Aux États-Unis, la faim atteint des niveaux jamais atteints depuis le pic de la pandémie de Covid

Une analyse publiée cette semaine par la Banque de réserve fédérale de New York montre que l’insécurité alimentaire aux États-Unis a atteint des niveaux jamais vus depuis le pic de la pandémie de coronavirus, soulignant l’impact dévastateur des coupes budgétaires opérées par les Républicains dans l’aide alimentaire fédérale et de l’effet inflationniste des décisions du président Donald Trump en matière de politique économique et étrangère.

La fraîcheur des produits est vérifiée avant leur distribution à la Banque alimentaire régionale de Los Angeles à Industry, en Californie, le 21 mai 2026.
Robert Gauthier / Los Angeles Times via Getty Images

Dans un article de blog, les chercheurs de la Fed de New York détaillent leurs conclusions concernant « une augmentation très notable de l’insécurité alimentaire, en particulier parmi les ménages peu instruits et à faibles revenus ainsi que ceux ayant de jeunes enfants », mais aussi une « augmentation concomitante du pessimisme au sein de ces mêmes groupes, accompagnée d’une forte baisse des perspectives d’emploi. »

Les chercheurs citent de nouvelles données montrant une augmentation du pourcentage d’Américains ayant déclaré avoir reçu des dons alimentaires et avoir sauté des repas ces derniers mois, alors que les prix des produits de première nécessité ont augmenté. Les coupes dans le Programme d’aide alimentaire supplémentaire (SNAP) décidées l’été dernier par Trump et les Républicains du Congrès ont également un impact, privant de l’aide alimentaire des centaines de milliers d’enfants issus de familles à faibles revenus soit des millions de personnes au total.

Parmi les personnes ayant déclaré avoir sauté des repas et recourir aux banques alimentaires, « la proportion nette de répondants s’attendant à voir leur situation financière s’améliorer plutôt que se détériorer d’ici un an est plus faible et diminue plus rapidement », ont observé les chercheurs, et ce malgré certains chiffres globalement positifs indiquant une économie relativement solide (comme un faible taux de chômage).

« Cela signifie qu’une augmentation de l’incidence de l’insécurité alimentaire est associée à une détérioration du moral des consommateurs » ajoutent-ils.

L’analyse de la Fed de New York intervient alors qu’une multitude de nouvelles données montrent que la hausse de l’inflation, laquelle atteint actuellement son plus haut niveau depuis trois ans, érode les salaires des Américains et fait chuter les taux d’épargne personnelle, les ménages étant contraints de dépenser davantage en essence, en nourriture et en autres produits de première nécessité.

À la suite de la publication de nouvelles données fédérales jeudi, le groupe de recherche à but non lucratif Equitable Growth souligne « une étape importante : les revenus des ménages sont désormais en baisse année après année. Les ménages américains disposaient de davantage d’argent à dépenser en avril 2025. »

« Bien que les revenus aient baissé pour l’ensemble des ménages ce mois-ci, cette baisse est plus marquée pour les 50 % des ménages les plus modestes, qui ont vu leurs revenus diminuer de 1,6 % par rapport à avril de l’année dernière » a fait remarquer Austin Clemens, chercheur associé à Equitable Growth. « Les revenus de ce groupe ont baissé au cours de cinq des six derniers mois. »

Jake Johnson

Rédacteur pour Common Dreams.

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

COMMENTAIRES  

10/07/2026 23:46 par xav

pic de la pandémie de Covid

Aiaiai
Il serait peut-être intéressant de ne pas prendre les banquiers au sérieux.
Pourquoi nous refourger de la pandémie ?

11/07/2026 11:06 par Vincent

Ces chiffres abscons dignes de l’INSEE (qui ose affirmer que l’inflation en France s’établit à "1,8%") ne disent rien de concret.
Le concret pour l’étasunien moyen, c’est qu’un menu Big Mac qui coûtait entre 6 et 8 dollars se situe désormais autour de 13 dollars en moyenne, et jusqu’à 18 dollars dans des métropoles comme New York ou Los Angeles.
Le sandwich seul coûte désormais autour de 6 dollars, soit le prix que coûtait le menu complet jusqu’environ 2020.
Le "bucket" de poulet chez KFC coûte jusqu’à 55 dollars (!!) ...
(CF : "A Homestead Journey" sur YT)

Comprenez bien que des milliers d’enseignes de fast-food ferment et vont fermer aux États-Unis, parce que c’est trop cher et qu’il n’y a plus de clients.
Comprenez donc aussi que les nombreux étasuniens qui cumulent trois jobs pour survivre et payer leurs loyers devenus exorbitants (ex : 50m² à Cleveland en 2019 à 750 dollars coûte 1300 dollars en 2024) et/ou leurs factures d’énergie indécentes (jusqu’à + 33% entre 2019 et 2025), et qui donc bossent le plus souvent dans l’un de ces fast-food dans leurs petites semaines de 50h, vont perdre leur emploi.

Le cœur de la "classe moyenne" aux E.U, c’est 100 000 $/an (!) de revenus pour un couple.
Près de 60% des étasuniens gagnent (évidemment) moins que ça.

Le Caddie à 150 dollars de produits en gros achetés chez Costco coûte désormais près de 350 dollars, avec les packs de "ground beef" qui sont passés de 30 à près de 90 dollars, par exemple !
Le Galon d’essence stagne toujours autour des 4$, soit 60% d’augmentation moyenne.

Il y a près de 800 000 "homeless" aux Etats-Unis, dont de nombreux vétérans de l’armée.
Près de 6 millions d’étasuniens sont dépendants de Fentanyl ou autres opioïdes de synthèse. Ces produits font encore environ 70 000 morts par an.

Bref : l’empire s’effondre à un rythme qui n’a rien à voir avec l’effondrement de l’empire Romain, et pour de toutes autres raisons.
Je ne crois pas qu’il existe une quelconque autre solution que la guerre totale pour les dominants, car le niveau de misère qu’ils ont induit en volant TOUT est colossal, et produit une colère sourde qui ne demande que le bon exutoire pour s’exprimer.
Seuls ne s’en aperçoivent pas ceux qui attendent le déluge dont ils préfèreraient qu’il survienne après eux.

11/07/2026 22:21 par diogène

@ xav

Ce qui est en cause, ce n’est pas la "pandémie" (sic) elle-même, mais les mesures de confinement qui ont été prises sous ce prétexte par de nombreux pays mais qui , aux États-Unis ont entraîné plus qu’ailleurs des licenciements massifs et des réductions du temps de travail. Faute de ressources, de nombreuses familles se sont trouvées en situation d’insécurité alimentaire et de logement. Ça a été brutal, mais ce n’est ni nouveau ni seulement conjoncturel. C’est structurel : d’une part le système économique capitaliste a besoin de se purger de temps en temps sur le dos des plus modestes, et d’autre part la Constitution des États-Unis ne contient pas de dispositions relatives au droit à une alimentation quelconque.

Les États-Unis ne sont pas signataires de l’article 11 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels , qui reconnaît « le droit fondamental de toute personne d’être à l’abri de la faim » et a été adopté par 158 pays . Cette opposition a persisté sous les administrations démocrates comme républicaines, comme ont persisté les guerres au Moyen-Orient, le blocus de Cuba et la guerre avec la Russie par procuration via l’Ukraine.

Le fait de tenir le gouvernement fédéral responsable de l’alimentation de la population est perçu pas les "libéraux", qu’ils soient démocrates ou républicains, comme une forme d’"État-providence", associé à des systèmes politiques anti-américains et socialistes (l’horreur !), trop coûteux et contraires à la’"american way of life" qui repose sur l’autonomie. Il en va de même pour les systèmes de soins et les retraites.
Le paradoxe, c’est que si les États-Unis continuent d’affirmer que le droit humain à l’alimentation et d’autres droits économiques ne font pas partie de leurs principes fondamentaux, ils font pression sur d’autres nations pour qu’elles acceptent et adoptent des droits civils et politiques "universels" qu’ils considèrent comme étrangers à leur propre culture.

Des association caritatives ont proposé que les États-Unis adoptent un cadre de politique alimentaire fondé sur les droits humains, similaire à ceux mis en œuvre dans d’autres pays, mais depuis toujours, les programmes alimentaires américains fonctionnent comme des choix politiques et non pas comme des droits, ce qui signifie que sans recours possible à une protection juridique, le clientélisme reste le seul espoir de ceux qui ont faim.

Le cynisme affiché de Trump sur le registre "winner-loser" n’a fait qu’empirer les choses mais le mal est plus profond que les symptômes révélés par les facéties d’un clown exubérant.

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