Le massacre de Sabra et Chatila est bien un génocide israélien (suite).

Jacques-Marie BOURGET

Depuis 44 ans une légende écrite et entretenue par les sionistes et leur amis tente de nous faire croire que le massacre de Sabra et Chatila n'a rien à voir avec Israël. Eh bien non, cette barbarie a bien été planifiée par Sharon et ces sbires.

« L’étude des massacres de Sabra et Chatila met en exergue un continuum de génocides depuis la Nakba. L’objectif commun de 1948 à 2023 est l’extermination des Palestiniens, une extermination systématique qui ne concernent pas les seuls combattants mais comprend la totalité des civils. Si l’agencement tactique d’Israël a pris des formes différentes selon les contextes, c’est la bien destruction du tissu social palestinien qui est à chaque fois visée.
La mise en regard du présent avec le contexte de Sabra et Chatila permet de remettre au cœur du processus génocidaire le laisser faire international. Il n’est en effet pas possible de penser le génocide sans se référer au contexte international qui l’accompagne. « We are destroying everything that remains in Gaza, the world isn’t stopping us », annonce très justement Smotrich (ministre des Finances d’Israël).
En 1982, les responsables Américains, ne prenant aucune sanction contre Israël, ont non seulement cautionné les massacres mais ont permis au génocide de se faire. Un laisser-faire qui va progressivement augmenter pour arriver à la forme entièrement internationalisée du génocide actuel. »
Voilà. Les mots sont lourds comme ces tas de cadavres Palestiniens qui s’entassent dans des fosses et les tombes depuis 1948. Ces phrases ont été écrites par Leila Seurat, chercheuse au Centre arabe de recherches et d’etudes politiques de Paris (CAREP), associée au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP) et à l’Observatoire des mondes arabes et musulmans (OMAM). Si l’on ajoute que sont père est mort au Liban à l’état d’otage, prisonnier d’une faction islamiste, on peut lui faire confiance. Depuis les origines l’objectif réel du sionisme, finalement avoué aujourd’hui par Netanyahou et ses séides, est de donner le choix aux Palestiniens entre l’épuration ethnique et le génocide. L’analyse de ce qui s’est passé à Sabra et Chatila en septembre 82, est instructive puisque ce massacre n’est donc qu’une phase de cette politique en continuum qui, aujourd’hui, veut exterminer Gaza. Et demain la Cisjordanie.

Bien avant cet automne 82 à Beyrouth, Ariel Sharon, le ministre de la Défense d’Israël, et les leaders phalangistes (chrétiens libanais) se sont entendus pour une élimination de « tous » les Palestiniens, et pas seulement les membres de l’Organisation de Libération de la Palestine. Pour mener à bien ces expulsions ou ces crimes, les deux partis agissent de concert. Dans ce but, l’extermination, des Phalangistes vont s’entrainer en Israël. Et Rafaël Eitan, le chef d’état major, exige que ces chrétiens, en transit en Israël, soient traités comme des « soldats de Tsahal ». Sharon radote de plus en plus : « Il faut libérer le Liban des terroristes ». Faut-il préciser qu’à ses yeux tout enfant d’aujourd’hui est un tueur de demain... C’est dans cet esprit qu’en juin 82 Israël envahi le Liban Sud pour en chasser les Palestiniens. Et occupe le pays sur une zone de 43 kilomètres au-delà de la frontière. Sous la pression israélo-américaine les combattants de l’OLP doivent quitter le Liban et sont répartis entre différents pays arabes. Une Force Internationale d’Interposition, composée de soldats américains, italiens et français, doit assurer la sécurité des civils palestiniens toujours réfugiés dans les camps.

Le 14 septembre le tout nouvellement élu président du Liban, Bachir Gemayel, est assassiné dans un attentat. Celui-ci est le prétexte attendu par Sharon et ses alliés : « il faut liquider les 3 000 terroristes toujours présents dans le pays »... L’armée israélienne remonte et occupe Beyrouth, à quelques mètres des camps palestiniens. Mystérieusement, et cette tragique énigme reste encore vivante, la Force Multinationale qui a pour mission d’assurer la sécurité des malheureux déracinés s’est envolée avec le feu vert de Mitterrand. Les chars de « Tsahal » sont sur le paillasson des palestiniens.

Le 15 septembre, coordonnées avec des officiers israéliens, les troupes phalangistes se dirigent vers Sabra et Chatila, via l’aéroport de Beyrouth. Le 16 les militaires hébreux tirent des obus éclairants afin de faciliter l’entrée dans les camps, à la fois de membres de son unité d’élite « Sarayet Matkal » et celle des tueurs phalangistes. La barbarie commence.
Les 16 et 17 la Maison Blanche est informée d’un possible massacre. Reagan qui se dit alors prêt à favoriser la création d’un état Palestinien, et entend garder des amis dans le monde Arabe, s’oppose à toute forme de violence. Il le fait savoir par l’intermédiaire de son conseiller chargé du Proche Orien, Morris Draper. :
« Nous avons toujours pensé que vous auriez dû rester dehors ».
C’est sans compter avec Sharon qui est à la limite de l’insulte :
« Que vous l’ayez pensé ne nous importe pas... Quand l’existence et la sécurité de notre pays est en jeu, tout est de notre responsabilité, on ne laissera jamais personne d’autre décider pour nous.’
Et Sharon de continuer de hurler sa rengaine :
« Qui va nous débarrasser des 3 000 terroristes toujours présents ? C’est vous ? »
(Si nous pouvons restituer aujourd’hui ce dialogue Sharon-Draper, c’est grâce au magnifique travail du chercheur Seth Anziska qui, ayant accès à des documents secrets, a copié le verbatim de cet entretien musclé.)

Finalement Reagan capitule et donne 48 heures aux israéliens pour rentrer chez eux. Entre ce moment, qui est un feu vert, et le retour vers Israël il y aura le temps pour un génocide jamais condamné, celui de Sabra et Chatila. Massacre voulu et programmé par Israël. Continuer de mettre cette barbarie sur le compte des reitres phalangistes est un légende forgée par la « Hasbara », l’atelier où les sionistes forgent leurs mensonges.

Jacques-Marie BOURGET

COMMENTAIRES  

19/09/2026 09:58 par lou lou la pétroleuse

Naza, Prix spécial du jury à la Mostra de Venise "Le film, seul documentaire en compétition à Venise cette année, dévoile à travers les témoignages de membres des renseignements israéliens les outils technologiques utilisés par l’armée israélienne pour éliminer de façon calculée et systématique des civils palestiniens dans la bande de Gaza."
https://www.lefigaro.fr/cinema/mostra-de-venise-un-documentaire-israelien-sur-les-crimes-de-guerre-a-gaza-recoit-une-ovation-de-25-minutes-20260911

Réponse de Netanyahou : une loi pour déchoir les réalisateurs du documentaire choc « Naza » de la nationalité israélienne (certains réclament leur condamnation à la peine de mort)
https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20260917-isra%C3%ABl-une-loi-pour-d%C3%A9choir-les-r%C3%A9alisateurs-du-documentaire-choc-naza-de-la-nationalit%C3%A9-isra%C3%A9lienne

Le gouvernement français va-t-il, selon sa logique désormais habituelle, interdire sa diffusion dans l’hexagone, en vertu des dernières lois votées par le parlement français contre l’antisémitisme et l’apologie du terrorisme ??? A suivre.

19/09/2026 19:49 par Rachid Zani

Et le génocide continue hélas avec autour le fallacieux discours du 07 10.

L’entité sioniste est une aberration qu’il faut éliminer, il en va de la survie de l’humanité.

19/09/2026 20:59 par act

Merci pour ce rappel et cette mise au point Monsieur Bourget.
Je corrige donc mon précédent commentaire : les phalangistes furent les exécutants d’un massacre organisé par l’armée d’occupation, d’apartheid et génocidaire.

20/09/2026 14:45 par EMERY

Pour aller dans le sens de J.M. Bourget, il est passé sur ARTE, il y a quelques années, un documentaire réalisé par des historiens israéliens très corrects et "objectifs", malheureusement tard le soir comme toujours. Dans ce film qui relate la création de l’Etat, ils citent l’anecdote suivante : juste après la création d’Israel dans les années 50s, les membres d’un important kibboutz ont voulu fêter l’anniversaire de cette création et ont invité David Ben Gourion comme invité d’honneur de leur repas. A la fin, tous ont scandé :" David, un discours" et Ben Gourion est monté sur la table pour s’adresser à eux.Comme ils étaient dans une enceinte fermée sans le moindre média (années 50) ou témoin, Ben Gourion a cru pouvoir "se lâcher" et leur a dit :" Chers amis, je suis fermement convaincu que, même si, ni vous ni moi ne le verrons de nos yeux, un jour viendra où nous jetterons le dernier des Palestiniens à la mer et créerons "Eretz Israel". Cela prendra du temps, mais je suis persuadé que nous y arriverons".
Or, quelqu’un avait l’un des premiers moyens d’enregistrement et a pu enregistrer incognito ce discours. Il l’a mis dans un tiroir, car c’était " de la bombe" et, peut-être après sa mort, il y a peu, le discours a été transmis à l’un des historiens du film, qui en parle brièvement. L’intention était bien là dès le premier jour et, quand on sait cela, tout s’éclaire de façon implacable !

20/09/2026 19:29 par lou lou la pétroleuse

A EMERY

Vous avez pu vois Naza ?

21/09/2026 09:49 par CAZA

Qui peut nier que l ’armée sioniste est responsable du massacre des civils Palestiniens ,qu’une force internationale devait ( aurait du ) protéger après le départ des Fedayins ( préméditation ? ) , civils Palestiniens enfermées dans des camps depuis la colonisation juive des la Palestine :
https://french.wafa.ps/Pages/Details/246711

On peut regarder Leïla Shahid : " Autour de Quatre heures à Chatila " de Jean Genet
https://www.youtube.com/watch?v=f0Sq3sOfskc

21/09/2026 14:15 par CAZA

Suite
Quand les sionistes mettaient le feu aux poudres .
Euh , enfin , continuaient à assassiner au Moyen Orient pour le capitalisme apatride américano judeo british friand de pétrole .
https://www.herodote.net/6_juin_1982-evenement-19820606.php

21/09/2026 18:04 par RBOBA

Les phalangistes furent les exécutants de ce massacre planifiés et encadrés par les israéliens (cessons de dire TSAHAL c’est un mot employé de façon familière et...... affectueuse sinon reconnaissante par le "peuple élu") commis sous l’égide, le contrôle et avec l’aide : fusées éclairantes, chars et puis tractopelle de l’armée de l’entité sioniste. Aujourd’hui encore, le Liban Sud est la victime de la Barbarie sioniste sans que le Nord ne se sente concerné, au contraire (j’ai des amis Libanais qui m’en parlent). Quant aux forces d’intervention de l’ONU............. on sait ce qu’elles valent. Bientôt en Palestine, il y aura les harkis d’Afrique du Nord, des soldats Marocains envoyés par Bouffi VI comme auxiliaires de l’armée-la-plus-morale-du-monde !

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