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Universalité des "droits universels" ?

A l’occasion du 70ième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH), une orgie d’articles a été publiée, en général concordant sur l’appréciation de la DUDH comme "un outil incomparable pour s’insurger face à l’inacceptable" ou – selon la page Internet réservée par les Nations Unies à la DUDH – comme la déclaration qui "a aidé un nombre incalculable de personnes à gagner leur liberté et leur égalité". Je suis d’un tout autre avis, et j’aimerais présenter brièvement ma lecture du texte du 1948, comme une tentative pitoyable de réaffirmer la suprématie morale de l’Occident, alors que les empires coloniaux s’effondraient.

Ici, quelques exemples :

a : éthiques proclamées :

art.2.1 : Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration

De quel ciel ces ’droits’ sont tombés sur l’humanité ? Choisis par des intellectuels représentant les puissances victorieuses d’une guerre qui s’était glorieusement terminée par le massacre de civils par deux bombes nucléaires ?

D’autres anciens codes éthiques proclamés ont été jugés être “ pierres milliaires de l’histoire de l’humanité ”, comme le code d’Hammurabi, -XX siècle ; ces codes concernaient exclusivement les “ devoirs ”, jamais les “ droits’ ”des sujets ; mais ils n’étaient pas toujours vide d’une bonne dose d’hypocrisie :

- Exode XX : Elohim dit [à Moïse] : Je suis Iahvé, ton Dieu ... Tu ne tueras pas ;

Mais : Nombres XXXI : Et Moïse s’irrita contre les proposés à la troupe, chefs de milliers et chefs de centaines, qui revenaient de l’armée de combat. Moïse leur dit : “ Avez-vous donc laissé vivre toutes les femelles ? ... Maintenant donc, tuez tout mâle parmi les petits enfants et toute femme qui a connu un homme par cohabitation maritale. Mais toutes les petites filles qui n’ont pas connu de cohabitation maritale, laissez-les vivre pour vous ! ”

Mais l’hypocrisie domine surtout les codes qui concernent les “ droits’ ”des personnes :

- 1776 : Déclaration d’indépendance des États-Unis : "Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux" ; prélude à un siècle d’esclavagisme cruel [relisons Un dilemme américain de Gunnar Myrdal, 1944)]

- 1789 : Déclaration des droits de l’homme en société : "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune" ; prélude à plus qu’un siècle de violences coloniales, terminées par les guerres d’Indochine et d’Algérie

b : arrogance intellectuelle a-historique :

art.18 : “ Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites ”

Je pense à la vie sociale en Angleterre, XVII-XVIII siècles ; une période dure de lutte de classe, de prévarication d’un capitalisme industriel triomphant ; 1535-1679 : exécution de nombreux catholiques, sous prétexte de complot. Il y a seulement trois siècles ! A ce moment-là en Angleterre, la DUDH aurait été jugée, au mieux – par les seules classes qui avaient le droit de juger ! – comme une douce utopie [relisons The making of the English Working Class’ (E.P.Thompson, 1963)]

Et maintenant, les intellectuels derrière la DUDH prétendent de pouvoir proclamer des “ droits universels ” d’origine structurelle, économique, sociale, inconnue et de l’imposer à l’Afghanistan, dominé par des structures claniques, à l’Inde cristallisée dans ses préjugés de caste qui cachent la violence de classe, à tous les pays africains ; toutes sociétés qui sont bien plus éloignées, aujourd’hui, de nos sociétés industrialisée – qui ont concocté la DUDH – de l’Angleterre d’il y a seulement trois siècles !

c : les nouvelles nécessités du capital, la mobilité :

art.13.2 : “ Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien ”

En Inde, des milliers de jeunes profitent d’une formation universitaire de base en médecine et ingénierie informatique, très onéreuse pour le pays, et partent pour les États-Unis ou la Suisse, se perfectionnent et ne rentrent plus ; la mobilité est un cadeau pour eux, nos caisses et l’idéologie libérale, pas pour leur pays ! Les “ droits ” individuels priment sur les “ devoirs ” sociaux

d : que faire ? peut-être, ne pas oublier des vieilles gouttes de sagesse !

- "Les rapports économiques sont-ils réglés par des idées juridiques ou n’est-ce pas, à l’inverse, les rapports juridiques qui naissent des rapports économiques ?" Marx : Critique au programme de Gotha (1891)

Bruno Vitale
Genève

Bruno Vitale, communiste ; professeur ordinaire de mécanique quantique, université de Naples ; retraité

COMMENTAIRES  

09/07/2018 23:26 par Roger

L’auteur n’a pas besoin de rappeler que de l’Irak à la Syrie en passant par la Lybie, nous avons allègrement bombardé les populations au nom des droits de l’homme !
Mais ça va mieux en le disant.

10/07/2018 00:46 par act

En effet la DUDH transpire son époque et ses rédacteurs, elle est perfectible, particulièrement au niveau du point "d" évoqué dans le texte ci-dessus qui voit le verre à moitié vide et propose une étrange lecture de la DUDH.
L’universalité de la déclaration y est mal interprétée, il ne s’agit pas d’universalité subie ou imposée mais du fait que quiconque, quelque soit son origine, son sexe etc doit/devrait pouvoir revendiquer les droits repris par ce "texte martyre", ce compromis, ce dénominateur commun aux humains. D’autres textes, dont certains très anciens l’ont précédé, il s’en inspire bien évidement.

Il est conseillé à tous ceux qui vont se déchainer contre la DUDH pour fêter son 70em anniversaire, de commencer par la relire. Ici comme sur bcp d’autres terrains la question reste : l’outil existe, faut-il le laisser entre les mains des hypocrites droits-de-l’hommistes ou se le réapproprier, le perfectionner ?
Le relire c’est réaliser que la meilleure manière de combattre ceux qui la détournent, s’en servent avec hypocrisie pour imposer leur néocolonialisme, est précisément de lire et diffuser le texte qu’ils usurpent, comme un boomerang dans leurs dents.
Un seul exemple : le pays où le plus grand nombre d’articles de la DUDH sont d’application est...Cuba ! Ne me croyez pas, vérifiez, replongez vous dans l’époque, +20Millions de Soviétiques, des millions de juifs, communistes, tziganes, libertaires et j’en passe viennent d’êtres massacrés ou pire et étonnez-vous de l’actualité de ce texte :
http://www.un.org/fr/universal-declaration-human-rights/index.html

Rédacteurs :
Eleanor Roosevelt, 1884-1962, États-Unis, présidente du Comité de rédaction ;
Peng Chun Chang (en), 1893-1957, Chine, vice-président du Comité de rédaction ;
Émile Saint-Lot (en), 1904-1976, Haïti, rapporteur du Comité de rédaction. La lecture de la DUDH a été faite pour la première fois devant l’assemblée générale de l’ONU par son rapporteur, Émile Saint-Lot ;
William Roy Hodgson (en), 1892-1958, Australie, membre de la Commission des droits de l’homme ;
Hernán Santa Cruz (en), 1906-1999, Chili, membre de la Commission des droits de l’homme ;
René Cassin, 1887-1976, France, membre de la Commission des droits de l’homme ;
Alexander E. Bogomolov (ru), 1900-1969, URSS, membre de la Commission des droits de l’homme ;
Charles Dukes (en), 1880-1948, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, membre de la Commission des droits de l’homme ;
John Peters Humphrey, 1905-1980, Canada, directeur de la Division des droits de l’homme des Nations unies.

Seule l’Afrique n’est que trop indirectement représentée par M Emile Saint-lot.

10/07/2018 01:21 par babelouest

L’égalité est un FAIT, pas un droit : elle est intimement liée à une notion essentielle : nous, Terriens sommes TOUS différents.

Cela implique que PERSONNE ne peut donner d’ordres à PERSONNE, à moins d’avoir été désigné par le consensus d’un groupe pour en être le coordinateur pour UNE tâche commune précise. Cela implique bien entendu qu’il ne peut y avoir ni gourous, ni chefs de "religions", ni rois, ni chefs de guerre, ni patrons d’entreprises dirigeant des employés.

Bien entendu cela considère comme un acquis définitif qu’il ne saurait y avoir de dieux quelconques, inventés par quelque grand-prêtre à l’esprit échauffé.

De l’égalité naîtra tout naturellement la fraternité. Ensemble elles pourront gérer des libertés, celles qui n’empiètent jamais sur celles d’autres personnes. Ces libertés seront des droits, pas inaliénables, mais bonifiables, ou au contraire récusables si cela est mauvais pour l’ensemble des humains.

10/07/2018 12:38 par IMBERT Olivier

Voilà ce que j’ajoute à la question du droit et des droits de l’homme, pour montrer que la critique de ces droits comme bourgeois et superstructurels surdéterminés par la base économique bourgeoise n’est juste un passage dans "la question juive" erreur de jeunesse, mais bien une position de principe présente de manière scientifique dans le Capital livre 1 que je commente un peu en deux temps id est en passant à une phénoménologie de la lutte des classes dans la production !
« En réalité, la sphère de la circulation ou de l’échange de marchandises, entre les bornes de laquelle se meuvent l’achat et la vente de la force de travail, était un véritable Eden des droits innés de l’homme. Ne règnent ici que la Liberté, l’Egalité, la Propriété et Bentham. Liberté ! Car l’acheteur et le vendeur d’une marchandise, par exemple de la force de travail, ne sont déterminés que par leur libre volonté. Ils assent un contrat entre personnes libres, à parité de droits. Le contrat est le résultat final dans lequel leurs volontés se donnent une expression juridique commune. Egalité ! Car ils n’ont de relation qu’en tant que possesseurs de marchandises et échangent équivalent contre équivalents. Propriété ! Car chacun ne dispose que de son bien. Bentham ! Car chacun d’eux ne se préoccupe que de lui –même. La seule puissance qui les réunisse et les mette en rapport est celle de leur égoïsme, de leur avantage personnel, de leurs intérêts privés. Et c’est justement parce qu’ainsi chacun s’occupe de ses propres affaires, et personne des affaires d’autrui, que tous, sous l’effet d’une harmonie préétablie des choses ou sous les auspices d’une providence futée à l’extrême, accomplissent seulement l’œuvre de leur avantage réciproque, de l’utilité commune, et de l’intérêt de tous.
Au moment où nous prenons congé de cette sphère de la circulation simple et de l’échange des marchandises, à laquelle le libre-échangiste vulgaris emprunte les conceptions, les notions et les normes du jugement qu’il porte sur la société du capital et du travail salarié, il semble que la physionomie de nos dramatis personae se transforme déjà quelque peu. L’ancien d’argent marche devant, dans le rôle du capitaliste, le possesseur de force de travail le suit, dans celui de l’ouvrier ; l’un a aux lèvres le sourire des gens importants et brûle d’ardeur affairiste, l’autre est craintif, rétif comme quelqu’un qui a porté sa propre peau au marché et qui, maintenant, n’a plus rien à attendre…que le tannage. »
K.Marx, Le Capital, Chapitre IV, page 197 trad ES puis PUF puis ES.
Marx part de la sphère de l’échange marchand mais il note que cela se fait jusqu’à l’achat et la vente de la force de travail….Il affirme que tant qu’on en reste au seul échange comme circulation l’expression de la vie sociale se fait directement dans les valeurs morales ou juridiques des droits de l’homme : liberté, égalité, propriété ici. Ironiquement il les fait tomber sur le nom propre et approprié de Bentham qui consiste à reprendre la thèse de Hobbes ou de Mandeville, sur l’aspect cupide par essence de l’individu humain, individu cherchant son bonheur et son intérêt particulier mais qui en ne s’occupant que de lui-même contribue alors au plus grand bien de tous, ainsi le lien entre la philosophie utilitariste pure et l’expression un peu idéalisée des droits de l’homme est établi comme l’unité systémique avec son expression en économie politique non scientifique donc idéologique ou fétichiste et illusoire , a savoir la main invisible de Smith, qui ici prend directement la figure germanique de l’expression métaphysique leibnizienne d’harmonie préétablie, ce qui d’ailleurs peut donner lieu à l’usage qui est celui de Tocqueville dans l’introduction de la Démocratie en Amérique, à savoir la providence conduisant vers l’égalité, ce qui donc sait mieux que les acteurs ce qui est bon pour eux… cette critique de l’aspect religieux du libéralisme et de l’économie politique bourgeoise, en ses limites dues à sa fétichisation ou chosification statique éternelle du capitalisme, apparaît déjà dans Misère de la philosophie, où Marx dans la seconde partie intitulée la métaphysique de l’économie politique, sixième et septième observations critique la téléologie ou finalité attribué à l’égalité ou à la réalisation du genre humain cela pages 129/130 de l’édition sociale…Mais l’aspect illusoire et cynique à la fois se voit en cela que dès qu’on sort de la sphère de l’échange on tombe alors dans l’univers de la production et là se révèle comme le négatif passant dans son révélateur se révèle à l’envers, ici se révèle à l’envers l’exploitation dans sa facture lourde à porter pour la majorité travailleuse de la population.
La propriété, ici est en terme de droit, ce qui montre là où se cache et se dévoile aussi l’inégalité, à savoir qu’il y a aussi un marché de l’emploi où se rencontre des propriétaires de monnaie sous forme de capital, et un propriétaire de force de travail qui n’est pas par essence un travailleur propriétaire du produit de son travail comme le dit la robinsonnade de Locke ou de Hobbes, reprise par A. Smith, mais, en tant que l’esclavage est aboli, propriétaire de sa force de travail 
[ ; et donc ce n’est pas une moralité de la démesure du toujours plus qui fait de l’argent l’ « ubris » conduisant à une société qui en laisse trop en matière de débordement coloniaux au mieux , violent parfois ; de même ce n’est pas une valeur morale ou intrinsèque qui fait de certains travaux des travaux improductifs, prêtrise , prostitution, flic ou voyou…ce n’est pas non plus par une inversion des valeurs dans la fable de Mandeville le mal d’où il sort le bien, c’est un système de production dont l‘évolution détermine des travaux plus ou moins productif et d’autre qui ne le sont pas…pour autant cet aspect évolutif et systémique de la définition du productif de valeur d’échange et de survaleur, n’est pas pour autant l’effacement d’un travail objectif de la délimitation et détermination d’une distinction, c’est au contraire ce qui oblige à rendre cette distinction purement opératoire en terme de système d’égalité ou de fonctions, dans des concepts de relations et non dans une appréhension substantialiste, pour reprendre la distinction de Bachelard dans la formation de l’esprit scientifique. Mon propre professeur de philosophie ,J.M Muglioni commentateur du texte de Kant l’idée d’une histoire universelle, en lettres supérieures, faisait remarquer à propos de ce texte de Marx contre Proudhon, que Marx renonçait en apparence à la téléologie, mais la réintroduisait dès la proposition suivante et sa vision d’après lui pour le coup utopiste et imaginaire du communisme comme abolition de la division du travail ; c’est d’après moi et son voisin d’alors P. Raymond, dans la lettre sup d’à côté, une erreur non sur l’aspect mobilisateur des utopies et évidemment quand elle entre dans la réalité violente comme les non-utopies au moins, puisque 1) il y a luttes de classe, 2) en général quand cela a rejoint la réalité et s’est inscrit dans le monde des institutions « Kominterm », « Kominform » etc. Soit 34 ans après la mort de Marx 1883/1917, cela s’est fait en période révolutionnaire et en guerre mondiale, donc « au moins aussi » que le maintien de l’ordre. Mais, donc sur le statut objectif de l’usage de la dynamique ou de la finalité, de l’aléatoire et de la pratique qui n’est pas une irrationnelle praxis, ni une toute puissance éclairée de despote et stratège génial, mais un ensemble de courant dans lesquels on se glisse et contre lesquels on résiste, en masse et non en homme ou personne morale ou physique ou sujet de l’histoire comme il y a des sujets de droits ; en revanche il y a des sujets autoréférenciés repérables et acteurs effectifs…]
Dans la sphère de la production il n’y a plus cette réversibilité conceptuelle et réelle de l’achat et de la vente, il y a un acheteur et un vendeur et cela parce que Marx justement contre A. Smith note que ce que l’acheteur achète n’est pas ce dont il bénéficie, à savoir il achète la force de travail, et il exploite le produit du travail dans son ensemble, et il ne réintroduit que ce qui servira à retrouver en état de se vendre le lendemain de manière identique ; parler de force de travail n’est pas identique à parler de travail et aussi parler de valeur travail ou de fixer les prix par les coût du travail, ce n’est pas pareil que parler de temps travail abstrait, moyen, général et social comme source de la valeur y compris de l’équivalent général qu’est la monnaie… [donc au sein du classique Marx, ce que Foucault soutient dans les mots et les choses, c’est que Marx est un classique en valorisant le travail comme épistémé-référent de cette science naissante au lieu du retour sur l’ « utile relativiste et mathématique » de l’âge second de cette science, tient, pour moi, comme pour Lecourt, l’épistémologie française (Bachelard, Canguilhem, Foucault), collection théorie( 1974) une place conceptuelle étrange, le néoclassique de Walras ou de Taylor, renonce à la valeur/ travail ; mais n’a rien en tant que théorie mathématique de l’équilibre d’incompatible avec des travaux conceptuels comme ceux de Marx, cela en dehors de toute application en terme de politique économique ; idem des monétaristes qui donc veulent en terme de politique économique réduire l’intervention de l’Etat au maintien du niveau de l’inflation et donc d’une équation solide en matière d’équilibre cela ne prouve pas que la théorie de l’équation monétaire prouvée empiriquement et laborieusement par Friedman et donc déjà utilisé par Marx dans la seconde section du capital, soit fausse… comme il le dit lui-même les marxistes aussi mettent en rapport le niveau des prix et la vitesse de circulation et la quantité de monnaie, I.E les soviétiques et les chinois aussi ; mais justement la théorisation de Marx là touche à autre chose, à savoir l’incomplétude de ces recettes pour faire une théorie des cycles valides et autolimité par la lutte des classes économiques… et ses aspects aléatoires ; un indice de cette insuffisance est que Marx lorsqu’il expose cette loi des monétaristes le fait en insistant sur le sens linaire de la lecture, qui dit la relation à l’équivalent général mondial qu’est l’or à l’époque, et quoiqu’il en soit au niveau du travail social abstrait moyen mondial, donc du niveau de la technique et de la productivité mondiale.]
La conclusion est-elle plus classiquement de l’ordre de l’ironie amer à savoir que le salarié qui marche derrière non ardant et affairé est là pour se faire tanner…
« Le capitaliste se réclame donc de la loi de l’échange marchand. Il cherche, comme n’importe quel autre acheteur, à tirer le plus grand parti possible de la valeur d’usage de sa marchandise. Mais voici que s’élève soudain la voix du travailleur, qui s’était tue et perdue dans la tempête et le tumulte du procès de production.
La marchandise que je t’aie vendue se distingue du vulgum pecus des marchandises ordinaires en ceci que son usage crée de la valeur et une valeur plus grande que ce qu’elle coûte elle-même. C’est la raison pour laquelle je te l’ai achetée. Ce qui de ton côté apparaît comme valorisation de capital est de mon côté, dépense excédentaire de force de travail. Toi et moi, nous ne connaissons sur le marché qu’une seule loi, celle de l’échange de marchandise. Et la consommation de la marchandise n’appartient pas au vendeur, qui s’en défait, mais à l’acheteur qui l’acquiert. C’est donc à toi qu’appartient l’usage de ma force de travail journalière. Mais avec son prix de vente quotidien, il faut que je puisse chaque jour la reproduire et la revendre ainsi le lendemain. Abstraction faite de l’usure naturelle due à l’âge et à d’autres facteurs, je dois être capable de travailler demain dans les mêmes conditions normales de force, de santé et de fraicheur qu’aujourd’hui. Tu me prêches en permanence l’Evangile de « l’Economie » et de l’ « Abstinence ». Fort bien ! Je vais, en gérant raisonnable et économe, ménager mon unique fortune, ma force de travail et m’abstenir avec elle de toute folle prodigalité. Je vais en dégager chaque jour, en mettre en mouvement, en convertir en travail que ce qui sera compatible avec sa duré normale et son bon déroulement. En allongeant démesurément la journée de travail, tu peux dégager en une seule journée un quantum de ma force de travail plus grand que ce que je pourrais remplacer en trois jours.
Ce que tu gagnes ainsi en travail, je le perds en substance de travail. Utiliser ma force et la piller sont deux choses complètement différentes. Si l’espérance de vie moyenne d’un ouvrier moyen qui travaillerait dans la juste mesure, est de trente ans, la valeur de la force de travail que tu me paies chaque jour est de 1/ 365fois30 soit 1/10950 de sa valeur totale. Mais, si tu la consommes en 10 ans, comme tu me paies chaque jour 1/10950ième au lieu de 1/3650ième de sa valeur totale, donc seulement 1/3 de sa valeur journalière, tu me voles donc chaque jour des 2/3 de la valeur de ma marchandise. Tu me paies la force de travail d’un jour alors que tu en utilise une de trois jours. Ceci va à l’encontre de notre contrat et de la loi de l’échange marchand. Je réclame donc une journée de travail de durée normale et je la réclame sans en appeler à ton bon cœur car en matière d’argent il n’y a pas de place pour les bons sentiments. Tu as beau être citoyen modèle, peut-être membre de la ligue pour l’abolition de la torture animale, et de surcroit en odeur de sainteté, la chose que tu représentes par rapport à moi n’a pas de cœur qui batte dans sa poitrine. Ce qui semble battre dedans, c’est mon cœur à moi. Je revendique la journée de travail normale, parce que je revendique la valeur de ma marchandise, comme n’importe quel autre vendeur.
On voit donc : qu’à part des limites tout à fait élastiques, il ne résulte de la nature de l’échange marchand proprement dit aucune limitation à la journée de travail, donc aucune limite au surtravail. Le capitaliste se réclame de son droit d’acheteur quand il cherche à rendre la journée de travail aussi longue que possible et à faire deux journées en une seule. D’un autre côté, la nature spécifique de la marchandise vendue implique une limite de sa consommation par l’acheteur, et le travailleur se réclame de son droit de vendeur quand il veut limiter la journée de travail à une grandeur normale déterminée. Il y a donc une antinomie, droit contre droit, l’un et l’autre portant le sceau de la loi de l’échange marchand. Entre des droits égaux, c’est la violence qui tranche. Et c’est ainsi que dans l’histoire de la production capitaliste, la réglementation de la journée de travail se présente comme lutte pour les limites de la journée de travail. Lutte qui oppose le capitaliste global, c’est-à-dire la classe des capitalistes, et le travailleur global, ou la classe ouvrière. »
K.Marx, Le capital, livre 1 chapitre VIII page 260 trad PUF.
Si Marx ne condamne pas le capitalisme sur la base d’aucune morale a priori ; en revanche comme le développe ce troisième texte il voit dans le capitalisme sur la base de sa seule logique des échanges et de son idéologie morale et religieuse du protestantisme un développement des contradictions conduisant à cela : luttes de classes et violences ; ce qui pour les conditions d’existence de chacun conduit à des différences qui sont alors antagonistes et donc absolues dans leurs relations réelles donc dans leur rapports sociaux conçus comme substantiels à propos de notre subsistance très concrètement individuelle en sa massivité et massification, démocratique et totale, justement.
La lutte pour la durée de la journée de travail est entretenue dans des bornes qui sont élastiques, et déterminées sans que n’apparaissent uniquement des lois strictement économiques de l’échange. En faisant surgir du processus de production, la voix des travailleurs, Marx veut exprimer l’idée que quand le travail intègre les lois du marché avec sa seule propriété à savoir lui-même comme force de travail, ils se trouvent alors opposés par leur seule place distribuée dans les termes des rapports de production et donc de leur logique, ce qui ne l’empêche d’être honnête et vrai, notamment du point de vue religieux, ici, dominant par héritage pratique des rapports sociaux et des mots et idées.
Il ressort de l’analyse du travail dans ses relations aux échanges sociaux que ce qui se met en place avec la marchandisation de toute chose qui se retourne sur l’homme transformé alors en marchandise ; la structuration de la société fait apparaître maintenant, en lieu et place de ce qui a été premier à l’époque du féodalisme et dont témoigne la loi Lechapellier( 1791), à propos des compagnons du tour de France et de l’artisanat, c’est l’appartenance de très longue durée des individus à une classe qui n’est ni une caste, ni une corporation, quoiqu’à un second niveau, les luttes des classes constituent au sein d’un moteur principal, le principe d’une répartition en corporation ou caste politiquement dominante et d’une religiosité aussi émouvante ou dynamisante. Le savoir-faire s’extériorise encore dans la maîtrise de l’outil jusqu’au machinisme et aux ordinateurs, et cela pose à côté du niveau social du salariat, des dimensions subjectives d’esprit de compétence et de corps, y compris de formation interne des ouvriers en leur savoir, qui est pompé et capté gratuitement parfois par le capitaine d’industrie intelligent, et sa valorisation en grille de rémunération, ou prime exceptionnelle ou poste d’ « agent de maîtrise » n’est qu’à côté de l’école un lieu de distinction sur fond de classe… ici le texte de Marx balaye donc tout sauf dans le passage de l’individuel au global dans les oppositions de classe et donc en terme subjectif, ou sujet en luttes et de la lutte ; or de Simondon à Schwarz, en passant par Linhart dans l’établi, ou la confrontation à la fierté ouvrière et à ses ambiguïtés, le sujet, en son ergonomie et technicité est aujourd’hui interrogé et cela montre que la technique porte, avec elle, une dimension autonome aux côtés de l’économique et donc au cœur des forces productives qui entraine un pointillisme dans le passage de l’individuel au global de plus que dans la lecture d’une structuration simple, sauf dans les périodes de crises ou de révolutions violentes ou soudaines dans les forces productives ou alors seule dominent les luttes de classe en visibilité ontologique en « Offenbachung » ! en « Demonstration » comme on dit alors, en Allemand. L’aliénation est donc ici, hors de toute condamnation morale, double : aliénation aux rapports de production et aliénation aux forces productives toujours matérielles même en travail intellectuel donc subjectives et spirituelles.

10/07/2018 16:49 par Rauch

Dans cette déclaration à l’item démocratie le droit de révocation du représentant n’y est pas inscrit . Ce point est fondamentale dans la représentation librement choisi et empêche toute dérive autoritaire cela va de soit.
Attention le nombre au maximum d’électeur demandant la révocation doit être au moins et au plus égal au nombre d’électeur qui ont élu le représentant dont on veux la révocation ; ceci évidement fait sur un calcul des voix au premier tour. Seul le premier tour garantie une pluralité de choix au moins dans toutes vrais démocratie où ce n’est pas l’argent qui commande les frais de représentativité.
Le deuxième tour étant une escroquerie honteuse pour nos démocraties genre à la russe. Ceci ne serais pas le cas si le vote blanc devenait un suffrage exprimé que cela soit au premier ou deuxième tour dans ce cas le deuxième tour serait une occasion de rebattre les cartes dans un second premier tour CQFD.
Autrement la lecture de cette déclaration est étonnante sur le plan de la libre circulation des humains sur cette terre entre autre item à lire et à relire. Les concepts énoncés sont d’une puissance énorme pour les droits humains ceci au regard de l’actualité de l’immigration. La terre nourricière est la source de toute émancipation. Conclusion Il y as la déclaration des droits de l’homme et du citoyen d’un coté et les lois de nos pays de l’autre. Au vue du contraste il est clair que ce n’est pas le citoyen qui fait les lois à lire les analyses du très controversé E Chouard mais moi je ne retiens que les écrits d’auteur pas les critiques des biens pensants qu’ils soient de droite ou de gauche les pires.
Un petit coup de Pierrot pour faire passer le Chouard “Je veux bien passer pour un salaud aux yeux des imbéciles, confie Desproges en juin 1986. Je pratique l’art du pamphlet, il faut le prendre pour ce qu’il est dans notre époque ramollie où tout le monde a peur, a honte, se censure.” Complètement d’actualité pas vrais .

10/07/2018 17:20 par IMBERT Olivier.

Voilà ce que j’ajoute à la question du droit et des droits de l’homme, pour montrer que la critique de la prétention universelle de ces droits comme bourgeois et superstructurels surdéterminés par la base économique bourgeoise par Marx n’est pas, juste un passage un peu mécaniste dans le programme de Gotha ou, dans "la question juive" une erreur de jeunesse, mais bien une position de principe matérialiste historique et socialiste scientifique, présente de manière scientifique dans le Capital livre 1.
Voici ce texte :

« En réalité, la sphère de la circulation ou de l’échange de marchandises, entre les bornes de laquelle se meuvent l’achat et la vente de la force de travail, était un véritable Eden des droits innés de l’homme. Ne règnent ici que la Liberté, l’Egalité, la Propriété et Bentham. Liberté ! Car l’acheteur et le vendeur d’une marchandise, par exemple de la force de travail, ne sont déterminés que par leur libre volonté. Ils assent un contrat entre personnes libres, à parité de droits. Le contrat est le résultat final dans lequel leurs volontés se donnent une expression juridique commune. Egalité ! Car ils n’ont de relation qu’en tant que possesseurs de marchandises et échangent équivalent contre équivalents. Propriété ! Car chacun ne dispose que de son bien. Bentham ! Car chacun d’eux ne se préoccupe que de lui –même. La seule puissance qui les réunisse et les mette en rapport est celle de leur égoïsme, de leur avantage personnel, de leurs intérêts privés. Et c’est justement parce qu’ainsi chacun s’occupe de ses propres affaires, et personne des affaires d’autrui, que tous, sous l’effet d’une harmonie préétablie des choses ou sous les auspices d’une providence futée à l’extrême, accomplissent seulement l’œuvre de leur avantage réciproque, de l’utilité commune, et de l’intérêt de tous.

Au moment où nous prenons congé de cette sphère de la circulation simple et de l’échange des marchandises, à laquelle le libre-échangiste vulgaris emprunte les conceptions, les notions et les normes du jugement qu’il porte sur la société du capital et du travail salarié, il semble que la physionomie de nos dramatis personae se transforme déjà quelque peu. L’ancien d’argent marche devant, dans le rôle du capitaliste, le possesseur de force de travail le suit, dans celui de l’ouvrier ; l’un a aux lèvres le sourire des gens importants et brûle d’ardeur affairiste, l’autre est craintif, rétif comme quelqu’un qui a porté sa propre peau au marché et qui, maintenant, n’a plus rien à attendre…que le tannage. »

K.Marx, Le Capital, Chapitre IV, page 197 traduction ES puis PUF puis ES.

10/07/2018 17:25 par IMBERT Olivier.

je me permets, un deuxième texte en restant succinct si le premier vous est parvenu et paraît montrant qu’il n’est pas besoin d’un sens de justice universel propre au prolétariat, ni d’une théorie de la justice pour s’opposer au capitalisme et à l’éthique bourgeoise et qu’être communiste ou syndicaliste révolutionnaire c’est bien cela:Puis ce texte qui confirme que le camarade Bruno Vitale est bien marxiste et marxien et où on saisie l’universalité abstraite bourgeoise en éthique du capitalisme qui devient contradiction antagonique en passant dans l’universalité concrète de la production :

« Le capitaliste se réclame donc de la loi de l’échange marchand. Il cherche, comme n’importe quel autre acheteur, à tirer le plus grand parti possible de la valeur d’usage de sa marchandise. Mais voici que s’élève soudain la voix du travailleur, qui s’était tue et perdue dans la tempête et le tumulte du procès de production.

La marchandise que je t’aie vendue se distingue du vulgum pecus des marchandises ordinaires en ceci que son usage crée de la valeur et une valeur plus grande que ce qu’elle coûte elle-même. C’est la raison pour laquelle je te l’ai achetée. Ce qui de ton côté apparaît comme valorisation de capital est de mon côté, dépense excédentaire de force de travail. Toi et moi, nous ne connaissons sur le marché qu’une seule loi, celle de l’échange de marchandise. Et la consommation de la marchandise n’appartient pas au vendeur, qui s’en défait, mais à l’acheteur qui l’acquiert. C’est donc à toi qu’appartient l’usage de ma force de travail journalière. Mais avec son prix de vente quotidien, il faut que je puisse chaque jour la reproduire et la revendre ainsi le lendemain. Abstraction faite de l’usure naturelle due à l’âge et à d’autres facteurs, je dois être capable de travailler demain dans les mêmes conditions normales de force, de santé et de fraicheur qu’aujourd’hui. Tu me prêches en permanence l’Evangile de « l’Economie » et de l’ « Abstinence ». Fort bien ! Je vais, en gérant raisonnable et économe, ménager mon unique fortune, ma force de travail et m’abstenir avec elle de toute folle prodigalité. Je vais en dégager chaque jour, en mettre en mouvement, en convertir en travail que ce qui sera compatible avec sa duré normale et son bon déroulement. En allongeant démesurément la journée de travail, tu peux dégager en une seule journée un quantum de ma force de travail plus grand que ce que je pourrais remplacer en trois jours.

Ce que tu gagnes ainsi en travail, je le perds en substance de travail. Utiliser ma force et la piller sont deux choses complètement différentes. Si l’espérance de vie moyenne d’un ouvrier moyen qui travaillerait dans la juste mesure, est de trente ans, la valeur de la force de travail que tu me paies chaque jour est de 1/ 365fois30 soit 1/10950 de sa valeur totale. Mais, si tu la consommes en 10 ans, comme tu me paies chaque jour 1/10950ième au lieu de 1/3650ième de sa valeur totale, donc seulement 1/3 de sa valeur journalière, tu me voles donc chaque jour des 2/3 de la valeur de ma marchandise. Tu me paies la force de travail d’un jour alors que tu en utilise une de trois jours. Ceci va à l’encontre de notre contrat et de la loi de l’échange marchand. Je réclame donc une journée de travail de durée normale et je la réclame sans en appeler à ton bon cœur car en matière d’argent il n’y a pas de place pour les bons sentiments. Tu as beau être citoyen modèle, peut-être membre de la ligue pour l’abolition de la torture animale, et de surcroit en odeur de sainteté, la chose que tu représentes par rapport à moi n’a pas de cœur qui batte dans sa poitrine. Ce qui semble battre dedans, c’est mon cœur à moi. Je revendique la journée de travail normale, parce que je revendique la valeur de ma marchandise, comme n’importe quel autre vendeur.

On voit donc : qu’à part des limites tout à fait élastiques, il ne résulte de la nature de l’échange marchand proprement dit aucune limitation à la journée de travail, donc aucune limite au surtravail. Le capitaliste se réclame de son droit d’acheteur quand il cherche à rendre la journée de travail aussi longue que possible et à faire deux journées en une seule. D’un autre côté, la nature spécifique de la marchandise vendue implique une limite de sa consommation par l’acheteur, et le travailleur se réclame de son droit de vendeur quand il veut limiter la journée de travail à une grandeur normale déterminée. Il y a donc une antinomie, droit contre droit, l’un et l’autre portant le sceau de la loi de l’échange marchand. Entre des droits égaux, c’est la violence qui tranche. Et c’est ainsi que dans l’histoire de la production capitaliste, la réglementation de la journée de travail se présente comme lutte pour les limites de la journée de travail. Lutte qui oppose le capitaliste global, c’est-à-dire la classe des capitalistes, et le travailleur global, ou la classe ouvrière. »

K.Marx, Le capital, livre 1 chapitre VIII page 260 idem traduction ES puis trad PUF et de nouveau ES.

13/07/2018 00:30 par act

@babaleouest :

De l’égalité naîtra tout naturellement la fraternité. Ensemble elles pourront gérer des libertés, celles qui n’empiètent jamais sur celles d’autres personnes.

Comment résister ?

(...)Un autre orateur qui parlait aussi contre les anarchistes, mais avec moins de violence, s’est écrié, en parlant d’égalité économique : Comment la liberté peut-elle être violée, lorsque l’égalité existe ? (...)
On peut parfaitement avoir l’égalité économique, sans avoir la moindre liberté. Certaines communautés religieuses en sont une preuve vivante, puisque la plus complète égalité y existe en même temps que le despotisme. La complète égalité, car le chef s’habille du même drap et mange à la même table que les autres ; il ne se distingue d’eux que par le droit de commander qu’il possède. Et les partisans de "l’Etat populaire" ? S’ils ne rencontraient pas d’obstacles de toute sorte, je suis sûr qu’ils finiraient par réaliser la parfaite égalité, mais, en même temps aussi le plus parfait despotisme, car, ne l’oublions pas, le despotisme de l’Etat actuel augmenterait du despotisme économique de tous les capitaux qui passeraient aux mains de l’Etat, et le tout serait multiplié par toute la centralisation nécessaire à ce nouvel Etat. Et c’est pour cela que nous, les anarchistes, amis de la liberté, nous nous proposons de les combattre à outrance.
Ainsi, contrairement à ce qui a été dit, on a parfaitement raison de craindre pour la liberté, lors même que l’égalité existe ; tandis qu’il ne peut y avoir aucune crainte pour l’égalité là où existe la vraie liberté, c’est-à-dire l’anarchie.
Enfin, anarchie et communisme, loin de hurler de se trouver ensemble, hurleraient de ne pas se trouver ensemble, car ces deux termes, synonymes de liberté et d’égalité, sont les deux termes nécessaires et indivisibles de la révolution.

Notre idéal révolutionnaire est très simple, on le voit : il se compose, comme celui de tous nos devanciers, de ces deux termes : liberté et égalité. Seulement il y a une petite différence.
Instruits par les escamotages que les réactionnaires de toute sorte et de tout temps ont faits de la liberté et de l’égalité, nous nous sommes avisés de mettre, à côté de ces deux termes, l’expression de leur valeur exacte. Ces deux monnaies précieuses ont été si souvent falsifiées, que nous tenons enfin à en connaître et à en mesurer la valeur exacte.
Nous plaçons donc, à côté de ces deux termes : liberté et égalité, deux équivalents dont la signification nette ne peut pas prêter à l’équivoque, et nous disons : "Nous voulons la liberté, c’est-à-dire l’anarchie, et l’égalité, c’est-à-dire le communisme."
Carlo Cafiero 1880 / texte complet : https://infokiosques.net/imprimersans2.php?id_article=555

BàV.

13/07/2018 11:19 par babelouest

@ act
Entendons-nous bien : l’égalité pour tous signifie que NUL ne peut commander les autres, sauf si pour UNE TÂCHE DONNÉE un groupe de citoyens se donne un coordinateur, parce que parfois (pas si souvent, en fait) il faut bien quelqu’un qui donne le la (sinon cela ne marche pas).

Oui, je suis anarchiste égalitaire. Je pense qu’ils ne sont pas nombreux. Quant à la liberté, elle est personnelle, et ne peut s’exercer en aucun cas au détriment de quelqu’un d’autre. Cela rejette tout gourou, tout patron, tout politicien, en revanche tout enfant nécessairement doit être aidé à trouver son propre chemin dans l’égalité et la liberté.

28/10/2018 11:27 par bruo vitale

merci à tous les amis et camarades qui ont commenté mon texte

- je ne veux pas, à mon tour, commenter leurs commentaires dont j’ai certainement appris des éléments utiles

mais je voudrais demander de l’aide :

- mon texte est ’primitif’ : pour saisir l’énormité arrogante non seulement du texte de la dudh, mais surtout des contenus idéologiques et des tâches politiques et culturelles que ce texte prétend lancer dans la société de l’après guerre,:il faudrait - par une oeuvre collective - analyser chaque article en sois, et chaque article par rapport à l’ensemble et au projet de reconstruction d’une société déchirée, à travers une révalutation mythique de l’authorité morale de l’occident
(on ne cherche pas à faire oublier que les 2 guerres mondiales et les 2 bombes nucléaires ne sont pas la responsabilité seulement de l’allemagne et des fascistes/nazis ?)
- mais je n’analyse, partiellement, que 3 articles ! et il est au dessus de mes compétences et préparation professionnelle de tout efficacement analyser

- les amis et camarades qui ont, au moins partiellement, apprecié mon texte pourrions m’aider dans cette tâche ?

j’aimerais également avoir un contact direct avec vous :
mariomartaulinka@yahoo.co.uk bruno vitale, genève

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