52 

Mariage pour tous : « L’égalité devant la loi n’est pas encore l’égalité dans la vie »

« L’impression d’être pédophile et polygame… je sature ». Alors que la France s’apprête à devenir le douzième pays dans le Monde à légaliser le « mariage pour toutes et tous », le projet de loi suscite de violentes réactions de la part des secteurs les plus rétrogrades de la société. Face au manque de détermination du gouvernement, les homosexuels sont nombreux à manifester leur colère et leurs déceptions.

Un projet de loi à minima, résultat de quinze années de désaccords au sein du PS

Après de longues années de lutte du mouvement LGBTIQ (Lesbiennes, Gays, Bi, Trans, Intersexes, Queer), et pour concrétiser un engagement de campagne de François Hollande, le PS a présenté en conseil des ministres le 7 novembre dernier son projet de loi ouvrant le mariage aux couples homosexuels, qui sera débattu au parlement début 2013. Un projet de loi minimaliste, qui se cantonne au mariage et à l’adoption pour les couples de même sexe, laissant de côté des aspects essentiels comme le droit à la Procréation Médicalement Assistée (PMA) et la présomption de parentalité. Parmi les avancées notoires, le « mariage pour tous » du gouvernement Ayrault prévoit d’ouvrir l’adoption aux couples homosexuels : « les personnes homosexuelles désireuses de devenir parent de l’enfant biologique de leur conjoint pourront accéder à la procédure d’adoption dans les mêmes conditions que les hétérosexuels » a précisé Christiane Taubira, ministre de la Justice. Pour ce qui est de l’adoption conjointe d’un enfant par le couple, on se fait cependant peu d’illusion sur les possibilités réelles d’application quand l’on connait les difficultés que rencontrent les couples hétérosexuels (3504 adoptions en 2010 sur plus de 10 000 demandes). Quant à l’adoption internationale, Hollande a décrété que « les pays dont sont originaires les enfants continueront à choisir souverainement les conditions dans lesquelles ils acceptent que ces enfants soient adoptés ». Autant dire qu’il demeurera quasiment impossible pour les couples homosexuels d’adopter à l’international.

Par ailleurs, le projet ne prévoit pas l’accès à la Procréation Médicalement Assistée (PMA) pour les couples de lesbiennes, qui leur permettrait de recourir à la fécondation in vitro ou à l’insémination artificielle de la même manière que peuvent y avoir recours les couples hétérosexuels. Il ne permet pas non plus la reconnaissance de fait du (de la) conjoint(e) du parent biologique comme « autre parent », qui constitue chez les couples hétérosexuels la « présomption de paternité ». En refusant la PMA et la présomption de parenté, le gouvernement maintient ouvertement une discrimination entre couples hétérosexuels et couples homosexuels, entre ceux qui pourront bénéficier de la PMA dans les pays voisins et ceux qui n’en ont pas les moyens, d’où la grande hypocrisie d’un projet de loi aussi partiel.

Mais si l’on remonte aux origines du débat sur le mariage homosexuel, on se rend compte qu’il était bien illusoire de croire qu’un gouvernement PS allait pouvoir apporter un changement réel vers l’égalité des droits. En effet, depuis la bataille du PACS [1] de 1998-99, la question de l’égalité des droits entre homosexuels et hétérosexuels n’a cessé de diviser dans les rangs mêmes du PS. A l’époque, Lionel Jospin alors Premier ministre s’opposait fermement à ce qu’on emploie le mot « mariage » pour désigner cette union qui pour la première fois reconnaissait dans la loi l’existence de couples homosexuels. Aujourd’hui, il persiste et signe : « l’idée fondamentale reste que l’humanité est structurée entre hommes et femmes » [2], position que la droite catholique s’est empressée de relayer sur ses réseaux sociaux. Autant dire que le PACS concédé à contrecoeur est bien loin d’établir une égalité de droits : s’il permet aux couples homosexuels de bénéficier d’avantages auparavant réservés aux couples hétérosexuels en termes d’impôts et de droits sociaux, il est sans effet sur les règles de filiation et de l’autorité parentale, et n’a pas tardé à se montrer insuffisant pour les militants de la cause LGBTIQ.

C’est ainsi qu’en 2004, le débat retrouve sa place dans l’agenda politique. Alors que l’agression d’un homosexuel brûlé vif dans le Pas-de-Calais relance la lutte contre l’homophobie, Noël Mamère, maire de Bègles, célèbre un mariage entre deux hommes. Au sein du PS, l’opposition est presque unanime : si DSK et François Hollande sont des rares hommes politiques à soutenir l’initiative, Martine Aubry et Ségolène Royal craignent de voir surgir la question de la parentalité. C’est sans grande conviction que cette dernière inscrira une vague « égalité des droits pour tous » dans sa campagne présidentielle de 2007. Face à cela, Nicolas Sarkozy s’oppose au mariage mais défend une « union civile en mairie » qui ne verra finalement jamais le jour. Ce n’est qu’en 2011 que le PS lancera à l’Assemblée le premier débat sur le sujet du « mariage pour tous », qui deviendra le trente-et-unième engagement de campagne de François Hollande… Ces années de frictions montrent que la question de l’égalité des droits entre homos et hétéros est loin d’être une revendication consensuelle au sein du Parti Socialiste et doit susciter notre méfiance vis-à -vis des promesses du gouvernement. En effet, cette mesure finalement peu coûteuse qui vise à contenter l’électorat de gauche ne doit pas nous distraire et nous faire oublier que derrière ses allures de gouvernement « de gauche », le PS continue à appliquer l’austérité et à faire déferler les attaques sur le dos des travailleurs.

Face aux rétropédalages du PS, l’opposition de droite s’organise

Si le PS s’est montré peu déterminé à entamer le changement, comme le montre son recul sur des points essentiels comme la PMA, de son côté la droite réactionnaire et homophobe n’a pas tardé à s’organiser pour combattre le projet de loi. Pour Marine Le Pen, qui comme François Fillon s’est engagée à abroger la loi si elle arrivait au pouvoir, le mariage pour tous « est susceptible de faire basculer les fondements mêmes de notre civilisation, ce qui structure et protège la famille ». Elle rejoint sur ce point les idées les plus conservatrices de l’Eglise catholique, qui dévoile sans complexe sa profonde homophobie, faisant le lien avec la polygamie et l’inceste à l’image des déclarations du cardinal Barbarin : « Après, ils vont vouloir faire des couples à trois ou à quatre. Après, un jour peut-être, l’interdiction de l’inceste tombera ». Pour le chef du mouvement intégriste Civitas, Alain Escada, l’homosexualité est un « mauvais penchant qui nécessite d’être corrigé et une personne qui a de tels penchants devrait être abstinente ». Le sénateur UMP Serge Dassault n’a pas non plus mâché ses mots au micro de France Culture le 6 novembre dernier : « Regardez dans l’histoire, la Grèce, c’est une des raisons de sa décadence. C’est l’arrêt de la famille, c’est l’arrêt du développement des enfants, c’est l’arrêt de l’éducation, c’est un danger énorme pour l’ensemble de la nation ».

Dans le contexte de crise interne de l’UMP, et conscient du risque de division de son électorat, Jean-François Copé a quant à lui tenté de s’en prendre au gouvernement sur des questions de méthodes, l’accusant de vouloir faire passer de force le projet de loi : « c’est la première fois que sur un texte de société aussi important, le gouvernement refuse tout débat ». Quelle hypocrisie pour un ancien soutien d’un gouvernement qui ne s’est pas gêné pour faire passer une réforme aussi importante et contestée que celle des retraites malgré les mobilisations massives de l’automne 2010 ! C’est d’autant plus aberrant qu’un sondage Ifop vient de dévoiler que 65% de la population soutient le droit pour les couples de même sexe de se marier, et que l’adoption recueille 52% d’opinions favorables. Mais en tant que maire de Meaux, Copé a déjà fait savoir qu’il refuserait de célébrer des unions homosexuelles, en déléguant la tâche à ses adjoints. Posture scandaleuse qu’Hollande n’a pas hésité à soutenir en s’empressant d’évoquer la possibilité d’une « "‰clause de conscience"‰ » qui autoriserait les maires à ne pas célébrer les mariages homosexuels, de la même manière que les médecins peuvent faire valoir leur « liberté de conscience » pour refuser de pratiquer une IVG. Dans le cas de l’IVG comme dans le cas du mariage des homosexuels, nous devons combattre les « clauses de conscience » qui n’ont d’autre but que de restreindre l’accès au droit tout en entretenant l’idée selon laquelle homosexualité et IVG seraient des pratiques « amorales » devant rester exceptionnelles. Face au tollé provoqué à gauche par la déclaration de Hollande, celui-ci s’est vu contraint de démentir publiquement ses propos. Cette nouvelle capitulation face aux pressions droitières et conservatrices nous conforte néanmoins dans l’idée que nous ne devons avoir aucune confiance dans le gouvernement PS, y compris pour avancer sur des questions démocratiques aussi peu compromettantes que le mariage des couples homosexuels.

Cristallisant les oppositions au projet de loi, une première mobilisation s’est tenue à Marseille le 23 octobre, puis les 17 et 18 novembre dernier où l’on a vu défiler des milliers de manifestants dans une dizaine de villes de France (entre 70 000 et 200 000 à Paris selon les sources), à l’appel de diverses associations catholiques prétendant « lutter pacifiquement contre l’instauration d’un nouvel ordre sexuel dans notre société, pour le mariage civil homme-femme, pour la filiation père-mère-enfant ». Le caractère pacifique de la lutte « anti-mariage pour tous » a lui été démenti lors de la manifestation organisée par Civitas le 18, lorsque des militantes du mouvement féministe ukrainien Femen ont été violemment agressées, jetées au sol et rouées de coups par le GUD (Groupe Union Défense) qui assurait le service d’ordre. Cette organisation d’extrême-droite proche du Front National, connue pour ses actions ultra-violentes, agit en toute impunité alors que par ailleurs on interdit des mobilisations anti-islamophobie comme celle qui était prévue à Paris le 15 septembre dernier. Pour couronner le tout, ce sont les militantes féministes qui ont été embarquées par la police, sous prétexte qu’elles n’avaient pas déclaré leur « contre-manifestation » !

Une fois de plus cet évènement montre le virage droitier du gouvernement, qui n’hésite pas à légitimer les attaques les plus violentes contre les défenseurs de l’égalité des droits. La mobilisation massive des milieux traditionnels catholiques est un élément singulier qui rappelle les manifestations de 1999 où 100 000 personnes descendaient dans la rue contre le PACS, et 1984 où ils étaient un million à défendre l’école privée. Et les opposants au mariage pour tous n’entendent pas s’arrêter là , appelant à manifester les 8 décembre et 13 janvier prochains, à la veille du débat à l’assemblée. Face à cela, il faut organiser la mobilisation en défense des droits des lesbiennes, gays, bisexuels, trans, travestis… et protester tous ensembles, homos et hétéros confondus, contre l’oppression plus générale d’une bourgeoisie prête à tout pour imposer sa vision de la famille.

Mariés ou non, pour l’égalité des droits, à bas l’homophobie !

La revendication du mariage pour tous est essentielle dans la conquête d’une égalité de droits pour tous sans distinction de genre ni d’orientation sexuelle, et pour combattre l’homophobie. Mais elle n’est pas une fin en soi ! Car comme disait Lénine, s’adressant aux ouvrières qui venaient de conquérir de nouveaux droits dans l’Union Soviétique de 1920, « L’égalité devant la loi n’est pas encore l’égalité dans la vie » [3]. De même, au-delà de la revendication démocratique du mariage accessible à tous, nous combattons l’homophobie sous toutes ses formes, de la discrimination quotidienne jusque dans les formes institutionnelles et légales. Comment est-il encore possible qu’il soit interdit aux hommes homosexuels de donner leur sang et leurs organes ? Comment peut-on tolérer des manifestations à caractère ouvertement homophobe, quand l’on sait que les suicides sont plus importants chez les adolescents homosexuels, et que les agressions à caractère homophobe sont en constante augmentation ? [4]

Pour conquérir l’égalité des droits de toutes et tous, le mariage et l’adoption par les couples homosexuels mariés ne sont pas suffisants : comme les couples hétérosexuels, les couples homosexuels doivent avoir le droit à la filiation y compris en dehors du mariage, par simple reconnaissance de l’enfant. Ainsi, la fin de la distinction entre « enfant légitime » et « enfant naturel » introduite par l’ordonnance de 2005 doit être étendue à tous les enfants, pour qu’ils deviennent égaux en droits quelles que soient les conditions de leur naissance et l’orientation sexuelle de leurs parents.

Par ailleurs, il est primordial de remettre en cause la loi de 1966 régissant la procédure d’adoption, qui induit que ne peuvent adopter que les couples mariés et les personnes célibataires. Cette loi ne correspond plus à la réalité sociale française : en 2011, 55% des enfants naissaient hors mariage [5], chiffre en constante augmentation. Alors, qu’on ose encore reprocher aux homosexuels de mettre en branle « l’institution républicaine du mariage » frise l’insolence ! Comme si ça ne faisait pas des années qu’elle ne correspondait plus aux modes de vie d’une large frange de la population, homosexuels et hétérosexuels confondus ! Le PACS l’a démontré : alors qu’il se voulait une réponse aux revendications démocratiques du mouvement LGBTIQ, il remporte finalement peu d’adhésion chez les homosexuels : sur les 203 882 PACS contractés en 2010, seulement 4,4% l’ont été par des couples homosexuels [6]. L’expérience de pays voisins tels que la Belgique et l’Etat Espagnol, où le mariage homosexuel a été légalisé respectivement en 2003 et 2005, montre que les mariages de couples homosexuels restent très minoritaires, représentant 2 à 3% de la totalité des mariages. On comprend alors que pour beaucoup, la revendication de pouvoir se marier est avant tout une revendication démocratique, une demande de reconnaissance légale face aux discriminations homophobes de notre société.

Pour l’émancipation de toutes et tous du modèle familial bourgeois !

Un argument phare des opposants à la loi est la soi-disant « défense de l’enfant » : « Le mariage est fait pour protéger le cadre de la famille. Un enfant a besoin pour son développement d’avoir un père et une mère », assurait Jean-François Legaret, maire UMP du premier arrondissement parisien. Cet argument s’affranchit bien évidemment d’une analyse de la situation actuelle qui révèle l’état de décomposition de la famille dans le sens traditionnel du terme, en voulant faire croire qu’une loi peut changer un état de fait, comme si l’homoparentalité n’était pas déjà une réalité ! Il a par ailleurs été démenti par de nombreux professionnels de santé tels que Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste : « Si je suis, avec de nombreux autres confrères, favorable à cette ouverture, c’est pour avoir reçu depuis une vingtaine d’années de très nombreux couples, familles, parents, enfants, adolescents vivant dans des contextes d’homoparentalité. (…) Les enfants que j’ai pu accueillir ne nous sont à aucun moment apparus en danger et les difficultés le plus souvent exprimées sont celles d’affronter le regard des autres et l’hostilité ou l’incompréhension de leur environnement social » [7] . Enfin, cette posture va dans le sens de la normalisation des genres, idée que nous combattons car elle vise en définitive à maintenir une oppression, celle de la domination masculine. Car que voudrait dire aujourd’hui avoir un père et une mère, si ce n’est pour mettre derrière ces termes l’idée reçue selon laquelle une femme, idéalement « mère au foyer », aurait un « instinct maternel inné » face à un père qui ferait figure d’autorité ?

Les propos scandaleux du député UMP Nicolas Dhuicq à l’Assemblée Nationale ce 28 novembre, comparant les enfants d’homosexuels aux terroristes, sont d’ailleurs symptomatiques de cette vision patriarcale : « souvent le terroriste a un défaut, il n’a jamais rencontré l’autorité paternelle » et s’adressant à Jean-Marc Ayrault concernant son « projet de loi qui va jusqu’à rayer le mot de père du code civil » : « vous provoquerez dans les années à venir la confusion des genres, le déni de la différence des sexes et la psychose ! » [8] . Par ses propos homophobes, oublierait-il que 2,84 millions d’enfants vivent en France dans une famille monoparentale, et que celles-ci sont constituées à 85 % d’une mère célibataire et de ses enfants ? [9] Pourtant, l’absence de père n’a jamais démontré qu’elle profitait au terrorisme ou à une quelconque déstabilisation des enfants ! Ce concept patriarcal de la famille unie comme foyer de procréation est profondément archaïque et ne correspond en rien à la réalité sociale, bien que les catholiques tentent désespérément de l’ériger en modèle. Face à cela, nous défendons la liberté pour toutes et tous, l’émancipation de chacun(e) des relations de dépendance et d’oppression dans la famille, quelle soit issue d’un couple hétérosexuel ou homosexuel, marié ou non marié.

Ne confondons pas la revendication démocratique d’une égalité de droits pour tous avec un idéal de vie qui voudrait que les homosexuels adhèrent à la norme bourgeoise de la famille. N’oublions pas que la famille bourgeoise reste le lieu de l’oppression par excellence des femmes et de l’orientation sexuelle, en tant qu’instrument des capitalistes dans la reproduction des classes sociales et de la domination ! Et si certains capitalistes sont aujourd’hui enclins à tolérer le mariage des homosexuels, c’est aussi qu’ils ont compris que c’était le meilleur moyen de coopter les homosexuels en les incitant à enfermer leurs « moeurs déviantes » dans un moule hétéronormatif de la famille bourgeoise monogame, « fidèle », basée sur le partage du patrimoine et l’héritage… Notre réflexion doit dépasser cette vision rétrograde et conservatrice du noyau familial bourgeois, pour tendre vers la liberté de chacun et de chacune, pour l’indépendance des femmes et l’émancipation sexuelle de tous les opprimés !

A bas l’homophobie !

Pour l’égalité des droits des enfants quelles que soient les conditions de leur naissance !

Pour une égalité complète des droits de toutes et tous sans distinction de genre ni de préférence sexuelle !

Flora Carpentier

Source : http://www.ccr4.org/L-egalite-devant-la-loi-n-est-pas-encore-l-egalite-dans-la-vie

28/11/12

[1Le Pacte Civil de Solidarité (PACS), ouvert aux couples hétérosexuels et homosexuels, a été promulgué par la loi du 15 novembre 1999 sous le gouvernement Jospin.

[2Lionel Jospin invité du Grand Journal sur Canal + le 9 novembre dernier.

[3« Aux ouvrières », article de Lénine paru dans la Pravda numéro 40, 22/02/1920

[4Voir le rapport annuel 2012 de l’association SOS-Homophobie : www.sos-homophobie.org/sites/default/files/rapport_annuel_2012.pdf.

Les résultats d’une étude menée par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), révélés en 2010, sont affligeants : « La prévalence de tentatives de suicide au cours de la vie a été estimée à 10,8 % pour les femmes homosexuelles et à 10,2 % pour les femmes bisexuelles, contre 4,9 % pour les hétérosexuelles. Dans le cas des hommes, les estimations étaient de 12,5 % pour les homosexuels et 10,1 % pour les bisexuels, contre 2,8 % pour les hétérosexuels. »

[9Chiffres de l’INSEE pour 2005 : www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1195


COMMENTAIRES  

06/12/2012 19:02 par calame julia

Bonsoir,
vous écrivez : "à bas l’homophobie".
O.K. : je vous prends donc à témoin de l’absence de commentaire.

A bas les personnes qui vivent dans la rue par les froids et autres conditions non
moins supportables ! Vous l’aurez donc compris : le logement pour tous !
Quelquefois il m’arrive de faire des cauchemars selon lesquels on aurait
supprimé : liberté, égalité et fraternité ! Pas vous ?

Le harcèlement qui a consisté à nous imposer un débat sur cette fameuse
union entre personnes pratiquant une sexualité de genre m’a finalement
donné envie de vomir eu égard à la vue de personnes dormant dehors.

08/12/2012 14:59 par Sheynat

Mais bien-sûr ! Comment n’y avais-je pas pensé ? Parmi les outils tarabiscotés du relativisme il y a aussi le «  Y’a-pire-ma-pov-Lucette » :
Génial pour faire du surplace.
Epatant car c’est la réponse fourre-tout au prétexte d’intérêt public qu’on va pouvoir sortir à chaque fois qu’une revendication nous dérange intimement.
Super pratique lorsqu’on est interpellé par une cause qu’on classe dans la catégorie «  mineure » de notre registre de fichage, suffit de répondre «  y’a pire » : un excellent moyen de scotcher l’interlocuteur.

@ Calame Julia
Certains lecteurs dont je fais partie n’ont pas forcément le temps de se précipiter à semer un peu partout en commentaire leurs réactions épidermiques même lorsqu’ils apprécient particulièrement l’initiative d’une publication comme celle-ci, et même lorsqu’ils déplorent d’y trouver un commentaire comme le votre, digne des micro-trottoirs de msn.com.

Tiens, je vais aller demander à ceux que je connais qui sont à fond dans les démarches de logements pour ceux qui se retrouvent à la rue, si leur boîte-à -pensée est si réduite que lorsqu’on leur parle du mariage homosexuel, c’en est de trop : à régurgiter !
Alors qu’ils sont les mieux placés pour savoir que l’interdiction fait largement partie des discriminations conservatrices homophobes, directement liées à l’éjection des jeunes homosexuels des foyers parentaux conventionnels avec pour conséquences de faire des ados issus de minorités sexuelles une des populations les plus confrontées à des situations de grande précarité et à se retrouver sur le carreau.

Apparemment, il vaut mieux renverser le problème et faire croire au harcèlement, n’est-ce pas ?

Pourquoi ne pas affirmer que ce sont les catholiques (et autres honnêtes gens) qui sont harcelés, on devrait même parler de "catholiphobie"* parce qu’en plus de cette «  nouvelle persécution religieuse » à cause de la demande du mariage homosexuel «  qui attise la violence et la haine » (voir l’excellent article de Jacques Richaud ), cette missante Cécile Duflot émet une pensée pour les sans abris (on se demande comment elle est capable de faire ça, hein ? Avoir une pensée ET pour les homos ET pour les sans abris ? ) et parle de réquisitionner les locaux vides de l’Eglise.

Quelque fois il m’arrive de faire des rêves, ou plutôt que de vomir sur des causes décrétées minoritaires, on se contenterait de foutre la paix aux groupuscules qui ne prétendent à rien d’autre qu’à la liberté, égalité et fraternité... voire même à participer à l’émancipation humanitaire, au cas où les soutenir est trop demandé. Pas vous ?

*expression de Christine Boutin, ancienne ministre du logement, dont on se contentera : cumuler 9500€ par mois pour réfléchir sur les problèmes sociaux, en plus d’une retraite mensuelle de 8600€ n’était sans doute pas suffisant pour lui écarter ses oeillères.

08/12/2012 19:58 par C'est une belle soirée

Un soir, il y a longtemps déjà , mon père du haut de ces 75 ans me dit avec malice :"hé bien, tu vois, il nous aura fallu 45 ans de mariage à ta mère et à moi pour découvrir que nous étions un couple ... hétérosexuel ! ça t’en bouche un coin non ?" et fou-rire général de la tablée.
Tout ce tintouin autour d’un "mariage pour tous" est ridicule. Il y a une France posée, calme, qui accepte la différence si peu qu’on en fasse pas étalage.
Homophobie, mariage pour tous, pacs, divorce .... et en avant la salade mélangée.
Laissons le mariage à sa valeur première, non ?
Inventons un contrat républicain si certains homosexuels y tiennent absolument, après tout, l’état français se doit de légiférer pour tous les Français, bon, et encore.
Ou bien même, encore mieux ! Fichons la paix à ceux qui veulent vivre une vie à deux comme ils l’entendent (hétéro, homo) et finissons-en avec tout cela.
Bon moi, je viens de terminer d’illuminer l’extérieur de la maison avec des lumignons dans la pure tradition lyonnaise, vous savez ? le quartier est vraiment beau grâce à toutes ces bougies.
Voyons voir .... mon calendrier de la la Poste ... ah, oui .... 8 décembre .... Immaculée Conception ... c’est ça ! sourire ....
Lyon le 8 décembre 19h00

08/12/2012 23:44 par Safiya

@ C’est une belle soirée

C’est un très beau commentaire. J’y adhère toute. Joyeux Noël !

09/12/2012 08:31 par calame julia

Madame Seynat,
J’apprécie votre manière de comprendre certains commentaires.
Et, je vous serais reconnaissante de garder vos insinuations pour vous.
Pour en finir et ne pas me laisser aller à des explications inutiles, ayant des
enfants vingtenaires, je pense être parfaitement au fait de ce genre de discussion
et réflexions. Bien le bonjour.

09/12/2012 12:40 par Sheynat

«  Laissons le mariage à sa valeur première, non ? »
Mais de quelles valeurs parlez-vous ?
Pas de celles de l’Eglise je suppose, où nombre d’incroyants -incapables d’assumer un athéisme cohérent -franchissent exceptionnellement ces lieux durant quelques jours, juste pour le spectacle dont ils feront la représentation, juste pour se conformer au moule sociétal d’un conservatisme dont ils ne connaissent ni l’actualité ni les origines premières, et où nombres de prêtres savent pertinemment quelle mascarade ils cautionnent.
La moitié de ces couples divorceront, le quart de l’autre restera marié par obligations économiques, mais ça ne choquera pas outre mesure ces traditionalistes du dimanche de se la jouer «  outragés » en refusant l’accès de cet espace -car il s’agit bien là d’un conflit de territoire- à des couples «  différents » oui, sans doute, car bien plus sincères dans leur démarche.
On est vraiment dans le système de l’apparence ; si encore il ne s’agissait que de cela, mais non, endosser un joli costume en toute hypocrisie les place au podium des donneurs de leçons.

Pas les valeurs religieuses du caractère sacré de l’amour charnel et spirituel d’un couple, j’imagine, qui, en toute conscience et connaissance de cause, n’aurait nul besoin de passer par cette reconnaissance doctrinale pour témoigner de sa force, et encore moins de pointer du doigt ceux qui estiment y avoir droit au même titre que les couples normés.

Encore moins des valeurs laïques, dont on tait aujourd’hui sciemment les libertés premières, -au bénéfice d’un tintouin protestataire-, puisqu’elles accordaient dans la lignée des cultes païens, le mariage mixte (ou «  salade mélangée » mais j’y perçois une connotation négative du même ressort que celle des «  bloqués de l’identitaire »).
Il fut détourné, sali et corrompu par un courant chrétien intégriste qui en imposa les nouveaux critères en 438 via les codes de Théodose II.
Nous sommes donc très loin de la primauté de ces valeurs.

Que dire de celles de la gauche... je n’ose croire qu’elles puissent s’accrocher aux inégalités liberticides issues de Constantin déclarant ce genre de christianisme discriminatoire en tant que religion d’Etat.
Et cette Gauche est sûrement assez fine et sûre de ses valeurs pour distinguer dans le tapage médiatique actuel, la demande légitime d’un groupe rejeté, des oppositions acharnées d’une majorité à mentalité droitière.
Pour distinguer aussi de cette revendication juste et justifiée, l’instrumentalisation politique qui en est faite.
Pour distinguer encore, une attitude de lutte qui réclame l’égalité légiférée pour tous quels que soient les rejets et situations précaires dont ils sont victimes, d’une attitude suintant le relativisme (Y’a pire) et la condescendance (sentiment de supériorité et de mépris, aux allures de bienveillance).
Et enfin, d’un conflit de lois civiques et laïques, à celui de territoires et d’identités.

09/12/2012 12:49 par Sheynat

«  Il y a une France posée, calme, qui accepte la différence si peu qu’on en fasse pas étalage. »
J’espère que vous ne voulez pas dire :
Il y a une France confortablement installée dans son conformisme sexiste, capable de condescendance avec ce qui ne lui ressemble pas, pour peu que ce qui ne lui ressemble pas ne fasse pas trop tâche : en bref, que «  ça » se taise, que «  ça » rase les murs, que «  ça » reste dans l’ombre, invisible, inaudible, immobile.
Parce que, si c’est le cas, n’accepter une différence que dans la mesure où elle semble inexistante revient à rendre l’acceptation tout aussi inexistante. (tiens, je pourrais en faire une citation).
Des bruits se forment pour briser l’assourdissant silence qu’une majorité maintient injustement. D’autres sont des langages, mais...
«  L’oppresseur n’entend pas ce que dit son opprimé comme un langage mais comme un bruit. C’est dans la définition de l’oppression. » (Christiane Rochefort).

A propos de ces si mignons récits sur les joyeusetés familiales et enluminures de façade, je vais vous en raconter deux autres :

- Il était une fois un père d’un certain âge, posé, calme, qui après avoir très joliment éclairé son jardinet dans la pure tradition locale, aurait bien fait rire ses enfants en leur confiant :
«  Il nous aura fallu 25 ans de mariage à ta mère et à moi pour se rendre compte qu’on était un couple... de blancs ! Ca t’en bouche un coin, non ? »
La tablée aurait beaucoup rit.

- Il était une fois un pasteur qui avait renvoyé un couple de noirs se faire marier dans l’église voisine.
Parce qu’être représentant de l’amour de Dieu, d’accord, accepter qu’un couple «  différent » se marie, OK, mais pas dans sa paroisse, ça fait trop tâche.
Pour rester dans les valeurs que certains défendent ici sans scrupule, on va plutôt déplorer le tintouin : ce couple (noir) qui prétendait se marier dans le même territoire que celui de la caste dominante, au même titre que les autres, aurait pu faire ça incognito et sans étalage, laissant à loisir les accrocheurs de lumignons se recueillir comme il se doit aux approches de Noël, oh... c’est trop mignon.
Au fait, ce n’est pas vraiment une histoire ; et ça, vous en bouche un coin ?

Beau dimanche.

09/12/2012 21:01 par gérard

« Parmi les outils tarabiscotés du relativisme »
J’aime énormément Marcel Rufo.
Je pistais ses interventions à une époque de très bonne heure sur la 5 ; c’est quelqu’un qui déborde de bon sens et d’humanité.
Du souvenir de l’enfance que j’en ai, et qui je pense est une règle, c’est le refus d’un enfant d’être différent des autres enfants ; il peut ressentir toute différence comme une terrible souffrance.
Le mariage homosexuel ? Mais bien sûr !
La question ne devrait même pas se poser.
Mais en ce qui concerne l’adoption et autre, là c’est une toute autre question...
Tout l’article et les commentaires sont axés sur les droits de l’adulte, ah les droits !
Mais l’enfant dans tout ça ?
J’ai trouvé ça de Marcel Rufo :
http://www.psychologies.com/Famille/Etre-parent/Mere/Articles-et-Dossiers/Homos-et-parents/9
http://dijonkid.com/rubriques/interview/2011_06_01/interview.php

10/12/2012 23:52 par Sheynat

09/12/2012 à 21:01, par gérard
Mais en ce qui concerne l’adoption et autre, là c’est une toute autre question...
Tout l’article et les commentaires sont axés sur les droits de l’adulte, ah les droits !

Pfff... encore faudrait-il lire l’article en question :

Un argument phare des opposants à la loi est la soi-disant « défense de l’enfant » : « Le mariage est fait pour protéger le cadre de la famille. Un enfant a besoin pour son développement d’avoir un père et une mère », assurait Jean-François Legaret, maire UMP du premier arrondissement parisien. Cet argument s’affranchit bien évidemment d’une analyse de la situation actuelle qui révèle l’état de décomposition de la famille dans le sens traditionnel du terme, en voulant faire croire qu’une loi peut changer un état de fait, comme si l’homoparentalité n’était pas déjà une réalité ! Il a par ailleurs été démenti par de nombreux professionnels de santé tels que Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste : « Si je suis, avec de nombreux autres confrères, favorable à cette ouverture, c’est pour avoir reçu depuis une vingtaine d’années de très nombreux couples, familles, parents, enfants, adolescents vivant dans des contextes d’homoparentalité. (…) Les enfants que j’ai pu accueillir ne nous sont à aucun moment apparus en danger et les difficultés le plus souvent exprimées sont celles d’affronter le regard des autres et l’hostilité ou l’incompréhension de leur environnement social » [7] .
(…)
Pour l’égalité des droits des enfants quelles que soient les conditions de leur naissance !

Si les enfants souffrent d’être ressentis comme différents ce n’est pas à cause de leur différence, mais à cause du refus de la différence dont ils sont les cibles directes.
En plus court, le problème n’est pas la différence mais son rejet. Si on veut le résoudre, c’est du côté du rejet qu’il faut s’attarder,
De plus, les homos, s’ils le veulent, ont quand même des gamins et vivent en couple, alors pourquoi l’adoption poserait problème ?

Sur psychologie.com, site donné en lien, je porte l’attention sur l’avis de Christophe André :

(…) Aujourd’hui, j’ai une position pragmatique : rien ne permet de dire que l’hétérosexualité des parents garantit un meilleur équilibre à l’enfant que leur homosexualité. L’hétérosexualité ne protège pas des guerres conjugales, des détresses familiales, des aberrations éducatives. Peut-être s’apercevra-t-on demain qu’il n’y a guère de différence entre les enfants élevés par des couples homosexuels ou hétérosexuels : il y a tant d’autres facteurs qui pèsent sur l’équilibre et la construction d’un enfant !

Par ailleurs, l’enfant est extraordinairement adaptable, pourvu qu’il ait de l’amour autour de lui. Si ses parents l’aiment et s’aiment, tout est possible. Et plus cette situation, aujourd’hui dérangeante car inédite dans l’histoire de nos sociétés humaines, se banalisera, plus elle perdra de son pouvoir déstabilisant, et plus l’enfant trouvera facilement réponse à ses manques, à ses besoins identificatoires ou à ses questions dans l’environnement proche - famille, enseignants, amis. Et ce n’est pas pour autant qu’il deviendra homosexuel ! On ne "devient" pas homosexuel, on l’est ou on ne l’est pas."

Les enfants ont sous les yeux tous les cas de figure, sans a priori, ce sont les adultes qui leur inculquent le racisme et l’ostracisme, et génèrent un malaise à cause de leur regard réprobateur ou pire, chargé de haine.

11/12/2012 08:59 par gérard

@ Sheynat
Si, si, j’avais bien lu, mais il me semblait que la plus grosse partie de cet article était axée vers l’adulte, alors que personnellement j’estime que c’est l’enfant qui est le plus important.
Mais ai-je dit que j’étais hostile ? Non, l’être arbitrairement, c’est de l’obscurantisme. D’ailleurs Marcel Rufo ne l’est pas, mais il soulève quelques points qui me paraissent importants et qu’il faudrait peut-être prendre en compte.

Pourtant, l’absence de père n’a jamais démontré qu’elle profitait au terrorisme ou à une quelconque déstabilisation des enfants !

Au "terrorisme" ! Mais quelle pour le moins "étrange" idée que d’avoir parlé de cela !
Mais en ce qui concerne la "déstabilisation des enfants", surtout chez les garçons, là c’est une toute autre histoire. Cette absence de père qu’elle soit physique ou non (désolé pour ce cliché succinct "d’autorité" mais je risque d’être trop long sinon), provoque souvent des "catastrophes" chez les garçons ; ils en arrivent à n’avoir plus de bornes, plus de limites, et donc plus de repères.
Beaucoup à dire, mais il faut bien écouter Ruffo.

11/12/2012 20:12 par Sheynat

"Mais ai-je dit que j’étais hostile ? Non (…)"
En effet tu ne l’as pas dit. Mais je pense que tu l’es assez pour affirmer une opinion qui ne correspond pas aux faits que tu dis avoir vus : sur 13 chapitres, 9 d’entre eux évoquent le cas des enfants et de leur adoption. Sans compter que sur les deux lignes en gras qui résument le texte, l’une d’elle leur est consacrée.
Donc s’il te «  semblait » malgré la lecture, que c’est «  tout l’article », ou «  en grande partie » qui était "axé sur l’adulte", on peut se demander pourquoi. Et l’"hostilité" -que tu as été le seul à mentionner- semble bien confirmer ce parti pris.
En fait, ta réponse consiste à éviter d’affirmer d’entrée ton hostilité, et à donner les références qui corroborent ton état d’esprit, et démontre que tu as décidé d’occulter les informations contenues dans l’article et le commentaire (prétendument lus).
Voici un article où tu devrais te retrouver, mais il n’est pas dit que tu sois capable de t’y reconnaître. Pourtant, tout ton discours masque très mal l’homophobie et les idées réactionnaires qui t’animent et qui ne sont pas plus évoluées que le monsieur de l’UMP, bien que tu les dissimules sous des circonvolutions, des idées contradictoires, et que tu t’en défendes ... 
Ils ne sont pas homophobes, comme ils disent... 

«  Au "terrorisme" ! Mais quelle pour le moins "étrange" idée que d’avoir parlé de cela ! »
Pour le moins étrange, c’est le cas de le dire, de la part de quelqu’un qui dit avoir bien lu l’article :

Les propos scandaleux du député UMP Nicolas Dhuicq à l’Assemblée Nationale ce 28 novembre, comparant les enfants d’homosexuels aux terroristes, sont d’ailleurs symptomatiques de cette vision patriarcale : «  souvent le terroriste a un défaut, il n’a jamais rencontré l’autorité paternelle »

Ce qui est dommage car justement, les propos du député UMP semblent coller parfaitement aux tiens : le manque d’autorité (même s’il est présenté en cliché succin). La différence est que pour toi ça provoque des «  catastrophes », pour lui du terrorisme.
Comme les avis des autres médecins face à celui de Rufo semblent te passer par dessus la tête, je te mets sous les yeux les «  catastrophes » que peuvent produire la sacro-sainte autorité paternelle sous le chapiteau familial :

La famille est le lieu où s’exercent la grande majorité des violences envers les enfants et la quasi totalité des homicides d’enfants.
Selon les statistiques (Observatoire National de la Délinquance, 2010, par le 119, numéro d’appel pour les enfants en danger) les auteurs des violences sont très majoritairement les parents, les pères pour les violences sexuelles (81,6% des auteurs), les mères pour les négligences graves et les conditions d’éducation défaillantes (en sachant que les enfants sont le plus souvent avec leur mère), et les violences graves sont également partagées.

(Lire la suite ici : Violences faites aux enfants. )
Mais on ne va pas attendre d’un personnage tel que Rufo qui inverse comme tu le fais, la conséquence et la cause, la capacité à repérer un phénomène déjà occulté par la société : Victimes d’inceste, mieux repérer pour mieux protéger.
"Il faut bien écouter Rufo".
Allez, vas-y : Allo Rufo ?
Au cas où tu aurais encore ce qui d’après toi manque à cause de l’absence du père : des limites, des bornes et des repères, tu sauras discerner où se situe l’imposture...

12/12/2012 09:39 par gérard

@ Sheynat
Sur l’enfant à part entière, il n’y a que ce passage :

Il a par ailleurs été démenti par de nombreux professionnels de santé tels que Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste : « Si je suis, avec de nombreux autres confrères, favorable à cette ouverture, c’est pour avoir reçu depuis une vingtaine d’années de très nombreux couples, familles, parents, enfants, adolescents vivant dans des contextes d’homoparentalité. (…) Les enfants que j’ai pu accueillir ne nous sont à aucun moment apparus en danger et les difficultés le plus souvent exprimées sont celles d’affronter le regard des autres et l’hostilité ou l’incompréhension de leur environnement social » [7] . Enfin, cette posture va dans le sens de la normalisation des genres, idée que nous combattons car elle vise en définitive à maintenir une oppression, celle de la domination masculine. Car que voudrait dire aujourd’hui avoir un père et une mère, si ce n’est pour mettre derrière ces termes l’idée reçue selon laquelle une femme, idéalement « mère au foyer », aurait un « instinct maternel inné » face à un père qui ferait figure d’autorité ?

Je suis obligé de redire ce que j’ai dit :
Le mariage homosexuel ? Mais bien sûr ! La question ne devrait même pas se poser.
Dois-je l’écrire en plus gros...
Mais c’est du "taser" pur jus : si j’émets des réserves sur l’adoption...par conséquent je suis homophobe...
Je ne dis pas non plus que les familles "traditionnelles" soit idéales, supérieures en tout, je connais parfaitement les dégâts qu’elles peuvent faire (voir "Festen", je crois que c’est un des films qui m’a le plus bouleversé)
L’abandon d’un enfant n’est déjà pas quelque chose qui est vécue simplement et par l’enfant (qui m’a abandonné et pourquoi ?) et par la mère bien sûr, (et quelque fois par le père).
L’adoption n’est souvent pas non plus vécue comme "idyllique" par un enfant en fonction de son âge, dans une famille "comme les autres", alors si en plus elle est "différente"....
Dans le texte ci-dessus il y a un peu ce que j’appelle une malhonnêteté intellectuelle : "associer oppression et domination masculine, avec autorité ", et donc surtout "autorité paternelle"... Vis à vis de l’enfant, et surtout le garçon, cela n’a strictement rien à voir. Pour construire son identité un enfant à besoin (entre autre) de se confronter à une autorité, de l’amour et que de l’amour ne suffit paradoxalement pas. C’est un domaine à étudier au lieu de partir sur des idées toutes faites.
Un couple homo peut parfaitement apporter cet équilibre, je ne le nie pas, car déjà dans un couple "normal", l’autorité n’est (sur l’enfant) pas systématiquement du côté du père, mais est-ce suffisant pour un enfant ?

les difficultés le plus souvent exprimées sont celles d’affronter le regard des autres et l’hostilité ou l’incompréhension de leur environnement social

Là , c’est du très gros, et ce serait un sujet de longs débats et surtout sans à -priori, mais est-ce possible car :
« (mon) discours masque très mal l’homophobie et les idées réactionnaires qui (m)’animent. »
...rien que ça !

13/12/2012 12:34 par psy de comptoir

Ah ? On ne parle plus de Marcel Rufo ? C’est dommage, c’était amusant.
Ici, il explique comment il faut élever les filles et les garçons. Et il a raison, chacun à sa place et les vaches seront bien gardées.

Cependant, c’est un peu triste, d’une certaine façon, d’assigner les enfants à des taches déterminées par leur sexe (il y a des trucs marrants à faire dans chaque camp, sans parler de la transgression, si tentante chez l’enfant/ado), avec la valorisation de la force masculine d’un côté, et donc, les travaux rudes, et de l’autre côté, l’optimisation des qualités féminines naturelles, douceur et faiblesse physique, mais il doit falloir bien ça pour ne pas les inciter à se laisser aller à la "gay-ittude".

(Et puis, avec tous ces mariages homos, qui va repeupler la France et rajeunir le cheptel ?
J’ai bien une petite idée, mais après l’homophobie et la misogynie, le racisme : ça risque de ne pas passer la modération).

Je n’aurai qu’un mot : je vote pour Marcel Rufo et sa version "Ingalls" de la famille. Au moins, c’est clair.

Et je ne résiste pas au plaisir de tirer un extrait savoureux, et si pertinent, de sa déclaration :

On devient fille ou garçon, en repérant chez chacun de ses parents sa part masculine et féminine, d’où la nécessité de conserver des rôles bien différenciés, afin que l’enfant puisse se repérer. Le père et la mère ignorent que c’est à travers leur manière spécifique de les regarder, de les porter, de les nourrir que leurs petits vont se construire une identité sexuée.

Donc, si on comprend bien, il faut s’évertuer à ne pas mélanger les genres pour qu’un garçon devienne un homme, un vrai, et qu’une fille soit préparée à affronter le monde sous son aile protectrice. Et, plus elle restera à la maison à faire la cuisine avec maman, moins elle aura à braver les dangers que représentent pour elle le local à poubelle, surtout s’il n’y a pas de lumière.
Alors, les gars : plus de corvée de vaisselle, il faut laisser ça aux filles. Elles sont en apprentissage de la vraie vie, n’inversons pas les rôles.
C’est un grand psychiatre qui l’a dit.

13/12/2012 17:19 par lapindebois

Contre toute attente, une phrase lucide se dissimule dans ce texte :
« En effet, cette mesure finalement peu coûteuse qui vise à contenter l’électorat de gauche ne doit pas nous distraire et nous faire oublier que derrière ses allures de gouvernement « de gauche », le PS continue à appliquer l’austérité et à faire déferler les attaques sur le dos des travailleurs. »

Pour le reste, je pense que ce texte, comme tous les argumentaires pro-mariage pour tous, se fourvoie, sciemment ou non.
Ainsi pour ce qui est de l’augmentation supposée des "réactions homophobes" : si on considère que tout argument opposé au projet de loi est homophobe, c’est une évidence. Mais à moins de vouloir interdire tout débat sur ce projet (on peut difficilement imaginer un débat sans opposant), ça paraît assez inévitable.
La question est plutôt : pourquoi faire un tel tintouin pour un projet qui ne concernera quasiment personne, la plupart des homosexuels n’ayant pas l’intention de se marier ? Et là , l’argumentation des pro-mariage a tendance à se mordre la queue (sans jeu de mot vaseux) : le projet de loi suscite une opposition, ce qui prouve qu’il y a de l’homophobie, donc il faut voter ce projet de loi pour normaliser l’homosexualité et faire cesser l’homophobie, même si au départ on s’en foutait, du mariage.
Or c’est une erreur, car cette affaire a plutôt tendance à susciter la méfiance envers les homosexuels, que la plupart des gens sont prêts à laisser en paix tant qu’on ne leur demande pas de modifier leur mode de vie et leurs institutions.

Tout ça est en tout cas une belle manoeuvre de diversion du PS, à la symétrique du débat sur l’identité nationale lancé par Sarkozy : «  J’agite un chiffon rouge pour faire réagir mes adversaires. En voyant les réactions de ceux-ci, mon électorat serre les rangs derrière moi parce qu’il les trouve trop cons et je passe pour être authentiquement de gauche / de droite (rayer la mention inutile) même si en réalité je ne sers que le Marché ».

Mais ce qui m’interroge surtout, c’est le lien pour le moins artificiel que fait l’auteur entre ce projet de loi, présenté par un gouvernement de centre-gauche libéral-austéritaire, et la phraséolologie révolutionnaire : référence à Lénine, "modèle familial bourgeois", etc. Cette idée que le capitalisme s’appuie sur les valeurs traditionnelles de la société pour asseoir sa domination, et qu’en détruisant ces valeurs on précipite la chute du capitalisme, est complètement dépassée depuis longtemps. Le capitalisme dans sa phase «  société de consommation » a détruit la société traditionnelle beaucoup plus efficacement que des armées de révolutionnaires acharnés, et il se satisfera pleinement du mariage homosexuel s’il y a du pognon à se faire.
On peut être tout à fait anticapitaliste, anti-impérialiste, bref dans la ligne de ce qui se publie habituellement ici, et ne pas être favorable au "mariage pour tous". Comment se fait-il qu’il n’y ait personne pour porter ce type de positionnement ?
Quant aux Femen, comment dire... Si c’est là l’avant-garde du féminisme révolutionnaire, celui-ci est plutôt mal barré.

13/12/2012 21:23 par Sheynat

@ Gérard
«  Sur l’enfant à part entière, il n’y a que ce passage(...) »
Non, c’est tout l’article qui est orienté sur l’enfant et sur la demande que cesse l’inégalité des droits qui le désavantage lorsqu’il s’agit d’homoparentalité.

«  Autant dire que le PACS concédé à contrecoeur est bien loin d’établir une égalité de droits : s’il permet aux couples homosexuels de bénéficier d’avantages auparavant réservés aux couples hétérosexuels en termes d’impôts et de droits sociaux, il est sans effet sur les règles de filiation et de l’autorité parentale, et n’a pas tardé à se montrer insuffisant pour les militants de la cause LGBTIQ.

Pour conquérir l’égalité des droits de toutes et tous, le mariage et l’adoption par les couples homosexuels mariés ne sont pas suffisants : comme les couples hétérosexuels, les couples homosexuels doivent avoir le droit à la filiation y compris en dehors du mariage, par simple reconnaissance de l’enfant. Ainsi, la fin de la distinction entre «  enfant légitime » et «  enfant naturel » introduite par l’ordonnance de 2005 doit être étendue à tous les enfants, pour qu’ils deviennent égaux en droits quelles que soient les conditions de leur naissance et l’orientation sexuelle de leurs parents.(…)
«  On comprend alors que pour beaucoup, la revendication de pouvoir se marier est avant tout une revendication démocratique, une demande de reconnaissance légale face aux discriminations homophobes de notre société. »

Que tu persistes à rester dans l’ignorance en t’appuyant sur des approximations arbitraires cela t’appartient, mais cela ne réussira pas à corrompre le contenu de cette brillante publication fondamentalement axée sur le devenir des enfants, car il est évident que tu n’as fait que le survoler.
«  Le mariage homosexuel ? Mais bien sûr ! La question ne devrait même pas se poser. »
Admettons, «  tu es pour le mariage homosexuel » : formidable ! Tu n’es pas homophobe.
Sauf que, si l’adoption est possible dans le mariage hétéro, ça pose problème dans le mariage homoparental. Donc le mariage homosexuel ne devrait pas avoir les mêmes droits.
C’est comme l’autre pasteur, qui n’est pas «  contre » le mariage des couples noirs, sauf que, ce mariage ne doit pas se faire dans les mêmes circonstances que celui des couples blancs, puisqu’ils sont différents.
Et dans ta logique, si l’on considère le comportement de ce pasteur animé par le racisme, tu déclareras qu’il a été «  tasé » ? Mais de qui se moque-t-on ?
Pourtant ce n’est pas bien compliqué de se positionner clairement :

De deux chose l’une : soit on est contre le mariage homo et la question de l’adoption ne se pose plus que marginalement (adoption individuelle) ; soit on est pour, avec tout ce que cela entraîne, notamment l’adoption. (Jean-François Launay)

Il faudrait commencer par reconnaître ton propre rejet de leur différence mais cette honnêteté semble te faire défaut.
Néanmoins, que tu y mettes les formes et les détours, ou utilises des points d’interrogations et des guillemets... ne trompe pas sur la démarche :
"Un couple homo peut parfaitement apporter cet équilibre, je ne le nie pas, car déjà dans un couple "normal", l’autorité n’est (sur l’enfant) pas systématiquement du côté du père, mais est-ce suffisant pour un enfant ? "
Une phrase bien emberlificotée encore une fois, qui au départ pourrait faire croire que tu considères qu’un couple homosexuel apporterait autant d’équilibre qu’un couple hétéro, sauf que tu termines en remettant en question cette possibilité.
«  Taser » les homosexuels et leurs revendications de nauséabondes bouillies truffées d’erreurs et de leçons sur des sujets dont tu n’as aucune notion est ton choix, grand bien t’en fasse, cependant faire espérer toute tentative de débat à ce stade là est prendre les interlocuteurs pour des imbéciles.
Considérer qu’y répondre à armes égales est inacceptable lorsque c’est ton opinion qui est visée semble une bien étrange conception de la liberté d’expression.
Je me permets un conseil : exprimer un «  non » clair au lieu d’écrire « oui mais blablabla non » gagnerait en crédibilité et t’économiserait quelques frappes ou caresses superflues.

«  étudier au lieu de partir sur des idées toutes faites » : je ne t’aurais pas mieux proposé et je ne le ferai pas à ta place. Car vouloir à tout prix avoir raison face à ceux qui ont étudié la question pendant des années, sans prendre la peine de s’aventurer personnellement à chercher, creuser, appréhender et analyser, frise le ridicule.
Concernant le couple prétendu «  normal » : ce bref coup de gueule rappelant qu’on nous ressert les mêmes arguments étriqués assénés il n’y a pas si longtemps sur les couples divorcés et familles recomposées alors que la rétrospective permet d’en repérer l’absurde nuisance et de démasquer que défendre une institution catho et désuète qui non seulement n’a jamais protégé les enfants des violences conjugales mais en plus s’autorise systématiquement à les malmener par la stigmatisation sociale en était l’unique intérêt.

13/12/2012 21:52 par Sheynat

@ lapindesbois
«  les homosexuels, que la plupart des gens sont prêts à laisser en paix tant qu’on ne leur demande pas de modifier leur mode de vie et leurs institutions. »
Déjà répondu ici.
On peut être tout à fait anticapitaliste, anti-impérialiste, bref dans la ligne de ce qui se publie habituellement ici, et ne pas être favorable au "mariage pour tous".
Anticapitaliste et anti-impérialiste... jusqu’à un certain point, finalement. Sauf qu’il existe un pays où ils tentent d’aller jusqu’au bout et c’est plutôt eux qui devraient à mon avis servir de modèle..
Sortie du DVD "CUBA UNE REVOLUTION DES SEXUALITES"
http://www.legrandsoir.info/+sortie-du-dvd-cuba-une-revolution-des-sexualites+.html

14/12/2012 10:34 par Anonyme

@ Lapin des Bois,
Ce que vous dites pose des questions qui auraient pu être discutées si ce fil n’avait pas été perverti d’entrée par les propos tendancieux, réactionnaires et plus ou moins ouvertement homophobes des intervenants.
La question du mariage homo va plus loin, en effet, que de décréter péremptoirement et sans preuves qu’un enfant d’un couple homo serait déstabilisé et ne se construirait pas "normalement", ou de dire : "Laissons le mariage à sa valeur première, non ?" - qui rejoignent les arguments des agités haineux actuellement sur le devant de la scène.
Toute la rhétorique sur "pas d’accord pour l’adoption par des homos" est ridicule : les homos n’ont pas attendu l’aval de la population pour vivre en couple et adopter ou avoir un enfant.

Ce que développe le billet, ce sont les arguments en faveur d’un traitement égal des couples homos et hétéros - et que cela passe par le mariage, c’est que rien d’autre n’est proposé et qu’il n’y a aucune chance d’obtenir mieux dans le contexte actuel - avec un soutien très limité, même à gauche, et une opposition violente.

Le problème, c’est que cet enfant d’homos (dont on s’inquiète des droits quand il s’agit de réfuter son adoption par les couples homosexuels) n’a actuellement pas les mêmes droits que les autres. Seul un des deux membres du couple est considéré comme parent légitime, l’autre n’ayant aucun droit sur lui. Comment un enfant peut-il vivre la vexation que la loi ne reconnaisse qu’un seul de ses parents quand, dans le cadre d’une union hétérosexuelle, même un parent qui s’est éloigné de sa progéniture, ou ne l’a pas connue, voire l’a reniée, dispose, à juste titre, de protections légales ?

Ce refus de permettre aux couples homosexuels d’accéder au mariage (civil, évidemment, on se demande ce que font les curés là -dedans, ils feraient bien de s’occuper de la conception que certains d’entre eux ont de l’enfance) revient à dire que seule la famille traditionnelle telle qu’instaurée par l’Eglise et le patriarcat est admise et que c’est l’orientation sexuelle qui détermine les droits des parents et des enfants. Ce qui signifie que l’hétérosexualité serait officiellement et définitivement imposée comme seule norme - ce dont profiteraient les réactionnaires de tous bords .
(Voir le communiqué du Planning).

Et donc, si les associations appellent à ce "mariage pour tous", sans grand enthousiasme, certes, étant donné ce que représente l’institution, c’est pour défendre l’égalité des droits pour les couples homos et leurs enfants, et parce que c’est la seule solution qui a été proposée pour réparer cette injustice par les responsables politiques pseudo-progressistes qui ont introduit dans leurs programmes le "mariage"(sans proposer d’alternative, comme une révision du Pacs, ou autre système), pour l’exploiter à des fins électorales et détourner l’attention sur leurs forfaitures.
En faisant cela, ils instrumentalisent à peu de frais l’homoparentalité et cristallisent actuellement la haine sur les homosexuels, comme cela se produit de façon récurrente contre les immigrés ou les musulmans.

Il est vrai aussi que le fait qu’il s’agisse de "mariage" sert de prétexte à une partie de la gauche pour ne pas soutenir le projet, voire le rejeter, alors qu’elle était moins catégorique pour le PACS, qui incluait les hétéros.

En revanche, dire que cette loi est inutile parce qu’elle ne s’adresse qu’à quelques-uns, c’est accepter que, dans une république, tous les citoyens n’obéissent pas aux mêmes règles et ne soient pas égaux en droit. Cette loi est destinée à réparer les inégalités qu’a créées le Pacs et qui visait, de fait, les couples homosexuels. Ce n’est pas un projet de loi discriminatoire, contrairement aux lois sur le foulard à l’école ou la burqa, par ex., qui elles aussi, touchaient une minorité d’individus spécifiques.

Quant au "tintouin", il a été orchestré par les responsables politiques (probablement à dessein), les associations qui défendent le "mariage pour tous" ne pouvant pas ne pas réagir face à la virulence des opposants et aux réactions homophobes qui ont découlé.

Et enfin, s’il faut attendre qu’une majorité de gens soient concernés pour qu’il y ait mobilisation, les militants locaux de NDDL, les ouvriers licenciés d’usines qui ferment et d’autres seraient bien seuls dans la lutte.

De plus, dire que tout le monde se range derrière Hollande, c’est absurde. Même lors des élections, il n’y a pas eu un fol enthousiasme pour lui. Les associations féministes et LBGT, ne sont pas aveuglées désormais par la reconnaissance, elles ne sont pas sur une planète isolée, mais elles font leur boulot : soutenir un projet qui serait condamné définitivement si elles ne réagissaient pas. Mais elles ne sont certainement pas dupes. Et puis, fallait-il dire :" non, c’est un truc bourgeois tout ça, nous refusons d’entrer dans votre jeu, et laisser, ainsi, triompher les ligues de vertu et les religieux de tous poils" ?

Et pourquoi les anticapitalistes et anti-impérialistes devraient-ils s’exprimer contre cette loi ? Et se donneraient-ils les moyens de s’investir sur cette question ? Sont-ils prêts à se battre pour que soit mis fin à l’institution du mariage ? Ont-ils un système alternatif à proposer ? Ont-ils réfléchi à la question ? Ont-ils seulement pensé à l’après-capitalisme ? Avec qui veulent-ils construire une nouvelle société ? Ou bien se gargarisent-ils de vains mots ?

Parce qu’il ne suffit pas de dire qu’on est contre parce que ça a été proposé par un agent du capitalisme. C’est aussi hypocrite qu’une promesse du PS. On ne règle aucun problème de la sorte et on laisse le soin aux capitalistes et aux Eglises de poursuivre leurs petits commerces fructueux en pontifiant sur la fin du capitalisme tout en dressant la liste des courses à faire à la multinationale du coin.

Quant aux Femen, si elle en parle, c’est qu’elles ont été violemment agressées, et si elle s’indigne du traitement qu’elles ont subi, et Fourest avec, elle ne dit à aucun moment qu’elle soutient leur philosophie. C’est de l’extrapolation.

Je vois que Sheynat rappelle que Cuba mène des réflexions intéressantes concernant les sexualités.
Nous sommes loin d’atteindre ce niveau de maturité. Pourtant, à Cuba, ils ont bien d’autres difficultés à affronter. Mais ils ne considèrent pas qu’il faille négliger les questions que nous estimons "secondaires", voire futiles.

Parce qu’à Cuba, la solidarité et la justice concernent tout le monde.
Ce que nous avons désappris. Ou jamais appris, pour certains.

14/12/2012 13:49 par calame julia

anonyme,
je ne comprends pas très bien votre précision : où avez-vous lu que les citoyens homos n’étaient
pas égaux en droits ? A cause de la discussion sur le mariage ? Mais alors, les célibataires ne
sont pas égaux en droits ? Et pour bientôt : le mariage imposé hétéro et/ ou homo !
Ca risque pas de m’arriver en ayant bien galèré parce que mon choix était d’éviter cette
mascarade devant le Maire et que nous sommes une famille. Beurre, argent du beurre,
le crémier et la crémière : connais pas !
Ce débat devient vraiment de la science-fiction et vous verrez comme les bases dites de
l’amour revendiquant des droits sont fragiles quelle que soit la structure politico-sociale.
Et bien entendu il m’est impossible de prendre position car je pense que vous avez l’esprit
ouvert et avez compris depuis longtemps que même en politique on ne fait que régler
des problèmes personnels.

15/12/2012 22:29 par lapindebois

@anonyme
Je suis contre le mariage pour tous, mais pour des raisons que je n’ai pas développées ici, par crainte d’émettre malgré moi des "propos tendancieux, réactionnaires et plus ou moins ouvertement homophobes".
Ce que j’ai développé en revanche, c’est que ce débat n’a en tout cas aucun rapport avec la lutte contre le capitalisme, et qu’il devrait donc être possible d’être contre sans se faire ranger dans le camp de la réaction.
La principale bataille actuelle est la lutte contre l’austérité et contre les traités européens qui l’imposent. Il y a aussi une bataille importante symboliquement à Notre-Dame-des-Landes. Tous ces combats ne pourront être gagnés que si on parvient à opposer au pouvoir libéral un front du refus qui dépasse la "gauche de gauche" et ses 10-15 %.
Il est donc de première importance de rallier à ces luttes la partie du peuple qui n’est pas réceptive aux discours gauchisants mais qui pourrait comprendre que l’attelage productivisme/austérité nous mène dans le mur.
Or le débat sur le mariage pour tous a pour objet et pour effet de rejeter dans le camp de la droite capitaliste (qui en réalité n’est pas réactionnaire, mais qui fait semblant de l’être comme le PS fait semblant de vouloir réduire les inégalités) tout ce peuple attaché aux traditions, interdisant aux opposants au système de devenir majoritaires.

15/12/2012 22:56 par lapindebois

Ah, et j’oubliais : les Femen et Fourest n’ont pas été "violemment agressées", c’est elles qui ont agressé de manière outrancièrement provocatrice une manifestation pacifique avant d’être repoussées, certes brutalement.
J’aimerais voir comment seraient accueillis des militants ouvertement homophobes s’ils attaquaient la manif pro-mariage-pour-tous de demain avec les mêmes méthodes. Et si on demanderait la dissolution des associations homosexuelles en cas de bagarre.
Bien qu’étant fort éloigné des catholiques intégristes, j’ai toujours l’instinct de ne pas me mettre du côté du pouvoir et des médias quand je tombe sur ce genre de manipulation.

16/12/2012 20:27 par Sheynat

En effet Anonyme, comme le pointe très justement Madame Calame Julia, «  égaux en droits » n’est pas basé sur le principe d’égalité, autrement dit sur celui qui fait que les hommes doivent être traités de la même manière, avec la même dignité, et qu’ils disposent des mêmes droits, c’est tout autre chose...

Si les célibataires hétérosexuels peuvent disposer du droit de se marier, les homosexuels non... mais ce n’est pas pour autant qu’ils ne sont pas égaux en droit.
D’ailleurs, dans le but de favoriser les égalités en droits, voici ce que je propose :

L’interdiction d’accès à Internet à tous ceux qui portent des lunettes. Ce qui n’empêchera pas bien-sûr à ces derniers d’être égaux en droit de la même manière que ceux qui n’en portent pas, j’espère que personne n’oserait émettre l’idée inverse, où est-ce qu’on aurait vu ça, à cause d’un probable débat pour l’accès à Internet aux porteurs de lunette ? Ce serait aller tout droit dans de la science-fiction, n’est-ce pas ?
Et puis en voilà quelques bonnes raisons :
1- il y en a qui ne portent pas de lunettes qui ont choisi librement de ne pas utiliser cette mascarade d’Internet, le beurre blabla, alors de quoi se plaindraient les porteurs de lunette à qui on interdirait de choisir librement l’accès à internet ?
2- si on le permet aux porteurs de lunettes, bientôt on va l’imposer à tous, c’est évident ! Il s’est produit la même chose dans les pays où la loi d’interdiction du mariage mixte a été abolie, un exemple parmi d’autres.

Ca va Anonyme, z’êtes pas encore tombé du tabouret ?
Moi si.

Sssheynat-inssssinuante.

P.S. J’allais oublier :
Lapindebois a dit :

«  c’est que ce débat n’a en tout cas aucun rapport avec la lutte contre le capitalisme »

Sauf que le capitalisme correspond complètement à l’injonction biblique «  croissez et multipliez », et que parmi les arguments fallacieux opposés au mariage gay on retrouve la crainte d’une perte en «  croissance et multiplication » humaine.

16/12/2012 21:46 par Sheynat

A noter que l’exemple inégalitaire que je proposais pour démontrer les absurdités commentées plus haut se démarque de la différence sexuelle qui n’est pas une déficience.
Un apport de plus qui dit grosso modo :
"Moi, je suis hétéro, je peux me marier, adopter des enfants, que j’en ai envie ou non, j’en ai le droit, tout simplement ; et j’aimerais que ma meilleure amie ait les mêmes droits, tout simplement."
http://www.youtube.com/watch?v=40bS2N0-kPs

J’attends toujours d’apprendre de ceux qui s’y opposent, ce qu’ils s’imaginent que ça leur enlèverait personnellement, que des homosexuels soient égaux en droit ?

16/12/2012 23:44 par Dwaabala

à calame julia

... qui a levé le couvercle.

Mon petit-fils de 8 ans a fait : Beurk ! ce dimanche après-midi quand la télé a montré deux types s’embrasser.

Sera-t-il hétéro ? C’est grave !

16/12/2012 23:52 par lapindebois

@Sheynat :
Je n’ai pas vu l’argument d’une perte en croissance et multiplication humaine dans les arguments opposés au mariage homo. Ca n’est pas le sujet, au contraire on pourrait dire que maintenant que les homos veulent faire des enfants, c’est bon pour la natalité...
Le capitalisme, c’est bien davantage qu’une injonction à croître : c’est un rapport de pouvoir entre ceux qui ont accumulé du capital entre leurs mains et les autres, et la mise en coupe réglée du monde pour faire "fructifier" ce capital. Le capitalisme s’accommodera d’autant plus du mariage homo que tout ce qui peut affaiblir l’identité sociale des individus lui profite (on exploite mieux un individu isolé dans une masse indistincte qu’une personne fortement insérée dans son milieu social, sachant bien qui elle est et ce qu’elle veut).

L’argument de l’égalité en droit n’est pas pertinent : actuellement tous les citoyens sont égaux en droit, à savoir que n’importe quel homme a le droit de se marier avec une femme et vice-versa.
Certains font le choix (car c’est un choix, à moins de supposer une base génétique innée à l’homosexualité) de ne pas suivre la norme et de vivre avec une personne du même sexe. C’est leur choix et je n’y trouve rien à y redire même si pour moi l’homosexualité est plus une pratique sexuelle qu’un statut social. Je suis prêt à les défendre (et je l’ai fait) si on les attaque pour ça.
Le problème qui se pose aujourd’hui, c’est que certains voudraient faire reconnaître cette spécificité et l’institutionnaliser. De la possibilité de vivre en dehors de la norme, on passe à l’obligation de modifier la norme. Ce qui est très différent.

Quant à la question de ce que je perds personnellement dans l’affaire, c’est hors-sujet. Il s’agit de savoir ce que la société en général y perdra. Le relativisme libéral issu de la fin des guerres de religion avait certes posé le principe de liberté individuelle tant que ça n’affecte pas celle du voisin. Mais ce que les libéraux de l’époque avaient oublié, c’est qu’on ne construit pas une société sur du vent, mais sur des valeurs, des mythes et des principes, qui nécessitent de faire des choix.

Ce que j’y perds quand même, c’est la fin de la reconnaissance de mon statut de père, puisque ce mot disparaîtra du code civil. Or les mots ne sont pas neutres. La littérature, la poésie, les mythes nous parlent des pères et des mères, auxquels sont associés des valeurs et des émotions fortes. Quelqu’un avait reproduit sur ce site il y a quelques temps le très beau poème If de Rudyard Kipling, qui se termine par les mots : "Tu seras un homme, mon fils". Victor Hugo évoquait "Mon père, ce héros au regard si doux". Et il est inutile de s’étendre sur la figure de la mère.
Alors avant de condamner les enfants à n’avoir plus que des parents 1 et des parents 2, on devrait peut-être un peu réfléchir.

17/12/2012 10:44 par Safiya

@ 16/12/2012 à 23:52 par Lapindebois

De tout mon coeur, merci pour votre lucidité. Aussi bien pour l’éclairage concernant le capital que tout le reste.

En effet, beaucoup se laissent encore prendre à cet énième piège qui ne dit pas son vrai nom comme d’autres l’ont été par la mascarade du droit à l’ingérence (c’est juste pour l’exemple, c’est tout) ou de la R2P, etc., qui ne sont qu’espèce de rets pour empêtrer l’être humain dans encore moins de maîtrise de ses propres contradictions, dans encore moins de "sens", de ces "déviations" qui font la déviance véritable pour finir par mieux le brider, par, psychologiquement, "l’émasculer" afin de tuer toute velléité de combativité et l’amener finalement à ne plus "ressentir", docile, impressionnable et malléable "bon à vivre dans une société de loisirs" à s’éreinter pour que les nantis bouffent mieux sa plus-value.

Ce débat pour le mariage des homos me fait penser à celui de l’identité nationale, c’est encore un "false flag", c’est aussi comme un certain bonhomme agitant une certaine fiole dans une certaine assemblée.

Merci d’exister Lapindebois et aussi pour votre précieux apport.

17/12/2012 12:06 par Anonyme

@lapin du bois
Pourquoi donc vos arguments relèveraient de l’homophobie ?
Il y a tout de même une énorme différence entre développer un raisonnement politique à un débat et s’opposer catégoriquement au projet en montrant clairement que l’homosexualité est une tolérance que leur accordent les hétéros "ouverts d’esprit", mais qu’il y a des lignes à ne pas franchir, ou en s’appuyant sur des arguments fallacieux qui ne reposent sur aucune étude sérieuse et qui sont donc totalement subjectifs (comme : " Il y a une France posée, calme, qui accepte la différence si peu qu’on en fasse pas étalage" - à savoir : qu’ils fassent ce qu’ils veulent, mais en privé, pas de façon ostentatoire, même réaction que pour le foulard des musulmanes - ou bien des théories fumeuses contre l’adoption, comme : un garçon a besoin d’un père pour se construire).

Comment qualifierait-on des gens qui s’opposeraient à la fin d’un système comme l’apartheid ?

Sinon, j’entends bien votre discours. Si on est anticapitaliste, on doit lutter contre le capitalisme. Point.
Hollande, qui a proposé cette loi, étant un agent du capital, on doit refuser d’apporter son soutien à la loi, parce que cette loi ne dérange pas les capitalistes car, de toute façon, ils en tireront profit.

C’est ce qu’il faudra dire également pour les autres débats, comme pour le vote des immigrés dans les élections locales ou quand il sera question (ce qui m’étonnerait) de faire payer des impôts plus importants aux plus riches, car ces questions n’ont "aucun rapport avec la lutte contre le capitalisme".

S’il faut absolument que les débats politiques concernent la lutte contre le "capitalisme", désormais, cela va sacrément réduire le sens des luttes.
Les luttes pour la régularisation des sans-papiers ou pour le droit de vote des immigrés seraient donc négligeables parce que ne relevant pas de l’"anticapitalisme" ?

Les luttes des Noirs aux Etats-Unis pour accéder aux mêmes droits que les Blancs et mettre fin à la Ségrégation étaient-elles futiles parce qu’elles ne dénonçaient pas le "capitalisme", et que le capitalisme s’accommoderait très bien de la nouvelle situation ?

Si je comprends bien tout, la seule lutte qui vaille, c’est la lutte des classes - ou plutôt celle du "prolétariat" contre le capital.
Et se laisser aller à débattre sur ces sujets ne ferait que jeter le "peuple" dans les bras de la droite et l’empêcherait d’entendre les discours qui sont bons pour eux ?

Et puis, qu’est-ce que l’"anticapitalisme" ? Quelqu’un a lu le programme et leur projet de société ?

Il n’y a pas de "principale bataille" à choisir, il ne devrait pas y avoir de choix ni de hiérarchie entre les luttes : la population est attaquée sur tous les fronts, les discriminations sont flagrantes et tous les acquis sociaux disparaissent progressivement.
C’est ce que dit, d’ailleurs, l’auteur du billet, qui a été apparemment lu en diagonale et sélectivement.

Tant que la gauche décidera que certaines luttes sont inutiles et qu’elle laissera l’extrême-droite et la droite sur le terrain des luttes, c’est elle qui fera le jeu du "capitalisme".

La gauche se doit d’être présente partout. Et cohérente.
Dire que débattre du "mariage pour tous", c’est "rejeter dans le camp de la droite capitaliste tout ce peuple attaché aux traditions", c’est oublier que ce peuple-là s’est déjà largement exprimé dans ce sens, en particulier dans les urnes, et on ne renversera certainement pas plus la tendance en se déclarant contre la loi sur le "mariage pour tous".
Et puis, dire "cette affaire a plutôt tendance à susciter la méfiance envers les homosexuels, que la plupart des gens sont prêts à laisser en paix tant qu’on ne leur demande pas de modifier leur mode de vie et leurs institutions", c’est aussi entériner l’idée qu’il faut rester "comme avant", qu’il ne faut pas embêter "les gens" qui sont attachés aux traditions.
Où est la différence ?

Le Pacs a soulevé des passions, des haines, des violences verbales ou pire : aujourd’hui, il est passé dans les moeurs. Au contraire, il a permis aux couples homosexuels d’être reconnus officiellement en tant que couple aux yeux des autres, en particulier de ceux de leurs proches, qui pouvaient mettre un nom à leur relation, et finalement d’être regardés autrement par la société toute entière.

Pourquoi le mariage ne suivrait-il pas le même chemin ?

Pourtant, à l’époque, on disait aussi :"… la plupart des gens sont prêts à [les] laisser en paix tant qu’on ne leur demande pas de modifier leur mode de vie et leurs institutions".

Bilan de 10 ans de Pacs : "Même s’il s’est avéré a posteriori que le Pacs est majoritairement utilisé par les hétérosexuels, le débat a permis de lever un tabou sur l’homosexualité. J’en suis très fière."- Christine Boutin.

Alors, au lieu de tergiverser et de chercher des raisons pour faire capoter le projet du gouvernement sur le mariage d’une poignée d’homos, on ferait bien de s’inquiéter de ce qu’il va en faire. On ne peut PAS leur faire confiance.

Comme le refus de permettre aux couples homos les PMA et l’introduction de la "clause de conscience" (qui feraient du mariage civil - donc laïque - des homos, un mariage inégal, et une fois de plus, une question morale et religieuse), et surtout, le droit à la GPA, promu par la branche la plus droitière et friquée du PS, comme les Badinter ou Pierre Bergé, qui dit à ce propos : "Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? C’est faire un distinguo qui est choquant ».

En effet, un tel mépris est choquant. Parce que le choix pour le "petit peuple", c’est l’usine ou la ponte en batterie pour la "bonne société".

Et tout cela va passer haut- la-main, parce qu’une grande partie de la gauche a décidé de laisser les problèmes de société graves entre les mains de toute la droite et des millionnaires/-ardaires du PS.
Il faudrait se réveiller.

@Sheynat et Calame Julia
"Egaux en droit", concerne le mariage, évidemment. Il me semble que c’est de cela qu’on parlait. Et c’est équivalent à  : "égalité devant la loi".
"L’égalité devant la loi ou égalité en droit est le principe selon lequel tout individu doit être traité de la même façon par la loi. Aucun individu ou groupe d’individus ne doit donc avoir de privilèges garantis par la loi" (wikipédia).
Or, répétons-le, dans le cadre du mariage civil, l’institution est réservée aux seuls couples hétéros, et donne des droits supplémentaires aux couples hétérosexuels et à leurs enfants, dont sont exclus de fait les couples homosexuels.
Toute personne hétérosexuelle vivant en couple est libre de choisir entre : se déclarer célibataire, vivre en concubinage, se pacser ou se marier. Pour ce dernier choix, ce n’est pas possible si la personne vit en couple homosexuel.
Cette question du "mariage" ne se serait pas posée si le Pacs avait donné les mêmes avantages que le mariage. Ce qui aurait aussi arrangé bien des couples hétérosexuels qui ne voulaient pas passer par le mariage, et qui y sont parfois contraints, en particulier en ce qui concerne les droits des enfants.

C’est donc lors du Pacs qu’il aurait fallu soutenir une loi qui aurait permis aux couples, homos ou hétéros, de choisir de ne pas passer par l’institution du mariage. Une fois dans l’impasse, il est trop tard pour discuter de la pertinence de cette institution, et hypocrite de s’appuyer sur cet argument pour s’y opposer.
Mais quand on voit à quel niveau sont les débats, on comprend le peu de vision à long terme de la gauche. Et on peut avoir tout à craindre des luttes "anticapitalistes".

17/12/2012 18:08 par Anonyme

de Dwaabala
Ahahah ! Très drôle ! Tu seras hétéro, mon petit-fils.
La France Eternelle aux mains des gérontes.
De Gaulle, reviens, ils sont encore tous là !

17/12/2012 22:19 par calame julia

Soutenir un P.A.C.S. ?
Mais j’ignorais que cette "sexualité de genre" était à ce point problématique !
Car revendiquer une différence pour en provoquer une légalisation ne m’avait
pas encore effleurée (il y a dix ans) et mes enfants étant jeunes à ce moment là , peu de discus-
sions et/ou réflexions concernaient ce sujet.

17/12/2012 23:37 par Sheynat

"La France Eternelle aux mains des gérontes.
De Gaulle, reviens, ils sont encore tous là  !

@ Anonyme 17/12/2012 à 18:08 : j’espère que vous n’assimilez pas les autres lecteurs et intervenants, au petit clan qui se congratule quotidiennement entre 3 rots de clichés discriminatoires absouts par deux pets d’antiennes sur la lutte-des-classes. Car je ne suis pas du tout d’accord avec eux !
Ceci précis, le message de Dwaabala a eu l’effet positif de me rappeler que je n’ai jamais pensé à remercier mes parents de m’avoir transmis en partie le respect de la différence, quelle que soit la race, la culture, ou l’orientation sexuelle.

Et désolée pour le club des conservateurs si ces valeurs là ont plus d’intérêt pour moi que le culte des illuminées boulettes (pouah !).

@ Anonyme du 17/12/2012 à 12:06
100% d’accord avec vous ; votre commentaire est certes long mais a l’opportunité d’être clair : une bouffée d’air frais que je respire sans modération car il fait entrevoir que la gauche sclérosée sur ses ankyloses élitistes ne sera plus qu’un mauvais souvenir (en fait, j’ose espérer que vous n’êtes pas seul à penser ainsi).

18/12/2012 13:07 par Anonyme

Merci, Sheynat, je constate que nous sommes bien seuls par ici à essayer d’argumenter sur ce texte riche qui pose de vraies questions et pourrait permettre de réfléchir à quel type de société nous voulons construire. Cette exception est la raison pour laquelle je vous ai abusivement incluse dans le lot des commentateurs.
Désolé de vous avoir froissée.

Ce texte, apparemment, n’apporte rien aux commentateurs habituels du GS, qui semblent enferrés dans des préjugés de longue date. C’est triste.

@ lapin du bois (dernière tentative, puisque vous avez tout de même le courage de développer vos arguments).

Hélas, votre commentaire, s’il n’est pas homophobe véritablement (je sais faire la différence entre homophobie et méconnaissance du sujet), développe des théories erronées.
Vous dites :
"Certains font le choix (car c’est un choix, à moins de supposer une base génétique innée à l’homosexualité) de ne pas suivre la norme et de vivre avec une personne du même sexe".

Déjà : grossière erreur. On ne "choisit" pas d’être homosexuel : qu’on ait des attirances envers les personnes de même sexe ou de sexe différent ne relève pas d’un choix, ni d’un caprice ou d’un anticonformisme. Les homosexuels sont suffisamment traqués et ridiculisés dans notre société, en particulier les jeunes garçons qui découvrent leur homosexualité, qu’ils "choisiraient" l’hétérosexualité pour échapper à ça. On n’a pas trouvé de "gène de l’homosexualité" non plus.

Ce n’est donc pas un "choix", mais une réalité qui s’impose, malgré les pressions sociales et religieuses des gens qui s’estiment "normaux".

"Ne pas suivre la norme" : la "norme" établie par qui ? Par les hétéros ? Par l’Eglise ? Et quelle "norme" ? Les relations sexuelles librement consenties entre personnes ayant atteint la majorité sexuelle ne sont pas punissables en France. La loi n’impose donc pas de "norme".
Pour être plus clair, la sodomie n’est pas un délit, et encore moins un crime. D’ailleurs, elle est aussi pratiquée par certains couples hétéros, n’est-ce pas ?

Donc, pour vous, "rentrer dans la norme", c’est que si les homosexuels veulent se marier, ils n’ont qu’à "faire comme tout le monde", à savoir s’unir avec une personne de l’autre sexe. Comme c’est simple. Yaka.

Ah, le XXI-ème s. n’est pas le siècle des Lumières, c’est sûr ! Cela avait été prédit, mais on ne se doutait pas que ce serait à ce point.

Curieux comme en France, alors que plus personne n’a probablement connu l’époque avant la loi de 1905 sur la Séparation de l’Eglise et de l’Etat, tant de gens se basent encore sur les dogmes religieux et non pas sur le Code Civil, seule référence officielle.

"L’argument de l’égalité en droit n’est pas pertinent : actuellement tous les citoyens sont égaux en droit, à savoir que n’importe quel homme a le droit de se marier avec une femme et vice-versa".

Encore faux. Il n’y a pas d’égalité en droits si on n’intègre pas ceux qu’on exclut.
Dire cela, c’est dire hypocritement comme la Constitution des Etats-Unis du temps de la Ségrégation : "Séparés mais égaux", ce que les Noirs n’étaient absolument pas ("égaux").

En effet, selon le préambule à la Constitution, les citoyens devraient être tous égaux en droit, mais il est des droits qui sont déniés à certains citoyens. Ici, il s’agit des hommes ou des femmes qui n’ont pas le droit de se marier avec quelqu’un du même sexe. Or, Il n’y a aucun argument juridique qui empêcherait le mariage homosexuel.
C’est, d’ailleurs, en se basant sur des critères subjectifs similaires, dont des thèses scientifiques bidon, qu’on a interdit les mariages mixtes, par exemple, ou qu’on a établi une hiérarchie entre hommes et femmes, Noirs et Blancs, musulmans et judéo-chrétiens, etc.

"Le problème qui se pose aujourd’hui, c’est que certains voudraient faire reconnaître cette spécificité et l’institutionnaliser. De la possibilité de vivre en dehors de la norme, on passe à l’obligation de modifier la norme. Ce qui est très différent".

Le problème, plutôt, c’est que certains voudraient empêcher les homosexuels d’avoir le droit de se marier sous prétexte qu’ils sont "en dehors de la norme" qu’ils ont établie arbitrairement.
Curieux, ce raisonnement. Les gens différents n’auraient donc pas accès aux mêmes droits, qui, eux, seraient réservés à la classe dominante de la population. Et si les classes dominées demandent à accéder aux mêmes droits, celle-là s’en indigne.

C’est ce qui s’est passé pour le droit de vote des femmes, justement, que les hommes leur déniaient.
A l’époque, on devait sans doute aussi s’indigner que les femmes veuillent "faire reconnaître leur spécificité et "l’institutionnaliser".

De même qu’aux US et en Afrique du Sud, la caste dominante des Blancs refusait d’accorder la citoyenneté aux Noirs et les avait parqués dans des ghettos et autres bantoustans. Ou, plus proche de nous, le déni de citoyenneté et d’autodétermination aux Palestiniens.

Le droit à la différence est un même droit qui s’applique à tous, et c’est, au contraire, son absence qui débouche sur des droits différents, donc inégaux.

"On ne construit pas une société sur du vent, mais sur des valeurs, des mythes, et des principes, qui nécessitent de faire des choix" : exactement (sauf pour les mythes).
Mais il s’agirait de définir ces valeurs de façon à ne pas créer une société injuste dominée par une caste dominante sectaire qui s’est octroyé des privilèges.
A quoi sert de vouloir remplacer le "capitalisme" par une société qui fonctionne sur le même modèle et avec les mêmes valeurs ?

C’est la raison pour laquelle j’insiste à nouveau : si on veut véritablement renverser le capitalisme, il s’agit de réfléchir à quelle autre société nous voulons. Sinon, avec des théories pareilles, le capitalisme aura tôt fait de se réinstaller - si on est parvenu à le renverser, ce qui n’est pas dit non plus.

"Ce que j’y perds quand même, c’est la fin de la reconnaissance de mon statut de père, puisque ce mot disparaîtra du code civil".
 ?????? Où avez-vous été pêcher cela qu’"il n’y aurait plus de "père" ? Et le code civil, vous le consultez souvent ? Apparemment, pas assez.

Encore une fois, votre vision du "père" est une vision romanesque et rétrograde.
Il y a, de nos jours, toutes sortes de "pères" : des pères biologiques, des pères adoptifs, des pères de familles recomposées, des pères absents, des pères qui n’ont pas de "rôle paternel", il y a des pères qui ont choisi - ou été contraints - de rester à la maison pour s’occuper des enfants pendant que la mère va travailler, etc. Il n’y a pas de "statut de père".

Dans un couple d’hommes, il y aura deux "pères", j’imagine, ou deux parents, mais les cas de figure seront similaires, et sans doute moins divers. Chez les couples de femmes, il y aura deux mères. Ou deux parents responsables. Où est le problème ?

Qu’est-ce qu’un couple homo enlève à votre "statut de père", quoi que ce terme recouvre pour vous ?
Quant à l’autorité parentale, elle est conjointe depuis 1970, sauf à y avoir renoncé ou à en avoir été déchu.
C’est dans le code civil.

18/12/2012 23:07 par calame julia

Tout ce méli-mélo !
Ravie d’apprendre que nous sommes les non mariés les dindons de la farce puisque sans
pacs mais avec enfants la Loi ne nous reconnait aucun droit sinon séparément sauf lorsqu’il s’agirait de verser
certaines indemnités (caf) cas dans lequel nous rentrons dans le cadre d’un couple puisque
vivant sous le même toit (donc comme des personnes mariées).
C’est franchement lamentable !

18/12/2012 23:26 par lapindebois

@anonyme (trouvez un pseudo, bordel) :
Vous êtes trop bon, monseigneur, de vous abaisser à converser avec un pauvre ignorant. J’ai déjà dit l’essentiel de ce que j’avais à dire et j’aurai la charité de ne pas vous expliquer la différence entre la situation des noirs durant l’Apartheid et celle des homos ici et maintenant. Quelques précisions cependant :

- Je n’ai pas dit qu’un anticapitaliste devait être nécessairement contre le projet de loi. Je dis qu’il a le droit de l’être, et je me désole du conformisme des sites «  de gauche » à ce sujet (je ne me réclame plus de la gauche en ce qui me concerne depuis que j’ai lu Michéa).

- Sur la question des luttes des «  minorités » : la lutte contre les discriminations inscrite dans la loi est toujours légitime (mais encore une fois le mariage entre personnes de sexe différent n’est pas une discrimination). Au delà , il faut toujours se méfier comme de la peste des revendications minoritaires, car elles ont vite fait d’être instrumentalisées par le pouvoir pour diviser le peuple (récupération de l’antiracisme par SOS racisme, pour ne donner qu’un exemple). Voilà pourquoi l’anticapitalisme doit servir de boussole.

- Sur la question des valeurs : vous avez une étrange conception du capitalisme. Ce qui pose problème dans le capitalisme, ce ne sont pas ses valeurs mais son absence de valeurs. Le capitalisme n’est rien d’autre que l’accumulation du capital et la destruction de tout ce qui s’oppose à cette accumulation, y compris l’honnêteté (lire Paul Jorion), les solidarités gratuites, etc. Il faut mettre fin au capitalisme avant qu’il ne détruise cette planète et ne transforme ses habitants en chiens enragés.
Abandonner le capitalisme, c’est donc revenir à des valeurs surannées telles que le don et le contre-don, la gratuité, la solidarité, la politesse, le respect des aînés et autres vieilleries que le capitalisme piétine chaque jour. Pas nécessairement l’abolition de la petite propriété privée, mais à coup sûr celle de la propriété privée des moyens de production.

Il n’y a aucune contradiction avec l’homosexualité (même si le milieu homo branché, qui ne résume certes pas l’ensemble des personnes concernées, a tendance à porter des valeurs de consumérisme exacerbé et de soumission à la culture anglo-saxonne). Mais dans le contexte actuel, l’attaque contre le mariage est un épisode de plus de la destruction de la société, au profit de ceux qui exploitent ses divisions.

- «   ?????? Où avez-vous été pêcher cela qu’"il n’y aurait plus de "père" ? Et le code civil, vous le consultez souvent ? Apparemment, pas assez  ».
Moi y’en a pas beaucoup lire code civil (je préfère la poésie), mais moi y’en a quand même pêché ici (http://www.lavie.fr/complements/2012/09/21/31068_1348263445_40392-25271.pdf) le texte de l’avant-projet de loi. Avec disparition des mots de père et de mère dans le code civil (article 4). Voilà . Un aspect de la réforme manifestement pas assez médiatisé.

- «  votre vision du "père" est une vision romanesque et rétrograde  ».
Ma vision du père, je la construis sur le tas sans mode d’emploi avec mes enfants que j’aime à la folie. Je pense qu’ils me remercieront plus tard d’avoir eu un père «  rétrograde » (pas tant que ça, d’ailleurs) et non un ectoplasme.

De votre côté, ne croyez pas tout savoir parce que vous avez appris par coeur le bréviaire du relativisme libéral. Une seule idée, c’est peu pour un homme.

@Safiya : Vous faites bien de lier cette problématique à celle de la paix : on noie des pays sous des tapis de bombes en prenant prétexte de leur inadaptation à la modernité occidentale. Merci à vous de contribuer à la beauté et à la bonté du monde.

@Sheynat : burps prout.

18/12/2012 23:56 par calame julia

Après avoir pris le temps de me documenter cad de suivre certains débats et de lire
les argumentations des uns, des unes et des autres, je me demandais pourquoi
mesurant environ un mètre soixante-cinq il ne me serait pas permis légalement
d’obtenir que ma taille devienne un mètre soixante quinze par exemple !
Car vouloir ce que la différence x et y permet naturellement en exigeant une
égalité des droits c’est fondamentalement nier cette différence.
Mais alors les couples à sexualité de genre s’ennuiraient-ils ?

19/12/2012 00:15 par Safiya

@ 18/12/2012 par Lapindebois

Je ne résiste pas à l’envie de te tutoyer, souhaite fort que je ne commet pas d’impair. Peux-tu, s’il te plaît, quand tu cites des auteurs, citer le nom de l’oeuvre et ses références. Aussi pour les termes en anglais, leur signification en français aiderait ceux et celles parmi les lecteurs-trices de LGS qui n’ont pu faire d’études secondaires.

Merci pour tes paroles, elles m’ont fait chaud au coeur et, encore une fois, merci d’exister !

19/12/2012 01:38 par Sheynat

«  Mais dans le contexte actuel, l’attaque contre le mariage est un épisode de plus de la destruction de la société, au profit de ceux qui exploitent ses divisions. »

Le problème, lorsqu’une orientation quelconque est ou devient majoritaire, c’est qu’elle s’impose aux minorités sans autre légitimité que de se prétendre une norme centralisante. Elle appelle cela la "normalité", et c’est l’axe de ses valeurs.
Le problème, c’est qu’une fois installée sur le trône de ses privilèges, alors qu’une telle assise ne permettrait pas de l’envisager, elle finit par avoir peur.
La preuve qu’elle a peur, c’est sa réaction lorsqu’elle se retrouve face à la différence minoritaire.
Cela lui est insupportable, à sa vue, à ses oreilles... et elle tremble.
Pourquoi ?
Parce qu’en face d’elle, toute différence est une insulte à sa condition. Autrement dit, elle est si peu sûre des valeurs sur lesquelles elle s’est figée, que celles de l’autre ne peuvent être prises non pas comme une simple différence, une simple façon différente d’envisager une orientation, mais uniquement comme la manifestation de la part de la minorité, d’imposer une norme comme elle le fait.

En fait, face à elle, elle ne voit que son propre reflet et c’est en cela que c’est une insulte pour elle : se retrouve devant sa propre grimace. Celle d’une masse molle, informe et inadaptée qui a finit par épouser la forme de son siège, carrée, limitée, arrogante, incapable de se relever et se remettre en mouvement, inapte à voir dans la différence autre chose qu’une tentative de conversion, une remise en question ou encore, une menace d’attaque.
Car ce qui serait « pour » l’autre ne peut être que « contre » elle dans son monde projectif. Elle est devenue une énormité pétrifié à l’idée de se faire manger.

Ce qui n’est qu’une demande d’exister pour l’autre, représente pour elle les premières secousses qui risqueraient de la faire vaciller jusqu’à perdre son siège, même si en réalité, il y a autant de sièges que de fessiers.

19/12/2012 21:21 par lapindebois

@Safiya : On peut se tutoyer. Mes références (sans rapport direct avec le débat, d’ailleurs ) :
Jean-Claude Michéa : philosophe, spécialiste de George Orwell. Son dernier ouvrage, Le complexe d’Orphée - la gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès montre notamment comment le socialisme s’est fait phagocyter par la gauche, dont il est totalement distinct à l’origine. Michéa prône les valeurs de la "décence ordinaire" portées par le petit peuple pour fonder un véritable socialisme, et s’oppose à la dictature du progrès. Une interview sur France Culture ici : http://www.dailymotion.com/video/xli6iq_les-matins-jean-claude-michea_news#.UNIdTq2dkxA

Paul Jorion, ancien trader devenu le critique le plus efficace du capitalisme financier. Voir sur son blog (http://www.pauljorion.com/blog/?p=7179) : « Les décideurs aiment caractériser le critère d’appartenance à leur club en termes de compétence, mon expérience de dix-huit ans m’a cependant convaincu que ce critère était en réalité d’un autre ordre : la tolérance personnelle à la fraude. »

Euh, sinon, je n’utilise presque jamais de mots anglais.

20/12/2012 00:13 par Safiya

@Lapindebois

J’ai un peu honte, j’avais pris "burps" pour un mot en anglais, mes loupiotes viennent de se rallumer...

Je sens que je vais beaucoup aimer Michéa, après l’avoir lu. Il m’a déjà conquise à travers son interview. En fait, j’aime toujours ceux qui aiment...

Merci ami !

21/12/2012 15:47 par Sheynat

Avec disparition des mots de père et de mère dans le code civil (article 4). Voilà . Un aspect de la réforme manifestement pas assez médiatisé. »

Ce n’est en effet non pas de l’ignorance.
Il s’agit là de s’indigner sur les modifications de termes qui s’avèrent inclusives ( Du lat. parentem, acc. de parens « père ou mère », plur. parentes « le père et la mère ». ) en faisant pire que ce qu’on reproche : transformer la définition des mots supprimer et modifier :
"Faire disparaître, enlever" diffère de "Changer quelque chose sans en altérer l’essence".
Ces détournements sont, justement, largement médiatisés, avec, heureusement, les réajustements nécessaires à tout ce tintouin mensonger :

«  - "Les mots de père et mère vont être supprimés du code civil" : c’est faux. Ils ne vont pas être "supprimés" , mais remplacés par un terme plus général qui englobe les deux parents en évitant de sexualiser les référents, de manière à ce que le terme puisse désigner, en droit, des individus de même sexe. En termes linguistiques, ça s’appelle un hypéronyme (un terme englobant), ou un synonyme (une reformulation avec sens analogue). Rien n’est "supprimé" . Les termes qui sont proposés (voir le texte de l’Avant-projet" ) sont exactement les suivants : parents pour père et mère, aïeuls pour aïeules et aïeules, époux pour mari et femme, eux pour père et mère, beaux-parents pour beau-père et belle-mère. Sur ce point lexical, court actuellement une rumeur "parent A" et "parent B" que cette petite vidéo de Libération annule efficacement. »

Quant au prétexte de la décadence "fin-du-mondiste" qui sert de propagande liberticide pour les homosexuels, on les trouve dans les postulats religieux sous couvert «  d’anthropologie » et de «  procréation » qu’ont largement exprimé le Cardinal André23 ou autres soi-disant psychanalystes (Monette Vacquin de la Commission d’Ethique bio-médicale du Consistoire Israëlite de Paris) :

" Tu honoreras ton père et ta mère" nous dit le Décalogue. Est-il si réactionnaire ce commandement ? Est-il si opposé à ce que l’anthropologie a mis à jour dans les règles que les sociétés humaines se sont données dans l’histoire ? En quoi considérer que ce texte fondateur de l’idée d’humanité, pour une grande partie de celle ci, est bon à jeter aux oubliettes de l’histoire au profit d’un dispositif qui met en cause les termes de la parentalité constitue-t-il un "progrès" pour l’idée d’humanité ? Le Décalogue et la Loi ou plutôt l’idée même d’une Loi nécessaire, contraignante, signifiant le partage entre le permis et l’interdit n’est elle pas plutôt la marque de l’Humain ? Si tout est permis, où se trouvera la marque qui sépare l’idée du Bien de l’idée du Mal ?

Un catholique homosexuel témoigne sur le net de ces appels anthropologiques et lui, pose les bonnes questions :

Il fallait s’y attendre : en bons élèves du pape Benoît XVI, qui vient par 2 fois (à l’ONU et à la Curie) d’ostraciser de façon obsessionnelle comme à son habitude les homosexuels comme on ostracisait les juifs en Allemagne dans un passé pas si lointain, puisque certains l’ont connu, les 2 homélies que j’ai entendues hier soir et ce matin aux messes ont donné le ton. Je suis une menace pour la famille et pour l’humanité ! Il n’y en a pas un pour racheter l’autre : ni ce prêtre d’hier soir, ni ce diacre (en vue du sacerdoce) pour nous dire qu’une famille composée d’un homme et d’une femme, ce n’était pas dépassé (j’ai jamais dit ça !!!), et que d’autres modèles imposés par la société ne pouvaient pas être appelés familles.
Mais qu’est-ce qui les dérange donc tant et pourquoi ont-ils si peur ? Franchement, il a même relu des passages de la Genèse comme «  croissez et multipliez-vous » ou «  emplissez la terre et soumettez la ». Pour la multiplication, merci, c’est fait, on est allé bien au-delà dans un monde surpeuplé d’humains qui ont détruit irrémédiablement en quelques dizaines d’années des millions d’années de la Création, et pourtant ils prétendent adorer le Créateur en massacrant les créatures !

Heureusement, d’autres psychanalystes ont fermement réagi :

Nous soutenons qu’il ne revient pas à la psychanalyse de se montrer moralisatrice et prédictive. Au contraire, rien dans le corpus théorique qui est le nôtre ne nous autorise à prédire le devenir des enfants quel que soit le couple qui les élève. La pratique psychanalytique nous enseigne depuis longtemps que l’on ne saurait tisser des relations de cause à effet entre un type d’organisation sociale ou familiale et une destinée psychique singulière.
De plus, la clinique de nombre d’entre nous avec des enfants de couples "homosexuels" atteste que ce milieu parental n’est ni plus ni moins pathogène qu’un autre environnement.

21/12/2012 16:27 par Sheynat

Quant au prétexte que le «  capitalisme s’accommodera d’autant plus du mariage homo que tout ce qui peut affaiblir l’identité sociale des individus lui profite » et que «  Le problème qui se pose aujourd’hui, c’est que certains voudraient faire reconnaître cette spécificité et l’institutionnaliser. De la possibilité de vivre en dehors de la norme, on passe à l’obligation de modifier la norme  », je rassure sur deux choses :

- le capitalisme n’ayant aucune valeur -comme ce fut rappelé-, il s’accommode de tout car il mange à tous les râteliers. S’il fallait en tenir compte pour ne pas lutter contre les inégalités, on ne lutterait jamais, préférant faire passer les récupérations du capitalisme avant les causes qui nous sont chères au lieu de poursuivre bon gré mal gré.

- d’après ce qui est avancé, une «  communauté » c’est bien, c’est une identité sociale, tant qu’elle n’est pas reconnue. Autrement dit «  une reconnaissance identitaire OK, si son identité n’est pas reconnue » : Cherchez l’erreur !
De plus, Michéa parle de «  minorités privilégiées » et de «  gens ordinaires » quand il présente sa vision du capitalisme :

«  c’est-à -dire avec un système qui soumet la vie des gens ordinaires au bon vouloir des minorités privilégiées qui contrôlent le capital et l’information. »

Or, une minorité qui en découd avec les inégalités de droit (non accès au mariage, persécutions sociales, salaire inégal pour les hommes homosexuels etc.) n’entre pas dans la catégorie des élites dominatrices.
Michéa précise sa pensée en rappelant qu’il ne s’inclut pas dans les concepts moraux des sociétés totalitaires stigmatisant les homosexuels :

«  J’aimerai apporter encore deux précisions, avant de lancer la discussion. En premier lieu, lorsque je critique l’utopie libérale d’un pouvoir « axiologiquement neutre », je n’appelle évidemment pas à revenir à un quelconque « ordre moral » fondé, comme dans les sociétés totalitaires, sur ce que j’appelle une « idéologie du Bien ». Le concept orwellien de common decency désigne, en effet, une réalité tout à fait différente. Une idéologie morale soutiendra, par exemple, que l’homosexualité constitue un « péché » contre la volonté divine (variante islamo-chrétienne) ou une « déviation bourgeoise » (variante stalinienne). Il est bien évident que de tels jugements sur l’homosexualité n’ont rien à voir avec la common decency, puisque la « décence » d’un individu, c’est-à -dire, pour le formuler en terme maussiens, sa capacité psychologique et culturelle à donner, recevoir ou rendre, n’a évidemment rien à voir avec son orientation sexuelle. »

Je remercie donc Jean-Claude Michéa de sa clairvoyance à ce sujet et espère que cela pourrait servir à ceux qui en font feu de tout bois pour désigner la minorité homosexuelle et ses revendications en menace pour la décence communautaire,
Enfin, je termine par les réponses pertinentes de Nabile Fares, qui rappelle lui aussi d’où proviennent ces mises à l’écart de cette institution nommée «  mariage » et ce qui en a découlé : racisme, colonialisme... Non, sans blagues, ce serait lié ???

«  le mariage comme institution religieuse et politique a toujours été l’enjeu d’une reconnaissance hiérarchique et discriminante à vocation anthropologique inégale, parfois raciste, dont la plus triste, pernicieuse, catastrophique, a été celle qui a précédé, juridiquement précédé, la logique, prétention, violence, justification soi-disant scientifique, nazie : les lois de Nuremberg de 1935 concernant le mariage sont très précises et éloquentes à propos de la mise à l’écart des personnes dites, déclarées, juives.
Tout le reste a suivi : extension du racisme, Shoah, discriminations sexuelles, chambre à gaz, guerres nationales, guerres coloniales, décolonisations, génocides ethniques…
(…)
Il est temps que l’institution du mariage devienne un lieu exemplaire symbolique de reconnaissance de «  toutes et de tous » celles et ceux, sexuellement amoureux, protégé/e/s, respecté/e/s, par la loi,et, tout une chacun et un chacun, responsables devant elle.

Ces crimes coloniaux ont enrichi les capitaux des grandes familles occidentales ; certaines de ces familles, certains de ces capitaux avec les banquiers de Wall Street, donc le capitalisme, ont financé la machine de guerre nazie. Les milieux bancaires et industriels américains étaient largement impliqués dans la montée du Troisième Reich.
On oublie également assez vite les premiers balbutiements des préceptes du Puritanisme grandement converti sur le continent américain, déviant ensuite sur le libéralisme, dont la clé de voûte est le capitaliste :
Qui prospère est béni de Dieu.
(Amen ! ou amène-ton-fric)

22/12/2012 11:28 par lapindebois

@Sheynat
Je vous remercie de revenir aux arguments plutôt qu’aux invectives.
Sur Michéa, je ne l’ai pas invoqué à mon secours contre le mariage gay (j’ignore quelle est sa position sur le sujet), mais pour préciser à Anonyme que je n’étais pas de gauche. Que Michéa ne soit pas homophobe, je m’en félicite puisque je ne le suis pas non plus.
Mais pour poser la question du mariage en des termes michéens, je répète que les problèmes sont les suivants :
1/ Ce faux débat monte les uns contre les autres deux parties du peuple qui ont les mêmes intérêts. Et toute la presse libérale-libertaire de type Libé de renvoyer dans le camps des salauds des gens ordinaires qui sont en réalité tout à fait décents.
2/ Le problème de la filiation est réel, et il est inconséquent de balayer des siècles d’histoire du revers de la main en invoquant deux ou trois psys qui disent que tout va bien se passer. Voilà précisément le type de pensée automatique "progressiste" que fustige Michéa.

Par contre, l’argumentation sur le mots de père et mère qui ne seraient pas supprimés mais remplacés, elle est tout simplement grotesque. Pour des gens qui se défoulent sur l’Eglise catholique à longueur de pages, ils auraient fait de bons jésuites. Si je vous dis qu’on va remplacer les commentaires de Sheynat par ceux de lapindebois, vous n’allez pas me dire que vos commentaires ont été supprimés ?

22/12/2012 15:42 par Safiya

Cher lapindebois

Je sais que cela n’apporte rien au débat mais je ne puis m’en empêcher... J’ai cessé de lire "Libé", (que je vendais à la criée, à sa création, dans un esprit militant et bien entendu bénévole et que j’achetais tous les jours "au même endroit"), depuis la disparition de "Sandwich", le supplément, (véritable lien social avec ses petites annonces gratuites et tout et tout) et l’introduction de la pub et sa dérive. Donc depuis 84, 85 ou 86, je ne sais plus. Depuis, je ne jette même pas un demi-oeil dessus pas même sur internet.

Joyeuses fêtes à toutes et à tous !

27/12/2012 22:36 par Sheynat

Je viens de me relire, et je n’ai pas trouvé d’invective de ma part à votre égard. Celles que j’ai exprimées renvoyaient directement aux multiples invectives dirigées contre les homosexuels et au communautarisme évident d’une petite clique qui soutient systématiquement les dénigrements envers les homosexuels comme envers les femmes et qui s’en émoustille en s’auto-félicitant.
Bizarrement, à part Anonyme, elles n’ont pas semblé incommoder grand monde, pas vous en tous les cas sinon ce «  Je vous remercie de revenir aux arguments plutôt qu’aux invectives. » se serait adressé à la plupart des commentateurs. Il est vrai par contre que je n’ai pas fait ma "pompom girl" : ce n’est pas mon style.

Pour moi, être une personne ordinaire, c’est porter en soi toutes les potentialités des différences et en être conscient, même celles rejetées par la norme dominante, exploitées, voire persécutées.
Ce potentiel qui fait de nous à la fois des êtres distincts et semblables, nous rappelle que nous avons pu être par le passé ce groupe ciblé et discriminé, que nous le sommes aujourd’hui et nous expose à l’être dans le futur, tant que ce système de prédation qui consiste s’ingérer pour normaliser la différence, plutôt que de soigner ce qui la marginalise, est entretenu, même par ceux qui se considèrent comme révolutionnaires :

« La misogynie et l’homophobie sont présentes dans notre société, y compris chez des personnes qui se considèrent comme très révolutionnaires, qui s’identifient avec le concept de socialisme, et qui cependant, dans la vie quotidienne, font preuve d’attitudes discriminatoires et pas seulement dans le domaine du genre et de la sexualité, et nous ne pourrons pas parvenir, sans un esprit novateur, à une société nouvelle. » (source)

Dans ce système prédateur, tout y est trompeur, par exemple, on va considérer que légaliser le mariage quelle que soit l’orientation sexuelle serait normaliser la différence, alors qu’il s’agit de l’inverse. Laisser le choix au groupe différent d’accéder aux mêmes droits plutôt que de lui imposer une marginalisation n’affaiblira ni son identité ni celle de la norme dominante, puisqu’il s’agit d’un accès au choix de reconnaissance.
Accepter la différence n’est ni la noyer ni la rejeter, ni l’imiter et s’y conformer, ni s’en servir de référence pour cristalliser ses peurs et être en réaction contre elle (ce qui consiste aussi à s’en servir de modèle ou de repère). C’est la laisser vivre, la laisser être, sans se sentir mis en danger par ce laisser-vivre.

Et si c’était ça, «  le même intérêt » -laisser vivre en vivant, quelle que soit l’orientation prise-, il n’y aurait pas indécence à soutenir une inégalité de droit, ni malhonnêteté à dénier cette illégalité, encore moins entourloupe à qualifier le débat de «  faux », ou encore, à reléguer cette cause en dessous, derrière, ou pour plus tard sur l’échelle de valeur d’un système vertical.
C’est ainsi que j’identifie le problème : on fait de jolis discours sur l’anti-capitalisme, mais on s’accroche à cette échelle verticale qui est l’élément de base sur lequel s’érige tout un système d’exploitation et de PREDATION.
On parle de progrès alors qu’on ne fait que déplacer les barreaux de l’échelle hiérarchique, mais quand on propose de renverser l’échelle pour la placer à l’horizontale -de manière à conserver les distinctions mais sur un même plan car faisant parti d’un tout- on couine sur la beauté du conservatisme et on craint balayer des siècles d’histoire.

Et voilà , au lieu de lutter contre toutes les formes de discrimination, on les divise en terme de valeur et de priorités, on les capitalise en rapports de pouvoir ! En voici un autre exemple concret.

Bref, on n’avance pas, on fait plutôt du surplace car on ne fait que se déplacer sur cette échelle qui n’en finit pas de s’enliser en entraînant tout le monde dans sa tombe.

Je suis en train de me régaler à lire les échanges dans les commentaires du blog de Paul Jorion à propos de la pensée de Michéa, et un dénommé Schizosophie a remis quelques pendules à l’heure, en traduisant ces extraits d’Orwell à propos de «  l’authentique travailleur » et des immenses changements :

«  Mais ce qu’il ne saisit pas c’est que le socialisme ne peut pas être réduit à une simple justice économique et qu’une réforme de cette ampleur est forcée d’entreprendre d’immenses changements dans notre civilisation et de son propre mode de vie. »

Quoique je ne sois pas d’accord avec ce point de vue sur les travailleurs ordinaires, je prends note qu’en effet, les frilosités de Michéa sur le changement ne correspondent pas à la vision d’Orwell.

Quant à votre tour de passe passe pour faire correspondre à «  modifier » le même sens que «  supprimer », l’exemple que vous utilisez prouve que vous avez gardé sous le chapeau son élément essentiel.. je viens de vous donner une piste...

29/12/2012 00:32 par gérard

@ Sheynat
Sur ce site :
Homoparentalité : http://www.psychologies.com/Famille/Etre-parent/Mere/Articles-et-Dossiers/Homos-et-parents
...il y a beaucoup d’avis différents et j’aime beaucoup l’introduction :
S’il est une question qui ne peut se régler à coup de déclarations simplistes et radicales, c’est bien celle de l’homoparentalité. L’enjeu - l’intérêt de l’enfant - impose prudence et nuance.

C’est exactement mon avis quand j’exprimais des réserves.
Il y a ici, je le redis beaucoup d’avis différents de pédopsychiatres, il ne s’agit pas, n’est ce pas Sheynat, de ne citer comme tu l’as fait, QUE l’avis de Christophe André, car contrairement à ce que tu dis :
- "Pourtant ce n’est pas bien compliqué de se positionner clairement."
- Et bien si, le sujet est très très compliqué, tellement compliqué que même les pédopsychiatres ne sont pas d’accords entre eux, mais c’est bien connu : "il n’y en a qu’un seul qui détient LA "vérité"...c’est Christophe André.
J’avais préparé un assez long commentaire, j’ai hésité longtemps à l’envoyer, résultat... j’ai préféré tout effacer !
Non, décidément non, c’est un sujet de société qui ne peut supporter le terme de militant, et tu l’abordes sans arrêt en tant que militante, comme le fait cet article ; d’un côté comme d’un autre, je les fuis comme la peste ; je préfère de loin ceux de "prudence et nuance"...

Dernier point qui me "chiffonne" tout particulièrement : dans les années soixante-dix la pire des choses, la plus ringarde, la plus réactionnaire, c’était le mariage, c’est un avis que je partage totalement ; d’une certaine manière c’était devenu un dogme : "le droit au mariage pour personne !".
Mais qu’en est-il advenu ?

Logiquement donc avec la revendication du "droit au mariage pour tous", serions-nous devenus très réacs ou bien ne serions nous pas encore face à un dogme qui ne va pas plus "tenir la route" que son opposé ?
Paradoxe vous avez dit paradoxe...
Et si tout bêtement on ne voulait pas aller trop vite...
« La question de l’homoparentalité est très complexe. L’échange de points de vue et le temps de la réflexion sont indispensables avant de légiférer. » Marcel Rufo
Mais avons nous eu des débats sur les écrans de nos chers Médias "institutionnels" ? Que nenni !

29/12/2012 12:12 par Safiya

D’habitude, je suis d’accord avec toi Sheynat mais là , je ne te suis pas, suis même étonnée que tu ne vois dans nos réserves que de l’homophobie et surtout que tu ne détectes pas le côté pernicieux de ce "mariage pour tous".
Ne penses-tu pas que la société est déjà pas mal décérébrée et destabilisée pour en rajouter une couche ?

De la même façon que "on" a instrumentalisé les femmes pour mettre à bas pays et populations, les homosexuel(le)s le sont pour, dans l’immédiat, noyer le poisson et détourner l’attention des vrais problèmes et, à long terme, pour semer encore plus de zizanie, de confusion et effilocher ce qui reste, c-à -d la famille nucléaire après avoir détruit la famille élargie, et pour moi, la famille est un mini Etat, en la détruisant complètement, le peu d’Etat qui reste n’aura plus lieu d’être.

Et pour ce qui est de l’adoption, je pars du même principe et penche plutôt vers ce qu’en dit Gérard et le dire est non pas le congratuler mais exprimer le même point de vue.D’accord ?

Bien à toi

29/12/2012 20:10 par Sheynat

@ Safiya et Gérard : si je vous disais que depuis que je suis petite, depuis que j’ai observé les couples mariés, et regardé les mariages, si je vous disais que je suis personnellement contre le mariage, vous me croiriez ?
Et quand j’affirme «  personnellement » c’est en dehors de tout courant de mode prônant ou rejetant le mariage : rien à f... Ca ne fait tout simplement décidément pas partie de mes principes personnels.
D’ailleurs je pourrais faire une longue liste de tout ce contre quoi je suis, sans pour autant vouloir y faire obstacle à un groupe déterminé...

@ Safiya : je t’avoue que je ne comprends pas ton désaccord avec mon point de vue.
Car quels que soient mes avis perso sur le mariage, il y a une chose pour laquelle j’affirme un grand «  oui », c’est que ce truc, ce bidule, le mariage, s’il est accessible aux uns, il n’y a aucune mais strictement aucune raison à mes yeux pour qu’il ne le soit pas aux autres, c’est à dire à ceux qui ont une orientation sexuelle différente, ceux-là au même titre que nous, dont l’hétérosexualité -qu’on n’a pas choisie non plus- est la norme.
Cette discrimination n’a que trop durée. Et pour quelles raisons persiste-t-elle si ce n’est par peur, par phobie de quelque chose ?
Certes le contexte ne s’y prête pas, mais alors, quand est-ce qu’il s’y prêtera ?

Au moment du Pacs, on entendait ça tous les jours : ce n’est pas prioritaire, en cette période de montée du chômage… Mais si l’on attend que les questions économiques soient résolues, on risque d’attendre longtemps. C’est d’ailleurs une bien vieille rhétorique : dans les années 1950 et 1960, le Parti communiste reléguait les luttes féministes au rang de «  luttes secondaires ». Et dans les années 1930, le discours fascistoïde des personnalistes chrétiens fustigeait l’ «  individualisme juridique » et mettait en avant le souci de la «  communauté nationale ». Didier Eribon : Entretien paru sur le site du journal en ligne Médiapart, le 14 décembre 2012.

@ Gérard :je t’invite également à lire les arguments du même auteur, où il rappelle que «  la famille » est en elle-même une sphère diversifiée et variée, et ce contre quoi les conservateurs ont également voté : droit des femmes pour voter, travailler, avorter... «  avec les mêmes arguments qu’aujourd’hui : cela menace la différence des sexes sur laquelle repose la civilisation » et avec «  L’immémoriale hantise de l’homosexualité comme facteur de destruction ou d’extinction de la société se réactive chaque fois qu’un discours d’affirmation se fait jour » (ça s’est pour Lapindebois) Entretien paru dans "L’Humanité-Dimanche", le 13 décembre 2012

«  c’est un avis que je partage totalement ; d’une certaine manière c’était devenu un dogme : "le droit au mariage pour personne !". »

Donc tu as adhéré à l’avis militant des années 70 :).
Et aussi, tu es d’accord avec moi. Car le droit au mariage pour personne = le droit au mariage pour tous, au détail près que celui pour tous ne sanctionne personne alors que celui pour personne sanctionne tous ceux qui en ont fait le choix.
Et ce n’est pas parce que des avis sont complexes que le sujet débattu l’est, je crois que tu le sais autant que moi.
Je prendrai le temps de répondre au lien que tu as indiqué.
Quant à Rufo...

30/12/2012 19:29 par gérard

@ Safiya
Ce n’est pas la peine de prendre des précautions de langage pour ne pas me..."congratuler", mais je te remercie quand même ; les commentaires furent assez blessants et surtout injustes ; j’avoue que j’ai eu ensuite beaucoup de mal à revenir "normalement" sur le G.S.

@ Sheynat
Je vais être très direct : le droit des adultes, si je n’en ai quand même pas rien à faire, c’est l’enfant qui est ma préoccupation première. L’adulte lui, sa structure elle est faite, celle de l’enfant elle reste à faire.
Si le "droit de l’adulte" et l’équilibre de l’enfant coïncident, alors là pas de problèmes.

Réclamer le "droit" à un enfant cela me fait l’effet de réclamer le droit à un objet, à une prime, une allocation, ou que sais-je encore...Un enfant c’est avant tout un sujet, un devoir ; il n’y a rien de plus extraordinaire et rien de plus fragile aussi, et donc facile à casser.
Je suis entièrement d’accord, avec qui je ne sais plus, que les couples hétéros sont très souvent à côté de la plaque (et c’est un euphémisme) avec leurs enfants même s’ils pensent agir avec amour (c’est en cela que j’avais dit que l’amour ne suffisait pas).

Il n’y a pas de raison que les couples homos échappent à cette règle, et ils risqueraient même d’être encore plus acteurs et victimes de cette "règle" :
- victimes par l’entourage, par la Société qui est très loin au fond d’elle-même d’être prête (même si le sacro-saint temple des sondages le dit, il n’est pas certain que les réponses positives ne soient pas le fruit d’un suivisme plus ou moins "in", cela fait progressiste d’être pour...),
- acteurs car à mon avis il leur sera très difficile de remplacer l’autre modèle qui manquera inévitablement à l’enfant, masculin ou féminin suivant le cas.

Un exemple : un Père (j’en sais quelque chose) une fois qu’au regard de sa Fille il ne sera plus le "roi du pétrole", une fois qu’Å’dipe sera "assassiné", elle va tisser des liens d’intérêts simplement naturels, communs, de complicité plus forts avec sa Mère ; dans une structure homoparentale masculine ce serait pour le moins difficile...

"Quant à Rufo" comme tu dis, écoutons plutôt son point de vue :
« L’important, c’est que les familles des parents homosexuels s’impliquent dans l’adoption. »
C’est un point capital !
[Il est à noter que l’homoparentalité ne poserait aucun problème dans une structure de vie communautaire, mais je vais y revenir]

Pour schématiser (je précise bien), l’enfant aurait alors tout le loisir dans la famille élargie, d’une part de trouver son "double" si j’ose dire, et de pouvoir ainsi s’identifier à elle ou lui, et d’autre part, d’être confronté aux qualités et aux défauts de son "contraire".
Un enfant a aussi besoin de s’opposer pour se construire, (ce sont les "fameuses" bornes que j’ai évoquées) d’où les "classiques" oppositions plus ou moins importantes Père/Fils et Mère/Fille qui apparaissent aussi plus ou moins sporadiquement.

Une famille homoparentale isolée (et l’isolement des individus n’a cessé de progresser durant ces 50 dernières années), aurait automatiquement des carences ; d’où l’énorme intérêt de la proposition de Rufo.
Le besoin d’un enfant à soi vient aussi en partie du fait qu’on s’est éloigné (et le terme est faible) de toutes les anciennes formes de communauté de vie. Il faudrait déjà , notamment par l’habitat, faire un pas dans l’autre sens, mais ça !
Les communautés libertaires des années 70 avaient bien "pigé le truc" ; le terme de mariage y avait disparu et l’enfant avait tout loisir de trouver oserai-je dire..."adulte à son pied", et inversement. J’en ai fait et subi l’expérience : un enfant, c’est une "tête chercheuse" ; il va très vite trouver avec qui il se sent bien, et il disparait !

Quoiqu’il en soit, il faudrait déjà un débat au moins pour avertir des difficultés inhérentes à l’homoparentalité, ainsi que de celles qui pourraient résulter de la PMA...
Sur la PMA, je dirai honnêtement que je n’ai pas d’avis et peut-être pas non plus le droit d’en avoir un ; c’est aux Femmes de décider. L’interdire me semble être une stupidité puisque si on en a les moyens, on va à l’étranger.
Rufo par exemple est contre...Cela m’a surpris, je ne me serais attendu qu’à des réserves venant de sa part...
Que penser de ses arguments ?...
J’attends des avis...sans langue de bois !

Être parent dans une structure "normale", ce n’est déjà pas si facile, mais là c’est ajouter deux couches de difficultés et non des moindres :
- Filiation pas du tout évidente dans l’imaginaire de l’enfant que ce soit par l’adoption, ou par la PMA.
- Structure sexuelle monolithique des parents et ce que j’en ai dit précédemment.

Ca nécessiterait peut-être avant tout des débats, des enquêtes sur ce qui se fait déjà à travers le Monde, d’écouter ce qu’en disent les spécialistes sur le terrain, etc... avant de se précipiter à réclamer le "mariage pour tous", non ?
Car là , comme slogan stupide (et je suis resté poli !) on ne peut faire pire !
Que ce soit une manipulation de la Droite cela ne m’étonnerait pas du tout.

Vite fait : je réitère encore avec véhémence qu’émettre des réserves ce n’est absolument pas de l’homophobie ; j’insiste c’est du pur jus de "taser" :
- sous prétexte que la droite se mobilise contre l’homoparentalité, on émet des "réserves" et hop !...on est envoyé dans la case réac !
Une citation que j’aime beaucoup :
L’éducation d’un enfant consiste à comprendre un enfant tel qu’il est, sans lui imposer l’image de ce que nous pensons qu’il devrait être (Jiddu Krishamurti)

31/12/2012 06:29 par Sheynat

@ Gérard : Je ne compte bien-entendu pas te faire changer d’avis.
Mais rappeler qu’il y a déjà eu réponses sur tes derniers arguments ici-même.
- les réponses qui t’ont été faites ont été blessantes, mais pas tes propres propos à l’égard des homosexuels ? Tiens donc...
- Tu t’inquiètes sur un avenir qui n’en est pas un puisqu’il existe depuis longtemps et c’est dit dans l’article : l’homoparentalité est déjà une réalité et les difficultés rencontrées pour les enfants sont les hostilités promues par l’hétéronormativité.
- Pour ce qui est de Rufo, je vais faire comme toi : ne pas tenir compte de ce qu’on a dit + haut à son sujet notamment sur ses impostures, donc, je n’ai rien à rajouter de plus.
- Sur ce qui est des avis des autres psy, l’article y répond, et j’ai montré dans un comm’ le mouvement qui s’indigne des positions réactionnaires de certains d’entre eux et sa pétition.
- Heu... des débats, des enquêtes, ça fait aussi un moment qu’il y en a. Je croyais que tu t’étais informé.
- Oui, il est bien question d’homophobie ; s’il s’agissait d’hésitations, tu avancerais certes les inconvénients mais aussi les avantages qui te font balancer entre le contre et le pour. Je n’y vois que des craintes.
Ca fait d’ailleurs des lustres que des injustices antidémocratiques sont dénoncées, mais comme par hasard, celles fondées sur le genre, ça fait «  genre » de les reléguer aux oubliettes, c’est la stratégie de la nouvelle gôche ça.
Devenue conservatrice au grand plaisir des ringards de droite, elle fait désormais sa sainte Nitouche, elle stocke à la cave ce qui lui fait peur et la dérange, elle «  émet de réserves », entre autre pour défendre un concept de la famille monolithique identitaire (lithe, c’est pierre, rigidité, monolithique = d’un seul bloc) qui n’a jamais existé que dans les simulacres de la famille traditionnelle idéalisée du type Kellogs.

Cela fait des siècles que bon nombre d’homosexuels élèvent des enfants dans un cadre familial hétéro dans les normes imposées, tout en vivant leur sexualité en clandestinité :
«  Réduire l’un des deux parents à une sorte de clandestinité que toute la cellule familiale doit ensuite organiser et entretenir ».
Clarifier les situations aurait déjà un effet positif pour la construction d’un enfant et heureusement, «  commence à s’imposer l’idée selon laquelle ce qui importe le plus, du point de vue du développement optimal d’un enfant, c’est la nature de la relation qu’il aura avec ses parents - plus que l’identité sexuelle de ces derniers - ainsi que le contexte économique, social et culturel dans lequel il sera élevé. On peut aisément en conclure que l’enfant adopté d’un couple homosexuel bénéficiera d’autant mieux de cette situation que l’homoparentalité sera par ailleurs bien acceptée par la société. Autres temps, autres moeurs. »

«  L’éducation d’un enfant consiste à comprendre un enfant tel qu’il est, sans lui imposer l’image de ce que nous pensons qu’il devrait être (Jiddu Krishamurti) »

Excellent point de vue. Allez, encore un petit effort et dans le même esprit on pourra dire avec Didier Eribon :

«  Il est assez triste de voir des gens qui s’instituent experts de la vie des autres venir à la télévision et dans les journaux décréter que certaines vies sont impossibles et impensables. Si leur théorie ne leur permet pas de comprendre ce qui se passe dans la société où ils vivent, c’est cette théorie qu’il faut changer, pas la réalité. Ce caractère rétrograde de la psychanalyse suscite d’ailleurs un mouvement critique de la part de psychanalystes eux-mêmes, et certains s’indignent qu’on fasse jouer ce rôle à leur discipline, qui devrait avoir pour objectif d’aider les gens à vivre comme ils vivent et non pas de leur dire comment ils doivent vivre."

Pour finir, je me joins à Safiya pour moi aussi lancer mon cri du coeur : Emcee, reviens !!!!

02/01/2013 08:15 par calamityjane

Jiddu Krishnamurti (1895-1986) chef du nouveau mouvement messianique d’inspiration
théosophique reprend sa liberté en 1929 crée un enseignement spirituel original excluant
tout dogmatisme, tout rituel, toute organisation ecclésiastique et ne relevant d’aucune
autorité spirituelle, la sienne comprise.
Il affirme que l’homme ne peut parvenir à sa plus haute réalisation qu’en se libérant de
tous ses conditionnements imposés ou acquis, en reprenant sa vie à son propre compte.
Le parfait contraire du "je veux et j’exige" qui lui est dépendant de bien des conditionnements

02/01/2013 08:29 par mandrin

comme le disait coluche chacun fais se qui veux avec son cul et libre de disposer de son corps, par contre là ou il y un grave problème c’est le grand père qui se met a bander quand il a sa petite fille sur ou son petit fils sur ses genoux, l’air de rien et a l’insu de tout le monde et qui bien entendu au dessus de soupçon...et ils sont nombreux, et bien souvent a l’avant garde de la moralité pour disculper le fond crasseux de leur personne.

04/01/2013 17:41 par gérard

Une vidéo à voir absolument, c’est une audition extra...ordinaire en commission de l’Assemblée Nationale, de témoignages de parents et d’enfants qui vivent dans une structure d’homoparentalité.
http://www.lcp.fr/emissions/travaux-en-commission/vod/142488-audition-des-familles-homoparentales.
En premier je me résume, pour éviter des "malentendus" :

Mais en ce qui concerne l’adoption et autre, là c’est une toute autre question...
Mais ai-je dit que j’étais hostile ? Non, l’être arbitrairement, c’est de l’obscurantisme
« l’homoparentalité. L’enjeu - l’intérêt de l’enfant - impose prudence et nuance. »
C’est exactement mon avis quand j’exprimais des réserves.
« L’échange de points de vue et le temps de la réflexion sont indispensables avant de légiférer. » Marcel Rufo
Mais avons nous eu des débats sur les écrans de nos chers Médias "institutionnels" ?

A cette dernière question c’est NON, mille fois non !
Et c’est là principalement où réside le gros du problème.
- Ces témoignages prouvent que ces parents ont agi dans la plus parfaite intelligence. Elles (ils) ont évité toutes les erreurs. Bravo !
Mais les situations des autres familles sont-elles toutes aussi idylliques ? J’aimerais sincèrement en être persuadé...Si on écoute Freud quand on lui avait demandé comment élever un enfant, il avait répondu (de mémoire) : "faites comme vous voudrez, de toute façon ce sera mal"...
Sans pour autant être aussi négatif, je pense qu’il est de la plus haute importance de continuer à faire ce style d’émission, mais sur une audience bien plus large que celle de LCP, afin :
- d’informer les détracteurs et couper court ainsi à ces oppositions bêtement doctrinaires...
- d’informer les postulant(e)s à l’homoparentalité de comment il faut agir vis à vis des Enfants (ces témoignages en sont de bons exemples), mais surtout de ce qu’il leur faudra éviter de faire, car les écueils sont nombreux. Ils (elles) ne doivent surtout pas rester isolé(e)s.
Lancer ce type de slogan "le mariage pour tous !" ce n’était certainement pas la meilleure méthode pour faire évoluer les mentalités ; il y avait déjà assez de jurisprudences favorables entre autre à la reconnaissance de la filiation du "deuxième" parent, pour combler le PACS de ses lacunes.

06/01/2013 17:08 par Sheynat

«  A cette dernière question c’est NON, mille fois non ! »

Parmi les émissions offrant débat sur l’homoparentalité, sur les ondes médiatisées dont on trouve encore trace sur le Web, j’aime bien les interventions du psychanalyste pédopsychiatre Serge Hefez, remarquables de justesse, via son expérience clinique, et ses documentations.
Loin de parler avec ses préjugés, il est d’autant plus objectif dans sa démarche qu’investi dans «  l’intérêt supérieur de l’enfant ».
Ici par exemple, il rappelle que les sondages révèlent une population partagée en deux, autant pour que contre, et il explique également pourquoi les psychanalystes sont divisés. Il informe aussi sur la présence d’études scientifiques recensées qui permettent d’être rassuré sur les compétences des familles homoparentales.

Compétences que tu remets en question, Gérard, avec ces injonctions qui en disent encore long sur tes à priori à l’égard des familles hors rigidités hétéronormatives :
«  il faut les informer de » «  comment il faut agir », «  qu’il leur faudra éviter de faire » etc.
On peut déjà se demander à quoi sert un «  comprendre un enfant tel qu’il est, sans lui imposer l’image de ce que nous pensons qu’il devrait être ». Il ne devient qu’une maxime creuse dès lors qu’on se cristallise sur des «  dire aux gens comment ils doivent vivre et non pas les aider à vivre » tout aussi chers aux psy rétrogrades.

On peut aussi noter que ces mises en doute et ordonnances ne s’adressent qu’aux familles homosexuelles et non pas aux familles hétérosexuelles. A croire que ces dernières, quoiqu’on les déclare ici et là imparfaites, ont l’avantage d’être hors soupçon de dérapages au point qu’on leur accorderait la science infuse de l’éducation, ce qui est encore une façon d’appliquer une discrimination sans l’avoir prétendu.

Si ce n’était pas le cas, toutes les formes de structures familiales, divorcées, éclatées, recomposées, homo ou monoparentales, y comprise celle créée et adaptée par le «  Système », seraient questionnées de cette manière sur le même plan, à savoir, suspectées autant les unes que les autres de rencontrer des «  écueils ».

Mais non, les considérations restent discriminantes. Le film transmis qui témoigne concrètement de ce qu’une malheureuse poignée de commentateurs essaient d’expliquer ici avec l’excellent article en apport, a-t-il bien été compris ?

Ca n’a tilté personne que cautionner ces secrets familiaux et favoriser la clandestinité pour cacher ses différences à la norme bien-pensante moralisatrice qui prétend protéger l’enfant plutôt que de reconnaître son homophobie, n’était pas épanouissant pour l’enfant ?

/...
Nous avons des données de plus en plus objectives via des littératures qui commencent à être abondantes et documentées sur les enfants dans contexte homoparental, et dont les études ne sont pas alarmantes sur le devenir des milliers d’enfants interrogés en terme d’identité et d’orientation sexuelle.
Il n’est donc pas question de jouer les apprentis sorciers.
Par contre, ça se joue sur des à priori et des représentations très ancrées en nous, sur comment on construit notre psychisme par rapport à la perception de la différence des sexes, le coït hétérosexuel qui donnerait un sens à notre présence au monde et qui serait l’unique moyen de permettre la maturité psychique.
Il s’agit d’un vieux dogme repris par un groupe psychanalyste à l’heure actuelle.
Or ça ne correspond pas à la réalité, même en dehors des contextes homoparentaux, et les études montrent par l’écoute des enfants, que lorsqu’ils ne sont pas dans la situation idéalisée de la famille hétéro enfantant et engendrant, ils tissent un système de compréhension autrement : ils sont dans un monde où la différence des sexes est partout, nommée, prend du sens, ils apprennent que l’univers est sexué et s’organise autour des différences sexuelles.
Par le modèle homoparental ils comprendront qu’il y a d’autres systèmes de représentation, dissociant la question de la procréation de la question de l’engendrement ; que l’engendrement et la fécondation ne sont pas tout à fait du même processus. Et encore une fois l’expérience montre que ce n’est pas une catastrophe pour eux.
Freud voulait forger une théorie applicable à toutes les cultures et époques et à toutes les époques d’évolution des sociétés, alors que sa théorie correspond au contexte dans lequel il évoluait, en transformation où l’on assistait à un certain déclin de la fonction paternelle, à la montée en puissance des femmes et de l’égalité des sexes. Comme s’il essayait de restituer le père, la fonction paternelle, le phallus, et les psychanalystes qui ont suivi sont très fortement imprégnés par cette vision oedipienne de la différence des sexes, au point de coder la vision du monde à l’heure actuelle, c’est à dire de décrypter des tas d’éléments qui se présentent dans la vie, à partir de ce qui avait été créé pour décrypter les réalités d’une autre époque.
Toute naturalisation du genre, c’est à dire toute réflexion qui porterait sur la nature même du féminin et du masculin, s’agence visiblement toujours autour d’une certaine domination du masculin : ramener le féminin à l’état de nature (du côté du corps, du biologique, des humeurs) et le masculin à l’état de culture (verbe, transmission, savoir, culture).
On est donc dans des schémas de signification de domination masculines autour desquels les sociétés se sont organisées depuis la nuit des temps. Ca ne se désarticule pas très facilement car tout d’abord les femmes enfantent, allaitent, pas les hommes, mais il faut voir comment, à partir de ces différences naturelles biologiques, elles sont ensuite sur-interprétées par la culture pour enfermer les hommes et les femmes dans des carcans de rôles et de compétences qui n’ont plus rien à voir avec le corps mais avec cette architecture symbolique.
Ce que les hommes et femmes commencent à comprendre c’est qu’ils ont beaucoup à gagner dans la fluidité de rôle entre les sexes où chacun s’approprie des compétences qui seraient dévolues à l’autre («  instinct maternel » et autre).

…/
Voui, je viens de citer une deuxième fois Serge Hefez (VS 8 Rufo de Gérard, je suis loin du compte en matière d’unique vérité) : voilà de quoi aller plus loin dans la remise en cause du «  Système » plutôt que de se contenter de le dénoncer partout sauf dans ses aliénations du sexe et du genre, n’est-ce pas ?

23/05/2013 11:22 par Madouce

Recentrons le débat et posons-nous plutôt des questions humaines, simples et universelles.
D’abord, sortons de cette idée obtus et manichéenne qui consiste à dire qu’il y a d’un côté les gentils, ceux qui sont pour le mariage pour tous, et les méchants, ceux qui sont contre.
Il serait naïf et simpliste de croire que les opposants à cette loi soient contre l’amour entre homosexuels ou même homophobes.
Nos raisons sont plus profondes. Cette loi n’a pas QUE des points positifs.
Le mariage pour tous est une idée utopique qui voudrait que tous les citoyens français soient égaux en droit. Il suffit de penser à la devise républicaine « Liberté-Egalité-Fraternité ».
Elle répond également au principe du bonheur pour tous stipulé à l’introduction de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen.
On serait tenté de croire que ces revendications sont légitimes.
En effet, lorsqu’on prend le temps d’écouter les homosexuels, on s’aperçoit qu’ils ont longtemps été opprimés, persécutés, méprisés et marginalisés.
De cette souffrance est née la volonté de se faire accepter malgré leur différence.
Mais cette revendication, blessée de ressentiment, devient un véritable paradoxe.
Pourquoi un couple homosexuel, qui par nature ne peut pas faire d’enfant, voudrait en avoir ? Ne serait-ce pas prendre pour norme et modèle le couple hétérosexuel ?
Ne serait-ce pas reconnaître que le modèle absolu d’un couple est un homme et une femme qui engendre des enfants ?
Comment des homosexuels qui clament haut et fort que ce modèle est dépassé, voire moyenâgeux, cherchent absolument à le singer ?
Comment ces gens qui prétendent vouloir abolir ce modèle cherchent absolument à le reproduire ?
N’est-ce pas nier leur condition d’homosexuel que de vouloir absolument correspondre au couple hétérosexuel ?
Ne serait-ce pas être conformistes ?...

Tout ceci parait paradoxal et absurde. Pourtant, il se cache derrière une logique et une stratégie parfaitement huilée.
Il faut se rappeler que, selon une poignée d’homosexuels, le persécuteur et le dictateur, c’est la norme du couple hétérosexuel. C’est elle qui fait ressortir leur différence, il faut donc la détruire.
Le mariage homosexuel est le cheval de Troie qui abolirait la norme du couple hétérosexuel.
En effet la négation de leur différence est la seule condition pour retrouver une place dans la société et se venger de l’histoire.
Voilà la véritable motivation : SE VENGER car la norme hétérosexuelle est vécue pour eux comme une injustice.
Les défenseurs du mariage pour tous nous font croire que certains homosexuels ont besoin du mariage pour être heureux.
Je refuse d’entrer dans cette mascarade : car ils se fichent pas mal du mariage.
Ce n’est qu’une passerelle pour toucher aux principes de l’humanité : le couple homme et femme, la famille, la filiation, la parenté… jusqu’où ira cette frénésie ?... On parle déjà de la théorie du genre !
Appliquées à la réalité, une idée utopique peut prendre 2 directions :
- soit on s’arrête aux limites de la réalité : dans le cas du mariage pour tous, il s’agit de la procréation naturellement impossible pour les couples homosexuels ;
- soit on va au bout de cette folie et cette idéologie mène au chaos : car, en dépassant ces limites pratiques, on détruit les piliers de l’humanité.

En 1999, les homosexuels réclamaient le PACS, un contrat qui reconnaissait leur union.
Il faut savoir que le Pacs a eu très peu de succès au sein de la communauté gay, car en réalité, le Pacs n’était qu’un marchepied pour atteindre le mariage.
Dans un premier temps, nous avons contesté le mariage gay car, par principe, un mariage concerne une union entre un homme et une femme qui engendre des enfants.
En effet, quelle absurdité d’accorder le mariage à des couples homosexuels, qui par nature, ne peuvent avoir d’enfants ?
Les homosexuels qui revendiquaient cette loi, nous ont fait croire qu’ils souhaitaient seulement le mariage et l’adoption
Alors, le vendredi 17 mai 2013, le Conseil constitutionnel a répondu à leurs souhaits en apportant toutefois une réserve s’agissant du droit à l’enfant en privilégiant un droit de l’enfant.
Notons l’imprécision laissée par le Conseil constitutionnel : " la décision d’accorder ou de refuser l’adoption à des candidats devrait prendre en compte LE SEUL INTÉRÊT DE L’ENFANT."... mais quel est l’intérêt de l’enfant ?
N’est-il pas d’avoir une VRAIE famille, et non des tuteurs ou des éducateurs de même sexe ? L’intérêt de l’enfant adopté n’est-il pas d’être accueilli par un homme et une femme capables de lui donner une idée de ses origines, c’est-à-dire, de venir symboliquement d’un père et d’une mère ?
Le Conseil constitutionnel est-il en train de tourner autour du pot ?
De plus la motivation du Conseil constitutionnel est complètement contradictoire : comment peut-on prétendre privilégier un droit DE l’enfant en accordant le mariage et l’adoption à des personnes de même sexe ?
En combien de langue faut-il le dire ? : les couples de même sexe ne peuvent pas avoir d’enfant par nature. Ce n’est donc qu’un DESIR d’enfant qui anime l’adoption, et certainement pas l’intérêt de l’enfant...
Il faut se rappeler que l’adoption est une réelle vocation car tout le monde n’est pas voué à y recourir : il s’agit d’un don de soi, le fait d’offrir une famille à un enfant.
On nous fait croire que tous les couples homosexuels, souhaitant un enfant, débordent d’une telle générosité d’âme qu’ils courent tous vers l’adoption.
Arrêtons de nous leurrer ! L’adoption est le seul moyen légal en France pour ces couples d’avoir un enfant : c’est donc bien un droit À l’enfant qui les motive.
Ce n’est que pour ce droit À l’enfant que certains couples de même sexe ont exigé le mariage pour tous ! Ils se fichent pas mal du mariage !
Contrairement à ce qu’avance le Conseil constitutionnel, en accordant le mariage pour tous, il décide de cautionner ce droit à l’enfant. Quelle décision hypocrite !
En étant adopté par un couple de même sexe, l’enfant sera en réalité privé 2 fois de parents : une première fois par la vie, une seconde fois par la loi.
N’est-ce pas inhumain ?
Par ailleurs, il faut savoir que la plupart des pays étrangers refusent l’adoption à des couples homo et il n’y a que des heureux élus qui en bénéficient.
Que faites-vous de tous les autres qui n’ont pas été choisis et qui en ont marre d’attendre ?
Nous voyons d’ici la nouvelle injustice qui sera dénoncée : les homosexuels ne peuvent pas s’épanouir dans leur mariage car les moyens légaux en France sont limités.
En effet, la loi de la bioéthique interdit la Procréation pour Autrui pour les couples de même sexe et la Gestation pour autrui.
Donc, au nom du bonheur pour tous, quelques extrémistes acharnés demanderont à réformer cette loi.
Ces moyens sont déjà la solution dans d’autres pays et il est TRÈS probable – voire certain – que ces questions seront à l’ordre du jour.
Le but est bien de toucher à la loi de la bioéthique.
Donc, enlevons nos oeillères et prenons un peu de recul.

On sait comment faire les enfants : un ovule + un spermatozoïde.
En tout état de cause, cela suppose l’intervention du sexe opposé. Voilà toute la problématique !
Ainsi, la personne tierce, qui ne fait pas partie du couple homo, devient un moyen pour aider à enfanter… pour ma part, ça me turlupine… ça me gêne…
UN MOYEN, voilà ce qu’on devient. C’est à dire que, pour un but déterminé, on met à disposition le corps d’autrui, comme un objet…
Ce mode de fonctionnement est imprégné par la mentalité capitaliste et ultra libérale où tout est négociable et monnayable… même le corps humain, dans le cadre de la GPA, en le dissociant de l’être PENSANT qui l’habite … comme s’il était aussi simple pour la conscience humaine de se séparer d’un enfant porté pendant 9 mois…
Que dire encore des effets sur l’enfant à naître qui sera séparé de la femme qui l’a porté.
Comment peut-on prétendre respecter la dignité d’une personne quand on utilise son corps pour la réduire en une machine à fabriquer ?
N’est-ce pas inhumain ?
Pour le comprendre, rappelons-nous la définition du respect de la personne humaine dictée par le philosophe Emmanuel Kant : « Agis toujours de telle sorte que tu traites l’humanité, dans ta personne, comme dans celle d’autrui, toujours en même temps comme une fin, jamais seulement comme un moyen » (Fondements de la métaphysique des mœurs, section 2).
Heureusement, qu’aujourd’hui, grâce à la loi de la bioéthique, la GPA est interdite. Cette interdiction repose sur les principes de respect de la personne et du corps humain. Elle permet d’éviter toute marchandisation du corps humain, ou pire, le trafic de nouveau-né et l’exploitation des femmes.
Mais jusqu’à quand tiendra cette loi ?

Par ailleurs, certains homosexuels réclament, au même titre que des personnes stériles, la PMA, c’est-à-dire une intervention médicale qui consiste à aider des gens malades à avoir un enfant.
La loi de la bioéthique encadre la finalité du recours : l’aide médicale. Aujourd’hui, la PMA demeure d’ordre médicale et exclut une mise en œuvre pour convenance personnelle.
Les homosexuels ne sont assurément pas malades, c’est seulement que leur relation n’est pas féconde.
Les personnes de même sexe désirant un enfant insistent pour dépasser cette limite de fécondité au nom du progrès. Mais à quel prix ?
On veut banaliser ce genre d’opération qui ôterait l’origine fondamentale de l’enfantement : il faut se rappeler qu’un enfant prend avant tout son origine dans la relation entre DEUX personnes HUMAINES, en l’occurrence, d’un homme et d’une femme.
Comment garder le caractère humain de l’enfantement quand on pense que c’est seulement l’affaire d’un utérus, spermatozoïde + ovule ?
Cela dérive tout de suite vers un droit à l’enfant comme un droit à la propriété.
N’est-ce pas inhumain ?
On bascule dès lors dans la vulgarité la plus sordide où il s’agit de « fabriquer » des enfants comme on fabrique des jouets, sans se poser la question de la fragmentation de la parenté et de la FILIATION…Imaginons un dialogue entre 2 mamans et son enfant :
« mamans, qui est mon père ?
- un donneur de sperme anonyme
- en gros, mon père est un spermatozoïde inconnu… :S »
Désolé, quand je réfléchis sur le long terme et que j’imagine ce genre de discussion, je me demande « oú on va » ? Oú va l’humanité ?
Que sera la famille et la généalogie ? : le spermatozoïde de l’un ? le ventre de l’autre ?
N’est-ce pas inhumain ?
En quoi est-ce une avancée ?
Nous ne sommes pas des composants du corps humain mis en circulation mais des êtres entiers et PENSANTS, qui comprenons la notion de respect de la dignité humaine et qui avons CONSCIENCE de nos origines et de notre filiation…

D’ailleurs, qu’est-ce que la dignité et l’intégrité humaine dans une société matérialiste qui ne prend en considération que ce qui est palpable, surtout quand cela à une valeur monétaire ?
Qu’est-ce que la conscience de la filiation ou le bien commun dans société individualiste, voire nombriliste, qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez ?
Est-ton vraiment prêt, pour quelques individus, à revoir à la baisse la considération de ce qui est propre à l’Homme ?
L’être humain ne devient qu’un tas de cellules… Au nom de quoi ? L’amour ? Le bonheur ?
Comment peut-on brandir des notions aussi nobles pour justifier un tel manque de sagesse ?
N’est-ce pas plutôt le fruit de passions ?
N’est-ce pas du fanatisme que de suivre une idéologie jusqu’à en perdre la raison ?

Arrêtons d’avancer avec des œillères et prenons un peu de recul…
Voilà ma réflexion.

Je me pose seulement des questions UNIVERSELLES pour avoir un esprit critique face aux lois.
Il est normal que cette idée soulève des interrogations. Il n’y a rien d’évident. Cette question est DÉLICATE.
Les témoins de notre combat sont généralement pris d’un sentiment d’injustice : n’est-il pas injuste de vouloir priver une personne d’un droit en raison d’une situation (son orientation sexuelle) qu’elle n’aurait pas choisie ?
Je bondis lorsqu’on expédie la question en la comparant au droit de vote des femmes ou à l’égalité des noirs et des blancs. La question est beaucoup plus large : il ne s’agit pas d’une question d’inégalité de traite entre les Hommes mais avant tout d’une question sur la traite de l’ÊTRE HUMAIN.
Les pays voisins décrédibilisent notre cause en disant :
Comment le pays de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen peut-il être contre le mariage homosexuel ? N’est-ce pas être contre la devise républicaine de la France : l’égalité ?
En effet, pourquoi les homosexuels n’auraient pas le droit au mariage au même titre que tous les autres citoyens français ?
Mais revenons aux sources : dans quel but a été fondée cette fameuse déclaration ?
Lorsque vous lisez l’introduction de la déclaration vous verrez que son but premier est de protéger la dignité humaine :
« Les Représentants du Peuple Français (…) ont résolu d’exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’homme ».
La liberté et l’égalité sont des droits qui répondent au respect de la dignité humaine.
De plus, on oublie souvent la troisième partie de la devise républicaine : La fraternité.
Je vous rappelle la définition de la Fraternité et gardez là bien à l’esprit : « Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fît ; faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir. » Vous voyez bien que le respect de la dignité humaine raisonne dans ces mots.
La fraternité est ce devoir envers autrui qui donne cette humanité aux lois.
Rendez-vous compte de l’importance de la fraternité car c’est elle qui encadre en premier lieu la liberté : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui »
Si la fraternité, ce principe de l’intérêt d’autrui, n’était pas là pour tenir les rênes de la liberté, notre République sombrerait dans le chaos.
Qu’en est-il de l’égalité ?
On se réfère à cette valeur comme s’il s’agissait d’une norme suprême et parfaite, comme si c’était la mère de la République.
D’ailleurs, les défenseurs du mariage pour tous séduisent l’opinion publique en s’appuyant sur cet idéal : l’égalité pour tous.
Mais l’égalité qu’ils demandent est une égalité envers et contre tout.
C’est une notion déformée de l’égalité, qui ne correspond pas à celle défendue par la devise Républicaine.
L’égalité n’est pas une idéologie qu’on devrait suivre aveuglément jusqu’à détruire la dignité humaine.
A aucun moment, l’égalité doit être placée au-dessus des hommes puisqu’elle est au service de la dignité humaine.
D’ailleurs, j’insiste, aucune cause ne sera jamais assez juste pour se donner le droit d’assassiner ce qui est propre à l’Homme.
Ainsi, au même titre que la liberté, l’égalité doit être régulée par la fraternité.
La fraternité sert à tenir les rênes de la liberté mais également de l’égalité
Car nous ne sommes pas dupes !
Le mariage pour tous est un attentat contre la loi de la bioéthique qui est la seule garante du respect de la dignité humaine et de la protection des plus vulnérables contre toute forme d’exploitation.
Nous devons être responsables face à ces évènements.
Nous devons stopper ces personnes qui veulent bouleverser la loi de la bioéthique prétendant agir au nom du progrès. Ces personnes-là confondent progrès et science-fiction. Nous sommes dans la réalité, il y a des conséquences à leur utopie et à leurs fantasmes. Il faut garder les pieds sur Terre : les lois sont établies pour l’intérêt général.
Pour ma part, je ne vois pas où est l’intérêt général de vouloir détruire la famille, la filiation, la parenté et la dignité humaine.
Nous devons protéger cette loi de la bioéthique car elle est au service de l’humanité et elle s’inscrit parfaitement dans l’esprit de la République.
Donc, c’est justement parce que nous sommes le pays de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen que nous devons être contre le mariage pour tous.
Nous agissons pour le bien commun, au nom de la fraternité, car la défense de la dignité de l’Homme, avec un grand H, doit primer sur les différences de droit entre les citoyens.
Nous incarnons ce devoir de fraternité qui régule cette course à l’égalité envers et contre tout. Ne laissons pas le désir des Hommes prendre le pas sur les principes fondamentaux de l’humanité :
Le mariage concerne un homme et une femme qui fondent une famille par l’engendrement d’enfants. Arrêtons de nier l’évidence !
Ne nous laissons pas déstabilisés car nos valeurs sont inscrites dans le ROC : nous sommes unis au nom de la fraternité car c’est l’essence même de l’humanité.
Allez contre la fraternité, c’est allez contre l’humanité.
Réveillez votre conscience !

(Commentaires désactivés)