Ils veulent nous faire payer deux fois !

Pendant que nos dirigeants nous effraient avec la menace d’une explosion de l’Europe (qui n’arrivera pas), les perspectives continuent de s’assombrir et les «  plans de sauvetage » s’accumulent sans donner le moindre résultat. Chaque jour les sacrifices exigés des pauvres pour soutenir l’économie augmentent, alors même que la situation se détériore à mesure qu’ils sont successivement acceptés et validés.

Parallèlement, le nombre de «  soupçons » concernant l’intégrité des grandes institutions financières (et de leurs dirigeants) se multiplient, du Libor Gate en passant par la HSBC et jusqu’à Mario Draghi (celui qui avait travaillé pour Goldman Sachs et que l’on soupçonne d’avoir contribué à maquiller les comptes de la Grèce), sans oublier le scandale des paradis fiscaux en Franceou à l’échelle internationale, ni quelques autres «  affaires » qui allongent une liste malheureusement non exhaustive…

Cela va donc bientôt faire 5 ans que la crise perdure, et personne ne semble encore vouloir faire le lien entre ces deux éléments qui pourtant font sens si l’on veut bien se donner la peine d’y réfléchir une minute. Et si les sacrifices que l’on exige du peuple pour sauver un système corrompu n’étaient justement que la conséquence de cette corruption ? Alors que les institutions financières ont créé par leurs pratiques criminelles la situation qui nous a appauvri jusqu’à aujourd’hui, ils exigent en plus ce soient ceux qui en ont déjà pâti une fois qui payent une seconde fois - non pas pour nous sauver «  nous »- mais pour se sauver «  eux » !

Car ce qu’on nous demande aujourd’hui n’est rien d’autre que de payer une seconde fois. La première enveloppe d’aide aux banques a été forcément été détournée de son objectif affiché, puisque le crédit ne s’est pas détendu, que la croissance n’est pas revenue, que les investissements et l’emploi non plus. La seule chose que nous pouvons constater, c’est que les entreprises du CAC40 ont en 2011 accumulé plus de 70 milliards de bénéfices

Et il n’y a personne dans les rues pour exiger des explications, pas un procès de la part de ces citoyens bernés deux fois, pas une manifestation unitaire ni même une misérable pétition ! Tout le monde semble aujourd’hui s’être résigné à l’inutilité de ces actions, et tout le monde sait bien que tous ces tricheurs sont protégées par la Loi des hommes de paille que sont les dirigeants de nos Etats - grâce à des sommes formidables ; et avec l’argent qu’ils ont volé à leurs victimes.

Rendez-vous compte, non seulement on nous vole une partie des fruits de notre labeur, et en plus on voudrait nous demander d’en donner davantage ; et avec le sourire s’il-vous-plaît.

Mais en acceptant les sacrifices nous ne sauvons pas notre bonheur présent, nous ne faisons que saboter notre bonheur futur. C’est une erreur grave, et sans doute historique.

Et le jour où la BCE aura injecté de l’argent pour les banques, il ne faudra pas croire que l’Europe est sauvée, et nous avec. Au lieu de sauter de joie nous ferions mieux alors de nous inquiéter, car l’argent sera bien pris dans les poches de quelqu’un : le peuple.

Tandis qu’en mettant en prison tous ces tricheurs et tous ces menteurs qui décident pour nous (et contre nous), en rendant transparents les comptes ou en supprimant les paradis fiscaux, nous trouverions aisément l’argent qui nous manque pour conserver notre niveau de vie intact -et peut-être même plus.

N’y a-t-il donc rien d’autre à faire qu’attendre ? Et pourquoi pas, après tout ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

COMMENTAIRES  

07/08/2012 15:35 par E.W.

Ils ne veulent pas nous faire payer deux fois Caleb, ils veulent nous faire payer une énième fois. Les honnêtes gens ont pour habitude d’exploiter les pécores dans une sorte de darwinisme socio-financier aux antipodes de l’humanisme. Comme je le (re)dis ici, les oligarques ont acquis de très tôt leur conscience de classe et depuis ce jour (qui doit se situer quelque part autour d’un certain juillet 1789) ils livrent au bas peuple une guerre sans merci ; guerre au cours de laquelle ils ont développé des techniques de maintien de la paix sociale (lire : de préservation de leurs biens) aussi sournoises qu’efficaces.

N’y a-t-il donc rien d’autre à faire qu’attendre ? Et pourquoi pas, après tout ?

Parce que c’est totalement hors de propos, parce que nous sommes les héritiers d’une lutte séculaire, parce que le destin infini de l’humanité (s’il m’est permis de paraphraser Jaurès) s’offre à nous et nos ennemis combattrons aujourd’hui encore le soleil dans les yeux.

Oh, je comprends la lassitude, la fatigue de tant d’impuissance, c’est assez de batailles perdues, de sacrifices consentis, de cris, de larmes et de sang. Nos chers oligarques le comprenne aussi, soyons assurés qu’ils comptent bien sur notre inertie.

Alors non, nous ne serons pas les citoyens dociles de l’oligarchie, d’éducation collective en désobéissances civiles nous nous arracherons des griffes du monstre capitaliste, nous reconquerrons chaque parcelle de vie volée et nous façonnerons patiemment la démocratie. Tout est à faire.

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