Retraite des fonctionnaires, de 6 mois à 10 ans...

J.B TRISTAN

La commission « Moreau » sur l’avenir des retraites a évoqué l’hypothèse d’un calcul des pensions des fonctionnaires sur les 10 dernières années. Depuis 2003, les gouvernements de droite ont envisagé de ne plus calculer la retraite des fonctionnaires sur les 6 derniers mois de carrière, afin de baisser de façon importante les pensions du public. Pourtant les pensions des fonctionnaires sont comparables avec celles de l’ensemble des retraités, pour la catégorie C par exemple elle est en moyenne de 1011,66 euros, pour la B de 1404,66 et pour la A de 1947,33. La seule supériorité de la Fonction publique, c’est de connaître une quasi égalité salariale entre femmes et hommes.

Les principales différences viennent du fait que, dans l’Etat, plus de la moitié des nouveaux retraités sont cadres, les enseignants étant nombreux, et les salaires hommes/femmes identiques. C’est cela qui pour l’essentiel explique que les retraites du public sont pour leur montant moyen supérieures à la moyenne du privé, et non pas une prétendue générosité de leurs régimes de retraite.

Chaque régime de retraite a sa logique. Le calcul sur les 6 derniers mois dans le public est l’équivalent du calcul sur les 10 meilleures années dans le privé. Dans le privé les salaires les plus élevés ne sont pas ceux des dernières années car une forte proportion de personnes est en dehors de l’emploi pendant les années qui précèdent la retraite. La justice serait-elle de baisser les retraites des fonctionnaires dans la même proportion qu’ont baissée celles du privé en passant de 10 à 25 ans ? Non, la justice est de revenir aux 10 meilleures années dans le privé, et à 37annuités et demi de cotisation pour tous.

La politique de décrochage du point d’indice par rapport à l’inflation a déjà fait considérablement baisser le niveau des pensions. La pension est calculée sur la rémunération indiciaire du fonctionnaire, hors primes. Faire baisser le point d’indice, c’est faire baisser le niveau de la pension au moment du départ en retraite. Pour de nombreux fonctionnaires leur rémunération est composé pour environ 70% d’un salaire de base additionné de 30% de primes (ce qui permet pour beaucoup d’avoir un salaire convenable) qui ne sont pas comptabilisées dans le calcul de la retraite. Intégrer une part de primes dans ce calcul est aujourd’hui une nécessité objective.

Les débats autour de la réforme des retraites s’organisent autour de deux conceptions. Pour la première, le système de retraite a pour premier objectif de garantir un niveau de revenu aux retraités, en rapport avec leur rémunération d’actif. Pour la deuxième option, le système de retraite a pour premier objectif la garantie de son équilibre financier et par là même la recherche d’une méthode pour baisser les pensions afin d’atteindre cet équilibre. C’est cette deuxième option que préconise la commission « Moreau ». .

Les salaires du privé étant calculés sur les 25 meilleures années, les régimes font une moyenne des salaires, en revalorisant ceux des années précédentes du niveau de l’inflation. Cette revalorisation est inférieure à l’évolution du salaire moyen, ce qui est une des causes principales de la baisse des pensions, à carrière égale, dans le privé. Si on calcule la pension des fonctionnaires sur les 10 dernières années, il devient possible de leur appliquer la même mesure : revaloriser le montant de leur rémunération de référence, de l’inflation ou moins. L’idée est d’introduire un pilotage de l’ensemble des régimes de retraite en baissant si nécessaire un seul paramètre, celui de la revalorisation des salaires de référence (les pensions futures) et des pensions en cours.

Une fois la retraite des fonctionnaires ainsi banalisée, par la référence aux 10 dernières années et la déconnexion du point d’indice, le chemin vers une fusion des régimes de fonctionnaires avec les autres régimes serait largement ouvert aux appétits des assureurs et autres groupes financiers qui rêvent de s’introduire dans ce qui représentent pour eux une véritable manne. Mais au delà du mode de calcul de la pension des fonctionnaires c’est aussi la baisse immédiate des retraites qu’elle entraînerait. C’est donc un gouvernement de gauche qui s’apprête à remettre en cause le régime de retraite de la Fonction publique, et le mode de fixation de son calcul … le nivellement par le bas est le nouveau slogan du PS.

D’après J.B TRISTAN sur Conscience Citoyenne Responsable
http://2ccr.unblog.fr/2013/06/13/retraite-des-fonctionnaires-de-6-mois-a-10ans/

COMMENTAIRES  

16/06/2013 10:11 par calame julia

Les fonctionnaires font carrière !
Les privés lorsqu’il ne s’agit pas d’une période de plein emploi sont sujets au chômage.
Pendant qu’ils travaillent et cotisent, les privés, payent en fonction de leur salaire qui peut
être plus élevé que dans le public. Les années de travail à mi-temps ou autres dénominations
ne sont pas comptabilisée en années mais basées sur l’imbécile tradition du trimestre au gain.
Donc, c’est bien le privé qui paie pour le public. Sans compter tous les autres avantages
divers et variés du fait de l’organisation du mammouth.
Par ailleurs, où est passé tout le pognon ? Qui va me faire croire que cotisant en plein
emploi pendant plus de trente ans et n’ayant payé que quelques retraités d’après-guerre
les caisses soient soudainement vides ?
Qui va pouvoir faire passer cette couleuvre ? Les socialistes au gouvernement ?

16/06/2013 10:47 par legrandsoir

@ Calame Julia
Bravo pour ce commentaire qui oppose le public au privé, c’est-à-dire les pauvres du privé aux pauvres du public !

Vous le faites avec un aplomb qui n’a d’égal que votre méconnaissance du sujet.

Le bouquet est quand vous dites que le privé paie plus parce qu’il gagne plus. Et les cadres supérieurs plus que les profiteurs au RSA, n’est-ce pas ?

Pas le temps de poursuivre aujourd’hui, c’est la fête des pères et je dois aller poser sur mon bureau (et photographier) le porte-crayons en pot de yaourt entouré de raphia accompagné d’un mot charmant : "Mon peti papa cheri, je t’ème, même si té un fongzionère proffiteure".

16/06/2013 16:04 par calame julia

Je m’attendais à plein de réactions sauf à une du LGS ! Comme quoi ?
C’est ce que me disait mon géniteur : demande une place à la Bergerie de France à
Rambouillet au lieu de te fatiguer dans les monts que plus personne ne respecte !
Adressez vous à ceux qui viennent polluer le site et non à des femmes qui perçoivent
déjà 25% de salaire en moins pour élever leurs gosses seules parce que le père
préfère la bibine à la famille.

16/06/2013 18:40 par legrandsoir

Adressez vous à ceux qui viennent polluer le site et non à des femmes qui perçoivent
déjà 25% de salaire en moins pour élever leurs gosses seules parce que le père
préfère la bibine à la famille.

Voila ce qu’il fallait dire : une femme fonctionnaire touche autant qu’un homme fonctionnaire et c’est juste et bon.
Dans le privé, si on continue à monter les exploités contre les fonctionnaires (hommes et femmes) et non contre ceux qui les exploitent, on participe à ce scandale.
D’accord ? Oui ? Bon, alors, on retourne finir le pack de bière avec des meufs rigolotes (imbibées comme nous).

16/06/2013 22:45 par calame julia

T.E.D. : tout est dit !

16/06/2013 22:55 par Dwaabala

C’est redondant mais enfin il faut le dire : toute position qui consiste à opposer entre elles des catégories de la population est cynique quand elle vient d’en haut, et irréfléchie si elle est suivie en bas.
De même que le corollaire évident qui consiste toujours à vouloir aligner salaires, rémunérations, pensions, retraites sur le bas, alors que ce bas doit revendiquer l’alignement sur le haut. Qui lui même doit veiller à défendre ses intérêts en même temps que ceux du bas. Il n’y a pas d’autre stratégie possible, ou alors il faut rejoindre les rangs de ceux qui nous gouvernent, toutes tendances confondues, et nous bourrent le crâne ; sinon, accepter de sombrer dans l’imbécillité.
C’est la vieille farce de la tarte à la crème devant laquelle les « partenaires sociaux » sont placés et qu’il doivent se partager, sans jamais se poser la question : est-ce que parmi ces partenaires il n’y aurait pas celui qui a décidé du poids qu’aurait le gâteau ; et qui garde pour lui de quoi faire des pièces-montées ?

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