Irak : l’impensable devient banal.



Saddam Hussein pendu, George Bush apologiste du terrorisme, par Danielle Bleitrach.








[Image rare, choquante. L’impensable devient banal, et le réel devient impensable.
http://editorial.gettyimages.com (Attention : image difficile [1].)]




Les grands médias parlent comme si Fallujah n’était peuplé que "d’insurgés"
étrangers. En réalité, des femmes et des enfants sont massacrés en notre
nom.


11 novembre 2004, The New Statesman.


L’essai d’Edward S Herman, "The Banality of Evil" (la banalité du mal)
www.informationclearinghouse.info/article7278.htm, n’a jamais été
plus à propos. "La "banalisation" permet de faire de terribles choses d’une
manière organisée et systématique" écrivit Herman. "Il y a habituellement
une division du travail dans l’exécution et la rationalisation de
l’impensable, les brutalités et les assassinats directs sont effectués par
un groupe de personnes... tandis que d’autres améliorent la technologie (un
gaz crématoire plus efficace, un napalm qui brûle plus longtemps et adhère
mieux, des fragments de bombes qui pénètrent la chaire selon des chemins
complexes et difficiles à suivre). Le travail des experts, et des grands
médias, est de banaliser l’impensable pour le grand public".

Le 6 novembre, à l’émission "Radio 4 Today", un journaliste de la BBC à 
Bagdad a qualifié l’attaque imminente contre Fallujah de "dangereuse" et
"très dangereuse" pour les Américains. Lorsqu’on lui posa des questions sur
les civiles, il répondit, d’une voix rassurante, que les marines étaient "en
train circuler avec des hauts parleurs" en enjoignant les gens de partir. Il
oublia de préciser que des dizaines de milliers de personnes seraient encore
présents dans la ville. Il mentionna au passage "le bombardement très
intense" de la ville sans considération de ce que cela pouvait signifier
pour tous ceux sous les bombes.

Quant aux défenseurs, ces Irakiens qui résistent dans une ville qui avait
héroïquement défié Saddam Hussein ; ils n’étaient que "des insurgés
retranchés dans la ville", comme s’ils étaient un corps étranger, une forme
de vie inférieure sur laquelle on s’apprêtait à "tirer la chasse" (The
Guardian) : un travail pour les "dé-ratiseurs", autre terme que le
journaliste de la BBC nous a appris et qui était employé par les soldats.
Selon un officier supérieur Britannique, les Américains considèrent les
Irakiens comme des Untermenschen, un terme employé par Hitler dans Mein
Kampf pour décrire les Juifs, les Gitans, les Slaves comme des sous-hommes.
C’est ainsi que l’armée Nazi lançait les sièges contre les villes Russes, en
massacrant sans distinction les combattants et les civils.

Pour banaliser les crimes coloniaux, comme l’attaque contre Fallujah, un tel
racisme est indispensable pour assimiler "l’autre" dans notre imaginaire.
L’idée principale dans les médias est que les "insurgés" sont dirigés par de
sinistres étrangers qui décapitent les gens : par exemple, par Musab
al-Zarqawi, un Jordanien que l’on dit être "l’agent principal" d’Al Qaeda en
Irak. C’est ce que racontent les Américains, et c’est aussi le dernier
mensonge de Blair devant le parlement. Comptez le nombre de fois où on vous
le répète devant une caméra. Aucune ironie ne s’exprime devant le fait que
les étrangers de loin les plus nombreux en Irak sont les Américains
eux-mêmes et, selon toutes les sources, ils y sont détestés. Ces indications
proviennent d’instituts de sondage apparemment crédibles, dont un institut
qui estime que sur les 2.700 attaques lancées chaque mois par la résistance,
six peuvent être attribuées au fameux al-Zarqawi.

Dans une lettre envoyée le 14 octobre à Kofi Annan http://www.iacenter.org/fallujah.htm, le conseil de la Shura de Fallujah, qui
administre la ville, dit : "A Fallujah, [les américains] ont créé une nouvelle cible vague : AL-ZARKAOUIAL-ZARKAOUI. C’est un nouveau prétexte pour justifier leurs crimes, le meurtre et le bombardement quotidien de civils. Presque une année s’est écoulée depuis qu’ils ont créé ce prétexte, et, à chaque fois qu’ils détruisent des maisons, des mosquées, des restaurants, et qu’ils tuent des enfants et des femmes, ils déclarent : "Nous avons lancé une opération décisive contre Al-Zarkaoui"... Le peuple de Fallujah vous assure que cette personne, si jamais elle existe, n’est pas à Fallujah et n’est probablement nulle part en Irak.... Nous n’avons de liens avec aucun groupe commettant des actes aussi inhumains... Nous faisons appel à vous pour presser les instances des Nations-Unies en Irak à prendre un rôle actif en protégeant les civils et en empêchant le nouveau massacre planifié pour bientôt, par les Américains et le gouvernement fantoche, à Fallujah comme dans de nombreuses par
ties de notre pays." [note de CSP : lire l’intégralité de cette lettre en français ci-dessous ]

Pas un mot de tout cela dans les grands médias Britanniques ou Américains.

"Que faut-il pour les faire sortir de leur silence assourdissant ?" demanda
l’écrivain Ronan Bennet au mois d’avril, après que les marines, dans un acte
de vengeance collective après la mort de quatre mercenaires Américains,
tuèrent plus de 600 personnes à Fallujah, un chiffre qui n’a jamais été nié.
A l’époque, comme aujourd’hui, ils eurent recours à la puissance de feu
redoutable des AC-130, des F-16 et des bombes de 500 livres contres des
bidonvilles. Ils brûlent les enfants, leurs snipers se vantent de tuer
n’importe qui, comme les snipers le faisaient à Sarajevo.

[ Note de CSP : voir vidéo "Meurtre en direct" par un journaliste Australien
www.informationclearinghouse.info/video1043.htm
et "Pas de prisonniers", autre vidéo de meurtre en direct sous les hourras des marines www.informationclearinghouse.info/article5365.htm
—> à mettre entre toutes les mains pro-américaines.]


Bennett faisait allusion à la cohorte d’élus silencieux du Labor, à 
quelques exceptions notables, et aux ministres lobotomisés (vous
souvenez-vous de Chris Mullin ?). Il aurait pu ajouter tous ces journalistes
qui font tous ce qu’ils peuvent pour protéger "notre" camp, qui banalisent
l’impensable sans même une allusion à l’évidente immoralité et criminalité.
Bien sûr, être choqués par ce que "nous" faisons est dangereux, parce que
cela pourrait nous amener à comprendre pourquoi "nous" sommes là -bas pour
commencer, et la douleur que "nous" apportons, non seulement à l’Irak, mais
à de nombreux autres peuples du globe : comparé à notre propre terrorisme,
celui d’Al Qaeda est ridicule.

Il n’y a rien de clandestin dans cette manipulation : elle se déroule en
plein jour. L’exemple récent le plus frappant se déroula après l’annonce, le
29 octobre, par un journal scientifique prestigieux, The Lancet, d’une étude
qui estimait à 100.000 le nombre d’Irakiens qui sont morts à la suite de
l’invasion Anglo-américaine. 84 % sont morts par des actions Américaines et
Britanniques, et 95 % d’entre eux furent tués par des attaques aériennes ou
des tirs d’artillerie, la plupart des femmes et des enfants.

Les rédacteurs de l’excellent MediaLens observèrent le mouvement - non, la
ruée - pour taire cette information choquante sous le "scepticisme" et le
silence. Ils racontent que le 2 Novembre, le rapport de The Lancet avait
été ignoré par les journaux The Observer, the Telegraph, the Sunday
Telegraph, the Financial Times, the Star, the Sun et beaucoup d’autres. La
BBC diffusa l’information assortie de "doutes" officielles et Channel 4
produisit une version tronquée basée sur un communiqué des services du
Premier Ministre. A une seule exception, aucun des scientifiques à l’origine de
l’étude rigoureuse ne fut interviewé sur son travail jusqu’à ce que, dix
jours plus tard, The Observer, favorable à la guerre, publia une interview
du rédacteur en chef de The Lancet, tellement biaisé qu’il semblait
"répondre aux critiques". David Edwards, le rédacteur en chef de MediaLens,
demanda aux chercheurs de répondre aux critiques des médias ; leur
démonstration méticuleuse peut être consultée sur Internet
www.medialens.org/alerts .
Rien de tout cela ne fut publié dans les grands médias. Ainsi, l’impensable
massacre dont "nous" sommes responsables a été occulté - banalisé. Cela fait
penser à l’occultation de la mort de plus d’un million d’Irakiens, dont
500.000 enfants de moins de cinq ans, des suites de l’embargo dirigé par les
Anglo-américains.

Par contraste, il n’y a aucune mise en cause de la méthodologie employée
par la Tribune Spéciale Irakienne qui annonça la découverte de fosses
communes contenant 300.000 victimes de Saddam Hussein. La Tribune Spéciale,
un pur produit du régime à Bagdad, est dirigé par des Américains ; les
scientifiques respectables ne veulent pas en entendre parler. Il n’y a pas
de questions sur ce que la BBC a qualifié de "premières élections
démocratiques en Irak". Il n’y a aucune information sur comment les
Américains ont assuré le contrôle du processus électoral avec deux décrets
publiés en Juin qui autorisent "une commission électorale" à éliminer de
fait les partis politiques qui ne plaisent pas à Washington. Le magazine
Time indique que la CIA achète ses candidats préférés, ce qui est la manière
habituelle de l’agence pour arranger les élections dans le monde. Lorsque
les élections auront lieu, si elles ont lieu, ils nous abreuveront de
clichés sur la noblesse du vote, tandis que des marionnettes américains
seront choisis "démocratiquement".

Le modèle de tout ceci est la "couverture médiatique" des élections
présidentielles américaines, un rouleau compresseur de platitudes à 
banaliser l’impensable : ce qui s’est passé le 2 novembre n’était pas la
démocratie en action. A une exception prés, personne dans le troupeau de
larbins envoyés de Londres n’ont décrit le cirque entre Bush et Kerry comme
un jeu concernant moins de 1 % de la population, les ultra-riches et
puissants qui contrôlent et gèrent une guerre économique permanente. Il
était impensable de dire que les perdants n’étaient pas seulement les
Démocrates, mais aussi la vaste majorité des Américains, et ce quel que soit
leur vote.

Personne n’a dit que John Kerry, en opposant la "guerre contre le
terrorisme" à l’attaque désastreuse de Bush contre l’Irak, ne faisait
qu’exploiter l’état de l’opinion publique sur l’invasion pour gagner un
soutien à une domination Américaine à travers le monde. "Je ne parle pas de
quitter l’Irak" a dit Kerry. "Je parle de gagner !". Ainsi, Kerry et Bush
ont déplacé le débat encore plus vers la droite, pour convaincre des
millions de Démocrates anti-guerre que les Etats-Unis avaient "la
responsabilité de terminer le travail" pour éviter le "chaos". L’enjeu de
l’élection présidentielle n’était ni Bush, ni Kerry, mais une économie de
guerre visant à une conquête à l’extérieur et à instaurer la division à 
l’intérieur. Le silence sur cette question était compréhensible, à la fois
aux Etats-Unis et ici.

Bush gagna en faisant appel, avec plus de doigté que Kerry, à la peur d’une
menace imprécise. Comment réussit-il à banaliser cette paranoïa ? Examinons
le passé récent. Selon les codes de la guerre froide, l’élite américaine -
Républicaine et Démocrate - éprouvait de grosses difficultés pour convaincre
l’opinion publique que les milliards de dollars dépensés dans la guerre
économique ne pouvaient être consacrés à une "dividende de la paix". Une
majorité d’américains refusaient de croire à une menace aussi sérieuse que
la menace rouge. Ce qui n’a pas empêché Bill Clinton de présenter au Congrès
le plus gros budget de "défense" de l’histoire en soutien à la stratégie du
Pentagone appelée "domination tous azimuts". Le 11 septembre 2001, la menace
reçut un nom : l’Islam.

Récemment, dans un aéroport à Philadelphie, j’ai aperçu le rapport Kean sur
le 11 Septembre de la Commission sur les attentats, en vente dans les
rayons. "Combien en vendez-vous ?" j’ai demandé. "Un ou deux" fut la
réponse. "Il sera bientôt retiré de la vente". Et pourtant, ce modeste livre
bleu est une mine de révélations. Comme le rapport Butler en Grande-
Bretagne, qui détaille tous les éléments à charge contre Blair pour avoir
édulcoré les rapports des services de renseignement avant l’invasion de
l’Irak, puis tira les conclusions en déclarant que personne n’était
responsable, le rapport Kean démontre avec une clarté aveuglante ce qui
s’est réellement passé, puis évite de tirer les conclusions qui sont
pourtant évidentes. Il s’agit là d’un grand acte de banalisation de
l’impensable. Ce qui n’est pas surprenant, puisque les conclusions sont
explosives.

La majeure partie des éléments présentés à la Commission sur le 11/9 sont
venus du Général Ralph Eberhart, commandant de la NORAD (Défense Aérienne
Nord-Américaine). "Les avions de combat auraient pu intercepter les avions
piratés qui se dirigeaient vers le World Trade Center et le Pentagone,"
dit-il, "si les contrôleurs aériens avaient demandé de l’aide 13 minutes
plus tôt... Nous aurions pu abattre les trois... les quatre avions."

Et pourquoi ne l’ont-ils pas fait ?

Le rapport Kean stipule clairement que "la défense aérienne des Etats-Unis
le 11 septembre n’a pas été conduite selon les simulations et protocoles
existants... Si le piratage était confirmé, les procédures précisent que le
coordinateur des piratages de service doit contacter le Centre de Commande
Militaire Nationale du Pentagone (NMCC)... Le NMCC demande alors
l’approbation du bureau du Secrétaire à la Défense pour fournir une
assistance militaire..."


Etrangement, cela n’a pas été le cas. L’administrateur adjoint de l’Autorité
de l’Aviation Fédérale déclara à la commission qu’il n’y avait aucune raison
pour que la procédure n’ait pas été déclenchée ce matin-là . "Selon mes 30
années d’expérience..." a dit Monte Belger, "le NMCC était connecté au
réseau et écoutait tout en temps réel... Je peux vous dire que j’ai connu
des dizaines de piratages... et ils étaient toujours en train d’écouter avec
tous les autres."

Mais cette fois-ci, ils n’étaient pas en train d’écouter. Le rapport Kean
dit que le NMCC n’avait pas été informé. Pourquoi ? Encore une fois,
étrangement, tous les moyens de communication vers le haut commandement
militaire échouèrent, affirma-t-on devant la commission. Donald Rumsfeld,
secrétaire à la Défense, était introuvable ; et lorsqu’il parla avec Bush
une heure et demie plus tard, il s’agissait, selon le rapport Kean, "d’un
appel bref au cours duquel l’autorisation d’abattre les avions n’a pas été
abordé". Le résultat fut que les commandants de NORAD étaient "abandonnés
dans le noir et sans isntructions".

Le rapport révèle que la seule partie du système de commande supposé
infaillible qui fonctionna ce jour-là fût à la Maison Blanche où le
Vice-président Cheney étaient aux commandes, et en contact étroit avec le
NMCC. Pourquoi n’a-t-il rien fait pour les deux premiers avions piratés ?
Pourquoi le NMCC, un lien vital, était-il silencieux pour la première fois
de son existence ? Kean refuse avec ostentation d’aborder cette question.
Bien sûr, cela pourrait être le résultat d’une concours extraordinaire de
circonstances. Ou peut-être pas.

En juillet 2001, un rapport confidentiel préparé à l’attention de Bush
indiquait : "Nous [la CIA et le FBI] croyons que OBL [Oussama Ben Laden] va
lancer des attaques terroristes d’envergure contre les intérêts US et/ou
Israeliens dans les semaines à venir. L’attaque sera spectaculaire et prévu
pour provoquer d’énormes dégâts contre des sites ou intérêts US. Les
préparatifs sont terminés. L’attaque sera déclenchée avec peu ou sans
préavis."

L’après-midi du 11 septembre, Donald Rumsfeld, qui n’avait pas agi contre
ceux qui venaient d’attaquer les Etats-Unis, demanda à ses collaborateurs de
préparer un plan pour attaquer l’Irak - sans aucune preuve. 18 mois plus
tard, l’invasion de l’Irak, non provoquée et basée sur des mensonges
désormais établis, fut déclenchée. Cet crime épique est le plus grand
scandale politique de notre époque, le dernier chapitre d’une longue
histoire du 20eme siècle de conquêtes par l’occident des terres et des
ressources d’autrui. Si nous devions le laisser se banaliser, si nous
refusons de mettre en cause et d’examiner les objectifs cachés et les
structures secrets du pouvoir, qui n’ont de comptes à rendre à personne,
cachés au sein des gouvernements "démocratiques", et si nous laissons le
peuple de Fallujah se faire écraser en notre nom, alors nous nous laissons
confisquer à la fois notre démocratie et notre humanité.

John Pilger is currently a visiting professor at Cornell University, New
York. His latest book, Tell Me No Lies : investigative journalism and its
triumphs, is published by Jonathan Cape

This article first appeared in the New Statesman www.newstatesman.com


- Traduction "et le réel devient impensable" par CSP - Cuba Solidarity Project




Lettre ouverte des habitants de Fallujah à Kofi Annan


Son Excellence M. Kofi Annan
Secrétaire Général des Nations-Unies
New York


Falludjah, le 14 octobre 2004.


Votre Excellence,

Il est très clair que les forces américaines commettent chaque jour en Irak des crimes de génocide. A l’heure où nous vous écrivons, les forces américaines commettent ces crimes dans la ville de Fallujah. Les avions de guerre américains lâchent leurs plus puissantes bombes sur les civils, tuant et blessant des centaines d’innocents dans la ville. Au même moment, leurs tanks attaquent la ville à l’artillerie lourde. Comme vous le savez, il n’y a pas de présence militaire dans la ville. Ces dernières semaines, la résistance de Fallujah n’avait pas mené d’actions, car les négociations entre les représentants de la ville et le Gouvernement se poursuivaient. Dans ce contexte, où les habitants de Fallujah se préparaient pour le jeûne de Ramadan, le nouveau bombardement américain a commencé. En ce moment, beaucoup sont coincés sous les décombres de leurs maisons démolies, et, les attaques continuant, personne ne peut leur venir en aide.

Dans la seule nuit du 13 octobre, le bombardement américain a fait s’effondrer 50 maisons sur leurs résidents. Est-ce un crime génocidaire ou une leçon de démocratie américaine ? Il est clair que les Américains commettent des actes de terreur contre le peuple de Fallujah pour une seule raison : son refus d’accepter l’occupation.

Votre Excellence et le monde entier savent que les Américains et leurs alliés ont dévasté notre pays sous le prétexte de la menace des Armes de Destruction Massive. A présent, après toute cette destruction et le meurtre de milliers de civils, ils ont admis qu’aucune arme n’a été trouvée. Mais ils n’ont rien dit à propos de tous les crimes qu’ils ont commis. Tout le monde garde à présent le silence, sans même rendre, par des mots de condamnation, leur dignité aux civils irakiens tués. Les Américains auront-ils à payer des compensations, comme l’Irak avait été forcée de le faire après la Guerre du Golfe ?

Nous savons que nous vivons dans un monde à double mesure. A Fallujah, ils ont créé une nouvelle cible vague : AL-ZARKAOUI. C’est un nouveau prétexte pour justifier leurs crimes, le meurtre et le bombardement quotidien de civils. Presque une année s’est écoulée depuis qu’ils ont créé ce prétexte, et, à chaque fois qu’ils détruisent des maisons, des mosquées, des restaurants, et qu’ils tuent des enfants et des femmes, ils déclarent : "Nous avons lancé une opération décisive contre Al-Zarkaoui". Ils ne diront jamais qu’ils l’ont tué parce qu’une telle personne n’existe pas. Et cela veut dire que le meurtre de civils et le génocide quotidien vont se poursuivre.

Le peuple de Fallujah vous assure que cette personne, si jamais elle existe, n’est pas à Fallujah et n’est probablement nulle part en Irak. Le peuple de Fallujah a déclaré à maintes reprises que quiconque voit Al-Zarkaoui doit le tuer. A présent, tout le monde réalise que cet homme n’est qu’un héros hypothétique créé par les Américains. Au même moment, le représentant de Fallujah, notre chef tribal, a dénoncé à plusieurs occasions le kidnapping et le meurtre de civils. Nous n’avons de liens avec aucun groupe commettant des actes aussi inhumains.

Excellence, nous faisons appel à vous et à tous les dirigeants du monde afin que vous exerciez la plus grande pression auprès de l’administration américaine pour qu’elle cesse ses crimes à Fallujah, et qu’elle retire son armée loin de la ville. Celle-ci était très calme et paisible lorsque sa population la gérait. Nous n’étions témoins d’aucun désordre dans la ville. L’administration civile s’en sortait bien étant données ses ressources limitées. Simplement, nous n’étions pas prêts à accueillir les forces d’Occupation. C’est notre droit selon la Charte des Nations-Unies, le droit international, et les normes de l’Humanité. Si les Américains pensent l’inverse, ils auraient dû se retirer des Nations-Unies et de leurs instances avant d’agir de manière contraire à la Charte qu’ils ont signé.

Il est urgent que votre Excellence de même que les dirigeants du monde interviennent de manière rapide afin d’empêcher un nouveau massacre.

Nous avons tenté de joindre vos représentants en Irak, afin de leur demander d’être plus actifs à cet égard, mais, comme vous le savez, ils vivent dans la Zone Verte où nous ne pouvons les contacter. Nous voulons que les Nations-Unies s’impliquent dans la situation de Fallujah de façon à éviter un nouveau massacre.

Nous avons tenté de vous joindre par différents biais, notamment en demandant à nos amis d’amener cette lettre jusqu’à votre bureau de New York ou de Genève avec l’espoir qu’elle vous atteindra. Nous faisons appel à vous pour presser les instances des Nations-Unies en Irak à prendre un rôle actif en protégeant les civils et en empêchant le nouveau massacre planifié pour bientôt, par les Américains et le gouvernement fantoche, à Fallujah comme dans de nombreuses parties de notre pays.

Bien cordialement,

Kassim Abdullsattar al-Jumaily,Président du Centre d’études sur les Droits de l’Homme et la Démocratie

Au nom du peuple de Fallujah et pour :

Le Conseil de la Shura de Fallujah
L’Association du Barreau de Fallujah
L’Union des Enseignants
Le Conseil des Chefs Tribaux
La Maison des Fatwa et de l’Education Religieuse


- Transmis par : Cuba Solidarity Project
"Lorsque les Etats-Unis sont venus chercher Cuba, nous n’avons rien dit, nous n’étions pas Cubains."




Falluja, les preuves du massacre au phosphore.


C’est le jour de l’Aïd... que Saddam Hussein a été pendu, par Danielle Bleitrach.

La peine de mort contre Saddam Hussein, pierre angulaire de la haine, Danilo Zolo. + Jean Bricmont.




[1Traduction légende AFP : FALLOUJAH, IRAK : Des marines états-uniens de la compagnie Lima 3/5 examinent deux corps, présumés être ceux de combattants, au cours d’une fouille du quartier Jolan de la ville rebelle de Falloujah, le 12 novembre 2004 à l’ouest de Bagdad. Les marines etats-uniens ont fait irruption dans toutes les maisons de Falloujah, y faisant toutes sortes de découvertes : des cadavres et des armes et jusqu’à des otages, tandis qu’ils s’efforçaient de sécuriser l’enclave rebelle dont ils se sont rendus presque totalement maîtres.


COMMENTAIRES  

14/11/2004 21:38 par Anonyme

« Arrêtez le massacre »

Appel pour Falluja de Mohamed Alla

Par GIULIANA SGRENA [1] - ROME

Le massacre de Falluja continue (12 novembre 04). Entretien avec Mohamed
Alla, du Centre d’études pour les droits et la démocratie de Falluja, à 
Rome pour participer à la rencontre « Construire des ponts de paix ».

Q-Quelles sont les dernières nouvelles ?

Les bombardements continuent. Au début de l’attaque, en 24 heures seulement,
25 cluster- bombs [2] ont été larguées sur la ville. Ils utilisent des armes
interdites.

Q-La résistance a fait une proposition de négociation au gouvernement
irakien.

Les différentes composantes de la résistance ont déclaré leur disponibilité
à traiter pour trouver une solution pacifique. Les gens de Falluja veulent
la paix pour sauvegarder leur vie, mais celle aussi des soldats irakiens qui
se trouvent là et celle des américains manipulés et contraints à de telles
actions.

Q-En outre il semble impossible d’arrêter l’avancée de troupes qui ont des
armes sophistiquées et la résistance paraît vouloir éviter un bain de sang.

Nous, nous ne mesurons pas le degré de résistance sur la base de la qualité
ou de la quantité technique et militaire, mais sur la base de la foi en dieu
tout-puissant. Comment un homme qui a un Rpg dans le dos peut-il affronter
la technologie militaire ? La résistance peut être militaire ou morale. La
résistance n’est pas faible, elle a différentes options et elle ne les a pas
encore toutes utilisées. Les bombardements ne sont pas ciblés parce que ce
que le gouvernement irakien veut frapper c’est le symbole de la résistance.
Mais quelque soit l’issue de la bataille, il y aura d’autres Falluja, on
parle déjà de Mossoul, Baquba, Ramadi. Notre souhait est que le gouvernement
irakien change d’attitude et qu’il respecte son devoir institutionnel :
sauver la vie des irakiens. Une partie du gouvernement n’est pas pour la
solution militaire.

Q-Mais n’arrive pas à s’imposer.

Il y a un « complot » contre Falluja parce qu’un accord avait été obtenu par
la délégation (Mohammed Alla a fait partie de la délégation des
représentants de Falluja qui a négocié avec le gouvernement, NDR) chez le ministre de la défense irakien, tous les points avaient été établis : retour à la suprématie du droit avec le rétablissement de la Garde nationale ; les troupes Usa n’entraient pas à Falluja ; retour des évacués avec des incitations économiques et un dédommagement pour les destructions d’avril dernier. Les représentants de Falluja s’engageaient à rétablir un climat de confiance envers le gouvernement et, après une période à déterminer, la remise des armes et l’éloignement de la ville des combattants étrangers.

Q-Mais après, tout a sauté.

Quand Rumsfeld est arrivé et a posé la condition impossible : la remise de
Zarqawi. D’abord les américains ont fait la guerre parce qu’ils disaient que
Saddam avait des armes de destruction de masse, qui n’y étaient pas ; ensuite ils ont demandé Zarqawi, maintenant qu’ils sont entrés dans Falluja ils disent que Zarqawi s’est enfui, mais par où s’est-il échappé puisque nous étions assiégés ?

Q-Même l’appel de Kofi Annan a été ignoré, même l’ONU n’arrive pas à avoir un rôle.

Quand nous avons rencontré le représentant de l’ONU nous avions aussi
demandé, en plus d’un appel pour arrêter les massacres, un rôle actif de l’
ONU comme médiation entre le gouvernement et les représentants de Falluja. Kofi Annan n’a répondu qu’à la première requête ».

* * * *

De la rencontre de Rome, Mohamed Alla lance un appel : « élevez vos voix
pour arrêter le versement du sang. Vous devez demander le retrait des
troupes italiennes parce qu’elles donnent une image négative de l’Italie.
Nous, nous vous voulons comme amis et pas comme occupants. Nous regrettons pour les 19 italiens tués à Nassyria, vous avez payé pour les erreurs Us. »

Edition de vendredi 12 novembre 2004 de il manifesto

www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/12-Novembre-2004/art43.html

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

[1] Giuliana Sgrena est envoyée spéciale de il manifesto en Irak. Elle a
publié en août 2004 chez Manifestolibri : « Il fronte Iraq, diario di una
guerra permanente » ( Le front Irak, journal d’une guerre permanente), 181
pages, 12,50 euros, redazione@manifestolibri.it.

[2] Cluster-bomb ou devastator :la bombe explose à une altitude programmée
et lâche 20 bombes plus petites en les semant de 100 à 300 mètres d’
altitude. http://gioco.net/starshiptroopers/flotta/manuale/bombe.html

*** *** ***

Des témoignages sur le site de la BBC :

http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/middle_east/4008887.stm

Je pense que ce serait utile de traduire et propager ces témoignages, car
pour le moment, les "infos" sur Fallujah, c’est juste la lecture sans aucun
recul des communiqués de l’armée US. Les ’mille morts’ de Fallujah sont
baptisés sans broncher "insurgés", aucune mise en doute de l’existence à 
Falloujah, ou de l’existence même du dernier Rastapopulos en date, Zarkaoui.
On reprend en arrivant à garder son sérieux, l’"info" que les soldats US ont
su reconnaître les pièces où ont été filmées les décapitations. L’armée US
a dit, donc c’est tout à fait vrai. On aura peut-être droit, plus tard, à de
longs mea culpa sur cette info indigente et complice en temps de massacre,
qui ne serviront qu’à mieux nous faire avaler la prochaine rasade de
désinformation.

Ci dessous donc un témoignage traduit rapidement, sur la mort de quelques
insurgés, dont un foetus et un enfant de 4 ans.

Roland

www.sundayherald.com/46056

Inside Fallujah : one family’s diary of terror
(A l’intérieur de Fallujah : Le journal de terreur d’une famille)

By Dahr Jamail in Baghdad
14 novembre 2004

Elle sanglote en racontant l’histoire. La tunique qu’elle porte ne peut
cacher les tremblements de son corps, alors que des vagues de chagrin la
traversent. « Je ne peut retirer de ma tête l’image de son foetus soufflé
hors de son corps. »

La soeur de Muna Salim, Artica, était enceinte de sept mois lorsque deux
bombes lancées par des avions US ont frappé leur maison à Fallujah, le 1er
novembre. « Ma soeur Selma et moi sommes les seules survivantes, parce que
nous étions resté dans la maison d’un voisin cette nuit-là  », continue Muna,
incapable d’accepter sa survie alors que huit membre de sa famille ont péri
durant les bombardements qui ont été mené sur Fallujah pendant des semaines,
en préparation à l’assaut.

Un de ses frère qui a également été tué lors de cette attaque, laisse
derrière lui une femme et 5 enfants en bas âge.

« Il n’y avait aucun combattant dans notre zone, alors je ne sais pas
pourquoi ils ont bombardé notre maison. » dit-elle. « Lorsque cela a
commencé, il y a eu plein d’attaques, venant des avions et des tanks, alors
nous avons fui par l’est de Fallujah et nous sommes arrivé à Bagdad. »

Selma, la soeur de Muna, âgée de 41 ans, raconte des scènes d’horreur dans
la ville qui était devenue le centre de la résistance en Irak depuis
plusieurs mois. Elle décrit les maisons rasées par les innombrables frappes
aériennes US t la puanteur des corps en décomposition répandue dans toute la
cité.

« Les maisons bombardées s’étaient écroulées et avaient recouvert les corps,
et personne ne pouvait aller les chercher car les gens avaient trop peur de
conduire un bulldozer », explique-t-elle, lançant ses mains en l’air de
désespoir.

« Même sortir de sa maison est maintenant impossible à Fallujah, à cause des
snippers. »

Les deux soeurs décrivent une existence cauchemardesque à l’intérieur de la
ville, où des combattants contrôlaient plusieurs zones, la nourriture et les
médicaments manquaient, et les énormes secousses des bombes US étaient
devenue une réalité quotidienne.

L’eau également manquait souvent, et l’électricité était rare. Comme
beaucoup d’autres familles terrées à l’intérieur de Fallujah, elles
faisaient marcher un petit générateur quand elles pouvaient avoir du
carburant.

« Même lorsque les bombes étaient loin, les verres tombaient des étagères et
se brisaient », dit Muna. « Aucun de nous ne pouvait dormir car la nuit,
s’était encore pire. »

Lorsqu’elles allaient chercher de la nourriture, au milieu de la journée,
elles étaient remplies de terreur à cause des avions de guerre US, qui
rugissaient continuellement au-dessus de la ville. "Il y avait tellement
d’avions, mais on ne savait jamais quand ils frapperaient. »

« Fallujah était comme une cité fantôme la plupart du temps. La plupart des
familles restaient à l’intérieur de leur maison tout le temps, sortant
chercher de la nourriture que lorsqu’il le fallait absolument. »

Les tanks attaquaient régulièrement les faubourgs de la ville lors des
accrochages avec les résistants, ajoutant au chaos et à l’inquiétude. Les
hélicoptères d’assaut étaient particulièrement terrifiants, traversant le
ciel au dessus de la cité et lançant des roquettes sur le centre.

Pendant qu’elles racontent les expériences traumatisante de leur famille
durant les dernières semaines dans la maison de leur oncle à Bagdad, chacune
des soeurs fait souvent des pauses, fixant le sol comme perdue dans des
images, avant d’ajouter d’avantage de détails. Leur mère, âgée de 65 ans, a
été tuée dans le bombardement, de même que leur frère, leurs 3 soeurs et
leurs enfants

« Notre situation est comme celle de tant d’autres à Fallujah », dit Selma.
Les mois de terreur sont gravés sur son visage.

« Tant de personnes ne pouvaient partir, parce qu’ils n’avaient nulle part
où aller, et pas d’argent. »

Parmi les victimes, le mari d’Artica et leur fils de 4 ans.

Les deux soeurs ont réussi à fuir la ville par l’est, se frayant prudemment
un passage à travers le cordon militaire US qui encerclait pratiquement
toute la zone.

« Pourquoi notre famille a-t-elle été bombardée ? », supplie Muna, les
larmes coulant le long des joues. « Il n’y a jamais eu aucun combattant dans
notre zone. »

Original :

Inside Fallujah : one family’s diary of terror

She weeps while telling the story. The abaya (tunic) she wears cannot hide
the shaking of her body as waves of grief roll through her. "I cannot get
the image out of my mind of her foetus being blown out of her body."

Muna Salim’s sister, Artica, was seven months’ pregnant when two rockets
from US warplanes struck her home in Fallujah on November 1. "My sister
Selma and I only survived because we were staying at our neighbours’ house
that night," Muna continued, unable to reconcile her survival while eight
members of her family perished during the pre-assault bombing of Fallujah
that had dragged on for weeks.

Khalid, one of their brothers who was also killed in the attack, has left
behind a wife and five young children.

"There were no fighters in our area, so I don’t know why they bombed our
home," said Muna. "When it began there were full assaults from the air and
tanks attacking the city, so we left from the eastern side of Fallujah and
came to Baghdad."

Selma, Muna’s 41-year-old sister, told of horrific scenes in the city which
has become the centre of resistance in Iraq over the last few months. She
described houses that had been razed by countless US air strikes, where the
stench of decaying bodies swirled around the city on the dry, dusty winds.

"The bombed houses had collapsed and covered the bodies, and nobody could
get to them because people were too afraid to drive a bulldozer," she
explained, throwing her hands into the air in despair.

"Even for people to walk out of their houses is impossible in Fallujah
because of the snipers."

Both sisters described a nightmarish existence inside the city where
fighters controlled many areas, food and medicine were often in short
supply, and the thumping concussions of US bombs had become a daily reality.

Water also was often in short supply, and electricity a rarity. Like many
families cowered down inside Fallujah they ran a small generator when they
could afford the fuel.

"Even when the bombs were far away, glasses would fall off our shelves and
break," said Muna. "None of us could sleep as during the night it was
worse."

While going to the market in the middle of the day to find food, the sisters
said they felt terrorised by US warplanes, which often roared over the
sprawling city. "The jets flew over so much," said Selma, "but we never knew
when they would strike the city."

The women described a scene of closed shops, mostly empty streets, and
terrorised residents wandering around the city not knowing what to do.

"Fallujah was like a ghost town most of the time," described Muna. "Most
families stayed inside their houses all the time, only going out for food
when they had to."

Tanks often attacked the outskirts of the city in skirmishes with resistance
fighters, adding to the chaos and unrest. Attack helicopters rattling low
over the desert were especially terrifying, criss-crossing over the city and
firing rockets into the centre.

While recounting their family’s traumatic experiences over the last few
weeks, from their uncle’s home in Baghdad, each of the sisters often paused,
staring at the ground as if lost in the images before adding more detail.
Their 65-year-old mother, Hadima, was killed in the bombing, as was their
brother Khalid, who was an Iraqi police captain. Their sister Ka’ahla and
her 22-year-old son also died.

"Our situation was like so many in Fallujah," said Selma, continuing, her
voice now almost emotionless and matter of fact. The months of living in
terror are etched on her face.

"So many people could not leave because they had nowhere to go, and no
money."

Adhra’a, another of their sisters, and Samr, Artica’s husband, were also
among the victims. Samr had a PhD in religious studies. Artica and Samr had
a four-year-old son, Amorad, who died with his parents and his unborn
brother or sister.

The two sisters managed to flee the city from the eastern side, carefully
making their way through the US military cordon which, for the most part,
encircled the area. As they left, they witnessed a scene that was full
assaults on their city from US warplanes and tanks .

"Why was our family bombed ?" pleaded Muna, tears streaming down her cheeks,
"There were never any fighters in our area."

Via CSP

15/11/2004 00:45 par Anonyme

Cela peut paraître dérisoire, mais n’est-il pas de notre devoir (minimum) d’appeler à un boycott total envers les Etats-unis ?
(marques, voyages, produits, bien, cinéma,...)

Ce n’est pas beaucoup plus qu’un symbole, mais ces temps-ci, les symboles reprennent de l’importance.

Alex

15/11/2004 01:24 par CFK

D’accord pour le boycott, mais ce sont surtout leurs produits idéologiques que je souhaiterais pour ma part voir les Européens boycotter : or, même ici en France, on a commencé depuis un bout de temps déjà à tout concevoir en termes de "perdants" et de "gagnants" - c’est bien une pensée malsaine que celle qui envisage la vie comme un jeu cruel où il s’agit d’être vainqueur à tout prix et de ne montrer aucune faiblesse sous peine d’être considéré comme un untermensch.
Ne pas acheter leurs hamburgers, c’est bien, ne pas acheter leurs délires obsessionnels de domination, c’est pas non plus ce qu’on peut faire de pire.

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