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Ma dernière rencontre avec Lula

J’ai fait sa connaissance voilà trente ans, en juillet 1980, à Managua, à l’occasion du premier anniversaire de la Révolution sandiniste, grâce aux contacts que j’avais noués avec les tenants de la théologie de la Libération dès 1971, au Chili, lors de ma visite au président Allende.

C’est par l’intermédiaire de Frei Betto que j’ai appris qui était Lula, un leader ouvrier en qui les chrétiens de gauche avaient très tôt déposé leurs espoirs.

C’était un modeste métallo qui se distinguait par son intelligence et son prestige au sein des syndicats, alors que la grande nation émergeait des ténèbres de la dictature militaire que l’Empire yankee y avait imposée dans les années 60.

Les rapports entre le Brésil et Cuba avaient été excellents jusqu’au jour où le pouvoir dominant sur le continent les fit capoter. Il a fallu des décennies pour qu’ils redeviennent lentement ce qu’ils sont aujourd’hui.

Chaque pays a vécu son histoire. Quand on s’en remet aux étapes incroyables que nous avons traversées depuis 1959, on constate que notre patrie a supporté des pressions inusitées dans sa lutte contre les agressions du plus puissant Empire de l’Histoire.

Voilà pourquoi la réunion qui vient de se tenir à Cancún et la décision de créer une Communauté des États latino-américains et caribéens ont une importance capitale pour nous. Aucun autre fait institutionnel survenu sur notre continent au siècle dernier n’a autant de transcendance.

L’accord a été obtenu au milieu de la pire crise économique que vit le monde globalisé, en coïncidence avec le plus gros danger de catastrophe écologique qui menace notre espèce et avec le séisme qui a détruit Port-au-Prince, la capitale haïtienne, la catastrophe humaine la plus douloureuse dans l’histoire de notre continent ayant frappé le pays le plus pauvre et où l’esclavage ait été aboli en premier

Quand j’écrivais ces Réflexions, seulement six semaines après le décès de plus de deux cent mille personnes, selon les chiffres officiels, dans ce pays, des nouvelles dramatiques parvenaient au sujet des dommages causés au Chili par un séisme qui a provoqué la mort d’approximativement un millier de personnes, selon les chiffres donnés par les autorités, et d’énormes dégâts matériels. Particulièrement émouvantes, les images des souffrances endurées par des millions de Chiliens frappés matériellement ou émotionnellement par ce coup cruel de la Nature. Heureusement, le Chili est un pays qui a plus d’expérience face à ce genre de phénomène, qui est bien plus développé sur le plan économique et qui a plus de ressources. S’il n’avait pas disposé d’infrastructures et de bâtiments aussi solides, une quantité incalculable de personnes, peut-être des dizaines, voire des centaines de milliers, auraient péri. On parle de deux millions de sinistrés et de pertes pouvant s’élever entre quinze et trente milliards de dollars. Le Chili peut aussi compter, face à cette tragédie, sur la solidarité et les sympathies des peuples, dont le nôtre, bien que, compte tenu du type de coopération dont il a besoin, Cuba ne peut pas faire grand-chose, même si notre gouvernement a été l’un des premiers à exprimer à son homologue chilien ses sentiments de solidarité quand les communications n’avaient pas encore été rétablies.

Le pays qui met aujourd’hui à l’épreuve la capacité du monde à faire face aux changements climatiques et à garantir la survie de l’espèce humaine est sans aucun doute Haïti, parce qu’il constitue un symbole de la pauvreté dont souffrent des milliards de personnes dans le monde, y compris dans nombre des peuples de notre continent.

Ce qui est survenu au Chili - un tremblement de terre d’une intensité incroyable, 8,8 à l’échelle de Richter, dont l’épicentre s’est situé à une plus grande profondeur que celui qui a détruit Port-au-Prince - m’oblige à insister sur l’importance de l’unité que nous avons atteinte à Cancún et sur le devoir qui est le nôtre de consolider les pas qui y ont été faits, bien que je ne fasse aucune illusion : notre lutte d’idées sera difficile et complexe face aux efforts que déploient l’Empire et ses alliés dans nos pays et au dehors pour entraver la marche de nos peuples vers l’unité et l’indépendance.

Je tiens à témoigner par écrit de l’importance et du symbolisme qu’ont eus pour moi la visite de Lula et notre dernière rencontre, sur les plans à la fois personnel et révolutionnaire. Il a dit que, sur le point de conclure son mandat, il tenait à visiter son « ami » Fidel, un qualificatif qui m’honore. Je crois bien le connaître. Nous avons causé fraternellement bien des fois à Cuba et ailleurs.

J’ai eu une fois l’honneur de lui rendre visite chez lui dans un modeste quartier de Sao Paulo où il vivait avec sa famille. Cette rencontre avec lui-même, avec sa femme et ses enfants fut émouvante. Je n’oublierai jamais l’ambiance familiale et saine de ce foyer, et l’affection sincère avec laquelle les voisins abordaient Lula quand il était déjà un prestigieux leader ouvrier et politique. Nul ne savait encore s’il parviendrait ou non à la présidence de Brésil, car les intérêts et les forces qui s’opposaient à lui étaient très grandes, mais je me plaisais à bavarder avec lui. La position importait peu, d’ailleurs, à Lula ; il aimait surtout pouvoir lutter, et il le faisait avec une modestie sans faute, ce dont il donna largement la preuve quand, après avoir été battu à trois reprises par ses puissants adversaires, il n’accéda à se présenter pour la quatrième fois au nom du Parti des travailleurs qu’à la suite de fortes pressions de ses amis les plus sincères.

Je ne tenterai pas de rappeler toutes les occasions où nous avons bavardé avant qu’il ne soit élu président. L’une d’elle, et parmi les premières, eut lieu au milieu des années 80 quand nous nous battions à La Havane contre la dette extérieure de l’Amérique latine qui se chiffrait alors à trois cent milliards de dollars et qui avait été payée plus d’une fois. C’est un militant né.

Ses adversaires, je l’ai dit, le battirent à trois reprises, appuyés sur d’énormes ressources économiques et médiatiques. Mais ses collaborateurs et ses amis les plus proches, dont j’étais, savaient toutefois qu’il était temps que ce modeste ouvrier soit le candidat du Parti des travailleurs et des forces de gauche.

Ses adversaires le sous-estimèrent assurément et pensèrent qu’il ne pourrait pas disposer de la moindre majorité au sein de l’organe législatif. L’URSS avait alors disparu. Que pouvait représenter Lula à la tête du Brésil, une nation aux grandes richesses mais au développement réduit et aux mains d’une bourgeoisie riche et influente ?

Toutefois, le néolibéralisme était entré en crise, la Révolution bolivarienne avait triomphé au Venezuela, Menem descendait en chute libre, Pinochet avait disparu de la circulation et Cuba résistait. Mais Lula fut élu quand Bush triompha par la fraude aux USA, privant son rival, Al Gore, de la victoire.

Une étape difficile débutait. Les premières mesures du nouveau président étasunien fut de relancer la course aux armements et, partant, le rôle du complexe militaro-industriel et de baisser les impôts au bénéfice des secteurs aisés.

Prétextant de la lutte contre le terrorisme, il reprit les guerres de conquête et institutionnalisa l’assassinat et la torture comme instrument de domination impérialiste. Les faits en rapport avec les prisons secrètes qui prouvent la complicité des alliés des USA avec cette politique sont impubliables. C’est ainsi qu’il hâta la pire crise économique de toutes celles qui accompagnent le capitalisme développé d’une manière cyclique et croissante, mais cette fois-ci avec les privilèges de Bretton Woods et sans aucune de ses contraintes.

De son côté, le Brésil a, tout au long des huit années sous la conduite de Lula, accroissait son développement technologique et consolidait le poids de son économie. La période la plus difficile fut la première, mais Lula réussit et gagna de l’expérience. Il ne cessa pas de se battre, fit preuve de sérénité, de sang-froid, se consacra toujours plus à sa tache, et le Brésil, dans des conditions internationales si difficiles, atteignit un PIB qui frôle les deux billions de dollars. Les chiffres varient selon les sources, mais tous situent le Brésil parmi les dix plus grandes économies du monde. Il n’empêche que, avec une superficie de 8 524 000 kilomètres carrés, le Brésil, face aux USA qui sont à peine un peu plus étendus, ne représente qu’environ 12 p. 100 du PIB de ce pays impérialiste qui pille le monde et déploie ses forces armées sur plus de mille bases militaires d’un bout à l’autre de la planète.

J’ai eu le privilège d’assister à l’investiture de Lula fin 2002. Hugo Chávez était là aussi, qui venait de faire face au coup d’Etat félon du 11 avril, puis au putsch pétrolier organisé par Washington. Bush était président. Les relations entre le Brésil, la République bolivarienne et Cuba ont toujours été bonnes et mutuellement respectueuses.

En octobre 2004, je souffris un pénible accident qui limita sérieusement mes activités pendant des mois, puis je tombai gravement malade fin juillet 2006, raison pour laquelle je n’hésitais pas, dans ma Proclamation du 31 juillet de cette année-là , à déléguer mes fonctions à la tête du parti et de l’État d’abord à titre provisoire, puis d’une manière définitive quand je compris que je ne serais plus en mesure de les assumer à nouveau.

Dès que mon état de santé me permit d’étudier et de réfléchir, je m’y consacrai et je commençai à réviser des documents de notre Révolution et à publier des Réflexions de temps à autre.

Une fois tombé malade, j’ai eu le privilège de recevoir la visite de Lula chaque fois qu’il est venu dans notre patrie et de converser longuement avec lui. Je ne dirais pas que j’ai toujours été d’accord avec sa politique. Je suis par principe opposé à la production de biocarburants à partir de produits qui peuvent être utilisés comme aliments, car je suis conscient que la faim est et pourra devenir chaque fois plus une grande tragédie pour l’humanité.

Ce problème - je le dis en toute franchise - n’a pas été engendré par le Brésil, encore moins par Lula. Il fait partie intégrante de l’économie mondiale imposée par l’Empire et ses riches alliés qui, en subventionnant leurs productions agricoles, protègent leurs marchés intérieurs et rivalisent sur le marché mondial avec les exportations alimentaires des pays du Tiers-monde qui sont contraints, pour avoir hérité la pauvreté générée par des siècles de colonialisme, d’importer en échange les produits finis fabriqués à partir de leurs propres matières premières et ressources énergétiques. Je comprends parfaitement que le Brésil n’avait pas d’autres solutions, face à la concurrence déloyale et aux subventions des États-Unis et de l’Europe, que d’accroître sa production d’éthanol.

Le taux de mortalité infantile au Brésil est encore de 23,3 pour 1 000 naissances vivantes et celui de mortalité maternelle est de 110 pour 100 000 accouchements, alors qu’il est de moins de 5 et 15 respectivement dans les pays industriels et riches. On pourrait citer bien d’autres chiffres semblables.

Le sucre de betterave, subventionné par l’Europe, enleva à notre pays le marché sucrier découlant de la canne à sucre, un travail agricole et industriel précaire et saisonnier qui maintenait les travailleurs sucriers au chômage une bonne partie de l’année. Les USA s’étaient emparés de leur côté de nos meilleures terres et leurs entreprises possédaient l’industrie. Un beau jour, sans crier gare, leur administration nous priva de nos contingents d’exportation sucriers et bloquèrent notre pays pour écraser la Révolution et empêcher l’indépendance de Cuba.

Le Brésil a développé les cultures de la canne à sucre, du soja et du maïs en employant des machines à fort rendement qui assurent une productivité très élevée. Regardant un jour un film portant sur 40 000 hectares de terre consacrés en Ciego de à vila à la culture du soja en rotation avec le maïs et où il s’agira de travailler durant toute l’année, je me suis écrié : c’est l’idéal d’une entreprise agricole socialiste, hautement mécanisée et à productivité élevée à l’homme et à l’hectare.

Les problèmes de l’agriculture et de ses installations dans les Caraïbes, ce sont les cyclones toujours plus fréquents qui les frappent.

Notre pays a aussi mis au point et signé avec le Brésil le financement et la construction d’un port très moderne au Mariel, qui aura une importance énorme pour notre économie.

Le Venezuela utilise la technologie agricole et industrielle brésilienne pour produire du sucre et employer la bagasse comme source d’énergie thermique. Ce sont des équipements de pointe qui opèrent dans une entreprise elle aussi socialiste. En République bolivarienne, on recourt à l’éthanol pour améliorer l’impact nocif de l’essence sur l’environnement.

Le capitalisme a développé les sociétés de consommation en même temps que le gaspillage de carburants qui a provoqué le risque de changements climatiques dramatiques. La nature a mis quatre cent millions d’années à créer ce que notre espèce est en train de consommer en à peine deux siècles. La science n’a pas encore résolu le problème de l’énergie qui se substituera à celle qu’engendre aujourd’hui le pétrole ; nul ne sait combien de temps ça prendra et combien ça coûtera de le régler au mieux. En disposera-t-elle ? C’est cela dont on a discuté à Copenhague, et le Sommet a été un fiasco total.

Lula m’a dit que lorsque l’éthanol coûte 70 p. 100 de la valeur de l’essence, sa production n’est plus rentable. Le Brésil dispose de la plus grande forêt de la planète, et, selon Lula, il réduira peu à peu l’abattage d’environ 80 p. 100.

Le Brésil possède aujourd’hui la plus importante technologie au monde pour faire des forages en mer et il peut tirer du combustible à une profondeur de sept mille mètres d’eau et de fonds marins. Voilà trente ans, ç’aurait été de la science-fiction.

Lula m’a expliqué les programmes d’éducation de haut niveau que le Brésil se propose de développer. Il apprécie hautement le rôle de la Chine dans l’arène internationale. Il déclare avec fierté que les échanges commerciaux avec ce pays se montent à quarante milliards de dollars.

Le métallo, c’est indiscutable, est devenu un homme d’État distingué et prestigieux que l’on écoute avec respect dans toutes les réunions internationales.

Il est fier que son pays ait été élu pour accueillir les Jeux olympiques de 2016 grâce à l’excellent programme qu’il a présenté au Danemark. Le Brésil sera aussi le siège du Mondial de football en 2014. Tout ceci est le fruit des projets présentés par le Brésil et qui ont dépassé ceux des autres concurrents.

Si l’on veut une grande preuve de son désintéressement, c’est qu’il a renoncé à se faire réélire, mais il a confiance que le Parti des travailleurs continuera de gouverner au Brésil.

D’aucuns, jaloux de son prestige et de sa gloire, et ceux qui, pis encore, sont au service de l’Empire, l’ont critiqué pour être venu en visite à Cuba. Ils ont recouru pour cela aux basses calomnies qu’on emploie contre notre île depuis un demi-siècle.

Lula sait depuis bien des années qu’on n’a jamais torturé personne dans notre pays, ni ordonné l’assassinat d’un adversaire, ni menti au peuple. Il est sûr que la vérité est la compagne inséparable de ses amis cubains.

Il est parti de Cuba pour se rendre chez notre voisine, Haïti. Nous l’avons informé de nos idées au sujet du programme durable, efficace, spécialement important et très économique que nous proposons pour Haïti. Il sait que, depuis le tremblement de terre, plus de cent mille Haïtiens ont été soignés par nos médecins et par les diplômés de l’École latino-américaine de médecine. Nous avons parlé de choses sérieuses, je sais qu’il brûle d’envie d’aider ce peuple noble et malheureux.

Je conserverai un souvenir indélébile de ma dernière rencontre avec le président brésilien, et je n’hésite pas à le dire.

Fidel Castro Ruz
Le 1er mars 2010

COMMENTAIRES  

04/03/2010 06:03 par Vania

Très beau texte,empreint d’une grande humanité
merci !

04/03/2010 16:11 par Tannie

J’ai une question sans aucune trace d’aggrésivité, seulement interrogative. Pourquoi inviter Fidel qui est, d’après ce que j’en sais, un dictateur notoire ?

Je n’ai pas de problème avec l’espoir, ni avec l’idéalisme. Le communisme est un idéalisme, et je comprends qu’il puisse y avoir plusieurs formes, acceptables selon chacun, d’organisation politique.

Mais pourquoi un dictateur ? En quoi Fidel est-il l’illustration d’une pensée politique ?

Non pas qu’il ne soit pas intelligent, mais est-ce son intelligence qui l’a maintenu au pouvoir ? Quels espoirs est-ce que les peuples européens peuvent avoir avec ce genre de figure ? Un petit moment difficile de dictature et puis après cela ira mieux (Castro a résolu ce problème en se déclarant en revolution permanente, le moment difficile pouvant alors durer).

Je comprends que l’on puisse trouver Castro symphatique (rond, barbu, parlant avec éloquence, défendant le petit contre le gros), mais est-ce une figure politique à suivre ? Il a bien entendu beaucoup d’enemis méchants mais lui est-il voulu par le peuple qu’il dirige ?

Est-ce que quelqu’un au grand soir peut répondre à la question de savoir pourquoi la dictature cubaine serait mieux pour nous et nos enfants ? Pourquoi et pour quelle raison des peuples libres choisiraient cette voie à sens unique ("prenez le pouvoir, vous en ferez bon usage et il est absolument inutile de venir nous consulter sur le sujet plus tard : nous avons entièrement confiance les yeux fermés"). Cela ne correspond pas à un choix politique (à mon avis) seulement à de l’aveuglement (ou des souhaits d’adolescents), mais pas à quelque chose qui puisse se mettre en oeuvre ...

Notez que pour un média d’orientation politique je trouve cela ambigüe ... si les amis à Castro prennent le pouvoir ici aurais-je encore le droit de protester ? Et serait-il légitime de prendre le pouvoir comme Castro l’a fait sans jamais le restituer au peuple qu’il dirige ?

Ne prenez pas cette interrogation comme une provocation : au niveau politique il est important de pouvoir étayer voire expliquer ses points de vue. Même si je ne ferai pas parti du lot des élus il faudra convaincre une bonne majorité de gens (même en les encadrant ou les hypnotisant) et obtenir un soutient actif voire passif, d’où ma question, pourquoi un dictateur ?

04/03/2010 16:40 par legrandsoir

Soupir...

Question : combien de temps êtes-vous prêt(e) à consacrer pour découvrir la mesure de votre conditionnement ?

A vous de jouer...

Quelques pistes pour ne pas vous larguer au milieu de la campagne :

http://www.legrandsoir.info/+-Cuba-+.html

Ici : http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/

(longue) Interview Radio :
http://www.dailymotion.com/fr/playl...

Voir aussi les associations de solidarité France-Cuba, Cuba Si, Racines Cubaines, Cuba Coopération,

04/03/2010 21:03 par Vania

A Tannie, D’abord lisez l’article "S.V.P quelqu’un-at-il la réponse ?"par K. Campos puis les articles du G.Soir et vous allez comprendre qu’il y a toujours deux poids deux mesures et que la vraie DICTATURE vient de l’empire US:Dictature idéologique-économique(Totalitarisme des marchés et contrôle absolu des Médias de masses)dictature culturelle (mono-culture quotidienne:Exemples : parlez-vous l’anglais ou le chinois ?buvez-vous du coca-cola ou du mate ?portez-vous de jeans ? avez-vous vu le dernier film d’Harry Potter ou le dernier de MM Robin"Torture made in US" ?). Soyez consciente , vous êtes conditionnée par les médias d’information. F.Castro a du assumer le rôle de leader très longtemps car une révolution dans des conditions environnantes aussi adverses (Blocus,propagande US,invasion, tentatives de putsch et d’assassinats) a besoin d’un personnage vaillant,honnête,INSPIRÉ et INSPIRANT comme Fidel.
Amicalement ,Vania
P.S. Les cubains ont des élections mais les médias de masses n’en parlent pas . De plus, vous connaissez le sort de ceux qui ne suivent pas les ordres de L’EMPIREUS :invasions:Guerres du Vietnam de l’Irak d’Afganistan... putsch et coups d’état :Salvador Allende,Honduras etc etc

04/03/2010 21:38 par Piotr P.

,, Les Cubains mangeront peu, mais au moins, ils mangeront egalement ’’- Fidel Castro, les annees 90. lors d’une dure periode speciale qui alors bat son plein du a l’aneantissement du bloc socialiste, est- europeen, principal partenaire economique cubain.

Cette declaration, non toute vaine d’apres ce que je sais, est- selon moi, une explication suffisante aux doutes de ma predecesseuse.

General Jaruzelski y ajouterait sans doute encore : ,, Il est impossible de nier les valeurs humaines du socialisme ’’

Et El Comandante : ,, La patrie ou la mort ! ’’. Nous vainquerons !

05/03/2010 00:11 par CN46400

Fannie peut-elle nous citer un texte comparable d’un autre "dictateur" ?

05/03/2010 01:56 par ppkalou

Tannie,

D’abord merci de tes interrogations sans agressivité cela nous change.

J’ai longtemps vécu couché, aveuglé, abruti par la machine médiatique et idéologique des fossoyeurs de l’humanité. Ne vois-tu pas que leur système néo-ultra-super-libéral s’effondre entraînant avec lui des masses de personnes comme toi, toujours plus fournies et les enfants avec, y compris ceux qui ne sont pas encore nés.
Puis un jour je me suis redressé. Cela prend du temps, ce n’est pas facilité que de prendre la vague à contresens. A ce stade là , on m’a moqué, agressé, banni jusque dans ma propre famille. Mais je te le dis, cherche, construit ta voie et ta voix. Profite de ce merveilleux instrument qu’est « nénet » pour te libérer. Reprend tout à zéro .Réapprend à discuter, à lire, à écrire, à comprendre…
Et pour cela le seul conseil, en toute fraternité, que je te donne est d’éteindre la télé ou mieux de la jeter.

Ppkalou

L’Homme doit marcher le front vers le soleil
Pour que celui-ci, en le brûlant, le marque de sa dignité.
Si l’Homme baisse la tète, il perd cette dignité.

Che Guevara

05/03/2010 13:11 par Tannie

Les réussites de Cuba en ce qui concerne l’alimentation et les soins médicaux sont incontestables, je ne vais donc pas les contester.

Ces deux points sont en effet primordiaux, je le reconnais, pour juger de la conduite d’un gouvernement.

J’ai noté avec intêret le lien vers les pages concernant Cuba et puisque quelqu’un a pris le temps de me montrer ce lien, je vais prendre le temps de lire ces articles.

Il est clair dans mon esprit qu’il existe une propagande "libérale" ; si les conditions qui existaient dans les anciens pays du bloc de l’est n’étaient pas la panacée, leur situation était très différentes les unes des autres et il n’est pas possible d’en faire une généralisation (de nombreux yougoslaves n’ont eu aucune difficultés à voyager, l’ouvrier polonais ne date pas de la chute du mur, les peuples qui passaient par la Hongrie ou la Tchécoslovaquie le faisaient parce qu’ils savaient cela était parfaitement possible).

Je suis conscient que TOUT les régimes quels qu’ils soient posent des limites et interdictions en donnant des droits et des obligations, la société humaine ne fonctionnerait pas sans cela. Et il est certain que d’avoir le "droit libéral" d’être SDF n’est pas aussi appréciable que d’être obligé à se "loger communautairement". Mais j’ai un problème de vision de ce que serait une société, pas encore socialiste, mais bien en chemin. Les exemples historiques, et notamment Cuba, me posent problème parce qu’ils "semblent" faire abstraction du choix individuel, or ce choix individuel existe depuis très peu de temps pour l’immense majorité de la population (c’est sûr que si cela avait été l’Allemagne et non la Russie ou la Chine le sort aurait pu en être différent).

Je vais méditer sur mon "conditionnement" (en lisant les pages sur Cuba) et en essayant de lire vos articles avec un esprit disons plus "positif". Cela dit il me semble qu’il reste à trouver une solution politiquement acceptable pour cheminer vers une société progressiste. Dans une société agraire pas de problème, 95% de paysans à qui on explique qu’ils sont opprimés depuis la nuit des temps et basta. J’imagine que c’est également possible dans une société fortement industrialisée (votre patron est un enc...). Dans les sociétés où il existe une diversité sociologique ces arguments n’ont que très peu de chance de porter (l’effondrement total du PCF par exemple est très symptomatique. Dans toute société il existe plus de pauvres que de riches mais le PCF s’est montré incapable d’adapter son discours aux pauvres d’aujourd’hui).

La raison principale pour laquelle je lis vos articles est pour voir les solutions proposées par d’autres approches que le système dit libéral. L’extrême droite est exclue de mon champ d’investigation pour imbécilité notoire mais je me désole de la situation actuelle où les seules solutions évoquées par les progressistes sont tout simplement inapplicables parce qu’il est difficile de vendre un chemin sans retour. La réponse historique est de fermer les frontières et d’abolir les droits politiques au risque de se retrouver non pas devant un dilemne moral ("C’est difficile maintenant mais après la société sera plus juste"), mais réellement devant autre chose de plus ténébreux (et c’est pour cela que j’ai parlé de dictature, sans évoquer le terme de prolétariat mais qui doit rester à l’esprit car il la "dictature du prolétariat" a une dimension historique).

Je fais parti des 74% des gens qui ne font pas confiance aux politiques. Je ne suis pas excessivement attaché au droit de vote mais celui-ci à la très grande vertu de pouvoir faire évoluer la classe dirigeante. Plus que le droit de vote cette possibilité est pour moi sans prix. Non pour des raisons d’égo personnel (je peux le faire) mais pour des raisons stratégiques (il est préférable d’avoir un système qui permette cette rotation du pouvoir). Et c’est précisèment ce point qui me semble occulté par Fidel (révolution permanente oblige et beaucoup d’énemis objectifs).

Avec mes remerciement au Grand Soir pour ses efforts de communication, explication et de dialogue et mes excuses aux lecteurs que j’aurai pu offusquer par mes propos.

05/03/2010 18:57 par Anonyme

A Tannie,Vous soulevez un point fort intéressant. Vous dites que dans la société ultra-libérale il y a "rotation du pouvoir". Prenons le cas des US et analysons de près cette "rotation". En effet,dans ce pays la population a le choix entre démocrates et républicains mais dans l’absolu ce n’est qu’une imposture, tout un montage médiatique et "émotif" pour tromper la population et lui donner des faux espoirs ("yes we can"etc). Dans le fond la politique US sera toujours la même (Impérialisme, budget de guerre exhorbitant, interventionnisme individualisme extreme, néo-colonialisme). Ce pays a une SEULE POLITIQUE, UN SEUL POUVOIR présenté sous deux formes "d’action":La douce "soft" et la forte la "hard". Et les étasuniens parlent de "démocratie" quand en réalité ils vivent en "ploutocratie" dans un système de pouvoir ABSOLU sans le savoir.
Amicalement Vania

05/03/2010 20:33 par Piotr Przyja³kowski

Cracovie, le 5 III 2010 a.

Camarade Tannie,

Merci de nous avoir lu attentivement, merci de repondre aux remarques des lecteurs du ,, Grand Soir ’’.

Tout d’abord je ne trouve pas utile de demander pardon aupres de quelqu’un que se soit, le discours politique est dur de par sa nature ; c’est aujourd’hui justement que je revais a Jacek Kuron, une fois interviewe par un pretre- jesuite et ce pretre lui disait : ,, - Je ne voudrais pas vous offusquer... " a quoi Kuron repondit : ,, - Mais offusquez, offusquez- moi, pas de probleme ".

Camarade Tannie,

Je pense que votre analyse et, au moins ici et la, purement marxiste, surtout je vois ces moments forts, la ou vous voyez une dissemination des classes oppressees au sein d’une societe actuelle, il n’y faut pas donc oublier que souffrir en solitude devient meme plus penible que pouvoir partager ses malaises avec autrui, je vous dis, camarade Tannie qu’ un developpement technologique ( des forces productives ) a part, le capital savait faire disperser, ceux-ci n’etant pas sans faute, les ouvriers ; c’etait deja Marx qui prevoyait cette menace, d’ou son slogan le plus principal : ,, Proletaires de tous pays, unissez- vous ! ’’

En appreciant votre enonce ( ci- dessus ), je suis alors force a faire etat de la conclusion, c’est dire que des difficultes vecues par le PCF relevent autant d’une situation objective susmentionnee que de la poltique, peut- etre indecente, exercee par le parti, une consolation amere, je crois, que les parti sociaux- democrates ( et leur presse ) tombent encore plus profondement dans ce piege- la, je m’en plaignais par ailleurs aupres du camarade moderateur.

Camarade Tannie,

Il est impossible- selon moi, de vous repondre de la maniere finale a la question : ou il vaut mieux vivre comme chomeur sans- abri dans une societe huppe ou il vaut mieux avoir un petit travail a l’interieur d’une societe de misere. Cela depasse mes possibilites parce que je trouve que ces sont des questions d’une aksiologie individuelle, subjectives donc, je sais par contre que le heros de l’article et son auteur a la fois se le posait, ce dilemme- la- au moins sur le plan mental, il doit etre donc une personne honnete.

Camarade Tannie,

En vous felicitant votre franchise, votre gout d’examiner les choses cruciales du plus pres possible, en estimant votre approche presentee sur ce site- ci, j’exprime une certitude que notre desir de l’egalite sociale s’accomplira un jour en toute fraternite et en toute liberte.

Jusqu’a la victoire, toujours ! Venceremos !

06/03/2010 03:44 par Jacques-François Bonaldi

Chère Tannie

Dictateur : définition du Grand Robert
2. (1790). Cour. Personne qui, après s’être emparée du pouvoir, l’exerce sans contrôle. - Autocrate, despote, tyran.

Une fois que vous aurez consulté les sites où l’on parle de Cuba telle qu’elle est, et non telle qu’on la vilipende, vous verrez que la définition ci-dessus ne colle guère à Fidel, même pas le début, même si apparemment cela semblerait : car, s’il « s’est emparé du pouvoir », il ne l’a pas fait tout seul. Il était dirigeant d’un mouvement politico-militaire qui avait toutes les sympathies de la population, face à un dictateur bien réel, celui-ci, Fulgencio Batista, qui s’installa au pouvoir le 10 mars 1952 à la suite d’un putsch militaire dans les meilleures - plutôt pires - traditions latino-américaines, aux applaudissements de la Maison-Blanche… Et puis, faut-il rappeler qu’il n’a occupé aucun poste dans le premier gouvernement constitué en grande majorité de membres de la bourgeoisie et de membres les plus à droite de son Mouvement du 26-Juillet et que ce n’est qu’à la mi-février qu’il a accepté le poste de Premier ministre...?

La seconde partie de la définition ne colle pas non plus : Fidel était loin d’exercer le pouvoir sans contrôle. Les sources que l’on vous conseille de consulter vous indiqueront l’organisation politique en place à Cuba depuis 1959, vous diront comme elle a évolué au fil des années et des événements, pour devenir ce qu’elle est : un Etat où le pouvoir délégué par le peuple appartient à l’Assemblée nationale du pouvoir populaire, mise en place en octobre 1976 (au terme et aux termes d’une Constitution discutée à la base et adoptée par 98 p. 100 des électeurs) formée d’environ 500 députés, qui élisent en leur sein le Conseil d’État, dont le président est à son tour le président de la République, la moitié de ces députés provenant des candidats élus à la base dans les circonscriptions, les autres étant choisis par les différentes organisations politique et de masse (femmes, paysans, lycéens et étudiants, etc.) qui représentent les différents secteurs de la population.

Contrairement donc à ce que vous laisse accroire la presse transnationale, le président de la République cubaine est bel et bien élu, ainsi que la vingtaine de membres du Conseil d’Etat, organe qui, selon la Constitution, émane de l’Assemblée nationale et décide en son nom.

Certes, cette structure de pouvoir se démarque de celle qui est en place dans les démocraties dites représentatives avec sa fameuse - et illusoire - séparation des pouvoirs, héritée rien moins que d’un certain Montesquieu qui vivait… au XVIIe siècle !!!

Le Parti communiste de Cuba, contrairement, là encore, à ce que vous raconte la presse transnationale, n’est pas un parti qui dirige le pays. Il ne se présente même pas aux élections en tant que parti constitué, ce qui lui interdit la Constitution. Son rôle est celui de force motrice de la Révolution à l’écoute de la population.

Ce que ne vous dira pas non plus la presse transnationale, c’est qu’il n’est pas besoin, pour être élu, d’avoir des sous pleins les poches, de dépenser des millions à faire des campagnes électorales et d’avoir derrière soi tout un appareil de parti : on est élu sur ses mérites, parce qu’on devient candidat justement parce que, dans les assemblées de quartier et de circonscription, vos voisins vous ont désigné comme quelqu’un ayant la reconnaissance de la communauté et jugé capable de la représenter au niveau local (Assemblée municipale du pouvoir populaire, à raison de une par commune, soit 169). Il existe aussi 14 Assemblées provinciales du pouvoir populaire. Une fois désigné par vos voisins, vous êtes élu si vous recueillez la moitié plus une des voix parmi plusieurs candidats. Sinon, il y a ballotage et un second tour…

Curieuse dictature que celle-là , ne trouvez pas, où les lois les plus importants et les décisions les plus lourdes de conséquences (dont la révision de la Constitution en 1992, la modification de règles du jeu économiques, notamment durant la Période spéciale, etc.) sont débattues dans tous les centres de travail, dans les quartiers, dans les associations, puis modifiées, avant d’être votées par l’Assemblée nationale et d’avoir force de loi.

Curieuse dictature que celle-là , n’est-ce pas, qui laisse toute latitude aux « opposants » et « dissidents » de siéger aux assemblées des différents niveaux, à partir du moment où ils seraient désignés dans leur quartier par leurs voisins au vu de leurs « mérites »… ! Apparemment, la population leur reconnaît bien peu de « mérites », puisque ce cas de figure ne s’est jamais présenté à ce jour. Autrement dit, si la population était majoritairement opposée au « castrisme » et s’il existait donc une opposition solide, elle pourrait prendre légalement le pouvoir rien qu’en envoyant à l’Assemblée nationale du pouvoir populaire assez de députés pour faire basculer le rapport de force et élire un Conseil d’Etat d’opposants, lequel élirait à son tour un président de la République contre-révolutionnaire…

Curieux Parti communiste, aussi, où l’on devient militant, non en payant une cotisation, mais parce que vos collègues de travail et de vie vous nomment et vous élisent…

Ah, j’oubliais… Curieux système politique que celui-là où les élus (délégués municipaux et députés nationaux) ne touchent pas un sou pour exercer cette fonction, sont donc des bénévoles (hormis les permanents nécessaires aux différentes instances) et où, donc, être élu n’est pas une « bonne affaire », mais, au sens strict du mot, un « service public »…

Je pense que vous ignoriez tout ceci. Et je ne m’en tiens qu’à la structure politique. Il y aurait tant à dire de tant d’autres choses…

Dictateur. Dites-moi quel dictateur a jamais été au départ de missions de coopération humanitaire aussi vastes que les missions Barrio Adentro et les autres au Venezuela, que les campagnes d’alphabétisation (avec un programme inventé par Cuba) dans ce pays, en Bolivie, en Équateur, etc., ou celle qui est actuellement en cours en Équateur (après Cuba, le Venezuela, la Bolivie) et dans plusieurs îles des Caraïbes pour dépister tous les cas d’invalidités congénitales dans les recoins les plus éloignés de ces pays afin d’aider à réintégrer dans la société ceux qui en ont été exclus par leurs handicaps physiques ou psychiques, et sur le sort desquels jamais aucun gouvernement bourgeois ne s’est penché parce que ce sont des pauvres…

En Équateur, où la mission se nomme Manuel Espejo, fin 2009, plus de 300 000 familles avaient reçu la visite des équipes de spécialistes cubains en génétique, etc., foyer par foyer, et autour de 70 000 cas détectés. Ce genre de « mission » est en cours au Nicaragua dans les recoins les plus reculés du pays.

Le promoteur visionnaire de ces projets insensés (aucun pays au monde n’a jamais procédé à telles enquêtes, qui s’étendent au génétique, etc.), s’appelle Fidel Castro. Si seulement notre monde comptait plus de « dictateurs » de ce genre !

Oui, curieux dictateur que ce Fidel Castro…

Bien à vous.

06/03/2010 17:34 par alexandre libr'

Vos réponses sont très intéressantes.

j’aimerais trouver un document qui présente le fonctionnement politique de Cuba, comme présenté par Jacques-François.

je dirais même qu’il serait essentiel qu’un tel document soit toujours accessible (et facilement, comme un lien automatique), ainsi que pour le Venezuela, pour les nouveaux venues, qui pourraient être poliment orientés vers ces documents explicatifs avant de pouvoir conclure que Castro et Chavez sont des dictateurs.

Cela éviterait au mieux informés d’expliquer chaque semaine que non, ce ne sont pas des dictateurs.

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