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Les éditocrates contre Jean-Luc Mélenchon

« ... Les talentueux pédagogues » qui avaient encadré le débat lors du référendum sur le Traité constitutionnel en 2005 sont de retour ! Et ils n’ont rien perdu du sens de la nuance » nous dit l’auteur.

En effet ! Florilège en vrac des mots doux et subtils réservés au candidat du Front de Gauche : guignol, rigolo, idiot utile, comique, héritier de la terreur, déconnant, piège à cons, stalinien, kolkhoze, Allemagne nazie, Russie soviétique, tissu de conneries.

Manque "Diable aux pieds fourchus", mais il est vrai que l’auteur n’est pas allé fouiller au presbytère de Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

Et puis, la campagne n’est pas terminée...

LGS

Le traitement médiatique de la campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2012 confirme les enseignements de celle de 2007 : hors de la droite et de la gauche de gouvernement (flanquées du centre qui séjourne entre les deux), point de salut et surtout point de discussion légitime. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer le mépris et l’animosité affichés pour ceux que l’on qualifie de « petits », même lorsque, selon les sondages, ils deviennent « moyens », comme c’est le cas maintenant de Jean-Luc Mélenchon.

Tristesse des éditorialistes et des commentateurs politiques quand les sondages d’intention de vote qu’ils consomment quotidiennement consacrent deux favoris ; point de suspense ! Il ne leur reste plus qu’à collectionner les « petites phrases » et à ausculter les stratégies de communication des duettistes. Joie des éditorialistes et des commentateurs politiques quand les sondages leur offrent une course pour le poste de « troisième homme » ! En 1995, il se nommait Jacques Chirac (en réalité ce fut Edouard Balladur). En 2002, il s’appelait Jean-Pierre Chevènement (en réalité ce fut Lionel Jospin). Et en 2007, c’était François Bayrou.

Cette année, en 2012, même si les sondages n’ont pas totalement recalé François Bayrou et Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon remplit cet office et alimente les bavardages au sein de l’éditocratie qui loue son « talent oratoire », son « amour pour la littérature », et même sa capacité à mobiliser... Jusqu’à ce qu’ils sonnent la fin de la récré.

Les portraits à charge n’ont pas manqué. Sur RTL par exemple, Serge July présente Mélenchon comme « le tribun de la grogne romantique » (15 mars 2012). Eric Le Boucher, lui, trouve que « Jean-Luc Mélenchon est un rigolo. Un rigolo de prétoire, un rigolo de JT, un rigolo malin, un rigolo drôle. » (Slate.fr, le 18 mars 2012) Pas mieux pour Christophe Barbier qui veut « en finir avec Mélenchon », ce personnage au « verbe haut et [aux] idées courtes, mi-tribun, mi-guignol » (L’Express, 14 mars 2012). Pierre Assouline, dans Le Monde des Livres, le décrit comme un « terrible tribun robespierriste » (6 avril 2012). Etc.

Et le candidat du Front de Gauche scelle l’accord entre les éditorialistes dans leurs traditionnelles confrontations. Ainsi quand Ivan Rioufol du Figaro affirme de Mélenchon qu’« il est habité par une sorte de haine qui se voit dans ses discours et dans les discours de ceux qui le soutiennent », Claude Weill du Nouvel Observateur lui réplique : « C’est vrai qu’il a quelques fois du mal à se contrôler. » (5 avril, I-télé)

Mais plus que les portraits, ce sont les commentaires proprement politiques qui mobilisent les propagandistes du bipartisme raisonnable.

Égal de Le Pen et complice de Sarkozy ?

Des médias en campagne se sont déjà amusés à renvoyer dos à dos extrême-droite et extrême-gauche, et ici le Front National et le Front de gauche. Ainsi Canal Plus avait consacré une émission entière du « Grand Journal » (9 février 2012) à chercher les similitudes entre les deux mouvements. Expert en ressemblances, Michel Denisot avait subtilement relevé les plus probantes (« le mot "front" - déjà  » ; «  deux leaders tribuns et champions de la formule taxés souvent de populisme » (par qui ?) ; « qui ont la même cible : l’anti-système (sic) ») [1]. Plantu, aussi caricatural que ses caricatures avait osé ce parallèle dans L’Express…

… Et Le Monde n’avait pas hésité à transformer sa titraille en éditorial : « Mélenchon-Le Pen, le match des populismes » (8 février 2012).

Mais depuis quelques semaines, ce procès ne suffit plus : il convient de s’inquiéter pour l’avenir de François Hollande. Le Journal du Dimanche (1er avril 2012) s’alarme : «  Mélenchon peut-il faire perdre Hollande ? » Dans L’Express, on titre : « Hollande va-t-il perdre ? » ; et le sous-titre est explicite : « Les ravages de Mélenchon » (4 avril 2012). Et Jacques Julliard, dans Marianne (7 avril 2012) joue les copistes : « Mélenchon peut-il faire perdre Hollande ? » Motif de cette sollicitude ? Plus le score de Mélenchon sera élevé au premier tour, et plus faible serait celui du candidat socialiste au second. Rien n’atteste que cette pseudo-analyse soit fondée, bien au contraire [2]. Mais son caractère délibérément partisan ne fait aucun doute : haro sur Mélenchon !

Anne Sinclair sur le site à la mode huffingtonpost.fr n’est pas très originale : « Mélenchon grignote l’électorat de Hollande. » Et elle ajoute : « si Nicolas Sarkozy se bat pour être en tête et François Hollande plaide à ce point pour le vote utile, c’est qu’arriver devant au premier tour a une importance sur la suite et la dynamique de la campagne. Et que, après, nul ne sait ce qui peut se passer » (18 mars 2012).

Patrick Jarreau dans Le Monde du 20 mars 2012 affecte d’analyser ce qu’il redoute : «  L’UMP compte sur M. Mélenchon pour obliger le candidat socialiste à gauchir son discours et dissuader ainsi les électeurs centristes de l’élire ou de le laisser passer au second tour. Au siècle dernier, les marxistes-léninistes appelaient cela une alliance objective . » Ce rappel de la période stalinienne est le bienvenu, puisque l’on pourrait, avec ce type d’argument, soutenir tout et son contraire : que Marine Le Pen est le meilleur allié de François Hollande puisqu’elle oblige Nicolas Sarkozy à « droitiser » son discours et à faire ainsi le jeu du candidat socialiste… Ou que la modération de François Hollande le rend complice de Jean-Luc Mélenchon ? Ou que…

La tonalité est la même chez Serge Raffy sur le site du Nouvel Observateur, le 16 mars 2012 : « Le candidat du Front de gauche, lentement mais sûrement, est devenu, à son corps défendant, l’idiot utile de l’Élysée . Il est le virus malin qui affaiblit jour après jour François Hollande. » Puis, il ajoute : « Mélenchon est donc une grenade dégoupillée dans le camp du PS. (…) Mélenchon piège à cons ? Il ne faut rien exagérer. Il a déjà clairement annoncé qu’il appellera à voter Hollande au deuxième tour. Mais l’amour immodéré que lui porte soudainement la droite est pour le moins suspect. » De là à crier au complot sarkozyste, il n’y a qu’un pas… que Serge Raffy n’hésite pas à franchir : « En haut lieu, on a mis au point un plan de bataille, simple comme bonjour : il faut gonfler à l’hélium le Zorro de la lutte des classes, lui permettre de se rapprocher des 15 % et mettre François Hollande en culottes courtes pour le second tour. Le piège est tellement gros qu’on n’ose pas le regarder en face. A tort. En prenant la Bastille, Mélenchon pourrait bien faire perdre l’Élysée à la Gauche. Délicat paradoxe... »

Dans L’Express, Christophe Barbier, visionnaire, ne s’arrête pas au premier tour de l’élection et à ses conséquences pour le second : « son idéologie, trotsko-marxo-protecto-nationaliste, pourrait bien polluer l’éventuel quinquennat de François Hollande. En effet, si la prime au méchant vaut à Mélenchon de créer la surprise dans les urnes, le nouveau président devra faire avec. » Pour le libelliste multicarte, « le socialisme de gestion serait alors pris en otage sur sa gauche » (14 mars 2012). Quelle angoisse !

Passéiste et héritier de la terreur ?

S’ils aiment désigner un troisième homme, les éditocrates lui recommandent toujours de rester à sa place de troisième homme. Et dès l’instant où il deviendra trop embarrassant et trop présent, la critique se fera plus acerbe et le ton plus virulent. D’autant plus si ce dernier sort du cadre bien défini de l’orthodoxie libérale…
Depuis que Jean-Luc Mélenchon a franchi la barre des 10 % dans les sondages d’intentions de vote, les médias découvrent son programme. Là encore, les condamnations sont quasiment unanimes.

« Détonnant et déconnant », proclamait fièrement le site du Nouvel Observateur (comme le montre l’url de l’article ci-dessous) qui, modifié, annonce désormais, humblement en titre que Mélenchon a « un programme économique irréaliste ». En se basant en partie sur des estimations et des chiffrages réalisés par l’Institut de l’Entreprise, un think tank patronal proche du Medef, l’hebdomadaire affirme que « le projet du candidat du Front de gauche isolerait la France au sein des pays développés avec un taux de dépenses publiques record » (5 avril 2012).

Alors que Le Monde présente (enfin !) le projet du Front de gauche, le quotidien vespéral rédige sur la même page un contre-argumentaire expliquant (en citant cette fois le très libéral Institut Montaigne) que ce « programme s’affranchit des contraintes » (5 avril 2012). Sur BFMTV, on décrit ce programme comme « déraisonnable et excessivement coûteux », puis les mêmes estimations sont reprises : « on (sic) a chiffré aujourd’hui le programme de Jean-Luc Mélenchon à plus de 100 milliards d’euros » (5 avril 2012).

Ce « on » définit invariablement la cohorte des économistes dominants et omniprésents. A titre d’exemple, et c’est un indicateur sérieux, l’économiste Jacques Généreux, auparavant régulièrement invité dans les médias, l’est bien moins depuis qu’il soutient Jean-Luc Mélenchon, alors même que l’actualité économique aurait dû favoriser sa présence…

L’apparente froideur des diagnostics ne dissimule pas vraiment la virulence des commentaires. Par exemple, Eric Le Boucher sur Slate.fr se laisse aller : « le programme est un tissu de conneries. On peut admettre le but : faire rendre gorge à la finance, renverser le nouvel Ancien Régime, celui des marchés financiers, OK, c’est populaire, c’est tendance. (…) Mais lisez, dans le détail, son programme. C’est bien simple : on est chez les comiques » (18 mars 2012). Puis, en réaction aux nombreux commentaires d’internautes surpris par le ton de l’article, Le Boucher réplique : « Je ne suis que journaliste, qui lit, qui écoute, et qui juge que le programme de JLM est en effet un tissu d’âneries. Je persiste et signe. » Où l’on apprend qu’un simple journaliste est d’abord un juge…

… Qui, s’il s’abstient de donner des consignes de vote, incendie les adversaires de ses jugements éclairés. Ainsi, dans L’Express, Christophe Barbier, qui sait soigner les apparences, s’était défendu de tout parti-pris électoraliste : « Dans la présidentielle de 2012, L’Express choisit son camp : celui de ses lecteurs. Pas question d’appeler à voter pour un candidat, ni de soutenir un clan contre un autre » (22 mars 2012). Mais si l’hebdomadaire devait soutenir un candidat, une chose est certaine, ce ne serait pas Jean-Luc Mélenchon, comme le laisse penser la lecture de l’éditorial de Barbier : « Jean-Luc Mélenchon aime les effets de manches, y compris les manches de pioche » (14 mars 2012).

Dans l’un de ces faux débats qui, sur RTL, « oppose » en « compères » Jean-Michel Aphatie et Alain Duhamel, ce dernier, après avoir salué la culture et le talent oratoire du candidat de Front de gauche, modère son enthousiasme : « Ses réponses ne valent pas son talent, bien entendu. Du tout. » Une semaine plus tard, il ajoute, sur la même radio : « Son idéologie me paraît assez enfantine. (…) Ce phénomène [Mélenchon], il a des côtés inutiles » (2 avril 2012). Inutile ? Non, passéiste : pour Joseph Macé Scaron, de Marianne, cela ne fait pas de doute, le candidat du Front de gauche « est un phénomène extrêmement vintage. C’est-à -dire un goût pour le passé. » (I-Télé, 2 avril 2012).

Passéiste ? Pas seulement. Selon Serge Raffy, « pour les vieux staliniens du PC , Mélenchon est du pain béni : il ressuscite toutes les vieilles lunes du communisme en décrépitude » (Le Nouvel Observateur, 18 mars 2012). Inquiet, Ivan Rioufol, sur RTL, prévient : « On n’a pas bien perçu sa violence historique. (…) Je suis d’accord avec Laurence Parisot du Medef, quand elle rappelle qu’il est l’héritier de la Terreur. » (2 avril 2012). De son côté, Yves Thréard, du Figaro s’énerve sur I-Télé contre certains candidats qui « vivent, affirme-t-il, dans les années 50 » et surtout contre « Mélenchon [qui] veut nationaliser la France et revenir au kolkhoze. » (2 avril 2012). Tant de finesse déconcerte !

Que l’on approuve ou non le projet du Front de gauche - ce n’est pas notre rôle de nous prononcer ou de soutenir un quelconque candidat - le moins que l’on puisse dire c’est que les talentueux « pédagogues » qui avaient encadré le débat lors du référendum sur le Traité constitutionnel en 2005 sont de retour ! Et ils n’ont rien perdu du sens de la nuance. Celui dont fait preuve Jacques Julliard mérite d’être souligné : « Il faut faire sa part du rêve. Jean-Luc Mélenchon le dit avec ses mots. (…) Je me méfie instinctivement des gens qui se donnent pour mission de me faire rêver. Je suis assez grand pour rêver tout seul. Et les enthousiasmes collectifs organisés, tels qu’on les pratiquait dans l’Allemagne nazie et la Russie soviétique, très peu pour moi. » [3] Les militants « enthousiastes » mobilisés autour du candidat du Front de gauche apprécieront…

Mathias Reymond, le 10 avril 2012

Notes :

[1] Ainsi que nous le décrivions déjà dans notre article, « Front (de gauche) contre Front (national) » : « Le Grand Journal » referme le cercle de la raison.

[2] En 2007, le score cumulé de l’extrême-gauche est faible (environ 9 %), et c’est le candidat de droite qui l’emporte au second tour ; à l’inverse, en 1981, le score du Parti Communiste est supérieur à 15%, et le candidat socialiste élimine le candidat sortant.

[3] Marianne, 7 avril 2012. Cité sur le blog de Sébastien Fontenelle.

 http://www.acrimed.org/article3802.html

COMMENTAIRES  

10/04/2012 13:52 par calame julia

C’est vrai ça, à la fin, il est agaçant ce gars avec son programme ! Pourquoi il fait "genre" alors que
les autres n’en ont pas de "programme de gouvernement", hein ?
Plantu s’est trompé de caricature !
Le vocable "tribun" arrange ces aristos du journalisme délétère. Du reste, ils n’ont pas encore assez
rétrovisé car Néron est absent.
Quand à traiter la fifille à son papa de "tribun" (elle appréciera) ! c’est presque (ou tout à fait) l’aveu
du vide qu’à laissé le papa de sa fifille dans une campagne tiède, pégueuse pour les éditocrates
qui font ressurgir jour après jour un nouveau cadavre historique.... pour le traîner dans la fange
de leur opportunisme. Vivement la quille !
Les éditocrates n’ont pas le monopole de la politique ni du vote ... et ça, savez-vous, ça est une bonne
chose.

10/04/2012 17:49 par emerson

Le grand artiste Plantu a déjà prêté sa main au crime dans d’autres occasions. Durant la guerre terroriste menée contre le Nicaragua, Plantu faisait des dessins renvoyant dos a dos les militants sandinistes et les terroristes sanguinaires de la Contra. Je n’en revenais pas. Ca m’a appris jusqu’où peut aller l’arrogance, l’ignorance et la méchanceté de ceux qui se croient supérieurs.

10/04/2012 18:48 par Sierra

Les CHIENS aboient et la caravane passe.
Et la caravane est devenu un énorme convoi qu’ils vont prendre en pleine tronche.
Je trouve que c’est plutôt bon signe ce déchainement.

10/04/2012 19:24 par Michail

« Mes modèles, je les ai pris en Amérique Latine »

Jean-Luc Mélenchon

Un choix fort judicieux !

D’autres ont d’autres modèles beaucoup moins brillants par contre :

Depression-stock-market-crash-1929.jpg

Et/ou encore :

404px-Reichsparteitag_1935.jpg

Inutile de citer des noms, hein ?

10/04/2012 21:50 par Louise

Pour comprendre mieux le personnage :

Sur France -Culture le 07.03.2012 :
Imaginaire historique des hommes politiques :

Jean-Luc Mélenchon - Discours pour « une Défense souveraine et altermondialiste » (30/03/2012)

11/04/2012 18:28 par Bonjour

La presse officielle est déchaînée.

Son niveau de subjectivité atteint des sommets et montre son attachement à l’ordre financier mondial.

Il ne faut surtout pas éclairer les électeurs sur les causes de l’endettement et de l’asservissement.

Elle se garde bien d’informer les électeurs de ce qu’il existe d’autres voies que le paiement d’intérêts aux marchés.

Le conditionnement est toujours le même :

"Electeurs, soyez compétitifs, soyez ouverts au monde".

"Faites confiance à ceux qui savent. La technologie et les privatisations sont notre avenir".

"Nous savons ce qui est bien pour vous". "Ne pensez plus".

"Nous allons enfin vous libérer du joug public".

"Privatisons. Continuons à liquider les institutions, les infrastructures, et les immeubles publics".

"D’ici quelques années, nous vous aurons débarrassé de ce patrimoine collectif constitué laborieusement au cours des siècles, mais gênant, obsolète et bien trop coûteux pour vous".

La propriété publique est-elle un tabou de campagne ?

Qui publie l’inventaire des liquidations du patrimoine public ? Le Figaro ? Libé ? Le Monde ? L’Express ? Nouvel Obs ? ... ?

11/04/2012 18:40 par Sierra

Hier soir c’est Michel Onfray (Ce soir ou jamais FR3) qui s’est déchainé contre JLM, cependant, ce sont les mouches qui ont du avoir mal au fondement.

12/04/2012 00:08 par Bonjour

@ 11/04/2012 à 18:40, par Sierra -

Michel Onfray (Ce soir ou jamais FR3) qui s’est déchainé contre JLM

Bien signalé, cette prise de position de la part de Michel Onfray ne me surprend pas.

Mélenchon et Onfray ont des visions diamétralement opposées de la société.

En plus d’être éditeur, Michel Onfray a déjà SA propre université, fondée par lui-même, seul, en dehors du cadre public.

A savoir un établissement en principe public habilité pour décerner des diplômes et archiver du savoir.

Alors, l’université : établissement public ou privé ? Je donne ici une citation tirée de Wikipédia et qui me semble correspondre au sens traditionnel d’une université :

Aux États-Unis, au moment où les universités de ce pays commençaient leur ascension qui devait les mener au niveau qu’elles ont actuellement, Peirce1, un philosophe américain, a défini en 1891 l’université comme « une association d’hommes […] dotée et privilégiée par l’État, en sorte que le peuple puisse recevoir une formation (guidance) intellectuelle et que les problèmes théoriques qui surgissent au cours du développement de la civilisation puissent être résolus »

.

Je n’ai aucun problème à ce que Michel Onfray diffuse son savoir philosophique. Mais pourquoi en dehors du cadre public et des chaires d’université traditionnelles ?

Ce comportement où un individu court-circuite l’espace public et s’attribue à lui-même des privilèges collectifs ou publics, montre l’influence alarmante des médias états-uniens sur les valeurs et les comportements en Europe.

La sphère privée étouffe progressivement l’espace public.

Si nous ne réagissons pas, il faut s’attendre à voir fleurir les "Fondations", les "Académies" etc. et à voir des personnes physiques transformer le patrimoine public - fut-il immatériel - en leur propriété individuelle.

12/04/2012 17:56 par Bonjour

C’est certainement une bonne initiative l’Observatoire des Médias. A soutenir. Plusieurs personnes font d’ailleurs très bien leur travail comme on peut le lire dans l’article où plusieurs dérapages ont été relevés.

Il s’agit d’un rôle crucial pour le choix des électeurs.

Mais cela reste insuffisant face au pouvoir financier, donc d’une minorité. Les médias évoluent beaucoup, mais les institutions ne suivent pas. Il y a à ce jour un déficit démocratique important dans les médias en France ainsi que dans un grand nombre de pays du monde.

Malheureusement, aux yeux du public, l’Acrimed reste une association de râleurs, d’alternatifs.

L’Acrimed ou l’Observatoire des Medias n’ont pas de pouvoir juridique, les éventuels dérapages même évidents ne sont toujours pas sanctionnés. Ils passent donc inaperçus aux yeux du public et persistent.

Ceci est fort dommage alors que les médias sont de plus en plus dépendants des annonceurs et des marchés. On commence à sentir l’influence des pétrodollars. Une forme de corruption latente menace.

Au fond, comment s’assurer que l’information diffusée est pluraliste et objective, dans le respect des règles démocratiques ?

Une Loi sur les médias serait utile en France, à l’image de la Loi sur les médias qui existe en Argentine.

12/04/2012 18:16 par Sierra

Bah je l’aimais bien Michel Onfray, jusqu’a cette émission. En fait, il n’est plus d’accord avec JLM car il soutient des "dictateurs" comme....Chavez et Castro.
Quel con !
.

12/04/2012 22:33 par Mustapha STAMBOULI

Mélenchon, un fédérateur qui fait peur !

Cette hystérie anti-Mélenchon prouve que le club des médias parisiens est fondamentalement sous la botte du capital et de ces chiens qui aboient pour faire peur à l’électorat hésitant. Leur stratagème ne fait que renforcer la gauche. Mélenchon pose les vrais problèmes de la France à sa manière, compréhensible par le peuple et la masse laborieuse. Mélenchon envisage une vraie Révolution citoyenne ce qui dérange la nomenklatura parisienne. Par ailleurs l’amalgame extrême gauche extrême droite est fallacieux et manque de finesse. Cette « soupe » est servie et resservie depuis des décennies par les mêmes c.à .d. par les tenants de l’ordre dominant. Ces mêmes charlatans « ont pleuré » sur le faible score de Marie Georges Buffet, candidate du PC en 2007. Qu’ils arrêtent leur cirque et leur arrogance. Ces apprentis sorciers n’ont jamais anticipé la crise bancaire et financière et se permettent de donner des leçons de clairvoyance de logique et de compétence. Le peuple de France est fatigué de voir sur les plateaux de télévision proférer à l’envi leur mensonge et leur mépris à son égard. Mélenchon est attaqué parce qu’il est un homme cultivé, un orateur hors pair, proche des idées du peuple, un antifasciste redoutable et antisystème capitaliste, un fédérateur et homme de synthèse. Il est l’opposé de Sarkozy, personnage inculte, fossoyeur des idées républicaines, responsable de l’effondrement du projet européen et du désordre mondial en particulier l’implosion de Libye.

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