée paraît réduire la légitimité de notre présence ici. Depuis le début de la période de décolonisation, les colons ne peuvent plus dire simplement : "Nous sommes venus, nous avons vaincu et maintenant nous sommes ici" - comme l’ont dit les Américains, les Blancs en Afrique du Sud et les Australiens. Il y a une peur très profonde que ne soit remis en cause notre droit à l’existence. »

- Cette crainte n’est-elle pas fondée ?

« Non. Je ne pense pas que le mythe historique de l’exil et de l’errance soit la source de ma légitimité à être ici. Dès lors, cela m’est égal de penser que je suis d’origine khazar. Je ne crains pas cet ébranlement de notre existence, parce que je pense que le caractère de l’Etat d’Israël menace beaucoup plus gravement son existence. Ce qui pourra fonder notre existence ici, ce ne sont pas des droits historiques mythologiques mais le fait que nous commencerons à établir ici une société ouverte, une société de l’ensemble des citoyens israéliens. »

- En fait, vous affirmez qu’il n’y a pas de peuple juif.

« Je ne reconnais pas de peuple juif international. Je reconnais un "peuple yiddish" qui existait en Europe de l’Est, qui n’est certes pas une nation mais où il est possible de voir une civilisation yiddish avec une culture populaire moderne. Je pense que le nationalisme juif s’est épanoui sur le terreau de ce "peuple yiddish". Je reconnais également l’existence d’une nation israélienne, et je ne lui conteste pas son droit à la souveraineté. Mais le sionisme, ainsi que le nationalisme arabe au fil des années, ne sont pas prêts à le reconnaître.

« Du point de vue du sionisme, cet Etat n’appartient pas à ses citoyens, mais au peuple juif. Je reconnais une définition de la Nation : un groupe humain qui veut vivre de manière souveraine. Mais la majorité des Juifs dans le monde ne souhaite pas vivre dans l’Etat d’Israël, en dépit du fait que rien ne les en empêche. Donc, il n’y a pas lieu de voir en eux une nation. »

- Qu’y a-t-il de si dangereux dans le fait que les Juifs s’imaginent appartenir à un seul peuple ? Pourquoi serait-ce mal en soi ?

« Dans le discours israélien sur les racines, il y a une dose de perversion. C’est un discours ethnocentrique, biologique, génétique. Mais Israël n’a pas d’existence comme Etat juif : si Israël ne se développe pas et ne se transforme pas en société ouverte, multiculturelle, nous aurons un Kosovo en Galilée. La conscience d’un droit sur ce lieu doit être beaucoup plus souple et variée, et si j’ai contribué avec ce livre à ce que moi-même et mes enfants puissions vivre ici avec les autres, dans cet Etat, dans une situation plus égalitaire, j’aurai fait ma part.

« Nous devons commencer à oeuvrer durement pour transformer ce lieu qui est le nôtre en une république israélienne, où ni l’origine ethnique, ni la croyance n’auront de pertinence au regard de la Loi. Celui qui connaît les jeunes élites parmi les Arabes d’Israël, peut voir qu’ils ne seront pas d’accord de vivre dans un Etat qui proclame n’être pas le leur. Si j’étais Palestinien, je me rebellerais contre un tel Etat, mais c’est aussi comme Israélien que je me rebelle contre cet Etat. »

- La question est de savoir si, pour arriver à ces conclusions-là , il était nécessaire de remonter jusqu’au royaume des Khazars et jusqu’au royaume Himyarite.

« Je ne cache pas que j’éprouve un grand trouble à vivre dans une société dont les principes nationaux qui la dirigent sont dangereux, et que ce trouble m’a servi de moteur dans mon travail. Je suis citoyen de ce pays, mais je suis aussi historien, et en tant qu’historien, j’ai une obligation d’écrire de l’Histoire et d’examiner les textes. C’est ce que j’ai fait. »

- Si le mythe du sionisme est celui du peuple juif revenu d’exil sur sa terre, que sera le mythe de l’Etat que vous imaginez ?

« Un mythe d’avenir est préférable selon moi à des mythologies du passé et du repli sur soi. Chez les Américains, et aujourd’hui chez les Européens aussi, ce qui justifie l’existence d’une nation, c’est la promesse d’une société ouverte, avancée et opulente. Les matériaux israéliens existent, mais il faut leur ajouter, par exemple, des fêtes rassemblant tous les Israéliens. Réduire quelque peu les jours de commémoration et ajouter des journées consacrées à l’avenir. Mais même aussi, par exemple, ajouter une heure pour commémorer la "Nakba", entre le Jour du Souvenir et la Journée de l’Indépendance. »

Shlomo Sand est né en 1946 à Linz (Autriche) et a vécu les deux premières années de sa vie dans les camps de réfugiés juifs en Allemagne. En 1948, ses parents émigrent en Israël, où il a grandi. Il finit ses études supérieures en histoire, entamées à l’université de Tel-Aviv, à l’École des hautes études en sciences sociales, à Paris. Depuis 1985, il enseigne l’histoire de l’Europe contemporaine à l’université de Tel-Aviv. Il a notamment publié en français : « L’Illusion du politique. Georges Sorel et le débat intellectuel 1900 » (La Découverte, 1984), « Georges Sorel en son temps », avec J. Julliard (Seuil, 1985), « Le XXe siècle à l’écran » (Seuil, 2004). « Les mots et la terre. Les intellectuels en Israël » (Fayard, 2006)

(Traduction de l’hébreu : Michel Ghys)

Ofri Ilani

Jeudi 03 Avril 2008

www.haaretz.co.il/hasite/spages/965...

Version anglaise : Shattering a ’national mythology’

www.haaretz.com/hasen/spages/966952.html

http://www.protection-palestine.org...

COMMENTAIRES  

05/04/2008 18:31 par Amazigh

Je suis hilare ! Cette reine amazigh était juive ?! Que de spéculations...
Vous ne savez même pas écrire son prénom et vous osez prétendre connaitre sa religion !
Cette reine était une animiste, ce qui lui a valu son surnom arabe (kahina = prêtresse) ! Elle adorait les dieux tel que Anzar et Gurzil...
Faites des recherches et revenez en parler plus tard !
C’est fou ce que certaines idéologies peuvent faire dire aux gens...

06/04/2008 22:26 par Jeanne

P’être que ça vaut la peine de lire ceci :

(...) « A la question cardinale : « Est-il possible de percevoir les juifs comme un peuple territorial expulsé lors de la destruction du second Temple, et qui a survécu en tant qu’entité nationale pendant 2000 ans, », il répond par la négative. Aucun peuple n’est éternel. Au cours de l’histoire, des peuples se sont formés et dissous, et les juifs ne font pas exception à la règle. Si, dans l’Antiquité, au temps des royaumes d’Israël et de Juda, un peuple possédait une culture commune, c’est au moment de sa division que s’est formé et élaboré la religion juive, et c’est l’élite culturelle exilée à Babylone qui a fait du judaïsme une identité collective, rapportant les limites de son appartenance à la croyance de ses fidèles.

Une frange issue de cette nouvelle tradition a développé, en vase clos, des tendances « ethniques » et séparatistes - les livres d’Esdras et de Néhémie en sont les reflets idéologiques - mais cette croyance monothéiste d’avant-garde est aussi devenue la première religion universelle à pratiquer le prosélytisme. Car la croissance de la population juive dans l’Empire romain ne saurait s’expliquer sans reconnaître cette dynamique du judaïsme antique. Grâce à ces tendances prosélytes, ancrées dans toutes les tendances monothéistes, se sont crées des communautés juives en Afrique du Nord, au Yémen, et plus tard, dans le Caucase. (...)

Partant des hypothèses de travail inspirées par Max Weber, Boaz Evron établit que, à compter de la désintégration du peuple d’Israël, le judaïsme peut être perçu historiquement comme une culture religieuse diversifiée, transmises par des castes religieuses qui ont toujours été dépendantes des sociétés dans lesquelles elles vivaient. La Galut, l’« exil », n’a jamais constitué un état géographique, ainsi que l’historiographie sioniste a voulu la présenter, mais elle est bien un état existentiel sur lequel s’est constitué la définition de l’essence juive au cours des siècles. Toutes les tentatives de reconstitution de l’histoire des juifs comme histoire nationale d’un peuple territorial exilé issu d’une même origine recèlent d’insolubles contradictions internes. Les juifs n’ont jamais fait montre de normes culturelles laïques communes et se sont toujours intégrés à la langue et à l’économie des autres populations. (...)

Les mots et la terre, Shlomo Sand, Fayard (2006)

24/05/2008 02:54 par David

Bonjour,je suis de souche Juive-polonaise par mon pêre et Belgo-polonaise par ma mère.Il faut dire que je suis assez choqué par une sorte de sionisme idéologique truffé de slogans messianiques,ça me rappelle irrésistiblement ces sectes chrétiennes au USA genre Jesus-Christ super star à la guitare,le tout aureolé de roses et de musique au Pipo.En autres tous ces sites qui ne cessent de vouloir extraire la quintessence ethnique et biologique de la judaité me font peur.Pour ma part je ne sais pas dans quelle mesure les juifs descendent d’un tronc commun mais ce qui est certain c’est qu’il n’y a presque aucun rapport commun entre ashkenazes et sépharades si ce n’est la religion.Lors de ma première rencontre à l’âge de 15 ans avec des sépharades je fus perplexe ;qui étaient ces types au teint mat ?Avec le temps je ne voyais plus de rapport logique qu’il pouvait y avoir entre ces méditerranéens et la Vistule.Je pense que Israel est né pour sauver des hommes et ne doit en aucun cas dissoudre les juifs dans une sorte de moule unique et artificiel.Je m’interesse infiniment plus à la Pologne que au sionisme car c’était là le coeur du monde yiddish.L’histoire des Juifs-polonais couvre une période presque aussi longue que la période antique du judaisme.

05/04/2009 10:52 par baraa

Il suffit de voir le nombre de Blonds chez les Juifs originaires de Pologne (et simultanément le nombre de Polonais ou d’Ukrainiens à la peau mate et cheveux noirs jets) pour comprendre que les Juifs ashkénazes ne sont pas seulement le produit d’un croisement khazaro-hebraïque, mais qu’ils sont le produit d’un croisement khazaro-germano-slavo-romano-tataro-hebraïque (entre autre). Par conversions. (et par relations sexuelles plus ou moins légitimées par la suite au sein des familles et des notables religieux. Dans les villages de Pologne avant 1939, les Juives étaient beaucoup plus attrayantes pour les Jeunes paysans auprès desquelles ils apprenaient souvent à se "délurer", choses que les enquêtes sociologiques de l’époque confirment. Normal, elles avaient plus de contacts avec le monde moderne urbain, et depuis le Moyen Age avec l’Espagne andalouse qui avait enseigné l’art de la volupté aux femmes.) Toute l’histoire de l’humanité est une histoire de désirs de mélanges : de peuples, de races, de religions, de cultures, de voisins/voisines ou de nouveaux venu/e/s ; et toute l’histoire des pouvoirs, politiques, économiques, de classe, religieux, idéologiques est une histoire de création de barrières artificielles pour freiner cette tendance générale et garder son monopole du pouvoir. La crise du sionisme en cours n’est que la dernière des crises des ethnocentrismes racialisés inventés par le colonialisme européen au XIXe siècle pour légitimer sa domination et remplacer les religions archaïfiées, largement ethnicisées, devenues "identitaires" et non plus universalistes. La fin de l’apartheid en Afrique du Sud annonce ce qui se passe en ce moment même en Israël : la fin d’un mythe et le début d’un nouveau mélange à venir. Qu’on appelle cela universalisme, monothéisme, tawhid, internationalisme, comm- unisme, cela procède de la même source (de la même "pulsion" ?), qu’on peut qualifier de divine ou de scientifique ("naturelle"), selon ses inclinations. Les travaux de Sand sont à ce sujet fondamentaux, mais à bien considérer comme étant directement liés à la conjoncture historique actuelle, déconstructrice du XIXe-XXe siècle.

19/06/2010 18:50 par Kritikos

Mr Sand commet une erreur : l’optimisme.Les puissances musulmanes n’accepteront rien que la capitulation...
Les Français aussi ne sont pas tous de France.. et les haplogroupes les montrent aussi diversifiés que les Juifs ! En effet Mr Sand a raison : les Juifs sont des mélanges d’autochtones et d’immigrant(e)s juifs venus du Croissant Fertile propager leur foi !Mais, par la prise du pouvoir de l’Église à Rome au 4e siècles,ceux ci se sont vus confisquer le Droit à l’Universel (catholicité !) et confiner dans une Nationalité dont ils portaient encore la marque sur leurs passeports soviétiques encore récemment...
Une Nation DOIT POSSEDER UN SANCTUAIRE où elle se trouve détentrice de tous les droits souverains naturels pouvoir politique et régaliens : justice armée police, Langue et Culture, voire religion Majoritaire:fêtes chômées temples et
éducation.
Depuis des siècles (Mr sand devrait le demander à ses parents polonais, s’ils sont de ce monde), on a seriné aux juifs : ""Débarrassez-nous le plancher et retournez dans votre pays la Palestine"" nom donné à Eretz Israel par l’empereur Romain Hadrien en mesure de punition pour la guerre terrible de résistance que les Judéens avaient menée et qui avait tant coûté aux Romains....
Mr sand a raison d’un certain point de vue, mais il délire carrément pour le principal.

30/05/2011 00:28 par KhazarBek

Cette théorie de Shlomo Sand ne tient pas la route. Il suffit d’observer les études génétiques sur les sépharades pour voir qu’il y a un très fort taux d’haplogroupe G. Or cet haplogroupe est typique du caucase et certainement pas d’afrique du nord. De plus les communautés juives sont attestées en Espagne avant l’arrivée de l’Islam. Sinon comment expliquer que les Wisigoths aient expulsé les juifs d’Espagne dès le 7ème siècle ? De plus une partie des juifs d’Espagne sont venus de France et d’autres contrées. Des ashkenazes ont aussi été assimilés parmi les sépharades (juifs de Hongrie expulsés au moyen age et s’installant en Bulgarie, juifs d’Alsace en Espagne etc. Donc ils se sont mélangés. De même les Khazars se sont mélangés avec des juifs de Crimée, des juifs du Caucase etc.

27/03/2013 20:35 par tiso

les khazars et les mongols : dans le livre secret des mongols, il y est fait mention de la correspondance avec le roi philippe le bel, celui qui dénatura la monnaie et fit condamner l’ordre du temple, quand on lit la légende d"alan qo’a, on constate que les cinq flêches du blason des rothschilds sont typiquement mongols. ils avaient décidés de s"occuper de Jerusalem, pour celà ils se convertissent au judaïsme, et ill est vrai que les palestiniens actuels sont les descendants des israëlites. Dans l’aéroport de denver au colorado, les fresques montrent trois cerceuils, celui de la race noires, de la race rouge et de la race blanche, mais non de la race jaune, celle des mongols, la plaque du hall indique la date du 19 mars 1994, par addition celà donne l’année 2016.

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