Sarkozy veut déclencher une guerre fiscale en Europe.








Samedi 7 avril 2007.


L’impôt sur les sociétés (IS) représente moins de 15 % du budget de l’Etat.

Il a été allégé tout au long de la législature de la droite par la suppression de la « surtaxe Juppé » représentant un manque à gagner d’un milliard d’euros par an pour l’Etat et par des mesures telles que l’extension des zones franches urbaines.


Sarkozy affirme que la fiscalité des entreprises françaises serait plus élevée que celles des principaux pays européens. Il s’appuie sur ce prétexte pour proposer d’abaisser en cinq ans le taux de l’Impôt sur les Sociétés (IS) de 33 % à 20 %.

Pour Nicolas Sarkozy, le taux français (33,3 %) de l’Impôt sur les Sociétés, est supérieur de 9 points à la moyenne européenne qui est de 24 %. Ce taux n’a, en lui-même, aucune signification si on ne sait pas à quelle assiette, à quelle base d’imposition il s’applique. Or, si l’on ramène le taux d’imposition de l’I.S. au bénéfice brut des entreprises (Excédent Brut d’Exploitation) : le taux effectif de prélèvement (7,2 %) situe la France au 15ème rang européen sur 25. Loin derrière les pays nordiques (11,3 % pour la Suède) mais aussi derrière le Royaume-Uni (10 %), les Pays-bas (9,1 %) et même l’Irlande (7,7 %).

Comme quoi les jérémiades de Sarkozy cachent une réalité qui est scandaleusement favorable au patronat français.

Si la droite abaissait l’I.S. comme elle le prévoit, le taux de prélèvement effectif de l’I.S. français serait ramené à 4,3 %. Cela mettrait le France au 23ème rang, tout juste devant la Lituanie et l’Estonie. Les autres pays européens ne se contenteraient pas de lire le journal : ils abaisseraient eux aussi les impôts de leurs entreprises. La France aurait déclenchée une guerre fiscale et tous les impôts sur les sociétés s’aligneraient ver le bas. Les entreprises françaises ne gagneraient donc strictement rien en terme de compétitivité. Par contre, les recettes fiscales de l’Etat français seraient amputées de 20 milliards d’euro annuels si le projet de la droite venait à être appliqué.

Cette baisse de 20 milliards donnerait à la droite, si par malheur Sarkozy l’emportait, un nouveau prétexte pour attaquer les dépenses sociales et le service public, au nom d’un déficit qu’elle aurait elle-même accentué de 20 milliards d’euros chaque année.

Jean-Jacques Chavigné, Communiqué n° 30 - Campagne « faire gagner la gauche à gauche », pour D&S
www.democratie-socialisme.org




La TVA antisociale de Sarkozy, par Jean-Jacques Chavigné.


Sarkozy et la dette publique, par Jean Jacques Chavigné.

Sarkozy, son fan-club helvétique et le danger occulté de Bayrou, C. A. Udry / La formule Sarkozy, A. Bihr.


Ce que cache la baisse des impôts de Sarkozy, par Laurent Mann.






- Photo : Place de la Nation le samedi 18 mars 2006
Auteur : Gabriel Laurent

- Source : Photothèque du mouvement social
© Copyright 2004
www.phototheque.org

COMMENTAIRES  

15/04/2007 14:31 par FredSud37

(…..) Le vote pour Olivier Besancenot est le vote le plus utile pour l’avenir. Il est celui qui permet le mieux de faire entendre ses colères, ses indignations, ses espoirs. Il permet d’encourager celles et ceux qui entendent résister contre les politiques antisociales et lutter pour arracher de nouveaux droits. Il permet de faire entendre l’urgence sociale : pour une Loi d’interdiction des licenciements, pour imposer le partage des richesses, pour le Smic à 1.500 euros net et une augmentation de salaire pour tous de 300 euros net, pour la défense des Services Publics, etc. Il permet de donner sa place au renouvellement social et politique. Une nouvelle génération vit les nouvelles conditions d’exploitation imposées par le néolibéralisme. Avec la précarisation généralisée, un nouveau salariat grandit chez les travailleuses et les travailleurs, dont Olivier Besancenot fait partie, lui qui n’a pas besoin de fiches concoctées par des Énarques pour savoir ce qu’être exploité veut dire. (…..)

Extrait de "Voter avec son coeur et son enthousiasme", avril 2007.

15/04/2007 21:20 par JJC

Cette réponse est un peu générale et passe partout...

Ellle pose cependant une question réelle : celle du vote au 1er tour.

Le vote pour Olivier Besancenot est évidemment un vote de gauche et un vote pour un programme bien souvent meilleur que celui de Ségolène Royal.

Le problème auquel nous sommes confrontés est celui-là  : ou Ségolène Royal est au second tour où c’et la victoire de Sarkozy assurée. Personne ne peut croire, en effet, qu’Olivier Besancenot puisse figurer au second tour.

Cette victoire signifierait que le droit de grève serait vidé de son contenu, que le CNE serait généralisé, que la TVA anti-sociale, la baisse des impôts des plus fortunés, l’augmentation du temps de travail, le blocage des salaires serait votés dès juillet, en pleine démoralisation des salariés à la suite de la défaite subie.

Chacun doit donc prendre ses responsabilités en toute connaissance de cause.

Cordialement,

JJC

16/04/2007 11:20 par FredSud37

(…..) La direction du PS résume sa campagne dans cette dernière semaine en un seul argument : la crainte de revivre le 21 avril 2002. Cette peur est habilement attisée par des rumeurs, des faux sondages secrets qui annonceraient le pire. Pourtant l’accession de Le Pen est très peu probable. Il ne s’agit pas ici de faire confiance aux sondages, très incertains mais de comprendre qu’en 2002, Le Pen a fait à peu près le même nombre de voix qu’en 1995. C’est la forte abstention ajoutée à l’écroulement de Jospin qui explique le résultat. Or tout indique que cette fois-ci la participation sera forte. De plus, deux ex-candidats (plus de 7 % à eux deux en 2002) ont rallié entre temps Royal : Chevènement et Taubira. Il faut aussi se souvenir que ce sont les politiques libérales qui en 20 ans ont permis la montée catastrophique du FN. Si la Gauche radicale perdait en influence, où s’arrêterait cette montée due à la poursuite et à l’aggravation des mêmes politiques ? (…..)

Extrait de "Voter avec son coeur et son enthousiasme", avril 2007.

16/04/2007 16:45 par Anonyme

Le vote pour Olivier Besancenot est évidemment un vote à gauche et un vote tout à fait respectable. Son programme répond souvent plus clairement que celui de Ségolène Royal aux aspirations des salariés.

Mais voilà , Olivier Besancenot n’a aucune chance de figurer au second tour de l’élection.

Les institutions de la Vème République sont anti-démocratiques. Je préférerai de loin que des élections législatives à la proportionnelle intégrale remplace cette élection qui personnalise la politique, prête à toutes les manipulations des médias et fait du 1er tour un véritable couperet. Mais ce n’est pas le cas et il n’est pas possible de l’ignorer depuis le 21 avril 2002.

Il y a donc deux façons de "faire entendre ses indignations, ses colères, ses espoirs".

La 1ère est de voter pour Besancenot (ou Bové ou Marie-Gorges Buffet, car comment choisir entre les trois ?). Le message sera sans dout plus clair mais ce serait une bouteille à la mer et surtout, ce serait prendre le risque de laisser élire Sarkozy et d’accumuler ainsi, pendant 5 à 15 ans de gouvernements de Droite, encore plus d’indignations et de colères...

La 2ème est de voter pour Ségolène Royal. Le message d’indignation sera sans doute moins fort mais le message d’espoir le sera beaucoup plus. Car il ouvrira la possibilité de battre Sarkozy.

Le mouvement social n’aura pas les mêmes moyens de s’exprimer dans les deux cas.

Si Sarkozy l’emporte, il fera voter dès juillet l’interdiction (dans les faits) du droit de grève, il généralisera le CNE. Le salariat sera démoralisé, tout comme l’avait été les salariés britanniques aprés la victoire de Thacher contre les mineurs au milieu des années 1980. Sarkozy appliquera alors l’intégralité du programme du Medef.

Si Ségolène Royal est élue, le salariat verra là le débouchés à ses luttes massives de 2003 et de 2005, à ses votes de 2004 et de 2005. Il sera revigoré, conforté dans ses combats. Il aidera Ségolène Royal à appliquer toutes les mesures de son programme qui correspondent à ses aspirations et, très certainement, à aller beaucoup plus loin encore dans ce sens là ."

Jean-Jacques Chavigné

www.democratie-socialisme.org

17/04/2007 14:15 par FredSud37

(…..) L’enjeu n’est pas d’avoir un candidat présent au second tour, soyons sérieux ! Il n’est pas non plus de commencer à partager les Ministères en cas de victoire de Royal. Pas plus de participer de près ou de loin à une gestion libérale de la société française. Mais de faire poids, masse, de peser, de compter, d’exister malgré les différences qui importent moins que les proximités. (…..)

Extraits de "Pour Olivier Besancenot", Michel Onfray, le 29 mars 2007.

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