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Nuit Debout ! Un acte de portée politique dans le transfert social - Réflexions de psychanalyse sociale (2ème partie)

L’outil psychanalytique du transfert social

Que peut dire un psychanalyste sur les phénomènes sociaux et politiques  ? La seule façon sérieuse de procéder, me semble-t-il, est de partir d’une pratique et de pouvoir en dire, avec les aléas de ce dire dans ce qui se socie, ce qui fait socius [1]. Je suis en total désaccord sur ce point avec Slavoj Zizek : le primat de la pratique sociale exprimé par Marx et Engels dans L’Idéologie Allemande est absolument essentiel pour cerner l’enjeu politique et social d’un point de vue psychanalytique. C’est en quoi Marx rompt avec Hegel, point fondamental pour envisager une remise en question de l’État au XXe siècle, ce que ne font ni Lacan, ni Zizek.
Pour un psychanalyste, la pratique consiste en une pratique de transfert et c’est donc à partir de cette expérience de transfert qu’il peut en être dit. Je considère avec Georges Politzer et François Châtelet que la psychanalyse est une pratique sociale. Dans ce cadre, j’ai établi, à partir de ma pratique militante marxiste et de ma pratique psychanalytique, un nouveau concept théorique, le transfert social, qui permet de partir, d’une base autre que la psychanalyse classique, freudienne ou lacanienne notamment. Cette base autre, je l’ai nommé avec d’autres, Psychanalyse Sociale. Une révolution pour abolir et aboutir réellement ne peut partir que d’une base autre.

Je vais tenter de résumer le concept de transfert social afin de pouvoir en faire outil dans ce qu’il me paraît nécessaire d’analyser du phénomène social et politique Nuit Debout  ! et tenter de partir d’une base autre que la base capitaliste pour aider à construire dans le collectif non pas une alternative au capitalisme mais un projet a-capitaliste, qui se passe du capitalisme. Ce projet n’a pas à être du côté de l’alternative ou de l’anti, il doit partir d’une base autre, que j’ai appelé polycommunisme différentiel a-capitaliste [2].

Qu’est-ce que le transfert social  ? Le transfert, Übertragung en allemand, est le terme que Freud a choisi pour définir ce qui se déroule dans la relation entre un psychanalyste et son «  patient  », entre un psychanalyste et un psychanalysant pour reprendre les termes introduits par Lacan. Actuellement lorsque le mot transfert est utilisé en français, il est plutôt fait référence au transfert de joueurs de foot ou bien de transfert de fonds financiers. La question du moyen qui permet d’obtenir une jouissance de biens de consommation — l’argent — est en jeu. C’est ce moyen qui fait valeur de jouissance [3] matérielle dans le social, et produit ce mode de faire dans la civilisation capitaliste : acheter, vendre, consommer, profiter, en oubliant tout simplement le meurtre concret d’humains que cette civilisation impose du fait même de son fonctionnement.
Le transfert social concerne directement cette affaire de valeur de jouissance dans le fonctionnement social entre les individus, les rapports sociaux. Il est nécessaire d’en définir les contours théoriques.

J’ai choisi d’élargir au champ social le concept de transfert en prenant pour référence première, l’ouvrage de Freud publié en 1921, «  Psychologie des foules et analyse du moi  » [4].
Freud décrit en effet dans cet ouvrage la relation des membres d’un groupe entre eux ainsi qu’envers une personne particulière, le meneur. À partir de cette étude de Freud, j’affirme que les caractéristiques de cette relation viennent en place homologue à la relation transférentielle psychanalytique individuelle. Dans ce texte où il est indiqué qu’il n’y a pas de différence entre la psychologie individuelle et la psychologie sociale, Freud, reprenant le fameux ouvrage de Gustave Le Bon, Psychologie des foules (1895), parle d’angoisse sociale et de pulsion sociale. J’ai donc choisi d’inventer ce concept de transfert social à partir de cette référence freudienne fondamentale, tout en faisant l’extension capitale à Marx via l’apport de Lacan pour introduire l’auteur du Capital dans le champ concret de la psychanalyse, celui de la pratique de transfert dans la société.

Cela a pour incidence de tenter de saisir certains mouvements de masse dans le champ politique et social qui pourraient en apparence être repérés comme irrationnels alors qu’une logique transférentielle collective est à l’œuvre. Dans les dynamiques collectives des sociétés et civilisations surviennent des moments où la menace, l’angoisse sont très présentes collectivement  ; il existe également dans cette perspective sociale de masse des moments d’impasse, de blocage, d’effondrements, de crises qui provoquent des réactions de bascule, de renversement, sans parler des conflits, source de terreurs voire de guerres. L’outil du transfert social se propose d’aider à saisir les logiques qui se déroulent en partie à l’insu des protagonistes, les mouvements significatifs dans les rapports sociaux étant à la fois, agents, effets et produits des éléments transférentiels.

Je reprendrai de façon succinte les éléments essentiels du concept [5].
Un premier point à noter est que le transfert psychanalytique concerne le mouvement : il est déplacement. Le second est que ce déplacement concerne des affects : la personne en psychanalyse déplace sur le psychanalyste des sentiments authentiques, les trois passions essentielles repérées par Lacan à partir d’Aristote : amour, haine, ignorance. Dans cette perspective, le transfert est aussi débordement : l’affect déborde de façon pulsionnelle et pousse à un déplacement brusque. Le transfert psychanalytique, et c’est là sa spécificité dans la pratique de ce qui est encore appelé la cure, repose avant tout sur le fait de dire tout ce qui vient au mental et c’est à cet endroit que se socient [6] et se nouent des mots, des images, des sensations de corps. L’action et l’acte du psychanalyste interviennent dans ce cadre précis et ce dispositif particulier. Le psychanalysant produit un savoir inconscient par le fait social du dire sur le divan, associant librement. Cette production circule dans l’affect, et la valeur de jouissance qui en prend effet, vectorialise le processus. Cela met en évidence le nouage inconscient qui organise le mouvement social d’une personne, nouage entre mot-image-sensation de corps.
Cette expérience inouïe qui caractérise la rencontre psychanalytique permet un nouveau rapport au savoir et une nouvelle façon pour la personne de traiter la question du désir et du jouir dans ce qui le socie aux autres.

Le point le plus important qui concerne l’histoire humaine, individuelle ou collective, est cependant le fait révolutionnaire que cette expérience de transfert est tout simplement ce qu’on appelle la réalité. L’autre point indispensable pour effectuer «  une analyse concrète des situations concrètes  » au niveau social et politique est de penser que le transfert dans le collectif est identique au transfert psychanalytique. La différence est l’absence bien évidente du dispositif de la dite cure, c’est-à-dire l’absence de l’énonciation en position couchée et intime de ce qui vient au mental, l’absence possible d’un acte psychanalytique. Il n’importe, l’expérience de transfert, soit donc la réalité, a la même logique que le transfert social. Le concept d’acte psychanalytique peut ainsi nourrir l’action et l’acte politique dans le collectif. Lacan évoque l’acte de Lénine dans son séminaire sur l’acte psychanalytique et le but de dessiner ici les contours du concept de transfert social est de saisir la portée politique de Nuit Debout  ! dans le contexte national et international.

Dans ce cadre une tentative de mise en fonctions de différents schémas va être faite, le concept du transfert social impliquant donc une logique de places, une topologie, ainsi qu’une dynamique, un mouvement.

La question des puissances de l’amour et de l’image face aux inégalités sociales

Freud travaille à partir du texte de Le Bon sur la psychologie des foules, un mouvement du groupe, de la masse vers le meneur d’une part, un mouvement entre les membres du groupe, de la masse d’autre part. J’ai qualifié ces deux mouvements dans une perspective géométrique, d’axe vertical du transfert social et d’axe horizontal du transfert social.

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Schéma 1 — Géométrie du transfert

Ce schéma est important et à mettre en tension avec la VIe Thèse sur Feuerbach énoncée par Marx «  […] l’essence de l’homme n’est pas une abstraction inhérente à l’individu isolé. Dans sa réalité, elle est l’ensemble des rapports sociaux  » [7].

En effet dans ces rapports sociaux, ces transferts sociaux, Freud analyse la relation supposée entre la masse et le Meneur (Führer) et met en place deux enjeux : celui de l’amour, déplacement d’amour de la masse vers le Meneur (Führer) sur l’axe vertical, celui de l’égalité sur l’axe horizontal. L’amour qui est présent dans le transfert social est ainsi coordonné aux deux axes. «  Chaque individu isolé est lié libidinalement d’une part au meneur d’autres part aux autres individus de la foule  », note Freud [8]. Sur l’axe vertical, un chef suprême est là qui aime tous les individus de la foule d’un égal amour et Freud fait le lien avec le fondement concret de la civilisation européenne, le christianisme : «  Un courant démocratique parcourt l’église, justement parce que devant le Christ tous sont égaux, tous ont part égale à son amour  » [9].
Chacun veut être aimé de façon égale par le Führer [10], signe transférentiel d’égalité. Sur l’axe horizontal règne «  une compulsion à égaler les autres  » [11]. L’amour en rapport avec l’axe vertical a un effet déterminant sur l’axe horizontal : il convient de saisir comment l’amour allant vers et venant du vertical a un effet sur la cohésion de la masse et l’affect qui existe entre les membres du groupe (de la masse) [12].

L’amour et la supposition d’amour, «  aimer, vouloir être aimé  » sont des mamelles transférentielles fondamentales dans l’individuel comme dans le collectif.
Freud note : «  Aujourd’hui encore les individus en foule ont besoin de l’illusion d’être aimés de manière égale et juste par le meneur, mais le meneur, lui, n’a besoin d’aimer personne d’autre  » [13].
Avec la phrase cruciale : «  Dans l’aveuglement de l’amour on devient criminel sans remords.  » [14]. Freud place la fonction de l’amour par rapport au désir de savoir sur la question essentielle pour toute civilisation humaine, la question du meurtre. L’amour rend aveugle, l’aphorisme est bien connu et l’utilisation de l’outil du transfert et de son rapport à l’inconscient, via le mécanisme du refoulement permet d’aller plus avant : il s’agit de la question du savoir insu, de l’inconscient, de la jouissance insue, et de solliciter alors Marx et Lacan, via Freud.
La question d’ouverture ou de fermeture quant à une volonté de savoir sur ce qui organise le transfert social, les rapports sociaux, est bien en lien avec l’amour et sa supposition et cela concerne directement la question humaine fondamentale du meurtre.
C’est autour de l’amour et de l’image qu’un versant inconscient de jouissance peut être analysé par rapport au problème du meurtre individuel ou collectif. Ainsi, il est à noter que Freud place Le Christ en position de meneur sur l’axe vertical, promoteur de cette égalité dans l’amour via le sacrifice du sang et de la chair. Je reprendrai ce thème dans le rapport entre la transcendance et l’apocalypse dans les civilisations monothéistes.

Il est à noter également dans le lien du phénomène de transfert et de la fermeture d’un savoir humain, le fait que Le Bon insiste sur le poids de l’image et du regard, faisant référence à l’hypnose pour expliquer la captation des masses par un meneur. Les mises en scène politiques de masse, aidées ou non par la télévision ou la vidéo, utilisent ce mécanisme et il est à retenir à ce sujet que Hitler a été le premier à nouer la politique et la mise en scène dirigée de façon scientifique et que cela a inspiré la politique étasunienne holywoodienne : le Schau a précédé le Show politique. Cela permet de manipuler afin de n’en rien vouloir savoir du contenu politique et de l’horreur en jeu.

Les facteurs de l’image et de l’amour qui se conjuguent sur les deux axes ont une importance évidente dans les transferts sociaux et politiques et sont marque de puissance, de mise en forme du fonctionnement des valeurs, et lors des effondrements individuels ou collectifs, la conjonction de l’image et de l’amour viennent forger l’étape ultérieure qui fait sortir de cet effondrement : le retour d’une puissance possible. Ces facteurs liés au nouage de l’amour et de l’image mettent en jeu les binaires puissance/impuissance et menace/effondrement.
Ces facteurs de l’image et de l’amour ont une fonction sociale et politique évidente quant au traitement de la ségrégation, aux inégalités. Le schéma du transfert social marque avec ses deux axes, la dynamique de la ségrégation. Pour Marx comme pour Freud ou Lacan, la question du conflit et de la séparation est une question faisant base permanente.

L’origine et la différence : la mystification transcendantale et le fétichisme

La question du savoir, de la «  forme savoir  » donc, est bien sûr la question cruciale dans l’analyse de la pratique de transfert, notamment du mode de production de la forme savoir dans la relation transférentielle.
Le transfert est à la fois moteur du savoir et obstacle au savoir ainsi qu’il a été énoncé précédemment.
Je me suis servi d’un texte antérieur de Freud «  Les trois essais sur la sexualité  » (1905) pour indiquer que le savoir pour l’enfant passe, via la question du jeu social mais aussi de la menace et de la puissance sociales, par une première question, celle de l’origine : «  D’où viennent les enfants  ?  »  ; cette question prime sur la deuxième interrogation «  Pourquoi y a-t-il des filles et des garçons  », la question da la différence sexuelle, soit la question des différences.

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Schéma 2 — De l’origine et de la différence

J’ai placé, en référence au texte de Freud et à partir de ma pratique, en orientation transférentielle sur l’axe vertical du schéma du transfert social, la question de l’origine, supposée première et fondamentale. La place du meneur vectorialise vers l’origine ou la causalité. Cette fixion vers l’origine tend à se raccorder à la question de l’au-delà, celle de la transcendance, là où se placent les religions, Dieu, les mysticismes, soit ce que j’appellerai la mystification transcendantale. L’exemple type du fonctionnement de cet axe au niveau politique est Hitler qui a fait jouer les mythes religieux et mystiques des origines avec l’origine biologique et faussement scientifique de la race, pour instaurer le leurre d’une puissance fétichiste barbare. L’axe vertical du meneur est l’axe de la puissance, de la force dans le transfert et donc aussi celui de la menace, point fondamental dans la logique transférentielle.
L’axe horizontal est l’axe des logiques différentielles, des significations différentielles et donc des rivalités où se joue dans le groupe le binaire amour-haine. Ces différences exprimées sur l’axe horizontal peuvent être aussi de l’ordre de l’appartenance à une race, une ethnie. Il y a une circulation transférentielle entre le meneur et les membres de la masse.
Hitler a su faire circuler la valeur «  race  » à la fois comme vecteur de puissance vers l’Un dans son lien au mythe de l’origine et sa version transcendantale, et comme vecteur de rivalité, de supériorité, de divisions sources d’apartheids meurtriers.
La question de l’origine et des différences prête au mouvement transférentiel de jouissance obscurantiste. L’enjeu du transfert des origines et des différences qui taraude les défauts de civilisation, c’est-à-dire la question des traitements de la faute dans les groupes humains, concerne directement la pratique psychanalytique et sa théorisation.
La transcendance y est en effet omniprésente depuis l’idée d’intériorité ou d’idée d’individualité humaine chez Freud jusqu’à l’idéologie du désir ou encore le concept hégélien de Grand Autre chez Lacan, L’Autre, autre nom du Grand Manitou…
François Chatelet qui a su dégager l’apport révolutionnaire de Freud marque aussi la limite toujours justifiée aujourd’hui : «  […] la doctrine freudienne a produit à la fois, une conception révolutionnaire des rapports sociaux, un renouvellement foncier du rapport théorie-pratique, une institution répressive articulée sur l’ordre psychiatrique et une technique de normalisation sociale  » [15]. En ce qui concerne l’origine, la transcendance est de mise chez Freud avec «  l’inconscient des profondeurs  » critiqué par Georges Politzer, mais aussi bien avec Lacan à travers les concepts d’objet cause du désir, la causalité psychique, la Sainte-Trinité RSI ou encore l’Autre, donc.
La tâche pour lever les jouissances obscurantistes avec le concept de transfert social est donc déterminante dans le concret de la transformation des vies sociales des psychanalysants. Lacan notait avec justesse que la ségrégation et la question de l’ordre de la secte étaient des chantiers à mettre au travail par les psychanalystes et que cela concernait la psychanalyse elle-même, sa pratique. Partir, dans l’analyse des phénomènes humains quels qu’ils soient, de la question de la ségrégation sociale me paraît être une orientation à retenir pour définir une autre base de travail. Ainsi, dans le champ de ce qui est appelé la santé mentale, parmi de nombreux exemples possibles, il est clair aujourd’hui que le mythe ségrégatif et réactionnaire de l’entité psychose est défendu bec et ongles par les psychanalystes et que la transsexualité qui y est souvent raccordée par les mêmes, fait l’objet d’une psychiatrisation, psychiatrisation des différences humaines donc  !
Le travail sur la ségrégation sociale passe par la perspective révolutionnaire d’un transfert psychanalytique défini en tant que pratique sociale dans l’orientation que Marx lui donne dans L’Idéologie allemande. Voici une base autre possible de travail pour transformer la pratique en psychanalyse ou bien dans le champ qui concerne le mental et arriver à formuler les questions qui touchent à la souffrance dans le mental afin de poser qu’il n’y a pas de maladie mentale, qu’elle soit dans le champ du DSM, créé par les psychanalystes américains pour satisfaire les compagnies d’assurance, ou du NPP (Névrose, Psychose, Perversion) qui enferme dans la prison psycho-pathologique les humains. Affirmer «  il n’y a pas de maladie mentale, mais une problématique sociale dans le mental  », définit une voie authentiquement révolutionnaire dans la transformation des rapports sociaux.

L’enjeu de Nuit Debout  ! est bien d’arriver à ouvrir une voie nouvelle, de partir d’une nouvelle base afin de transformer les rapports sociaux de production. Le concept de transfert social fait trou dans les rapports de domination qui sont produits actuellement et caractérisent le mode de production capitaliste. Dire «  Il n’y a pas de maladie mentale, mais une problématique sociale dans le mental  » fait trou et bouleverse les rapports dominants actuels, psychiatre/«  malade mental  » mais également, psychiatre/patient, et aussi bien psychanalyste/«  psychotique  », sans oublier le rapport psychanalyste/psychanalysant, question soulevée par Louis Althusser.

Il ressort des deux premiers schémas du transfert dans l’analyse de la ségrégation sociale l’existence d’un vecteur qui fait fonctionner vers l’Un, le meneur, Führer ou Duce, la signification est la même. Cela se dirige en faisceau vers un point au moyen du fascinum. Il y a donc un transfert qui pousse vers l’axe vertical qui caractérise une certaine forme de pouvoir.
Sur l’axe vertical, en la place du meneur, peuvent se substituer différentes institutions et Freud a notamment évoqué l’Église ou l’Armée. il peut y être rajouté, le Père, l’État, le Parti, le Capital, la Bourse, différentes formes possibles et trompeuses de l’Un…

Il convient d’interroger ce qui apparaît dans ce schéma comme transfert «  naturel  » et qui valide tous les pouvoirs autoritaires. il s’agit de faire trou dans ces deux schémas. C’est à partir du concept de «  trou  » esquissé par Lacan dans son rapport à la valeur d’échange définie par Marx que je vais développer les deux autres schémas du transfert social qui pourraient aider à une révolution transférentielle.

Hervé Hubert

»» http://www.lairetiq.fr/Nuit-Debout-Un-acte-de-portee-politique-30

[1Socius : compagnon, associé, allié.

[2Cf. Dimitra Athanasopoulou, «   Η πολη που αλλαζει λιγο τερο απ’ ολες   », αλλαξε δια παντος   » («   La ville qui change moins que toutes les autres a changé pour toujours   »), entretien avec Hervé Hubert, Hotdoc, n° 89, 26 novembre 2015.

[3J’ai développé ce concept de valeur de jouissance dans un séminaire : «   Le trajet du concept de valeur chez Lacan   » (Université Paris 7, année 2015-16), et vais poursuivre, dans le cadre du séminaire 2016-17 de l’APPS, sur le thème de «   la question de la valeur   » (http://www.apps-psychanalyse-sociale.com/).

[4Sigmund Freud, «   Psychologie des foules et analyse du moi   », in Essais de psychanalyse, Payot, 1988.

[5On pourra à propos du transfert social se reporter à l’article de Cocowikipedia   ; à l’article de Wilfrid Magnier, «   Plus-value, plus-de-jouir…   », paru dans L’Humanité le 20 juin 2014   ; et au film de Didier Mauro, Psychanalyse et Révolution, une journée chez le docteur Hervé Hubert, Éditions de l’Harmathan : DVD 1 — «   Lier médecine et révolution   » (1h28) et DVD 2 — «   Du transfert social   » (2h28).

[6Je reprends ce néologisme à Jacques Lacan dans son ouverture à la Section clinique de Vincennes en janvier 1977.

[7Les thèses sur Feuerbach sont accessibles en ligne sur marxists.org.

[8Sigmund Freud, op. cit., p. 156.

[9Ibid., p. 154.

[10Ce texte de Freud écrit en 1921 traduit le mot «   Meneur   » par Führer. La signification sociale et historique du mot allemand a été bouleversée à partir de 1933.

[11Ibid., p. 143.

[12Ibid., p. 152.

[13Ibid., p. 191.

[14Ibid., p. 178.

[15François Châtelet, Histoire de la philosophie, tome VIII, Hachette, 1973, coll. «   Littérature   », p. 338.


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