Les références historiques sont des biens communs !

Eve76

On ne peut qu’être frappé de l’omniprésence des références historiques par ceux qui essaient de penser et d’agir dans la circonstance actuelle, celle du confinement et du déconfinement, et de tout ce qu’elle révèle de l’état du monde.

Obscurément ou consciemment, tout le monde sent bien que nous en sommes arrivés à une fin de cycle, où toutes les solutions actuellement en place pour assurer notre existence collective ont épuisé leurs vertus tandis que leurs négativités s’accumulent.

La crise sanitaire cristallise la conscience du moment historique

La survenue d’une épidémie imposant un confinement des populations nous apparaissait jusqu’à peu comme un fait du passé. La mémoire collective se souvient de la grippe espagnole, dans le sillage de la première guerre mondiale, mais les grippes asiatiques de 1957-1958 (dont on ne sait pas si elles ont occasionné 11 000 ou 100 000 morts !) et celle de Hong-Kong, entre 1968 et 1970, (30 000 morts), ont été totalement oubliées. Aucune n’avait entraîné un confinement, mais la grippe dite de Hong-Kong avait désorganisé l’économie du fait des arrêts-maladie. Elle fut vécue comme un évènement passager, même si 36% de la population aurait été contaminée selon les estimations.

Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette appréciation différenciée d’épidémies comparables. L’augmentation de l’espérance de vie, la possibilité d’accéder à des soins plus efficaces a fait reculer le sentiment de fatalité face aux décès pour maladie, notamment pour le « troisième âge ». Mais surtout, la constitution de chacun de ces épisodes sanitaires en évènement dépend du contexte qui lui donne son retentissement particulier. Dans le contexte des années cinquante, les morts de la grippe asiatique pèsent peu au regard des ravages dus à la Deuxième Guerre mondiale, toujours bien présents dans les mémoires ; la reconstruction du pays et l’espoir en l’avenir imprègnent la sensibilité collective. Concernant la grippe dite de Hong-Kong, le pays n’est pas encore sorti des « trente glorieuses » ; l’époque est toujours à l’optimisme, et la foi dans le progrès, la science et les avancées de la médecine, contribue à faire passer l’épidémie par pertes et profits de la mémoire collective. Ce sont d’autres évènements qui sont mis en scène par les médias et qui retiennent l’attention de l’opinion publique.

Mais après plusieurs décennies de néolibéralisme et de décalages entre les discours officiels et médiatiques, de sensibilisation aux menaces écologiques, la réception de cette nouvelle pandémie est tout autre, et ce d’autant plus que tous ces « décalages » se sont exacerbés.

Une opinion publique plus exigeante, et mieux informée aussi, prend conscience du rapport entre mondialisation et épidémie, entre une exploitation toujours accrue des ressources naturelles et la transmission à l’homme des germes portés par les animaux. Elle constate la dépendance induite par une division internationale du travail poussée à l’extrême, des ravages du “juste à temps” et de l’absence de stocks de précaution. Elle suit en direct les scénarios de l’inflexibilité du capitalisme quand elle assiste à la fermeture d’usines susceptibles de fournir les produits dont nous aurions cruellement besoin pour faire face à la maladie. Elle voit que les actionnaires, souvent étrangers, délocalisent sans état d’âme pour produire à moindre coût ailleurs. Elle prend acte que les pouvoirs publics sont aux abonnés absents pour défendre l’intérêt de leur population en matière économique, alors qu’ils disposent d’un arsenal juridique pour le faire. Elle observe qu’au contraire ils s’institueraient plutôt en gardiens vigilants de ces intérêts capitalistes, au détriment de leur peuple. Elle assiste, médusée, à l’impéritie dans tous les domaines, tandis qu’à des degrés divers les citoyens vivent les conséquences de cette crise, soit comme professionnels envoyés au charbon sans la moindre protection, ou à travers le confinement parfois dans des conditions très difficiles, la perte de revenus, qui peut aller jusqu’au manque de nourriture et à la dépendance vis à vis de l’aide alimentaire. Elle ne peut ignorer que le confinement a été prétexte à imposer des amendes, plutôt lourdes pour des budgets modestes, et que la violence policière s’est ressentie dans les quartiers populaires (jusqu’à 12 morts non éclaircies après une rencontre avec les forces de l’ordre).

Elle apprend qu’aucun effort n’est demandé aux plus riches, que les grosses entreprises bénéficient toujours de l’aide de l’Etat, et qu’il leur est juste “recommandé” de lever un peu le pied dans la distribution des dividendes. Elle subit le fait que la crise sanitaire est le prétexte à un état d’exception qui se prolonge et qui préfigure un nouveau recul grave de nos droits et de nos libertés. Elle anticipe qu’elle devra affronter sans soutien les conséquences de la crise et que les ménages devront payer l’effort qui ne sera pas demandé aux multinationales et au système financier....

Alors la crise sanitaire sert de révélateur parce qu’elle porte à son paroxysme des contradictions depuis longtemps présentes. La crise écologique est depuis longtemps inscrite comme une menace à notre horizon : la voici, en guise d’avertissement, sous la forme d’une pandémie. Au fil du temps, les charmes de la mondialisation heureuse, de la modernité triomphante, ont dû côtoyer les ravages de la désindustrialisation et leur cortèges de drames humains, l’attaque contre les services publics qui lèse les citoyens, et ce d’autant plus qu’ils sont modestes. Cette fois-ci, c’est la santé de toute la population qui s’est trouvée menacée par la fermeture d’une usine de masque, la dépendance d’un approvisionnement à l’étranger, toutes les aberrations de la logique capitaliste, son incapacité à répondre aux besoins des populations, à prendre en charge l’avenir de la planète, se sont trouvées exposées sous une lumière crue.

Depuis déjà un certain temps, la montée du néolibéralisme, et la dépossession démocratique qui le rend possible – il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens, disait Jean-Claude Juncker – a suscité la recherche de références pouvant permettre d’ouvrir une riposte pour contrecarrer cette évolution. La notion de « Résistance » a accompagné l’émergence du Front de Gauche, fournit à la fois une référence historique, encore vive dans les mémoires, et un mot d’ordre qui peut fédérer pour l’action d’aujourd’hui. L’austérité a fait renaître au Portugal le souvenir et le modèle de la Révolution des œillets. En Algérie, le Hirak a fait naitre l’envie d’une « nouvelle indépendance » tant les espoirs nés de celle de 1961, trahis, sont à nouveau à l’ordre du jour. Dans ces références, les peuples cherchent, au niveau de l’imaginaire, un point d’appui pour identifier le moment historique qu’ils vivent, y associer le même élan de révolte, et construire un nouveau discours pour agir sur le présent. Nos références, en France, sont la Révolution de 1789 (particulièrement remises à l’ordre du jour par le mouvement des gilets jaunes), et la Libération de 1945, avec le Conseil national de la Résistance et le programme des « Jours heureux ».

Deux facteurs ont particulièrement remis cette référence à l’ordre du jour. Les « jours heureux », c’est la création de la Sécurité sociale, le droit pour tous d’être protégé des accidents de la vie, et en particulier celui de pouvoir se soigner. Or l’ensemble de ces droits est battu en brèche depuis plusieurs décennies, et le Covid-19 a mis en lumière le délabrement de notre système de soins liés à la marchandisation de la santé. D’où l’idée de réaffirmer ce droit de vivre pour tous, que chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. L’autre facteur, c’est le confinement, qui a gelé les possibilités habituelles de manifester (même s’il s’en est créé d’autres) et créé l’aspiration aux « jours d’après », ceux d’une liberté de mouvement retrouvée, mais aussi des jours d’après qui auraient la couleur des « jours heureux ».

Les références historiques sont des biens communs !

Ces références historiques ont un pouvoir mobilisateur et sont donc un enjeu de pouvoir. On ne doit guère s’étonner des tentatives pour se les approprier, les contrôler, orienter les affects suscités vers des solutions déjà construites. L’exemple est donné au plus haut sommet de l’État, avec la tentative de s’approprier l’héritage gaulliste. Dans ce registre, la guerre (contre le terrorisme, le virus, la récession économique...) est légitimée, masquant de ce fait que la guerre véritable est celle contre nos droits et libertés ; la victoire sera remportée par le camp « gaulliste », c’est à dire le camp de l’ordre établi.

Mais les manipulations peuvent venir de tous côtés. Dans ce contexte favorable aux remises en cause, aux désirs de renverser la table qui s’expriment un peu partout, notamment sur les réseaux sociaux, les appels à construire le monde d’après se multiplient. Appels nécessaires certes, mais leur multiplicité donne une impression de concurrence devant des initiatives dont on espérerait plutôt qu’elles cherchent à se rejoindre. Etre à l’origine de tels appels, structurer la participation à cette reconstruction, mettre en forme, en l’orientant plus ou moins discrètement, la synthèse des contributions, est un bon moyen de prendre place dans la recomposition du jeu politique dont tout le monde pressent qu’elle aura lieu tôt ou tard.

A titre d’exemple, interrogeons-nous sur les formes prises par l’initiative qui s’est nommée « Conseil national de la nouvelle Résistance ». La création de cette opération, déjà dotée de son logo, est lancée le 13 mai. A la différence d’autres appels, qui se structurent autour d’un texte, appellent à des largement aussi larges que possibles, et laissent ouverts les processus d’élaboration et de concrétisation des idées lancées dans le débat public, l’opération « CNNR » apparaît plutôt fermée. Le « secrétariat » du « CNNR », composé de personnalités plutôt connues, apparaît seul dans la vidéo de présentation.

Après l’énoncé de constats sur lesquels on ne peut être que d’accord, l’initiative est mise au crédit d’un « nous », dont en fait, on ne sait pas à qui il renvoie : « nous avons suscité la création d’un Conseil national de la Nouvelle Résistance (CNNR)”. Ce conseil est placé “sous la tutelle” de l’Histoire, des luttes sociales et écologiques contemporaines : il vaudrait mieux dire qu’il s’en réclame, cette “tutelle” n’ayant pas de mandataires désignés pour l’exercer. L’objectif est d’offrir “un point de ralliement à toutes celles et ceux, (individus, collectifs, mouvements, partis ou syndicats)” ; le point de ralliement est certes nécessaire... mais il y aurait plutôt pléthore que pénurie de points de ralliement auto-proclamés.

Les membres de ce “Conseil national de la nouvelle résistance” ne sont pas les membres du “secrétariat” qui apparaissent sur la vidéo ; les personnes qui le composent sont dix hommes et dix femmes (qui est à l’origine de cette composition ?) “ont pour légitimité leurs travaux, leur expérience, leur engagement contre les ravages du néolibéralisme” (certes, mais sont-ils les seuls ?). Or le rôle qu’on veut leur faire jouer est un rôle d’autorité : “il s’agit d’énoncer les principes selon lesquels notre société devra désormais être gouvernée et de sommer les responsables politiques de prendre des engagements vis-à-vis d’eux.” Au nom de quoi ces personnes exerceraient-elles un tel magistère ? La liste de ces membres comportent quelques noms connus, d’autres appartenant à des collectifs de lutte (mais ils n’en sont pas les délégués) ; beaucoup n’ont guère de notoriété. Certains sont connus pour être des proches de Benoit Hamon, mais il faudrait mieux connaitre les positions de l’ensemble pour pouvoir se prononcer. Curieusement, l’opération “CNNR” pose d’emblée la légitimité de ces personnes à jouer un rôle de censeurs avant qu’elles énoncent les principes qui les rassemblent ! Quelle conception de la démocratie donne à une poignée de personnes désignées par on ne sait qui une autorité morale surplombant toutes les organisations ? Certes, la démocratie au sein de ces dernières est perfectible, mais c’est à la base, aux citoyens, d’y veiller.

Tout se passe comme si ce “Conseil national de la nouvelle résistance”, mimait son prestigieux prédécesseur, pour justifier la prétention d’autorité morale qu’elle s’arroge. Les résultats de ses travaux ont été dévoilés le 27 mai, journée nationale de la Résistance. Mais faut-il rappeler que le CNR de 1944 avait, lui coordonné effectivement la Résistance pendant les années d’occupation ? Et qu’il était constitué de représentants d’organisations politiques et syndicales. C’est la nécessaire clandestinité qui a imposé la finalisation du texte des Jours Heureux en quelques jours, par un petit groupe de personnes. Actuellement, pour défendre nos libertés, nous avons au contraire besoin d’occuper le plus largement l’espace public et d’y faire retentir nos débats en toute transparence.

Par ailleurs la fin de la guerre créait le contexte favorable qui a permis ces grandes avancées sociales : un patronat affaibli par la collaboration, le besoin de relancer l’économie et de reconstruire le pays, entre autres. Or si s’ancrer dans l’Histoire pour retrouver un élan a du sens, ce serait une profonde erreur de la penser en terme de répétition. Dire que les « Jours Heureux » sont le « véritable horizon d’un projet politique » comporte ce risque. Nous ne sommes pas en 1945, libéré du joug nazi et prêts à nous engager dans un avenir qui paraît ouvert. Nous sommes en pleine guerre sociale et l’offensive contre les classes populaires s’accroît de jour en jour. Nous n’avons pas affaire à un patronat national déconsidéré mais à un capitalisme mondialisé et financiarisé qui a complètement transformé la division internationale du travail et qui exerce son emprise sur les instances politiques. Les références historiques doivent nous remettre en mouvement, elles ne doivent pas nous empêcher de voir le monde actuel avec ses spécificités.

Tout ceci n’empêche pas que des idées et des initiatives intéressantes puissent surgir de cette opération. Mais le « ralliement » ne se décrète pas. Toute tentative pour se poser en seul représentant légitime des mouvements en cours seraient contre-productive. Nous avons tout intérêt à chercher la convergence des points de vue, à dégager toutes les propositions qui nous rassemblent et qui n’ont d’autres propriétaires que le mouvement social susceptible de les porter et de créer le rapport de force.

 https://atraverslabrume.wordpress.com/2020/06/03/les-references-historiques-sont-un-bien-commun/

COMMENTAIRES  

15/06/2020 09:23 par robess73

eve 76. ce long article (dont les arguments ne sont pas faux )reussi l exploit d ignorer la FI et son programme L AVENIR EN COMMUN dans lequel figure des 2016 deja les grandes idées du CNR .chapeau l artiste !!!

18/06/2020 21:21 par Eve 76

Mais tout le monde se réclame du CNR et des jours heureux... Oui la FI a des proposition, mais la FI ni le PC n’ont le monopole de quoi que ce soit. Le jour où ces deux organisations l’auront compris, qu’ils sortiront de cet esprit de concurrence, on pourra tous faire un grand pas.

19/06/2020 10:32 par babelouest

Le programme du CNR a bénéficié de circonstances favorables : tout le monde était affaibli, mais alors proportionnellement c’étaient les forts qui étaient le plus affaiblis. Cela a permis enfin de rendre le monde en France plus égal, et c’était bien, pas pour EUX bien sûr.

Il ne reste plus qu’à profiter d’une autre occasion, et cette fois il faudra être beaucoup moins indulgents avec les FORTS, qui ont réussi à redresser la tête. La purge devra être méticuleuse, et tous ceux qui seront marqués devront ne plus jamais avoir la simple possibilité de s’exprimer : au secret le plus rigoureux, à côté duquel celui de Carlos ne sera qu’une promenade de SANTÉ (il fallait l’oser). Cela implique sans doute que TOUS ceux qui sortent de SciencePo, par exemple, en fassent partie, parce qu’ils sont contaminés. Coupables non d’avoir pensé (chacun en est libre), mais d’avoir FAIT ces études-là.

19/06/2020 14:45 par legrandsoir

euh... vous faites la promotion du livre 1984 ?

19/06/2020 22:13 par alain harrison

Bonjour.
Un excellent texte qui pose bien les questions.

Le CNNR, Conseil national de la nouvelle Résistance, une entité parmi d’autres moins récente, comme la FI et la VIe République, et les Gilets Jaunes. Entre les deux, je choisi les Gilets Jaunes qui favorisent la multitude de comités, ce qui devrait être le point de départ et éviter les pièges (Podemos,.... et l’entourage de Hamon).

Les comités des Gilets Jaunes et ce qui reste des communes, une possibilité d’un nouveau souffle, mais avec des thèmes de changement radicale, dont le programme du CNR pourrait servir de "plate forme". Le temps presse (élections 2022), donc la réflexion doit aller non train. Les grands enjeux sont pourtant là devant nous, ils nous pendent au nez :
La guerre et sa nouvelle mouture globaliste : la compétitivité.
La pauvreté qui a pris bien des visages : du clochard au travail précaire,....)
Arrêter la guerre et éradiquer la pauvreté sont les socles de la Constituante Citoyenne dont le peuple est le maître d’oeuvre.
Le parti de transition fait la transition. Mais vers quoi, le savons-nous ? La case départ (continuité modifié) ou un nouveau monde ?

Sans régler les cas (guerre et pauvreté), impossible l’Écologie. Car ces trois là ne font qu’un. Mais le voyez-vous ?
Krishanmurti : il y a le fait de voir. Ou bien pensé voir.
Korzybski : la carte n’est pas le territoire
Einstein : un problème ne peut être résolu au niveau où il a été créé.
Jaurès : Pour Jean Jaurès, la révolution socialiste n’est concevable que dans le cadre de la légalité démocratique, c’est-à-dire par une conquête graduelle et légale par le prolétariat des institutions parlementaires et de la puissance de la production. (voir le Venezuela de Chavez).

Marx a mis sur la carte les engrenages de l’exploitation qui se sont raffinés depuis.

Une image vaut 1000 mots : les patrons sont-ils indispensables

La Constituante Citoyenne (les institutions___les banques surtout). C’est assez techniques tout ça.
Le nouveau pacte social (vision globale : histoire, préhistoire et Évolution Naturelle __ non réductionnisme : L’usage courant du mot « réductionnisme » est péjoratif. Il désigne des approches scientifiques réductrices, voire simplistes. Comme de voir l’Évolution Naturelle sous l’angle de la compétition. Ignorant les autres aspects, car l’Évolution Naturelle s’inscrit dans un "mouvement plus large" que notre vision conditionnée)
Korzybski : la carte n’est pas le territoire
Krishnamurti : le processus conditionnant e de la pensée.
Tout cela pour dire que nous devons être vigilent face à nos énoncés.
La Crise, qui semble se Globaliser actuellement, annonce des changements dont les effets collatéraux nous sont inconnus. La pandémie actuelle, le constat de la fonte des glaciers, la disparition, qui semble systématique, de la faune et de la flore, les reconductions de guerres locales,... en sont des alertes concrètes.
Notre condition d’humain dépend de la condition et de comment nous traitons la nature (ressources, etc..) Et ça c’est pas seulement technique.
Le nouveau paradigme économique. De l’imagination, la finance nous l’enseigne depuis nombre d’années.

Le tandem Constituante — parti de transition (légitimer et légaliser)

20/06/2020 09:54 par babelouest

@ LGS : je rappelle bien que même Gandhi convenait que parfois la violence est nécessaire... même si on n’aime pas.
Quant à Science Po, je pense que déjà le désir d’y aller dénote un fond.... bizarre. Même avant. Alors, après.....

21/06/2020 03:33 par alain harrison

Bonjour.

En relisant ce texte, je le classe au même niveau que l’article historique « Crime contre l’humanité, l’ultime retour des barbares », simple, claire et précis, que tous devraient lire. Information juste qui ferait apprécier l’idée de vue d’ensemble et son corollaire : nous donne accès aux causes et aux acteurs responsables, et la cohérence du questionnement (sans concession) aux solutions.

Mais comme l’indique :
15/06/2020 à 09:23 par robess73
eve 76. ce long article (dont les arguments ne sont pas faux )reussi l exploit d ignorer la FI et son programme L AVENIR EN COMMUN dans lequel figure des 2016 deja les grandes idées du CNR .chapeau l artiste !!!
Chaque élément de la gauche (diaspora erratique) qui se borne encore dans la critique et à charger les autres avec raison où pas. Pour ma part, il sonne juste :

« « « C’est la nécessaire clandestinité qui a imposé la finalisation du texte des Jours Heureux en quelques jours, par un petit groupe de personnes. Actuellement, pour défendre nos libertés, nous avons au contraire besoin d’occuper le plus largement l’espace public et d’y faire retentir nos débats en toute transparence..........

Tout ceci n’empêche pas que des idées et des initiatives intéressantes puissent surgir de cette opération. Mais le « ralliement » ne se décrète pas. Toute tentative pour se poser en seul représentant légitime des mouvements en cours seraient contre-productive. Nous avons tout intérêt à chercher la convergence des points de vue, à dégager toutes les propositions qui nous rassemblent et qui n’ont d’autres propriétaires que le mouvement social susceptible de les porter et de créer le rapport de force. » » »

Et c’est le nécessaire mouvement horizontal citoyen (peuple comme maître d’oeuvre). La FI est invitée à servir comme tous les autres mouvements de gauche. Chacun de ceux-ci a une pierre à considérer dans les cercles comités citoyens dont les Gilets Jaunes offrent l’occasion : l’horizontalité, c’est le Peuple en marche vers la Démocratie directe.

La Constituante Citoyenne (les institutions)
Le nouveau pacte social
Le nouveau paradigme économique
Le parti de transition (tous les gens de gauches, citoyens, activistes comme responsables sont invités selon les comités citoyens)
Les exigences à des responsabilités : honnêteté, intégrité et fidélité au programme pris en collectif citoyen.

Le parti de transition, c’est pour la transition.
Les orientations politiques des groupes, leurs intérêts idéologiques se placent sous la coupe des réalités du mouvement du peuple et pas l’inverse. Comment dire :
Penser le découplage
Je crois qu’il existe une approche à la fois respectueuse des autochtones, qui facilite le passage à la souveraineté […]. C’est l’approche du découplage des deux questions : la question de la souveraineté et la question autochtone.
Lors des résolutions de l’Assemblée nationale de 1985, le Québec a été le premier gouvernement au Canada à reconnaître l’existence des nations autochtones. Depuis, ces nations s’expriment et affirment de cent façons qu’elles refusent de voir leur sort décidé par d’autres et imposé d’en haut. Ce n’est pas tant la souveraineté du Québec qui les dérange – bien que ce soit le cas – mais le peu de cas qui est fait de leur souveraineté à elles.
http://jflisee.org/sortir-de-lambiguite-autochtone-une-suggestion/#comments

De la même façon, chaque frange de la gauche découple leur orientation de celle qui importe, celle du peuple.

Le parti de transition et la Constituante Citoyenne. le tandem (légitimer et légaliser)

23/06/2020 05:40 par alain harrison

Bonjour.

Cette phrase est lourde de signification.
« « « Toute tentative pour se poser en seul représentant légitime des mouvements en cours seraient contre-productive. » » »
N’est-ce pas !

18/07/2020 06:30 par alain harrison

Bien si le temps le permet, la diaspora de la gauche (des GJ, la FI, les syndicats, les partis de gauches...) pourraient initier plusieurs comités (comprenant la diaspora) qui feraient le relevé des différents programmes. Ce qui se rejoint et ce qui différencie (qui peut être complément ou incompatible avec la vue d’ensemble et qui ferait consensus pour le programme politique radical au système actuel, dont l’articulation économique (la finance en dernière analyse et ses rouages. Ce sont ses rouages supportés par les institutions capitalistes (BM, FMI, fonds vautours, paradis fiscaux......les grands fonds d’investissement comme les grands bureaux d’assurances, d’avocats, et autres dont le point commun est le privé) qui créent cette impression de réalité de l’économie, alors que, en réalité, ce n’est qu’un montage coordonné de rouages. C’est ce mythe qu’il faut expliquer, démontrer et démonter. Et comment ?

La Constituante Citoyenne (citoyenne, pas idéologique) et le parti de transition citoyenne pour légitimer et légaliser (Droit International).
Le nouveau pacte social pour réaliser combien nous sommes enfoncer dans l’esprit du Vieux Monde que l’Époque des Lumières et la Révolution Française furent le premier coup de boutoir, ou le point tournant, dont il faut mettre en évidence : que ces deux moments presque simultané, se chevauchant, sont de l’ordre, du point de vue de l’histoire, comparable, pour moi, à l’avènement de l’hominisation. À une autre échelle, géologique, à la renaissance de la vie après la destruction des dinosaures, un temps long pour reconstituer une biodiversité prospère. Et bien, les deux événements historiques sont de cet ordre, un temps long pour constituer des peuples suffisamment "civilisé" (éducation, société complexe et plus ou moins prospère et vue d’ensemble). Nous sommes rendu là ?
Le nouveau paradigme économique : Einstein : l’imagination est plus importante que le savoir. Et le libéralisme nous en instruit, les arcanes depuis quelques années. Mais Marx nous l’a mis sous le nez. Lire Marx, OUI. Peut-être que le choix des mots explicatifs ne sont pas au rendez-vous. Krishnamurti à travers sa vie publique, comprenait que les mots, leur choix devait se prêter à la compréhension des échanges. Pour se comprendre entre nous. IL faut peut-être parfois faire un lavage du sens piur être sur la même longueur d’onde.
Je veux connaître l’histoire pour ne pas refaire......, mais pas m’y identifier, une erreur de perception sans cesse reconduite.
Le voir.

Krishnamurti : voir ou penser voir.

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