Gauche anti-impérialiste face à l’Islam : entretien avec Tariq Ali, par A. De Jong et P. Mepschen.





Tariq Ali est un écrivain britannique d’origine pakistanaise. Militant anti-impérialiste athée, il a cependant passé des années à étudier en profondeur l’islam. Au départ, il s’agissait de réagir à la grotesque propagande anti-arabe qui avait suivi la première guerre du Golfe. Ce conflit avait révélé à quel point l’Occident méconnaissait l’islam. Plus récemment, Tariq Ali a publié Le Choc des intégrismes (Paris, Textuel, 2002), afin de replacer les événements du 11 septembre 2001 dans une perspective historique.*



solidaritéS, février 2006.


C’est bien sûr l’assassinat du cinéaste Theo Van Gogh et les menaces adressées à la députée libérale Ayaan Hirsi Ali qui ont particulièrement attiré l’attention sur l’islam aux Pays-Bas. Comme elle, tu es un incroyant issu du monde musulman. T’es-tu déjà senti menacé ?

- Non, jamais. Je voyage beaucoup, autant dans le monde musulman que dans le reste du monde, mais je ne me suis encore jamais senti menacé. Pourquoi cela ? C’est sans doute que les gens qui ne sont pas d’accord avec moi sur la religion savent que je suis un ennemi de l’impérialisme. Je ne cesse de critiquer l’impérialisme et ses entreprises, plus que les croyant-e-s. Tandis que Hirsi Ali et les gens comme elle, aux Etats-Unis et en Europe, font profession d’attaquer l’islam. Il y a d’autres questions importantes dans le monde. Pourquoi ces gens se concentrent-ils sans arrêt sur l’islam ? Par leur façon de s’en prendre à l’islam, ils collent aux préjugés existants. Et pour cela, ils sont haïs. Il n’y a aucune excuse ni justification aux actes de violence contre ces gens. Il faut discuter avec eux. Mais ces actes sont un signe de désespoir : des hommes sont à ce point à bout, qu’ils recourent à la violence.


Ne crois-tu pas que la violence et les menaces contre ces personnes constituent aussi une menace pour tous ceux/celles, d’origine musulmane, qui ne sont pas dans la norme ? Pour les incroyant-e-s, les féministes, les homosexuel-les ?

- Certainement. Mais il faut savoir que la communauté musulmane est très diversifiée. Les gens connaissent très mal le monde musulman. L’image qu’ils s’en font est en grande partie perçue au travers des communautés immigrées en Europe, qui diffèrent d’ailleurs beaucoup les unes des autres. La vie dans le monde musulman n’est pas monolithique : il y a des croyant-e-s, des incroyant-e-s, des athées. Que les incroyant-e-s puissent s’exprimer librement, c’est évidemment une autre affaire. Souvent, ils ne le peuvent pas, mais cela ne signifie pas qu’ils/elles n’existent pas. Comme c’est le cas ici, la religion n’est pas l’élément central de la vie des musulman-e-s. Les gens travaillent, mangent, font l’amour, construisent des familles. Beaucoup vont à la mosquée, d’autres pas. Exactement comme dans d’autres parties du monde. La différence réside seulement en cela que, dans quelques pays, il est défendu de critiquer l’islam. Mais ce n’est pas le cas, par exemple, en Turquie. Dans d’autres pays où c’était possible aussi, cela est devenu plus difficile aujourd’hui.


La religion assume bien une plus grande importance. Pour les jeunes musulman-e-s en Occident, l’islam est, dans une large mesure, une question identitaire.

- Je le pense aussi. Cela résulte de différents facteurs, mais avant tout du vide du capitalisme actuel. Il n"y a pas de véritable alternative. Beaucoup de gens le sentent et se tournent vers la religion, pas seulement les musulman-e-s. Depuis vingt ou trente ans, des gens qui ne se considéraient pas comme particulièrement religieux, se tournent désormais vers l’islam, le christianisme, le bouddhisme, etc. Pourquoi ? Parce que le capitalisme aplatit tout, comme un rouleau compresseur, et que les êtres humains veulent trouver un refuge pour eux-mêmes. Parce qu’ils sont nombreux à ne plus voir aucune alternative socioéconomique, ils en reviennent à la religion. C’est pourquoi, dans les communautés d’immigré-e-s, il y a des gens qui considèrent leur identité sous un angle purement religieux, et je n’attends rien de bon de cela. Mais je pense aussi que tout ça changera dans les générations à venir. Aujourd’hui, les gens ne sont pas tous religieux avec la même intensité, on peut voir différentes variantes. Je ne crois pas que le retour à la religion soit universel.


Un aspect de la représentation orientaliste des musulman-e-s qui domine aujourd’hui, c’est qu’ils/elles sont dépeints comme des gens qui ne peuvent se comporter que de façon acritique et dogmatique vis-à -vis du Coran, tandis que d’autres croyant-e-s, avant tout les chrétiens, sont réputés capables de produire une interprétation moderne de leur livre saint.

- C’est en réalité une représentation erronée, bien que très répandue. C’est pourquoi, j’insiste sur la diversité dans le monde musulman. En Pologne, l’église a joué, en son temps, un rôle significatif dans la lutte contre le régime stalinien. A l’Ouest, son rôle a été salué avec enthousiasme. Pourquoi ces deux poids et deux mesures ? Beaucoup de gens dans le monde musulman considèrent une attaque contre l’islam comme inacceptable. Beaucoup d’entre eux, sans être du tout religieux - j’en connais quelques uns - disent : « Oui, je suis musulman-e ». Cela résulte du fait que les Etats-Unis ont rendu, d’un certain point de vue, inacceptable d’être musulman.

Vous vivez dans un pays [les Pays-Bas] dans lequel la religion a occupé une position dominante de façon extrême. Le fondamentalisme protestant est l’une des pires formes du fondamentalisme. Le fondamentalisme protestant, d’origine anglaise ou néerlandaise, a été responsable d’un génocide en Amérique du Nord ; il a anéanti la population indigène au nom du progrès - quelque chose que les musulman-e-s n’ont pas encore fait.


Partout où l’on voit ce renouveau religieux dont tu parles - parmi les musulman-e-s en Occident, parmi les chrétien-ne-s états-uniens... - on remarque que des représentations conservatrices de la sexualité y jouent un grand rôle.

- Cela en a toujours été ainsi. Je ne crois pas que le capitalisme s’évertue à ce que les être humains aient des représentations conservatrices de la sexualité, mais le capitalisme veut qu’ils/elles soient élevés dans des noyaux familiaux, isolés les uns des autres. Lorsque la religion occupe une place centrale dans l’identité d’une personne, alors elle cherche à se distinguer de son entourage ; elle défend la morale et se prononce contre l’homosexualité, tout en affirmant que les femmes ont une valeur inférieure. Dans la formation de l’identité de chacun-e, la question de la sexualité joue un grand rôle. Les êtres humains sont constamment à la recherche de distinctions et les trouvent le plus facilement dans la religion.


Y a-t-il un futur pour le mouvement féministe dans le monde musulman et dans les sociétés musulmanes ici à l’Ouest ?

- Bien sûr. Il y a eu, par exemple, un mouvement très efficace, au Pakistan, contre la législation islamique introduite pendant la dictature, en 1977. Dans tout le pays, des femmes se sont organisées, ont fait des manifestations et ont critiqué la charia. L’Egypte, le Maroc, le Nigeria et la Tunisie ont connu des mouvements féministes. Les Etats ont réagi par rapport à ce défi, soit en créant eux-mêmes des mouvements fondamentalistes, comme au Pakistan, soit en collaborant avec ceux-ci, comme en Egypte. En échange d’une politique conservatrice et hostile aux femmes de la part des autorités, les fondamentalistes se sont engagés à ne plus attaquer l’Etat.

En Occident, dans le futur, des mouvements féministes devront se développer, qui soient en même temps explicitement anti-impérialistes. Alors, il sera possible de gagner de jeunes femmes musulmanes au féminisme. Malheureusement, en Occident, le féminisme existe peu comme un courant politique.


Dans le cadre de ton insistance sur les différences, tu parles dans Le Choc des intégrismes, d’un multiculturalisme officiel.

- Oui, là réside la cause de la recherche de différences. Quand on regarde la Grande-Bretagne, on remarque que la religion y a été soutenue - par le gouvernement, et avant tout par Blair. Même après le 11 septembre, la fondation d’institutions religieuses, par exemple d’écoles confessionnelles, a été encouragée. Au sein du multiculturalisme officiel, les différences entre les gens sont perçues comme une bonne chose. En partie, cela est vraiment ainsi - les gens sont différents. Mais en tant que socialiste, je sais aussi combien cela coûte de s’unir. Je crois que parmi les jeunes, il y a plus de convergences que de différences. Je suis optimiste : l’importance des lignes de clivage religieuses ne va pas durer longtemps en Europe, peut-être trente ou quarante ans.


Pourquoi ?

- Cyniquement dit : parce que le capitalisme est aveugle en ce qui concerne le sexe, la couleur de la peau ou la religion. Dans la mesure où il croît et s’étend, il met de côté toutes les particularités des êtres humains. Cela s’est toujours passé ainsi.


La gauche est-elle capable de montrer une alternative ?

- La gauche est actuellement très faible. En ce qui concerne la gauche radicale, je ne suis pas optimiste. En Grande-Bretagne, je n’appartiens pas à Respect [coalition de la gauche anti-libérale, ndlr]. J’ai des divergences avec eux sur quelques points. La façon dont les choses se passent au sein de Respect, c’est du pur opportunisme. Je suis évidemment pour travailler avec les groupes musulmans, mais pour des socialistes, le but doit être de gagner les adeptes de la religion à notre propre point de vue, non de les laisser dans leur retranchement.


On devrait ainsi travailler ensemble de façon moins acritique ?

- Bien entendu. Comme Respect le fait, ça ne va rien donner. Il faut trouver un terrain neutre qui peut offrir un espace à la discussion. Il ne faut pas dissimuler ou voiler son propre point de vue en le mettant sous la table. Bien des groupes [musulmans] avec lesquels [Respect] développe une collaboration ont des racines très conservatrices et réactionnaires. Dans les pays d’où ils viennent, comme par exemple l’Egypte ou l’Indonésie, ils ont toujours été des ennemis de la gauche.


C’est l’un des problèmes que rencontrent les anti-racistes et les socialistes. D’une part, nous voulons développer la solidarité avec les minorités discriminées, mais d’autre part, il nous faut maintenir une position critique par rapport aux modes de pensée conservateurs qui prévalent, en partie, parmi ces minorités.

- Pour les socialistes, la tâche est claire : les communautés musulmanes doivent être défendues contre la diabolisation et la répression, contre la représentation très répandue que le terrorisme est propre à l’islam. Tout cela doit être énergiquement combattu. Mais en même temps, on ne doit pas fermer les yeux sur le conservatisme social qui règne dans ces communautés, ni le dissimuler. Il faut essayer de gagner ces gens à nos propres idées.

J’aimerais donner un exemple : le dernier chapitre de mon livre est une lettre ouverte à un jeune musulman. Après avoir écrit cette lettre, près d’un an plus tard, j’ai reçu une réponse de quelques jeunes musulman-e-s. Ils ont pensé qu’ils étaient en cause dans ma lettre, parce qu’ils y avaient retrouvé des remarques qu’ils avaient faites eux-mêmes. Ils étaient surpris qu’elles aient été traitées sérieusement et en avaient aussi beaucoup discuté entre eux. Résultat : deux d’entre eux ont adhéré au Scottish Socialist Party (SSP) [parti de la gauche anticapitaliste écossaise, ndlr].

Notre but doit être de renforcer la position des plus jeunes, qui s’orientent vers une perspective progressiste et laïque. C’est très important. Il y a beaucoup de gens progressistes à découvrir dans les communautés musulmanes, mais en raison de l’atmosphère qui y règne, ils ne peuvent pas de toute évidence s’affirmer au grand jour. Ce sont ces gens qui peuvent construire des forces laïques et que nous devons soutenir. Et c’est avant tout parmi les jeunes filles que l’on trouvera de telles ressources. On peut gagner beaucoup parmi eux/elles, si nous ne les ignorons pas, ce à quoi tend l’extrême gauche en France. L’extrême gauche française est l’image en miroir de l’opportunisme britannique. Elle n’a pratiquement pas de contact avec la communauté musulmane et ne considère pas cela comme une priorité. Les deux attitudes sont erronées - il nous faut trouver une voie intermédiaire.

Entretien réalisé par
Alex DE JONG et Paul MEPSCHEN

* Cet entretien a été publié dans le journal néerlandais Grenzeloos (n° 80, mars-avril 2005). Notre traduction.


- Source : www.solidarites.ch/journal/



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COMMENTAIRES  

05/03/2006 16:47 par conte benoit

bonjour,cela plusieurs mois que j’ai découvert votre site qui sur nombreuses analyses me semblent juste,mais depuis un certain temps et à la lecture de cette article,je perçois une attitude néocolonial sidérante et d’un paternalisme presque ontologique à la gauche qui pense sou couvert d’un respect à l’islam et des musulmans avec l’alibi de critiquer ceux qui font des amalgames entre islam et islamisme(qu’est ce que l’islamisme, est-il monolithique ?) et de dire sur l’islam ce qu’il n’est pas font éxactement la mème chose,on commence bien évidement par dire que l’on défends les musulmans(que c’est gentil,mais tous alors y coppris les musulmans(es) torturés,humilès,tués commme en algérie ,en tunisie,en egypte pas seulement en irak et aghanistan quand cela permet de critiquer les états unis et d’installer sa doctrine anti-capitaliste).Ensuite l’on passe au sujet privèlegier de la gauche le retour à l’islam n’est qu’une réaction identitaire en d(autre terme rien dans l’humain n’est religieux(soyez honnète quand vous parler aller juqu’au bout)mais finalement vous critiquer le capitalisme mais votre conception du monde nourrit est a la base du capitalisme ,ou d’ans un art qui ne dit jamais l’éthique.Eh bien non que cela ne vous plaise l’islam dit qu’il y a dans l’etre humain une aspiration premèire au transcendant ,voir coran sourate 30 verset 30(étonnant la construction 30et 30)et la révélation vient répondre a cette appel voir coran sourate al anfal verset 24 et cela traduit la belle expression lumière sur lumière verset 35.L’islam ramène l’etre à sa nature et non pas le définir par des concepts philosophique dont il n’y a qu’a voir comment ceux qui les ont produit ont fini apotre de l’édonisme quelle à été la fin de Deleuze(respect à Lui pour ce qu’Il a apporter de bien) ?ou lui donner l’ilusion qu’il est par l’avoir(matériel,intellectel....).Entretenir chez les musulmans l’idée qu’il ne conçoivent leur identité qu"’a travers le religieux c’est enttrenir cet aspect pour pouvoir émettre une critique,mais les musulmans évolent a parir de leur source et non du socialisme qui a ravager les pays musulmans mais les musulmans savent travailler avec ceus qui défendent le principe de justice mais pas au détriment de leur conception du monde comme le voudrait mr Tariq Ali.Vous parlez d’interprétaion du livre saint mais vous n’etes pas ne contact avec ceux qui le font sauf ceux qui ont une lecture su coran comme vous souhaité,quel esprit néocolonial !ou sont vos débats, rencontres,articles avec des gens comme Tariq Tamadan(peut etre le diaboliser vous aussi,en tout cas on ne vous entend pas lorqsu’il faut protester contre l’interdiction de location de salles lorsqu’il doit y faire des conférences),beaucoup de musulmans et musulmannes pensent comme lui beaucoup plus nombreusx que les musulmans que vous sélectionner pour votre soutien.Vous parlez de sexualité mais qui y t-il de mal et d’archaique à dire la dignité de son corps(chacun a son degré)et le sens du rapport a l’autre et enfin comment peut dire la normalité d’un hommme avec un homme et d’une femme avec une femme ne proposant qu’une voi toute les autre étant del’intolérance mais l’intolérance ne vient-il pas de votre part qu’aén voys dites que les musulmans doivent évoluer vers vos idées,quelle orgueil !que veux dire :c’est du coté des jeune et surtout des filles que les espoir de rallier a votre cause,pouvez-vous vivre avec des gens différents ?cette façon de de servir des fille rappel l’époque colonial,de mème il éxiste un féminisme a l’intérieur des conscinces musulmanes et des mouvemens de la commaunauté mais qui le font par les sources(l’islam a établi beaucoup de droit a la femme avant les autres civlisations,comme le droit d’etre un etre humain la liberté de culte,de choix de mariage voir l’encyclopédie de la femme en islam éditions al qalam en 6 volumes)dire que l’islam rend la femme inférieur c’est etre ignorant de ses source et de son message dans l’histoire(ce qui ne pas dire qu’il n’y eu pas de grave et criminel trahison des principes islamiques vis à vis de la femmes à travers l’histoire).Ils faut rencontrer les musulmans et arrèter de pensez pour eux,derrière la critique de la dictature bushienne,ce cacherait-il une dictature de gauche( peut-etre plus retoutable car habillée de grand principe de respect de l’humain de la diversité)une dictature idéologique du type Bernard Cassem,finalement Tariq Ramadan avait surement raison ,les altermondialistes athées de gauche ne sont pas prèt à vivre le monde qu’ils éspèrent,je rajouterais mais quel monde éspèrent-ils celui de l’uniformisation de leur idées ou celui du respect universel à la différence dans la bien,appel à un changement salutaire pour un monde meilleur,au revoir

18/07/2006 11:54 par Achtane

C’est bien tenté mais pas très lisible et peu compréhensible comme commantaire alors moi ce sera plus court:quand Tariq ALI( que je ne connait pas particulièrement)prétend vouloir rapprocher les musulmans du socialisme, il pense que la religion est un support à la vie (alors que la politique n’est pas un support mais une direction rationelle) et que c’est donc à elle de se calquer sur la politique...et pas l’inverse...Cela n’a rien a voir avec une quelconque forme d’intolérance ou de néocolonialisme(mot que vous avez employé mais que manifestement vous ne maitrisez pas puisque le néocolonialisme s’apparente beaucoup plus a la politique d’israel en palestine qu’aux pensé idéologique de Tariq ALI)la religion aide à vivre mais elle n’oriente pas le peuple vers des direction collectives.La religion est propre a chacun, elle personnelle et uniquement personnelle...alors que la politique existe pour donner une "destinée" pour tous, la plus juste(selon moi) possible et la plus égalitaire possible.En ce sens qu’il ne faut pas choisir entre la politique et la religion, mais il ne faut pas non plus les confondre au risque de donner la priorité a l’irationnel sur le rationnel...

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