Colombie : le Président Santos va demander l’adhésion de son pays à l’OTAN

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Le président Colombien a annoncé qu’au cours du mois de juin, il établirait un accord de coopération avec l’OTAN pour montrer ses dispositions à en faire partie.

Bogota le 2 juin 2013 - Santos a donné cette information : le Ministre de la Défense de Colombie signera une alliance et, comme la paix avec les FARC est en bonne voie grâce aux négociations en cours à La Havane (Cuba), son Armée cherchera aussi à se distinguer sur le plan international (sic).

Lors d’une élévation de grade à Bogota, le Président a revendiqué pour la Colombie le droit de "penser en grand" et qu’il va chercher à être parmi les meilleurs "non pas de la région, mais du monde entier".

"Si nous arrivons à cette paix, notre Armée est dans la meilleure des positions pour pouvoir se distinguer aussi sur le plan international. Nous le faisons déjà sur de nombreux fronts" a-t-il assuré.

Le revers de la médaille.

L’Armée de Colombie connaît une longue histoire de dénonciations pour violations des droits de l’homme. Dont celle des "faux positifs", nom sous lequel est connu l’assassinat de civils innocents par des militaires afin de les présenter comme des guerilleros morts au combat et obtenir ainsi des privilèges.

Le 24 Mars dernier, le Centro de Investigación y Educación Popular (CINEP) de Bogota a déclaré qu’en 2012, 20 incidents de ce genre ont été dénoncés ainsi qu’ont été enregistrées 52 victimes, des groupes paramilitaires principalement.

(...) "Le langage utilisé par le Président Juan Manuel Santos et par le Ministre de la Défense Juan Carlos Pinzón ont pour but de présenter des avantages militaires. Ils font apparaître les cas comme morts au combat." assure Giraldo, au nom de la Banco de Datos de Derechos Humanos y Violencia Política du CINEP

Source : http://www.aporrea.org/internacionales/n230039.html

 http://www.aporrea.org/internacionales/n230039.html

COMMENTAIRES  

04/06/2013 02:45 par Bonjour

Nous avions déjà signalé ce mouvement audacieux de l’OTAN - de l’Amérique latine à l’Afghanistan (jonction avec l’Inde).

Après l’absorption de l’Europe, en grande partie réalisée du point de vue capitalistique.

Et comme pendant de l’Atlantique, le Partenariat Trans-Pacifique qui cherche à absorber le Mercosur et l’ALBA comme cela a été fait avec l’UE. Les attaques de la finance anglo-saxonne contre l’industrie européenne et l’euro rappellent celles contre les économies et monnaies d’Amérique latine.
L’économie colombienne est totalement dépendante de Washington et du dollar.

02/07/2013 19:23 par Frédéric

Signalons l’article suivant du SIPRI sur la géopolitique en mutation de l’Amérique Latine :

http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article8317

"Amérique latine : entre Alliance atlantique et Forum du Pacifique"

...Le président colombien, lui, en s’affirmant atlantique, tout autant que l’Allemagne ou le Canada a désarçonné les analystes et les politiques de tous bords, à Caracas comme à Washington. Bruxelles a fait part de sa surprise et d’une impossibilité statutaire pour refuser cette demande d’adhésion. Bolivie, Brésil, Equateur, Nicaragua et Venezuela, ont manifesté un mécontentement plus ou moins vivement exprimé. La Colombie pourtant est considérée par elle-même et par ses voisins depuis les années 1920 comme alignée sur une étoile du Nord située à Washington(2). Mais le propos du chef de l’Etat colombien est révélateur d’une double prise de conscience, fondatrice d’un discours original. Celle de la crise politique et économique des Occidentaux qui lui permet en choisissant de forcer la porte atlantique, paradoxalement de prendre ses distances. La déclaration d’amour envers l’OTAN, va de pair, en effet, avec l’abandon du traité de défense bilatéral avec les Etats-Unis négocié par Alvaro Uribe, son prédécesseur. Elle est contemporaine d’une négociation à Cuba avec un groupe de guérilla communiste, les FARC. Juan Manuel Santos a d’autre part bien perçu que les embarras économiques et politiques du Venezuela, et le sur place industriel et agricole du Brésil, lui permettent d’avoir une expression géopolitique originale. Elle est autonome, indépendante du modèle « extrême occidental », comme de ceux, au Brésil et au Venezuela, qui se définissent nationalistes ou anti-impérialistes....

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