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L’action collective contre la casse du système des retraites : manifeste pour une grève générale, dure et totale.

Aujourd’hui, mardi 12 octobre, c’est jour de manif. La France se mobilise pour son avenir contre ce qu’on appelle une réforme dans la novlangue libérale, contre la casse du système des retraites. Battant le pavé, muni de banderoles et d’accoutrements d’opposant au régime, l’on se prend à rêver d’un changement, clamant des slogans révolutionnaires. Plus, le sourire qu’apporte cette union du peuple dans les revendications nous fait prendre conscience qu’il faudrait peu de choses pour ainsi dilapider ceux qui se sont faits rois et reprendre le pouvoir sur la gestion de nos vies. C’est la vie démocratique, paraît-il, que de n’avoir comme droit à la contestation de l’autorité que des manifestations dites conventionnelles, calmes, douces, cerclées de dispositifs policiers et gentiment demandées à l’administration, tout en sachant que la classe oligarchique continue de passer ses lois en force, dans le mépris total de "sa" population. Et quelle ingéniosité des temps sarkozyques, sans utiliser le 49-3…

Mais quand l’heure est au bilan de la journée de mobilisation, nombre de ces manifestants (ayant soulagé leurs bonnes consciences d’esclaves modernes sans chaînes en défilant sur le pavé et se donnant ainsi bêtement le droit de proférer que quiconque ne va pas manifester est un sarkozyste raciste) qui demandent simplement plus d’argent, non le démantèlement d’un système capitaliste profondément destructeur, s’en vont en fin de journée reprendre leurs habitudes consuméristes et se nourrir chez Mc Do, oubliant ainsi ce qu’ils ont crié toute une après-midi durant. Police et syndicats se disputent la guerre des chiffres, entre cent et dix mille manifestants, ce qui donne du grain à moudre aux médias pendant quelques jours, et voilà que tout redevient normal. Saufs l’avancement de la misère, de la précarité et le dépérissement social d’une société en désuétude, qui progressent à grands pas. Voilà pourquoi de nos jours, et depuis plusieurs années déjà , l’action collective des manifestations n’a qu’un maigre poids pour faire reculer le gouvernement : c’est que l’administration confine la contestation à la seule possibilité de manifester pendant que le peuple subit un pouvoir autoritaire pendant cinq ans, voir dix si la fine équipe est réélue, et surtout, que tous s’en accommodent, en rentrant chez soi après la manif au lieu de se réunir par centaines en assemblées générales pour voter des actions (pacifiques ?) à réaliser et faire blocage à l’économie du crime.

Oui, parler d’économie du crime ici pourrait paraître comme étant du verbiage propagandiste d’extrême-gauche décrédibilisant le débat public pour un lectorat aux consciences politiques plus modérées, mais désormais, alors que la gouvernance capitaliste néolibérale s’impose même dans les pays riches, qualifier de crime l’économie n’est pas exagérer. Car la réforme des retraites, il serait un tort de ne la considérer que comme un palliatif politique à la crise financière, et comme l’unique solution pour orienter les politiques publiques et les affaires sociales françaises. La crise est une aubaine pour les apparatchiks du pouvoir politique car elle permet de réunir tous les travailleurs sous les mêmes peurs (insécurité sur un marché du travail distendu livré à la doxa du laisser-faire), et permet de maintenir les dogmes néolibéraux et les institutions financières internationales. En clair, ce n’est pas Sarkozy et Woerth qu’il faut pointer comme premiers responsables de la "réforme" des retraites, mais plutôt l’intrusion du FMI et de ses ajustements structurels dans les politiques publiques françaises. Lorsque le présidictateur français clame que le report de l’âge de la retraite à taux plein à 67 ans est inévitable, et qu’ils n’ont pas le choix à cause du vieillissement de la population, c’est en fait qu’elle est imposée par le FMI, dont il faut citer ici quelques tirades savoureuses publiées dans un bulletin adressé à la France au mois de juillet 2010 :

 « Pour préserver la viabilité budgétaire sans compromettre la reprise, les efforts d’ajustement doivent être concentrés sur les mesures qui nuiront le moins à l’activité économique, à savoir la réforme des prestations des systèmes de retraite et de santé. »

« Pour soutenir l’emploi des travailleurs plus âgés, il convient d’améliorer les incitations à continuer de travailler, notamment par la mise en oeuvre effective d’exigences en matière de recherche d’emploi, parallèlement à la réforme du système de retraite. »

«  Pour accroître la compétitivité de l’économie française et mettre à profit l’expansion du commerce international, il faut de nouveau privilégier les mesures propres à modérer la croissance des coûts salariaux, intensifier la concurrence et promouvoir l’innovation » (1).

Privatiser la protection sociale, geler les salaires, et imposer davantage de flexibilité du travail sont les nouveaux ordres que le pouvoir politique doit satisfaire. En aparté, lorsque le FMI demande un effort d’ajustement structurel à un pays, c’est après avoir consenti un prêt. Dans quels médias français a-t-on pu lire une telle information ? Le gouvernement français, pour sauver son système bancaire, aurait-il obtenu un prêt du FMI qui serait passé sous silence ?

Bref, des solutions, il y en a et les dirigeants le savent. Mais la seule solution pour ne pas fâcher le régime des banques, c’est de privatiser à petit feu la protection sociale. Des milliards d’euros glissent depuis les années 1980 du secteur public vers le privé à cause des multiples privatisations d’entreprises publiques, qui, même si elles sont soumises à l’impôt une fois privatisées, représentent une fuite de capital, par les sommes colossales de dividendes versées après ouverture du capital, qui pourraient alimenter les services publics et la sécurité sociale. Il suffirait de créer une taxe sur les transactions financières et sur le capital des entreprises du CAC40, à hauteur de quelques dixièmes de pourcentage pour financer les caisses de la sécurité sociale, mais cela ferait gronder la minorité oligarchique qui gouverne. Le déficit de la sécurité sociale avoisinerait les 20 milliards d’euros, et s’alourdirait encore d’ici 2030 si rien n’était fait. Un déficit de 20 milliards fait peur au gouvernement alors qu’il "trouve" des milliards par centaines pour engraisser les banques, les grandes multinationales, et dépense des sommes pharamineuses dans la politique de défense, de sécurité, d’expulsions des étrangers en situation irrégulière. De plus, comment prévoir un déficit public de la sécurité sociale à l’horizon 2030, soit dans vingt ans alors que l’on ignore dans quel état sera la démographie française dans deux décennies, les cotisants de 2030 n’étant pas nés, ou n’ayant pas commencé à travailler pour la plupart ? Il y a de fortes raisons de penser que financer les caisses de sécurité sociale (vieillesse, maladie, famille) ne coûte pas cher à un État qui joue pleinement son rôle social de répartition. Au contraire, ce que les agents du microcosme politico-médiatique nomment la réforme des retraites et les reports successifs de l’âge légal à la retraite, incombant de fait la hausse des annuités (parler du report de l’âge légal à 62 ans en 2010 et 63 ans en 2020 passe mieux dans les journaux plutôt qu’écrire d’emblée qu’il faudra passer de 41 annuités à 42, puis à 43…), n’a qu’un seul objectif : passer de la retraite par répartition à la retraite par capitalisation, où tout contribuable place son pécule sur les marchés financiers en guise de préparation à la retraite. Ca enrichit les banques, cela impose d’avoir travaillé à temps plein pendant 42 ans, cela interdit le chômage, cela divise les gens entre eux par la compétition et l’inégalité des ressources, j’en passe et des biens pires. Bref, quelle belle philosophie des temps modernes… « Travaille plus vite que ton voisin, ne l’aide surtout pas s’il a faim et s’il est malade, c’est de sa faute ».

Mais cet argument politiquement incorrect de la privatisation du système de santé, dont la volonté est économique et politique, doit être tût par les journalistes pour que le parti UMPS conserve ses suffrages électoraux. Pour que les citoyens continuent à penser que l’homo-oeconomicus politique moderne qui fait la loi (instances exécutives et législatives) est un individu altruiste représentant sa population. Le pouvoir politique concrétise avec délectation en cette fin 2010 ce qu’il a mis presque un an à préparer en tentant de détourner l’oeil du peuple par sa propagande nationaliste et ses actions xénophobes (expulsions et triage des Roms, discours racistes) diversifiées : il inflige au peuple une gigantesque gifle et réduit son espérance de vie en le tuant au travail, argumentant que la hausse de l’espérance de vie ne doit pas être «  dépensée » à l’oisiveté, et il faudrait que les gens soient "compréhensifs", et qu’ils ne se révoltent pas ? C’est sûr que lorsqu’un haut fonctionnaire rédige le texte du report de l’âge à la retraite, pour lui travailler jusqu’à 85 ans n’est pas un souci, tous doivent donc en faire de même. Y compris ceux qui travaillent dehors, sous la pluie, dans la boue, dans le froid, sur les toits ou dans le bruit des machines, dans une pénibilité du travail telle, que la mort sonne au pas de la porte vers la soixantaine si ce n’est plus tôt, sans avoir eu de retraite, mais en ayant pourtant cotisé toute sa vie "active"…

Au lendemain de la validation du report de l’âge de la retraite à taux plein à 67 ans par le Sénat, Éric Woerth a assuré que ceux qui appellent à la mobilisation des jeunes "sont totalement irresponsables", et que la réforme consolide le système des retraites. Dans la novlangue cynique et libérale de nos jours, c’est un record dans la duperie et la moquerie : ceux qui appellent à la mobilisation des jeunes, c’est-à -dire les futurs travailleurs, donc, aussi fortement concernés, sont les syndicats et les associations militants contre la casse du système de santé…L’énergie dépensée à orienter les esprits et manipuler les gens pour récupérer les faits politiques et sociaux à leur cause est dépitant.

A la violence du système ne répondra que la violence désormais nécessaire du peuple pour stopper l’inacceptable. L’actuelle mobilisation sociale doit se traduire par une grève générale, dure et illimitée avec occupation des bâtiments et espaces publics et blocage complet de l’économie. Gaziers, électriciens, cheminots, enseignants, raffineries de pétrole, lycéens et étudiants ont déjà emboîté le pas. Aux salariés du privé de suivre. La logique du mouvement de contestation impliquerait que tout l’effort de production du pays cesse complètement jusqu’au recul forcé du gouvernement. Mais le rapport de force est bien trop inégal dans ce bras de fer que les syndicats fatalistes et moribonds (dont l’attitude est fourbe à chaque mouvement social, en appelant à la grève, puis en courbant l’échine, acceptant le retour au travail après la concession de broutilles gouvernementales) annoncent déjà qu’il est perdu.

Quoi qu’il en soit, les tortionnaires grabataires qui signent les lois avec l’impunité déconcertante qu’ils disent légitime par suffrages, sont peut-être finalement en train de préparer contre leur gré, quelque chose de positif : noyé entre les peurs sécuritaires à consonances fascistes électoralistes et les casses systématiques des services sociaux appliquées en vertu des versets de l’ordre néolibéral, les obscurantistes de la classe Affairiste à Matignon sont peut-être en train de radicaliser de manière profonde les idées, les consciences de plus de soixante millions d’hommes, de femmes, de travailleurs, de chômeurs, d’étudiants. Car expulser des étrangers sous couvert de sécurité, ça passe. Supprimer des fonctionnaires, ça passe. Précariser le système d’éducation nationale, ça passe. Faire des cadeaux aux riches en pleine crise économique, ça passe encore. Mais imposer aux actifs de travailler jusqu’à presque 70 ans, la pilule est dure à avaler, surtout qu’elle fait cumul avec pas mal de honte.

Mais que fait un chien enragé à qui l’on a ôté le pain de la bouche ? Il mord et transmet sa rage. La bataille des retraites, forme médiatique pour évoquer la mise à mort programmée de l’État Providence, la réinstauration d’un réel système de protection sociale, ne se fera pas en manifestant le mardi et le samedi sous les bannières d’un syndicalisme timide copinant avec le pouvoir en négociant quelques billets contre deux ou trois pauvres amendements. Elle se fera lorsque tous, toute distinctions de classes sociales confondues, seront unis et solidaires autour des mêmes réalités, du moins des mêmes aspirations : la résistance acharnée à l’oppression, l’hypocrisie politicienne et l’autoritarisme du pouvoir politique. En ce jour dit de mobilisation sociale interprofessionnelle, de nombreux français devraient penser à ce qui s’est passé au début de l’an 2000 à Cochabamba, pour en faire de même… mais il y a fort à penser que les que le pouvoir actuel sous-estime la colère qui pourrait s’éveiller du peuple si celui-ci ouvre les yeux dans les mois ou années à venir, même si nous n’y sommes pas.

Samuel MOLEAUD
http://sam-articles.over-blog.com

(1) : http://www.imf.org/external/french/pubs/ft/survey/so/2010/car073010Af.pdf

COMMENTAIRES  

14/10/2010 08:16 par CN46400

Mais quand l’heure est au bilan de la journée de mobilisation, nombre de ces manifestants (ayant soulagé leurs bonnes consciences d’esclaves modernes sans chaînes en défilant sur le pavé et se donnant ainsi bêtement le droit de proférer que quiconque ne va pas manifester est un sarkozyste raciste) qui demandent simplement plus d’argent, non le démantèlement d’un système capitaliste profondément destructeur,

Si on pense cela de ceux qui ont manifesté, que doit-on penser de ceux qui n’ont pas manifesté ?

14/10/2010 10:19 par jean-jean

"Elle se fera lorsque tous, toute distinctions de classes sociales confondues, seront unis et solidaires autour des mêmes réalités, du moins des mêmes aspirations :"
il ya déjà bannier dans les manifs, faut-il manifester avec liliane pour confondre toutes les classes sociales ?
hélas, ou tant mieux, c’est d’une bataille classe contre classe dont il s’agit.

14/10/2010 12:50 par Samuel Métairie

CN46400 : La plupart des manifestants manifestent quand ils se sentent concernés, et ce n’est pas forcément un tort. C’est juste que les gens réclament plus d’argent, pas un changement de sens de rotation de la roue...
Ils font grève contre Sarkozy sans voir le fond des choses, ni le pourquoi du comment de la "réforme".

14/10/2010 12:59 par Samuel Métairie

Jeanjean, la lutte classe contre classe est permanente, j’en conviens. Là , avec cette ""réforme"", le CRS est autant concerné que le magasinier, que l’étudiant ou chômeur, que le petit cheffaillon d’un plateau de téléconseil actionnaire sur 2 ou 3 boîtes de communication. Pour ne citer que quelques exemples. Il y a pourtant plusieurs classes sociales aux statuts sociaux différents qui défilent dans la rue, et ces gens sont unis dans le même conflit...

14/10/2010 14:54 par jean-jean

à sam métairie

ah... catégories sociales plutôt que classes sociales (quoique je ne sois pas certain que les CRS ou les gendarmes ou ou soient concernés par un départ à la retraite à 62 ou 67 ans !), ça devient plus lisible ;
Mais c’est vrai, parfois il y a des mouvements de "crosses en l’air"... ça dépend de la détermination des classes les plus exploitées et des divisions du sommet !

15/10/2010 00:42 par frenchygecko

pas un point, pas une virgule à retirer de cet article. Je trouve que tu as très bien synthétisé la situation. Plus, il y a beaucoup de discernement. Je dis cela aux manisfestants qui pourraient se sentir attaqués par un paragraphe de l’article. Oui pour qu’une révolution soit une révolution, il est nécessaire de s’autocritiquer et de se révolutionner soi-même. N’est ce pas ce que Ernesto Guevara avait compris et tenté de nous expliquer. Je n’ai pas manisfesté et j’ai le plus grand respect pour toutes les personnes qui descendent dans la rue. Mais comme tu le dis ce n’est pas les grèves du mardi et du samedi qui feront s’écrouler un système inique et criminel (ici tous nos hommes politiques et Monsieur Nicolas Sarkozy en premier) sont visés par le qualificatif de criminel. On est encore à un autre niveau que le simple (petit) voyou !
Merci encore pour ton article si juste.

Ce n’est pas l’espoir qui fait vivre mais le vivre qui fait l’espoir "Edgar Morin"

Vive la Révolution et souhaitons de ne pas en arriver à devoir prendre les armes. AUjourd’hui les terroristes ne sont pas ceux que l’on veut nous faire croire.

Ludovic Brouxel, Citoyen de la planète Terre

15/10/2010 18:08 par Marie

"Mais comme tu le dis ce n’est pas les grèves du mardi et du samedi qui feront s’écrouler un système inique et criminel"

J’aimerai bien que ceux qui donnent de si belles leçons et "analyses" expliquent comment il faut faire, en vrai je veux dire, avec les vrais gens, qui bossent ou galèrent ou les deux, ceux qui vont ou pas aux manifs.

Comment on fait la révolution papa ?

C’est quoi le grand soir papa ?

C’est quoi une perspective politique de changement de société, ça se fait tout seul ?
C’est quoi la conscience de classe ?
Comment la fait -on grandir ?
Quels outils pour organiser ?

Allez ! allez ! des propositions !

15/10/2010 20:37 par Richard Ligeti

Tout simplement tout le monde reste à la maison à bouquiner , ou arroser son jardin , ou échanger des idées , c’est tout .
On mange une omelette au pomme de terre , et on réflechie , on discute , c’est tout ...

15/10/2010 22:17 par Samuel Métairie

Oui ça se fait tout seul le changement.
Partir de l’initiative individuelle, avec une réelle conscience d’un combat politique et résistance ferme a plus de sens que de fouler le pavé 3h par après-midi 2 fois par semaines...sauf si biensur le mouvement s’amplifie, mais il a plutôt l’air de faire flop...

La révolution, c’est un mythe marxiste, proudhonnien, qui n’existe pour l’heure qu’en philosophie politique. C’est bien c’est beau et j’adhère, mais ce n’est pas possible car les gens sont bien trop occupés avec leurs addictions consuméristes que leur offre ce système.
Donc une révolution ça se fait comment papa ? Le grand soir c’est quoi papa ? C’est bien le Grand soir, mais quoi faire le lendemain ? Le changement ne doit pas venir des autres, mais de nous-même, en identifiant le "bon" ennemi de classe, et sans donner des leçons, cela paraît juste clair de passer par une action individuelle à fédérer ensuite que se joindre comme un mouton dans les formes autorisées (donc inutiles) de contestation par le pouvoir. Mais l’ennemi a déchoir est relatif à notre degré d’appartenance à une classe exploitée, ce n’est pas demain que les gens seront d’accords.

Donc ça passe par militer à notre façon dans les rues, les quartiers, les assos, sur internet, avec nos potes, notre famille pour construire une conscience collective. Donc créer des coopératives de production. Ce ne sont pas les alternatives qui manquent.

16/10/2010 03:54 par legrandsoir

La révolution, c’est un mythe marxiste, proudhonnien, qui n’existe pour l’heure qu’en philosophie politique

Vous voulez dire ici ?

Sinon, carton rose pâle...

15/10/2010 23:49 par frenchygecko

Marie voila des propositions qui sont faciles à mettre en pratique. On ne peut pas demander a tous le monde le même niveau d’engagement. Ce qui importe c’est justement la, je préfère les, action(s) collectives diverses et variées, plus ou moins engagées. Il faut commencer par agir autour de soi

la première proposition est dans mon commentaire

révolutionner sa pensée, se déconditionner de ce que l’on nous a appris, surtout comment on nous l’a appris.

aux parents qui disent que ce n ’est pas possible de ne pas emmener ces enfants chez Mc Do car tous ses petits copains(ines) y vont. C’est plus facile d’aller chez Mc Do que d’expliquer à nos enfants pourquoi il faut boycotter. Je sais quand tu rentres du boulot tu es faigué et c’est plus facile de s’affaler dans son canapé devant le cube conditionneur (la télé) que d’expliquer ca à tes momes.

se demander ce que tu vas bouffer a Noel et au jour de l’an quand plus d’un millard d’humains se demandent s’ils pourront manger demain.

acheter chez les petits commerçants survivants des grands chaines de distribution

proscrire les vacances au club med même si on te dis que ca crée de l’emploi local. proscrire les vacances à l’hotel sur la plage. Organiser ses vacances et la logistique qui va avec n’est pas si sorcier. Se lancer sans le filet d’un tour operator aussi...

arréter de reluquer sur la derniere bagnole, le tienne peut tenir au moins 10 ans

arrêter de t’acheter des fringues quand tu n’en a pas besoin

ne pas s’abonner à une compagnie de téléphonie, utiliser des recharges. Ils seront bien obligé de baisser leurs tarifs

retirer son argent des banques pendant deux jours : condition nécessaire à une action efficace que l’on soit des milliers le même jour pour agir. Dans ce cas précis c’est la masse qui fait une demonstration de sa force d’influence directe et concrète. Imagine un peu la panique chez les banquiers, cela représente des milliards de pertes.

ces exemples pourraient se demultiplier à l’infine car la vie est une constante révolution mentale a moins de vouloir devenir un mouton parmis des milliards d’autres.Ca aussi c’est rassurant de ne pas sortir de la norme, de ne pas transgresser, de ne pas désobéir.

Amamdou Kouruma nous dit sur la couverture de son dernier livre "Quand on refuse on dit non" ; Oui c’est plus facile de dire oui que non même si cela peut paraitre étonnannt.

en ce qui concerne les outils pour organiser le changement je citerai un autre auteur Amidou Khan qui dit en parlant des blancs : "ils (les blancs) sont tellement obnubilés par leurs outils qu’ils en oublient l’immensité du chantier" ; avant de penser aux outils soyons sur de nous être engagés dans notre propre révolution mentale, engagé envers nous-même. Car si tu ne peux faire ca alors comment pourrais-tu t’engager envers les autres.

Reste l’Amour.

Une pensée au 6,5 milliards d’êtres humains, de citoyens humains

16/10/2010 10:42 par Marie

Je pense que vous n’avez pas saisi pas le caractère ironique de mon précédent commentaire....

Je ne pense pas que l’addition d’individualismes (ou d’actions individualistes) peut transformer la société, ça fait très soixante-huitard ce que vous proposez !

J’ai foi dans la force de l’union et solidarité collective en action toujours dans un rapport de forces classe contre classe.

Ceci dit et pour en revenir à votre problématique évoquée sur les manifestations actuelles contre la réforme des retraites :

Les journées "saute mouton" ont généré depuis le mois de mai (1ère manif) un mouvement de fond inédit depuis 15 ans dont on ne peut prédire l’issue.

Ce mouvement contribue à une (re)prise de conscience de la nécessité, de l’efficacité, du pouvoir de l’action collective.

Ce mouvement contribue à faire grandir la conscience de classe du plus grand nombre dans la colère face à l’injustice et l’arrogance.

La conscience de plus en plus partagée qu’il y a des alternatives possibles, contrairement à ce que serine le gouvernement depuis le début,initie un processus de transformation.

Certes, ce n’est pas le grand soir :)) , mais je pense que tous les germes semés là , tous ces gens, millions de gens, qui sont devenus acteurs pour le changement, dans le refus de l’injustice de cette loi, dans la colère devant un pouvoir si ouvertement et clairement du coté de la classe des riches, de l’oligarchie, sont initiateurs d’un processus de transformation.

Reste la question du prolongement politique, de la construction d’une réelle alternative politique transformatrice qui prenne appui et racines dans ce puissant mouvement social....

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