Vaut-il la peine d’acquérir la paix au prix de la soumission ?

Jacques-François BONALDI
Vaut-il la peine d’acquérir la paix au prix de la soumission ? Jacques-François Bonaldi J’ai lu attentivement l’article exhaustif et bien documenté du diplomate écossais, Craig John Murray, sur le Venezuela, du 31 mars, intitulé « The Weight on Delcy Rodríguez » (autrement dit : « Le Fardeau de Delcy Rodríguez » ; https://www.craigmurray.org.uk/archives/2026/03/the-weight-on-delcy-rodriguez/), que Thierry Deronne a traduit et inséré ce même jour dans son blog Venezuelainfos sous le titre de « Que se passe-t-il au Venezuela ? » (https://venezuelainfos.wordpress.com/2026/03/31/que-se-passe-t-il-au-venezuela-par-craig-john-murray/) et que LGS a publié le 8 avril, sous le titre de « Le Poids des responsabilités pour Delcy Rodríguez », selon une nouvelle traduction anonyme (apparemment la même, mais avec des retouches). Mes commentaires, qui ne sont que cela, pas une étude exhaustive, partent des deux premiers textes. Suivant de près la situation vénézuélienne, comme je crois (…)Lire la suite »
Souvenir d’en France

De mai 68 à la maladie sénile de la classe politique

Maxime VIVAS
Dans les années 60, je triais des lettres dans le centre de tri Paris Brune, dans le 14ème arrondissement de Paris. Mes camarades avaient eu l’idée saugrenue de m’élire secrétaire de la section syndicale CGT qui comptait plus de 400 adhérents. Après avoir oublié d’être présent à quelques réunions que j’avais moi-même convoquées et à des délégations auprès du chef de Centre, que j’avais (…)
Quand j’émis l’idée d’une démission de mon poste, mes camarades convinrent, avec une spontanéité qui me soulagea (et me vexa un peu), qu’on avait fait une mauvaise distribution de rôle. Me fut confiée alors la responsabilité du journal de section, tâche où je sus démontrer par une certaine aisance de plume que j’étais syndicalement récupérable pour la cause. Mieux : l’Humanité avait créé un réseau de correspondants de presse chargés d’écrire des articles sur les luttes sociales qu’ils vivaient. Je postulai. C’est ainsi que je me suis retrouvé en formation avec une dizaine de bénévoles dans les locaux du journal situé alors sur les grands boulevards, rue du Faubourg-Poissonnière, non loin du Grand Rex, cinéma où des cendriers étaient encastrés dans les accoudoirs des sièges et l’écran malencontreusement placé derrière un brouillard de volutes de fumée. Je vous parle d’un temps où il était interdit d’interdire et où l’on pouvait allumer une clope sans que quelqu’un se mette (…)Lire la suite »
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Rima Hassan face à des hyènes à plumes et caméras : un suicide de la presse

Jacques-Marie BOURGET
Pendant un temps, seul à bord de mon petit pédalo perdu sur la mer d’encre, j’ai tenté de convaincre la défunte profession de journaliste que leur nouvelle mode, celle de mettre dans un même panier la Justice et la Police -pour faire naître un monstrueux service commun « Police-Justice »-, était un mauvais signe. Marier une déesse aveugle avec des lanceurs de LBD chargés d’arracher les yeux, (…)
Mais c’est ainsi. Les arpenteurs de palais de justice et les autres confrères, qui usent leurs rangers dans les commissariats, portent donc le même maillot. Celui d’une équipe qui vous tricote une vérité unique sortie d’un même tuyau. Ainsi, au ciel, les juges Renaud et Pierre Michel peuvent danser la lambada avec Maurice Papon. Ce qui colle à l’air du temps. Cet accouplement du rhinocéros et de Thémis vient de nous servir, bien frais, un scandale exemplaire une accusation unanime. Ne voilà-t-il pas que les tandémistes « justiciers-policiers », ont accusé la députée européenne Rima Hassan de se droguer. Pour la dix neuvième fois, mais toujours vierge de toute condamnation, elle est convoquée dans un commissariat pour y répondre « d’apologie du terrorisme ». On imagine immédiatement qu’ayant fait les louanges de Netanyahou, gibier de potence de la Cour Pénale Internationale, elle doit rendre des comptes à l’humanité. Mais je me trompe de fiche. C’est pour avoir repris une réplique (…)Lire la suite »

Dans la guerre anti-impérialiste, l’Iran a gagné la première manche

Bruno GUIGUE
Que la contradiction principale de notre temps soit la contradiction entre l’impérialisme et l’anti-impérialisme, qu’elle s’exprime aujourd’hui même, avec une violence inouïe, à travers l’agression criminelle contre le Liban, qu’elle ait explosé durant 40 jours avec l'attaque féroce contre la République islamique d'Iran, est une évidence qui saute aux yeux. Mais comme toutes les contradictions, elle déploie ses effets sous des formes inattendues, et son exaspération dans la lutte réserve parfois bien des surprises. Il faut dire que, dans un premier temps, l'association de malfaiteurs entre les prédateurs de Washington et les génocidaires de Tel Aviv a bien cru qu'elle avait les moyens de l’emporter. Ces fauteurs de guerre se considéraient comme la force dominante, et la République islamique d’Iran ne représentait, à leurs yeux, que l'aspect secondaire de la contradiction principale. Ce pays en développement leur apparaissait comme une puissance régionale fragile, vermoulue, qui (…)Lire la suite »

Je soutiens Cuba parce que je suis du côté de l’humanité et de la vie : un entretien avec Gabriel Rockhill

Marxlenin Pérez Valdés
23 mars 2026 J’ai rencontré Gabriel Rockhill par hasard, mais non par accident. Nous avons été présentés par Helen Yaffe, une chère amie de Cuba, en janvier de cette année, lors du Congrès international tenu à l’Université de La Havane pour commémorer le 60e anniversaire de la Conférence tricontinentale (1966). Le climat politique actuel a donné à l’événement une dimension particulière : les participants se dressaient face à la récente vague d’agressivité contre notre pays, qui inclut la possibilité d’une agression armée. C’est pourquoi cette rencontre n’était pas fortuite. Elle était portée par la conviction. Gabriel Rockhill – philosophe, professeur, chercheur et écrivain d’origine états-unienne – a récemment publié un livre qui a suscité l’intérêt de beaucoup. Son titre laisse déjà entrevoir la complexité de l’enjeu : Who Paid the Pipers of Western Marxism ? Motivé par le caractère perturbateur de ce premier volume, je l’ai contacté pour lui proposer un entretien pour (…)Lire la suite »
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Le poids des responsabilités pour Delcy Rodriguez

Craig MURRAY
Alors que je quittais l'Université des Communes de Tocuyito, après une visite joyeuse et enrichissante, un jeune professeur, l'air grave, s'est approché de moi et m'a prise à part. Très discrètement, il m'a demandé ce qui allait se passer. Plusieurs étudiants étaient terrifiés à l'idée d'un changement de régime et craignaient, eux qui étaient considérés comme de jeunes leaders socialistes du mouvement communal, d'être emprisonnés, torturés et exécutés. Ce fut un brutal retour à la réalité après une journée formidable dans cette jeune université. Mais la réalité est bien réelle. J'avais rencontré au ministère des Affaires étrangères des diplomates sérieux et professionnels qui savaient précisément dans quelle partie des montagnes ils se réfugieraient, fusils d'assaut à la main, si la droite arrivait au pouvoir, et qui étaient résignés à une vie de guérilla, avec leurs conjoints et leurs enfants. Je n'ai rencontré personne qui doute qu'un changement de régime à Caracas entraînerait (…)Lire la suite »

L’écrasante responsablilité des Européens dans le destin de la Palestine

Daniel VANHOVE
Dans le cloaque médiatique habituel qui nous empuante chaque jour, l’extrême gravité du conflit existentiel entre l’Iran et l’axe du mal américano-israélien et leur ordre inéquitable qu’ils imposent au monde, fait une fois encore, passer le génocide en cours à Gaza et le nettoyage ethnique de la Cisjordanie au second plan.
La Palestine sacrifiée fait partie du décor coutumier du citoyen occidental. Le régime colonial israélien jamais en reste, en profite pour faire passer des lois plus immondes les unes que les autres à l’encontre des Palestiniens abandonnés à leur sort dramatique depuis des décennies malgré d’hypocrites déclarations de la part de nos chancelleries. La dernière loi en date, portée par des Ministres ostensiblement racistes dont certains (trop rares vu leur participation nombreuse aux crimes de masse contre une société civile) sont sous mandats d’arrêt de la Justice internationale, vient d’être votée après une troisième lecture à la Knesset. Par 62 voix contre 48, elle entérine la peine de mort par pendaison pour tout Palestinien ayant commis un « crime terroriste » à l’encontre d’un ressortissant israélien ou ayant porté « atteinte à la sécurité » de l’État d’’Israël’. La sentence est assortie d’un délai de 90 jours entre le verdict et son exécution, sans aucune possibilité de (…)Lire la suite »
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Mélenchon malgré tout en 2027 ?

Gilles QUESTIAUX
Voter pour quelqu'un ou pour quelqu'un d'autre est d'une importance très relative dans notre système verrouillé à l'extrême par les puissances d'argent et par les réseaux d'influence internationaux. Mais l'un dans l'autre ce doit quand même en avoir un peu puisque tout le monde finit par le faire, ou à défaut explique longuement pourquoi il ne le fait pas. J'ai voté pour Mélenchon aux trois dernières élections présidentielles et je suis bien parti pour le faire à nouveau en 2027. Mais cela n'a rien d'évident car je ne suis pas en accord avec grand chose dans le discours de LFI (à part son antisionisme intransigeant). Toujours aurait-il mieux valu quand même qu'il fût élu alors président en lieu et place de Hollande ou de Macron. Disons que mon principal voire mon seul argument pour voter pour lui et qui emporte pour l'instant ma décision, c'est qu'il est tellement honni par les médias mainstream qu'il ne doit pas être complètement mauvais. Manifestement l'oligarchie corrompue (…)Lire la suite »
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L’alliance avec Trump apportera-t-elle réellement prospérité et démocratie au Venezuela ?

José Antonio Egido
Le 3 janvier 2026, alors que le sang des Cubains et des Vénézuéliens massacrés par son armée était encore frais, Trump promettait « paix et sécurité » au peuple du Venezuela s’il se soumettait à son autorité. Le 26 janvier, il affirmait au Forum de Davos que le Venezuela gagnerait plus d’argent dans les six mois à venir qu’au cours des vingt années précédentes. Le 12 février, son secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, déclarait au palais de Miraflores que « travailler ensemble » permettrait d’« améliorer la qualité de vie des Vénézuéliens ». L’objectif était de faire progresser « la mission du président Trump visant à restaurer la prospérité du Venezuela », selon Ben Dietderich, porte-parole du département américain de l’Énergie. La prospérité viendra-t-elle réellement avec le trumpisme ? Pour y répondre, examinons brièvement les effets de la relation de subordination du Venezuela vis-à-vis des États-Unis au XXe siècle. Démocratie et Paix La New York & Bermúdez Company, une (…)Lire la suite »

Michael Hudson : la guerre contre l’Iran va déterminer le futur économique du monde.

Ben NORTON
Entretien avec l'économiste Michael Hudson : : Un modèle de ce qui se produira peut être observé dans l'industrie allemande, après que les États-Unis et l'UE ont interdit l'achat de gaz et de pétrole russes.
BEN NORTON : Vous avez parlé de certains de ces sujets que le monde débat actuellement en raison de la guerre contre l'Iran, en particulier la domination du dollar et le système du pétrodollar ; vous écrivez sur ce sujet depuis des décennies, depuis 1970. En fait, le gouvernement américain planifie une guerre possible contre l'Iran depuis des décennies. Ce n'est pas nouveau. Cependant, Trump est le premier président suffisamment fou pour tenter le coup. Mais je me souviens que, sous l'administration de George W. Bush, après l'invasion de l'Irak par les États-Unis, on a beaucoup parlé d'une possible invasion de l'Iran. Expliquez-nous comment vous voyez cette guerre. Quelle est la situation dans son ensemble et comment affectera-t-elle le monde ? MICHAEL HUDSON : Eh bien, vous avez mentionné que cela date des dernières années ou décennies ; en réalité, cela remonte à un demi-siècle. Dès le milieu des années 1970, lorsque je travaillais pour l'Hudson Institute, avec des contrats (…)Lire la suite »
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UNE "NEP" AUX CARACTERISTIQUES CHINOISES ? (Notes pour une recherche)

Bruno GUIGUE
Les succès de la Chine contemporaine ne cessent d’interroger nos conceptions habituelles. Savons-nous seulement quels sont les ressorts de cette modernisation réussie, et quelles perspectives elle offre pour l’avenir du socialisme ? Une des questions fondamentales qu’il convient de se poser à propos de la Chine contemporaine est la suivante : de quelle nature est la formation sociale chinoise actuelle ? Poser cette question centrale a pour vertu d’ouvrir deux pistes de réflexion, sur lesquelles ces quelques notes ont pour seule ambition d’ouvrir le débat et de stimuler les recherches. La première piste de réflexion est la suivante : quels sont les modes de production qui figurent dans cette formation sociale, et comment s’articulent-ils ? Quelle signification faut-il accorder à l’existence d’un secteur capitaliste en Chine ? Autrement, dit, quel est le mode de production dominant autour duquel se déploie la structure propre à cette formation sociale ? La deuxième piste de (…)Lire la suite »

Miguel Díaz-Canel : Nous sommes prêts à donner notre vie pour la Révolution

Jacques-François BONALDI
Traduction de Jacques-François Bonaldi (La Havane) Tiré de CubaDebate Entretien de Pablo Iglesias, universitaire, homme politique et communicateur espagnol, avec le président cubain Miguel Díaz-Canel Bermúdez Miguel Díaz-Canel Bermúdez, Premier Secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et Président de la République, a récemment accordé une interview au politologue espagnol Pablo Iglesias Turrión sur l'espace numérique Canal Red, diffusée sur l'espace de la Mesa Redonda. Le dialogue a abordé les questions liées à la situation actuelle à Cuba, l'impact du blocus économique, commercial et financier imposé par le gouvernement des États-Unis ainsi que les actions récentes de solidarité internationale. La conversation a offert une vision des enjeux internes et externes du pays caribéen, ainsi que de la position du gouvernement sur la flottille humanitaire annoncée ces derniers jours. Pablo Iglesias : Les fascistes qui sont au pouvoir aux États-Unis aujourd'hui (…)Lire la suite »

L’Iran et Gaza ne sont que le début.

Chris HEDGES
Le génocide à Gaza n'est que le début. Bienvenue dans le nouvel ordre mondial. L'ère de la barbarie technologiquement avancée. Il n'y a pas de règles pour les forts, seulement pour les faibles. Osez vous opposer aux forts, refusez de vous soumettre à leurs caprices, et vous serez bombardés de missiles et de bombes. Nous assistons quotidiennement à cette folie avec la guerre contre l'Iran, les bombardements massifs du Sud-Liban et les souffrances à Gaza. Les instances internationales telles que les Nations Unies ont été neutralisées, transformées en appendices inutiles d'un autre temps. Le respect des droits individuels, l'ouverture des frontières et le droit international ont disparu. Les dirigeants les plus psychopathes de l'histoire de l'humanité, ceux qui ont réduit des villes en cendres, conduit des populations captives vers des lieux d'exécution et jonché les terres qu'ils occupaient de charniers et de cadavres, sont de retour avec une vengeance implacable, creusant un (…)Lire la suite »
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A nos lecteurs : je tourne la page du Grand Soir.

Viktor DEDAJ
C'est à la fin de 2007 que j’ai reçu un courriel d’un expéditeur (un pseudo) qui m’expliquait que Le Grand Soir (journal alternatif d’information militante, fondé en 2002) allait cesser son activité sauf si j’acceptais de le reprendre. J’étais la seule personne, m’expliquait-il, à qui ils faisaient confiance. Diantre. Moi qui envisageait justement à la même époque de prendre du recul par rapport au militantisme cybernétique. Ça faisait déjà pas mal d’années que j’animais (depuis les années 90) une lettre d’information quotidienne axée principalement sur Cuba (Cuba Solidarity Project), qui s’est ensuite élargie à l’Amérique latine et à la géopolitique en général. Il me fallait souffler. Mais voilà que soudain le sens du devoir me tirait par la manche. Comment laisser disparaître un média alternatif francophone majeur (à l’époque) ? Alors j’ai accepté. Premier changement : le « journal alternatif d’information militante » est devenu le « journal militant d’information alternative (…)Lire la suite »
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Où sont les alliés et les amis de l’Iran ? Et ceux de Cuba ? (The Floutist)

Patrick LAWRENCE
26 MARS – Veuillez considérer les passages suivants d’un texte désormais inscrit officiellement au compte rendu des travaux de l’ONU. Je me réfère à la résolution 2817 du Conseil de sécurité, adoptée par les 15 membres le 11 mars. Le vote ayant abouti à l’adoption de ce document portait sur la présence ou non des principes de l’internationalisme : parité, souveraineté, solidarité, bien commun et justice mondiale. Dans un autre contexte, que j’aborderai prochainement, la même question se pose, le régime Trump imposant un blocus de facto à Cuba, au point de menacer le pays de son effondrement. Le Conseil de sécurité a agi en réponse à la demande du Bahreïn de tenir une session extraordinaire sur la guerre israélo-américaine contre l’Iran et les attaques de représailles menées par ce dernier contre diverses cibles au Bahreïn et ailleurs dans la région du Golfe persique. Les articles suivants exposent la décision du Conseil. Je réorganise les verbes et rien de plus : Déplorer le (…)Lire la suite »