Sarkozy explose son « chiffrage » en plein vol, par Gérard Filoche.








Samedi 17 février 2007.


Normalement, si la grande presse ne lui pas éhontément favorable, elle aurait dû l’exploser en plein vol. Les titres du Monde, de Libé, des radios, des télés, auraient du être : « Khrach chez Sarkozy : il a fait erreur sur toute la ligne », « Crise totale dans l’équipe Sarkozy » « Ségolène peut être rassurée : Sarkozy descendu par les siens », « toute la campagne de Sarkozy réduite à néant par les siens ». « Fillon, Méhaignerie poignardent Sarkozy alors qu’il est à la Réunion »... « Sarkozy dit « - la campagne je la sens,... mais il n’a pas senti venir la déroute qui vient de s’abattre sur lui »...

Jugez en : Le Monde du samedi 17 février, complice de la droite, titre tranquillement et gentiment : « l’Ump corrige la copie de Sarkozy ».
`
De quoi s’agit-il ? Frottez vous les yeux, le journal explique qu’il y a eu erreur totale dans le chiffrage des mesures du programme de Sarkozy :

- la diminution annoncée de quatre points des « prélèvements obligatoires » ne pourra voir lieu, peut-être un point de moins et en fin de législature en 2012...

- la mise en place du » bouclier fiscal » pour sa clientèle riche soumise à l’isf n’est pas assurée tout de suite, ce sera progressif.

- le versement de l’allocation pour le premier enfant est une utopie qui ne pourra se réaliser faute de financement.

- l’intégration de la Csg dans l’impôt prélevé à la source est remise en question.

- il faudra d’abord ramener la dette à moins de 60 % en cinq ans...

- limitation à 30 milliards d’euros toute dépense nouvelle, soit 5 à 6 milliards d’euroos a condition qu’il y ait une croissance de 2,25 % !

- une baisse moins forte que prévue sur les droits de succession

Si vous écoutez bien toutes ces corrections au programme économique et social - déjà catastrophique pour la France - de Sarkozy, il n’en reste plus rien ou presque : sauf la non majoration des heures supplémentaires (baisse du salaire brut) et encore !(ça fera un énorme trou dans les caisses de protection sociale - en plus d’un trou dans le salaire net des travailleurs)

Pierre Méhaignerie, Alain Lambert, François Fillon, ont mis les pieds dans le plat, pendant que Sarkozy était à la Réunion à porter de colliers de fleurs devant ses caméras privées qui revendent leurs images sélectionnées aux chaînes, jeudi 15 février... Ils ont cassé littéralement toutes les déclarations pompeuses et menteuses de Sarkozy depuis des mois en matière de financement de sa politique antisociale pour les 5 ans à venir...

Imaginez : si c’était arrivé, ne serait-ce qu’un dixième de cela, à Ségolène Royal, les « unes » de la presse des Bouygues, Dassault, Rotschild, Lagardére ? A côté de ce scratch violent de Sarkozy, le départ de Eric Besson (pour ses chiffrages comptables étriqués) est de la pacotille ...

Mais ça ne fait rien, nos grands rédac’ chefs acharnés ferment les yeux sur l’explosion du programme du candidat de la droite et continuent de chercher à s’en prendre au programme de la gauche... à prétendre que Ségolène Royal « peine à relancer » sa campagne, fabriquant ainsi temporairement (car à la fin elle gagnera !) les sondages...

Le problème, s’il y en a un, avec le programme de la gauche, est à l’inverse de celui de Sarkozy : Sarkozy annonçait de façon claironnante comment prendre de l’argent aux pauvres, aux salariés pour en donner énormément aux riches, là , même ses amis viennent de lui dire « - Doucement, tu ne pourras pas le faire aussi vite et aussi fort que tu l’annonces ». C’est dur de prendre aux pauvres pour donner aux riches !

S’il y a un problème avec le programme chiffré de la gauche, c’est au contraire, à l’inverse, qu’il ne part pas assez de l’état réel de la France, du fait qu’elle n’a jamais été aussi riche, et qu’on peut donc mieux redistribuer les richesses qu’elle produit : il faudrait audacieusement, et ça c’est possible, c’est réaliste, prendre davantage aux riches, aux actionnaires, aux multinationales pour redonner aux salariés qui produisent ces richesses...

Gérard Filoche, Communiqué n°18 - Campagne « faire gagner la gauche à gauche », pour D&S
www.democratie-socialisme.org




Ce que coûterait aux salariés la victoire de Sarkozy, par Jean-Jacques Chavigné.


Nicolas Sarkozy ou la collusion avec les grands patrons (de presse), par NonASarko.

Sarkozy : mainmise sur la presse tricolore, Ian Hamel.


Sarkozy et la dette publique, Jean Jacques Chavigné.

Ce que cache la baisse des impôts de Sarkozy, par Laurent Mann.






- Illustration : http://tropicalboy.canalblog.com

COMMENTAIRES  

19/02/2007 11:56 par vladimir

Le point commun de tous les programmes y compris l’antiliberal est l’acceptation des criteres du traité de Maastricht, a savoir 3% de deficit,la dette la BCE etc. Aucun ne fait le lien entre le NON de 2005 et ses causes inscrites pourtant deja dans le traité de Maastricht.
Nous avons besoin d’autre chose pour sortir du carcan !!!.

Aujourd’hui au nom des regles instituées les etats majors du PS et de l’UMP remettent deja en cause leurs propres promesses avant meme l’election.
Ils ne veulent entendre la demande sociale d’un revenu garanti inconditionnel pour toutes et tous (jeunes,etudiants,chomeurs,precaires,retraités, paysans,independants,taulards,malades, handicapés etc) qui concerne pourtant pres de 10 millions de personnes qui ont un revenu inferieur au SMIG.
Aucun candidat n’est disposé a affronter cette question car elle implique de sortir du féodalisme monétaire,préalable incontournable à une refondation économique, sociale et écologique.
La nation doit pouvoir émettre la monnaie dont elle a besoin, en proportion de son développement.

Et la monnaie qu’elle crée, elle doit pouvoir l’affecter aux projets qu’elle décide pour demain, non pas au paiement de ceux qu’elle se voit imposer, aujourd’hui, impuissante, endettée.

Le droit "régalien" de l’Etat de battre monnaie, les Européens l’ont aboli en 1992. La grande majorité l’a fait sans le savoir : tandis qu’on focalisait les débats sur l’euro, on mettait en jeu la décision de libérer plus que jamais, totalement, ce qui consistue peut-être le plus grand "aspirateur" du régime capitaliste.

http://www.fauxmonnayeurs.org/

le debat sur la dette doit partir de la...

le debat sur la fiscalité doit prendre en compte la necessaire taxation des machines numeriques a l’origine des hausses paralleles de productivité et de chomage.
Ce qui s’appelle remettre le debat sur ses pieds.

 

25/02/2007 12:55 par à -nos-amis

Ouaip ! bien vu ! Remettre l’argent "à sa place", celle d’un moyen et non d’une "fin spéculative et concentrationnaire". Le pousser à circuler au grè des besoins et des investissements, demain est un jour nouveau pour chaque homme qui se lève et qui oeuvre. Bien sùr à évaluer selon quelles modalités et quels équilibres.
En plus l’alternative n’est pas entre un "Sarko" et une "Ségo" : CES DEUX Là‚ NOUS PROMETTENT LA GUERRE ! Comment M Filoche peut-il compter pour néant le mauvais choix PS d’une candidate pro-TCE ? Nous aurions suivi, sans illusions excessives, n’importe quel "Fabius ou Montebourg", mais là , on n’a pas le droit de manipuler les gens et les volontés de cette façon !
Il existe une ALTRNATIVE STRATEGIQUE de centre-gauche, F.Bayrou, que je choisirai ! la seule efficacement possible pour nous sortir des ornières de char de droite ou de gauche !

25/02/2007 16:24 par Anonyme

Bayrou de centre-gauche ? ? ? ?

Il a toujours voté avec l’ UMP, et il n’existe que grâce à .... l’ UMP !

* * *

J’ai repris sur le site de l’assemblée nationale, l’ensemble des scrutins de la présente législature, à partir du 3 juillet 2003 jusqu’au 12 décembre 2006.

Sur 74 scrutins publics relatifs à des projets de loi, François Bayrou a été absent 15 fois et s’est donc exprimé 59 fois. Il a voté pour avec l’UMP 35 fois (59,3%), a voté contre 15 fois (25,4%) et s’est abstenu 9 fois (15,3%).

Sur 9 motions de censure, il a refusé de voter 8 fois et en a voté seulement une fois, ceci le 16 mai 2006.

L’analyse de ses votes depuis le 1er juillet 2005 est significatif : il y a une inflexion vers plus de votes contre, comme s’il y avait préparation d’une posture d’opposant, alors que les votes structurants avaient déjà eu lieu.
En effet depuis donc le 1er juillet 2005, su 21 scrutins publics et 18 présences, il a voté contre 11 fois, pour 6 fois -loi d’orientation agricole, lutte contre le terrorisme, retour et développement de l’emploi, engagement pour le logement, modernisation du dialogue social- et une abstention.

Cela ne donne absolument pas à François Bayrou la légitimité de représenter des aspirations de gauche, et encore moins des positionnements antilibéraux.
Il y a une opération de « tromperie » visant à capter les préoccupations de renouvellement et de changement, largement partagées par les électrices et les électeurs.

Mais cela ne peut se faire sans les contenus et, sur ce plan, François Bayrou est profondément réactionnaire, même avec une vague teinture sociale.

* * *

Ci-dessous quelques uns des votes de Bayrou ces dernières années sur des textes significatifs. Vous pouvez retrouver le détail (comme pour tous les députés) sur le site mon-depute.com en sélectionnant Bayrou. Il n’a ainsi jamais voté contre une seule des lois répressives et il a voté la majorité des lois antisociales. Il a aussi voté pour les lois du lobby agricole et celle du lobby nucléaire.
Par ailleurs en ce qui concerne l’assurance maladie, l’UDF est pour le "panier de soins".

Depuis 2 ans l’UDF a souvent pris l’habitude de se diviser en "trois parties" sensiblement égales au moment des votes. Ainsi quand Bayrou annonce que l’UDF va voter contre un texte de loi présenté par le gouvernement, il faut en fait traduire par 1/3 votera contre, 1/3 pour, et le dernier tiers s’abstiendra : centriste quoi :-P

Mon expérience en les côtoyant à l’AN me les fait ranger dans la catégorie "libéraux pour l’économie" "démocrates chrétiens" pour le social et réactionnaire sur les moeurs !

Je pense que ce sont des vérités qu’il faut dire à toutes celles et ceux qui se laissent charmer par le côté "3ème homme" de Bayrou dans l’élection présidentielle.

Projet de loi, adopté par le Sénat, relatif à la prévention de la délinquance : ABSTENTION

Projet de loi relatif à l’immigration et à l’intégration : ABSTENTION

Projet de loi relatif au retour à l’emploi et au développement de l’emploi : POUR

Projet de loi relatif à la lutte contre le terrorisme et portant dispositions diverses relatives à la sécurité et aux contrôles frontaliers : POUR

Projet de loi d’orientation agricole : POUR

Projet de loi d’orientation pour l’avenir de l’école (dit Loi Fillon) : ABSTENTION

Projet de loi, adopté par le Sénat, de programmation pour la cohésion sociale (dit loi Borloo) : POUR

Projet de loi d’orientation sur l’énergie : POUR

Projet de loi relatif à la formation professionnelle tout au long de la vie et au dialogue social POUR

Projet de loi portant décentralisation en matière de revenu minimum d’insertion et créant un revenu minimum d’activité : POUR

Projet de loi portant réforme des retraites POUR

Projet de loi pour la sécurité intérieure POUR

R.J

25/02/2007 19:21 par à -nos-amis

Et alors ? Je n’ai pas dit que Bayrou n’était pas organiquement de droite, comme une des composantes traditionnelles de celle-ci. De centre gauche ou de centre droit ? Qu’importe, et mon clavier, bien que le kaleïdoscope politique soit toujours mouvant, a peut-être fourché. M Bayrou n’est pas "mon candidat", il est une "position stratégique". Je ne peux pas pardonner à Royal ses pîtreries israëliennes, son appel à l’armée-éducative et, au PS.SFIO, d’être le parti de la guerre. Or Bayrou est en "période de positionnement encore indéfini mais positivement ouvert" sur ces questions. Vous ne ferez pas l’économie de cela, malgré la référence à la sophistication des échanges parlementaires à travers laquelle vous participez directement d’un discours dominant paradoxalement contraignant et trop limité.

M.A

(fautes corrigées, merci)

(Commentaires désactivés)