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L’impasse du légalisme : limites de la fameuse sortie de l’UE par l’article 50

Shannon- JRCF

Ces dernières années, il semble que la question européenne ait repris une place de premier plan dans le débat public. Elle fut au cœur des présidentielles de 2017, où près d’un français sur deux a opté pour un candidat (nominalement) eurosceptique.

Le viol du non au referendum de 2005, la dégradation des conditions de vie suivant la crise de 2008 et l’asservissement du peuple grec par la Troïka ont permis à nombre de nos concitoyens, en particulier aux travailleurs, de se rendre compte que les belles paroles fédéralistes et libérales sur la concurrence libre et non faussée, l’UE de la prospérité, l’Europe comme parangon de démocratie, n’étaient que des fariboles. Pour cesser cette dégradation manifeste des conditions de vie qui pousse chaque semaine nos concitoyens sur les ronds-points, pour exercer une véritable souveraineté politique, pour ôter au patronat une arme de destruction massive de nos conquis sociaux, les esprits commencent à s’accorder : il est nécessaire de sortir de l’Union Européenne. La majorité des revendications des gilets jaunes, et a fortiori la mise en œuvre de tout programme communiste, sont tout bonnement inapplicable en son sein.

Cette base ayant été établie, reste à poser la question des modalités de cette sortie, c’est-à-dire de sa mise en œuvre pratique. Trois conceptions semblent s’affronter. Certains partis politiques, dans une volonté transparente de ne pas effaroucher leur électorat petit bourgeois, proposent de rester membre de l’UE, de conserver l’euro pour monnaie et de s’appuyer sur le poids économique de notre pays pour imposer unilatéralement un programme plus « social ». Le caractère totalement bancal de cette première position, que la FI a dernièrement faite sienne, ne présente aucun doute lorsqu’on est un tant soit peu familier avec le fonctionnement de l’UE.

Outre le fait que les cas grecs et italiens lui aient donné un sérieux démenti, il est totalement illusoire que la Commission européenne, aussi acquise à la cause des peuples qu’on sait, et le Conseil de l’UE, formé par des chefs d’Etats bien heureux de se dédouaner politiquement des mesures patronales par le biais de l’Union, laisse agir le moindre gouvernement en ce sens. Il est également évident que la Cour de justice de l’UE prendrait de lourdes sanctions économiques contre le gouvernement et que la BCE modifierait le cours de l’euro pour pénaliser son action. Nous ne nous appesantirons donc pas sur cette solution démagogique, qui n’a pour but que de brosser un certain électorat petit bourgeois, et partant structurellement européiste, dans le sens du poil.

La seconde solution proposée est principalement portée par l’UPR, qui en a fait son éternel leitmotiv.

Il s’agit d’utiliser la voie prévue par les traités constitutifs de l’Union Européenne, en utilisant le désormais fameux article 50 du Traité sur l’Union Européenne (ci-après TUE). Entré en vigueur avec le traité de Lisbonne et applicable depuis 2009, ce dernier dispose en son paragraphe premier que « tout Etat membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de quitter l’Union ». La procédure légale de sortie se déroule comme suit : l’Etat notifie sa décision de quitter l’UE au Conseil européen, qui détermine les grandes orientations de l’accord de sortie et mandate, conformément à l’article 128 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne (TFUE), un négociateur en chef chargé de représenter les positions de l’UE. Les Etats membres du Conseil européen et l’Etat sortant doivent établir les modalités de la sortie et les liens futurs de l’Etat avec l’Union. Le compromis trouvé est adopté par le Conseil après approbation du Parlement européen puis validé par le parlement de l’Etat sortant. La sortie de l’Etat de l’UE est effective soit à la date de la conclusion de l’accord de sortie, soit à l’issue d’un délai de deux ans à compter de la notification au Conseil européen. Ce délai peut néanmoins être prorogé par accord entre l’Etat sortant et le Conseil européen à l’unanimité (c’est notamment le cas pour le Royaume-Uni, qui ne parvenant pas à obtenir des termes de sortie satisfaisant son parlement, a repoussé sa sortie de mars à octobre 2019).

La lecture de l’article 50 fait émerger diverses difficultés. D’abord, l’Etat sortant est exclu des délibérations qui le concernent, n’ayant pour interlocuteur que le représentant mandaté par le Conseil européen. Ce dernier, formé par les chefs des Etats membres de l’UE, tous plus libéraux les uns que les autres et travaillés par un souverainiste émergeant partout en Europe, n’ont aucun intérêt à ce que cette sortie de l’Union européenne se déroule sereinement pour l’Etat sortant. Bien au contraire, afin de décourager leurs oppositions nationales, il est dans leur intérêt de décrédibiliser au maximum leur « partenaire de négociation », de faire en sorte que ce dernier paie un lourd tribut financier pour son indépendance retrouvée (500 millions d’euro à verser au budget de l’UE pour le Royaume-Uni d’ici 2020) ; en un mot, que la sortie se passe le plus mal possible. Le Conseil, de par sa capacité à déterminer seul les termes des négociations, a toute latitude pour établir un accord au poids économique lourd, pénalisant pour l’Etat sortant. Le gouvernement de ce dernier, forcé de respecter les normes européennes durant les négociations et donc en incapacité d’appliquer tout programme qui ne serait pas en continuité avec la politique contre laquelle ses électeurs auront voté, n’a pas la main dans les négociations du fait de cette asymétrie de l’information. Il est donc logique que l’accord final soit extrêmement dur et économiquement pénalisant. Le gouvernement de l’Etat sortant, déjà fortement décrié par ses électeurs à cause de son incapacité à appliquer son programme, devra donc ratifier un accord qui le défavorise totalement. Sortir par l’article 50, c’est donc aller droit au désastre en s’inscrivant dans un rapport de force forcément défavorable conduisant inévitablement à l’endettement et au discrédit politique.

L’Union Européenne est une organisation atlantiste et capitaliste, mise en place et agissant sans l’aval des peuples qui sont censés la former. Les traités qui la fondent, comme le traité de Rome, relèvent du pur droit international et comme tels n’ont jamais été avalisés par referendum. Le dernier referendum portant sur l’institution d’une constitution européenne, le TECE, a conduit à un vote de rejet du peuple français et particulièrement de sa classe ouvrière. Ce « non » majoritaire n’impliquait pas seulement le refus d’un fédéralisme européen étayé par une constitution ; comme l’ont noté de nombreux observateurs à l’époque, il portait sur l’intégralité du projet européen en tant qu’organisation supranationale au service de la casse sociale et de l’exploitation capitaliste. Du fait de cette illégitimité manifeste du projet européen et de son caractère économiquement et socialement destructeur, le légalisme de cette sortie par l’article 50 se révèle par trop timoré. Aussi sûr qu’une dette illégitime n’a pas être payée, un accord international conduit sans l’aval des peuples qu’il concerne n’a pas à être respecté.

La seule solution politiquement satisfaisante, celle que propose le PRCF, consiste donc en une sortie unilatérale de l’UE, sans que le Conseil européen et la Commission de Bruxelles n’aient leur mot à dire, et en l’application immédiate de son programme socialiste. Peu importe les traités forgés pour emprisonner les peuples, pour les arrimer de force au cargo en furie qui vogue vers l’iceberg de la casse sociale. Si une modification des modes de propriété, si une conquête du pouvoir par la classe ouvrière et l’abolition de l’exploitation capitaliste qu’elle implique venaient à être réalisées, le manque de formalisme de la France dans sa sortie de l’Union européenne serait le cadet des soucis des instances dirigeantes auxquelles nous soumettent les traités. « On n’avancera pas d’un pas si on craint d’aller au socialisme », disait Lénine. « On ne se libère pas de la tutelle de ses maîtres en attendant qu’ils nous affranchissent », pourrait-on ajouter. Le Frexit sera progressiste et sans accord ou il ne sera pas.

 http://jrcf.over-blog.org/2019/04/l-impasse-du-legalisme-limites-de-la-fameuse-sortie-de-l-ue-par-l-article-50.html

COMMENTAIRES  

05/05/2019 17:53 par robess73

entierement d accord avec vous.c est la seule orientation possible.

05/05/2019 19:55 par dpan

Ceux qui ne veulent pas sortir de l’UE par l’article 50, avec ou sans accord et sans accord est le mieux vu l’exemple britannique, ne veulent pas véritablement de frexit, ils en parlent mais ils ne mènent pas réellement le combat pour que cela arrive, ce sont des incantations.
C’est comme le PCF qui parle de la sortie de l’OTAN, mais juste pour les jours de fête. Aucun combat réel sur cette question qui est pourtant cruciale étant donné les menaces de guerre qui pèsent et la politique ultra guerrière des US. A coté de ça ils ont été capable de faire des grandes campagnes pour la paix, ça fait bon genre et c’est porteur électoralement, mais expliquer l’OTAN non. C’est sans doute trop compliqué pour le peuple qui est ignare, pensent-ils.

05/05/2019 22:24 par alain harrison

Bonjour.

En effet la première solution de la FI-JLM est vouée à l’Échec.
La FI doit cesser de traîner les pieds sur les 4 sorties. Bien qu’une monnaie commune serait sans doute envisageable à un point nommé de l’évolution d’un changement réel social, économique et politique de plusieurs pays qui s’entendraient pour une mise à niveau économique abolissant une fois pour toute l’injustice.
Puisque, la démonstration de tout changement allant dans ce sens, au sein de l’UE (système financier rigide) en a été fait.
Pour quitter l’UE, vue la disparité (des intérêts) d’un pays à l’autre, il est impossible de trouver une voie commune qui obtiendrait un consensus des différents gouvernements (hétéroclites).
Seul les Peuples conquérants leur souveraineté*, pourraient en arriver à un consensus progressif, en alignant dans leur agenda respectif, des solutions communes parce que reconnu par chacun des peuples.
Quels seraient les mécanismes utiles à cet effet ?

Des pays ont démontré que cela est possible, de mettre en place, progressivement, une alternative. Je dis progressive, parce que c’est une voie complexe et minée, ce que l’on peut constater au Vénézuéla depuis 1999. La Grèce a été récupéré financièrement vite fait bien fait, nous en avons l’expertise. Une expertise à prendre en compte. La FI-JLM finira-t-elle par s’en apercevoir. En tout cas, les Gilets jaunes semblent en être conscient. Le mouvement demeure horizontale, malgré les récupérations partielles qui se suivent.
La Révolution se fait par les peuples conscients de leur Pouvoir. Mais les bonnes intentions...…….Histoire , Histoire.
L’Histoire, pas les idéologies……...
Aujourd’hui, nous voyons que les nouvelles générations (conscientes), aider des moyens de communications démocratisées (que tente d’endiguer les pouvoir en place, la Chine, c’est du pareil), ne s’en laissent plus compter. Le mouvement Algérien, vue sa jeunesse a la balance du pouvoir. L’occident n’a pas cet avantage.
Tout dépend de la classe moyenne, celle qui domine en nombre et en éducation, l’histoire demeurant le point déterminant.

* Il faut commencer quelque part. Et des conditions.

05/05/2019 23:48 par Assimbonanga

Déjà si nous parvenions à réhabiliter la cotisation sociale dans ce pays, ce serait une belle et grande victoire, sans enfourcher des chevaux de bataille grandiloquents !

Cette soirée, Martinez, chef syndicaliste, était livré sur le plateau de BFMTV (?) pour se faire dépecer par deux femmes et un bonhomme qui n’avaient de cesse que de le tourner en dérision. Et les vieux barbons de plateau, ou déesses éveilleuses d’espérance de droite, trouvent ça anodin que les manifestants reçoivent du canon à eau, des gaz et du bâton et que fuir la police en courant ne peut être qu’un signe de culpabilité !!!! Sur une autre chaîne (LCI), Serge July disait la vérité souhaitée par ces grands bourgeois : effacer la CGT, l’éparpiller façon puzzle, ce qui est bien la bataille qu’a livrée Castagneur le 1er mai, CQFD donc.

Martinez (qui a peut-être un pb de reflux gastro-œsophagien, à toujours se racler la gorge ) a au moins dit ce truc central, basique : la cotisation sociale est le socle de notre protection sociale, pour les maladies, la vieillesse, le chômage.

06/05/2019 07:06 par François de Marseille

Chapeau à LGS de relayer ce boycott des élections. Dommage que ce ne soit pas la position de la FI. On est presque tenté d’aller quand meme les remercier pour l’ ensemble de leur oeuvre ( c’est aussi un peu la mienne) en leur glissant un bulletin, meme si cette participation aux election est une enorme erreur. Mais je crois qu’il ne faut pas.
Cet article fait donc du bien au moral.

06/05/2019 09:47 par doucic

Merci pour le texte, même si je n’en partage ni la forme ni les conclusions.
Commencer par attaquer la France Insoumise sur son caractère petit bourgeois, ça n’est pas très diplomate. Même si ça n’est pas faux, je ne connais pas de parti de prolétaires en France. Au PRCF je ne connais qu’Annie Lacroix-Riz et Georges Gastaud, tout à fait respectables et admirables, mais tout à fait petit bourgeois également. Poser le débat sur ces bases c’est déjà mettre la roue avant dans l’ornière.

Ensuite vous énoncez des incohérences : " l’Etat sortant est exclu des délibérations qui le concernent, n’ayant pour interlocuteur que le représentant mandaté par le Conseil européen" : soit on est exclu et on n’a pas d’interlocuteur, soit on a un interlocuteur et on n’est pas exclu. En l’occurrence l’état sortant délibère et négocie non pas avec les états restant un par un, mais avec le représentant choisi par les restant, ce qui me semble légitime et raisonnable.

La volonté de "faire payer cher" la sortie au sortant est compréhensible, de même que celle de ne rien perdre de la part du sortant. Il y a donc un rapport de force qui s’établit entre 2 entités aux volontés contraires.
Je ne sais pas si les 500 millions que vous avancez comme "prime de sortie" est exact, je sais par contre que 500 millions c’est une paille pour les brittaniques qui sont contributeurs net du budget de l’UE à hauteur de plus de 5 milliards par an (estimation basse par des européistes, plus probablement au moins le double). L’état sortant s’il est contributeur net n’est donc pas totalement démuni dans ce rapport de force, bien au contraire dans le cas de la France.
J’ajoute que si notre pays décidait de sortir de l’UE, l’existence même de celle-ci toute entière serait remise en cause, car l’Allemagne serait alors le seul contributeur net au budget de l’UE et devrait financer tous les pays restants, on imagine aisément que ce n’est pas exactement là une position de force.

Il est vrai que pendant les 2 ans de la négociation l’état sortant appartient de fait toujours à l’UE et ne peut donc immédiatement mettre en oeuvre un programme non UE. Ceci dit, ayant notifié sa volonté de sortie, il peut très bien ne plus se soumettre aux nouvelles règles et décréter un moratoire sur les applications des règles de l’UE le temps des négociations.
Quand on voit chaque année les sacrifices imposés aux peuples auxquels nous consentons bon gré mal gré, je pense qu’on peut souffrir deux ans de non-sacrifice sans gain réel.
Vos évidences sur l’inanité de la voie légaliste et de l’état du rapport de force m’apparaissent à tout le moins fragiles.

Je ne suis pas par principe hostile à une dénonciation pure et simple des traités européens et à une sortie unilatérale et immédiate de l’UE, mais la voie légaliste ne me paraît pas non plus nécessairement un aller dans le mur, et étant donné qu’on peut très bien tenter la voie légaliste puis la voie unilatérale alors que l’inverse n’est logiquement pas possible, on ne perd pas grand chose à essayer d’inscrire le conflit inévitable entre intérêts et volontés divergentes dans un cadre de négociation plus ou moins formel plutôt qu’en hostilité frontale entre des gouvernements étrangers.

Enfin, votre prophétie "Le Frexit sera progressiste et sans accord ou il ne sera pas." me paraît bien dérisoire et illusoire. Si la France était capable d’élire un véritable gouvernement progressiste, la question de la sortie ne poserait même pas. S’il est si difficile de sortir de l’UE c’est bien parce qu’une bonne partie du peuple n’est pas progressiste et baigne dans la culture néo-libérale.
Je sais que le Frexit se fera, simplement parce que l’UE est intrinsèquement non viable et qu’il n’y a pas de peuple européen.
Je ne pense pas que ce Frexit sera progressiste, car la véritable gauche est minoritaire dans ce pays, seul le rassemblement des souverainistes et des démocrates de toutes obédiences peut aboutir à une majorité agissante.
Je pense que le leitmotiv de "la sortie par la gauche" comme condition est juste un aveu d’impuissance : la gauche étant incapable de prendre le pouvoir par les urnes sur des bases progressistes, vous avez l’espoir qu’en liant les 2 problématiques vous aurez la gauche en paquet bonus du Frexit, c’est un leurre tentant, mais à mon avis ça relève plus du noellisme.

Je vais donc continuer à adhérer à l’UPR (parce que je ne suis pas communiste et n’ai donc pas ma place au prcf) car in fine, le mieux que nous (anti-UE) puissions faire n’est sans doute pas de tergiverser sur l’art et la manière de sortir, mais de continuer inlassablement à convaincre nos compatriotes que l’UE nous nuit au jour le jour, dans notre quotidien, qu’elle est irréformable et qu’il faut donc en finir avec cette idée. Dénoncer son caractère anti-démocratique, dénoncer son idéologie économique et dénoncer ses effets dans nos gamelles. Quand une idée devient majoritaire, elle s’inscrit inévitablement dans le réel, mais de quelle manière, l’avenir le dira.

06/05/2019 10:22 par babelouest

La sortie "à la hussarde", unilatérale et brutale, c’est également ce que préconise le Pardem : bien entendu cela implique d’avoir prévu toute la suite dès maintenant. Ce qui est le cas, le programme du Pardem fait quelque chose comme mille pages.

Il ne faut pas s’y tromper : ce type de sortie d’un traité est prévu par les accords internationaux : il suffit par exemple de relire les articles 61 et 62 des accords de Vienne de 1969 sur les traités internationaux. Bien entendu c’est la solution que ne veut pas l’UPR, au prétexte que ce parti se pique de légalisme. Or justement, l’’article 50 du TUE fait partie d’un ensemble de deux traités (le TUE et le TFUE) dont le contenu a été refusé le 29 mai 2005 par les citoyens eux-mêmes.

La position de l’UPR, de ce fait, est incohérente. Le Peuple est nécessairement plus important que ses représentants, dès lors qu’il s’agit d’une décision aussi importante. On me rétorquera que ce n’était pas la position de l’abbé Siéyès (7 septembre 1789) (nous avons là le texte original en son entier) : il s’opposait là-dessus à ce qu’en pensait Rousseau. Notre ami Jean-Jacques se serait certainement très bien entendu avec les Gilets Jaunes.

Le Peuple DÉCIDE ! Et Vive la Commune (non, elle n’est pas morte, elle a grandi à l’échelle d’un pays).

06/05/2019 10:53 par J.J.

la cotisation sociale est le socle de notre protection sociale, pour les maladies, la vieillesse, le chômage.
C’est entre autre pour ça que la défiscalisation des heures supplémentaires est une arnaque grandiose.
De toute façon, l’Europe, comme la la macronie, on y est , qu’on y reste ou qu’on en sorte, on sera b.....

06/05/2019 13:16 par Autrement

Curieux que les communistes les plus lucides laissent passer, pour le 26 mai, l’occasion d’administrer à Macron la gifle qu’il mérite.

Tant que Macron et les siens sont au pouvoir, et quel que soit le Sarkhollande qui s’y colle à la suite (comme président de la Ve), IL N’Y AURA PAS de sortie de l’UE ni de l’OTAN, ni directe ni indirecte, et encore moins de sortie du capitalisme, qui se croit désormais tout permis, y compris le mensonge permanent.
Rien ne se fera non plus sans un soutien conscient, massif et organisé des citoyens.

Une grève générale est-elle imminente ?
Verra-t-on seulement la triste grève des urnes (manque d’infos, dégoût, résignation...) ?
Les Gilets jaunes doivent-ils prendre d’assaut l’Élysée ?
Ou doivent-ils souffrir encore ce qu’ils souffrent, pendant cinq ans, dix ans, quinze ans de plus ?
Le temps qu’advienne le grand parti des prolétaires ?

Oui, curieux que les communistes les plus lucides laissent passer, pour le 26 mai, l’occasion d’administrer à Macron la gifle qu’il mérite.
Tout ça parce que le soldat Mélenchon n’est pas Lénine !
Quelle pitié...

06/05/2019 16:17 par Chris

Une sortie progressiste peut se faire dans le cadre de l’article 50 : Une sortie de la France sans accord ou un "hard frexit" si on aime les anglicismes.
Vouloir sortir brutalement hors de l’UE sans respecter la procédure légale, c’est s’exposer pour le coup à la vindicte et la coercition des institutions et des autres pays membres de l’UE. Exactement le contraire de ce qui est affirmé dans l’article.

Pourtant, comme cela est dit clairement dans celui-ci, l’impérieuse nécessité c’est de quitter l’UE, sa monnaie l’Euro et son versant belliciste l’Otan. La manière reste secondaire même si l’article 50 est la procédure la plus réaliste possible (et le contre exemple britannique est révélateur car mis en place par des européistes). Quant au caractère progressiste ou non de cette sortie, il sera porté par la volonté du peuple qui mettra en oeuvre cet article 50.

06/05/2019 17:21 par ok rozen

"La seule solution politiquement satisfaisante, celle que propose le PRCF, consiste donc en une sortie unilatérale de l’UE, sans que le Conseil européen et la Commission de Bruxelles n’aient leur mot à dire, et en l’application immédiate de son programme socialiste. "

Continuons de vendre du rêve à la populace.. a l’ancienne..

Encore un texte "eux ils sont mauvais, nous on a tout bon". Dommage, c est pas aussi simple.
L’aspect économique, la pression des marchés financiers sur la dette, l’agonie prédite, le marasme great britain
POURTANT, pourquoi personne ne prend en compte le fait que la GB à sa propre monnaie -comme la Turquie, Russie, Chine, Venezuela... Si vous voyez ce que ça implique- sur laquelle Soros s.est déjà fait les crocs d’ailleurs, alors que la France a une monnaie COMMUNE, le chantage sera beaucoup plus compliqué à ce niveau.

On va laisser l’UE nous vendre le revenu universel, l’homme remplacé par l’IA, donc l’esclavage revenu au goût du jour
Ça c’est une bonne idée le paradis pour décérébrés.
Je continue de réfléchir en saluant la sagesse des GJ.

06/05/2019 19:50 par alain harrison

Et oui, Martinez est sur la défensive. Et être sur la défensive c’est être dans la cour de l’autre (finance et ci.). Les GIlets jaunes ont mis le macronisme sur la défensive, un temps. mais la gauche est resté sur la défensive. Allez-vous comprendre. Les Gilets jaunes construisent leur cour (leur terrain) et l’autre ne veut pas aller là, aller là c’est le début de la fin.
Le peuple algérien, n’a pas de chef, il est sur son terrain, la parole citoyenne, c’est le début, puis vient les comités "informels" toujours horizontal (aucune prise pour l’état affairiste). Il y aura un moment pour officialiser les comités, puis à partir de cela...la suite des événements.
Les outils de la souveraineté du Peuple ?
La Constituante (institutions à redéfinir)
Le nouveau pacte social (échange interculturel et auto-critique comportemental….. questionnement : qu’est-ce que le vivre ensemble.... Une tâche complexe et délicate (le questionnement ….
Le nouveau paradigme économique (chaînon faible du changement, et qu’est-ce qu’il faut changer pour sortir de ce système devenu intenable__ses dommages collatéraux sur l’ensemble__ des rénovations ici et là ????
La situation va sans doute s’aggraver, et les états faillites continuent à palabrer, à faire des compromissions……… C’est le patronat qui fait les politiques. En France c’est flagrant, sans doute pareille en Allemagne et en UE (système UE oblige). Au Canada, c’était subtile, et ça l’est de moins en moins. (la Chine et la Russie__ et bien c’est aux peuples de voir) Les peuples d’Afrique semblent se réveiller (l’Afrique du Sud remarque, qu’en fin de compte , l’apartheid est encore là __reportage).
En tout cas, le Peuple Algérien se réveille, il s’agit de voir jusqu’à quel point ?
Une chose, parler de coopératives discuter revenu de base-salariat, lu programme du CNR, de la Constituante, et explorer les solutions...….
Élaborer les avenues pour un programme politique-économique-social-écologique, pour la Constituante, le nouveau paradigme économique et, peut-être, que le nouveau pacte social soit en parallèle ou à la suite. Mais, c’est comme un triptyque, pour que l’ensemble de la problématique soit aborder, il faut comprendre que c’est un tout, le danger est de le scinder. Tout se tient et s’influence. Alors…..
Préparer, élaborer et faire la promotion (de la pédagogie).
Être sur son terrain propre

07/05/2019 09:51 par Assimbonanga

Et l’autre éventualité qui mettra tout le monde d’accord : l’effondrement de notre civilisation, d’ici peut-être dix ans, peut-être moins ?

07/05/2019 11:48 par Alexandre Maffre

Bonjour,
Cet article illustre à merveille l’incompréhension notoire de l’histoire et de la politique qui caractérise les porteurs de la "Sortie sans conditions".
Il est écrit "Sortir par l’article 50, c’est donc aller droit au désastre en s’inscrivant dans un rapport de force forcément défavorable conduisant inévitablement à l’endettement et au discrédit politique." Or que veut dire désastre ? Baisse de 10 points du PIB ? Mise au ban ? Peut-être, le Brexit nous fournira une bonne base pour raisonner là dessus.
Et en quoi une sortie unilatérale serait moins pire ? Une sortie unilatérale ferai se constituer contre nous LA TOTALITÉ des pays de l’OCDE, nous subirions une guerre comparable à celle que subit le Vénézuela. Ce n’est pas un désastre ça ?
Sortir sans conditions c’est faire un bras d’honneur à TOUS les capitalistes, comme Sarko au peuple français. C’est un Casus Belli, c’est ça votre solution, LA GUERRE ?
Nous disons qu’il faut respecter le droit, et notamment le droit international, et là que fait-on ? On le bafoue, vous trouvez ça cohérent ?
L’article 50 permet de se protéger au niveau du droite international et de garder des alliés, car la France n’est pas seule à subir. C’est la seule solution qui corresponde à notre constitution et à la culture politique française : respect du droit (base anti-impérialiste).

07/05/2019 23:20 par Georges SPORRI

@ Alexandre MAFFRE / Ce que tu dis est super intéressant mais je pense le contraire / Un FREXIT annoncé à l’avance, légal, par l’article 50, ne serait qu’un FREXIT nationaliste de droite, franchouillard, cocorico, fascisant, Asselineau-Philippot-Dupont Gnangnan = répugnant et pire que l’UE ! Ramper sous un tel gouvernement et sous le joug du patronat français le plus réactionnaire : c’est un cauchemar !

En faisant une "fixette" sur le FREXIT, le PRCF et le PARDEM se sont plantés et ont semé la confusion. La FI est allé trop loin dans l’aventurisme tactique en participant à des péroraisons sur le "Plan B", et maintenant ils se sont rendus compte de leur erreur, mais c’est très difficile de corriger le tir et impossible de faire oublier cette balourdise.

Une seule stratégie possible. 1= Prendre le pouvoir en France sur un programme de GAUCHE CLAIR ! 2= semer le souk dans l’UE de diverses manières (désobéissances, blocages de décisions, incidents diplomatiques ...etc.). 3= Faire 2 ou 3 réformes concrètes non idéologiques enthousiasmantes pour les ouvriers-employés-chômeurs-enseignants-soignants-travailleurs sociaux-ruraux. 4= Stimuler les luttes sociales et anti impérialistes partout, surtout en France, mais aussi ailleurs. 5= utiliser le fait d’être insupportables pour négocier une sortie des traités en position de force. 6= répondre aux sanctions par des augmentations du prix des autoroutes, ce qui suppose d’avoir renationalisé la SNCF mais aussi toutes les entreprises de transport routier et les autoroutes . 7= constater l’implosion puis l’explosion de l’UE !

07/05/2019 23:35 par François de Marseille

Sortir de l’ue, article 50 ou non, c’est l’inconnu. Y rester c’est le connu. Comme toujours, chacun choisi son camp, celui de la peur qui ne sait pas ce qu’il va trouver et celui du courage qui sait ce qu’il laisse. Les certitudes du genre frexit = catastrophe me font bien rire, ceux qui les proferent n’ont pas une once d’argument valable (l’argument du droit international gagnant sans conteste la palme la mauvaise fois)
Mais enfin, la quasi totalité des pays sont indépendants, pourquoi avons nous a ce point peur d’etre seul ? Vous pensez vraiment que la France n’est plus bonne à rien sans ce boulet qu’on traine. Les peureux ont absorbé malgré eux la propagande alarmiste.

08/05/2019 06:09 par Mf

Article 50 ou pas, je voterai pour la seule liste representant une alternative à l’eurofascisation en votant upr. Une augmentation du score de l’upr ne peut qu’aller dans le sens d’une défense des libertés. L’upr n’est pas parfaite mais ils sont les seuls à avoir une analyse et un programme présentant le minimum de cohérence requis, fondé sur une analyse économique et géopolitique réalistes. Enfin si par miracle l’article 50 était saisi, la sortie de l’ue serait actée, le camp des travailleurs renforce et une sortie de l’ue SANS article 50 d’autant plus facilitée que le tabou européen et le camp patronal auront reçu un coup sévère. La saisie ou pas de l’article 50 pour la sortie de l ’ue est une question secondaire par rapport à celle de la sortie de l’ ue car il faut voir les choses dans leur mouvement . Enfin dans le cas britannique on rappellera que les négociations sont menées par des politiciens comme theresa may qui avaient fait campagne contre le brexit ce qui est une partie importante du problème.

10/05/2019 11:09 par Autrement

Voter pour une liste qui n’a aucune chance de remporter un score important, et donc aucune chance d’engager massivement les citoyens dans la bataille contre l’UE, à quoi ça sert ? À affirmer "moi je pense comme ça", et c’est tout, l’avenir fera le reste ?
On n’a pas le temps d’attendre que tout le monde soit convaincu de tel ou tel mode de sortie.
Et il n’est pas vrai qu’en votant on légitime l’UE.
La réalité se présente de telle façon que le véritable enjeu de cette élection n’est pas l’UE en soi, mais la suite des événements, la simple POSSIBILITÉ de la lutte politique pour en sortir sous le régime qui nous accable déjà.
Comme le dit le vieux Langlois (fondateur de Politis, hebdomadaire qui, hélas, a bien dérivé depuis) dans un tweet expressif :

"En se mouillant à fond dans la campagne des européennes, Macron justifie pleinement le choix de Mélenchon : il faut transformer cette consultation en référendum anti-Macron".

Le voilà, notre vrai NON ressuscité !!

29/05/2019 20:35 par HUGO

Pour ceux qui reliront cet article, j’ai "décodé" pour vous qui était Shannon. Il s’agit d’une jeune et brillante trentenaire adhérente des JRCF, professeur de droit et juriste sur la question de l’UE notamment.

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