Chiffres à la main, les autorités économiques ont confirmé les craintes des citoyens : l’économie bolivienne va de mal en pis.
Lors de la conférence de presse les ministres du développement durable et de l’économie, José Guillermo Justiniano et Javier Comboni ont rendu compte d’indices de chômages et de croissance de l’économie informelle élevés, d’une forte chute des investissements privés et publics, d’un inquiétant déficit fiscal et de taux de croissance de plus en plus réduits.
Ces trois dernières années, l’économie informelle a augmenté de plus de 6%. Plus de la moitié des personnes présentes sur le marché du travail (54%) occupent un emploi informel.
Le taux de chômage a doublé depuis 1999. en juillet 2002, le non-emploi atteignait 11.6%. En 1999 le même taux était de 6.1%, alors que dans les années 1996-1997 il était inférieur à 4%.
En 2002 la croissance de l’économie bolivienne ne va pas dépasser, dans le meilleur des cas les 2%, suivant le pronostic du ministre de l’économie. Il a rejeté les prévisions réalisées au début de l’année qui projetaient une croissance de 3.5%.
« Les prévisions du gouvernement précédent sur la croissance de l’économie ne seront pas atteintes. Les estimations dont nous disposons maintenant démontrent que le taux de croissance sera de 2% voire en dessous du pourcentage envisagé », a dit Comboni.
La restriction drastique des crédits, la chute des dépôts, la dette énorme en attente et la réduction des investissements, entre autres facteurs, ont réduit l’optimisme officiel.
Le premier semestre 2002, les investissements étrangers ont enregistré une chute supérieure à 10% par rapport à l’exercice précédent, alors que l’investissement public subit un retard notable dans son execution et se situe à un des niveaux les plus bas de ces dernières années. C’est en se surpassant que le gouvernement tentera de débloquer quelques 300 millions de dollars, un peu plus de la moitié de ce qui était projeté initialement.
Le déficit fiscal dépasse d’à peu prés 60 millions de dollars ce qui avait été prévu lors de l’exercice précédent. Le déficit projeté était de 5.7%, mais actuellement il dépasse les 7%.
Tous les indicateurs témoignent d’une détérioration de la croissance bolivienne, ce qui a conduit le ministre Gonzalo Sánchez de Lozada à rechercher les responsables de la catastrophe.
Coupables et accusations
Pour les ministres de la coalition (MNR-MIR), les erreurs commises par les gouvernements des présidents Hugo Banzer et Jorge Quiroga ont aggravé la crise économique dans la mesure où ils n’ont pas pris de mesures anti-crises opportunes et globales.
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Pour les actuels ministres du champ économique il n’y a pas de doute : le gouvernement de Banzer - Quiroga (1997- 2002) est le grand responsable de l’agravation de la crise. Cependant, à quelques mots prés, les ministres de ce gouvernement avaient la même certitude : pendant cinq ans, ils ont accusé l’administration précédente, celle de Sánchez de Lozada (1993 - 199)d’avoir provoqué l’effondrement économique de la Bolivie en ayant offert à vil prix les entreprises publiques du pays à de puissantes multinationales. Pour beaucoup, toutes ces versions s’accordent parfaitement en réalité.
Almudena del campo (traduction)