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Nous venons tous de quelque part

Razieh Gholami (Afghanistan), Hoping to Survive, 2019.  
Vijay Prashad

Chères amies, chers amis,

Salutations du bureau de Tricontinental : Institut de recherche sociale.

Partout où nous allons dans le monde aujourd’hui, du Nord global au Sud global, nous sommes submergés par un discours anti-immigrés croissant. Il semble faire partie intégrante et incontournable du discours public. Ce discours est particulièrement toxique dans le Nord global, où il est devenu un pilier central de l’extrême droite d’un type spécial. En décembre 2025, le président américain Donald Trump a qualifié les immigrants somaliens aux États-Unis de « déchets » et a déclaré qu’ils devraient être renvoyés « là d’où ils viennent ». Le vice-président de Trump, JD Vance, a déclaré que l’immigration est la « plus grande menace » pour les États-Unis comme pour l’Europe. En Grande-Bretagne, le alors Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré en mai 2025 que son pays risquait de « devenir une île d’étrangers », une phrase reprise plus tard cette année-là par Andrew Hastie, alors ministre fantôme des Affaires intérieures de l’Australie : « Nous commençons à nous sentir comme des étrangers chez nous ».

Le Sud global n’est pas immunisé contre ce discours. En Afrique du Sud, il y a eu une explosion de xénophobie, avec des groupes anti-migrants comme Operation Dudula (2021) et March and March (2024) surgissant de nulle part avec des fonds pour créer de graves troubles anti-immigrés. Ces groupes ont popularisé le slogan Abahambe Makwerekwere (« les étrangers doivent partir ») parmi des secteurs de la population sud-africaine qui ont été poussés à travers les fissures du règlement post-apartheid. Ces secteurs ont épinglé leurs angoisses socio-économiques sur leurs voisins – des immigrants appauvris venus en Afrique du Sud de pays comme le Botswana, le Lesotho, le Mozambique et le Zimbabwe. Ces groupes xénophobes ont émis des menaces et des délais pour que les immigrants quittent le pays, forçant des personnes désespérées et vulnérables à chercher la sécurité ou à quitter l’Afrique du Sud par peur.

Cette montée de la xénophobie reflète un sentiment général selon lequel les conditions de vie misérables de la classe ouvrière sont dues à la concurrence pour des ressources rares de la part des immigrants plutôt qu’aux caractéristiques structurelles du capitalisme. On prétend que des immigrants appauvris et privés de pouvoir ont, d’une manière ou d’une autre, vidé l’État et évincé le marché du travail, laissant les travailleurs natifs incapables de vivre des vies stables et dignes.

Le discours sur l’immigration est truffé d’inexactitudes factuelles, d’hyperboles et de fiel. Les apôtres de la xénophobie gonflent l’ampleur et la géographie de la migration et empoisonnent le discours autour de la question. Cette distorsion opère de trois manières :

L’ampleur exagérée. Les migrants internationaux ne représentent que 3,6 % de la population mondiale. La plupart des gens qui migrent ne quittent pas leur pays de naissance, puisqu’ils voyagent de la campagne vers la ville ou d’une ville à une autre. En tenant compte du sort des déplacés internes, seul un quart des migrants et des déplacés voyagent du Sud global vers le Nord global, comme je l’ai appris d’un responsable de l’Organisation internationale pour les migrations.

La géographie exagérée. Pour des raisons évidentes, la couverture médiatique occidentale se concentre sur les traversées méditerranéennes, la frontière américano-mexicaine et la Manche. Cela présente la migration comme un problème qui ne pèse que sur le Nord global. Mais la réalité est que la plupart des déplacements ont lieu à l’intérieur des pays ou entre pays voisins. Le fardeau écrasant de la protection des réfugiés retombe sur les nations les plus pauvres du Sud, et non sur le Nord riche.

Le langage exagéré. Ceux qui attisent les flammes de la rhétorique anti-immigrés disent presque toujours qu’ils s’opposent aux immigrants « illégaux » et non aux immigrants « légaux ». En pratique, la catégorie menaçante de l’« immigrant illégal » commence à façonner la façon dont les gens pensent de la migration en général. Les réfugiés, les demandeurs d’asile, les travailleurs sans papiers, les étudiants, les membres de la famille, les travailleurs temporaires et même les immigrants venus par des canaux légaux finissent par être perçus comme « illégaux » ou du moins soupçonnés de l’être. L’adjectif « illégal » façonne le sens du nom « immigrant » puis le submerge. L’adjectif, même lorsqu’il n’apparaît pas, commence à définir le nom. De cette façon, le simple fait d’être un immigrant est traité comme un acte de transgression.

Les classes dirigeantes des nations les plus riches, principalement du Nord global, veulent la main-d’œuvre des immigrants mais pas leur vie socioculturelle ni leur participation politique. Des secteurs économiques majeurs du Nord global – l’agriculture, la construction, la logistique et le travail de soin – dépendent de la main-d’œuvre immigrée. La rhétorique xénophobe et les régimes juridiques restrictifs créent un environnement qui facilite la discipline et l’exploitation de ces travailleurs par la menace d’expulsion et le déni des droits légaux et de la négociation collective. Pourtant, il est indéniable que les immigrants génèrent de la richesse pour la classe dirigeante là où ils vivent et travaillent. Leurs envois de fonds soutiennent également les familles dans leurs pays d’origine. Le discours sur l’immigration et l’économie est aussi confus et embrouillé que le débat politique.

L’argument économique. Les immigrants augmentent certes la demande immédiate de logements, d’écoles, de transports et de soins de santé, en particulier là où les arrivées sont géographiquement concentrées. Mais les immigrants travaillent aussi, produisent, paient des impôts et soutiennent des secteurs économiques qui souffrent de pénuries de main-d’œuvre. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) montre que les immigrants contribuent aux marchés du travail, aux finances publiques, à l’emploi et à la création d’emplois, bien que les bénéfices et les coûts soient inégalement répartis. Une vaste étude du Fonds monétaire international portant sur trente-quatre pays de l’OCDE entre 1980 et 2018 a constaté qu’un afflux d’immigrants représentant 1 % de l’emploi total augmentait la production économique de près de 1 % en cinq ans et que les deux tiers de cette augmentation provenaient d’une productivité du travail plus élevée. Fait crucial, cette étude n’a trouvé aucune preuve que des afflux importants d’immigrants réduisent l’emploi des natifs.

La question du travail. Les employeurs utilisent parfois la main-d’œuvre immigrée précaire pour abaisser les conditions de travail ou affaiblir l’organisation syndicale. Cependant, le problème n’est pas le travailleur immigré en soi mais le pouvoir de l’employeur de différencier et de diviser les travailleurs par statut juridique. Des syndicats plus forts et mieux organisés aideraient les travailleurs à résister à ces tactiques divisives, à améliorer les salaires et les conditions de travail, et à obtenir des droits de résidence, des droits légaux et des droits de négociation collective.

Le néolibéralisme est l’éléphant dans la pièce du discours anti-immigration. Les immigrants arrivent dans des sociétés déjà ravagées par l’austérité et la dette. La crise du logement, le chômage chronique, la maladie mentale et l’abus de drogues ne sont pas des conditions que les immigrants créent. Ce sont les effets sociaux de sociétés capitalistes qui ont priorisé le profit de quelques-uns sur le bien-être du plus grand nombre. La privatisation des services publics, les coupes dans les budgets municipaux et l’effondrement subséquent de la capacité de l’État et de la protection sociale étaient des politiques néolibérales mises en œuvre au service des classes riches et propriétaires. Les mêmes partis politiques qui ont mis en œuvre ces politiques néolibérales et sont donc responsables du havoc social qu’elles ont déchaîné prennent maintenant les immigrants comme boucs émissaires.

La rhétorique anti-immigrés fonctionne pour dissimuler les causes réelles de la détresse sociale à laquelle font face des milliards de personnes dans le monde. Les dépenses militaires obscènes et les guerres catastrophiques de notre époque, les sanctions vicieuses contre les États qui défient le bloc OTAN+, la servitude de la dette imposée aux États qui ne peuvent pas sortir du cycle du sous-développement, le coût élevé du changement climatique, la dépossession des terres et la destruction des moyens de subsistance ne sont pas causés par la migration. Ils sont causés par le capitalisme et l’impérialisme, qui préféreraient détruire le monde pour le profit plutôt que de le guérir. En fait, la migration elle-même est un résultat de l’impérialisme capitaliste, qui détruit la base de la vie dans le Sud global par la guerre, la dette, les sanctions et l’exploitation.

Malheureusement, la nature omniprésente du discours anti-immigrés a rendu plus facile pour un travailleur aliéné de brûler un spaza shop (petite épicerie) à Soweto, en Afrique du Sud, que de réfléchir à l’asymétrie brutale de la propriété foncière dans son pays. Les Sud-Africains blancs représentent environ 7 % de la population mais possèdent 72 % des terres agricoles, tandis que les Sud-Africains noirs représentent près de 82 % de la population et ne possèdent que 4 %. Imaginer une réforme agraire est infiniment plus difficile et complexe que de brûler la boutique d’un pauvre épicier immigré du Botswana. Armer la classe ouvrière de clarté contre la rhétorique mystificatrice de la xénophobie est l’une des tâches auxquelles la gauche fait face aujourd’hui. Pour sa part, le Parti communiste sud-africain a pris une position ferme et claire contre la xénophobie et pour la solidarité.

Le grand poète caribéen-britannique Benjamin Zephaniah a passé une grande partie de sa vie à réfléchir sur ses origines et son déplacement. Vivant entre deux mondes, il a compris les luttes très humaines et les sentiments de solitude et d’isolement qui accompagnent le fait d’être un immigrant. Dans son poème « We Refugees » (2000), Zephaniah capture, avec chaleur et simplicité, l’irrationalité et l’inhumanité de la xénophobie :

Nous pouvons tous être des réfugiés
Parfois il ne faut qu’un jour,
Parfois il ne faut qu’une poignée de main
Ou un papier que l’on signe.
Nous venons tous de réfugiés
Personne n’est simplement apparu,
Personne n’est ici sans lutte,
Et pourquoi devrions-nous vivre dans la peur
Du temps ou des ennuis ?
Nous venons tous de quelque part.

Cordialement,

Vijay

 https://thetricontinental.org/newsletterissue/debate-on-migration/

COMMENTAIRES  

11/09/2026 14:38 par Joan of Arc

Réfugiés, mais réfugiés de quoi ?

L’hémorragie démographique affectant certaines régions du monde, en particulier l’Afrique noire, qui se déverse en Europe n’a rien à voir avec des réfugiés. Réfugiés supposerait la fuite de territoires en guerre, frappés de famines, d’épidémies à grande échelle, etc. Cela impliquerait aussi la fuite de femmes, d’enfants, de vieillards. Rien de tel ici, quasi uniquement des hommes de 20-40, qui, pour premier contact avec l’Europe, se font un honneur de violer ses lois, en arrivant illégalement (essayez d’arriver clandestinement dans leur pays et vous verrez le sort que l’on vous réserve !) ? À une telle échelle, ce n’est plus d’ immigration mais d’invasions qu’il faut parler. Ces flux sont strictement économiques.

Les coupables ? Aussi bien la gauche, pour qui ils ne seront jamais assez à envahir l’Europe, mais aussi la droite opportuniste, celle du patronat qui récupère toute cette manne bénite tombée du ciel pour faire fonctionner leur entreprise (un type arrivant du Sud sans papier, c’est corvéable à merci, cela ne se syndique pas, cela ne se plaint pas et cela se contente de peu. De l’esclavage à bas prix). C’est aussi un choix de l’UE, cette belle imposture démocratique, avec ses quotas de migrants, 4 millions/an de légaux, plus les autres, plus facilement exploitables.

Bien que déjà amorcés avant Maastricht, ses mouvements se sont amplifiés après, allant en s’accélérant.

Mais que tout le monde se rassure, ce n’est que le début, il y a encore de la réserve derrière pour alimenter la 5e colonne : 1,58 milliard en Afrique, 1,49 milliard en Inde, 1,4 milliard en Chine.

Allons, allons, un peu de générosité, ouvrez vos frontières, laissez-vous envahir, la panacée à tous nos problèmes.

Dans moins d’un siècle, nous aurons le même statut que les aborigènes australiens, ou plus certainement encore celui des Tasmaniens.

Après tout, si certains peuples ou leurs dirigeants, ou les deux, ont fait le choix d’un suicide collectif, il faut respecter ceux-ci.

11/09/2026 15:33 par Randiane

Ce que dit Vijay Prashad tombe sous le sens. Ce qu’il dit est d’une logique implacable, logique que je partage ayant moi-même un pied ici et un pied là-bas. Je me demande sans arrêt la (ou les raisons) pour laquelle cette logique échappe à la majorité des plus précaires de notre pays. Ça crève pourtant les yeux. On le voit à l’hôpital, à l’école, dans les transports, dans les métiers de nettoyage, bref. Et pourtant...on va à notre perte, à cause des discours dominants : ne regarde pas au-dessus mais concentre-toi sur les plus précaires, ou qui ne sont pas de ta couleur. Pendant ce temps-là, nous, les plus riches, on se la coule douce avec ton racisme. C’est totalement déprimant.

11/09/2026 16:06 par Randiane

Oui, toi, celui qui gagnes juste assez pour surnager, concentre-toi sur les immigrés qui gagnent encore moins que toi. C’est de leur faute. Pendant ce temps-là, je vais te pressurer encore plus, tu vas payer les impôts que moi je ne paye jamais. Je prends toutes les richesses des pays d’où viennent ces immigrés, je les oblige à venir faire les sales boulots, je pousse tous les salaires vers le bas. Non, ne regarde pas au-dessus ! Ne me regarde pas prendre leur pétrole et leur gaz, leurs terres rares pour te faire de beaux portables, dors, dors, hais, hais, pour moi, c’est tout bénef. Et toi, tu vas les haïr toujours plus. C’est ça. Dors. Dormez. Hais, haïssez-les. C’est comme ça qu’on fait tourner le capital. La dette, c’est de ta faute. Le changement climatique aussi. Non, tout est de leur faute, eux, les immigrés. Allez, rendors-toi.

11/09/2026 18:42 par Joan of Arc

@Randiane.

Un peu de sémantique. Le mot racisme est utilisé à toutes les sauces et ne veut plus rien dire. Il faut rappeler que ce mot désigne une doctrine, un courant de pensée qui proclame, ou suppose, que certaines races seraient supérieures à d’autres et qu’en vertu de cela les premières seraient en droit d’exploiter les secondes. C’est sur cette idéologie que se sont bâties toutes les colonisations ou encore dominait le régime nazi. Probablement plus personne aujourd’hui ne se revendique de cette doctrine, du moins pas dans sa forme la plus criante et revendiquée, même si, dans les faits, laisser venir massivement des migrants relève bien des mêmes visées idéologiques, les exploiter un maximum. Plus besoin de lancer des expéditions à la recherche d’esclaves, ils viennent d’eux-mêmes et choisissent leur bon maître qui voudra bien les exploiter.

Il est parfaitement légitime que certains peuples européens se sentent envahis et d’y réagir. Lorsque, à l’inverse, nous avons tenté d’envahir l’Afrique et d’en prendre le contrôle, les Africains ont eu la lucidité de voir que cela les mènerait à leur perte et eurent le bon réflexe de nous mettre dehors, parce que nous n’avions rien à faire là.

Au demeurant, on sait que le capitalisme ne s’encombre de l’identité et de l’histoire des peuples, son idéologie se bornant à la bonne santé du marché, il a juste besoin de bras activés par un minimum de neurones. L’existence de différences culturelles, de langues, de traditions, d’histoires, d’identités, etc., surtout si revendiquées, sont autant de freins potentiels à son développement.

Le « globish » incarne bien ce projet de l’Homme universel que l’on tente avec plus ou moins de succès de nous imposer, cette sorte de chimère culturelle, citoyen du monde, donc de nulle part. À ce modèle de fadaises pourquoi en vouloir à ceux qui lui préfère Montaigne ou Voltaire ?

Pas certain que l’avenir de l’Europe, déjà surpeuplée, réside dans ces afflux massifs de « réfugiés ».

11/09/2026 20:11 par dedek

Cela impliquerait aussi la fuite de femmes, d’enfants, de vieillards. Rien de tel ici, quasi uniquement des hommes de 20-40

On se demande par quel moyen vous parvenez à ces chiffres : debout sur les plages de France, toutes à la fois, carnet et bic à la main, vous les comptez ?

C’est évidemment faux : quel que soit le pays d’origine, les femmes représentent toujours plus de la moitié des contingents de migrants.

Source.

Donc, si là vous racontez déjà n’importe quoi, est-ce utile de vérifier le reste ?

11/09/2026 22:00 par act

Merci LGS pour cet excellent texte de Vijay Prashad.

Par contre était-il vraiment nécessaire de publier la liste des poncifs racistes et hors sols de l’extrême droite, compilés en ouverture des commentaires par cet triste avatar de la pucelle en mode décervelée ?!

L’hémorragie démographique affectant certaines régions du monde, en particulier l’Afrique noire, qui se déverse en Europe n’a rien à voir avec des réfugiés. Réfugiés supposerait la fuite de territoires en guerre, frappés de famines, d’épidémies à grande échelle, etc. Cela impliquerait aussi la fuite de femmes, d’enfants, de vieillards. Rien de tel ici...

Voilà quelqu’une qui étale sa bêtise avec fierté mais encore une fois : étai-ce vraiment nécessaire de nous l’imposer ici ? Ne l’avons nous pas assez entendu ailleurs en sortant à droite ? Faut-il aussi le lire sur LGS ?

12/09/2026 10:45 par Joan of Arc

@Dedek

Sur les embarcations traversant la Méditerranée, on ne voit guère de femmes, enfants ou vieillards. Pas plus qu’ils ne sont présents lors du dernier assaut sur Ceuta. À supposer même que toutes les classes d’ages y seraient représentées, en quoi cela serait-il rassurant ?

C’est quoi votre projet de société pour la France ? Un pays où la population originelle passera un jour sous la barre des 10 ou des 5 % pourcent, noyée dans une bouillabaisse universelle au service du grand marché.

@Act

Ne vous en déplaise, mais depuis toujours, et très largement, mes idées sont de gauche, cependant, sur certains points, suis en désaccord total, cela porte sur la défense identitaire des peuples, qui sont en droit de préserver leur patrimoine culturel : langue, religion, traditions, etc., défense difficilement soutenable sur le long terme, noyée dans des flots exotiques. Défense qui doit d’ailleurs s’exercer partout, et réciproquement. Il est parfaitement normal que le Japon, par exemple, prenne des mesures pour éviter de se laisser envahir, physiquement et culturellement.

Quant à l’utilisation du mot raciste, la définition du racisme a été rappelée plus haut. Si aimer sa culture, ses origines et vouloir les défendre contre des forces exotiques abrasives, relève du racisme, alors n’oublions pas d’inscrire parmi ces racistes Jean Moulin, les Aubrac ou encore Jeanne d’Arc.

À l’inverse, ce qui est détestable à droite, leur déification de l’argent, des marchés, où tout se justifie pourvu que cela rapporte, sacrifiant la nature sans état d’âme, « après nous le déluge », où même les hommes ne deviennent que des outils au service du capital. Et c’est d’ailleurs dans cette perspective qu’il faut regarder ces « crises » migratoires organisées par l’UE, destinées à alimenter le grand Moloch. Ces flots incontrôlés de « réfugiés » font partie d’un plan économique de l’UE, récupérés à la fois par la gauche (où il est de bon ton de pouvoir accueillir toute la misère du monde) et par la droite opportuniste (avec un patronat heureux de pouvoir exploiter ces nouveaux esclaves pour les grands chantiers, l’horeca, etc.). Tomber dans ce piège tendu par l’UE, c’est peut-être cela le néo-racisme, où s’expriment les discours paternalistes de la gauche et les pratiques néo-esclavagistes de la droite.

12/09/2026 12:09 par dedek

Bon pseudo : Jeanne d’Arc entendait aussi des voix.

Les faits sont têtus :

Il est parfaitement légitime que certains peuples européens se sentent envahis et d’y réagir.

« Se sentent », c’est bien le mot. Ce n’est qu’un sentiment, non une réalité. Et ce sentiment est attisé par la désinformation d’extrême-droite et la fréquentation excessive de leurs canaux de propagande.

En outre, on sait aujourd’hui que les extrêmes-droites sont soutenues et financées par le capitalisme mondialisé.

En Angleterre, Farage a été pris la main dans le pot de confiture et l’AFD en Allemagne a été ouvertement soutenue par Elon Musk qui offre sa plate-forme à cette internationale fasciste.

Le capitalisme exploite et éloigne les colères populaires causées par la récession vers le racisme. Quand le Royaume-Uni a été économiquement plombé par le Brexit (porté par Farage himself) et la finance, il a bien fallu trouver des boucs-émissaires. Quand l’Allemagne a vu son miracle économique tomber en ruines à cause de l’atlantisme anti-russe et de la rupture des liens entre la Russie et l’UE, nous plongeant tous dans ce qui sera probablement une crise humanitaire et sociale équivalente à 1929, il a bien fallu trouver un défouloir aux colères populaires. En France, quelle réponse le RN trouve-t-il à la pauvreté galopante ? Interdire le port du voile.

Tous pareils, où qu’ils soient. Le même étron sorti du même rectum.

Lorsque, à l’inverse, nous avons tenté d’envahir l’Afrique et d’en prendre le contrôle, les Africains ont eu la lucidité de voir que cela les mènerait à leur perte et eurent le bon réflexe de nous mettre dehors, parce que nous n’avions rien à faire là.

Nous n’avons pas seulement « tenté » d’envahir l’Afrique. Nous l’avons fait. Et nous avons soumis ces populations sous un joug raciste, les avons dominées, exploitées, pillé leurs ressources, massacrées quand elles se révoltaient. Et ce pendant près d’un siècle et demi.

Vous euphémisez la décolonisation et ses conséquences, sans parler du fait que vous éludez complètement la réalité du post-colonialisme et de la Françafrique qui a perduré et perdure encore aujourd’hui. Certes, nous avons fini par quitter ces terres que nous occupions illégitimement, mais nous avons laissé derrière nous une très longue traînée de sang et nous avons continué à y étendre notre mainmise par d’autres moyens.

Nourrissant ce faisant les flux migratoires du Sud vers le Nord.

Mais que cela vous plaise ou non, l’Europe vieillissante a besoin de bras. L’exemple italien le montre avec une grande clarté. Meloni a été élue sur un programme anti-immigrationniste et pourtant, quelques mois à peine après son arrivée au pouvoir, elle a dû faire entrer 500 000 immigrants pour pallier au déficit de main d’oeuvre. C’est ballot.

Le rôle de la VRAIE gauche n’est pas d’empêcher l’immigration mais de faire cesser l’influence délétère de la France et de faire disparaître où qu’ils soient les motifs d’émigrer (pauvreté, guerres, climat) pour les populations des pays du Sud afin non de tarir les flux migratoires mais d’éviter les drames humains. Or, l’extrême-droite fait exactement le contraire : elle soutient l’exploitation et le pillage des ressources africaines et le sionisme qui pousse des milliers de Palestiniens à l’exil. Ici, en France, le rôle de la VRAIE gauche est de tordre le bras du patronat pour qu’il offre de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires à TOUS les travailleurs et travailleuses, quelle que soit leur couleur de peau.

À titre personnel, je me fous complètement de savoir que dans 50, 100 ou 200 ans, mon pays, ma culture ou mes traditions seront devenus un mélange hétéroclite de gens et de moeurs. Mes enfants le sont déjà. Je me fous du drapeau, de la Marseillaise, je chie sur ce patriotisme de pacotille (qui est le masque de la collaboration passée et à venir) et encore plus sur le nationalisme.

Les migrations existent depuis la nuit des temps, rien ni personne ne pourra s’y opposer, et la France, ce Finistère de l’Europe, est un pays qui s’est construit à travers ces migrations successives. Et si tant est qu’être Français puisse être une fierté, c’est précisément grâce à ça.

12/09/2026 14:48 par act

Réfugiés, mais réfugiés de quoi ?
L’hémorragie (...) n’a rien à voir avec des réfugiés (…) supposerait la fuite de territoires en guerre, frappés de famines, d’épidémies à grande échelle, etc. Cela impliquerait aussi la fuite de femmes, d’enfants, de vieillards. Rien de tel ici, (...)d’invasions qu’il faut parler. Ces flux sont strictement économiques.

Vous commencez en force en cumulant les erreurs factuelles : il n’y aurait ni guerre en Afrique, ni épidémie, ni de femme et d’enfant parmi les exilés. Quelles sont vos « sources » ?
Une partie de ces « flux » sont en effet économiques, étant donné la situation dans laquelle l’occident maintient ces pays, avec la complicité de gouvernements mis en place ou imposés par lui. Un homme ou une femme prêt à risquer leur vies pour tenter de rejoindre l’europe pour s’y faire exploiter, pour pouvoir subvenir aux besoins de sa famille qui se meurt de faim ou dépérit sans perspective d’avenir mérite le respect, et don d’être condamné, enfermé, explulsé.
Vous feriez de même dans sa situation.
Pour tarir ce flux la solution est très simple : cesser de piller les ressources de ces pays et les payer au prix du marché, à des gouvernements choisis par ces peuples.
Pour tarir le flux des réfugies fuyant les guerres : cesser de les organiser et d’inonder le continent de nos armes.

Les coupables ? (…)

Le capitalisme, l’impérialisme, le colonialisme.

Le mot racisme (…) Probablement plus personne aujourd’hui ne se revendique de cette doctrine,

Ici encore vous avez faux : ignorez vous le "réalisme racial", "le suprémacisme blanc", le sionisme et j’en passe ? De plus il n’est pas nécessaire de l’assumer pour être raciste, vous en faite la démonstration.

Lorsque, à l’inverse, nous avons tenté d’envahir l’Afrique et d’en prendre le contrôle, les Africains ont eu la lucidité de voir que cela les mènerait à leur perte et eurent le bon réflexe de nous mettre dehors, (…)

Vivez-vous dans une dimension parallèle ? Avez-vous entendu parler du colonialisme ? Des génocides commis par les occidentaux au Congo , en Namibie, les massacre au Cameroun, en Algérie, etc ? Ignorez-vous vraiment quelles sont les multinationales qui perpétuent le pillage de l’Afrique -actuellement- et leurs origines ? Ignorez-vous ce qu’il arrive quand un gouvernement africain décide de travailler pour son peuple, son pays ?

Au demeurant, on sait que le capitalisme ne s’encombre de l’identité et de l’histoire des peuples, son idéologie se bornant à la bonne santé du marché,(…)

Seul point où vous vous reconnectez à la réalité, bien que ce n’est pas la « santé du marché » qui importe au capital mais le profit.

13/09/2026 11:16 par dedek

C’est quoi votre projet de société pour la France ?

Que tout le monde puisse vivre dignement, y compris ceux qui viennent d’arriver, dans une société juste et égalitaire. Que pour cela les bourgeois rendent l’argent qu’ils nous ont volé et nous volent chaque jour, que le racisme soit banni et retourne à sa part dégoûtante, aux côtés des MST et du transit intestinal.

Un pays où la population originelle passera un jour sous la barre des 10 ou des 5 % pourcent

Je l’ai dit, le concept de « population originelle » m’indiffère. Mes enfants sont racisés. C’est ça la France, pas votre conception rétrograde et arriérée d’un passé révolu. Je ne rentre même pas dans la catégorie des « Souchiens » puisqu’à mes origines françaises s’ajoutent des ascendances belges et allemandes. Votre « population originelle » est un fantasme. La population originelle, ce sont les Celtes. Et vous n’avez probablement rien à voir génétiquement avec elle. On croirait entendre ces Blancs américains qui se prennent pour les vrais « indigènes »....

L’identité française s’est toujours construite sur les migrations et c’est ce qui a fait la richesse de sa culture. D’ailleurs, une bonne partie de ces migrations sont le fruit historique de l’impérialisme français et de sa volonté d’aller grand-remplacer ces gens chez eux, de leur voler leurs ressources et leurs terres, de les soumettre à nos traditions et nos croyances en écrasant les leurs.

C’est pour cela que vous taisez totalement l’histoire des migrations.

Et s’il est vrai que certaines nationalités d’immigrants sont majoritairement des jeunes hommes, vous ne prendrez jamais la peine de savoir pourquoi. En tout cas, pas au-delà de cette stupide lubie de croire que ça ferait partie d’un plan secret pour féconder les femmes françaises...

Ces jeunes hommes sont envoyés par leurs familles pour essayer de gagner un peu d’argent et survivre dans des contrées où la vie a été rendue impossible par les guerres ou par le climat. Y a-t-il eu en Europe un précédent similaire ? Oui. De nombreux Européens ont émigré dans le Nouveau Monde pour échapper à leurs conditions de vie. Demandez aux Irlandais. Ça s’appelle l’instinct de survie. N’importe quel être humain tentera d’échapper à ce sort ou de tout faire pour que ses enfants l’évitent.

Tant que vous n’admettrez pas ces faits, il n’y a aucune raison de discuter avec vous. D’autant que vous êtes ici sur un site anti-impérialiste, ce qui signifie que vous ne devez pas lire beaucoup d’articles. Puissiez-vous retourner là où on vous confirmera dans votre vision du monde, puisqu’il semble que vous n’appreniez rien ici.

La seule chose qui m’importe à moi, c’est que les migrants ne viennent pas ici contraints par leurs conditions de vie dans leur pays d’origine. Je préfèrerais toujours un Soudanais ou une Palestinienne libre et heureuse sur sa terre que malheureuse ici parce que leur vie est rendue encore plus compliquée par des gens comme vous.

Sur le site même du Grand Soir, je suis certain que les Français de souche ne sont déjà plus majoritaires, je me trompe ?

13/09/2026 11:34 par Joan of Arc

@dedek

Il est parfaitement légitime que certains peuples européens se sentent envahis et d’y réagir.
« Se sentent », c’est bien le mot. Ce n’est qu’un sentiment, non une réalité. Et ce sentiment est attisé par la désinformation d’extrême-droite et la fréquentation excessive de leurs canaux de propagande.

On a sans doute un autre sentiment lorsque l’on vit au fin-fond du Larzac, mais partout ailleurs, il faut être soit de mauvaise foi, soit frappé de cécité pour ne pas voir la réalité de ce que sont devenues nos villes, voire nos villages.

« En outre, on sait aujourd’hui que les extrêmes-droites sont soutenues et financées par le capitalisme mondialisé. »

Évidemment, et ce n’est pas nouveau. Capitalisme mondialisé qui a besoin de nouveaux esclaves pour l’alimenter, cette manne du Sud étant idéale, avec leur statut de néo-esclaves. Capitalisme mondialisé à laquelle participe très généreusement la gauche, en lui fournissant des bras par millions.

« Mais que cela vous plaise ou non, l’Europe vieillissante a besoin de bras. »

Mantra typique de la droite. Nous appartenons à des civilisations qui, depuis la Renaissance, ont révolutionné le monde, avec des prouesses technologiques inégalées, allant jusqu’à la fission de l’atome ou la possibilité d’explorer l’Univers. Le succès est tel que tous les autres peuples ne convergent que vers ce modèle-là, et aucun autre. Il serait vraiment étonnant que nous ne puissions régler ce problème de « manque de bras » par autre chose que de faire venir des nouveaux esclaves…, car il s’agit bien de cela. A nous d’être inventifs, créatifs, d’opter pour d’autres projets sociétaux, comme nous l’avons toujours fait.

Par ailleurs, est-ce vraiment rendre service à ses pays que de les priver de leurs bras et de leurs cerveaux ? D’aucuns diront peu importe, tant qu’ils viennent nous sauver, nous soulager. N’est-ce pas une attitude égoïste, et même raciste puisque basée sur l’exploitation décomplexée des hommes de couleur au profit des Blancs…

À titre personnel, je me fous complètement de savoir que dans 50, 100 ou 200 ans, mon pays, ma culture ou mes traditions seront devenus un mélange hétéroclite de gens et de moeurs. Mes enfants le sont déjà. Je me fous du drapeau, de la Marseillaise, je chie sur ce patriotisme de pacotille (qui est le masque de la collaboration passée et à venir) et encore plus sur le nationalisme.

Les tenants du Capitalisme mondialisé vous remercie vivement, car c’est justement de ce genre de profil dont ils ont besoin pour poursuivre leur modèle, d’individus déracinés, peu, voire pas socialisés, interchangeables, délocalisables, etc. Réduits à l’état de consommateurs, idéalement anonyme, car un nom traduirait une origine, un numéro de carte de crédit suffira amplement.


@act
Vous commencez en force en cumulant les erreurs factuelles : il n’y aurait ni guerre en Afrique, ni épidémie, ni de femme et d’enfant parmi les exilés. Quelles sont vos « sources » ?

Aucune guerre entre états, mais des conflits armés (que l’on peut aussi appeler guerres) : Soudan, Est de la RDC, djihadistes actifs au Burkina Faso, Mali, Niger, Somalie, tensions en Libye et en Éthiopie.
Hormis pour le Mali, les principaux migrants proviennent de pays non affectés par ces conflits : Guinée, Côte d’Ivoire, Sénégal, Gambie, Mauritanie.

Épidémies : rien de spécial par rapport à ce que connaît l’Afrique depuis toujours. Ebola, c’est 3 398 morts, sur une population totale du continent qui s’élève à 1,58 milliard d’habitants. Pas de quoi déplacer des populations entières, pas plus que ne le font la malaria, la fièvre jaune ou encore le choléra, qui touchent pourtant un grand nombre de personnes, depuis toujours.

Famines : les conflits armés sont la cause principale de celles-ci, ce qui renvoie au premier point.

A la lumière de ces éléments, il est clair que ces « crises migratoires » vers l’Europe au départ de l’Afrique n’ont rien, ou quasi rien, à voir avec des conflits, des épidémies ou des famines. Il s’agit, très majoritairement, de « réfugiés économiques ».

Le continent africain dans sa quasi-entièreté reste « à développer » (personnellement je n’aime pas ce terme, parcequ’il suppose ou implique que la seule voie de salut pour les peuples consiste à imiter ou adopter le modèle occidental, alors que tous les peuples fonctionnent sur des modèles qui ont fait leurs preuves depuis la nuit des temps, la manière dont vivent les Massaïs au Kenya, les Yanomami sur le Haut-Orénoque ou les Penans de Bornéo, sont tout aussi viables, sinon plus, que le « modèle occidental » qui présente des essoufflements et n’existe que par une exploitation effrénée des hommes et des ressources), et dans cette perspective, ce n’est pas en laissant des flux incontrôlés de migrants partir à l’assaut de l’Europe que ce développement africain sera un jour atteint, semble-t-il.

13/09/2026 16:03 par Assimbonanga

Sur les embarcations traversant la Méditerranée, Johann Von Ark ne voit guère de femmes, enfants ou vieillards. C’est parce qu’il ne les regarde pas. Il lui suffirait d’écouter les bulletins d’information radio ou télé : X morts dans un naufrage dont tant d’enfants.
Je gage que Johann Von Ark se sent missionné pour venir troller chez les islamo-bolcheviks et les énerver un peu mais nous on s’en fout car on a de bonnes nouvelles du côté lumineux de la force.

Jean-Luc Mélenchon face à l’Huma en direct de la Fête de l’Humanité
Discours de Jean-Luc Mélenchon à la Fête de l’Humanité (Je n’arrive pas à trouver la méthode pour renvoyer le curseur au début. Vous devrez le bouger par vous-mêmes.)
C’est grand, c’est visionnaire, c’est pensé et quelle ambiance parmi la foule dont il sollicite l’appui actif en cas de victoire : na pas attendre que ça vienne d’en haut. Lancer les initiatives locales de solidarité. Je ne peux m’empêcher de penser au communalisme vénézuélien, de Chavez à Delcy Rodriguez.
On comprend que les fachos enragent.

13/09/2026 19:41 par lou lou la pétroleuse

De nombreux Européens ont émigré dans le Nouveau Monde pour échapper à leurs conditions de vie. Demandez aux Irlandais.

Et ya pas que les irlandais ! Les habitants de nos montagnes, notamment ceux des Pyrénées et du Massif Central ont quitté nombreux nos contrées dans l’espoir de vivre des jours meilleurs dans le nouveau monde qu’on disait si prometteur.

Nos huguenots persécutés avaient donné l’exemple dès le 17e siècle :
https://heritage.bnf.fr/france-ameriques/huguenots-aux-ameriques.

Dans les dernières décennies du [19e] siècle, les flux sont plus localisés. Ils prennent leurs sources en Lorraine, dans les Alpes, les Pyrénées et l’ouest du Massif central, régions périphériques du territoire national, et en Alsace et Moselle d’où l’émigration continue. Ils sont le prolongement d’ancrages migratoires bien connus : à la recherche d’une vie meilleure, à l’occasion d’un événement particulier, comme les révolutions politiques ou la ruée vers l’or, des individus arrivent sur le continent américain, s’installent et prospèrent. Leur expérience incite des parents, amis et connaissances à tenter eux aussi l’aventure, jusqu’à ce que des chaînes de migration relient certaines régions de part et d’autre de l’Atlantique, du Béarn, du Pays Basque, de l’Aveyron ou du Champsaur (Hautes-Alpes) vers la Californie, de Bretagne vers New York, d’Alsace et de Lorraine vers Chicago et le Midwest.

Si l’amélioration de l’économie nationale offre à la plupart des Français les emplois qui leur évitent de s’expatrier, les montagnes et les hautes terres du Sud restent des « châteaux d’hommes ». Le dynamisme démographique et l’insuffisance des ressources dans ces régions rurales contraignent la plupart des enfants à chercher ailleurs les moyens de gagner leur vie. Malgré le Code civil, les pratiques d’héritage privilégient l’un des enfants, aîné ou cadet, pour que l’exploitation familiale reste viable.

https://journals.openedition.org/eccs/2207

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