Francs-maçons, réseaux, clubs : pas de transparence dans les allées du pouvoir

ALEXIS

Transparence ! Le mot est utilisé du matin au soir dans les médias. De la déclaration d’intérêts de ceux qui prétendent nous diriger au mur Facebook du quidam censé afficher sa bien-pensance, rien ne doit échapper à cette nouvelle idéologie. Il faut être transparent, mais personne ne l’est vraiment au sein de l’élite au pouvoir. Du gouvernement aux administrations publiques en passant par la gouvernance de grandes entreprises, les meilleures places – voire toutes les places – sont attribuées par des réseaux qui restent dans l’ombre… loin de la transparence.

Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. Cette maxime résume bien la pensée de ceux qui nous gouvernent. Il faut être transparent, mais ne surtout pas dévoiler l’envers de leur décor, de crainte d’être taxé de complotisme. Cette menace pèse depuis déjà plusieurs années sur ceux à la curiosité aiguisée. Alors oui, les hebdomadaires ont le droit de faire leur Une sur « Ces francs-maçons qui ont le pouvoir » et « Les réseaux qui nous gouvernent » mais, il est formellement proscrit de s’intéresser sérieusement à ceux qui influencent réellement les décideurs ou qui décident même à leur place. Le système actuel n’a rien à envier à ses prédécesseurs, mais les injonctions venues d’en haut, et toujours plus véhémentes, le rendent particulièrement insupportable.

L’entre-soi comme art de vivre (et de monter les échelons)

Beaucoup a été écrit sur Emmanuel Macron et ses réseaux qui lui ont permis de prendre le pouvoir à la hussarde. Le mythe du gentil marcheur venu évangéliser de porte à porte a fait son temps et laisse désormais place à une réalité bien moins reluisante ou transparente. Macron a été porté par ses amis extrêmement riches et puissants parmi lesquels on compte de nombreux francs-maçons. Le résultat a dépassé leurs espérances, car en plus d’avoir constitué une garde rapprochée constituée de francs-maçons comme Isamël Emelien ou Alexandre Benalla – le pouvoir érigé en 2017 a suivi consciencieusement les plans des loges maçonniques (PMA, non-évolution de la loi sur la laïcité de 1905, etc.). Certains frères sont tombés pour la cause (et surtout pour leur propre cause), mais l’essentiel est ailleurs.

Reste que les francs-maçons ne sont pas les seuls à hanter les plus hautes sphères économiques et politiques. Les réseaux et autres clubs avec une enseigne plus ou moins discrète sont la norme dans le monde d’en haut. Être franc-maçon et membre de plusieurs réseaux est possible et même tout à fait indiqué pour briguer les fonctions les plus importantes. A titre d’exemple, Le Siècle, cercle de quelques centaines de personnes – les premiers de cordées dirons certains – ne recrute que par cooptation dans l’entre-soi. La présidente n’est autre que Patricia Barbizet, directrice générale d’Artémis, présidente du conseil de surveillance de la Compagnie du Ponant, Administratrice référente de Total, Vice-présidente du conseil d’administration de Kering, et la liste est encore longue. Bref, les occupations multiples et extrêmement rémunératrices à la Jean-Claude Delevoye sont la norme dans ce monde. Il n’est donc pas étonnant de retrouver des noms bien connus comme ceux de Christine Albanel, Alexandre Bompard, directeur général de Carrefour, ou encore Nicolas Baverez, éditorialiste et maître à penser du libéralisme, parmi les cadres du Siècle.

Les très utiles amitiés de jeunesse

Des cercles comme Le Siècle, l’Automobile Club de Paris et le Jockey Club sont forts utiles pour compléter et entretenir son réseau, mais ils sont encore trop larges, pas assez intimistes pour pouvoir pousser ses pions avec l’appui discret, mais décisif de ses camarades. Pour cela, les promotions à l’ENA et les jeunes années en tant que conseiller d’un ministre sont des plus bénéfiques. La fameuse promotion Voltaire de l’ENA dont est issu François Hollande a marqué les esprits. Outre l’ancien chef de l’Etat, on retrouvait ses futurs ministres Ségolène Royal et Michel Sapin, son ami Jean-Pierre Jouyet (secrétaire d’Etat sous Nicolas Sarkozy) et Pierre-René Lemas, son futur secrétaire général de l’Elysée. D’autres noms moins illustrent hantent cette promotion à l’image de Jean-Maurice Ripert, Pierre Duquesne, Brigitte Joseph-Jeanneney et Patrick Delage dont la particularité est d’avoir tous travaillé pour Lionel Jospin lorsqu’il fut Premier ministre.

Même école, même tremplin sous les ors de la République et une vraie solidarité qui a permis à chacun d’eux de gravir les échelons dans leur domaine respectif. Ripert a obtenu de prestigieuses ambassades (Russie, Chine), Duquesne a atterri au FMI et à la Banque mondiale, Joseph-Jeanneney a fait ses armes au quai d’Orsay avant de devenir notamment administratrice générale du Louvre tandis que Delage est devenu conseiller du gouvernement en 2015. Bref, ce petit monde se connaît très bien et se serre les coudes lorsqu’une nomination alléchante est en vue.

Un réseau très discret et puissant : « Les canetons du Châtelet »

L’entraide entre puissants n’est pas née sous Hollande ou Macron, mais certains ont des plans bien plus raisonnés et coupables qu’ils tentent aujourd’hui de mettre en place. L’un d’eux est un groupe constitué d’anciens conseillers de Martine Aubry lorsque la maire de Lille était membre des gouvernements Cresson et Bérégovoy. Jeunes trentenaires à l’époque, ils ont patiemment tissé leur toile afin d’obtenir des postes enviables. Ils ont l’ambition de faire et de défaire la France et son système social. Parmi cette dizaine d’anciens conseillers réunis dans ce club des « canetons du Châtelet » (en référence à l’hôtel particulier du Châtelet où se situe le ministère du Travail), on compte plusieurs noms qui symbolisent le système des élites financières mondialisées.

Ô surprise, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, figure en bonne place parmi les « canetons ». L’ancienne conseillère de Martine Aubry a pris le fauteuil de son mentor, mais avec le souci unique de casser le code du Travail au nom de l’idéologie libérale. C’est une pro dans son domaine, mais un autre « caneton » nommé Guillaume Pepy n’est pas en reste. Le bientôt retraité en chef de la SNCF aura pour terrifiant bilan d’avoir laissé la SNCF sombrer tout en s’assurant d’abolir le statut de cheminot et aidé en sous-main le gouvernement à s’en prendre à leurs retraites. Quoi de plus normal puisque sa camarade Pénicaud est à bord du navire de guerre gouvernemental ?

Il existe une partie immergée au moins aussi inquiétante, car les « canetons » ont décidé de faire main basse sur le secteur français de l’énergie. Gilles Gateau, autre « caneton » est directeur de mission chez EDF en charge des énergies renouvelables. Il voit d’un œil gourmand ce qui se passe chez le voisin Engie. La directrice générale, Isabelle Kocher, est poussée vers la sortie par un autre « caneton » du nom de Jean-Pierre Clamadieu. Ancien administrateur à la SNCF (bonjour Guillaume Pepy !), ex-président du comité exécutif de Solvay et désormais président du conseil d’administration d’Engie, Clamadieu veut la place de Kocher et entend bien obtenir l’appui de l’Etat et de son grand copain Macron pour dégager la seule patronne du CAC40. Peu importe le bon bilan de Kocher, la place est bonne à prendre et quand on a une compagnie de canetons boulimiques pour vous aider... tous les coups de bec sont permis.

L’objectif est évident : prendre la tête d’Engie pour mieux dépecer l’un des derniers fleurons français. Une tentative similaire a déjà été tentée au sein d’EDF via le plan Hercule. L’échec a été consommé, en apparence, mais si Engie peut-être démantelé au profit de la finance mondialisée, pourquoi s’en priver ? Plus le plan reste secret longtemps, plus ces canetons de mauvais augure auront de chances d’arriver à leurs fins. Il faut faire vite pour casser les grandes entreprises françaises et le modèle social qu’elles tentent de protéger. Le plus déroutant dans cette histoire est que ces coups de boutoir sont administrés par ceux qui voulaient « rénover les idées de gauche dans les années 1990 aux côtés de Martine Aubry ». Le programme a bien changé, mais qu’importe tant qu’on peut faire main basse sur le secteur français de l’énergie et en profiter pour ajouter des zéros sur ses comptes en banque !

COMMENTAIRES  

10/01/2020 08:43 par René

Qu’est-ce que c’est que c’est article de merde ? Il a été repêché chez Soral ? "les plans des loges maçonniques", c’est méconnaître ce qu’est la franc-maçonnerie pour écrire une telle connerie. Ce texte a vraiment des relents d’extrême-droite des années 30. Je pourrai écrire le même texte avec une liste de franc-maçons ayant participé à la campagne de JLM. Nombre de francs-maçons qui se battent au quotidien contre Macron et son monde, s’ils venaient à lire ce texte seraient abasourdis par sa bêtise.
Je suis un lecteur assidu du Grand soir, je ne commente que très peu les articles et aimerais continuer à venir prendre des informations pertinentes sur ce site. Mais là, LGS se décrédibilise en publiant ce texte. Si la pensée d’extrême-droite est autorisée à se propager ainsi, sur quel site pourrais-je encore lire des articles anti-impérialistes, anti-capitalistes ?

20/01/2020 14:14 par Alexandre Maffre

Bonjour,
Merci pour le nom des lobbys que je ne connaissais pas, la galaxie de la "gouvernance" est vaste. Et c’est bien d’ouvrir les yeux sur la réalité du système libéral : la gestion publique et le droit publique devant être éliminés, on obtient nécessairement un pouvoir politique intégralement composé de lobbys, le pouvoir "politique" (dégénéré comparé à ce qu’il est réellement) étant un bizness comme les autres. Macron en est la quintessence, un banquier n’ayant jamais fait de politique se retrouve directement président.

20/01/2020 22:17 par Geb.

@René.

Point n’est besoin d’être Soral, pour déclarer que la part de quelque "club d’influence", que ça soit, toute tentative d’amender ou de détruire un modèle de société sans l’avis de l’ensemble des citoyens et en secret relève de la corruption, du dévoiement de l’idéal démocratique, et de la trahison pure et simple de la volonté des personnes qui ont confié leur mandat à des élus.

Entre parenthèses, rassembler dans une même loge des membres se jurant loyauté quand ces membres peuvent être d’intérêts économique et politiques totalement opposé et antagonistes ça ne peut mener qu’à la trahison soit du Mouvement qui les rassemble soit des convictions de ces membres eux-même. C’est l’"Alliance contre-nature de la Carpe et du Lapin", soit en fait, en plus "élitiste", ce que propose Soral avec son "Egalité et Réconciliation"...

Et quand il s’agit de hauts fonctionnaires payés par l’argent des impôts des citoyens ça devient raoidement totalement intolérable....Et en France, pour l’instant", les "Lobbies" sont illégaux, du moins dans la forme.

Peut-être pour vous la Démocratie est une méthode de gestion qui doit s’élaborer dans le secret des cabinets ou des loges, laissant au Peuple le droit d’entériner des décisions prises par avance, mais vous ne convaincrez jamais personne de sensé et d’honnête que c’est la méthode qui doit être sainement employée pour gouverner "démocratiquement" un pays.

Le gouvernement d’un pays par une "élite" auto-choisie et auto-proclamée comme telle, même pour le "bien" supposé du Peuple, et encore plus si c’est pour favoriser des intérêts privés, n’est jamais qu’une forme de Fascisme. Vous qui parlez de "Soral", vous devez savoir de quoi il s’agit quand je dit "Fascisme" ???

Pour mon compte un FM, comme un Membre du Club de l’Horloge, pour la France, ou d’autres "Think Tanks" internationaux, (Comme on dit en Globish), tels le Club de Rome ou Bilderberg, n’est pas mieux loti dans mon estime qu’un Soral.

Et après tout il y a peut-être des FM intègres pensant qu’ils agissent en tant que tels pour le bien du Peuple de la Nation... Mais il y a certainement aussi des Fascistes qui sont "fascistes" par "intégrité" et "sincérité". Ca ne leur donne pas un diplôme de vertu ni d’intelligence.

Et qu’il y en ait aussi à LFI ça ne me rassure aucunement sur la question. Ni sur le Mouvement lui-même, ni sur son avenir.

Après tout les "idiots utiles"ça existe... Et ce sont les plus dangereux... La "démocratie révolutionnaire" ça ne se s’élabore pas entre barons, (Fussent-ils bienveillants), dans le secret des donjons, loin des yeux et des oreilles des manants

N.B. J’ai moi-même été un jour "approché" sur le sujet, (Vous devriez savoir ce que je signifie par "approché").

J’ai poliment éconduit la personne en lui précisant qu’en tant que, (A cette époque), Militant du PCF et Révolutionnaire je n’avais pas le droit, (Ni le désir), de privilégier une quelconque autre allégeance en parallèle avec mon engagement politique.

Apparemment, d’après sa réaction, il n’était pas souvent "éconduit". Ce qui m’a amené alors à réfléchir sur un certain nombre de personnes de mon entourage et certains comportements "inexplicables" de leur part..

21/01/2020 10:26 par Assimbonanga

Moi aussi, je connais quelqu’un qui a été invité à se joindre à une loge, mais il n’a pas voulu y entrer pour une raison très consciente : les ramifications de la franc-maçonnerie permettent de faire remonter au sommet le suc des gens de la base, de leur faire exsuder leurs bonnes idées, leur intelligence, leur savoir-faire, leur expérience, leur bonne volonté et de les récupérer au profit des riches cons stériles qui sont en haut qui ne savent ni penser ni faire sauf tirer les marrons du feu.

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