53 % pour Sarkozy : Neuilly a gagné, Clichy a perdu... Il faut une refondation à gauche - Résistance ! D&S, LCR.








D&S, dimanche 6 mai 2007.


Bonne nouvelle pour Neuilly !


1 - La victoire de Nicolas Sarkozy est une mauvaise nouvelle pour les salariés de France et pour la gauche dans le monde entier.

C’est une bonne nouvelle pour Bush et une mauvaise pour ses opposants aux Etats-unis et sur la planète.

Que les électeurs français aient laissé passer un « Thatcher-Berlusconi » est un mauvais signe pour tous ceux qui défendent la perspective d’un monde meilleur.

La victoire de Sarkozy est une bonne nouvelle pour Neuilly, une mauvaise nouvelle pour Clichy. C’est une bonne nouvelle pour le capital financier, pour le Medef, pour le Cac 40, pour les groupes Bouygues, Lagardère, Dassault, Rothschild, pour les multinationales qui contrôlent les grands médias audiovisuels, les armes et la finance.
C’est le pire pouvoir contre les droits sociaux depuis Pétain.

C’est une mauvaise nouvelle pour les 22 millions de salariés ayant un emploi et pour les chômeurs, les retraités, les précaires, qui seront visés par les attaques annoncées contre leurs droits au travail, contre le Smic, contre leurs droits face aux licenciements, contre le droit syndical, contre la réduction de la durée du travail, contre le droit de grève, contre le droit à la santé gratuite, contre la laïcité et les services publics...
C’est une mauvaise nouvelle pour les jeunes, les étudiants, qui vont voir leurs chances de bénéficier d’une formation de haut niveau publique et gratuite réduite.

Normalement, aucun salarié n’aurait dû voter pour Sarkozy sauf à méconnaître ses intérêts les plus élémentaires : mais la propagande des grands médias a été plus puissante que jamais pour masquer, mystifier le programme réel du chef de l’Ump.

Sarkozy a pris quasiment toutes les méthodes de communication de Le Pen : auto-victimisation, discours anti-pensée unique (alors qu’il l’incarne) mélopée nationaliste, brutalité au karcher, démagogie anti-chômeurs, anti-fonctionnaires, anti-assistés, contre l’immigration, contre l’insécurité, pour l’eugénisme... et il a réussi à prendre les voix de Fn et à les élargir.
Sarkozy a promis, de « liquider » jusqu’au souvenir du plus grand mouvement de grève des salariés de l’histoire de ce pays, en mai-juin 68. Il a défié les syndicats et d’avance appelé à leur défaite.


2 - Pourtant, il n’y avait rien de fatal à cette défaite de la gauche.

La droite sortante était discréditée, les conditions étaient réunies pour sa défaite, les électeurs majoritairement orientés à gauche.

Des millions de manifestants s’étaient levés contre la politique libérale lors des grandes grèves de février à juin 2003 pour défendre les retraites à 60 ans à taux plein et par répartition : quand la droite imposa les lois Fillon, il y eut 66 % de l’opinion selon les sondages pour s’y opposer !

Les 28 mars et 13 juin 2004, la gauche obtint un raz-de-marée sans précédent avec 7 % de mobilisation électorale supplémentaire, en mars 20 régions sur 22 à gauche, 51 départements sur 100 à gauche et, en juin, une majorité aux européennes, notamment pour « une Europe des 35 h » et un « Smic européen ».

La preuve en est encore qu’en 2006, lorsqu’elle fut unie et mobilisée de janvier à avril contre le Cpe, la gauche syndicale et politique, salariés et jeunes, gagna et mit le gouvernement Chirac-Sarkozy à genoux !

La victoire du chef de l’UMP en 2007, pas plus que celle de l’UDR en juin 68, n’effacera la puissance et les exigences du mouvement social.


3 - Cette défaite vient des erreurs des leaders de la gauche, notamment du Ps, ces deux dernières années.

Si toute la direction de la gauche s’était retrouvée en phase avec sa base, avec le peuple de gauche, en appelant à voter massivement « non » le 29 mai 2005, la gauche aurait été combative, conquérante, unie et aurait créé une dynamique irrésistible, victorieuse jusqu’en 2007. L’unité partielle "de la gauche de la gauche" a échoué dés lors qu’elle cherchait à remplacer l’irremplaçable : l’unité de toute la gauche sur un programme antilibéral. (...)

Le Parti Socialiste aurait dû fonder son orientation sur la recherche d’une alternative cohérente politiquement vraiment à gauche, appuyée sur le salariat et non se laisser guider par la versatilité des sondages et l’impressionnisme d’une "opinion publique" mal cernée.

La gauche ne peut gagner sans une forme d’unité et un programme avancé avec des mesures phares (comme en 1981, nationalisations, réduction du temps de travail, congés payés, salaires, droits nouveaux), et ce n’est pas la recherche tardive d’électeurs de gauche égarés sur le vote UDF-Bayrou qui pouvait rattraper cela. Le « rejet » de Sarkozy était un puissant moteur, mais il a manqué le carburant de l’unité à gauche sur des objectifs communs.


4 - Sarkozy n’a cessé de répéter qu’il était le porte-parole « d’une droite décomplexée qui entendait être bien à droite » et imposer son programme.

Il a gagné en partie sur la détermination qu’il a ainsi impulsée dans son camp. Le débat n’a même pas été dévoyé comme en 2002 sur la sécurité, il a été question de questions économiques et sociales, de l’emploi, et c’est anormal que sur ce terrain, il ait pu gagner !

La leçon, c’est qu’il faut, en face de Sarkozy, une « gauche décomplexée qui soit bien à gauche » et réponde aux aspirations de ses électeurs, aussi fidèle aux salariés que la droite est fidèle au patronat.

Une gauche qui se reconstruise et s’unifie, en proposant de redistribuer vraiment les immenses richesses de la France d’aujourd’hui. Il faut qu’elle ne craigne pas d’affirmer que l’éradication du chômage de masse proviendra du partage du temps de travail sans baisse de salaire, que le maintien du montant des retraites exige une augmentation des cotisations patronales, que la gauche redonnera à la part des salaires ce qui a été transféré aux profits depuis 25 ans... afin que les mesures concrètes du programme de la gauche soient cohérentes, claires et compréhensibles à la différence des formules sociales libérales qui, en essayant de concilier les intérêts du Medef et ceux des travailleurs, sèment le doute.

Car à quoi sert une gauche qui ne se bat pas pour redistribuer les richesses ?

Il faut une refondation à gauche : un grand congrès fondateur d’un grand parti démocratique unifié de toute la gauche, sur un projet antilibéral !


5 - Pour gagner, Sarkozy s’est appuyé sur la logique des institutions anti-démocratiques de la Ve République.

L’élection présidentielle est une élection quasiment « faite » pour la droite et ses puissants relais financiers et médiatiques. Seul François Mitterrand dans des circonstances exceptionnelles (un effet différé de mai 68 justement et un programme avancé) a réussi à l’emporter. Ce type d’élection personnalise la politique pour mieux dépolitiser les personnes.
Le scrutin parlementaire est mille fois plus démocratique, et l’inversion du calendrier électoral en 2002 fut une grande erreur. Il faut lutter plus que jamais pour une VIe République sociale, parlementaire, démocratique, laïque.

L’urgence est d’empêcher la droite néo-libérale extrémiste de disposer de tous les pouvoirs. La droite garde la présidence de la République. Elle dispose de la majorité au Sénat. La majorité des membres du Conseil constitutionnel ont été nommés par la droite. Quant au « 4ème pouvoir », les grands médias, nul ne peut plus ignorer qu’ils sont dans le camp de la droite.

Pas de démoralisation, pas de répit, il faut tout faire pour que la gauche obtienne le maximum d’élus aux législatives du 10 et 17 juin.
Rassemblons vite la gauche, préparons des accords programmatiques et de désistement pour être le plus fort possible les 10 et 17 juin, redonnons une orientation déterminée à gauche, contre une mainmise totale sur toutes les institutions par une droite dure, agressive, rapace. Pas d’alliance avec le prétendu "centre" .

Et préparons, dans l’unité, les mobilisations unitaires nécessaires pour faire échec aux mauvais coups programmés.

D&S
www.democratie-socialisme.org



Résistance ! Déclaration d’Olivier Besancenot le 6 mai 2007 à 20 heures.

Nicolas Sarkozy vient donc d’être élu président de la république avec environ 53,5...des voix. Avec lui, c’est le programme du MEDEF qui s’incruste au pouvoir. De nouveaux cadeaux fiscaux aux entreprises et aux plus riches, la privatisation de nouveaux services publics, la chasse aux enfants sans papier, la remise en cause de droits sociaux et démocratiques fondamentaux comme le droit de grève ou le CDI sont dans l’agenda du nouveau président de la République. Ce soir, l’Etat UMP dispose une nouvelle fois du pouvoir politique central. La démagogie populiste utilisée dans cette campagne va désormais laisser place à la réalité de mesures antisociales, sécuritaires et antidémocratiques qui ne manqueront pas de susciter des mobilisations très larges. C’est à la construction de ces résistances sociales et démocratiques que la LCR entend désormais consacrer toutes ses forces. Elle propose que face au programme ultra libéral et ultra sécuritaire d’un Sarkozy, un front unitaire de toutes les forces sociales et démocratiques soient immédiatement disponible pour organiser la riposte. Elle prendra toutes les initiatives en ce sens dans les prochains jours.

La démonstration est également faite qu’une gauche social-libérale, qui a tenté jusqu’au bout une alliance avec l’UDF de Bayrou, n’est pas un rempart efficace face à une droite dure et autoritaire. Les appels du pied vers la droite n’auront servi à rien d’autre qu’à contribuer à brouiller les repères. C’esr parce que Ségolène Royal n’a pas su faire souffler le vent de l’espoir du changement qu’une partie des classes populaires déboussolée lui a fait défaut. Plus que jamais la construction d’une force anticapitaliste puissante, implantée dans les entreprises, les services publics et les quartiers populaires, est urgente pour, dans la rue comme dans les urnes, battre la droite et le MEDEF. C’est le sens de la campagne qu’a menée Olivier Besancenot et qu’entend poursuivre la LCR : rassembler les forces anticapitalistes en indépendance complète vis à vis de la direction du PS.

C’est sur ces bases que nous nous présenterons aux élections législatives autour d’un programme d’urgence social et démocratique.

LCR-Rouge
www.lcr-rouge.org







COMMENTAIRES  

07/05/2007 01:16 par Jean-Yves

Je crois aussi que Ségolène Royal n’était pas la meilleure candidate. Sa campagne très personnelle, ses erreurs, ses insuffisances,ses comportements bizarres, le culte de la personnalité organisé autour de sa personne ont pu jouer un rôle de repoussoir.
Je pense que Fabius aurait été un candidat plus sérieux

10/05/2007 12:48 par Salomé

Ségolène n’est sans doute pas la meilleure candidate mais si elle avait été davantage soutenue par les éléphants, elle l’aurait été davantage.
La campagne de Sarkozy est préparée depuis des années et au moins depuis 2002 alors que Ségolène est partie seule pendant que les éléphants se disputé la place. Aucun programme réel de refondation de la gauche depuis 2002. Le Ps n’a absolument pas tiré les enseignements de 2002, s’est endormi sur les résultats de la gauche aux européennes et aux régionales et a cru que c’était gagné. Qu’il écoute le peuple désormais, et soit plus prés des réalités et des attentes de ce dernier.

07/05/2007 11:18 par luher

Croire que la victoire de Sarkozi est une conséquence de l’absence de clarté des positions socialistes est une simplification du vrai problème.
Sans vouloir m’étendre, je cite un résume approximatif d’une scène du roman de Dumas, Montecristo "face à la place de Rome avant le carnaval assistent à l’exécution le Montecristo et ses deux invités, quand un des condamnés est gracié l’autre explose de rage, devant le triste scène, Montecristo dit, croyez vous que si deux brebis étaient face à l’abattoir l’une ne serai pas heureuse de savoir que sa copine sauvai la vie, la même chose pour des agneaux ou d’autre bêtes, mais l’homme fait à l’image de dieux ne supporte l’idée que le malheur ne soit partagé"
Sarkozi pour gagner s’appuyé sur cette façade sombre de l’homme, le public contre le privé, l’immigré contre les Français

07/05/2007 14:48 par Anonyme

Si le PS garde Ségolène Royal à sa tête, c’est manifestement le signe qu’il veut se faire l’allié objectif d’une droite dure qui gagne et qui gagnera encore tant qu’il n’aura en face de lui qu’une gauche molle et confuse. Et donc je m’apprête à ne pas apporter mon suffrage au PS aux législatives s’il garde Royal à sa tête.

Sarkozy a rendu un vibrant hommage à Royal. Et pour cause : sans elle, il n’aurait pas remporté l’élection si facilement, avec un si grand écart malgré l’opposition frontale d’une très grande partie de la population. Il a intérêt à ce qu’elle reste, les mêmes causes produisant les mêmes effets. Avec un DSK ou un Fabius, la propagande de l’incompétence n’aurait jamais pu avoir la moindre crédibilité. Et si elle a fait péniblement 47%, c’est comme toutes les études le prouvent en grande majorité grâce au rejet de Sarkozy, n’ayant jamais réussi à emporter une large adhésion de coeur autour de sa personne et de son projet. Dès le premier tour, il n’y avait pas la moitié des 25% votant pour elle qui adhéraient réellement à sa candidature : le vote utile, tout le monde le sait a joué à plein.

Sa campagne a été brouillonne, suivant l’inspiration du moment et les sondages, s’entourant de personnes aussi pertinentes qu’Eric Besson, alors que la droite dure était organisée et méthodique. Le fait est qu’elle n’a pas su, avec son équipe plusieurs fois remaniée, créer les conditions d’arriver en tête du premier tour et créer une dynamique à gauche alors qu’elle avait en face d’elle un candidat sortant responsable d’émeutes historiques en France, d’une politique de régression sans précédent des acquis sociaux et d’une remise en cause grave de la laïcité (entre autres).

Il était assez étonnant de voir le triomphalisme de cette gauche qui perd alors qu’elle a fait en pourcentage un score historiquement bas pour la gauche au deuxième tour. Et ensuite voir défiler la garde rapprochée de Royal à la télévision pour nous expliquer qu’elle avait fait un travail formidable. Voilà donc une gauche qui nous annonce tranquillement que de toutes façons, les gens en auront bien marre un jour de Sarkozy et qu’alors ce sera à nouveau leur tour : donc pas de remise en question de fond, surtout. Et on recommence à nous ressortir le même argument que pour les législatives en 2002 : ah, il faudra quand même voter à gauche un peu pour que l’UMP n’ait pas tous les pouvoirs...

Une chose est claire : face à une droite décomplexée, propre ainsi à créer un enthousiasme dans son camps, seule une gauche décomplexée, capable de proposer une vraie politique de gauche, peut faire le poids. Comment voulez vous en effet que des militants puissent convaincre leur entourage s’ils ne sont pas eux-mêmes convaincus de leur champion, devant se contenter d’être convaincus du danger de l’adversaire ?

Que les centristes - social-libéraux ou libéraux-sociaux - fassent un parti entre eux, ils seront plus efficaces entre eux contre la droite dure. Et que la gauche de transformation sociale, Mélenchon, Fabius, Emmanuelli, Généreux, Filoche etc. lancent une vraie alternative de gauche, susceptible de fédérer et de sauver le PC ou la LCR (qui sont désormais républicains et réformistes, et non plus révolutionnaires, si on en croit leurs programmes) s’ils veulent offrir en France une alternative crédible au néolibéralisme autoritaire d’un côté ou au néolibéralisme un peu moins autoritaire de l’autre. Un peu comme en Allemagne. Les choses seraient enfin clarifiées.

07/05/2007 14:52 par Lisa

Oui,il y a un peuple de gauche.Il nous faut désormais un véritable parti de gauche.Neully a gagné mais madame Royal s’est battu dignement faisant appel a l’intelligence non à la peur.Madame Royal est resté humaine contrairement a son rival qui était prêt a tout pour accéder au trône.

07/05/2007 22:44 par Fredodefrance

Le LCR c’est l’extrème gauche
Il ne faut pas tout confondre
Mais en revanche c’est vrai
il faut un regroupement des forces
de gauche avec un discours plus clair
le programme annocé de la gauche n’a
pas été compris par la majorité des
électeurs coupé du manque d’informations
Il faut renouer le dialogue à gauche
c’est à ce prix que l’on gagnera le combat des législatives
J’appelle à ce rassemblement autour des idées et des valeurs de la gauche

08/05/2007 18:55 par fabienne

Les électeurs de LA gauche attendaient dès le 1er tour un rassemblement des forces anti-libérale et la représentation d’un candidat commun . Pourquoi n’avez vous pas été capables d’unir nos forces ? Sarko a utilisé tous les moyens en son pouvoir pour ratisser jusque dans les milieux les plus défavorisés et il a gagné parceque la gauche de la gauche était profondément désunie , parceque les électeurs sympathisants n’ont pas eu d’autre choix que d’éparpiller leurs voix au premier tour , parcequ’il n’y avait aucune cohésion à gauche, que bon nombre s’est abstenu , ne sachant à quel "saint" se vouer ! La victoire de Sarko me révolte , l’inconséquence des forces de la vraie gauche me navre ! c’est à se demander si vous le vouliez vraiment ce grand soir d’espoir , vous responsables de gauche qui avez contribué à cette victoire !

08/05/2007 23:06 par revizor

Il y a eu une erreur de casting dans le choix du candidat du PS.Ce n’était pas l’élection de Miss France et il faut reconnaître que Ségolène Royal m’est apparue comme une bourgeoise catholique, fière ,hautaine,aux thèses très conservatrices, faisant une campagne très inspirée par les télé-évangélistes américains.
Elle a fait pas mal d’esbrouffe avec ses "débats participatifs" bien arrangés, multiplié les improvisations, les volte-face, carences et bévues.
Je l’ai trouvé très monarchique avec ses courtisans qui ne pouvaient faire autre chose que la flatter mais ne pouvaient se permettre de la critiquer.
Je l’ai regardée dans certaines émissions de télé, de débats.Elle n’était pas à la hauteur.
Je dois dire qu’elle a réussi à nous faire rire quelques fois tant elle disait d’énormités.

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