Nos valeurs communes ?

EMCEE

Avons-nous seulement des valeurs communes ?

Non, je ne crois pas, non. Pas du tout, même.

Et je ne suis pas la seule à le penser.

Lisez ce qui suit et allez absolument voir sur le site nos valeurs communes .

J1 : solidarité ?

Madame B., dame patronnesse, qui s’occupe accessoirement du "logement et de la ville", ayant probablement réglé le sort des sans-abri, se retrouve fort dépourvue, et lance, donc, une consultation sur un site, demandant à ce qu’on définisse ensemble des "valeurs communes".

Eh oui, ceux qui contribuent jour après jour à plonger dans la précarité, dans la misère, dans le désespoir des milliers de gens et qui vident honteusement les caisses publiques pour en faire don aux intérêts privés viennent nous parler de "valeurs" !

Des valeurs en bourse, alors ?

Que nenni. Des vraies valeurs, style liberté, égalité, fraternité et tout le bastringue.

De QUOI ?

Méci, méci.

Eh bien, moi, j’ai beau me creuser la tête …

Bin, non.

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui acceptent sans sourciller l’incarcération d’un enfant de 12 ans ;

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui vendent l’Education de la jeunesse du pays ;

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui distribuent l’argent public à leurs amis riches, au détriment de la solidarité nationale ;

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui ferment les hôpitaux et les maternités, contraignant ceux qui en ont besoin à partir plus loin ou à renoncer ;

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui imposent des franchises médicales, excluant les plus précaires des soins auxquels chacun a droit ;

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui suppriment les services publics ;

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui cautionnent les expulsions d’êtres humains, leur séparation brutale d’avec leur famille et les parquent dans des camps de rétention pour une période indéterminée, loin des regards du citoyen ;

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui prônent la répression en lieu et place de la prévention et de l’éducation ;

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui ferment les yeux sur les raids de police à l’école ;

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui se pavanent en vêtements et bijoux de luxe ;

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui, parallèlement vident les écoles et les centres de personnel d’encadrement qualifié ;

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui acceptent de prolonger l’âge de la retraite, obligeant les plus âgés à travailler jusqu’à la tombe et empêchant les plus jeunes de trouver leur place dans la société ;

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui acceptent l’idée qu’on supprime les écoles maternelles pour les remplacer par du gardiennage payant avec du personnel précaire et sous-qualifié ;

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui sèment la haine entre les citoyens et qui pleurnichent ensuite sur la "fraternité" ;

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui laissent incarcérer des personnes sous des chefs d’accusation fallacieux ;

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui laissent moisir injustement en prison des personnes alors que, parallèlement, les plus grands escrocs ont pignon sur rue ;

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui approuvent la destruction de pays étrangers et l’anéantissement de populations innocentes par cupidité ;

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui tolèrent que des peuples soient asservis, humiliés, affamés, torturés quotidiennement.

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui permettent que dans un pays riche des êtres humains dorment par terre dans la rue et que les associations qui les défendent soient lourdement sanctionnées ;

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui refusent de créer des centres d’accueil décents et des logements sociaux ;

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui laissent, dans un pays riche, des centaine de milliers de personnes aller quémander leur pitance pour elles et leurs familles ;

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui s’attaquent sans merci aux enfants, aux pauvres, aux personnes âgées, aux maldes, aux handicapés et à tous les faibles en général et qui défilent sous leurs yeux avec arrogance en exhibant des breloques et des frusques dont le coût représente des années des maigres revenus des précédents ;

Je n’ai aucune valeur à partager avec aucun de ceux qui s’acharnent à restreindre les libertés publiques et à réduire à néant tous les droits fondamentaux des citoyens.

Non. Vraiment aucune valeur à partager.

Et certainement pas la solidarité.

Bon, maintenant allez voir ici : http://nos-valeurs-communes.fr/. C’est pas triste.

http://blog.emceebeulogue.fr/post/2008/12/23/Nos-valeurs-communes

COMMENTAIRES  

25/12/2008 19:12 par Anonyme

Dis donc ... t’es sûr que ce n’est pas une parodie ce site ?

25/12/2008 22:51 par Onoée

Moi, je partage tous les non-partages de l’auteur.
Et en plus, je ne partage pas les valeurs de ceux qui demeurent au Ministère de l’Intérieur alors qu’ils sont candidats et dirigeants d’un parti politique, cela signe un coup d’Etat de la grande ruse, car c’est ce ministère qui organise et supervise les élections.
Et c’est si vrai..., que maintenant, c’est ce ministère qui gouverne le pays... et chapeaute le ministère de la Justice par mannequins interposés.

26/12/2008 12:15 par jipepak

Entièrement d’accord avec toi !
Face à ce fascisme rampant en train de s’installer insidieusement, mais surtout devant la peur qu’un jour (qui n’est peut-être pas si loin) le peuple demande aux prédateurs qui pillent allègrement le pays de rendre tout ce qu’ils ont volé, les bourgeois s’affolent et préfèrent encore distribuer quelques miettes de plus en puisant dans leur immense butin pour éviter à tout prix la révolte des gueux. Je ne serais pas surpris de voir fleurir en 2009, un peu partout dans le pays, des associations «  charité » mises en place par les représentants de commerce de l’au-delà aidés de leurs escouades de dames patronnesses.
Non, tu as raison, nous ne partageons pas les mêmes valeurs avec ceux qui donnent plus de valeur à leurs animaux de compagnie qu’aux étrangers sans papier etc…

P.S. ne pas oublier d’aller voir le film LOUISE MICHEL et lire le SINÉ HEBDO numéro 16 consacré aux «  gentils patrons »

26/12/2008 12:35 par Anonyme

Tout à fait d’accord.

A peu près aussi franc que le loup demandant discussion autour d’une table à l’agneau pour définir les valeurs communes.

Il est l’heure de nous réunir, de nous assembler, de parler ensemble, de nous approprier les rues, les batiments publics. Reprendre ce qui nous appartient et virer cette caste qui tend une main avec un couteau dans l’autre.

Comme en Grèce. Il est temps d’importer cette révolte et d’autres. Ya basta !

27/12/2008 17:05 par nono le robot

Salut,

Si y’a au moins une valeur commune :

La recherche du bonheur .

Le truc, c’est qu’ils ont pas compris que le bonheur, c’est pas un état qui peut s’obtenir en écrasant ses frangin(ne)s .

Dommage qu’ils soient si con
Dommage pour tous

Allez, bella ciao

03/01/2009 10:48 par mesmar

il ne s’agit pas simplement des sans papiers,tout le monde
est touché par la misere , les associations de charité pillules
déjà dans toute la france leur mission est de caché la misere du froid,de la faim,de la precarité, de l’exclusion du chomage
enfin tout ce dont le capitalisme a besoin comme variable
d’ajustement de ses profits.

04/01/2009 09:22 par emcee

En effet, cette liste n’est pas exhaustive, hélas, même si elle est déjà fort longue ! Les suggestions sont, donc, au moins aussi intéressantes.

Mais je suis surprise qu’on ait vu dans cette revue que la défense des sans-papiers.

Est-ce une obsession personnelle, ou bien mon texte laisse-t-il entendre que tous ces malheurs ne s’appliqueraient qu’aux sans-papiers ?

Si c’est le second cas de figure, je présente mes excuses pour le manque de clarté de mes propos et je précise, afin de lever toute ambiguïté, qu’en effet, j’englobais toute la population française.

Sans discrimination.

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