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Guerre en Syrie : peut-on faire taire les armes ?

On est le 15 décembre : depuis une semaine, les médias mainstream, partout en Europe, ne cessent de passer en boucle un message : « massacre à Alep ».

Bachar Al Assad et Poutine sont les nouveaux démons : les hommes à abattre, des bouchers sanguinaires. L’Iran en prend également pour son grade, et les milices du Hezbollah, chiite, également.

Des progressistes en France se font les relais de cette campagne médiatique, et s’émeuvent en observant des rues éventrées, des cadavres abîmés, des « habitants d’Alep » et « journalistes » dont on peut suivre les Tweets et messages heure après heure. On parle d’impuissance de l’Occident [1]… et ce sont toujours les mêmes qui, dans les médias, nous assènent en boucle leur indignation monnayée : Laurent Joffrin, le fils Glucksmann, Nicole Ferroni en larme, Christophe Barbier courant de plateau en plateau télé… Ca fait « chic » de citer Grozny, Guernica, Sarajevo… [2] , on parle des « goulags » d’Assad, on évoque « la Corée du Nord », on parle « d’extermination », de « génocide », de « terreur »… on attendait de voir la mort en direct de nos amis syriens en vue : Hadi Alabdallah [3], Lina Shamy [4], Mr_Alhamdo [5], Monther Etaky [6] (qui se plait à relayer Bilal Abdul Kareem [7] qui lui même relaye la propagande des djihadistes « rebelles » d’Alep [8])…en vain.

Passé ces effets larmoyants et l’indignation à coup de projecteurs : le summum aura été l’extinction de la Tour Eiffel… on est en droit de se demander : qu’en est-il en réalité ? Et que pose comme questions la bataille d’Alep ? Que faut-il en penser ?

Premièrement, Alep, deuxième ville du pays, où le soufisme est très présent, n’est jamais tombé entre les mains des rebelles. Il n’y a jamais eu de soulèvement populaire massif dans la ville contre Al Assad et les autorités locales. La bataille d’Alep a débuté le 19 juillet 2012 par une offensive rebelle venant du nord, des frontières turques, et de groupes paramilitaires divers dont le plus important est le Liwa al-Tawhid, groupe proche des Frères musulmans, probablement armé et financé rapidement par la Turquie, et dont le chef est Abd al-Qader Salah, marchand de céréales, islamiste « modéré » qui veut bâtir un « État islamique issu d’élections libres ». Il n’est pas le seul à être islamiste « modéré » et fait partie d’un petit groupe de joyeux lurons très influents dans l’opposition à Al-Assad : avec Hassan Abboud de Ahrar al-Sham, Ahmad Aisa al-Shaykh du groupe Suqour al-Sham Brigade et Zahran Alloush de Jaysh al-Islam. Sans préjuger de ses liens troubles avec la Turquie, il est important de retenir –tout de même- qu’Abd al-Qader Salah mourra dans un hôpital turc des suites de ses blessures au combat à Alep, fin 2013.

C’est donc à partir de juillet 2012 que ces groupes s’installent à Alep-Est et organisent la scission de la ville en deux parties, après avoir tenté de prendre le contrôle de la totalité des quartiers via les méthodes classiques des groupes paramilitaires. Alep avait déjà connu ce genre d’intrusion…de triste mémoire. Les quinquagénaires aleppins se souviennent bien de l’écrasement de l’insurrection de 1979-1982, lorsque des fanatiques islamistes des régions du nord et d’Alep menaient des actes terroristes quasi quotidiennement, en posant des bombes dans des gares, des restaurants, des services publics, assassinaient des militants du parti Baas, des communistes, des syndicalistes, visant les chrétiens et les alaouites tout particulièrement. Trempait alors dans ce bain de sang, à l’époque, Ali Sadreddine al-Bayanouni, vieux responsables des Frères musulmans de Syrie, à leur tête entre 1999 et 2010, exilé depuis à Londres, et son successeur Mohammed Riyad Al Chaqfeh qui sert encore aujourd’hui d’autorité morale à tout ce petit monde, directement d’Istanbul [9] !

Il faut donc bien comprendre que ces groupes paramilitaires sont financés et armés par les puissances étrangères [10], notamment la France depuis au moins 2013, comme le révèle Le Monde en août 2014. Toutes les puissances régionales sunnites s’y mettent et c’est une véritable organisation internationale qui se met en place pour littéralement fabriquer une/plusieurs armées dites « libres » [11].

Mais malgré un lourd passif sanglant, cela n’empêchera pas l’homme d’affaires Riad Seif, d’exprimer son soutien à tous ces beaux rebelles islamistes, déclarant devant une presse béate et contente d’enfin trouver des interlocuteurs sérieux et unis pour remettre en cause le pouvoir dictatorial d’Al Assad : « Les islamistes syriens sont connus pour leur modération » [12]. Pour resituer, Riad Seif a été reconnu fin 2012 comme l’un des chefs de la Coalition nationale syrienne, organisation légitimée par plus de 100 pays réunis à Marrakech pour l’occasion. Mouaz al-Khatib, le président de la Coalition, sera par ailleurs soutenu par toute la communauté internationale, dont la Russie, pour ses tentatives de résolution pacifique du conflit. Mouaz al-Khatib, sous ses airs bonhommes, n’en reste pas moins un islamo-conservateur en accord avec Youssef al-Qaradawi, théologien éminent des Frères Musulmans, interdit de circulation dans tous les pays à peu près sensés à cause de son soutien aux organisations terroristes, sans parler de son antisémitisme et de son rêve de faire d’Erdogan le nouveau Calife… M’enfin…l’important, c’est que la photo de famille rende bien, et que la France et les États-Unis applaudissent à la fin : « Nous avons hâte de soutenir la coalition nationale qui ouvre la voie à la fin du régime sanglant d’Assad et à l’avenir de paix, de justice et de démocratie que mérite le peuple entier de la Syrie » [13].

Pourquoi est-ce si important de s’intéresser aux origines des groupes rebelles qui combattent et veulent prendre le pouvoir à Alep ? Parce que dans une situation de guerre, il y a deux belligérants, et c’est particulièrement vrai à Alep. La ville est la proie des combattants loyalistes et rebelles depuis 2012. La ville possède un intérêt stratégique et également politique : celui qui la contrôle gagne un crédit considérable auprès de la communauté internationale et fait la démonstration de sa capacité et de sa légitimité à revendiquer le pouvoir. Dans ces conditions, comment croire que les syriens avaient leur mot à dire ?! Quels sont les liens entre les manifestants de 2011 et les rebelles armés de 2012 ?

Pour en revenir à Alep, la capitale économique de Syrie possédait avant le conflit 2,3 millions d’habitants répartis sur 190 km2. Dès juillet 2012, les observateurs internationaux savent que le conflit n’oppose plus le régime dictatorial d’Al Assad à son peuple « martyr » mais bien deux forces armées qui se font face dans un duel à mort. Tout but, toute finalité dans ce conflit devient un but, une finalité de guerre. C’est d’ailleurs pour cela que les civils d’Alep avaient déjà fuit la ville depuis le début des opérations de guerre, c’est à dire après l’envahissement des quartiers est de la ville par les troupes paramilitaires rebelles, et non avant ! Et que le soutien massif des aleppins aux armées rebelles n’a jamais existé de manière homogène [14]. Par ailleurs, si Alep-Ouest voyait encore sa population compter 1,6 millions d’habitants, il est surprenant de s’apercevoir que les 50% de la ville contrôlée par les rebelles n’avaient que 250 000 habitants maximum. L’état de siège entre 2012 et 2015, c’est Alep-Ouest qui a dû le subir…avec une majorité de sa population, et des milliers de réfugiés qui fuyaient les zones de combat. L’ONU a reconnu ces derniers mois que près de 50 000 habitants avaient rejoint Alep-Ouest, et que la prise par les loyalistes des quartiers permettaient à d’autres syriens de ne plus être en zones de conflit. Et si les bombardements et combats ont fait plus de 1 500 tués civils, que le massacre supposé de 82 civils n’a pas pu être retenu par les organisations internationales comme relevant de crimes de guerre imputables aux armées d’Al Assad (l’ONU a même explicitement dit que rien ne pouvait prouver cette assertion…), il n’en reste pas moins qu’on est loin du « massacre » et du « génocide » dénoncé par les partisans de l’ingérence diplomatique, militaire et politique, la France en tête.

On comprend mieux aussi pourquoi à l’ONU, la diplomatie russe a refusé jusqu’alors de considérer toutes les parties prenantes comme étant égales ! Le nouveau président de la Coalition nationale syrienne, Al-Abdeh explique en mars 2016 : « Le refus de la Russie d’inclure certains éléments de l’opposition, tels que l’Ahrar al-Sham al-Islamiyya et le Jaysh al-Islam, peut être attribué au désir de la Russie d’avorter la révolution [syrienne]… Les deux groupes sont des composantes essentielles de la révolution et les deux sont considérés comme très modérés’, a-t-il ajouté. ’Une résolution politique ne peut pas être réalisée sans eux » [15].

Mais ce n’a pas été le choix de la diplomatie française. Nous avons tous en tête la phrase du Ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius : « Sur le terrain, Al Nosra fait du bon boulot »… D’ailleurs, on sait désormais que si des étrangers (et pas moins de 1 900 français) se sont engagés pour aller faire le djihad en Syrie, c’était pour devenir des moudjahidines martyrs et pour imposer la charia. Cela a été possible grâce à une campagne savamment orchestrée…depuis la France ! [16] En effet, le 7 février 2012, une déclaration de théologiens musulmans est relayée par l’UOIF. Cette déclaration invite les fidèles à s’engager : « les musulmans doivent apporter à l’Armée Syrienne Libre les moyens matériels et symboliques dont elle a besoin (…) ils doivent la soutenir, l’améliorer, la renforcer et la rejoindre ». Et qui retrouve-t-on comme signataire de cet appel ? Youssef Al-Qaradawi, président de l’Union mondiale des Oulémas musulmans… D’ailleurs, dans un rapport sénatorial (n°757 du 5 juillet 2016), le Président du Conseil Français du Culte Musulman M. Anouar Kbibech reconnaît : « Je fais mon mea culpa : au début, nous avons sous-estimé le phénomène de radicalisation. Même François Hollande était prêt à aller en Syrie pour combattre le dictateur qui persécutait son peuple. Nous avons perçu l’engagement des jeunes qui se sont mobilisés comme un engagement humanitaire. Puis nous avons vu partir des familles entières, des jeunes filles – 40 % des départs ! Cela nous a fait prendre conscience de la gravité de la situation. Dès mai-juin 2014 nous avons organisé un colloque sur le sujet », p.263 dudit rapport [17].

On pourra ainsi croire que les djihadistes français se seraient engagés aux côtés de Daesh… c’est méconnaître la structuration des groupes rebelles : car c’est bien dans le nord de la Syrie et notamment à Idleb que se sont constituées les plus importantes filières de recrutement étranger. Bernard Cazeneuve le reconnaît lui-même volontiers : depuis les défaites successives des rebelles, les français radicalisés sont moins enclins à partir… [18]. Ceux qu’on combat en France pour leurs actes de terreur seraient-ils des alliés objectifs des puissances occidentales en Syrie ? Seraient-ce eux les démocrates encerclés et assiégés à Alep ? La Russe n’a-t-elle d’autres intérêts que de bombarder « le peuple syrien » et se rendre coupable de « génocide » ? On voit de suite que c’est ridicule.

C’est d’autant plus ridicule que même Washington s’accorde avec la Russie sur les conditions d’une trêve. Et on peut estimer que ce fut là le réel enjeu de tout le boucan médiatique de ces derniers jours : les puissances occidentales auraient voulu empêcher par tous les moyens la communauté internationale de trouver une résolution pacifique, dans des conditions favorables au régime de Damas. En vérité, on comprendra la proposition de cessez-le-feu général proposé par la Russie le 16 décembre à la lumière des négociations qui n’avaient pas abouties en septembre ! [19] Et non en considérant qu’après avoir repris Alep, les Russes, par cynisme, feraient une proposition opportuniste…

Que peut-on conclure de tout cela ? On est en droit de penser qu’il est totalement erroné de considérer que le conflit syrien serait un conflit entre un régime dictatorial et un peuple homogène et unanimement opposé au régime. C’est même faire fi des réalités du terrain et des enjeux internationaux qui se jouent. D’abord, l’intervention russe en Syrie n’intervient qu’en septembre 2015…soit 3 ans après le début du conflit…et de l’intervention des forces de l’OTAN et des pays arabes. La diplomatie russe, entre 2012 et 2015, n’a jamais fermé la porte à des négociations pour assurer une transition démocratique en Syrie.

Si le premier problème syrien a été effectivement l’écrasement brutal et sanglant des manifestations du Printemps syrien, il n’en reste pas moins que les forces opposées au régimes étaient multiples et aux intérêts contradictoires. La mise de Al Assad au ban des Nations, et notamment de l’Organisation de la Coopération Islamique [20], aura permis aux gouvernements Turcs et Français d’exercer un droit d’ingérence intolérable pour tout progressiste qui se respecte. D’un côté, Erdogan ne voyait que trop bien l’opportunité qu’il avait d’éradiquer les forces démocratiques kurdes ; de l’autre les français, dont l’intervention en Syrie renoue clairement avec sa tradition coloniale d’un territoire que les diplomates bourgeois français considèrent comme un héritage, voulant se tailler une part du gâteau syrien tout en se drapant dans les soi-disant vertus de la démocratie universelle.

Le second problème aura été la militarisation du conflit. Quelles sont les organisations qui auront alerté sur les dangers d’une militarisation à outrance ? Sur l’armement des groupes djihadistes ? Qui aurait manifesté pour empêcher la France de bombarder Damas, comme cela a été proposé en 2012 ?

Il serait faux et injuste d’attribuer l’escalade du conflit uniquement à Al Assad et son régime : parce que les groupes rebelles djihadistes, les kurdes, les milices libanaises et palestiniennes, les groupes chiites afghans, Daesh, les militaires irakiens, les forces américaines en Irak, les conseillers spéciaux français, l’aide matérielle turque, tous sont comptables des destructions et de la violence. Sans qu’aucun n’ai plus de légitimité que les autres, aux yeux des victimes civiles.

Alors, lorsque l’émissaire des Nations Unies, Staffan de Mistura expliquait sérieusement en octobre qu’il fallait laisser partir les djihadistes d’Alep pour faire taire les armes, on aurait pu croire que c’était le régime de Damas qui s’arc-boutait sur ses positions [21] et refuserait de laisser partir les terroristes. Or, ce sont les terroristes d’Al Nosra eux-même qui, par leur intransigeance, on voulu prolonger les opérations militaires [22]… comme Daesh l’avait voulu lors de la bataille de Kobané ou actuellement à Mossoul. Les rebelles l’arme au poing ne sont pas les seuls à vouloir continuer les combats : l’opposition syrienne, si « modérée » nous dit-on, a même réclamé la démission de Staffan de Mistura… et refuse de « marchander » avec Damas au sujet de la résolution du conflit [23].

On voit bien que la solution au problème syrien ne pourra venir que de négociations réunissant tous les protagonistes autour d’une même table, sans préjugé ni prérogative. Le 19 décembre, le vote par le Conseil de Sécurité de l’ONU de la résolution française de voir à Alep des observateurs internationaux est un bon signe : et ni la Syrie, ni la Russie n’ont protesté contre cette résolution. On pourrait s’attendre à ce que des observateurs internationaux aillent également à Homs assiégée par les rebelles, ou à Idlib, pour constater les dégâts commis par les troupes djihadistes rebelles [24] en passe de fonder un émirat islamiste [25]. Il faudrait également exiger l’arrêt du soutien de la Turquie à toutes les forces djihadistes dans la région, et la fin des massacres perpétrés au Kurdistan turc, où la destruction totale de quartiers de Sirnak [26]. Le rapprochement diplomatique entre la Turquie et la Russie laisse espérer que le dialogue va pouvoir reprendre entre les différentes puissances de la région [27].

Quoi qu’il en soit, l’ingérence des puissances de l’OTAN, alliées des islamistes pour l’occasion, aura eu comme conséquence pratique de totalement détruire l’opposition laïque et démocratique syrienne. S’il y avait encore en 2012 des espoirs quant à voir la société civile s’organiser pour assurer une transition démocratique face à Al Assad, cet espoir s’est envolé avec la militarisation à outrance. De plus, la perspective de mise en pratique de la nouvelle constitution syrienne [28] qui assure la pluralité des partis politiques, un état laïc, et la limitation du mandat de Président semble de plus en plus compliquée tant que la Syrie n’aura pas retrouvé sa stabilité. Enfin, l’unité du pays et son caractère laïc ne saurait être remis en cause, et doivent être défendus. Dans ce cadre, le peuple kurde de Syrie, dont les organisations dialoguent avec Al Assad, proposent la constitution de régions confédérées dont le ciment serait la démocratie communale, les droits sociaux, et le caractère laïc.

Pour terminer, le retour de la Russie sur la scène internationale, tant diplomatiquement que militairement est un réel tournant. Certains s’en offusquent, d’autres s’étouffent, d’autres encore appellent à l’affrontement. Cette stratégie du choc, de conflits entre blocs, doit être combattue en priorité. Les Bernard-Henri-Lévy en herbe et la deuxième gauche seront toujours présents pour jeter le trouble sur les événements : l’avancée et l’intervention des forces militaires de l’OTAN est systématiquement passé sous silence. Les crimes de guerre commis par les troupes de l’OTAN, la France en particulier lors de son intervention en Libye, sont systématiquement éludés [29]. Les intérêts géostratégiques qui impliquent le partage des territoires, le Golan, le Kurdistan, l’accaparement et le contrôle des ressources pétrolifères, voilà les réelles causes de l’embrasement syrien et de la généralisation des opérations militaires de part et d’autre.

Désormais, les coups tordus de la géopolitique OTANnienne ne pourront plus s’accomplir en toute impunité. En effet, est-il besoin de rappeler que depuis 38 ans le mouvement djihadiste est systématiquement soutenu par les forces impérialistes occidentales ? L’invasion et la déstabilisation de l’Afghanistan par les troupes Talibans et Oussama BenLaden dès avant l’intervention soviétique en 1979, les guerres du Golfe, la formation par Al Qaïda de dirigeants du Groupe Islamique Armé qui mettra à feu et à sang l’Algérie puis la France via les attentats de 1995, la destruction de l’Irak pour des motifs fallacieux de l’administration Bush, la destruction de la Libye et l’utilisation des forces djihadistes au Sahara, et désormais l’impunité qu’ont pu connaître les djihadistes de Daesh et d’Al Qaïda en Syrie et en Irak, jusqu’aux attentats en Europe… c’est peut-être cette période qui est en train de se refermer avec la montée en puissance de la Russie sur la scène internationale.

Le Moyen-Orient sera-t-il en capacité de tourner enfin la page des désastreux accords Sykes-Picot et du traité de Sèvres ?

Ainsi, si l’on veut une politique assurant la paix, il faudra combattre ceux qui font le choix de l’affrontement systématique par Nations interposées. Le démantèlement de l’OTAN, outils de l’impérialisme français [30], reste la priorité si l’on veut construire la paix. De même, une réforme en profondeur de l’ONU est nécessaire pour qu’elle cesse d’être impuissante à agir face aux exactions que peuvent commettre tels ou tels gouvernements de par le monde. Faire taire les armes est possible, reconstruire la Syrie aussi, encore faut-il ne pas crier avec les pompiers pyromanes…

Clément Lorillec


COMMENTAIRES  

30/12/2016 10:59 par aldamir

L’auteur de l’article omet volontairement la principale cause de tout le chaos déclenché avec son lot de destructions massives et de massacres barbares de populations civiles , en Syrie pour briser l’axe du refus de l’existence de l’entité sioniste artificiellement créée en Palestine pays souverain ancestral de l’humanité, en violation flagrante de toutes les conventions et lois internationales. Car tous les bouleversements ,les destabilisations et les conflits déclenchés au Moyen-Orient trouvent leur cause uniquement depuis plus de 70 ans ,c-à-d depuis l’implantation illégitime de l’entité sioniste. Pour régler un mal et un corps étranger quel qu’il soit, il suffit d’en supprimer la cause. C’est la seule solution par l’abrogation de cete implantation qu’on pourra ramener et restaurer la sécurité et la paix de nouveau dans le corps du Moyen-Orient.

30/12/2016 20:50 par D. Vanhove

Excellent article... qui remet bien les choses en perspective

@aldamir : même si Israël est un enjeu d’importance, je ne pense pas que la cause principale de cette guerre en Syrie soit l’entité sioniste à préserver coûte que coûte... je pense que le principal objet reste - comme le rappelle d’ailleurs le Président syrien lui-mm - une question d’oléoduc (voir : http://french.almanar.com.lb/170535)

je crois que la question est tellement grave de conséquences en termes de vies humaines, qu’il ne faut pas non plus projeter "nos" analyses sauvages sur une situation bien plus complexe et sournoise que de tout réduire à la seule colonie israélienne... Si un jour les USA font le calcul que soutenir cette entité leur coûte plus que cela ne leur rapporte, il la laisseront tomber comme une pierre au fond d’un puits... et l’UE suivra, comme tjr...

Israël redoute d’ailleurs que cette guerre ne finisse par lui enlever le Golan syrien qui reste occupé et que l’armée syrienne aidée de ses alliés russes pourraient bien vouloir récupérer dans la foulée... et les USA ni l’UE ne feront rien pour aider Israël à conserver ce qui ne lui appartient pas...

31/12/2016 01:19 par Feufollet

Cet article m’apparaît bien cohérent avec les autres informations alternatives
aux médias de propagande.
Quand à l’engagement de la France, je la traduit par son inféodation totale
à la géo-politique USA-sioniste et à son propre CMI.
Les vieilles histoires de velléités coloniales ne me semblent pas crédibles.
Par contre, un conflit de ce genre peut servir aussi de moyen de pression sur l’opinion
publique et détourner celle-ci des problèmes de politique intérieure.
Un président "poire" peut ainsi s’inscrire dans l’histoire des "grands hommes" même étant minable
J’aimerais vous proposer sur le sujet, le dernier texte de Jean Bricmont
Ses analyses me sont toujours exquises. On y découvre entre autre, l’imposture médiatique
de Julien Salingue.
https://francais.rt.com/opinions/31480-lettre-ouverte-defenseurs-droits-homme-alep

31/12/2016 10:31 par macno

D’accord avec D. Vanhove, et effectivement "excellent article".
Il faut se (re)plonger dans un (indispensable et aussi excellent) article passé ici même en 2 parties :
1) https://www.legrandsoir.info/le-mythe-sunnite-de-washington-et-les-guerres-civiles-en-syrie-et-en-irak-war-on-the-rocks.html
2) https://legrandsoir.info/le-mythe-sunnite-de-washington-et-la-destruction-du-moyen-orient-2-war-on-the-rocks.html
Dont voici la conclusion :
« L’astéroïde américain qui a frappé le Moyen-Orient en 2003 a brisé l’ordre ancien. Ces plaques tectoniques sont encore en mouvement. Le résultat ne sera pas la fin des anciennes frontières, comme beaucoup l’ont prédit ou même souhaité. Ce ne sera pas non plus l’effondrement total des États. Le nouvel ordre évolutif conservera les frontières formelles, mais les États centraux n’auront plus le plein contrôle, ni toute la souveraineté, sur tout leur territoire. Ils devront compter sur des alliances souples et changeantes avec les tenants des pouvoirs locaux, et ils gouverneront de façon moins centralisée. Accepter cela et soutenir des arrangements fédéraux plus souples pourrait être la meilleure manière d’apaiser les craintes, de guérir les blessures, et d’apporter la stabilité. »

Et depuis des dizaines d’années il y en a eu beaucoup trop de ces "astéroïdes" de par le Monde, il est vraiment temps que ça cesse...
C’est à Astana la capitale kazakhe, au cœur de l’Eurasie, tout un symbole, que les négociations de paix commenceront en janvier. Les Occidentaux n’y sont pas "invités", encore un autre "symbole"...
http://www.comite-valmy.org/spip.php?article8055

31/12/2016 14:44 par Chris DEL

Merci de ce rappel concernant juillet 2012, oubli compréhensible pour qui n’est pas collé sur la guerre en Syrie

La bataille d’Alep a débuté le 19 juillet 2012 par une offensive rebelle venant du nord, des frontières turques, et de groupes paramilitaires divers dont le plus important est le Liwa al-Tawhid, groupe proche des Frères musulmans, probablement armé et financé rapidement par la Turquie, et dont le chef est Abd al-Qader Salah, marchand de céréales, islamiste « modéré » qui veut bâtir un « État islamique issu d’élections libres ». Il n’est pas le seul à être islamiste « modéré » et fait partie d’un petit groupe de joyeux lurons très influents dans l’opposition à Al-Assad : avec Hassan Abboud de Ahrar al-Sham, Ahmad Aisa al-Shaykh du groupe Suqour al-Sham Brigade et Zahran Alloush de Jaysh al-Islam. .../... C’est donc à partir de juillet 2012 que ces groupes s’installent à Alep-Est et organisent la scission de la ville en deux parties, après avoir tenté de prendre le contrôle de la totalité des quartiers via les méthodes classiques des groupes paramilitaires.

31/12/2016 14:54 par Autrement

Merci aussi à Feufollet pour l’excellent article de Jean Bricmont, sur (contre) le prétendu droit "d’ingérence humanitaire", pourtant condamné par l’ONU à la suite de la Seconde guerre mondiale :

"on y découvre entre autre, l’imposture médiatique de Julien Salingue",

.
Ci-dessous, chapeau de l’article et exposé des motifs de sa Lettre par l’auteur :

Des « tartuffes », des « hypocrites », des « salauds »... L’essayiste belge Jean Bricmont ne mâche pas ses mots, en s’indignant des intérêts réels de ceux qui prétendent défendre les droits de l’homme en Syrie.

Tout d’abord, ceci n’est pas une attaque contre les droits de l’homme, comme idéal à atteindre, et le titre complet de l’article devrait être : « Lettre ouverte à ceux qui invoquent sélectivement les droits de l’homme pour justifier la politique d’ingérence des puissances occidentales dans les affaires intérieures des autres pays. »
En effet, la seule question qui mérite d’être discutée à propos de l’affaire syrienne, ce n’est pas la situation sur le terrain (qui est sans doute compliquée), mais la légitimité de la politique d’ingérence des États-Unis et de leurs « alliés », c’est-à-dire des Européens, de la Turquie et des États du Golfe, dans ce pays.

Sur ce, bonne année à tous, longue vie au GS, bon centenaire des soviets, et que vienne le Temps des cerises !

31/12/2016 21:19 par depassage

@ Macno et D.Vanhove
L’article est positif, il ose une autre perception des choses, mais n’empêche qu’il reste charger de beaucoup de poncifs et d’à-peu-près pour ne pas dire de préjugés. Il conforte, dans un certain sens, tout contre quoi on lutte consciemment ou inconsciemment, mettre fin à notre arrogance de vouloir tout dominer, des plus faibles que nous à l’ensemble de la nature sans aucun discernement. Le temps ne s’arrête pas et les dates ne veulent rien dire. Pour moi, tout a commencé avec l’élection d’Erdogan quand les féministes américaines soutenaient sa candidature en expliquant que sa femme a commandé son foulard à un désigner autrichien de renommé. Si cela est un fait, moi, je ne fais que plaisanter sur les dates et le commencement des événements. Que cache-t-elle la date de 2012, elle cache le fait de revenir aux manifestations de 2011 et de les innocenter parce qu’elle avait comme but la démocratisation de la Syrie, alors qu’elle était démocratique plus que n’importe quel pays au monde si on comprend bien le sens de la démocratie de notre temps et qu’on ne se sert pas comme justificatif pour écraser plus faible que soi.
Au sujet d’aldamir, il a raison et tort à la fois. On ne peut pas rejeter tout sur Israël, mais elle contribue à donner une vision erronée sur notre monde. Rien ne peut empêcher les musulmans ou les Chrétiens de voir en Israël un pays religieux et que s’il a réussi, c’est par son attachement à sa religion. Pour moi, l’humain est un humain comme un chien est un chien et rien d’autre, mais je préfère naturellement l’humain au chien.
Je vous donne un exemple des ségrégations quand elles se veulent :
Dans le dictionnaire Larousse , voyons amen :
amen « qu’il en soit ainsi », et qui sert de conclusion à une prière ou à une doxologie dans les liturgies juives et chrétiennes.
Et ils ont oubliés les musulmans qui disent la même chose.

01/01/2017 16:50 par macno

@ depassage
Que cache-t-elle la date de 2012, elle cache le fait de revenir aux manifestations de 2011 et de les innocenter parce qu’elle avait comme but la démocratisation de la Syrie, alors qu’elle était démocratique plus que n’importe quel pays au monde

Je n’ai pas trop voulu entrer dans certains "détails" un peu contestables de cet article, disons pour résumer que les armes étaient déjà prêtes en 2011, et que l’objectif de détruire l’État Syrien était dans les "cartons" depuis....longtemps. Il faut écouter la "bombe" qu’a lancé Roland Dumas :
Il raconte que 2 ans avant que les hostilités commencent en Syrie il avait rencontré des responsables anglais qui lui ont avoué, en le sollicitant, qu’il se préparait quelque chose en Syrie...
(faire Roland Dumas, Syrie, vidéo, le lien ne passe pas, motif ressemble à un spam !)
Il confirme le fait que les premières victimes par balles syriennes ont été du côté des policiers...De très nombreux témoignages sont allés dans le même sens : les premiers tirs sont venus côté manifestants, ce qui ne signifie aucunement qu’ils en furent les auteurs.
Le but de "démocratisation de la Syrie" ne tient pas la route.
L’article en 2 parties dont j’ai passé les liens est très intéressant car il démolit d’éventuelles raisons religieuses, celles de conflits entre Chiites et Sunnites.
Que reste-t-il ?
Des géo-objectifs inavouables dans la lignée du 11.9., de l’Irak, de la Libye etc, de chaos orchestré...et par qui ? Devinez...
Il faut et il suffit de prendre connaissance et conscience de « qui combat vraiment en Syrie : la liste noire de la honte de l’Occident », elle n’est pas apparue "spontanément" :
http://lesakerfrancophone.fr/qui-combat-vraiment-en-syrie-la-liste-noire-de-la-honte-de-loccident

02/01/2017 06:51 par depassage

@macno
Ce n’est pas pour vous contredire que je vous ai interpellé en quelque sorte. Merci pour votre commentaire, il sera toujours difficile de rétablir les faits et les événements de l’histoire que, déjà à leurs apparitions ils se voient déformer. C’est un peu absurde de vouloir le faire. On peut même dire que l’histoire est moitié mensonge et moitié vérité pour rester équitable.

Comme il y a toujours une date, pour situer les événements, disons que, dès la chute de l’ex-URSS, les choses se sont accélérées pour les pays arabes et musulmans, ainsi que pour beaucoup d’autre pays surtout pour les alliés de l’ex. URSS. Comme j’ai vécu ça de près, je me souviens du moindre détail. Tous les projecteurs étaient tournés sur la chute du mur de Berlin et les crimes de l’ex-URSS, pendant que d’autres choses très graves se passaient dans les pays non-alignés et orphelins de la puissance de l’ex. URSS, au moins au niveau de la dissuasion. Tout ce qu’il y avait comme forces réactionnaires, fascistes, absolutistes, crypto ce qu’on veut, ont été réactivées par les puissances occidentales qui les avaient déjà en main pour contrer l’influence de l’ex. URSS. D’un autre côté, tous les éléments et les forces subjugués par le mode de vie occidental se sont vus pousser des ailes et ont commencé à gargoter ou à gargouiller sur la démocratie et ses vertus à faire croire aux affamés que c’est quelque chose qui se mangeait. Il y’en avait même qui la prenaient pour un plat de lentille.

L’occident veillait au grain et encourageait cette frange « démocratique » en espèces sonnantes et trébuchantes sous forme d’aide et de prêts pour créer des journaux « indépendants » et des chaines de télévision. Au même temps qu’il faisait pression sur les états pour adopter l’économie de marché en démantelant et en privatisant tous les secteurs de l’économie étatiques les plus rentables du moins pour les besoins internes. Tout ce qui avait une odeur de socialisme de loin ou de près avait été attaqué de front par les forces susmentionnées. On assista alors à la destruction des syndicats des travailleurs et autres organisations de masse pour les remplacer par des syndicats corporatistes de pacotille et une myriade de partis politiques que criaient des chefs politiques sur la base de leurs maux de tête provoqués par un démocratisme aigu et un intéressement à des subventions ou sur la base de retours aux sources fascisants jouant sur les frustrations des peuples face à l’occident et leurs croyances ancestrales souvent de repli sur soi par peur de l’avenir ou par peur de disparaitre tout simplement.

Le modus operandi a été partout le même quand cela ne s’est pas fait avec une intervention militaire directe de l’Occident comme en Irak, ex-Yougoslavie, Afghanistan, la Lybie et ailleurs.

Préparation d’une désobéissance civile ou d’une une guerre civile.
1) Préparation du terrain, aménagement de Bunker et de caches d’armement.
2) Hold up et quête d’argent pour des projets collectifs qu’on détourne pour d’autres projets de type militaire.
3) Manifestations populaires et provocations contre les force de l’ordre, attaques armées contres les institutions de l’État pour plusieurs objectifs : provoquer des émeutes, récupérer des armes et de l’argent, et surtout créer un climat de terreur et de confusion générale. Les auteurs de ces actes ne revendiquent rien et ne s’identifient pas et laisse le soin à leurs politiciens de rejeter tout cela sur l’état pour apparaître aux yeux du peuple innocents et une alternative politique valable. Ainsi, ils font d’une pierre deux coups : ils diabolisent l’état et le font voir au peuple comme un monolithe, un bloc uni, alors qu’il en est rien, ce qui leur permet de cacher leurs complices au sein des institutions de l’état dont beaucoup feront dans le pourrissement et l’aggravation de la situation.
4 L’occident apparaît jouant les étonnés et celui qui n’a vu venir et commence la propagande habituelle qui sied à la situation.
Là où le bât blesse, c’est de voir un occident conservateur figé dans ses certitudes et des monarchies de la pire espèce soutenir les révolutions des peuples. Le pire encore est de voir beaucoup parmi les élites occidentales croire à ces bobards, alors que le seul bon sens leur aurait du faire voir que c’était des contre-révolutions à commencer par celles de leurs indépendances.
La vision binaire des choses est à la source de toutes les confusions. Binaire : moi-lui. Lui et l’autre.

Tout cela est succinct pour épargner aux lecteurs des détails horribles.

02/01/2017 19:56 par chb

Bien, cet article. Globalement bon, armé de références a priori acceptables même pour les moutons mainstream.
Je regrette que, comme au temps où l’on devait se dédouaner de l’accusation sempiternelle de "soutien au dictateur" en diabolisant al Assad et son armée, l’auteur sacrifie à la propagande en accusant le régime de sa sanglante répression du printemps de Damas. Ce poncif, qui a servi à justifier l’ingérence, le soutien aux "rebelles" et donc la violation de la Charte de l’ONU dès 2011 de la part des "Amis de la Syrie", n’est pas assez documenté pour faire autorité. En effet, en Syrie comme en d’autres lieux (Ukraine par exemple), les snipers qui ont tué des manifestants et des flics n’ont pas été formellement identifiés par une enquête impartiale. La commission d’enquête onusienne elle-même, avec son mandat étriqué, a réparti la responsabilité des premiers massacres un peu au pif. Et on a largement eu par la suite de quoi comprendre (sauf à tomber dans les accusations dogmatiques de la coalition anti assad) qui avait intérêt à déclencher la peur et le chaos.
On comprend aussi, si l’on se départit des oeillères impérialistes, que Mossoul et Aden justifieraient aux jités autant d’épouvante bruyante et de commisération pour les civils que ce qui a été déversé encore récemment lors de la reprise d’Alep. Comptons vraiment, par exemple, les hôpitaux détruits dans la région : je gage que l’armée syrienne n’a pas la palme.

02/01/2017 21:30 par BQ

Merci pour ce papier ainsi qu’à celui d’Olivier Foreau et Bruno Guigue qui sur LGS ont dénoncé cette hypocrisie d’une certaine gauche française en Syrie sur Alep. Le papier de Julien Salingue (ici) m’a profondément sidéré à tous les niveaux :

1) il ne contient aucune référence ni aucune source (pour un universitaire c’est fort choquant, a fortiori sur un thème aussi brûlant, délicat et très dépendant de sources en langue étrangère et/ou de personnes inconnues, avec des intérêts marqués, sans recul suffisant pour corrober chiffres, événements etc etc),

2) le ton est lapidaire, méprisant, fermant tout débat et dirigé en ultimatum clivant à Jean Luc Mélenchon sommé de se déclarer rouge-brun s’il n’est pas d’accord avec le narratif de Salingue (une méthode fort appréciée d’habitude par les Ornella Guyet, CCR du NPA et d’autres dans ce parti, de Rudy Reichstadt et autres Fourest),

3) l’auteur est un brillant analyste d’Acrimed (qui dénonce d’habitude ce genre de méthodes, à demi-mot j’en conviens) et spécialiste de la problématique palestinienne que je recommande de lire par ailleurs, ce qui rend l’article d’autant plus troublant à lire,

4) et sur le fond ! ... à aucun moment, la coalition Etats Unis, France etc ne bombarde des civils, ne tue des enfants, ne détruit des hôpitaux, ne commet des massacres en Syrie ;

5) le soulèvement de 2011 n’est que "populaire et pacifique"(preuves ?, pas d’armes alors que Julien défend leur armement ?! archives de la CIA déjà disponibles ?) anéanti par un "boucher" qui tirerait sans discriminations (preuves ?, qui a compté les 5000, chiffre équivalent à celui de Kaddhafi avancé par les occidentaux toujours sans preuves après 5 ans ?),

6) on ne sait pas dans l’article de Salingue en quoi les bombardements russes et syriens des positions sont militairement infondés et en quoi ils ne sauvent pas aussi des vies à Alep Ouest ET à Alep Est pour suivre le raisonnement selon lequel la coalition à Mossoul libérerait la ville et sauverait donc des vies ...

7) les élections en Syrie (censées donner une idée de l’appui POPULAIRE) pour lesquelles la France a interdit le droit de vote aux expatriés syriens sur son territoire, n’ont pas donné un appui massif au président actuel avec une participation importante, bref, elles n’ont jamais existé pour Salingue ;

8) l’auteur s’improvise de manière assez pédante expert militaire et omniscient pour savoir que la "rébellion" ne possède pas de lance-roquettes (ouah les pauvres manifestants pacifiques ! Sources ?) ET qu’ils ne peuvent abattre d’avions de manière révolutionnaire ...sans être un expert je sais que les FARC ont dégommé quelques avions gouvernementaux colombiens et etatsuniens sans missiles Stinger mais...avec des bonbonnes de gaz ou des balles bien placées. Donc sans lance-missiles propres et chirurgicaux livrés par la sympathique Arabie Saoudite, point de rébellion efficace, c’est ça ton point sérieux ?

9) l’auteur a oublié les articles d’Acrimed sur le vocabulaire de guerre des médias, les principes de propagande, les victimes non dignes d’intérêts de Chomsky. Il s’aveugle au point de ne pas remarquer que tous les indicateurs sont au rouge dans le traitement médiatique occidental de la "chute" d’Alep ultra-focalisé sur cette ville plutôt que n’importe qu’elle autre en Syrie ou dans le monde sans que cela ne géne sa "démonstration" sources EVIDENTES, INCONTESTABLES et PUBLIQUES à l’appui.

10) A aucun moment J.Salingue ne dit QUI dans cette rébellion, quel visage de leader (cf. Article récent de V.Dedaj) incarne son idéal à soutenir sans réserves ! C’est tout bonnement incroyable : le "peuple" syrien nécessairement en rébellion, figure pure et intouchable...mais surtout masse instrumentalisable pour tous les fantasmes. Qu’il nous éclaire !

11) L’analyse d’Alep de Salingue semble flotter dans un cosmos amnésique des guerres et déstabilisations dans le monde depuis au moins 50 ans. Dès lors, en quoi une seule invasion militaire, financement de "rebelles", coups d’Etat menés par les Etats-Unis n’a t-il pas entraîné un écrasement des aspirations populaires, des massacres à échelle industrielle et un chaos généralisé accompagné d’un renforcement de la tutelle US ? Pourquoi cela changerait-il aujourd’hui avec tout ce que l’on sait sur la Syrie géopolitiquement ?

12) Comme la rébellion syrienne est l’équivalent des résistants gazaouis d’après Salingue (au secours), peut-il nous dire pourquoi ils ont tué des civils, n’ont pas de production intellectuelle connue, n’ont pas de programme politique, de code de conduite de guerre connus, d’inspirations révolutionnaires, qui nous soient décrites par ceux qui les défendent ?

Bref Julien Salingue, aimerais-je lui demander car ne souhaitant pas passer pour un sioniste extrémiste justifiant" l’écrasement des palestiniens(!), Al Nosra et autres font-ils du "bon boulot" en Syrie ? Si oui lequel précisément vis-à-vis de la population civile, camarade.

03/01/2017 19:26 par Chris DEL

Choisir le Rojava autonome contre les dictateurs et les islamistes.

Le président turc Erdogan se préoccupe moins de Daesh que de l’élimination des kurdes de Syrie . La chose est connue mais doit être ici répétée. Il annonçait "Nous n’accepterons aucune activité terroriste à ou près de nos frontières". Pour la seule journée du dimanche 29 août, un porte-parole de l’administration du Rojava a pu faire état de 75 civils tués - tous des Kurdes, aucun militant de Daesh. C’est assez dire. Mais ajoutons que depuis le mois de février 2016, Erdogan poursuit les 2 018 universitaires, signataires d’une pétition exigeant l’arrêt des violences au sud-est de la Turquie. La dictature se manifeste par les arrestations, accusations pour terrorisme, gardes-à-vue renvoi sans préavis, etc… Ce dictateur est impitoyable et ne mérite que d’être marginalisé par la communauté internationale.

Tout comme Bachar el Assad qui bénéficie lui d’un regain de considération mais uniquement du fait de la présence devenue massive d’islamistes bien plus barbares que lui encore. Entre 2011 et 2016 les choses ont beaucoup évoluées.

Pour Erdogan les forces kurdes syriennes (YPG) sont une émanation du PKK ( Parti des travailleurs du Kurdistan) et le PKK est assimilé à Daesh . Pour autant, c’est surtout et même exclusivement les forces kurdes qui sont bombardées en Syrie du Nord, sur le territoire de Rojava qui a été soustrait grâce aux Kurdes à l’emprise d’Assad comme de Daesh.

La question de la solidarité avec les forces autonomistes kurdes de cette région est nécessaire. Il y a là un projet démocratique et laïque qui nous éloignent aussi bien des dictateurs que sont Erdogan en Turquie et Assad en Syrie mais aussi de Daesh et des autres islamistes qui sévissent en Syrie. 5000 sont venus d’Irak gonfler les rangs de trois groupes pétris d’une idéologie hyper-réactionnaire contre les femmes mais aussi contre les hommes soucieux d’égalité et de liberté. Cela est assez rare pour être souligné. Il importe donc de suivre l’évolution de la situation dans cette zone et de savoir comment la solidarité peut se manifester.

Christian DELARUE

A partir de "Pourquoi le Rojava ne doit pas périr"

04/01/2017 02:01 par depassage

@ Christian DELARUE
Cher Christian Delarue, vous poursuivez vos chimères comme un gardien de chèvre poursuit ses chèvres. Partout, il n’y a que des loups, des dictateurs et vos chèvres les Kurdes sont merveilleux et agissent pour la démocratie et la laïcité et ne se font pas manipuler par Israël et les USA. Sur le chemin vous avez oublié de signaler que la plupart des Kurdes de Syrie sont des kurdes qui ont fuit la Turquie et ont été accueillis par la Syrie qui leur a donné asile et nationalité. Quant à Erdogan que je ne porte pas en sainteté parce que c’est un islamiste qui a joué le camp occidental à fond avant d’essayer de se ressaisir, s’il n’attaque pas Daesh, les américains et leurs coalitions n’attaquent pas aussi Daesh, tout le monde s’en sert comme prétexte pour ses affaires ou intérêts soi-disant stratégiques.
Les seuls à payer le prix de cette mascarade sont les jeunes qu’on a recrutés de partout le monde au nom de la défense de leur foi menacée ou les soldats des pays concernés et leurs peuples.

Tout comme Bachar el Assad qui bénéficie lui d’un regain de considération mais uniquement du fait de la présence devenue massive d’islamistes bien plus barbares que lui encore. Entre 2011 et 2016 les choses ont beaucoup évoluées.

Les plus barbares sont les occidentaux qui les ont armés et soutenus depuis le début et dès qu’ils ont régler leur affaire à la Lybie. La chose la plus odieuse à entendre, c’est lorsque quelqu’un vient violer ta femme sous prétexte que tu la battais. Je n’exagère rien puisque les américains sont partis en Afghanistan pour libérer les femmes afghanes. Et ailleurs pour protéger les peuples de leurs dictateurs. Ces peuples se sont tellement féminisés qu’ils ne pouvaient pas se défendre seuls. Il fallait des Sarkozy et des Jupé … pour le faire. Ce que je viens de vous dire, je l’ai entendu dire. Je ne l’ai pas inventé.

Cessez de soutenir l’abomination, une abomination entraine une autre.
Mais avant de terminer expliquer moi pourquoi vous dénier aux autres leurs besoins de réunir leurs différentes ethnies comme la Syrie et vous l’accepter pour les pays occidentaux.
Je termine que je ne suis partisan de personne et que je défends seulement le défendable dans la mesure du possible et de mes moyens bien limités.
Ceux qui entretiennent la peur entre les peuples sont ceux qui en profitent et que je ne peux prendre même pas pour des limaces parce qu’elles ont, elles, le sens de la survie que nous perdons avec l’excès.

04/01/2017 15:28 par Made in Québec

« Tout comme Bachar el Assad qui bénéficie lui d’un regain de considération mais uniquement du fait de la présence devenue massive d’islamistes bien plus barbares que lui encore. Entre 2011 et 2016 les choses ont beaucoup évoluées. » - Christian Delarue

Le gouvernement syrien ainsi que le président Bachar el-Assad étaient perçus favorablement et ses politiques gouvernementales était largement soutenues par la population et ce, bien avant cette abjecte agression contre la Syrie. C’était encore plus flagrant parmi les 30 ans et moins qui représentaient 2/3 de la population syrienne à l’époque :

« Time’s correspondent Rania Abouzeid attributed the failure of the protest organizers to draw significant support to the fact that most Syrians were not opposed to their government. Assad had a favorable reputation, especially among the two-thirds of the population under 30 years of age, and his government’s policies were widely supported. “Even critics concede that Assad is popular and considered close to the country’s huge youth cohort, both emotionally, ideologically and, of course, chronologically,” Abouzeid reported, adding that unlike “the ousted pro-American leaders of Tunisia and Egypt, Assad’s hostile foreign policy toward Israel, strident support for Palestinians and the militant groups Hamas and Hezbollah are in line with popular Syrian sentiment.” Assad, in other words, had legitimacy. The Time correspondent added that Assad’s “driving himself to the Umayyad Mosque in February to take part in prayers to mark the Prophet Muhammad’s birthday, and strolling through the crowded Souq Al-Hamidiyah marketplace with a low security profile” had “helped to endear him, personally, to the public.” »

Source : https://gowans.wordpress.com/2016/10/22/the-revolutionary-distemper-in-syria-that-wasnt/

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