Tous à la manif

Homosexualité contre homophobie ?

Ainsi, les jours passant les positions se précisent et s’affirment.

Etre de gauche c’est être pour le mariage pour tous, et la lutte qui maintenant descend dans la rue sera celle de la gauche contre la droite cléricale et réactionnaire.

C’est ce qu’a rappelé JL Mélenchon ce matin sur France info avec beaucoup de conviction et de force, en faisant le parallèle avec les luttes qui conduisirent à la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat.

Ces luttes mirent la France au bord de la guerre civile avec la question des inventaires.

Une plume pour le moins clairvoyante avait déjà décrit ce type de phénomène :

Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands évènements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce.

Et plus loin :

Tout un peuple, qui croit s’être donné au moyen d’une révolution [ici un vote] une force de mouvement accrue, se trouve brusquement transporté dans une époque abolie...*

Du point de vue de Sirius il est loisible d’observer que la détermination du pouvoir socialiste en la matière est absolument sans faille, ce qui n’est pas exactement le cas dans les domaines de la vie économique (le TSCG), sociale (la flexisécurité) et internationale (l’allégeance à l’OTAN).

De là à penser qu’un phénomène de déplacement (au sens freudien) des vrais problèmes et de la manière de les traiter est en marche, il n’y a qu’un pas.

La gauche s’affirme unie et résolue et cristallise (encore Freud) une opposition de droite sur une question sociétale sommes toutes d’importance mineure, mais cela fait du bien.

Et le Président de la République de se frotter les mains, en démontrant qu’il sait être aussi ferme sur la question du mariage pour tous que l’a été son prédécesseur sur celle des retraites : toute la France pourrait manifester, cela n’a pas d’importance, la loi passera quand même.

* Le 18 brumaire de Louis Bonaparte K. Marx

COMMENTAIRES  

16/01/2013 14:34 par calame julia

Merci pour cette mise au point où, finalement, je comprends qu’il faut avoir certaines références
pour écrire et que si on ne les connaît pas, inutile de penser pouvoir participer à la lutte !
Même délire freudien que ceux qui avaient décrété "la France d’en bas".
Vous n’en êtes pas certes Dwaabala, mais, mais, mais ce qui valait pour hier ne vaut pas forcément
pour aujourd’hui et réciproquement... (lorsque j’ai faim, j’ai faim avec ou sans Freud, Kierkegaard,
Serres et Savater ! seule chose qui peut me conduira à l’anéantissement de la vie.) C’est quand même pas difficile à comprendre.
Par temps de crise, revenir aux fondamentaux n’est pas du luxe.

16/01/2013 19:12 par Dwaabala

à calame julia

Par temps de crise, revenir aux fondamentaux n’est pas du luxe.

Pourquoi ne reviendriez-vous pas aux fondamentaux en écrivant un article, dans lequel vous feriez tabula rasa de tout ceux qui vous ont précédés dans la carrière pour mettre vos principes en pratique, et en proposant sa publication à LGS ?

16/01/2013 21:12 par lapindebois

Merci pour cette analyse.
En effet l’opposition au projet de loi a permis à l’UMP de se remettre en selle, alors qu’elle était restée en miettes après l’ère Sarkozy. Il ne faut pas y voir un effet secondaire gênant pour le pouvoir en place, au contraire : les frères siamois UMP/PS du libéralisme politique ont besoin de s’appuyer l’un sur l’autre pour continuer leur manège de l’alternance.

Mais s’agit-il seulement d’une manoeuvre de diversion ? On peut aussi voir dans cette réforme sociétale, qui tend à bouleverser les rapports de filiation, un moyen de maintenir le mouvement perpétuel de la société qui permet d’empêcher les peuples de se structurer durablement. Marx l’avait déjà expliqué dans le Manifeste du parti communiste :

« La bourgeoisie a déchiré le voile de sentimentalité qui recouvrait les relations de famille et les a réduites à n’être que de simples rapports d’argent (...) La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c’est-à -dire l’ensemble des rapports sociaux. Le maintien sans changement de l’ancien mode de production était, au contraire, pour toutes les classes industrielles antérieures, la condition première de leur existence. Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelles distinguent l’époque bourgeoise de toutes les précédentes. Tous les rapports sociaux, figés et couverts de rouille, avec leur cortège de conceptions et d’idées antiques et vénérables, se dissolvent ; ceux qui les remplacent vieillissent avant d’avoir pu s’ossifier. Tout ce qui avait solidité et permanence s’en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané, et les hommes sont forcés enfin d’envisager leurs conditions d’existence et leurs rapports réciproques avec des yeux désabusés. »

16/01/2013 21:26 par calame julia

Vous avez raison et d’ailleurs j’avais déjà demandé au Grand Soir qui pouvait écrire des articles ?
Et merci de me faire remarquer que "qui n’est pas avec moi est contre moi" d’après vous.
Je pense savoir très précisément ce que signifie "tabula rasa" et surtout les conséquences
qu’elle a entraînées dans certain pays européen en son temps et dont j’ai directement subi
les conséquences. Mais nous ne sommes plus dans la configuration où l’on se sert des son
veçu ou celui de ses proches pour comprendre certaines choses mais dans celle du t’es
con ferme-la, t’as pas lu Nietzsche. Vouloir dire : on en est là et on doit faire avec, n’est plus
de mise. Il faut préciser je suis contre toi et je vais te le montrer. Ce n’est pas ma tasse de thé.
Au Grand Soir comme ailleurs : il faut bien apprendre à connaître son monde.

16/01/2013 22:25 par Sheynat

Empêcher les peuples de se structurer durablement ?
Regardons du côté de nos voisins, s’ils ont subi l’apocalypse, la guerre civile etc à cause du mariage pour tous :
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Trouvé ici

16/01/2013 22:27 par Dwaabala

@ lapindebois

Merci de rappeler cette très belle citation de K. Marx. Elle est même sidérante d’acuité et d’actualité. A encadrer.
Je suis donc d’accord avec vous quand vous exprimez ainsi ce autour de quoi je tournais sans l’atteindre.
C’est là tout l’intérêt de ces libres discussions permises et encouragées par LGS.
En exergue de son grand oeuvre (opus magnum), K. Marx fait sienne cette citation du Dante :

« Vien dietro a me, e lascia dir le genti. »
« Viens derrière moi, et laisse dire les gens. »

Voyez : je vous suis.

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