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La décision de Barak Obama de déclarer la guerre à la Syrie ne vient pas de nulle part.
Voilà pourquoi les États-Unis veulent agresser la Syrie
Ghaleb KANDIL

Elle est le résultat d’une série de facteurs qui, du point de vue du président étasunien, constituent une dernière tentative pour éviter la fin de l’hégémonie unilatérale de l’empire américain sur le monde. L’impasse des États-Unis reflète aussi celle d’Israël, qui voit croitre, avec impuissance, la force de dissuasion régionale de l’axe de la résistance, dont le maillon central est la Syrie. C’est ce qui explique largement l’argument de la "sécurité nationale américaine", avancé par Obama pour vanter la guerre contre la Syrie.

Le premier de ces facteurs est l’échec de la guerre indirecte menée depuis deux ans pour détruire l’État syrien. Un échec d’autant plus retentissant que des moyens colossaux ont été mobilisés par les États-Unis et leurs agents pour atteindre cet objectif. Mais l’État syrien a résisté, sous le leadership de son président Bachar al-Assad, et toutes les tentatives se sont heurtées à la solidité de l’Armée arabe syrienne, qui a repris l’initiative sur le terrain et a absorbé puis repoussé les vagues successives lancées par des dizaines de milliers de mercenaires étrangers venus de 80 pays. La dernière vague venait de Jordanie, où le prince saoudien Bandar Ben Sultan, le véritable chef d’Al-Qaïda, a massé 20 000 extrémistes, entraînés pendant des mois par des troupes spéciales étasuniennes, françaises et britanniques.

Les groupuscules d’Al-Qaïda en Syrie sont le principal outil des Étasuniens. Leur dernier plan consistait à opérer une percée à Damas. Mais les vagues de jihadistes-takfiristes se sont brisées sur le rempart de l’armée syrienne, qui a lancé un offensive préventive. autour de la capitale. Deuxième facteur : Il est clairement apparu que la résistance de l’État syrien tout ce temps a été le principal catalyseur pour l’émergence de nouveaux équilibres internationaux. Cette résistance a servi de levier aux pays opposés à l’hégémonie unilatérale des Etats-Unis, comme la Russie, la Chine et plus généralement les membres des brics, qui ont fait preuve de dynamisme. Lors des différents épisodes de l’agression contre la Syrie, Washington a dû se plier aux exigences d’un nouveau partenariat international en acceptant, du moins théoriquement, les arrangements conclus avec la Russie, notamment les accords de Genève 1 et 2. Mais très vite, les États-Unis ont tenté de vider de leurs contenus ces arrangements, avant d’essayer de les torpiller. L’agression directe contre la Syrie reste donc, pour les États-Unis, la seule et dernière voie pour tester leurs capacités de renverser la table, de protéger et de renouveler leur hégémonie unilatérale sur le monde, et de se retourner sur le partenariat qu’ils ont fait semblent d’accepter. Car la fin de l’hégémonie signifie la fin des privilèges et des intérêts que les Américains ont accumulé ce dernier quart de siècle, en tant que puissance unique sur la scène mondiale, depuis l’effondrement de l’Union soviétique.

Accepter un monde multipolaire conduira, forcément, à une révolution dans les rapports internationaux et à un changement de la structure des Nations unies, instrumentalisées toutes ces années par Washington pour servir ses intérêts. Troisième facteur : Le sort d’Israël et des États fantoches arabes se situe au cœur de l’agression contre la Syrie. En effet, l’alliance constituée par l’Occident, Israël, les pétromonarchies rétrogrades et la Turquie, sait pertinemment que la victoire de la Syrie et du président Bachar al-Assad va déclencher une vague nationaliste arabe hostile au mouvement sioniste et aux forces colonialistes dans la région. Cette victoire va renforcer la Syrie, l’Iran et les mouvements de résistance, qui ont déjà réussi à briser la force de dissuasion israélienne lors des guerres successives, notamment celle de juillet 2006, au Liban. C’est, d’ailleurs, le véritable objectif de l’agression contre la Syrie depuis mars 2011. Quatrième facteur : Une éventuelle victoire de la Syrie constituerait un danger stratégique pour les États-Unis et leurs auxiliaires, surtout à l’ère des changements décisifs qui sont en train de s’opérer en Égypte, après la chute retentissante des Frères musulmans. Une telle victoire resserrerait forcément l’étau sur Israël. Les États-Unis et leurs agents n’ont donc plus qu’une dernière carte à jouer : celle de l’intervention militaire directe en Syrie. Mais la Syrie n’est pas seule sur le terrain. Contrairement à l’Irak de Saddam Hussein et à la Libye de Moammar Kadhafi, elle est au cœur d’un axe régional qui a enregistré des victoires successives sur Israël depuis 1982 dans quatre guerres majeures, en plus de dizaines d’autres affrontements militaires et bras de fer politico-diplomatiques. Cet axe est aujourd’hui soutenu par une grande puissance, la Russie, longtemps humiliée par les États-Unis, et qui est aujourd’hui déterminée à retrouver sa place centrale sur la scène internationale. Dans ce nouveau bras de fer, imposé par Washington, l’axe de la résistance et ses alliés internationaux font preuve de solidité. C’est surtout la résistance de la Syrie, de son président, de son peuple et de son armée, qui les encourage à ne pas céder aux menaces des États-Unis. Et lorsque ces menaces se concrétiseront en acte, les États-Unis et leurs auxiliaires seront surpris par la capacité de riposte de cet axe qui s’étend de Téhéran à Moscou, en passant par Bagdad, Damas, Beyrouth et Pékin.

Ghaleb Kandil

 
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