Bien sûr de nombreuses critiques sur ce gouvernement peuvent être formulées...

Grèce : l’épreuve de la constitution du gouvernement réussie par Syriza

Ephemeron

Alexis Tsipras a agi très rapidement pour donner les signes du changement. Premier chef de gouvernement dans l’histoire de la Grèce à refuser de jurer sur la Bible et devant un pope, il a effectué une visite symbolique dans la foulée de sa prise de fonction. Il a ainsi déposé une gerbe de fleurs dans le quartier athénien de Kessariani sur le monument aux 200 héros communistes de la Résistance exécutés par les nazis le 1er mai 1940.

Ce geste se veut symbole de la continuité historique entre les nombreuses générations qui se sont battues au péril de leur vie à travers les décennies – contre la barbarie, pour la démocratie, la justice sociale et l’indépendance nationale – et le nouveau gouvernement. C’est aussi un message aux néonazis de l’Aube dorée qui seront présents de nouveau au Parlement. Enfin, c’est un rappel à l’Allemagne concernant sa dette historique envers la Grèce.

L’alliance avec les Grecs indépendants

Conscient que le moindre vide de pouvoir pourrait avoir des conséquences imprévisibles, Tsipras a réussi à composer une majorité parlementaire avec le petit parti des Grecs indépendants. Bien sûr il s’agit là d’un choix qui pose problème, comme l’écrit justement Stathis Kouvelakis, membre de l’aile gauche de Syriza. Mais les Grecs indépendants ne sont pas un parti xénophobe comme on a pu le lire ici et là. C’est une formation conservatrice sur le plan sociétal, proche de l’Eglise orthodoxe et patriote à la limite du nationalisme. Elle ressemble donc à un parti de droite chrétienne comme il en existe beaucoup en Europe.

Le discours de son chef Panos Kammenos a parfois des relents complotistes. Mais il n’est en aucune façon un raciste xénophobe avéré, comme l’étaient à coup sûr de nombreux membres du précédent gouvernement. En effet, Il n’a jamais flirté avec l’Aube dorée, comme ont pu le faire régulièrement des collaborateurs proches d’Antonis Samaras.

C’est également ce qu’écrit la Amélie Poinssot, correspondante de Mediapart en Grèce, fondée entre autres sur le témoignage du journaliste Dimitris Psarras, l’un des meilleurs experts de l’extrême droite en Grèce. Celui-ci dit : “« Lorsque le parti s’est créé en 2012, il y avait en lui quelques éléments que l’on retrouve traditionnellement dans des partis d’extrême droite, comme le nationalisme, la dimension populiste, le rapport avec l’Église, un agenda anti-immigration. Mais l’identité de ce parti, c’est son positionnement anti-austérité. Dans son mode et son discours, je le caractériserais plutôt comme national-populiste. Il a par ailleurs complètement mis de côté les thèmes qu’il agitait en 2012.”

Concernant la question de l’immigration, le programme officiel des Grecs indépendants adopte certes un discours de « fermeté » mais qui est essentiellement du verbalisme. Dans le fond il ne demande que la reforme des accords européens (Dublin II et III) qui piègent des milliers de demandeurs d’asile dans le premier pays d’entrée à l’Union, en l’occurrence la Grèce.

Par ailleurs, la sous-ministre chargée de l’immigration Tassia Christodoulopoulou, membre de Syriza, est une défenderesse de long date des droits des immigrés. Celle-ci a annoncé très vite après sa prise de fonction son attention de naturaliser les milliers de jeunes d’origine étrangère nés en Grèce qui ne peuvent obtenir la nationalité Grecque ainsi que le remplacement les camps de rétention indignes pour les demandeurs d’asile par des centres d’accueil.

Au niveau économique le parti souverainiste de Kammenos a tenu bon sur sa ligne anti-austeritaire et pro-sociale depuis 2012 malgré les pressions incessantes incluant des tentatives de corruption de ses députes. Etant donné le fait que la relance de l’économie et la négociation de la dette sera la priorité du gouvernement il s’agit donc d’un choix pragmatique et cohérent de la part de Tsipras.

La participation de Kammenos au gouvernement en tant que ministre de la Défense compliquera un certain nombre de reformes importantes comme la séparation de l’Eglise et de l’Etat ou le mariage gay pour lequel Syriza est favorable. Mais elle permet à Tsipras de montrer qu’il a su composer un gouvernement d’union qui déborde largement le périmètre de son propre parti et de disposer au sein du gouvernement d’un interlocuteur crédible aux yeux des militaires. C’est aussi le point de vue de Panayotis Grigoriou, ethnologue, historien et chroniqueur infatigable du drame grec.

L’économie en priorité (mais sans banquier)

Sous la houlette de Yannis Dragasakis, vieux sage qui sera vice-premier ministre et coordinateur général, le gouvernement semble à la fois cohérent et équilibré. Les ministères de l’économie et du développement seront entre les mains des professeurs d’économie modérés, respectivement Yannis Varoufakis et Yorgos Stathakis.

Varoufakis a un profil intéressant : blogueur et twitto invétéré, il a été professeur d’économie en Australie et aux Etats-Unis avant de travailler pour la société des jeux vidéos mondialement connue Valve. Ancien conseiller de George Papandréou, il n’a pas sa langue dans sa poche. Connaisseur de l’establishment financier mondial il aura la charge de mener les négociations avec les créanciers. Ce choix, un peu surprenant, a fâché d’autres économistes plus à gauche comme Yannis Milios et Euclide Tsakalotos, pressentis pour ce ministère. Mais c’est un choix tactique intéressant en vue des négociations sur la dette qui peut s’avérer efficace.

Aux côtés de Varoufakis se retrouve une militante historique de la gauche grecque, Nadia Valavani, qui sera elle chargée de gérer le budget (et éventuellement de contrôler les mouvements du premier) . Une autre femme, Rania Antonopulou, directrice jusqu’à hier du programme Gender Equality and the Economy au Levy Institut de New York, prendra en charge la dure bataille contre le chômage. C’est une technocrate keynésienne plutôt classique qui défend le concept de l’Etat employeur en dernier ressort. Elle travaillera sous la houlette de Panos Skourletis très proche collaborateur de Tsipras et désormais ministre du travail.

Le choix d’économistes plutôt libéraux est contrebalancé par la nomination de Panayotis Lafazanis, chef de file de l’aile gauche de Syriza, au super ministère de la relance productive, de l’énergie et de environnement. Lafazanis, plutôt de tendance productiviste, sera flanqué par un sous-ministre de l’environnement membre des Verts, Yannis Tsironis. Ca sera intéressant d’observer si un équilibre sera trouvé ou si des conflits larvés se développeront entre Lafazanis le communiste et Tsironis l’écolo. En tout cas le premier a déjà fait savoir qu’il était hors de question de procéder à la privatisation de DEI, la société publique de production d’énergie, prévue par les accords du précédent gouvernement avec la Troïka.

Des universitaires et des activistes partout

Tsipras a décidé de créer un sous-ministère spécial pour la bataille contre la corruption, signe que c’est aussi une priorité pour son gouvernement. Il y a nommé Panayotis Nikoloudis, un procureur jusqu’à récemment à la tête de l’Autorité contre la corruption. La rude tâche de démocratiser les forces de police a été confiée au professeur de criminologie Yannis Panousis, ancien membre d’une formation qui n’a pas réussi son entrée au Parlement, la Gauche démocratique (DIMAR).

Son supérieur direct, ministre de l’intérieur, sera Nikos Voutsis cadre de Syriza expérimenté et pugnace qui a déjà eu maille à partir avec la police lors de nombreuses manifestation comme dans le cliché ci-dessous retweeté à foison. Le fait que le fils de Voutsis est un anarchiste revendiqué qui vient de sortir de prison rajoute du piment à la situation.

La santé sera confiée à un ancien du Pasok mais qui a tôt pris ses distance avec la politique de l’austérité, le non-voyant Panagiotis Kouroumplis. Nikos Kotzias un intellectuel reconnu d’origine social-démocrate et francophone sera ministre des affaires étrangères. Il incarne une ligne patriote de gauche, compatible avec Kammenos qui pourra permettre enfin à la Grèce de disposer d’une politique autonome et non pas vassalisé.

Le rappel de Tsipras aujourd’hui à Federica Mogherini, commissaire européenne aux affaires étrangères, qu’il ne faut pas oublier de consulter la Grèce avant de faire des déclarations au nom de tous les Etats membres au sujet du conflit Ukranien est surement inspiré par Kotzias. Il faut s’attendre donc à un rééquilibrage de la position grecque par rapport à la Russie, mais aussi Israel avec lequel les précédents gouvernements s’étaient rapprochés en dépit d’une relation historiquement privilégiée de la Grèce avec les pays arabes. Il faut dire aussi que de nombreux militants et proches de Syriza militent pour la cause palestinienne.

Enfin, Nikos Xydakis l’éditorialiste érudit du quotidien conservateur Kathimerini, devient sous-ministre de la Culture et Nikos Paraskevopoulos, professeur engagé depuis longtemps dans la défense des droits de l’homme et militant pour les droits des prisonniers, sera le nouveau ministre de la justice. Le constitutionnaliste Yorgos Katrougalos, personnalité montante de Syriza, quitte quant à lui son poste d’eurodeputé pour s’occuper de la reforme de l’administration, autre front urgent en Grèce.

6 femmes au gouvernement mais d’autres aussi ailleurs

Il y aura six femmes dans le gouvernement, dont au moins quatre ont des postes équivalents à ceux des ministres, même si elles n’en ont pas le titre. La tonitruante juriste et féministe convaincue Zoé Κonstantopoulou présidera elle le Parlement. C’est encore une première en Grèce. De ce poste elle aura la charge de discipliner les députés néonazis, habitués aux esclandres dans l’Hémicycle, et de mener à bien les diverses investigations parlementaires qui ne manqueront pas de se mettre en route relativement aux scandales du passé. C’est un pied de nez amusant après toutes les brimades que les députés machos de la droite lui avaient infligé ces dernières années (sans qu’elle ne se dégonfle bien entendu).

Zoé Κonstantopoulou et Rena Dourou, déjà présidente de l’immense Région d’Attique, sont les deux femmes les plus puissantes de Syriza, à moins de quarante ans. Le jeune Gabriel Sakellaridis, qui a failli gagner la mairie d’Athènes en juin, sera le porte-parole du gouvernement. C’est un réprésentant talentueux et populaires des trentenaires proches de Tsipras.

En conclusion, il s’agit d’un gouvernement divers et ouvert, dans lequel sont représentées trois formations politiques au-delà de Syriza (les Verts, la Gauche démocratique et les Grecs indépendants). Un gouvernement qui se veut rassurant pour les marchés et les créanciers, mais qui ménage également l’aile gauche de Syriza et récompense des personnes engagées depuis longtemps en faveur des droits sociaux. Les femmes y sont relativement nombreuses par rapport aux usages en Grèce, et à des postes clés. Les universitaires en constituent la colonne vertébrale.

Bien sûr de nombreuses critiques de ce gouvernement peuvent être formulées : les femmes pourraient être plus nombreuses ; la gauche radicale pourrait être plus ou mieux présentée, notamment aux ministères économiques ; Mais ce n’était pas un exercice facile de composer ce gouvernement qui doit s’attaquer très vite à des problèmes graves et urgents. A suivre.

Ephemeron

Posted on 27 January, 2015 by Niκος Smyrnaios

http://ephemeron.eu/1521

COMMENTAIRES  

29/01/2015 23:40 par AUBERT

Dans une situation intenable, intérieur et extérieur, la révolution opérée est déjà énorme.

Il faut aider le peuple grec à se libérer de tous les obscurantismes, dont celui essentiel de la finance mondialisée.

Le peuple grec n’est pas un peuple annexe ou périphérique, il est, par son histoire, le peuple qui a fondé l’Europe des valeurs, celle de la République et de la Démocratie. Les « dirigeants de pacotille », vont s’en rendre compte dans les semaines qui viennent, d’autant plus que par le hasard des choses, le lendemain de la victoire de TSIPRAS, on apprenait la victoire des kurdes dans la bataille de Kobane, Stalingrad de notre temps, contre les forces de l’obscurantisme. Ces deux événements à l’image de ce que fut la bataille de Stalingrad, sont la lueur de l’humanité qui veut reprendre sa marche pour le progrès, et pour que celui-ci, soit mondialement partagé. « Les retournements historiques sont comme les flammes d’une bougie, elle tremblent à leur naissance, éberluées par leur impudence, et peu d’humains la voient, puis elles embrasent l’Histoire et font de l’humanité en marche, la force irrésistible de l’émancipation. »

30/01/2015 07:19 par Bernard Gensane

Un peu bizounours cette présentation du gouvernement grec, non ?

30/01/2015 10:26 par desobeissant

La Grèce est potentiellement le pays le plus riche de toute l’Europe !!! Ses taux d’emprunt d’état devraient être inférieurs à ceux de l’Allemagne !!!!

http://www.wikistrike.com/article-la-grece-est-le-plus-riche-des-pays-europeens-du-fait-de-ses-gisements-petroliers-et-gaziers-mais-q-107348043.html

Depuis l’election se joue le bras de fer autour de la souveraineté et du controle des richesses futures :

Grèce : l’espoir de l’or noir.
Publié le janvier 13, 2012

https://europegrece.wordpress.com/2012/01/13/grece-lespoir-de-lor-noir/

Le message d’espoir de SYRIZA
26 janvier 2015
Par Jacques Sapir

http://russeurope.hypotheses.org/3355

Tsipras et l’UE, ou la crise à contrepied

29 janvier 2015 – Les commentateurs, ceux qui savent, ceux qu’on rencontre dans les couloirs des institutions de l’UE et dans les salles de conférence de presse où l’on dévore les communiqués, ceux qui ont les “bonnes sources” dans le chef de fonctionnaires européens qui savent ce qu’il faut confier à ces journalistes “qui savent”, tous ceux-là vous le répètent depuis deux jours : l’on savait bien (tout le monde le savait) que le premier choc entre l’UE et la Grèce de Tsipras concernerait les affaires étrangères et la crise avec la Russie. “Tout le monde le savait” ? Eh bien, nous pas, et nous n’en avions entendu parler nulle part, ni lu là-dessus encore moins, d’une façon aussi assurée. D’ailleurs, ceux qui vous disent que “tout le monde le savait” se sont bien gardé d’écrire là-dessus avant la victoire de Tsipras, et ceux “qui savaient” dans les institutions d’en faire le thème de conférences internes, – histoire d’envisager ce qu’on devrait faire si survenait ce qui s’est effectivement passé. (On verra plus loin que nous mettons à part ZeroHedge.com, mais essentiellement parce qu’il relayait il y a une dizaine de jours une nouvelle de Moscou, – car là, à Moscou, l’“on savait” effectivement...)

http://www.dedefensa.org/article-tsipras_et_l_ue_ou_la_crise_contrepied_29_01_2015.html

Notre soidarité doit etre d’informer sur le hold up mis a mal par le peuple grec et son gouvernement ...

30/01/2015 15:29 par Renaud Quilbi

pourquoi bisounours ?

30/01/2015 16:08 par benzekri

Et si on s’occupait de le France pour être efficace dans notre solidarité...

Fin d’une illusion, début d’une nouvelle ère ?

SMIC : augmentation historique de 0.3% en Janvier 2013… Qui dit mieux ?

Avec tous les pouvoirs en main, une droite maladroite et passablement auto-défaite, un contexte national et international revendicatif, des masques de grands bienfaiteurs de la Nation qui tombent (patrons, vedettes qui, pour faire pression, nous jouent le mauvais rôle du malmené à la recherche d’un traitement spécial dans un paradis fiscal)… ; avec tout cela, vous avez réussi en bien peu de temps à autant décevoir. Au lieu de « ré-enchanter le rêve », vous plongez ceux qui ont cru en vos promesses dans un véritable cauchemar. Bravo !
Cependant, vous avez — malgré vous — réussi à accélérer la fin d’une illusion sur un monde immonde à savoir, qu’avec vous, le capitalisme pouvait être maîtrisé et les rapports humains humanisés… Vous avez, enfin, échoué à décourager — y compris dans vos rangs — celles et ceux qui tiennent à leur liberté de penser, de réagir en gardant intacts leur sens critique et leur espoir.

Décevoir oui, en faisant rimer, toujours plus, socialisme avec :
Affairisme, Opportunisme, Clientélisme, Népotisme
Interventionnisme par suivisme
Mépris et miettes pour les gens modestes, matraquage fiscal des classes moyennes ; courbettes et cadeaux fiscaux aux grands profiteurs du capitalisme.
Au service des Emirs, Monarques et autres despotes richissimes…

Décevoir est à la portée de n’importe quel malade du pouvoir ; mais avoir une influence sur l’espoir, seul(e)s les femmes et les hommes libres en ont réellement le pouvoir…Ils font de cet acte de résistance face aux « puissants » un véritable devoir.
Dans ce jeu de dupes que vous nommez « démocratie » de l’alternance entre une « droite folle » et une « gauche molle » qui vous arrange si bien, vous êtes prêts à tout pour aboutir à vos fins.
Durant « vos cures d’opposition » vous n’hésitez pas à aller jusqu’à chanter l’Internationale et à promettre un changement radical mais dès que vous êtes aux affaires, vous changez radicalement.
« Camarades socialistes » le pouvoir sans pouvoir et l’argent salement et/ou facilement acquis ont fait de bien des notables parmi vous de simples serviteurs aux ordres d’un patronat, aujourd’hui patronné par une patronne sans envergure mais qui, pourtant, passe son temps à prôner, à fanfaronner et à ordonner…
N’essayez surtout pas de rejouer vos partitions usées sur le contexte difficile : la dette, la crise, la nécessité de faire des sacrifices aujourd’hui pour un demain meilleur qui restera, comme d’habitude, sans lendemain … Et n’aggravez pas votre cas en essayant de faire croire qu’il n’y a pas d’autre alternative au libéralisme. Le gouvernement Sarkozy ne disait pas autre chose…
Vous savez que d’autres voies— valorisant l’humain— sont depuis des décennies, sur la table mais empêchées par une propagande qui craint de voir fleurir les choix et la volonté d’un peuple éclairé gardant pouvoir sur ses élus. Elus respectés quand ils sont respectables et révoqués dès qu’ils s’avèrent révocables…Cela s’appelle : DEMOCRATIE populaire camarades, ni sociaux ni démocrates !
« Camarades socialistes » si vous refusez d’entendre ces appels à un véritable changement et ces cris de colère légitime qui se multiplient, alors continuez à vous dépouiller du peu de valeurs humaines qui vous reste et enrichissez-vous mais préparez-vous à récolter la tempête de ce vent libéral que vous êtes en train de semer…
Vos victimes ne manqueront pas de venir vous rafraîchir la mémoire… La patience des femmes et hommes libres de ce pays a des limites et vous n’allez pas tarder à vous en apercevoir.
Vous osez parler à un récent exilé fiscal en Belgique de morale et d’éthique et vous allez jusqu’à qualifier son geste de minable ; j’imagine l’éclat de rire de vos camarades et ami(e)s « socialistes », ces pros en affaires louches et exils fiscaux en Suisse, en Belgique, au Maroc… qui vont trouver vos sorties sur la morale et l’éthique un peu osées mais, comme c’est pour faire diversion, la tentative est plutôt réussie et fort sympathique !
« Camarades socialistes » est-il moral et conforme à l’éthique de faire passer flexibilité, compétitivité, en un mot — rentabilité — pour les patrons et les actionnaires avant le droit pour chacun(e)de se nourrir, de se loger, de se soigner et de s’instruire… ?
Les petites retraites, les moyens et les bas salaires… vont-ils continuer à constituer la seule variable d’ajustement ? Et « ce monde de la finance, véritable adversaire » qui « n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, et pourtant il gouverne » comme disait Hollande candidat, serait-il devenu le protégé du Président et de son gouvernement ?
L’année 2012 ne sera pas celle de cette fin du monde annoncée mais elle marquera très probablement la fin d’une illusion : que les gauches molles puissent contribuer à changer le monde…

Ce bilan a été dressé en décembre 2012. Serions-nous au début d’une nouvelle ère ?

Comme les « socialistes » - qui vont jusqu’à assumer ouvertement la punition des frondeurs et la récompense des collaborateurs - se droitisent et que la droite - pour se démarquer- s’extrême-droitise, le FN, lui, rafle la mise et ses idées se banalisent.
Comme « les socialistes » revendiquent ouvertement leur politique va-t-en guerre ; je cite : « c’est contre les ennemis du peuple, contre les ennemis de l’amour et de la fraternité que nous sommes en guerre », a déclaré Claude Bartelone, Président de l’Assemblée Nationale, prônant la guerre au nom de « l’amour et la fraternité »… Est-ce ainsi que nous allons nous laisser conduire vers les guerres ?
Et comme il n’y a rien de rassurant à attendre de l’alternance « gauche »/droite unanime pour bâillonner la parole libre à l’intérieur et semer la mort et le chaos à l’extérieur, osons une société humaine qui tournera définitivement le dos au système capitaliste et impérialiste qui se cachent derrière le libéralisme et la mondialisation.
Pour cela :
Commençons par destituer le président monarque qui, non seulement n’a pas respecté ses engagements - qui n’avaient rien de révolutionnaires- mais qui plus est, est allé trop loin en menant des choix économiques injustes, inefficaces et réactionnaires. A l’extérieur, son suivisme politique derrière les USA comporte un relent néocolonial franchement suicidaire.
Les forces qui aspirent à un véritable changement se demandent comment faire pour s’en sortir ici et aider là-bas, le peuple de Grèce, notamment ?
Comment sortir de la défensive par une action qui redonne confiance aux citoyens et leur montre qu’il est possible comme en Grèce et avant la Grèce dans bien des pays d’Amérique Latine de faire autrement ?
Commençons par une sensibilisation à travers une action modeste mais concrète, une lettre pétition, demandant la destitution du président, accompagnée de démarches auprès de députés, sénateurs, élus et société civile : enseignants, étudiants, élèves, journalistes… syndicats et organisations politiques qui acceptent l’esprit d’une démarche citoyenne, loin de toute récupération… Celle-ci peut paraître insuffisante à certains ; admettons. Le simple fait de prendre l’initiative et de cibler là où la présente Constitution concentre un pouvoir quasi absolu faisant de notre « démocratie » sa prisonnière annonce que l’action va au-delà de la contestation. D’autres diront que c’est utopique… et donc mission impossible ; supposons. Ne vaudrait-il pas « mieux commencer par ce qui impossible aujourd’hui et laisser ce qui difficile à demain » pour paraphraser un grand dirigeant latino-américain. Soyons audacieux et signons.
La lettre ouverte gagnera en efficacité si elle est assumée individuellement et envoyée à l’Elysée. Libre à chacun(e) de la réécrire ou de la signer telle quelle et de l’envoyer.
Cela n’empêche pas une coordination des efforts pour élargir la mobilisation et définir ensemble les moyens d’action pour la suite… Constituante etc.

Monsieur Hollande,

Notre pays vient de connaitre un drame qui nous a beaucoup affectés. Vous nous avez désigné « les monstres » qui ont commis ces crimes abominables et ils ont été liquidés sans que l’on sache qui sont les commanditaires à qui profite le crime.
Or, nous apprenons avec stupéfaction que des hauts gradés de l’armée comme le général Vincent Desportes, professeur associé à Sciences Po Paris, ont nommément désigné, devant le Sénat, les Etats-Unis comme « Frankenstein », autrement dit « les créateurs du DAESH… » (Voir le rapport de la commission sénatoriale présidée par Monsieur Raffarin en présence de Monsieur Le Drian, Ministre de Défense)*.
DAESH, c’est le groupe, à la tête de cet « Etat Islamique » contre lequel une coalition, derrière les Etats-Unis, est censée être engagée en Irak !
Les affirmations des hautes autorités militaires sont d’une extrême gravité.
- Ou vous ne saviez pas et alors pourquoi avoir engagé notre pays dans une aventure dangereuse ?
- Ou vous le saviez et alors c’est encore plus grave ; dans ce cas, vous avez trahi notre confiance en participant à une grande opération de manipulation. Vous vous rendez donc complice et responsable de crimes abominables contre l’humanité commis là-bas en notre nom et aussi ici, en France.
Monsieur Hollande, vous nous devez une explication… (Signature)

* Je conseille la lecture complète et attentive du document qui révèle d’autres « perles » concernant notre politique étrangère et l’état réel de notre défense...
http://theatrum-belli.org/senat-debat-sur-la-prolongation-de-loperation-chammal-en-irak/

Perspectives :

En parallèle, que les élus, qui veulent vraiment que la France soit une Nation respectée, en œuvrant pour la justice à l’intérieur et la paix à l’extérieur, s’engagent pour dire :
Réduisons, pour commencer, les indemnités des Ministres, députés (à l’Assemblée, au Parlement européen) et sénateurs d’un tiers et supprimons les fonctions coûteuses et inutiles à commencer par celle de Président de la République.
Nationalisons – pour l’euro symbolique - les banques, assurances, autoroutes, industries pharmaceutiques et compagnies pétrolières…afin de garantir des fonds suffisants et permanents pour la Santé, l’Education, le logement et la culture pour tous.
Et puisque tout le monde - de la « gauche » à la droite – s’accorde à dire qu’il est injuste de léguer cette dette/racket estimée à « 2000 milliards d’euros » à nos enfants alors : soumettons sans attendre cette fameuse « dette » à un audit impartial pour liquider sa part légitime et effacer le reste.
Mettons au même régime les détenteurs des fonds de pension et ceux du Livret A puisque les primes de « risque », liées à l’instabilité programmée par le système, pour justifier les taux de rendement exorbitants n’auront plus lieu d’être, l’Etat, souverain et riche, sera le garant de leurs dépôts s’ils acceptent ces nouvelles règles et mesures d’équité.
Organisons une véritable chasse aux fraudeurs (grands et petits) du fisc notamment ; 80 Milliards d’euros au bas mot pour les seuls évadés fiscaux… Et les fraudes dans le domaine social, des professions libérales, du travail au noir, des rentrées de fonds non déclarées… ? Et les niches fiscales pour les riches ? Aucune croissance ou productivité ne pourra remplacer une juste répartition de la richesse et une réforme fiscale corrective des inégalités pour les besoins de solidarité.
Limitons dans un premier temps les revenus annuels à 80 000 euros maximum et à pas moins de 20 000 euros et interdisons le cumul des fonctions ou mandats/revenus.
Supprimons, sans tarder, ces privilèges moyenâgeux à tous les planqués de la République, à commencer par les anciens présidents entretenus indécemment aux dépens des classes moyenne et modeste dans une France qui compte de plus en plus de pauvres…
Encadrons les prix des biens et services de première nécessité.
Prenons en main les moyens d’information par une mobilisation citoyenne non violente pour expliquer et discuter des fins et moyens de la nouvelle République.
Une République, première du genre :
- Par le respect de la complémentarité hommes/femmes qui leur assurera une parfaite égalité devant la loi : mêmes droits et mêmes devoirs.
- Par le rejet des représentations sur des bases religieuses et/ou communautaires et le respect strict de la Laïcité qui fera de la France une seule entité, riche par sa diversité.
Les Députés européens auront pour mission – pendant cette phase transitoire - d’expliquer ce nouveau choix du peuple souverain de France. L’Europe doit être au service des citoyens et débarrassée de toute ingérence étrangère.
Tout représentant élu pourra être révoqué selon des critères démocratiques fixés par des Assemblées de veille sur les fondements de la nouvelle République - s’il s’avère malhonnête ou incompétent.
Cette République sera ouverte à tous ceux qui adhèrent aux valeurs de la nouvelle France. Pas la France du MEDEF et des lobbies en tout genre ni celle des profiteurs du système, dit libéral, qui fomentent crises, désordres, terreurs, violences, guerres et détruisent le patrimoine culturel et écologique.
Puisque le capitalisme par son « laissez faire, laissez passer » est à l’origine du colonialisme, du fascisme, du nazisme, de l’impérialisme et du sionisme et qu’il est responsable du développement des injustices, des trafics et fraudes en tout genre, de la corruption, de la pauvreté, de la misère, du terrorisme et des guerres que nous avons traversées et que nous continuons à subir…
Puisque le capitalisme n’est ni libéral ni moderne et qu’il est liberticide et réactionnaire… osons une société de citoyen(ne)s fiers de leur modèle social et à l’œuvre pour monde humain, juste, évolué, fraternel, solidaire et pacifique.
Si des « petits peuples » ont osé prendre leur destin en main, pourquoi pas nous ?

N’attendons pas 2017 pour donner vie aux mots : LIBERTE EGALITE FRATERNITE.

Annonçons la couleur et les valeurs de la nouvelle République que nous voulons léguer à nos enfants. N’oublions jamais que « le rossignol refuse de bâtir son nid dans une cage pour ne pas léguer l’esclavage en héritage à ses petits… »

Le 30/01/2015 Hamid Benzekri

30/01/2015 16:20 par Christophe

Une belle stratégie qui montre l’ennemi principal : l’europe néolibérale. Comme en d’autres temps où il a fallu s’unir et mettre de côté ses querelles partisanes contre le ’grand ennemi’, le fascisme.
Et cela montre aussi en miroir la médiocrité des politiques européennes de gauche anti-austérité : pas de personnalités de qualité, pas de stratégies d’unification... Chacun chez soi et les moutons sont bien volés.
Dans les reportages télévisés l’on voit souvent des grecs ’de la rue’ parler de la catastrophe néolibérale : en France il n’y a pas 1 citoyen sur 10 qui saurait expliquer ce qu’est le néolibéralisme...

31/01/2015 06:20 par alain harrison

Bonjour.

D’abord, merci pour l’execice de présentation du nouveau gouvernement de gauche, qui semble selon les explications, être un gouvernement qui sera efficace dans ses changements annoncés.
En autant qu’il ne fasse pas l’erreur d’Obama dans son premire mandat : son entourage de conseillers et d’hommes clefs, si je ne me trompe.
Les personnages, un peu troublant, devront être tenus en laisse dans des paramètres souhaités.
Ceci étant, j’espère que ce gouvernement saura impliqué significativement les citoyens.

Lisez l’article suivant, il soulève des forces et des faiblesses que rencontre le mouvement de la gauche actuelle.

Podemos, le parti qui bouscule l’Espagne

par Renaud Lambert, janvier 2015

« « Alors qu’un chômeur sur deux ne perçoit plus d’allocations, 33 des 35 plus grandes sociétés espagnoles fuient l’impôt par le biais de filiales dans des paradis fiscaux (6). Un demi-millions d’enfants ont été plongés dans la pauvreté depuis 2009, mais les grandes fortunes du pays prospèrent : leur patrimoine a bondi de 67% en moyenne depuis l’arrivée de M. Rajoy au pouvoir (7). Et, pour contenir le danger de se voir houspillé par une population ombrageuse, depuis décembre dernier une loi dit « de sécurité citoyenne » interdit méthodiquement tout ce qui avait rendu possible la mobilisation de 2011 : réunion dans des lieux publics, distribution de tracts, occupation des places, etc. » »

« « Près de 2000 affaires font actuellement l’objet d’enquête de justice » »

« « Elles concernent au moins 500 hauts fonctionnaires , avec un coût pour l’État estimé à 40 milliards d’euros par an. » »

« « Le premier travail de Podemos consiste à « traduire » » le discours traditionnel de la gauche à partir d’axes discursifs capables d’emporter l’adhésion la plus large : les questions de la démocratie, de la souveraineté et des droits sociaux. ......... « « La ligne de fracture, explique M. Iglesias, oppose désormais ceux qui défendent la démocratie (..) et ceux qui sont du côté des élites, des banques, du marché, il y a ceux d’en bas et ceux d’en haut ; (...) une élite et la majorité (22 novembre 2014).

Les gardiens de l’orthodoxie marxiste dénoncent ce type d’analyse sociale indifférenciée. Le 24 août 2014, un militant interpelle M. Igliase lors d’une conférence. Pourquoi ne jamais utiliser le terme « prolétariat » ? Le jeune dirigeant politique lui répond : « Lorsque le mouvement du 15-Mai a débuté, des étudiants de ma faculté - des étudiants très politisés, qui avaient lu Marx et Lénine - ont pour la première fois participé à des assemblés avec des gens "normaux". Et ils se sont vite arraché les cheveux : " Mais ils ne comprennent rien ! " Tu es un ouvrier, même si tu ne le sais pas ! " Les gens les regardaient comme des extraterrestres, et mes étudiants retournaient chez eux dépités. (...) Voilà ce que l’ennemi attends de nous. Que nous employions des mots que personne ne comprend, que nous restions minoritaires, à l’abri de nos symboles traditionnels. Il sait bien lui, que tant que nous en restons là, nous ne le menaçons pas. » »

« « « Fondé, au moins en partie, par des militants d’extrême gauche, pour certains issus de la formation Izquierda Anticapitalista (IA, Gauche anticapitaliste), Podemos se félicite de ce que 10% de ses électeurs aux européennes de mai 2014 votaient auparavent pour la droite. Le recrutement social du parti s’est également élargie à travers la création de plus de mille « cercles » dans tout le pays. Les jeunes surdiplômés et urbains du début ont été rejoint par des ouvriers, des employés, des résidents des campagnes.

L’histoire montre toutefois qu’une telle alliance de classes tend à se briser dès lors que les aspirations des mieux lottis ont été satisfaites......(...) » » »

http://www.monde-diplomatique.fr/2015/01/LAMBERT/51929

Malheureusement cet article n’est pas libéré sur internet.

« « L’histoire montre toutefois qu’une telle alliance de classes tend à se briser dès lors que les aspirations des mieux lottis ont été satisfaites......(...) » »

Cette drenière phrase est à méditer, elle implique la nature de nos structures sociales, culturelles et politiques dans les chassés-croisés pour le pouvoir, l’enrichissement et les privilèges.

La lutte entre besoins et consumérismes qui est devenue "mortelle" pour la survie sur Terre !?!?

Donc, il faut favoriser chez chacun les prises de conscience salutaire.

« « « à travers la création de plus de mille « cercles » dans tout le pays. » » »

Mais, imaginons le revenu de base (l’économie financière peut très bien le financé, avec un peu d’imagination) couplé aux coopératives autogérées à temps partagé. Le potentiel de changement et les avantages pour tous.
L’éradication de la pauvreté et de la misère à brève échéance.

Le potentiel de changement écolo-social-économique (l’économie, pour une réflexion d’alternative : voir l’"expertise" de Bernard Friotet) et de la structure du pouvoir politique ; la conciliation travail familles et l’égalité hommes femmes ; le recul significatif de la criminalité et des maladies psychosomatiques induites ; libération du temps de Vie, dignité humaine intrinsèque et le sens de participation redonné à chacun.....
Faites la liste, un sain exercice de conscientaisation.
Il n’y a pas de sauveur, le sauveur est chacun de nous.

31/01/2015 06:30 par alain harrison

Bonjour desobeissant.

« « La Grèce est potentiellement le pays le plus riche de toute l’Europe !!! Ses taux d’emprunt d’état devraient être inférieurs à ceux de l’Allemagne !!!! » »
« « Tsipras concernerait les affaires étrangères et la crise avec la Russie. “Tout le monde le savait” ? Eh bien, nous pas, et .. » »
« « .Notre soidarité doit etre d’informer sur le hold up mis a mal par le peuple grec et son gouvernement ... » »

Je ne vous suis pas, je ne comprends pas votre commentaire....

01/02/2015 00:32 par va savoir

une interrogation qui ne me lâche pas depuis la lecture de cet article du 7 octobre 2014 : LIEN entre Grece-Chypre-EU et OBJECTIF de cette "planification" ????

http://www.romandie.com/news/Presse-Josef-Ackermann-designe-president-de-la-Banque-de-Chypre/524672.rom
".../... L’ancien président de l’assureur Zurich Insurance et ex-directeur de Deutsche Bank Josef Ackermann a été proposé par de gros actionnaires américains au poste de président du conseil d’administration de la Banque de Chypre. M. Ackermann doit être élu lors de l’assemblée générale de l’institut le 20 novembre (2014).../..."

http://www.paradisfiscaux20.com/fbme-chypre.htm

ça interpelle, non ?

- rien à voir- mais d’actualité, ceci également réclame CONFIRMATION :
http://reseauinternational.net/trop-cest-trop-jaccuse/#comment-222405

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