Auteur Jean-Pierre PETIT-GRAS

Mexique : caravane de l’espoir, auto-défense indigène et populaire

Jean-Pierre PETIT-GRAS
Emboîtant le pas à une longue tradition de marches entreprises par les indigènes zapatistes du Chiapas (1), des milliers de participants à la Caravane pour la Paix dans la Justice et la Dignité se préparent à parcourir, du 4 au 10 juin, la longue distance qui sépare Cuernavaca, au sud de la capitale, de Ciudad Juárez, à la frontière avec les Etats-Unis. De Cuernavaca était déjà partie, le 8 mai dernier, la Marche Nationale pour la Paix, à l’initiative du poète Javier Sicilia (2). (…)

Mexique : marcher contre la peur

Jean-Pierre PETIT-GRAS
A l’hallucinant décompte des cadavres (essentiellement de migrants) découverts dans une fosse dans le Tamaulipas (300 corps) ou dans le Durango (168), viennent s’ajouter des nouvelles alarmantes. Elles font état d’une véritable terreur au pays du peyotl, à Jicamórachi, commune de Uruachi, dans la montagne Tarahumara de l’Etat de Chihuahua. Ce village d’un millier d’habitants - des indigènes rarámuri - est occupé depuis plusieurs semaines par un groupe de tueurs, probablement au service de (…)

Mexique : Marche nationale pour la justice

Jean-Pierre PETIT-GRAS
Du 5 au 8 mai, des Mexicains vont marcher, de Cuernavaca (Etat de Morelos) à la capitale du pays, distante de 85 kilomètres. Elles et ils seront probablement très nombreux. Dans un communiqué, par exemple, l’EZLN annonce une importante manifestation silencieuse à San Cristóbal de Las Casas (Jobel), le 7 mai. Organisée à l’initiative du poète Javier Sicilia, suite à l’assassinat fin mars de son fils et de six autres jeunes habitants de cette ville, la manifestation, intitulée « marche (…)

Année du Mexique : pendant le show, la guerre continue

Jean-Pierre PETIT-GRAS
Jamais on avait autant parlé du Mexique... Journalistes, spécialistes, ignorants, politiques, touristes, justiciers, anthropologues, organisateurs de manifestations culturelles, analystes, indignés, zopilotes de tous bords, se répandent, en vagues dégoulinantes, de blogs en manchettes, de buvettes en micros... Tous et toutes veulent savoir, ou savent déjà . Mais bien peu d’entre eux s’intéressent à la guerre mexicaine. La guerre, quelle guerre ? Début janvier, 60 tueurs masqués, (…)

Mexique : affaire Cassez, les vrais enjeux.

Jean-Pierre PETIT-GRAS
L’ affaire Cassez empoisonne les relations diplomatiques entre le gouvernement de Felipe Calderón et celui de Nicolas Sarkozy. Tout pourtant semblait aller pour le mieux. Sous le double patronage du groupe militaro-industriel Safran et de « Miguelito » Alemán Velasco, l’ « année du Mexique en France » démarrait en fanfare. Expositions sur les cultures précolombiennes ou autour d’artistes prestigieux (José Guadalupe Posada, Diego Rivera, Frida Kahlo), festivals de cinéma et représentations (…)
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Année du Mexique en France : sous les flonflons, les canons

Jean-Pierre PETIT-GRAS
C’est dans l’annuaire de la ville de Toulouse : 2011 sera « l’année du Mexique en France ». Certes, les organisateurs du festival Rà­o Loco n’ont pas trop le sens de l’orientation, puisqu’ils situent le pays d’Emiliano Zapata et Amparo Ochoa... en Amérique du Sud. Mais gageons que les multiples et coûteuses « rencontres culturelles », à Toulouse et un peu partout en France, sauront leur ouvrir un peu les yeux sur la géographie. Et sur quelques autres réalités. Ils auront notamment tout (…)

La mort de Samuel Ruiz, l’évêque "converti par ses ouailles"

Jean-Pierre PETIT-GRAS
Samuel Ruiz, "Tatic", évêque de San Cristóbal de Las Casas (Jobel), est mort aujourd’hui 24 janvier, à l’âge de 86 ans. Alors que le Mexique traverse une période particulièrement tragique et dangereuse de son histoire, la disparition de cet homme, "converti par les indigènes" du Chiapas, comme il aimait à répéter, laisse un vide. Dès sa nomination, il a travaillé à la construction d’une église nouvelle dans laquelle, pour la première fois dans l’histoire, de nombreux indigènes avaient été (…)

Mexique : de Cancún à Và­cam, meurtres et miracles de noël

Jean-Pierre PETIT-GRAS
Quelques jours avant le coûteux (et lamentable) spectacle donné à Cancún par les représentants de 193 gouvernements mondiaux, pour un prétendu « sommet sur le climat », des envoyés des peuples, tribus et nations purépecha, nahua, wixárica, coca, odham, yaqui, mayo-yoreme, mixtèque, triqui, tsotsil et otomà­, auxquels s’étaient joints des membres de la société civile mexicaine et de divers pays d’Amérique, d’Asie et d’Europe, ont tenu à Và­cam, dans l’état de Sonora, le « Premier Forum (…)

Mexique : Le deuxième suicide de Digna Ochoa

Jean-Pierre PETIT-GRAS
Le 19 octobre 2001, la jeune avocate mexicaine Digna Ochoa y Plácido, employée par une organisation spécialisée dans la défense des droits humains, était retrouvée morte à son domicile de la capitale du pays. Une balle dans la cuisse, et une autre dans la tête, entrée par la tempe gauche (alors que Digna était droitière). Un suicide, concluaient aussitôt les autorités judiciaires de la ville Mexico. Digna avait déjà subi, en une douzaine d’années, deux enlèvements, avec sévices sexuels et (…)

Mexique : La grève de la faim des enfants de Copala

Jean-Pierre PETIT-GRAS
San Juan Copala, 20 septembre. Les nouvelles en provenance de ce village de l’état de l’Oaxaca se suivent, se ressemblent, et dépeignent partiellement le cauchemar vécu par sa population. 500 paramilitaires, appartenant à l’UBISORT et au MULT, deux mouvements contrôlés par le PRI (le parti du gouverneur sortant Ulises RUIZ), occupent la mairie, et tirent sur tout individu qui ose sortir dans la rue, et sur les fenêtres des maisons. Deux hommes ont été tués au cours des dernières 48 heures, (…)

MEXIQUE : un pas de plus vers l’horreur

Jean-Pierre PETIT-GRAS
La politique de répression du gouvernement mexicain contre les communautés indigènes atteint des degrés extrêmement préoccupants. Il semble que les autorités du pays à tous les niveaux, de l’Etat fédéral à l’échelon local (municipal), en passant par les états régionaux à forte population indienne (Chiapas, Oaxaca, Guerrero, Michoacan, etc.) prennent de moins en moins de gants pour appliquer une série de plans politiques, économiques et sociaux qui s’apparentent à un véritable ethnocide. (…)

Mexique, zapatisme et écologie : colibris, pelles et pioches

Jean-Pierre PETIT-GRAS
Derrière la cabane du « campement pour la paix (1) », un colibri s’enivre tranquillement, d’une fleur de floripondio à l’autre. A nous autres humains, ce plaisir est refusé : nous sommes en territoire zapatiste, et l’alcool et autres psychotropes y sont prohibés depuis bien avant le soulèvement de 1994. La mesure avait fait l’objet d’un large consensus, avec la « loi révolutionnaire sur les femmes », et assuré aux hommes du mouvement clandestin la pleine et entière participation, sur un pied (…)