Un voile opportuniste glissé sur l’histoire de la seconde guerre mondiale

Hiver 1941. Contre-offensive soviétique

Certaines condamnations ne sont pas ingénues, et encore moins sincères. Tenter de présenter, soixante dix ans après, l’Union Soviétique, aujourd’hui disparue, comme la responsable du déclenchement de la seconde guerre mondiale obéit à des intérêts malsains mais elle n’a rien d’original. L’idée avait déjà été lancée en 1939, au moment où les nazis avaient fait irruption en Pologne, ce qui avait marqué le début de la pire conflagration de l’histoire de l’humanité.

Le prétexte avancé par les occidentaux pour lancer cette absurdité a été l’accord de non-agression signé entre Berlin et Moscou, que le gouvernement de Joseph Stalin avait accepté, au vu de l’invasion allemande en Pologne, afin de gagner du temps avant l’attaque des troupes fascistes, considérée comme inévitable, et qui, du reste, était considérée comme souhaitable par les grandes puissances capitalistes.

Ces historiens « innovateurs » et « honnêtes » ne semblent pas être au courant des erreurs graves et répétées commises par Washington, la Grande Bretagne et la France en ce qui concernait le réarmement allemand durant les années qui ont précédé la guerre. Ces pays y ont même contribué en leur fournissant des biens et des technologies.

Ces « illustres académiciens » n’ont pas non plus analysé la prétendue « neutralité » occidentale proclamée lorsque les phalangistes, appuyés directement par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, ont mené la guerre et vaincu les forces de la République Espagnole, ou encore lorsque Rome a envahi l’Ethiopie.

Ils ne tiennent pas non plus compte de l’accord pris entre Paris, Londres et Berlin qui accordait à Hitler les territoires spoliés de la chécoslovaquie. Le calcul des pays capitalistes de l’époque, c’était qu’en étant complaisants avec le nazisme, ils le poussaient vers l’est, c’est à dire vers l’Union Soviétique.

Mais le guignol germain caressait des plans de conquête mondiale qui dépassaient l’imagination de ceux qui l’avaient poussé jusqu’au dernier moment.

Même au milieu de la débâcle, lorsque l’invasion nazie de l’Union Soviétique avait déjà commencé et que la coalition internationale antifasciste était formée, les alliés occidentaux des États-Unis et de la Grande Bretagne ont retardé le plus possible l’ouverture d’un deuxième front européen en espérant que les allemands et les soviétiques finissent par s’exterminer mutuellement.

Ce n’est qu’après les victoires retentissantes remportées par l’Armée Rouge à Stslingrad, sur l’arc de Kursk et sur d’autres fronts que, par peur d’une irruption des troupes soviétiques à l’ouest, ils se sont décidés à lancer l’attaque alliée qui, du reste, avait d’abord été programmée par les côtes des Balkans et non pas par celles de la France, avec pour objectif unique d’intercepter les « russes » sur leurs frontières.

S’il est absolument vrai qu’il y a eu un courage, un dévouement et un immense esprit de sacrifice chez tous ceux qui ont lutté honnêtement contre la peste nazie, il est également impossible de taire l’énorme héroïsme massif de tous les soviétiques qui ont dû payer le prix de 29 millions de vies pour parvenir à rompre la colonne vertébrales de la machine de guerre hitlérienne, fer de lance contre le fantôme du communisme.

Il est important que la vérité soit connue de tous, et en particulier des jeunes générations. Les « révisionnistes du passé », manipulateurs d’extrême droite, tentent de semer la confusion et le mensonge, avec l’hypocrite espérance que les vrais gagnants de l’histoire sont ceux qui l’écrivent.

Néstor Núñez

Article original
Humos oportunistas sobre la II Guerra Mundial

COMMENTAIRES  

24/10/2009 22:24 par Vania

Excellent article. Merci M.Nuñez !!

24/10/2009 23:35 par njama

Un éclairage très intéressant, la conférence d’Annie Lacroix-Riz

Vidéo "le choix de la défaite"

« Quelles sont les causes de la défaite française de 1940 ? Comment comprendre l’engagement des banquiers et industriels dans la " collaboration économique " avec les Allemands entre la défaite et la libération de Paris sans s’interroger sur la phase précédente ? Les classes dirigeantes françaises ont-elles planifié dans la décennie 1930, comme leurs homologues belges guidées par la Banque nationale de Belgique, l’occupation prochaine de leur pays par l’Allemagne de Hitler ?

A la lumière d’archives françaises et étrangères, pour la plupart jamais encore dépouillées, Annie Lacroix-Riz revient sur les origines de Vichy. Un essai très engagé, qui bouleverse notre connaissance de cette période de l’histoire de France et au-delà , des relations internationales. Cet ouvrage défend la thèse que les hommes de Vichy ont préparé leur arrivée au pouvoir et que la transformation des institutions, rendue nécessaire par la crise, passait par la défaite française. L’ouvrage montre ainsi, dans une approche nouvelle, que les causes de l’Occupation sont avant tout intérieures. Il aborde la question de la nature des actions menées de 1933 à 1939 en faveur de l’axe Rome-Berlin. Surtout, il met en exergue le caractère déterminant de l’économie dans le fonctionnement de la société française des années 30. »

24/10/2009 23:59 par Anna

Bien évidemment, ce révisionnisme historique (qui ne date pas d’aujourd’hui, mais que je subissais déjà à l’école quand j’y étais il y a 12 ans) est aussi une forme d’attaque pro domo contre les forces contestataires qui redécouvrent Marx ou les grands intellectuels de gauche comme Roxa Luxembourg, à la lumière de la terrible crise actuelle qui n’en est qu’à ses débuts, et le reveil progressif des gens qui sentent qu’ils ont été idéologiquement floués depuis des années.

Il s’agit encore une fois de préserver l’image immaculée que se sont fabriqués les européens de l’ouest avec les GI lors du D-Day qui nous auraient prétendument sauvés, et à eux-seuls, de la bête nazie.

Ce révisionnisme s’inscrit également de gaçon plus indirecte dans la diabolisation habituelle de la Russie de 2009 ; que Vania m’excuse si je peux encore donner l’impression d’être pro-VVP, or tout comme cet article qui n’a rien d’une éloge de Staline (et je refuse à toute comparaison malhonnête Poutine/Staline), je rejoins encore une fois Dedefensa.org quand ils évoquent le côté structurant de la Russie actuelle (à opposer au caractère profondément destructurant des USA et de leurs caniches) ici :

http://www.dedefensa.org/article-la_russie_centre_structurant_22_10_2009.html

25/10/2009 08:30 par Valentin

Ce travaille de manipulation et de falsification a été repris par les courroies de transmission que sont le CRIF, la LICRA et leurs congénères du prétendu peuple élu.

D’ailleurs l’histoire de France pour la période de l’occupation est actuellement revue par des cinéastes juifs qui continuellement mettent évidences les hauts faits d’armes de leurs congénères oubliant que la résistance était formée de véritables partisans qui ne se préoccupaient certainement pas de l’appartenance religieuse ou ethnique de leurs compagnons d’arme.

25/10/2009 15:03 par Anna

Valentin, le film "L’armée du crime" est l’exception qui montre que la solidarité et la résistance n’était pas "épidermiques".

Dans la diabolisation des russes d’aujourd’hui, et le dénigrement de la pensée communiste de manière générale par ce révisionnisme historique, j’oubliais les défilés de Waffen SS retraités en toute légalité dans les pays baltes, vous savez ces SS si "patriotes" et surtout si farouchement anti-russes ou anti-cocos. Ces défilés dans certains pays du club des 27 n’émeuvent guère notre glorieuse Union Européenne, qui n’en a pas entrepris la moindre dénonciation officielle, et encore moins Israël qui rève de faire partie de ces 27 Grands parmis lesquels on trouve donc des pays qui promeuvent et autorisent ces hommages à des patriotes SS. Cherchez l’erreur.

26/10/2009 14:30 par Anonyme

Le révisionnisme c’est mauvais ou pas selon de qui il s’agit.

Ainsi à l’école en France, l’histoire est déformée au désavantage de l’URSS. Dire que Staline a vaincu le nazisme est l’horreur absolu pour les citoyens, les intellectuels et la classe politique toutes tendances confondues. Alors on a créé le mythe du débarquement de la Normandie.

L’histoire telle qu’elle est enseignée en France apprend aussi que les victimes du nazisme sont en réalité les victimes de Staline. Pourtant il y a une loi en France contre la négation des crimes mais dans ce cas elle ne s’applique pas.

27/10/2009 20:07 par njama

Un article intéressant

Pourquoi minimiser la victoire « rouge » ?
Pourquoi réduire aujourd’hui le rôle majeur des Soviétiques dans la victoire sur le nazisme en 1945 ? Et l’action des résistances nationales ? Avec la guerre froide, l’historiographie occidentale a surtout crédité les Anglo-Saxons
[...]désormais, de cette contribution soviétique dont l’écrivain Ernest Hemingway avait dit : « Chaque être humain qui aime la liberté doit plus de remerciements à l’Armée Rouge qu’il ne puisse payer durant toute une vie ! »

Il y aurait « un tabou a posteriori », relève le spécialiste de l’Histoire russe Marc Ferro, « qui n’existait pas pour les contemporains : dire que c’est l’armée soviétique qui a brisé la Wehrmacht, et qu’ensuite, grâce à cela, le Débarquement a pu se faire, et les Américains et les Anglais sauver, libérer l’Europe de l’Ouest. Opérations liées chronologiquement mais mécaniquement aussi. Or, à mesure que les années ont passé, que la guerre froide s’est installée, que l’historiographie occidentale s’est imposée, on a fini par réduire la part et le rôle que la puissance soviétique a joués. Et aujourd’hui, où elle se décompose (M.Ferro écrit en 1992) on a de plus en plus tendance à créditer exclusivement les Anglo-Saxons des succès militaires qui ont pu suivre. » Il y aurait de surcroît « ce refus intériorisé à admettre qu’il peut y avoir eu, à certains moments de l’Histoire, une supériorité technique, industrielle, des Russes sur l’Allemagne pendant cette guerre ».

Le révisionnisme va de soi en histoire, comme dans toutes sciences, comme en justice aussi. Dès qu’un élément nouveau arrive à notre connaissance, il nous faut l’intégrer dans notre conscience, comme la pièce de puzzle manquant. Le révisionnisme de bon aloi, est honnête, sincère, construit, ou il est de mauvais aloi, quand il falsifie, tronque, écarte ce qui ne l’arrange pas. Son expression ultime dans ces cas hypocrites, mensongers, partisans est ce que l’on appelle le "négationnisme". Certains textes ne méritent pas le nom d’histoire, ce sont des hagiographies, officielles ou non, proches du roman qui idéalisent l’histoire.

@ Anna, @ tous

Je suis loin d’idéaliser le rôle du parti communiste depuis la lecture d’ "Hommage à la Catalogne" de Georges Orwell. Par recoupements avec d’autres sources, on peut dire que c’est le parti communiste qui a ruiné l’élan libertaire né en Espagne, en persécutant les membres du POUM (parti ouvrier d’unification marxiste) et ceux des fédérations anarchistes. A lire, passionnant témoignage vécu, et analyse politique très éclairante dans les 2 derniers chapitres.

29/10/2009 14:01 par Anna

@Njama, merci de tes liens oh combien précieux (dont celui sur la Catalogne).

Il s’agit véritablement de négationisme, dans le cas de la minimisation du rôle des soviétiques dans la défaite de l’Allemagne.

29/10/2009 22:18 par njama

@ Anna

J’espère que tu auras plaisir à lire le témoignage d’Orwell sur la guerre d’Espagne, la sincérité vibre dans son écriture, et je le trouve carrément "hors pair" pour décortiquer "l’esprit de système".
Un pouvoir quel qu’il soit, n’existe que par une culture d’opposition, qu’avec des frontières, des clivages, des "classes sociales". C’est ce contre quoi, il faut lutter et faire du monde un "loft", sans cloisons.
Je crois plus dans une dynamique spirituelle que dans un quelconque parti pris idéologique. Pour changer le monde, il faut le voir autrement, et le monde changera. Ce sont les mentalités qu’ il faut faire évoluer ... en dénonçant quelques grossiers mensonges, entre autres.

Si l’on veut célébrer la victoire sur le nazisme, il faudrait à l’évidence inviter aussi les moujiks, et pas que les brave boys. Les forces alliés n’auraient jamais "conclu" la fin de la guerre sans toutes les offensives meurtrières de l’armée rouge. Qui a pris Berlin ? ...
Rapporter la victoire sur le nazisme à l’anniversaire du débarquement est une imposture historique et politique.

Si l’on veut célébrer la violence, de toute façon, c’est à côté de la plaque, car c’est encore le jeu des pouvoirs.

Bien à toi. Merci pour ton mot qui me touche beaucoup.

njama

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