11 

Nouvelle-Calédonie : Notre Colonie du Pacifique …

"La colonisation de la Nouvelle-Calédonie fut l’une des pires qu’il y eut au monde." - Rosselène Dousset Leenhardt - Ethnologue (1)

Notre président vient de passer près de trois jours en Nouvelle-Calédonie. Ouvrant officiellement, le samedi 27 août 2011 à Nouméa, les XIVe Jeux du Pacifique qui se termineront le 10 septembre prochain.

Jeux réunissant 22 Etats de la région, essentiellement d’autres îles et archipels. En dépit des bouderies de certains poids-lourds, en termes économiques et politiques, comme Hawaï, ou encore l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Le paradoxe étant de voir Nouméa accueillir des Etats indépendants tout en conservant son statut colonial…

Spoliation, violence et génocide culturel 

Notre Grand Timonier venait aussi prendre la mesure de la situation, dans ce qui représente une de nos principales colonies dans l’hémisphère sud. Survivances de notre défunt empire. Récemment se sont encore produits des évènements violents, entraînant la mort de plusieurs personnes. Revendications, tensions, agitations, y sont en permanence explosives. Malgré les lénifiantes déclarations officielles, pieusement retranscrites par les médias de la propagande. Dans le genre (Agence de Presse Reuters) :

"Visite consensuelle de Nicolas Sarkozy en Nouvelle-Calédonie" …

Car, les révoltes n’ont jamais cessé au coeur de cette nation, magnifique de courage : la Nouvelle-Calédonie, la Kanaky, son nom historique, ancestral, authentique. Tout au long de l’exploitation coloniale française d’une rare sauvagerie, y compris jusqu’à nos jours. D’autant plus implacable et sadique que l’éloignement de la métropole est la garantie de l’étouffement de l’information, dans une complicité médiatique totale (jusqu’aux moteurs de recherche du web qui occultent sites et blogs "indépendantistes" …). Dans l’impunité. On ne pourrait inventorier toutes les violences racistes et parodies de justice l’accablant, depuis que la France s’en est militairement emparé.

Kanaky : morceau de paradis, tombé du Ciel, où l’enfer colonial s’est imposé, incrusté, dans la Bonne Conscience des colons prédateurs …

Un archipel du bout du monde, dans un immense océan, à près de 17.000 kms de la métropole, uniquement peuplé de Mélanésiens, les Kanaks, lors de sa découverte par une expédition de l’explorateur britannique Cook, le 4 septembre 1774. Annexé par la France, sous le vocable "colonie" , 79 ans plus tard : le 24 septembre 1853. Colonie exploitée dans une oppression dont on éprouve de la peine à imaginer, à croire, le niveau d’incroyables souffrances et humiliations infligées aux Kanaks.

Colonie de "peuplement" où la France a envoyé des bagnards, des exilés politiques suite à la répression de la Commune. Puis, de la main-d’oeuvre ’importée’ d’Indonésie, du Vietnam les "chan dang" , des îles polynésiennes de Wallis, et, bien sûr, des "cadres" et autres métropolitains installés à prix d’or. L’essentiel étant de noyer les Kanaks dans un afflux de populations, étrangères à leur terre ancestrale. Pour les réduire à une "minorité" , exclue de l’avenir de son pays.

Dans la spoliation, analogue à celle des "Peaux-Rouges" en Amérique du nord, Amérindiens en Amérique "latine" , Maoris en Nouvelle-Zélande, Aborigènes en Australie. Avec une férocité telle, que même l’Eglise et ses représentants les pères maristes, pourtant fervents de la colonisation, en étaient effrayés :

"… chassés de leurs terres, de leurs villages, de leurs vallées, qu’ils ne cèderaient jamais à prix d’argent, il ne faut pas en douter. Tout en cédant à l’autorité et au mouvement qui les forcent à s’exécuter…" (2).

"… Dans le centre de l’île où de larges territoires ont changé de mains, les mélanésiens sont exsangues. Déportations et cantonnements ont dépeuplé le pays, rompu les réseaux, cassé les dynamiques sociales, brisé les groupes coupés de leur environnement familier.

Ponctuant une succession de révoltes menées un peu partout dans l’île entre 1856 et 1869 et toujours réprimées ou soldées par des dépossessions de terres, l’échec de la grande insurrection généralise, parmi les Kanaks, un découragement suicidaire." (3)

Ces atrocités s’accompagnent de l’enrichissement d’une oligarchie locale, en cheville avec les responsables de l’administration et de l’armée : "… une bourgeoisie d’affaires, même réduite à une poignée de collectionneurs de commerces, de professions libérales, de mines et de stations d’élevage, à travers un processus de captation et d’accumulation de biens auquel la spécificité pionnière confère une rapidité extrême " . (4)

’Rapidité extrême’ ?... En clair : "fabuleuse" . C’est ainsi qu’un colon, Gratien Brun, en 1880 :

"… possède plusieurs stations [fermes d’élevage, NdA] couvrant ensemble 24.000 hectares et contenant 20.000 têtes de bétail." (5)

Kanaks, taillables et corvéables à merci. Avec interdiction de pratiquer leurs langues, une vingtaine dans l’archipel, sous peine d’amendes, de brimades, de sévices…

Dans le mépris raciste absolu (6).

Du nickel plein les poches 

En France, très peu d’informations, encore moins de recherches, de témoignages, de publications, sur ce pan de nos forfaits coloniaux en Kanaky. Il faut, souvent, recourir à des travaux d’universités australiennes ou néo-zélandaises pour avoir des documents, des analyses. Seul le folklore Kanak est, à présent, célébré par l’administration coloniale… Hors folklore : silence !

Des européens courageux ont essayé de dénoncer, d’entraver, pareils comportements. Ils ont tous été la cible d’attaques et de menaces des milieux colonialistes.

Parmi les plus déterminés, citons le missionnaire protestant Maurice Leenhardt (7), ainsi qu’un de ses élèves, Jean Guiart. Ils n’ont cessé de critiquer l’administration, les milieux colons et l’idée même du colonialisme. Unanimement respectés par le peuple Kanak et dans le Pacifique. Luttant aux côtés des Kanaks, dont l’interdiction de se déplacer librement dans leur propre pays n’a été levée qu’en 1946 …

Deux témoignages :

Le premier, antérieur au soulèvement des années 1980, de Rock Pidjot, une des grandes figures de l’indépendance Kanak :
"… C’est un pays où les autochtones, qui représentent la moitié de la population, sont les seuls à ne pas être propriétaires des terres sur lesquelles ils vivent mais où trois gros propriétaires fonciers possèdent le tiers des terres données en concession lors de la colonisation française (90.000 hectares sur 280.000)…
La Nouvelle-Calédonie attend toujours sa décolonisation. Tous les autres pays du Pacifique sont devenus indépendants ou autonomes : Fidji, Samoa, Tonga, Nauru, Nouvelle Guinée. Il n’y a plus que la France qui conserve, sous de nouvelles dénominations, de véritables colonies…" (8)

Le second, de Marc Coulon :
"… Le 9 mai 1985… des commandos armés, menés par Henri Morini, chef du service d’ordre du RPCR [ancienne émanation de l’UMP local, NdA], ont attaqué un paisible meeting Kanak à Nouméa. Cela n’a pas suffi. Une chasse aux Kanaks s’est amplifiée démesurément, pendant des heures, dans plusieurs quartiers de la ville ; la droite déclenchait la guerre ethnique ou plutôt raciste. L’apartheid ne suffisait pas, il leur faut massacrer…
Les razzias des garde-mobiles [gendarmerie, NdA] dans les tribus (offensives à la grenade, attaques des femmes et des enfants, saccages des cases, destructions des matériels et mobiliers, passage à tabac…) ; les arrestations nombreuses et durables des militants politiques et leur séquestration dans des conditions sans rapport avec aucun discours sur les droits de l’homme, l’espionnage public et privé permanent des activités des leaders… " (9)
La "gendarmerie" , considérée comme une armée d’occupation, une milice coloniale au service d’intérêts privés, et non pas d’un Etat républicain, démocratique. Honnie, méprisée, vomie, par le peuple Kanak…

Evidemment, cette féroce répression n’a pas pour finalité la préservation de milliers d’hectares ou la production de tonnes de viande pour le bénéfice d’une poignée de colons racistes. Mais, l’appropriation, la spoliation d’une colossale richesse à l’échelle de la planète.

Car, la Kanaky est fabuleusement riche : elle détient, au minimum, le quart des réserves mondiales de Nickel, non comprises celles qui se trouveraient offshore...

Ressource naturelle exploitée dès 1880 par une société constituée à cet effet, Le Nickel, propriété de la famille Rothschild qui en fit à la fin des années soixante la maison-mère de l’ensemble de ses sociétés minières, la locomotive de son pôle minier… (10) Après une multitude de tribulations boursières et juridiques, inévitables changements d’actionnaires et restructurations, cette richesse est actuellement exploitée par le groupe français "Eramet" . Dont le siège se trouve, non pas en Nouvelle-Calédonie, mais dans la Tour Montparnasse, à Paris. (11)

Ce groupe, organisé en plusieurs filiales, revendique ainsi les titres de 6ème producteur mondial de nickel, et 2ème producteur mondial de ferronickel, alliage utilisé dans l’élaboration des aciers inoxydables, et 1er producteur mondial de chlorure de nickel. Le marché des "aciers inoxydables et alliages" représentant 85% de son chiffre d’affaires, en 2010. (12)

Le monde étant petit, il n’est pas inintéressant de noter qu’Eramet dans ses actions de diversification a conclu des accords de partenariat avec le groupe Bolloré qui a affiché ses ambitions dans la construction de la voiture électrique. En février 2009, pour : «  … l’extraction et la transformation de lithium pour la fabrication de batteries électriques rechargeables pour l’automobile ». En février 2010, pour : «  … l’exploration assortie d’une option d’achat portant sur des gisements de lithium avec la société argentine Minera Santa Rita ». (13)

Les opérations d’extraction du minerai (garniérites) en Nouvelle-Calédonie, avec 5 centres miniers situés dans le Nord et le Sud de l’Ile, s’effectuent sous couvert d’une filiale qui a pour nom Le Nickel-SLN. Avec une usine de transformation du minerai en ferronickel dans l’usine métallurgique de Doniambo, à proximité de Nouméa (80%). Le reste (20 %) est transformé en France, à la raffinerie de Sandouville, sous forme d’une matte de nickel.

Curieuse configuration que l’actionnariat d’Eramet, suite à une rocambolesque jonglerie qui fait le charme subtil du Libéralisme Economique : aux côtés d’actionnaires et "porteurs" d’actions privés, l’Etat français se réserve 27,37 % des actions (dont Areva 26%), la part de la Nouvelle-Calédonie ou Kanaky [les 3 provinces regroupées dans une STCPI] se trouvant réduite à 4,16 %. (14) Autrement dit, la nation Kanak dont le nickel est à la source de la fortune de ce qui est devenu au fil du temps le groupe Eramet, avec ses cascades d’actionnaires et de filiales, doit se satisfaire d’un bol de pois-chiches… 

Apartheid et révoltes 

La nation Kanak, spoliée de ses terres et ressources naturelles, niée dans son droit à l’autodétermination, marginalisée dans sa représentation aux postes de responsabilité (administration, enseignement, professions libérales, directions d’entreprises, etc.), maintenue dans la pauvreté, la précarité, l’humiliation, refuse de se voir folklorisée dans des "réserves" ou des parcs nationaux pour touristes, de voir sa jeunesse sombrer dans le chômage, l’alcoolisme, la drogue, la délinquance.

Autorisant la puissance coloniale à toutes les répressions et les justifications racistes. La population carcérale est actuellement de 200%, le gouvernement français planifiant, dans sa stratégie visionnaire, la construction de nouveaux centres pénitentiaires et une augmentation des effectifs de police…

Alors, la révolte ne cesse pas et jamais ne cessera face à ce qui est, dans les faits, un abject apartheid destiné à maintenir la suprématie des colons européens.

Un évènement a marqué l’histoire récente, déformé, caricaturé et enseveli par les médias de la désinformation :

Le 5 mai 1988, des troupes spéciales françaises (15) donnent l’assaut à une grotte, dans l’île d’Ouvéa (16), où s’étaient retranchés des indépendantistes Kanaks, avec des gendarmes pris en otages. Point culminant de troubles qui avaient mené le pays au bord d’une guerre civile entre des colons, avec leurs auxiliaires, et des résistants d’origine Kanak. (17)

Les otages sont libérés. Mais les 19 indépendantistes sont tués, plusieurs "… après la prise de la grotte dans des circonstances déshonorantes pour l’armée française (18)" . Michel Rocard, dans une déclaration, dénonce l’assassinat de deux indépendantistes blessés :

"… J’ai honte aussi quand deux militaires ont achevé à coups de crosse deux preneurs d’otage à Ouvéa."

D’après des témoins, beaucoup plus : sommairement exécutés, ou achevés pour les blessés. Dont Alphonse Dianou, qu’on retrouvera le visage défoncé et les pansements arrachés.

Le 26 juin 1988, sont signés les accords de Matignon, mettant un terme provisoire aux déchirements que vit cette colonie. Accord signé grâce à l’influence modératrice du leader indépendantiste, Jean-Marie Tjibaou (19). Un référendum d’autodétermination est prévu "à partir de 2014" … Ce qui, en fait, ne veut rien dire. 

Méconnu en France, où la propagande coloniale censure dans ses médias le discours et la présence d’une telle personnalité, il est considéré dans la région du Pacifique (20), comme une immense figure historique. Par son intelligence, sa sagesse, sa détermination, dans la grande lignée des Gandhi ou des Martin Luther King. De ceux qui ont su redonner la dignité à leur peuple et exiger le respect de leur identité, dans l’humanité à l’égard des autres.

Evidemment… Un an plus tard Jean-Marie Tjibaou est assassiné, avec son adjoint à la direction du parti indépendantiste FLNKS, Yeiwéné. Il s’y attendait.

Plusieurs de ses lieutenants avaient été tués par des snipers de la gendarmerie, Eloi Machoro (21) et Marcel Nannoro, pour ne citer que les plus connus. Deux de ses frères avaient été assassinés, en 1984, avec huit autres Kanaks, dans une embuscade tendue par des colons. Brûlés vifs, encore blessés, dans leurs voitures, criblées de balles. Le tristement célèbre, dans la région Pacifique, massacre d’Hienghène. En dialecte local, Hienghène : "Pleurer en marchant" …

Tous les assassins ont été acquittés pour "légitime défense" , à la suite d’un simulacre de procès, en 1987, analogue à ceux de l’Alabama, de l’Arkansas ou d’autres Etats racistes des USA, du temps de la ségrégation raciale. Tous les membres du Jury étaient des colons, les sinistres "caldoches" , qui ne dépareraient pas dans une assemblée du Ku-Klux-Klan. Il n’y a pas de juge ou d’avocat Kanaks, en Kanaky…

Son pressentiment s’est réalisé le 4 mai 1989. Une balle en pleine tête, tirée par un Kanak, à bout portant, lors d’une commémoration du massacre d’Ouvéa. Comme souvent dans ce genre d’opérations, l’assassin est immédiatement abattu, sans sommation, par un policier présent. Pas d’enquête, pas de procès. Affaire classée...

Le référendum est ainsi repoussé en 2018, par les Accords de Nouméa du 4 mai 1998. Le temps, pour la puissance coloniale, de s’assurer une majorité contre l’indépendance, par un basculement démographique. Schéma classique, que les USA ont pratiqué dans l’archipel d’Hawaii.

Certains hommes politiques français ont le courage d’avoir honte. Ils sont très rares. Combien ont souscrit aux propos de Michel Rocard ? Il avait découvert, il est vrai, le "Dossier Néo-Calédonien" dans tous ses "détails" , en tant que premier ministre lors de la présidence Mitterrand. Choqué, atterré, il s’était démarqué du cynisme colonial par cette volonté de contrition :

"… La France a fait des choses dont j’ai honte. Quand l’armée chassait les tribus de la mer [surnom des Mélanésiens, NdA] à coups de fusil pour faire place aux colons. le grand-père de Jean-Marie Tjibaou a couru comme ça en portant un enfant de quatre ans. A côté de lui, un proche est tombé d’une balle dans le dos…"

Mais, la honte ne change pas grand-chose… L’exploitation, la répression continuent, se perpétuent, dans l’autosatisfaction et l’hypocrisie. Au mépris des principes élémentaires d’une république dite démocratique et civilisée….

Parmi les infamies les plus marquantes de ces dernières années : le 16 janvier 2008. Une manifestation pacifique de militants syndicaux de l’USTKE (Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et des Exploités), salariés de l’entreprise de transport en commun Carsud, en conflit avec leur direction (groupe Veolia), est réprimée, avec une violence féroce, par la gendarmerie mobile. (22)

On dénombre 20 blessés, dont cinq grièvement. A cela, s’ajoute arrestations et emprisonnements préventifs, en attente d’un jugement par le tribunal correctionnel de Nouméa. Le 21 avril 2008, ce tribunal rend son jugement : 23 de ces syndicalistes sont condamnés à des peines de prison ferme, allant de 1 mois à 1 an, associées à une privation des droits civiques pendant 3 ans pour les responsable syndicaux…

Dernièrement : le 8 août 2011. Oui, le mois dernier. Gravissime évènement, totalement étouffé dans nos médias, dans le mensonge. L’île de Mare (Nengone en Kanak), à une demie heure de vol de Nouméa, 4 morts et 30 blessés dans un conflit avec la société de transport aérien desservant l’archipel, Aircal (Air Calédonie). Devant une augmentation des tarifs inacceptable pour les insulaires, un collectif des usagers et des travailleurs des îles de Nengone (Mare), Drehu, Iaai, et Kunie, occupe pacifiquement piste et aéroport de l’île.

Une milice patronale, coloniale pour être sociologiquement plus précis, comme il y en a tant en Kanaky, surgit, attaque, mitraille, pour tuer et terroriser. Orgie sanguinaire, d’une implacable cruauté. S’évanouissant dans la nature et provoquant l’envoi aéroporté des forces de l’ordre. En Kanaky, on ne discute pas : on tire dans le tas… Inévitablement, parfaitement rodée, la propagande prend le relais pour désinformer : guerre tribale, règlement de comptes clanique, etc. (23)

Sous-entendu : «  Que voulez-vous chez ces sauvages… Ils se complaisent dans le sous-développement… Passant leur temps à se battre entre eux… Heureusement que nous sommes là … »

Ne noyons pas notre tête dans le sable : un massacre organisé de 4 tués et 30 blessés dans une petite île, est l’équivalent de 4.000 tués et 30.000 blessés à la dimension d’un pays. Un crime contre l’humanité. Les responsables, commanditaires, qui organisent, cautionnent, couvrent, l’action de ces milices ou escadrons de la mort, similaires à ceux qui sévissent en Colombie et autres pays d’Amérique latine, méritent le Tribunal de La Haye.

Kanaky : symbole du pillage colonial, de la sauvagerie prédatrice, de la terreur raciste, de l’impunité criminelle.

En visite au Québec, à Montréal en 1967, le général de Gaulle avait eu le courage, l’audace, de crier devant micros et caméras : «  Vive le Québec Libre ! ». A Nouméa en vain, j’ai attendu, espéré, rêvé, un même élan chevaleresque, Don Quichotesque. Sarkozy, bras levés, pin de l’OTAN à la boutonnière, épingle à cravate siglée ONU, charismatique de panache, christique de grandeur d’âme, rugir face à la foule : «  Vive la Libye Kanaky Libre ! »…

Georges STANECHY

(1) In Le Dossier Calédonien, Jean-Paul Besset, Cahiers Libres, La Découverte, 1988, p. 75.

(2) Deckker, Paul & al., ouvrage collectif, Le Peuplement du Pacifique et de la Nouvelle-Calédonie au XIX° siècle - Condamnés, colons, convicts, chan dang, Actes du Colloque Universitaire International, publiés sous la direction de Paul de Deckker, Editions l’Harmattan, 1994, p. 318.

(3) Soussol, Alain, Université de Montpellier, in Paul de Deckker, (Op. Cit.), p. 362.

(4) In Paul de Deckker, (Op. Cit.), p. 363.

(5) In Paul de Deckker, (Op. Cit.), p. 365.

(6) Guiart, Jean, La Terre est le sang des Morts - La Confrontation entre Blancs et Noirs dans le pacifique sud français, Editions Anthropos, 1983.

(7) Clifford, James, Maurice Leenhardt - Personne et Mythe en Nouvelle-Calédonie, Editions Jean-Michel Place, 1987.

(8) Rollat Alain, Tjibaou le Kanak, (Op. Cit.), p. 149.

(9) Coulon, Marc, L’Irruption Kanak - de Calédonie à Kanaky, Messidor Editions Sociales, 1985 p. 219.

(10) Cf. : Histoire et évolution de la société sur le site officiel : http://www.eramet.fr/fr/Site/Template/T1.aspx?SELECTID=47&ID=54

(11) ERAMET Nickel - Tour Maine Montparnasse - 33, avenue du Maine - 75755 PARIS - Cedex 15 - Tel. : 33 1 45 38 42 00 - 33 1 45 38 73 48

(12) Cf. : Nos activités - Nickel : Chiffres clés - Chiffre d’affaires par marché en 2010 : http://www.eramet.fr/fr/PRODUCTION_GALLERY_CONTENT/DOCUMENTS/Nickel_In_Society_FR.pdf & Rapport Annuel 2010 (téléchargeable), notamment p. 3.

(13) Nos activités, Op. & site Cit.

(14) STCPI : Société Territoriale Calédonienne de Participation Industrielle

(15) Plenel, Edwy et Rollat, Alain, Mourir à Ouvéa - Le Tournant Calédonien, La Découverte, 1988.

(16) Picard, Gilles, L’affaire d’Ouvéa, Editions du Rocher, 1988.

Exemple emblématique de l’ouvrage de désinformation et de propagande, destiné à discréditer l’aspiration à l’indépendance d’un peuple. La presse de l’époque reprenait, dans sa majorité, les mêmes clichés pour anesthésier l’opinion publique métropolitaine. Avec, face à des "barbares" , "l’élite de l’élite de l’armée" représentant la défense de la civilisation, sans craindre boursouflure et ridicule :

 "… les muscles des maxillaires se sont contractés…" (p. 94).

(17) Face à la censure du débat, en France, sur la situation coloniale en Nouvelle-Calédonie, saluons le courage de Mathieu Kassovitz pour avoir réalisé un film sur l’affaire d’Ouvéa. Dans les pires difficultés. Notamment : refus de l’armée et de l’administration de collaborer. Sortie prévue : le 16 novembre 2011. Le titre du film est en soi tout un programme : «  L’Ordre et la Morale ».

(18) Spencer, Michael & al., Nouvelle-Calédonie - Essai sur le Nationalisme et la Dépendance, Editions L’Harmattan, 1987. p. 299.

(19) Rollat, Alain, Tjibaou le Kanak, Editions La Manufacture, 1989.

(20) Cf. Michael Spencer (Op. Cit.).

Le rôle et l’influence de Jean-Marie Tjibaou, en Kanaky et dans le Pacifique, systématiquement occultés par la propagande française (il n’est même pas cité dans l’article français de Wikipedia sur la Nouvelle-Calédonie !…), sont unanimement reconnus chez les chercheurs et responsables de la région Pacifique, notamment anglo-saxons, y compris en Australie et en Nouvelle-Zélande…

(21) La stèle, commémorant ce crime d’Etat, porte comme mention :

" Eloi Machoro, combattant de la liberté, victime de l’ordre colonial d’Etat français, assassiné le 12 janvier 1985 " .

(22) Le groupe Veolia, une fois de plus, fait étalage de son constant souci éthique dans le respect des droits de l’homme et de la dignité humaine… 

(23) Cf. : communiqué de l’UGTG sur cette tuerie coloniale : Guadeloupe-Kanaky même combat, http://ugtg.org/article_1557.html & http://www.internationalistes13.org/article-guadeloupe-kanaky-meme-combat-communique-de-l-ugtg-81091710.html 

Illustrations :

Drapeau de la nation Kanak

Photo de Jean-Marie Tjibaou

NdA : Note de l’Auteur du billet

N.B. Ce texte est l’actualisation d’un billet paru le 29 mai 2008, intitulé Kanaky : Colonie de l’Oubli

COMMENTAIRES  

04/09/2011 00:48 par williamoff

"La population carcérale est actuellement de 200%..."
Cette affirmation me laisse très perplexe,....??????

04/09/2011 08:48 par l'ami cahouette

C’est clair la Nouvelle-Caledonie n’est pas un paradis.Cependant je trouve que l’auteur de l’article a un vrai parti pris.Lorsque l’auteur parle des "terribles" caldoches,par exemple.Il y a beaucoup a redire sur certains points.Beaucoup de residents en NC ne peuvent pas voter aux elections locales et ne pourront pas le faire pour le futur referundum.
En cas d’independance,on les met ou les caldoches(+walisiens/futunais,polynesiens,metros/zoreilles,vietnamiens,indonesiens,pokens,etc..) ?A la mer ?
Vous savez ce qui arrive quand un petit pays a autant de ressources minieres ?
Je vous laisse deviner,et pas besoin d’aller en Irak ou en libye pour le savoir,juste un petit tour au Timor oriental,ou en Papouasie nouvelle Guinee.
Il faut que les residents composent entres-eux,le statut de la Nouvelle-caledonie est un moindre mal.C’est triste mais c’est ainsi.

04/09/2011 15:35 par Torsade de Pointes

Wiliarmoff :

"La population carcérale est actuellement de 200%..."
Cette affirmation me laisse très perplexe,.... ??????

Il faut sans doute comprendre ceci : la population carcérale s’élève au double de la capacité d’accueil actuelle de l’ensemble des prisons néo-calédoniennes.

17/09/2011 06:26 par Pardi

Mensonges en série.

Reprendre point par point serait trop long, mais il s’agit là d’un tissu de mensonges (volontaires ou non) et de faits déformés et/ou sortis de leurs contextes.
Le tout, totalement irresponsable.

L’exemple le plus marquant : les événements d’Ouvéa

M. Stanechy « oublie » de préciser que l’origine de ces faits tragiques est l’assassinat prémédité de 4 gendarmes en poste à Ouvéa. Ils ont été massacrés dans la gendarmerie, sans méfiance préalable car leurs assassins, Kanaks, qu’ils connaissaient et avec qui ils entretenaient des relations cordiales, sont entrés et ont agi sans le moindre signe avant-coureur.
Un détail certainement négligeable, aux yeux de M. Stanechy ...

Il suffit de consulter les ouvrages qu’il cite lui-même en référence.
Egalement ici, entre autres => http://fr.wikipedia.org/wiki/Prise_d ’otages_d’Ouvéa
(supprimer l’espace entre le d et ’otages)

Pire encore, ce monsieur écrit plus loin en parlant de Maré :
« un massacre organisé de 4 tués et 30 blessés dans une petite île, est l’équivalent de 4.000 tués et 30.000 blessés à la dimension d’un pays. Un crime contre l’humanité. Les responsables, commanditaires, qui organisent, cautionnent, couvrent, l’action de ces milices ou escadrons de la mort, similaires à ceux qui sévissent en Colombie et autres pays d’Amérique latine, méritent le Tribunal de La Haye. »

Eh oui, 4 morts à Ouvéa.
Mais ce n’était « que » des gendarmes français, donc le silence sous lequel M. Stanechy les a enterrés signifie sans doute que leurs vies n’avaient pas la même valeur que celles des Kanaks qui ont été tués plus tard lors de l’assaut.

L’exemple le plus récent cité : les événements de Maré.

Ces affrontements ont été 100% entre Kanaks, entre 2 clans vivant sur l’île et que divisent depuis longtemps un litige foncier jamais résolu.
Pas un Caldoche, pas un Zoreille, rien que des Kanaks entre eux. Qui bien sûr ont finalement appelé les forces de l’ordre au secours quand ils ont vu à quel point la situation dérapait.

Ce sont des propos comme ceux-ci qui ont apporté (et apportent encore) le trouble dans ce Territoire.

Des injustices ont certes été commises au temps de la colonisation, mais aujourd’hui, rien de pire ne pourraient arriver aux Kanaks que de quitter le giron de la République Française. Car c’est elle qui pourvoit à tous leur besoins et il faut tout de même être bien conscients qu’ils n’envisagent pas un instant revivre selon leurs coutumes ancestrales !

Pour la plupart, l’indépendance signifie :
- le départ de toutes les autres ethnies, les Blancs en premier, (accompagnés de coups de sabres d’abattis pour les récalcitrants) ;
- la récupération de tous leurs biens (fonciers, immobiliers, mobiliers, etc.) ;
- tout en continuant bien sûr à jouir du chômage, de l’éducation, les soins gratuits, les allocations familiales, l’aide au logement, l’électricité, l’eau courante, le téléphone, internet, etc.
- l’argent du nickel tombant directement dans leurs poches.

Pourtant, les tristes exemples ne manquent pas parmi tous les états indépendants du Pacifique : les seuls qui s’en sortent sont la Nouvelle-Zélande (dirigée par des descendants de colons) et l’Australie (pareil).
Les autres survivent misérablement, des républiques bananières dans toutes leur splendeur, dans lesquelles des dirigeants sont rois et où le peuple tire la langue.

Alors soutenir des causes dont on ne connaît ni les tenants ni les aboutissants est un exercice dangereux et je suggèrerais à M. Stanechy de faire preuve d’un peu plus de discernement quand il discourt sur des sujets aussi sensibles.

P.S. je ne sais pas si ce commentaire sera publié, car la contradiction n’est pas toujours tolérée, mais au moins j’aurais essayé d’apporter un autre éclairage sur notre pauvre Caillou diffamé.

17/09/2011 09:10 par legrandsoir

car la contradiction n’est pas toujours tolérée

...et vous êtes qui pour nous dire ça ?

17/09/2011 09:49 par Pardi

Ne vous sentez pas visés, mon propos était d’ordre général : c’est la 1ère fois que j’écris ici et je sais d’expérience qu’il est de nombreux sites où les commentaires contraires aux articles diffusés sont tout simplement ignorés.

Apparemment, vous n’êtes pas de ceux-là , je suis heureux de le constater et je vous en félicite de bon coeur ! :-)

17/09/2011 10:24 par legrandsoir

je sais d’expérience qu’il est de nombreux sites où les commentaires contraires aux articles diffusés sont tout simplement ignorés

Nous ne sommes pas des anges, non plus... Voir les restrictions annoncées dans la colonne de droite lorsque vous saisissez un commentaire.

17/09/2011 10:46 par Pardi

Oui, j’avais vu ces restrictions et j’ai d’ailleurs veillé à rester « dans les cordes », d’autant qu’elles me paraissent justifiées, mais parfois certains s’en servent comme prétexte pour zapper ceux qui pensent différemment.

Pas ici et c’est appréciable. :-)

16/10/2012 08:01 par Xavier

J’adore la notion d’aparthied citée dans l’article. Si vous vous renseignez un peu, les kanak ont ici plus de droits (discrimination positive à l’embauche, terres inaliénables/insaisissables) que les caldoches et bien plus que lez zoreilles. Alors l’apartheid...
L’article parle aussi d’une prison surchargée, et je le rejoint au moins sur ce point, et dit qu’il est insensé d’en construire une autre, la je ne suis plus. Surtout sur une ile ou la croissance démographique est importante. Il est donc aussi logique qu’il y ai plus de policiers. Qui sont d’ailleurs en polychromes (blanc, kanak, metis).
Ouvéa, un post précédent en parle deja. L’auteur semble dire que le massacre des gendarmes serait " l’histoire récente, déformé, caricaturé et enseveli par les médias de la désinformation". Les familles apprécieront.
" Le temps, pour la puissance coloniale, de s’assurer une majorité contre l’indépendance, par un basculement démographique."
Vu le gel des listes électorales et le taux de fécondité kanak largement superieur au caldoches, C’est mensonger.
Il serait plus vrai de parler de laisser le métissage se faire et le lavage de cerveau par la télé occidentalo/hollywoodienne qui importe de nouveaux codes. Suffit de voir les jeunes kanak habillés façon gangsta par 35 degré avec des bonnet en laine.
Les manifestation pacifiques USTKE... L’auteur n’a pas du les croiser dans la rue. Pacifiques.... ouai...
Pour les événements de Maré... Sérieusement... Le grand chef hnaisselin un chef de milice coloniale et patronale. Lui l’ancien ruban rouge. Ca me ferait marrer que vous lui disiez ça en face. Bref de la désinformation pure. L’auteur devrait visiter l’ile de maré. Il me dira combien il y a des blancs la bas.
Pour ce qui est du prix des billets d’avion... Le tarif est tellement faible pour les insulaires que la compagnie effectue les trajets à perte est est sous perfusion de la province pour survivre. Alors faut voir à relativiser.
Cette article comporte beaucoup de vérités, mais il y a des gros mensonges (les escadrons de la mort du chef naisselin lol). Malgré le bon fond, il reste grotesque. Quand on accuse les médias de mensonge, il faut au moins avoir l’honnêteté d’argumenter. Dire que des escadrons de la mort on frappé à maré et que ce n’était pas des problemes tribaux alors que même les chefs de tribus le disent, sans apporter aucun element (si ce n’est un lien bidon avec un texte non argumenté écrit par un mec à 20 000 km des événement), c’est léger, voir carrément malhonnete.
Les cinq kanak qui sont morts dans une voiture lancée à 160 km en ville, c’était aussi un escadron de la mort et les médias ont mentis. Trop facile.
si "Informer n’est pas une liberté pour la presse mais un devoir" , ce serait un devoir de vérifier ses sources et publier des correctifs quand on se rend compte que l’on a dit une bêtise. Être partisan c’est bien, mais la réalité est suffisamment moche pour pas avoir à raconter de sornettes.

16/10/2012 08:29 par legrandsoir

Le contradicteur est nouveau ici. Alors, on le publie malgré son ton et les mots superfétatoires dans son texte : "mensonges, mensonger, malhonnête, grotesque, sornettes, bêtises"..."
Chaque article sur un pays peut donner lieu à un contre-article, voire à plusieurs. C’est l’exposé de points de vue différents, d’opinions différentes qui intéresse ici. Pas les échanges de baffes entre lecteurs.
Xavier est le bienvenu sur LGS, mais la prochaine fois, il y aura une petite fouille à l’entrée...

29/05/2015 11:04 par david

Bonjour,

il y a clairement un parti pris et une expression me vient à l’esprit : " se voiler la face". Autant en faire de même, et présenter un autre point de vue. Je pourrai chercher des sources et les citer plus tard, car il y en a peu qui présentent les faits historiques sans parti pris ou très peu et ce message me prends déjà beaucoup de temps et je me surprend de répondre à la provocation..par la provocation. Ce n’est pas louable mais pour une fois, cela va me faire du bien car je ne lie que des inepties depuis bien trop longtemps.

Depuis des décennies, il y a eu des documentaires en France (j’en ai vu et suivis), des récits historiques, qui présentaient le passé des calédoniens centré sur les kanaks avec comme orientation, non pas une vision objective des faits qui se sont réellement déroulés, mais un regard clairement influencé par une époque qui se dit libre d’opinion, objective et ouverte, que pour mieux présenter en réalité des sujets médiatiques " dans l’air du temps". C’est-à-dire qui vont toucher le citoyen métropolitain (donc se vendre facilement), habitué à une vie sociale où des manifestations se déroulent régulièrement sur des sujets qui visent à plaindre et intégrer des exilés ou des exclus.

Comment ne pas présenter dans ce cas là les kanaks comme des martyres des temps modernes ? Une raison d’autant plus logique que si l’on se bat pour l’intégration d’étrangers, comment ne pas prendre en pitié des exclus d’une ancienne colonie française ?

Lorsque des propos dénigrant voir dégradant se tiennent, les calédoniens, descendant de colons, sont vus tantôt comme des rebelles qui se plaignent, tantôt comme des bourgeois qui profitent du système ou comme des anciens bourreaux envoyés par la métropole. Les uns qui jugent avant de tout connaître, et les autres qui accusent pour mieux se disculper, s’accordent au moins sur une chose : ces colons et leurs descendants étaient des beaux-diables, profitant de leur condition pour asseoir leur position !

Certains l’ont fait et je le déplore mais beaucoup ont dû trimer toute leur vie durant et ont vu leurs terres être pillées, volée pour éviter d’être eux-même massacrés.
Mais encore là, il s’agit d’un abus de langage pour le pauvre mélanésien, ces terres leurs appartenaient à l’origine ! Ils n’ont fait que les reprendre...parfois dans le sang et souvent dans la violence, qu’elle soit verbale ou physique.

Je peux le dire sans sourciller, car je connais personnellement une famille qui l’a vécue, pour avoir défendu leurs bien, ils ont dû payer le prix fort, celui du sang. Pour des raisons de préservation de leurs descendants actuel et au vu du climat politique encore tendus, je préfère taire le nom.

D’autres sont mentionnés rapidement dans certains récits historiques, souvent des familles commerçantes. L’idée était que les relations commerciales dans le nord étaient peut-être tendues, voir injustes pour les mélanésiens. Pourquoi s’étonner dès lors que des règlements de compte à la massue et au sabre d’abatis ou au fusil se soient déroulés ? Quoi de plus normal pour remettre les compteurs à zéro ?

Mais j’oublie ces gendarmes, parfois pris de court et par surprise et dont on a tu les témoignages car l’époque politique était sensible. Il est vrai qu’à ce moment là, notre bon président, Monsieur Mitterrand, devait veiller à ses affaires..

Aujourd’hui, il y a un gel électoral pour la majeure partie des populations calédoniennes (métropolitains, calédoniens nés sur le territoire depuis 1988 et après, contant parmi eux des asiatiques, des polynésiens et autres..), des textes déjà scandaleux et marqués noir sur blanc par les politiques actuels. Non content de cette aberration, ces textes ont été durcis de sorte à être plus restrictifs, menaçant même les calédoniens descendants des premières familles calédoniennes. En effet, ces derniers doivent prouver leur légitimité pour voter tandis que tous les droits coutumiers (les kanaks) sont inscrits d’office ainsi que ceux qui ont votés positivement aux accord de Nouméa de 1998 (orienté et prévoyant l’indépendance du pays). Ce brouillon que l’on nome, projet de loi organique relatif à la consultation pour l’accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté, a vu des passages écrits très explicites être repris à l’oral de façon plus adoucie par Mme Pau-Langevin lors d’un communiqué de presse qui s’est déroulé deux jours après. L’excuse de ces décisions ? donner une chance aux kanaks de remporter ces élections...donc on supprime le droit de vote de tous les non-kanaks, ou presque !

Mais bon, qu’y faire, le processus est en marche et semble inévitable. Penchant-nous donc un instant sur cette glorieuse indépendance qui se dessine..

Sur le plan de la défense territoriale :
La Nouvelle-Calédonie est une île située à 22 000 km de la France, le pays auquel elle est rattachée, qui la protège et se doit de veiller à son développement, car d’un point de vue de défense stratégique, cette île ne peut compter que sur ses effectifs humains, quelques chars et probablement de rares navires. Pas d’armes nucléaires. Pas de liens militaires avec l’Australie, qui est pourtant juste à côté.
Dernièrement, Monsieur Chauchat Mathias, a gentiment énoncé comme exemple les îles Cook afin de faire passer l’idée qu’une île puisse être raccordée à un pays sur le plan de la défense tout en étant souveraine sur tous les autres plans. Parlons-en. Les îles Cook sont situées à 2000 km environ de la Nouvelle-Zélande. Cette dernière ne possède pas l’arme nucléaire du fait de sa politique agressive contre le nucléaire, ce qui lui a valu d’être doucement rejetée par les Etats-Unis. Forte de ses 10 000 hommes et de ses chars vétustes, d’une flotte, pour se protéger et protéger donc les îles Cook, la NZ a tenté depuis quelques temps de se rapprocher de l’Australie, qui l’a diplomatiquement remise à sa place en disant que la Nouvelle-Zélande devait faire des efforts.
Magnifique exemple à suivre, car rassurant, non ? Heureusement que cette bonne vieille NZ n’est pas actuellement menacée..

Parlons du développement économique de la Nouvelle-Calédonie, l’économie est centrée sur le Nickel, puis sur le tourisme..viens ensuite le reste (pêche,etc...) en faible proportion. Aucune industrie de transformation, que des exportations de matières premières..et des importations sur tout le reste (automobile, matériel électronique et informatique..)
C’est intéressant, en effet, que de constater que bien que développant son activité minière, la NC n’exporte que les minerais extraits (Nickel, Cobalt...) de quoi faire pourtant des alliages...mais non, juste les minerais !
Autre exemple qui m’a beaucoup amusé, l’élevage de Bovins. On énonce souvent l’île comme pourvue de vastes pâturages propices à l’élevage et l’agriculture. La Nouvelle-Calédonie importe, entre autres choses...son lait !!!
(là je dois dire que je n’ai pas pu m’empêcher de sourire)
Considérant le marché du Nickel, nous ne somme pas les seuls, si le cours du Nickel baisse, ce marché ne nous aidera pas à maintenir le niveau de vie, ce dernier sera forcément fluctuant.
Considérant le marché d’exportation des autres ressources naturelles ; une revue scientifique (Barnosky et al 2011) pose la question Est-ce que la sixième extinction de masse de la Terre est déjà arrivée (en anglais, de son titre original, " Has the Earth’s sixth mass extinction already arrived ?") L’auteur nous donne quand même quelques siècles et est légèrement plus optimiste qu’un collègue pris nobel australien Frank Fenner..lui, nous donne 100 ans..
Avec l’exemple actuel de l’île Maurice qui est s’enfoncée dans la mer et les récents tsunamis..si la Nouvelle-Calédonie est pour l’instant épargnée grâce à sa position et à sa barrière de récif, qu’en sera-t-il dans l’avenir plus ou moins proche ?
On parle ici de scénarios catastrophes visant la Calédonie qui ne se sont pas encore déroulés, soit. Considérons un instant les préoccupations calédoniennes actuelles : avec les feux de brousses qui ont lieux quotidiennement durant la saison sêche, des scientifiques ont tiré la sonnette d’alarme vis à vis des espèces endémiques qui pourraient disparaître si l’on n’y prêter pas garde. J’ai moi-même eu l’occasion d’en voir un, un jour que je redescendais de Tomo vers Nouméa, et les dégâts que cela avait occasionné.

Mais je suis cynique ; -1 / 20 pour moi !! Parlons des mesures politiques et sociales qui oeuvrent à développer la Nouvelle-Calédonie dans une magnifique et poétique vue de partage et d’égalité.
"L’avenir ensemble" , BEAUTIFUL CONCEPT, j’ai envie de dire..il y a aussi " la Calédonie dans la France" là , c’est un peu plus ambigüe, ils sont forts ces politiques quand même !! (psst...ça veut dire Calédonie indépendante sur tous les plans, mais merci à la France d’être là pour nous protéger et donner éventuellement de l’argent de poche si on a du mal..)
C’est vrai que c’est une magnifique preuve de partage et d’égalité lorsque l’on voit la politique d’insertion professionnelle et du gel électoral mises en place ces dernières années.

Mais je dénonce, je dénonce et crie au loup en désignant mes compatriotes indépendantistes. Mauvaise langue vous dis-je et me dira-t-on ? Je dois reconnaître que les partis indépendantistes ont eu la bonne initiative de faire en sorte de développer le Nord avec l’usine, que cette idée et la réalisation du projet ait été soufflée ou non.
Seul hic, ce sont les canadiens qui ont posé le pied à terre.
Dernièrement, la Chine a racheté une firme pétrolière canadienne, on peut juste espérer qu’elle ne se mette pas à racheter les firmes d’extraction minière...car à la veille de l’indépendance ça présagera de futures belles promesses d’avenir pour l’île !!
Mais qu’ont fait les partis loyalistes pendant ce temps ? RIEN..ceux-là sont mes champions !! Heureusement qu’ils se battent pour nous représenter et pour nous assurer à tous un avenir meilleurs...

Mais encore une fois, je suis mauvaise langue, ils se sont réveillés pour cette histoire du gel électoral depuis qu’ils ont vu que le front national faisaient de plus en plus d’apparitions médiatiques et que de jeunes calédoniens du nord, exaspérés par la situation, commençaient à faire le déplacement pour supporter Marine Lepen..(là je n’en suis pas fier non plus de mes compatriotes mais bon, je les comprends aussi).

Bref, je comprends l’idée d’indépendance même si je suis partagé (car je pense que l’on doit quand même une relative reconnaissance à la France) mais dans toutes ces absurdités, je dois reconnaître que nous ne sommes toujours pas prêts à devenir indépendants, et si l’on se borne à cette finalité, il y aura de lourdes conséquences pour l’avenir.

Une dernière chose cependant à tous ceux qui souhaitent faire du ménage en Nouvelle-Calédonie : pensez bien aux populations que vous mettez au pied du mur et qui seront peut-être obligées à mettre la clé sous la porte et à partir..un jour plus ou moins éloigné, ce sera peut-être vos descendants qui demanderont de l’aide ou l’asil auprès des leurs.

(Commentaires désactivés)