En Iran Obama double par la droite

Shyankar

Alors que G. W. Bush entame sa « tournée d’adieu » dans notre vieux continent, le dossier du nucléaire iranien revient à grands pas sur le devant de la scène. Il est clair qu’Israël rue dans les brancards et qu’Obama se mélange royalement les pinceaux sur ce sujet plus qu’épineux, véritable enjeu de la prochaine présidentielle.

Il était beau l’Obama en pleine primaire ! En position gauche toute sur l’Iran, il n’hésitait pas à affirmer sa volonté de « rencontrer sans conditions préalables le Président Mahmoud Ahmadinejad lors de sa première année à la Maison Blanche ». Pourtant depuis qu’Obama est certain de tenir la candidature démocrate, le discours change quelque peu.

Tandis que McCain n’hésite pas à traiter de « mou » le jeune nouveau, notamment en ce qui concerne ses positions sur le dossier iranien, le sénateur de l’Illinois décide de couper-court à ces enfantillages et sort le grand jeu : le 4 juin, il vient ainsi discourir devant la tribune de l’AIPAC (American Israel Politic Affair Committee, le très puissant lobby juif), pin’s avec les drapeaux israélien et américain bien en évidence, manière de montrer sa belle gueule à la télé (le discours étant retransmis en direct sur quasiment toutes les chaînes d’information), et de doubler le vieillissant McCain par la droite. La chaîne NBC n’hésite pas à déclarer qu’Obama a « brandi si fort la menace d’une action militaire que cela ressemblait aux menaces prononcées par George W. Bush ». En voilà une belle comparaison… Et à Doug Ireland de Bakchich.info d’ajouter : « ce discours constitue un extraordinaire virage à droite ».

Un retournement de veste bien en règle

Rien ne va plus ! Alors qu’il n’hésitait pas à détruire son ancienne rivale, Hillary Clinton, lorsque celle-ci votait au Sénat en faveur d’une résolution qualifiant les Gardiens de la révolution iranienne de « terroristes », le voilà qui lance devant l’AIPAC que les Pasdaran sont « correctement étiquetés comme organisation terroriste ». Sic.

Mais ce n’est pas tout. Si l’on s’était arrêté là , les joyeux drilles humanistes de l’AIPAC n’auraient pas enchaîné 13 standing-ovations durant ce discours oh combien enflammé ! « La menace de l’Iran sur Israël est grande, est réelle ». La solution est déjà toute trouvée : « éliminer cette menace ». On s’étouffe.

Pire : alors que Bush traîne son étiquette de lame duck (« canard boiteux ») le long de sa tournée européenne, il décide (quand même) de « stopper le déménagement de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem » [1]. Obama, en grand seigneur, déclarait quant à lui que Jérusalem « restera la capitale d’Israël et restera indivisible ».

Discours quelque peu boudé par les médias européens, celui-ci a pourtant provoqué l’émoi et la colère côté Palestinien. Sur CNN, Obama comprend qu’il doit tempérer, en particulier sur le cas de la ville « trois fois sainte » : « Sur un plan pratique, [la division de la ville] sera très difficile à faire. Et je pense qu’il serait intelligent de travailler à une solution qui permette à tout le monde d’accéder aux extraordinaires sites religieux de la vieille ville, mais qu’Israël a la légitimité de revendiquer la ville. »

Des déclarations dans un contexte bien particulier

Si ces déclarations n’apparaissaient pas dans un contexte aussi tendu sur le dossier iranien, on pourrait se dire qu’en bon politique, Sieur Obama ne fait que « changer quelque peu son discours selon ceux qui l’écoutent ». Hélas on ne peut que se poser bon nombre de questions…

L’ancien ministre allemand des affaires étrangères, Joschka Fischer, a publié le 30 mai une tribune dans le quotidien libanais anglophone The Daily Star et dans Ha’Aretz, le quotidien de référence israélien dans lesquels Il déclarait, entre autre, que « les choses arrivent à maturité. », ajoutant que « Bien que l’on reconnaisse en Israël qu’une attaque contre les installations nucléaires iraniennes entraînerait des risques graves et difficiles à évaluer, […] Israël ne restera pas passif et n’attendra pas que les choses se développent dans la direction (de la construction d’une bombe). »

Dans la même lignée, Vincent Jauvert, grand reporter au Nouvel Observateur, déclarait sur son blog : « Le pouvoir israélien estime qu’il doit agir avant que l’administration Bush ne quitte la scène, parce que la suivante, quelle qu’elle soit, lui sera forcément moins favorable. »

Du côté d’Israël, le ministre des transports, Saul Mofaz, déclarait qu’« Attaquer l’Iran pour suspendre son programme nucléaire semble inévitable »

Si l’on cumule tous ces facteurs, le retournement Obamesque semble « quasi-normal », telle une sorte d’alignement sur ce qu’aimeraient entendre les républicains qui ne peuvent supporter McCain. Loin de ses belles promesses des primaires, le représentant de la « gauche » US piétine ainsi tous ses principes mis en place au niveau de la politique internationale, cherchant désespérément à récupérer des voix de ci et de là . Loin de prôner un apaisement, le voilà qui fonce, ornières bien placées et tête baissée, sur le chemin tracé par Bush Junior.

Alors qu’un espoir semblait pointer le bout de son nez outre-Atlantique, ce retournement de situation à un goût bien amer. Une fois de plus, le peuple américain n’aura pas grand choix lors du vote. Espérons qu’il choisira quand même la voie du « moins pire » : il n’y a qu’à voir McCain lors d’un entretien matinal sur la chaîne NBC : lorsqu’on lui demande à quelle date les troupes américaines pourraient quitter l’Irak,le sénateur de l’Arizona n’hésite pas à déclarer, sûr de lui : « ce n’est pas tellement important ». Évidemment, pourquoi s’arrêter à une cette petite broutille qu’est la guerre en Irak ?

Shyankar

http://shyankar.blogs.courrierinter...

[1] : La communauté internationale ne reconnait pas Jérusalem comme capitale « éternelle et indivisible » de l’état hébreu (résolution 478 du Conseil de sécurité de l’ONU), reconnaissant son annexion comme une violation du droit international. C’est pour cette raison que la plupart des ambassades se trouvent à Tel-Aviv, capitale « officielle ».

COMMENTAIRES  

17/06/2008 11:02 par Anonyme

C’est incroyable ce petit état nucléarisé par la France Israêl continue de faire. Mais quand est ce que le israêliens decideront de s’intégrer dans le moyen orient. Après tout rien n’empêche parmi eux qui se sentent occidentaux de venir vivre en Occident. Bien au contraire, ils jouiont surement de plus d’avantages dans ces pays culpabilisés par ce qu’ils ont fait subire en 39-45.

17/06/2008 18:02 par Anonyme

Obama est un pur produit de l’establishment ricain blanc, tendance "case de l’oncle Tom". Il fait des affaires.... Rien d’autre. Il sait qu’il n’a pas la moindre opportunité (chance, possibilité) d’être élu big chief de l’éxecutif, mais il fait tourner sa grosse entreprise... C’est un investissement personnel ...
Celle ou celui (chez nous) qui croit que la populace ricaine complètement abrutie et alliénée va voter -cinq ans après Bush- pour un black (ce qui supposerait une invraisemblable et subite conscientisation à rebours de l’histoire même de ce pays et venue d’on ne sait où..) se fourre le doigt dans l’oeil jusqu’au coude.
Ce peuple a laissé flinguer Luther King. Ce peuple tue each and every day en Irak et ailleurs. Ce peuple, chaque matin (foin des fuseaux horaires), engendre des tragédies all around the world.
En résumé, ce peuple tue en 2008 comme il a tué tout au long de sa pitoyable existence. Et ce peuple aime tuer, porter des flingues, en user et en abuser "with god on our side".
Alors Obama dans tout ça ? Joyeuse plaisanterie... Les pétroliers texans se frottent les mains et avec eux les newborn christians et autres grands malades et alliés objectifs muslims.
Mc Cain n’est pas crédible et il le sait. Les Républicains attendent leur heure pour le dégager. Un Swartzeneiger bien ficelé, prenant publiquement "du recul" avec l’administration Bush, mais réaffirmant les grands "idéaux" démocratico-patali-patala, de le grande nation amérikkkaine, fera l’affaire et emportera la mise.
Rêvez français, mais n’oubliez pas la cible ... L’Elysée et son caniche !

20/06/2008 02:46 par TROTTER

Bondoir Messieurs,
Je dis bonsoir, car je suis en Martinique et qu’il est 20H30.
Bien que ce commentaire nait pas la moindre chance de parraitre, je vous fais pars de l’analyse d’un "néo-con" à destination des "néo-com".
La guerre de bush ou troisiéme guerre mondiale a commencer le 11 septembre. Initié par bush, et je l’approuve !
L’iran n’est que la partie immergée de l’isberg ISLAMISTE, que les ANGELIQUES et autres "néo-com" reffuse de voir, par idéologie anti-américaine primitive.
VOUS les néo-com ne seriez pas la à nous servir des analyse PRO-ISLAMISTE si en 1945 les AMERICAINS étaient restés chez eux (ce que personellement j’aurais fait)
L’iran veux la guerre par idéologie religieuse et mettra tout en oeuvre pour provoqué Israel, les USA et l’Europe, car ils sont perssuadés que nous somme aux temps biblique. Que ceux qui s’avent comprennes.
Les frappes nucléaires contre l’iran sont programmés pour cet été, et au lieu de pérorré contre les US, lever les foules occidentales contre cette guerre, plutôt que contre les pétrole chet, les acquis sociaux et autres balivernes franco-française.
Nous sommes près a cette guerre !!! Et vous en serez les premiéres vistimes, si nous nous sommes bien organisés.
NOUS VOUS ATTENDONS SUR LE CHAMPS DE BATAILLE ! CHOISISSEZ BIEN VOTRE CAMPS !
MERCI DE M’AVOIR LU
TROTTER

20/06/2008 19:48 par R.

Bonsoir.

Pour remettre au clair quelques vérités historiques (hors de toute propagande). Les Américains ne sont pas venus en 1945, mais en 1944. Ensuite, ils n’étaient pas tout seuls, ce qu’on oublie un peu trop souvent. Il y a eu aussi des Canadiens, des Anglais, des Polonais, et quelques Français. Surtout, il faut arrêter de croire qu’ils ont agit par pur bonté d’âme (ce qui n’enléve rien à l’héroisme de ces jeunes qui sont morts sur les champs de batailles...Ceci dit, est ce héroique de mourir sur un champ de bataille, ou honorable ?).

Le débarquement est une affaire en 2 temps : La première, c’est une demande de Staline qui se bat seul en Europe depuis 1941, et voudrait soulagé son armée en ouvrant un deuxième front en Occident. Longtemps, les USA ne se sentent pas prêt à le faire, estimant ne pas avoir les moyens militaires pour (ce qui est sans doute plausible, Roosvelt n’etant pas ideologiquement antisoviétique -donc n’ayant pas la volonté d’affaiblir l’URSS, ce qui n’était pas le cas de Churchill).

Face à l’avancée des troupes soviétiques, Churchill pousse à un débarquement dans les Balkans, ce que refuse Roosvelt pour raison "stratègique". Mais il devient nécessaire de s’investir en Europe, car les américains percoivent bien que l’URSS est en passe d’écraser l’Allemagne. Sans trop forcer, on peut dire que l’on doit la Libération de l’Europe moins aux Américains qu’à l’armée Rouge. D’ailleur, en 1944, Staline souhaite beaucoup moins l’ouverture d’un second front, et c’est pourquoi il ne lache pas grand chose à Yalta, car il n’est pas en position de demandeur, mais de donneur. Le choix d’un débarquement en France permet d’être au plus près, sans avoir le caractère suicidaire d’un débarquement aux Pays-Bas de la Ruhr allemande. Aucune bonté d’ame donc là dedans, simplement des calculs stratègiques, et des intêrets nationaux.

Donc arrêtez de nous servir une supposée dette à l’endroit des américains (qu’au passage la France a plus que grandement aidé à se "libérer" de l’Angleterre en 1776). L’Amérique lutte pour ses intêrets, comme elle l’a toujours fait, comme (presque) toute nation. Il n’y a pas de menace "islamiste" irannienne. Mais des puits de pétrole, comme en Irak, oui.

En espérant sincérement que vous aurez pris le temps de me lire, comme j’ai pris le temps de lire le texte d’un "néo-con" comme vous vous définissez.

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