France : une arrestation musclée de sans-papiers tourne à l’émeute.








Nouvelobs.com, 21 mars 2007.


L’arrestation d’un homme en situation irrégulière venu chercher ses deux petits-enfants dans une école du quartier a tourné à l’émeute, mardi après-midi : la police a fait usage de matraques et répandu des gaz lacrymogènes.


Les forces de l’ordre auraient arrêté, avec violence, un homme en situation irrégulière, mardi 20 mars, causant une petite émeute à la sortie de l’école de la rue Rampal, dans le XIe arrondissement à Paris, dénonce le Réseau éducation sans frontières (RESF). Cette interpellation, très musclée, aurait provoqué la panique parmi les habitants du quartier venus chercher leurs enfants aux écoles Lassalle et Rampal.

Mardi, vers 16h30, alors que la police avait déjà arrêté un "fourgon plein" de sans-papiers à la sortie de ces écoles, elle a voulu interpeller un homme qui attendait ses deux petits-enfants, scolarisés aux écoles Piver et 77, bld de Belleville, dans un café situé à l’angle des écoles, témoigne Brigitte Wieser, de RESF-Paris.


"Enormément de policiers"

Les policiers ont alors "assiégé" le café dans lequel le grand-père attendait. Les membres du Réseau et des habitants du quartier ont donc tenté de s’interposer, et se sont placés devant la voiture de police qui allait emmener ce sans-papiers. "Il y avait énormément de policiers", rapporte Brigitte Wieser. "Ils sont devenus fous furieux. Nous voulions faire de la résistance, nous ne recherchions pas l’affrontement". Mais les policiers ont tous sorti leurs matraques, et répandu des gaz lacrymogènes puissants. "J’ai pris un coup de matraque dans le dos. Si nous avions cherché l’affrontement, nous aurions tous fini à l’hôpital", souligne la militante parisienne.


"Entretenir la peur"

A cette heure de sortie des écoles, la rue était pleine de monde, d’enfants, de parents avec des poussettes, explique-t-elle. Les directeurs des écoles ont dû faire entrer les parents et les enfants dans les bâtiments pour les protéger des gaz et de la bousculade.

Une journaliste, qui était présente, a pu filmer la scène. Les policiers lui ont pris ses papiers. Ils lui ont rendu sa carte de presse, mais elle n’a pas récupéré sa carte d’identité. La police voulait aussi se saisir de sa caméra, mais elle est parvenue à s’en débarrasser. "Ils étaient très embêtés, ils ont longtemps cherché la caméra", commente Brigitte Wieser.


Jets de projectiles sur les policiers

Une version que contestent les forces de l’ordre. Selon une source policière, il s’agit d’une opération classique de contrôle, sur réquisition du procureur de la République, dans trois débits de boisson. Cette source confirme que les fonctionnaires ont interpellé un ressortissant chinois en situation irrégulière au "Petit Rampal".

Quand les fonctionnaires sont sortis du bar, une vingtaine de personnes les ont bloqués et ont encerclé le véhicule de police, certains s’allongeant sur la chaussée pour empêcher son départ, selon la source policière. Des coups et des projectiles ont détérioré la voiture de police. Les policiers ont essuyé des jets d’objets et d’un liquide provenant d’un squat d’artistes proche, précise-t-on. Pour se dégager, ils ont dû appeler des renforts et faire usage de lacrymogènes. L’un d’entre eux a été blessé à l’épaule et irrité au visage par le liquide, indique la source policière. Ce fonctionnaire fait l’objet de dix jours d’interruption totale de travail.


"Il est monté d’un cran"

"La préfecture de Paris avait toujours garanti qu’il n’y aurait pas d’arrestation à la sortie des écoles", souligne Brigitte Wieser. "Nous avons demandé aujourd’hui au préfet de nous recevoir, pour lui demander de ne plus céder aux pressions du candidat Sarkozy, qui exige du chiffre de ses préfets".

En même temps que cette "rafle", il y en a eu deux autres, aux métros Goncourt et Stalingrad, et plusieurs arrestations. "On est monté d’un cran dans les rafles", commente Brigitte Wieser.

Cette militante redoute que les parents en situation irrégulière ne scolarisent plus leurs enfants, par crainte d’être arrêtés en allant les chercher à l’école. "Hier soir, dans notre permanence du XIe arrondissement, il y avait beaucoup de monde. Les gens sont venus nous dire qu’ils avaient peur. Ces rafles servent à entretenir la peur", juge Brigitte Wieser.


- Source : http://tempsreel.nouvelobs.com




Vaincre Sarkozy, maintenant, par Abéles, Balibar, Castel, Chemillier-Gendreau, ...


Strasbourg : Etrange république où nous vivons... par B.D.

RESF dénonce une "rafle" de sans-papiers prés des Restos du coeur.






- Dessin : Delambre, Le Canard enchainé 17 janvier 2007, vu ici : http://sarkozynews.canalblog.com

COMMENTAIRES  

01/04/2007 18:10 par JACQUES RICHAUD

GARE DU NORD, DEBUT DE PARTIE ? ATOUT ET JOKER EN RESERVE

OUI LES COUPS TORDUS NE FONT QUE COMMENCER
Il convenait de faire "oublier" vite l’énormité d’un grand père interpellé devant l’école ou il venait chercher sa "petite fille" et l’incarcération temporaire d’une directrice d’école qui s’était comporté en digne citoyenne...

Les témoignages de la gare du Nord sont accablant, le maintien sur place pendant plus de deux heures après l’interpellation d’un banal contrevenant, de forces considérables ne pouvait agir que comme un piège pour susciter la confrontation advenue à une heure de forte affluence, avec les provoc habituelles bien illustrées sur plusieurs autres forums...

L’insécurité reste l’argument de la peur qui conforterait le mieux les prétentions du candidat UMP à faire accepter ses mesures autoritaires ; on peut attendre un crescendo probable qui peut aller jusqu’au pire si l’entre deux tours s’avérait incertain pour le candidat de l’ORDRE . Il est des pièges dans lesquels ses adversaires seraient bien avisés de ne pas tomber, mais cela risque d’être difficile.

N’étant plus ministre de l’intérieur , c’est son rallié mais détesté rival chiraquien qui porterait la responsabilité d’un dérapage grave ; cette éventualité n’est sûrement pas pour déplaire au maître du karcher qui ferait d’une pierre deux coups en fragilisant dés sa prise de fonction son rival potentiel de demain et en "démontrant" que lui seul aurait pu éviter le pire...Quel pire ?

- Probablement pas une simple agression de banlieue comme en 2002, qui peut toujours survenir mais dont le remake de médiatisation outrancière passerait mal, tant la mémoire collective a intégré l’importance qu’avait pu prendre la manipulation de cet événement lamentable...Il faut donc monter d’un cran !

- Menace annoncée terroriste ? Tentative annoncée déjouée comme le fit Blair en bloquant tous les aéroports sans avoir jamais démontré l’effectivité de la menace ? Attentat réel d’origine incontrôlable à la veille des élections ? Ce serait une carte maîtresse , un ATOUT, pour le candidat face à sa ou son rival...

- Acte unique contre un personnage préalablement médiatisé pour son comportement islamophobe ou pour sa défense des "libertés d’expression" qui ont mobilisé notre classe médiatique ? Le réveil de la terreur et du péril islamiste à la veille des élections du deuxième tour ? Là ce serait le JOKER qui susciterait le repliement autour de "l’homme fort" capable de mener la "croisade" qu’il ne manquerait pas d’annoncer dans un discours solennel sans doute déja préparé pour parer à de telles éventualités...Certains qui ont bénéficié de "comités de soutien" devraient penser sérieusement que ce qui accréditerait le mieux les thèses de ces "comités du choc des civilisations", serait justement l’inefficacité de la protection attendue par eux, justifiant alors l’escalade que laissait déja prévoir leurs propos...Que ceux qui ne croient pas aux "coups tordus" relisent l’histoire de notre république et se souviennent que le candidat principal a eu pour maître en politique un certain président du "SAC"...Un Charles des basses oeuvres dans l’ombre d’un autre Charles plus présentable.

Alors oui la partie ne fait que commencer , nous n’avons vu que les "petites cartes" , les atouts et les jokers sont en réserve.

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