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Femme, j’écris mes "non"

Sheynat

J’annonce d’entrée la couleur pour éviter tout malentendu : « Femme, j’écris mes non » signifie que moi, en tant que femme, je réagis par une série de « non » en réponse aux répliques qui s’opposent à la féminisation des noms de métier apparaissant dans la bièvre autobiographie d’une auteure, en fin d’article.

Ce titre fait écho à celui qui invite à la Féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres, par un Guide d’aide sur quelques règles nommé : "Femme, j’écris ton nom » suite au Rapport d’Octobre 1998 et à la circulaire de Lionel Jospin.

En voici le sommaire qui m’avait initialement amenée à consulter le 5ème chapitre : La diversité des usages et à en donner le lien dans la discussion d’origine.

Maxime Vivas ayant suggéré aux "impliqués" d’ouvrir une nouvelle discussion afin de cesser de faire dévier le sujet initial, je réponds à l’invitation en précisant cependant que je ne sens pas plus impliquée par ce problème qu’un autre.

Je crois même l’être moins que ceux qui se jettent dessus en vilipendant la démarche qui consiste à modifier de manière minimale et naturelle l’usage linguistique auquel ils étaient jusqu’ici habitués, sous divers prétextes qui selon moi, sont d’autant plus discutables que les arguments me semblent illogiques.

Il ne s’agit pas d’un combat féministe pour moi, mais d’une logique de cohérence et d’harmonie.

Je suis poussée par la même conviction qui consistait à tenir tête à mes grand-mères lorsque, petite fille, fièrement affublée d’une tenue rouge et verte, je fus gentiment moquée d’oser telle association de couleurs qui jurait - selon elles.

Pourquoi ?

"Parce que ça ne se fait pas".

Il m’en fallait plus que ces accusations de faute de goût ou de dissonance pour me convaincre, alors que tous les jours la nature m’offrait l’évidence que le rouge et le vert des cerisiers et des fraisiers s’accordaient généreusement à titiller ma gourmandise et émouvoir mon sens très subjectif, certes, de la beauté.

Lorsqu’on est attaché à des usages que seule la tradition justifie, alors même que se déploie autour de soi la preuve que "cela se fait" et du reste, sans heurt ni conflits, on limite inutilement le champ des possibles dans la diversité des expressions.

De plus, et toujours d’après ma logique, considérer qu’il faut attendre "que ça se fasse", pour faire, c’est... comment dire ? Le meilleur moyen pour empêcher que cela se fasse.

Si une intonation familière et chantante ne le devient qu’après s’être suffisamment frottée à nos oreilles discriminatoires au point de rester la caresse musicale de référence dont on ne peut plus se passer, je vous laisse alors imaginer combien de formulations innovantes resteraient au placard.

Sortir des visions admises de l’art et des mécanismes bourgeois :

Soyons réalistes : les poètes inventent des mots, le "super-réalisme" (contracté ensuite en "surréalisme") de Guillaume Apollinaire a bien pu faire couiner quelques ouïes, avant d’être accepté dans les us et coutumes...mais surtout scandaliser quelques mentalités non par son innovation linguistique mais par sa modernité symbolique.

"Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dicte de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale."

Le surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d’associations négligées jusqu’à lui, à la toute puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée. Il tend à ruiner définitivement tous les autres mécanismes psychiques et à se substituer à eux dans la réduction des principaux problèmes de la vie. (A. Breton, Manifestes du surréalisme, Idées/NRF p. 37)

Alors, que le peuple -dans son ensemble- transforme spontanément des expressions et dénominations en fonction de l’évolution d’un contexte et qu’en plus les modifications servent la cause des féministes, pourquoi s’en formaliser au lieu de s’en réjouir ?

Toujours dans le même effort de cohérence, l’inverse fonctionne aussi : s’opposer intempestivement à toute initiative contextuelle alors que son usage semble surgir de sa limpide évidence, parce qu’on y soupçonne une motivation militante, est du même ressort qu’un acharnement systématique et répétitif à féminiser le moindre terme générique dans l’unique but de défendre la parité.

Nos organes sensoriels seront tout aussi mortifiés que notre sens d’à -propos à l’écoute de ces disques rayés.

C’est là que je rejoins certaines des critiques de Maxime Vivas, mais seulement là , et avec un énorme bémol : je n’ai vu de rayures que dans le poème d’Aragon qu’il a lui même dénaturé ; j’attends donc d’autres exemples, et je reste en total désaccord avec les autres détracteurs et oppositions. Quant au "e" si fracassant, je l’emploie à chaque fois que je prononce "Le Grand Soir-reu" (accent toulousain oblige) : c’est mal, docteur ?

Femme, j’écris ton nom :

Maintenant que le décor est planté, j’en arrive donc aux divers « non » que je vais asséner, en m’aidant de l’introduction du Premier Ministre de l’époque, Lionel Jospin, du Guide d’aide et des rapports correspondants.

Non, il ne s’agit pas de combattre les hommes :

« Les linguistes le savent depuis longtemps : cette affaire n’est pas seulement la leur. Elle concerne la société tout entière. Elle véhicule nombre de résistances, pour une large part idéologiques.

Le rôle du Gouvernement ne peut certes pas être en la matière d’imposer une norme : la liberté d’expression, une des libertés les plus fondamentales dans une démocratie, suppose le droit pour chacun d’utiliser la langue comme il l’entend. Mais le Gouvernement doit montrer l’exemple dans la sphère qui est la sienne, celle des services publics. »

Non, ce n’est pas une « concession démagogique à quelques viragos » :

"Vouloir féminiser les noms de métiers, titres, grades et fonctions ne relève pas d’une sorte de mode, ni du goût de quelques femmes féministes ou politiques. Non seulement, comme le souligne la Commission générale de terminologie et de néologie, la féminisation « n’est pas interdite par la langue », mais elle est avant tout l’expression naturelle qui permet de rendre compte - puisque les mots existent pour dire les choses - d’une situation désormais irréversible."

Non, ce n’est pas une affaire linguistique :

"Qu’une femme exerçant les fonctions de directeur d’école porte depuis plus d’un siècle le titre de directrice alors que la femme directrice d’administration centrale était encore, il y a un an, appelée "madame le directeur" atteste, s’il en était besoin, que la question de la féminisation des titres est symbolique et non linguistique."

Non, Lionel Jospin n’a pas demandé tout le contraire :

(des noms de fonction restant neutres par rapport à ceux des métiers s’accordant en genre), c’est précisé plusieurs fois :

  • dans sa préface :
    « A ma demande, la commission générale de terminologie et de néologie m’a remis un rapport portant au premier chef sur les usages juridiques. Celui-ci montre que lorsque les textes visent une fonction, et non la personne qui remplit cette fonction, l’emploi du masculin est conforme à la règle. La commission invite à la rigueur dans la rédaction des textes législatifs et réglementaires. »
  • Dans le chapitre sur la Diversité des usages : 5.2.2.2. L’impersonnalité de la fonction, du grade et du titre

La réalité est très différente en ce qui concerne les titres, grades et fonctions. Il s’interpose entre la fonction et l’individu qui l’exerce une distance induite par le caractère abstrait, général, permanent et impersonnel de la fonction. La dénomination de la fonction s’entend donc comme un neutre et, logiquement, ne se conforme pas au sexe de l’individu qui l’incarne à un moment donné.

Les fonctions n’appartiennent pas à l’intéressé. Elles définissent une charge dont il s’acquitte, un rôle qu’il assume, une mission qu’il accomplit. La fonction publique est ainsi au service du public.

Non ce n’est pas "au mépris de l’Académie, de la langue, de toute la littérature déjà écrite" :

Le français serait-il donc la seule langue à ne pouvoir féminiser ses noms de métiers, titres, grades et fonctions ? Le latin, auquel notre langue a emprunté la majorité de son vocabulaire, le faisait tout simplement en jouant sur l’alternance des suffixes masculin/féminin (-us/-a, -tor/-trix...) :

à  correspondait
dominus (maître) domina (maîtresse)
minister (serviteur) ministra (servante)
medicus (médecin) medica (celle qui soigne)
cantator (chanteur, musicien) cantatrix (celle qui chante)
auctor (auteur) auctrix (celle qui produit, crée)

C’est en usant du même procédé que l’ancienne langue a créé les formes féminines des noms de métiers, titres, grades et fonctions qui foisonnent dans les textes littéraires ou juridiques, les registres et comptes de tous ordres.

Non, cela ne rend pas « impossible la lecture d’un texte à haute voix. » :

La langue a féminisé les noms de métiers, titres, grades et fonctions ; elle continue à le faire puisque c’est morphologiquement possible, excepté pour un petit nombre de termes. Mais des réticences existent qui, même si elles mettent en avant des arguments linguistiques comme l’homonymie ou l’euphonie, restent avant tout d’ordre psychologique et socioculturel. Plusieurs objections reviennent régulièrement chez les opposants à la féminisation : l’homonymie, l’euphonie, la dévalorisation et la question du neutre.

L ’argument de l’euphonie malmenée, du bizarre, voire du ridicule, existe aussi pour les appellations au masculin ; le terme maïeuticien, forgé par l’Académie française pour désigner les hommes qui, à partir des années 80, ont opté pour la profession de sagefemme, a immédiatement entraîné sa déformation plaisante en « mailloticien ». L’oreille serait choquée par certaines féminisations, mais non par des termes (souvent empruntés à l’anglais) entendus quotidiennement à la radio ou à la télévision : coach, omniprésent dans les commentaires sur le Mondial de football, discjockey et ses trois consonnes successives (on entend d’ailleurs souvent disque jockey) sonnent-ils réellement bien à l’oreille ? Il est vrai que la néologie est dissonante quand elle est dérangeante.

Non, encore non à ceci : « Le métier est le métier. La personne est la personne. Au nom de l’égalité, ôtez ces mots que je ne saurais voir. »

Afin de défendre l’emploi du masculin pour la désignation des noms de métiers et fonctions qu’exercent les femmes, ou les titres et grades dont elles sont titulaires, un argument est souvent avancé, qui parait tenir à la grammaire. « Un professeur », « Madame le Ministre » seraient des emplois neutres. Il convient d’y regarder de plus près.

Deux genres, et seulement deux : Il n’existe que deux genres pour les substantifs du français, le masculin et le féminin ; pour les noms, le neutre comme genre a disparu dès le bas latin.

Imposer un prétendu « bon » (et en tout cas récent) usage du masculin dans toutes les situations où l’on utilise un nom de métier, titre, grade ou fonction fait perdre une richesse de la langue, qui joue très finement de l’opposition du générique et du spécifique. Ainsi, en contrastant les deux visées, on peut dire :

Dans cet hôpital, les fonctions de chirurgien (générique) sont occupées par une chirurgienne (spécifique).

Utiliser un générique afin de désigner une personne singulière est une erreur logique ; employer un masculin générique pour nommer une femme particulière est une agression. Dire « mon avocat », « le ministre », en parlant d’une femme, c’est nier la singularité de sa personne. L’expression « Madame le Ministre » est contraire :

- à la logique : elle emploie un générique dans un énoncé spécifique ;

- à la grammaire : le genre est d’abord l’accord des déterminants ;

- à la civilité : elle impose un masculin à une personne féminine singulière.

Non, les vocables « écrivaine ou chercheure » ne sont pas « grotesques », c’est la démarche inverse de masculinisation qui l’est :

En 1927, Damourette et Pichon (Des Mots à la pensée, § 277), écrivent : « La facilité avec laquelle le français [...] sait former des féminins différenciés devrait détourner les femmes adoptant des professions jusqu’à ces derniers temps masculines de ridiculiser leurs efforts méritoires par des dénominations écoeurantes et grotesques, aussi attentatoires au génie de la langue qu’aux instincts les plus élémentaires » (exemples : Maître Gisèle Martin, avocat ; Madame le docteur Louise Renaudier) « le bons sens populaire a jusqu’ici résisté à cette extraordinaire entreprise, on dit couramment une avocate, une doctoresse, mais il est à craindre que la ténacité des intéressées n’emporte le morceau, et que cet usage ne finisse par s’introniser dans la langue française ».

Générique ou spécifique :

Entendons-nous bien : si je suis opposée à vos réticences concernant la féminisation des métiers par manque d’habitude ou autre raison (démontées plus haut), je confirme que l’emploi du « celles » ajouté au « ceux » alors que d’après le contexte il s’agit d’un générique pour désigner l’ensemble d’un groupe féminin et masculin (donc la neutralité est de mise) me semble tout aussi alambiqué qu’abscons.

En ce qui concerne les animés humains, on parlera d’emploi générique, c’est-à -dire de la désignation d’une classe entière d’éléments ; plus simplement, on dira que le terme est pris dans son sens le plus général.

Emploi générique en extension, tout d’abord. Si l’on évoque un ensemble d’individus, on suppose qu’il y a parmi eux des hommes (désignés selon le genre masculin) et des femmes (désignées selon le genre féminin). L’évocation globale doit utiliser un seul genre ; on se sert alors du masculin, qui assure la neutralisation grammaticale. C’est l’emploi très fréquent du masculin pour traduire le générique pluriel .

Par contre, si la déformation du poème d’Aragon rend la démonstration de Maxime Vivas évidente, je ne suis pas certaine de la neutralité générique de « celui ». Je peux me tromper mais ce poème fait penser à un conte de troubadour : « celui » + « celui » sont, (qu’ils croient au ciel ou qu’ils n’y croient pas), des héros fidèles et amoureux s’unissant pour sauver leur belle dame La France. En première lecture ce serait des êtres masculins dévoués à une entité féminine, la neutralité serait donc inappropriée. Mais un autre message les fait passer pour l’ensemble des résistants au nazisme, pouvant inclure les femmes combattantes, même si lors de sa deuxième publication, le poème fut dédicacé à quatre hommes bien précis.

Néanmoins, je ne vois pas pourquoi on irait tripatouiller un poème, qu’il soit d’Aragon ou de Monsieur Michu ? L’auteur l’a composé avec son sens musical ; changer un mot serait modifier une note et prendre le risque de provoquer une dissonance, ou un contresens, en tous les cas de trahir l’ensemble de la composition. Ce qui n’a rien à voir avec le choix qu’a l’auteure d’une oeuvre, de signifier son genre sexuel féminin en fin d’article pour préciser sa mini-biographie.

COMMENTAIRES  

11/09/2012 07:59 par babelouest

Chère Sheynat, d’oreille très sensible, le terme d’auteure me sied mal, ne le prenez pas à mal : mais pourquoi pas autrice, comme on dit actrice ou auditrice ? C’est là où je m’insurge. Vous-mêmes le soulignez, le suffixe latin "ix" est la féminisation habituelle, et tellement moins grotesque (on va dire que j’insiste).

Pour le reste, les quelques mots que j’avais commis, et que l’anomalie enfin résorbée qui en interdisait la publication laisse apparaître, vous donneront d’autres petites considérations parfois amusantes.

11/09/2012 08:15 par babelouest

Encore un mot (oui, on va sans doute me reprocher d’être encore là , avec raison).

Il est amusant de penser qu’un certain nombre de mots féminins finissent par "eur", mais ô surprise, sans l’"e" que l’on associe souvent au féminin. C’est le cas de fleur, de chaleur, de torpeur, de peur, de stupeur, de blancheur, de noirceur..... C’est certainement pourquoi la féminisation avec un "e" sonne mal.

Sans rancune, contributrice ?

11/09/2012 12:22 par Dominique Le Boucher

Bonjour,

Très intéressée par votre texte qui a mon approbation et mon entier soutien en tant qu’écrivaine et que femme ou l’inverse comme on voudra. De prénom ambigu... je suis assez bien placée pour avoir dû supporter la masculinisation de nos sociétés occidentales, et assez amusée par les finasseries de celles et ceux qui trouvent un tas de singuliers prétextes pour justifier le fait que le masculin soit l’odre des choses par ici et par là .

Ce prénom ambigu donc, m’a valu et me vaut régulièrement et systématiquement venant des diverses administrations par exemple, un " Monsieur " sur l’entête des courriers que je reçois, parce qu’il est, paraît-il moins " embêtant " d’appeler monsieur une femme que madame un homme... Je vous livre la réponse telle quelle car elle en vaut la peine n’est-ce pas ? Par ailleurs, ce prénom m’a permis d’entendre répéter un peu partout qu’avec un prénom masculin on ne peut qu’avoir quelques problèmes d’identité, hein ?

Je vous raconte cela car c’est assez pesant, étrange et difficile à vivre quand on est adolescente puis adulte et que l’on doit assumer une masculinité qu’on n’a pas demandée, comme une sorte de fatalité. Et cela m’a fait assez tôt ressentir plus vivement que d’autres personnes au prénom non ambigu lui, la perversité des arguments prétendus " de jolie sonorité " et autres billevesées qui sont, on doit le reconnaître, bien ficelés, si on ne va pas fouiner un peu au-delà .

Concernant notre langue que chaque français de souche estime lui appartenir de manière sacrée, Céline nous a heureusement libérés de tout, et nous pouvons, nous qui écrivons aujourd’hui, avec toute la liberté qui est la seule richesse réelle des créateurs, nous permettre de jouer sur les rythmes qui nous plaisent, faire sonner tel ou tel tam-tam de mots, et mêler enfin grâce au Rapp et au Slam, la jolie langue aux multiples nuances de Villon à Rabelais, à Gaston Couté, à l’argot et aux parlers populaires, enfin nous pouvons tout, ouf !

Nous le pouvons loin des donneurs de leçons femmes ou hommes qui ont interdit aux écrivains et écrivaines durant des lustres de causer comme bon leur semble avec leurs mots et leurs musiques et de démarrer un bouquin par ces mots : " ça a débuté comme ça. Moi j’avais jamais rien dit. Rien. " par exemple... Une pure trouvaille qui a fait voler en éclats la langue morte et tous les emmerdeurs et les emmerderesses, non ? J’utilise pour ma part aussi bien " écrivaine " qu’ "écrivain " selon mon bon vouloir et mon désir du moment et selon le rythme dont j’ai envie - et moi seule en décide - celui qu’il me plaît d’imprimer à la phrase que j’écris. Le seul fait qu’il n’y ait plus désormais grâce à Benoîte Groult, de masculin d’évidence, de tradition, et, voyez-vous, de joliesse de la langue n’est-ce pas, est une ouverture vers l’intelligence qui n’a pas fini de faire causer mais qu’importe.

Tout vos " non " m’ont appris bien des choses et on n’apprend jamais trop dans ce métier si tellement artisanal qu’est l’écriture où métier et passion s’entremêlent pour notre jubilation quotidienne et celle parfois de celles et ceux qui nous lisent.

Bien à vous.

11/09/2012 14:35 par Clyde Barrow

Soutien total au texte de Sheynat.

Je reconnais que certains mots féminisés peuvent paraître bizarre aux oreilles non habituées. Mais de là à lancer des anathèmes comme on a pu le voir avec les snobs, viragos et succubes, il y a un monde. Quand un mot nouveau apparaît, il parait toujours bizarre, mais c’est seulement quand c’est un terme féminisé qu’il fait polémique sur le Grand Soir. C’est tout de même une drôle de coïncidence.

Personnellement j’ai tendance à respecter les luttes des autres, pour peu que je partage leur bien fondé. N’étant pas militant féministe, et de plus étant un homme, je me dis que si des militantes féministes trouvent important de féminiser des mots, c’est qu’elles doivent avoir leurs raisons. Des raisons que j’ignore peut-être, n’étant pas dans la lutte active, ou que je comprends mal parce que je ne suis pas une femme, mais que je ne me permettrais pas de critiquer sans savoir. Disons que quand je ne sais pas, je ferme ma gueule. Je ne me permets pas de critiquer la forme des luttes que je ne mène pas. C’est une forme de respect pour les militants que je soutiens de loin, mais pas de manière active.

Il me semble que ce comportement devrait être la règle, surtout ici, sur le site du Grand Soir, qui soutient toutes les formes de luttes.

Concernant les mots, on sait combien les mots sont importants dans toutes luttes militantes. Par exemple, la gauche emploie le terme "cotisation sociale" pendant que la droite emploie le mot "charges". Il doit en être de même dans les luttes féministes. Si certains mots sont employés, ils le sont par des militantes qui ont réfléchi aux mots qu’elles emploient. Je pense que l’on doit les respecter, au lieu de les railler et de leur lancer des anathèmes, au nom de je ne sais quel conservatisme linguistique, qui n’est que le cache-sexe d’un machisme non assumé.

11/09/2012 23:34 par Sheynat

Les précisions qui allaient avec l’oeuvre d’art, placée en entête, ont disparu (je ne maîtrise pas les paramétrages de ce site) :

De Baya, sans titre, entre 1947 et 1953, gouache sur papier.Crédit photo Musée de l’art brut, Lausanne. Sur Wikipedia et ce site on peut lire : "D’une famille très modeste, analphabète, employée comme domestique, L’artiste a bouleversé la vision admise de l’art." Elle a contribué au courant du surréalisme.

@ Babelouest :
Le dernier dessin est l’illustration d’une petite anecdote survenue dans un autre contexte (j’ai changé les personnages et le décor par discrétion) le 10 janvier 2007.
J’ai retrouvé trace sur un forum de discussion d’orthographe, du sujet en question sur les règles de grammaire mises en doute par un employeur. L’argument était : "accorder au féminin ça sonne mal aux oreilles", et ses copains (soi-disant trèèès cultivés) lui donnaient raison ; je fus taxée de faire du charabia.(mot pour mot).
C’est une prof de français qui a tranché en ma faveur... rien de bien grave donc, sauf que depuis ce jour je me suis demandée où étaient placées ces oreilles si sensibles (boutade qui s’adresse entre autre à vous, cher Babelouest ;) )
Cependant pour "autrice", je me suis fait la même réflexion.

@ Dominique Le Boucher : merci pour votre témoignage très intéressant, je suis d’ailleurs 300% d’accord avec :

"J’utilise pour ma part aussi bien " écrivaine " qu’ "écrivain " selon mon bon vouloir et mon désir du moment et selon le rythme dont j’ai envie - et moi seule en décide - celui qu’il me plaît d’imprimer à la phrase que j’écris"

A lire aussi, les contributions documentées d’Emcee et d’autres, sur ce fil.

@ Clyde Barrow : merci pour le soutien ^^.

12/09/2012 10:39 par calame julia

C’est vrai que connu le nombre de luttes menées par les Européennes, il leur reste maintenant
à faire dans la dentelle du dit ainsi que de l’écrit ! quand d’autres femmes de par le monde
trimballent encore l’Eau nécessaire à la vie sur leur crâne et/ou leurs épaules.

La dernière illustration manque de rigueur puisqu’en effet l’on peut écrire : cela me surprit !
Mais à la manière de commencer un roman par : je sors ce jour mes mains de la cambronne,
d’autres jubileraient en écrivant "je sors ce jour mes mains de la merde" ce qui peut laisser
supposer que la deuxième version a plus d’impact que la première.
Sans aller aussi loin et pour se faire un petit plaisir : Le soleil donne la lumière et La lune
la réfléchirait... de nuit !
Quelle femme n’a pensé au moins une fois dans sa vie que la langue répondait à une
organisation sociale largement dominée par des hommes puisque héritière de bains de
sang et massacres de toutes sortes ?
Quelle femme veut de cet héritage ?
Il me semble que les choses se posent autrement qu’en termes d’égalité qui doit devenir,
au-delà des considérations linguistiques, au niveau des responsabilités prises et de leur
rémunération.
(Je viens de faire une petite vérification pour le mot "scriptrice" qui me conviendrait tout
à fait par ressemblance avec celui de sculptrice et je m’aperçois qu’il n’existe qu’au
masculin puisqu’il s’agissait d’un Officier de la chancellerie pontificale, qui écrit des bulles -en
première définition- venant donc du latin scriptor "celui qui écrit" ! qui devient au début du
vingtième : celui qui écrit un texte manuscrit.
Quand ’scripte’ qui est un francisation de -script-girl- peut être masculin et féminin cad
cette personne responsable sous la direction d’un homme directeur ou réalisateur.
Et donc je pose la question : par qui veut-on se laisser faire ? ).

13/09/2012 19:23 par Sheynat

11/09/2012 à 08:15, par babelouest

Il est amusant de penser qu’un certain nombre de mots féminins finissent par "eur", mais ô surprise, sans l’"e" que l’on associe souvent au féminin. C’est le cas de fleur, de chaleur, de torpeur, de peur, de stupeur, de blancheur, de noirceur..... C’est certainement pourquoi la féminisation avec un "e" sonne mal.

Sans rancune, contributrice ?

Voilà où on peut télécharger le Guide : Documentation française/rapports publics
Page 33 dans le chapitre "Deux genres et seulement deux" il est précisé la différence faite aux "inanimés" :

Pour les inanimés, la répartition en genre est parfaitement arbitraire : « la table, le bureau ; la mer, l’océan ; le jour, la nuit ».
C’est un fait général dans les langues indo-européennes : le français dit « le soleil, la lune », là où l’allemand oppose « die Sonne, der Mond ». Le genre, pour les inanimés, est donc seulement une question de morphologie (forme du mot : « le veston, la veste ») et d’accord (choix des pré- et postdéterminants : « la table est mise, le bureau est grand ») ; il permet de distinguer des homonymes : « le livre, la livre ; un tour, une tour ».

Pour les "animés", c’est surtout -à quelques exceptions près- en fonction du sexe qu’est attribué le genre :

Pour les animés (animaux, humains) s’ajoute en général une valeur sémantique, qui donne une information relative au sexe. A côté de :
- La muraille est épaisse, où le féminin est un simple accord grammatical,
La boulangère est gourmande apporte l’indication supplémentaire que la personne en question est une femme ; le genre de « boulangère » est alors dit « naturel ».
Ceci se vérifie pour les animaux familiers, que l’on connaît bien, pour les élever ou les chasser (« le taureau, la vache ; le bélier, la brebis ; le coq, la poule »). En revanche, « le hanneton, le brochet » peuvent être des femelles, « la mouche, la truite », des mâles.
(...)
Chez les humains, le genre est très généralement conforme au sexe : par le substantif on désigne un individu, lequel est naturellement discriminé en homme ou en femme. Il existe certes des exceptions,(...) souvent provisoires (« magistrat, avocat », etc., étaient classés par les grammaires dans la liste précédente, avant d’acquérir un féminin), de nuances portées à une tendance massive et indo-européenne : le genre, pour les animés humains, suit globalement le sexe.

C’est assez simple et clair, me semble-t-il.

13/09/2012 20:10 par Sheynat

12/09/2012 à 10:39, par calame julia

C’est vrai que connu le nombre de luttes menées par les Européennes, il leur reste maintenant
à faire dans la dentelle du dit ainsi que de l’écrit ! quand d’autres femmes de par le monde
trimballent encore l’Eau nécessaire à la vie sur leur crâne et/ou leurs épaules.

Moi je vois les choses autrement et je les énoncerais ainsi :
"C’est vrai que connu le nombre d’inégalités sociales que subissent les femmes de par le monde, certains hommes ne trouvent rien de mieux à faire que d’en rajouter une couche de leur dit et de leur écrit ! Quand d’autres les tabassent, les sous-rémunèrent, les exploitent, les violent et les vouent au mutisme."
Je ne sais pas pourquoi, mais ça sonne mieux à mes oreilles, tournées comme ça. :)

La dernière illustration manque de rigueur puisqu’en effet l’on peut écrire : cela me surprit !

Alors, la dernière illustration illustre complètement cette agitation masculine déplacée pour un mot qui lui était correctement placé, et il s’agit d’un petit événement de rien du tout qui ne m’a pas traumatisée outre mesure mais qui en dit long sur la mauvaise foi.
Je résume :
- qui avait accordé correctement l’auxiliaire du verbe avoir en employant le temps qu’elle trouvait adéquat pour exprimer sa pensée ?
Une femme.
- qui s’est opposé en prétextant l’erreur d’accord ?
- qui s’est enfoncé en accusant de charabia ?
- qui s’est enterré dans son erreur en avançant qu’une vingtaine de copains étaient d’accord pour considérer que ça sonnait mal ?
- qui s’est agité à ce sujet durant deux semaines en prenant à témoin différentes personnes jusqu’à qu’une prof de français lui prouve son erreur ?
Un homme.

Moi j’ai dit non.

Et il aurait fallu dire "cela me surprit", donc employer un autre temps, pour rester dans les accords qui conviennent à ces oreilles arbitraires ? Mais, heu, mon illustration illustre ce qui s’est passé et c’est tout.

Ma question persiste : où se situent ces oreilles si arbitraires ?
Et il en vient une autre : Il n’y a pas d’autres choses à faire que d’enquiquiner les femmes qui, lorsqu’elles parlent, et parlent d’elles, accordent au féminin ?

Alors de deux choses l’une :
- ou l’on considère que les "dits" et les "écrits" c’est du pipi de chat et dans ce cas, s’il vous plaît, on va jusqu’au bout d’un tel raisonnement, qui consiste, par cohérence, à ne pas sauter sur le moindre petit "e" accordé par une femme en criant pire que si on avait tiré sur les petits cheveux de la nuque.
- ou l’on conçoit que les "dits" et "écrits" ont leur part de force révolutionnaire... qu’il s’agit d’un outil d’information capable de changer la structure d’une société et de son comportement du fait même de la modification du moyen de communication, d’autant plus qu’il est accessible au plus grand nombre, et alors là , j’invite à aller jusqu’au bout aussi : se défendre d’une légitimité à parler de soi en accordant son genre n’est pas faire dans la dentelle.

14/09/2012 01:42 par emcee

@Sheynat :
J’aurais dû venir commenter plus tôt, mais j’ai eu quelques démêlés avec les gardiens des institutions ï Š
Bravo pour le travail que vous avez fourni. C’est très intéressant et c’est un bon rappel des motivations qui ont conduit à la féminisation de certains noms de professions. A l’époque, la droite avait rugi, me semble-t-il, mais la gauche n’avait pas rué dans les brancards.

Autre temps, autres moeurs.

Votre texte, par exemple, aurait, sans doute, à l’époque, figuré à la une d’un site de gauche.

14 ans, déjà , et si ce siècle n’est pas encore tout à fait religieux, il est largement sectaire.
En revanche, je ne suis pas d’accord avec tout, mais ce n’est pas important.

@ Dominique Le Boucher :

Votre témoignage a un double intérêt puisqu’il s’agit du point de vue d’une femme qui écrit et dont le prénom est ambigu.

Et cette explication sur l’ambigüité du prénom est d’autant plus intéressante que je n’avais pas trop imaginé les implications, sauf fugitivement.
Cela pointe du doigt combien est équivoque l’utilisation du masculin générique. On a beau répéter que le masculin pluriel englobe à la fois les hommes et les femmes, s’il est sûr qu’il y a des hommes, la présence des femmes est incertaine, donc rendue invisible. Comme la Dominique-femme qu’on appelle "Monsieur".

@ calame julia

Moi, je ne vais plus manifester avec les fonctionnaires, parce qu’ils ont la sécurité de l’emploi et du salaire et qu’il y a des gens qui aimeraient bien être à leur place ;

Je ne vais plus manifester avec les classes moyennes parce qu’elles ont des salaires bien plus corrects que les ouvriers, alors un peu de décence ;

Je ne vais plus aux manifestations des ouvriers parce qu’à côté des conditions de travail des ouvrières, ils n’ont pas à se plaindre ;

Je ne manifeste plus avec les ouvrières, parce qu’elles peuvent s’estimer heureuses d’avoir un emploi, même très mal payé, quand il y en a tant qui n’en trouvent pas ;

Et si les "RSA" manifestaient, ils ne me verraient pas, parce que, quand même, avec ce que l’Etat leur donne par mois, une famille africaine pourrait nourrir toute sa famille pendant un an.

Ce que je fais maintenant ?

J’attends que les patrons décident à ma place. Et j’envoie des dons à une ONG pour qu’elle fasse venir l’eau potable à la porte de cette pauvre femme.

14/09/2012 08:57 par calame julia

Seynat,
vous savez quoi ? la première chose que j’ai remarquée c’est votre icône de présentation
magnifique au demeurant, mais dont la femme ne porte qu’un seul oeil...
et je parie que vous allez m’expliquer que vous l’avez choisie pour la grâce des lignes
et des couleurs...

emcee,
tout le difficile que vous avez véçu ! merci de m’en avoir fait la confidence !
Cependant, JE pense que vous êtes très loin de la réalité du mien que JE n’ai pas
à répandre en commentaire à un article sur un site d’information alternative.

Et dès qu’il s’agit de faire du tort aux femmes ce sont les femmes qui y excellent.

14/09/2012 13:28 par Sheynat

Allez, quelques extraits :

"Chères soeurs et frères de notre pays, (…)
A nos héros et héroïnes (…)
j’évoque les héros et héroïnes de chaque peuple représenté ici.
(...)nous demandons à tous les dieux et déesses de toutes les religions et de toutes les croyances, aux hommes, aux femmes, que l’on ne permette plus la crucifixion de ce peuple héroïque.(...)
Appel :
Frères et soeurs de tous les continents en ce moment historique,
(…) unité des discriminéEs à cause de la classe, de l’appartenance ethnique, du sexe, de la couleur de peau, unité des savoirs, unité du chant et de la poésie(...)"

"Ce qui signifie que, même dans le domaine du cinéma, la femme tient bien son rôle de «  ménagère » et que son accès au poste de décision et à la maîtrise de l’outil technologique pose problème. Au Burkina Faso, par exemple, sur soixante-quatre réalisateurs recensés, on compte neuf femmes (soit 14%), mais aucune camerawoman, aucune ingénieure du son, aucune directrice de photo. En revanche, on compte dans ce même pays six monteuses sur un total de onze et trois maquilleuses sur… trois. »

En espérant n’avoir pas fait vriller les ouïes viriles ni causer du tord aux femmes par ces extraits.

Si vous voulez lire le contenu des textes d’où sont tirés ces extraits :

Salutations de Marà­a León, Présidente de l’Institut National de la Femme
Durant l’inauguration du XIV congrès de la FDIF

Penda MBOW, «  Femmes et images, la production culturelle chez les Africaines », CLIO. Histoire, femmes et sociétés [En ligne], 19 | 2004, mis en ligne le 27 novembre 2006, consulté le 14 septembre 2012.

Au fait, les auteures ne sont pas occidentales : l’une est vénézuelienne, l’autre sénégalaise.

@ Emcee : merci ^^

On a beau répéter que le masculin pluriel englobe à la fois les hommes et les femmes, s’il est sûr qu’il y a des hommes, la présence des femmes est incertaine, donc rendue invisible.

Oui je suis d’accord, d’ailleurs lorsque les femmes sont interpellées dans des messages qui s’adressent à tout un peuple, j’ai le réflexe de me dire «  tiens, ici les femmes sont prises en considération et on le fait savoir ». Lorsque c’est dévié et exagéré, comme l’exemple du poème d’Aragon dénaturé, c’est alambiqué (à mon avis), mais un appel tel que celui de Maria Léon qui désigne ici et là les femmes a toute sa raison d’être et j’adhère... et il doit en exister beaucoup d’autres comme celui-ci ; j’attends donc les critiques puisqu’une telle formulation est sensée dénaturer une tradition.

@ Calame Julia : j’ai choisi le tableau pour son auteure et la diversité des couleurs s’harmonisant magnifiquement. S’il n’y a qu’un oeil représenté dans ce portrait, c’est sans doute parce que le personnage est de profil, plutôt que parce qu’il n’en porte qu’un, ne croyez-vous pas ?

14/09/2012 18:56 par danonyme jitien à  cunégonde et bien dotre

Ouaouh ! quel pied de découvrir un article comme ça, avec tous les commentaires super qui le suivent, sur LGS !

Parce que "Quand un mot nouveau apparaît, il parait toujours bizarre, mais c’est seulement quand c’est un terme féminisé qu’il fait polémique sur le Grand Soir. C’est tout de même une drôle de coïncidence."

Et je ne m’étendrai pas sur toutes les fois où j’ai été censurée pour avoir crié (par écrit) ma colère dans quelque commentaire de quelque article dégouttant (ou dégoûtant ?) de machisme faussement innocent.

14/09/2012 19:12 par Safiya

Merci Sheynat pour ce merveilleux tableau de BAYA.

Merci d’exister et de porter haut la cause des femmes, merci aussi à Emcee. Pour ce qui est de la mixité-parité de l’emploi, ce n’est pas pour demain tant les grilles de classification sont discriminantes à notre encontre et ce même dans les pays dits "démocratiques".

Je n’aime pas les potiches et j’adore dire "Michel-leu".

Vous avez commis là de la belle ouvrage !

14/09/2012 19:24 par emcee

@calame
De toute façon, vous n’avez rien compris à ce que j’ai dit, mais ne vous inquiétez pas, c’est réciproque de ma part, et pas seulement cette fois-ci.

En revanche, j’ai très bien compris ceci :

"Et dès qu’il s’agit de faire du tort aux femmes ce sont les femmes qui y excellent"

C’est très clair et le message sera transmis à toutes les femmes en lutte dans le monde et que vous salissez et écrasez de votre mépris. Personne d’autre sur ce site n’aurait osé tenir des propos aussi abjects.

On le répètera aux Tunisiennes, aux Egyptiennes, aux Libyennes, aux Saoudiennes, aux Irakiennes, etc., et bientôt, sans doute, aux Syriennes - qui sont sous le joug de religieux sectaires et violents qui les enferment et leur imposent leurs diktats - et aussi aux travailleuses mexicaines qui ont été violentées et assassinées, et le sont probablement toujours, sans que cela n’émeuve personne, aux femmes de la RDC qui ont subi et subissent encore des atrocités (mutilations, viols et autres tortures) dans l’indifférence générale, et à toutes celles du monde entier qui servent de moyen de pression et de domination.

On en parlera à toutes les femmes qui ont lutté et luttent pour leurs droits, et dont certaines sont mortes pour l’avoir fait.

On le dira aussi à celles qui sont exploitées, harcelées, battues, violées, réduites à l’esclavage, tuées quotidiennement, même dans cet occident vertueux, dont la France, et où vous pensez, de toute évidence, que les femmes ont la vie facile et revendiquent par caprice, parce qu’elles n’ont rien à faire entre deux rendez-vous chez le coiffeur, la manucure ou l’esthéticienne.

Vous auriez pu au moins avoir la décence de vous taire. Vous m’écoeurez.

Parce qu’apparemment, vous êtes une femme et que vous n’avez même pas conscience de ce qu’elles subissent au quotidien et tout ce que vous trouvez à dire, c’est que ce sont les femmes qui font le plus de tort aux femmes.

C’est pitoyable. D’où que vous parliez et quel que soit votre vécu, dont on se fiche éperdument si cela vous amène à des conclusions aussi partiales et irrationnelles, vous n’avez aucun droit de les calomnier comme vous faites.

14/09/2012 21:29 par danonyme jitien à  cunégonde et bien dotre

Vous auriez pu au moins avoir la décence de vous taire. Vous m’écoeurez.

Quel dommage emcee, dont les contributions sont souvent si parfaitement argumentées et intéressantes, que vous les gâtiez, dès qu’un débat se prolonge, par des sorties si violentes et si peu rationnelles sur le fond ; la forme ne pouvant avoir pour effet que de faire taire toute contestation de vos convictions, quand vous êtes si bien armée pour convaincre.

14/09/2012 21:35 par calame julia

emcee,
pas de problème, ce sera comme vous dites dans le mépris que vous me manifestez !
parce que je suis une femme et que sans doute dans votre esprit partisan vous m’avez
déjà flanqué une étiquette vous savez du genre qui vous empêche de voir nettement !
Et du coup vous me fixez votre grande philosophie féminine selon quoi les femmes
souffrantes ne seraient pas Européennes !
Franchement, vous savez lire les commentaires ? et sans le vouloir vous me prouvez
que la seule phrase que vous avez relevée -de mon commentaire- était écrite à 
point nommé.
Pour votre gouverne, vous avez l’illustration de ce que peut être l’incompréhension
entre une femme politisée (vous) et une se bat au quotidien en actes ! trèeees chèeeere !

Et encore je me retiens !

14/09/2012 21:44 par calame julia

emcee,
je viens de faire le constat que le commentaire qui me serait destiné vous intitulez
"calame" ! vous adressant ainsi à un patronyme donc à un homme ! en omettant la précision "julia"
qui me distingue des autres membres de ma famille en affirmant mon état de femme !

Vous êtes vraiment une cheftaine dans le mépris et vaya con dios, hija !

14/09/2012 22:57 par legrandsoir

@emcee et calame julia

Allez les filles, on se calme (cela dit sans machisme... ;-))

15/09/2012 01:11 par Nasrin

Ces revendications dites sexistes sont grotesques, peut-être une version moderne des précieuses ridicules, j’imagine ?

Difficile de ne pas penser à un pataquès :

"Un plaisant était à côté de deux dames ; tout à coup il trouve sous sa main un éventail. - Madame, dit-il à la première, cet éventail est-il à vous ? - Il n’est point-z-à -moi, monsieur. - Est-il à vous, madame ? dit-il en le présentant à l’autre. - Il n’est pas-t-à moi, monsieur. - Puisqu’il n’est point-z-à vous et qu’il n’est pas-t-à vous, ma foi, je ne sais pas-t-à qu’est-ce !"

15/09/2012 09:22 par Sheynat

@ danonyme jitien à cunégonde et bien dotre et @ Safiya : merci :)

Calame Julia, j’aimerais bien savoir à quoi vous jouez, vous. C’est le même jeu que celui de Maxime Vivas et de Babelouest ?
Mais moi aussi j’aime jouer.
Et si en effet, la réaction d’Emcee est une aubaine pour la placer direct dans le rôle de l’attaquante et vous celui de la victime, autrement dit en «  grande fixatrice partisane et politisée de grosse étiquette » -pour reprendre vos expressions- et si je suis assez invisible à vos yeux pour que vous ne répondiez pas à mes questions à chaque fois que j’ai décollé une à une les étiquettes que vous avez tenté de m’attribuer, vous avez sans doute remarqué que vous ne pouvez pas me cataloguer dans la catégorie des politisées.
Est-ce... embêtant ?

Donc j’attends toujours des réponses à vos propres attaques, même si certaines dans l’art et la manière semblent d’inoffensives insinuations :

- Pourquoi vous dites qu’il reste «  aux européennes à faire dans la dentelle du dit et des écrits », et pourquoi vous ne répondez pas à mes décollages d’étiquette lorsque je vous montre que des femmes des pays du Tiers-Monde emploient elles aussi ces terminologies féminines qui en hérissent certains ? Parce que je n’ai pas précisé toutes les causes qu’elles défendaient ? Il suffit d’aller chercher leur biographie. Alors, pourquoi ?
- Pourquoi vous vouliez me faire accorder une énoncée correctement orthographiée à un autre temps sous prétexte de «  manque de rigueur » ?
- Pourquoi vouloir me faire choisir une icône de «  femme qui ne porte qu’un oeil » alors que le visage est de profil ? Quitte à parier sur des raisons de mes choix qui semblent obscures et n’appartenir qu’aux votre ?
- Pourquoi ne pas répondre à mes réponses -non agressives- à vos pics et avancer que «  dès qu’il s’agit de faire du tort aux femmes ce sont les femmes qui y excellent. » Vous parliez de qui, de vous ?
Et aurait-il fallu que je sois agressive pour remplir le rôle qu’on tente de nous faire endosser ?

Sérieusement, quel est le nom de ce jeu, quelles en sont les règles, quel en est le cadre (ou «  background »), j’aimerais savoir ?
J’ai compris qu’il y avait des personnages prédéfinis dans deux camps déterminés :
- d’un côté, des «  hommes-aux-oreilles-sensibles » et des seigneurs de la Langue «  victimes » de certains sorts maléfiques comme ces «  e » et ces «  héros-et-héroïnes » ou encore ces «  frères et soeurs »....
- de l’autre, des succubes, des viragos, des «  femmes-snobes », des «  femmes-partisanes » et des «  femmes-qui-excellent-dans-le-tort-causé-aux-femmes », et puis, dernières implémentées, des «  Dames-cyclopes » alliées à l’oeil Unique symbole du Mal…
OK, ça j’ai compris, je me retrouve sans l’avoir voulu cette fois, dans un jeu virtuel à la Tolkien. Où je serais sans doute moi-même manipulée par un symbole de franc-maçonnerie, mais ...ne soyons si parano :).
On devrait aussi rajouter des «  femmes-harpies » parce que sinon, le jeu ne serait pas assez équilibré pour le nombre de rôles flatteurs distribués aux Dames dans ce MMORPG, non ?
Donc avant de choisir quel perso incarner, il faudrait m’en dire plus, que je puisse décider si j’y participe... ou pas.
Ou alors il ne s’agit pas d’un jeu pour vous, mais rien n’est assez clair pour l’instant pour me permettre de le supposer.

15/09/2012 09:42 par emcee

@danonyme…. (J’espère que votre prénom n’est pas dans le reste de votre pseudo parce qu’on va encore me faire un procès d’intention)

"faire taire toute contestation de vos convictions" : si vous avez lu le fil de discussion, vous savez pertinemment que je n’assène pas mes "convictions" et que je "conteste" justement celles qui ont été émises de façon particulièrement agressive - et incongrue pour ce qui est de ma réponse ironique, mais courtoise.

Ce qui ressort de ces commentaires qui m’ont, en effet, fait bondir, c’est :

Que les "Européennes" se préoccupent de détails dérisoires alors qu’il y a des femmes qui souffrent vraiment dans le monde :
"C’est vrai que connu le nombre de luttes menées par les Européennes, il leur reste maintenant à faire dans la dentelle du dit ainsi que de l’écrit ! quand d’autres femmes de par le monde trimballent encore l’Eau nécessaire à la vie sur leur crâne et/ou leurs épaules".

Il me semble que c’est (relativement, je le concède) clair. J’y ai répondu une première fois, mais, devant la mauvaise interprétation de mes propos, j’ai répondu une seconde fois en y incluant l’affirmation selon laquelle :

2) ce sont les femmes qui font le plus de tort aux femmes :
"Et dès qu’il s’agit de faire du tort aux femmes ce sont les femmes qui y excellent".

Mon argumentation portait sur ces deux affirmations gratuites que j’estime indécentes.

Et la seule phrase qui ne répondait pas au sujet est celle que vous avez relevée.

Je persiste et signe, cependant : après les explications qui ont été données par Sheynat, d’abord, et par d’autres, dans ce fil de discussion, il était complètement déplacé de venir s’interposer grossièrement (à plusieurs reprises) en se livrant à des attaques subjectives et infondées, et des explications nébuleuses.
Et, oui, si on n’a rien à dire, on n’est pas obligé de parler. Je le maintiens. Sous une autre forme, puisque le style direct occulterait le fond.

" Franchement, vous savez lire les commentaires ?" : tout à fait. Quand ils sont écrits en français.

Au fait, c’est Sheynat et pas "Seynat".

Au GS : nous savons pertinemment que le machisme ne passera pas par vous :-)

15/09/2012 13:21 par calame julia

Mesdames Seynat et accessoirement @ emcee,
Donc, puisqu’ainsi vont les discussions à sens unique : les Européennes se sont affranchies
de la tutelle masculine et ont mené des luttes au jour le jour partout... elles ont des acquis
qu’il faut à tout prix conserver cad que le système : je fais tout subir aux femmes puisque
je suis prioritaire en tant qu’homme n’est plus de mise.
Alors, elles peuvent "peaufiner" les conséquences de leurs luttes.

Mais bien entendu vous avez compris autre chose. Aussi, je vous laisse à vos discussions
auxquelles JE n’ai plus envie de prendre part alors que je m’étais imaginé qu’ici dans un
site d’information alternative il était posible de poser des questions sans se prévaloir
d’un quelconque titre ou distinction ! Tout le monde fait des erreurs et celle-ci je la
prends entièrement sous ma responsabilité. Bon vent, mesdames !

15/09/2012 22:00 par danonyme etc.

Allons, emcee, ne faites pas semblant de croire que je critique ou n’ai pas compris vos arguments ; j’ai dit tout au contraire combien je les apprécie. Ce que j’ai critiqué, c’est le non-argument que j’ai cité, et dont j’ai tenté de vous faire observer qu’il nuit à votre argumentation. Et ce n’est pas la première fois que je tente de vous en faire la remarque : il vous est arrivé par le passé de faire appel à la censure de nos amis (quoique machos - je vous trouve bien complaisante à leur égard) du GS, quand votre point de vue était discuté, avec une insistance certaine, par d’autres lecteurs.
Et je trouve particulièrement paradoxal que vous intimiez à une femme (avec laquelle je suis évidemment en désaccord) de se taire, parce qu’elle attaque un article (qu’à juste titre, selon moi, vous soutenez) qui défend justement la libre expression féminine. Libre expression féminine à laquelle s’opposent ceux (cités dans l’article) qui prétendent nous imposer leurs conceptions "linguistiques" (entre autres, car les résistances "linguistiques" en traduisent vraisemblablement d’autres), mais aussi, hélas, semble-t-il (encore que les pseudo peuvent cacher bien des choses), certaines femmes. Mais ce n’est surement pas en empêchant ces dernières de s’exprimer qu’on leur permettra de découvrir le plaisir et l’intérêt de le faire.

En conclusion, quels que soient nos désaccords, sachons être solidaires quand nous avons des intérêts communs.

15/09/2012 23:04 par danonyme etc.

A Calame Julia,

Il n’y a pas que les européennes qui ont mené des luttes au jour le jour et elles ne sont pas les seules à avoir conquis des droits. Mais ces droits sont toujours à défendre, et le sont dans tous les pays. Voyez les tunisiennes, qui avaient obtenu après la lutte d’indépendance, à laquelle elles avaient massivement participé, des droits bien supérieurs à ceux des françaises à la même époque, et qui sont aujourd’hui acculées à les défendre à nouveau pied à pied... Encore une fois, soyons solidaires ; nous n’avons pas toutes les mêmes situations, ni les mêmes difficultés, mais nous avons des intérêts communs.

Pour prendre un autre exemple : Bien que Maxime Vivas soit un macho, nous pouvons être (nous avons intérêt à être) solidaires avec lui quand il est attaqué par des ennemis de la liberté d’expression à qui le concept de rouge-brun s’appliquerait beaucoup mieux qu’à lui.

16/09/2012 00:44 par gérard

Je n’étais pas contre une certaine féminisation des noms de métiers, je l’ai dit, mais de là à en faire un débat féministe, on marche sur la tête...
J’ai endossé mon gilet pare-taser :
- L’égalité homme/femme n’existera jamais...
Il ne pourra y avoir que complémentarité dans l’égalité, et c’est tant mieux !
Bien sûr qu’il y a des métiers plus spécifiques à la nature profonde de l’un ou de l’autre sexe...
Désolé, mais par exemple une femme/boxeur pour moi c’est totalement choquant...
L’agressivité "gratuite", c’est à dire lorsqu’elle n’est pas en relation avec, qu’on le veuille ou non sa fonction première, la protection de sa descendance, est contre nature de la mère car elle peut mettre en danger son enfant...
Parenthèse, car je sens arriver l’objection (pour ne pas dire le taser !) :
- Lier la psychologie féminine uniquement à sa fonction de mère c’est "réactionnairement" réducteur !
Je suis entièrement d’accord.
- dire que cette fonction n’a aucune répercutions dans l’inné profond de toutes les Femmes, c’est une aberration !

Ce fragile bipède à la progéniture encore beaucoup plus fragile à la naissance et qui le reste pendant de nombreuses années, n’a pu survivre à travers ces millions d’années qu’avec une séparation bien tranchée des fonctions mâle/femelle...
Pendant que le mâle allait chasser bêtement le mammouth avec un cure-dent, la femelle était bien obligée se coltiner tout les autres travaux dans la grotte...et sans aspirateur !
Ces deux fonctions sont donc absolument complémentaires et égalitaires, car qu’une de ces deux fonctions "déconne", et c’est la fin de l’espèce...
J’ai bien dit "complémentaire et égalitaire", pas uniquement égalitaire, cela tombe sous le sens : la chasse et la gestion du "nid" demandent l’une et l’autre des aptitudes différentes et complémentaires.
Il y a un inné de base qui a plusieurs millions d’années, et on pense que depuis disons un siècle, il va être modifié ?
Ce n’est pas sérieux !
Il n’y a qu’à voir comment réagissent deux jeunes enfants, fille ou garçon ; leurs réactions sont instinctivement dans l’ensemble assez différentes :
- par exemple les garçons auront plus tendance à la bagarre, cela me parait être évident, il ont en eux l’inné de cette fonction qui a plusieurs millions d’années derrière elle, de lutte pour la femelle, de lutte pour défense du clan, lutte pour la chasse...
Rien n’est ou tout noir ou tout blanc, j’insiste pour qu’il n’y ait pas de malentendus...Je parle des tendances GÉNÉRALES
J’insiste encore : je schématise, car évidemment il y a en réalité beaucoup plus de nuances..Donc, il y aurait beaucoup d’autres choses à dire, mais je veux faire court...
De toute façon j’en ai assez dit pour me faire incendier...

- Et la langue française là dedans...
Déjà je dirai simplement qu’elle n’a fait que suivre cette évolution...donc effectivement il y a plus de nom de métier masculin.
Comme par hasard, pour illustrer mon propos, j’ai deux filles ; l’une est docteur(????) en Philo...l’autre poursuit des études pour être ingénieur(????)...
Je ne sais plus comment il faut écrire...
Pour moi le plus important était qu’elles aient réussi dans leurs études, point. Mais il faudra que je leur pose la question à savoir si elles apprécient le genre du nom de leur métier...
Les connaissant comme je les connais, je suis certain qu’elles n’en ont strictement rien à faire...

Mais revenons à la langue française, ce n’est déjà pas une langue qui se modifie facilement car elle est extrêmement "déterminative"(contrairement à l’Anglais qui est une langue que je qualifierai de beaucoup plus abstraite : avec deux mots accolés, en Anglais on fait un troisième sans problème ; en Français ce n’est pas souvent possible...)
A chaque chose il faut un mot, et à chaque nuance il en faut un autre...
Créer un mot nouveau sur la seule base des mots français existants, est presque chose impossible.
On avait donc été pour cela en piquer partout des mots (au grec ancien, au latin, à l’arabe, à l’espagnol aux germains etc...), et maintenant c’est à l’anglais, à ceux qui nous en avait "piqués" une ribambelle auparavant.
Il y a donc un "esprit" dans ce langage qui est lié à son histoire et tout particulièrement dans son orthographe, le cauchemar de tous les étudiants étrangers...et des enfants (au fait on fait quoi pour le féminin de enfant ?)

Je pense qu’il est difficile d’aller contre mais est-ce réellement important ?
Mon premier réflexe, je le redis, fut de ne pas être contre la féminisation des noms de métiers...
[Quelque fois cela risque de donner des consonances..."bizarres" : pour "maçon" on fait comment au féminin !]
Mais je reste dans l’expectative : est-ce que cela changera beaucoup de choses dans la relation Homme/Femme, de la condition de la Femme dans la Société etc...
J’ai de gros doutes...
Je préfère de loin privilégier l’éducation, le droit, la politique les conditions de travail etc...à l’orthographe.

Il y a quelques idées reçues contre lesquelles je m’insurge :
- le pouvoir serait plus dans les mains des hommes, c’est très loin d’être évident. La Femme a souvent beaucoup plus de pouvoir dans la cellule familiale que l’Homme...
- "faible" Femme : physiquement oui, mais face à des situations extrêmes, en règle généralement la Femme réagit plus fortement...

Tout est parti de l’article de Fida Dakroub ; son texte était à tous points de vue remarquable, dans le fond et dans la forme ; les commentaires ont sérieusement dévié sur à mon avis un détail qui ne lui apporte ni ne lui retire quoique ce soit, et on l’a oublié ; on a privilégié le "doigt"...au lieu de la "lune", dommage...

Dernier point : pourquoi prendre des pseudonymes qui ne sont pas clairement soit masculins soit féminins ?

16/09/2012 00:47 par emcee

A danonyme … :

Vous avez l’air de bien me connaître. Moi, c’est la première fois que je vois votre pseudo.

Ah bon ? J’ai fait appel au GS pour qu’ils censurent ? Où ça ? Et vous pensez que j’avais la prétention de croire qu’ils allaient plier ? Vous me prêtez des pouvoirs que je n’ai pas.

J’ai un gros défaut : je ne commente que sur des sujets auxquels j’ai mûrement réfléchi et qui me tiennent à coeur, je ne commente pas avidement partout, juste pour déposer ma patte, ou pour passer à la postérité, ou pour laisser croire que je sais tout sur tout.Il m’arrive même de ne rien dire sur des sujets brûlants, alors que j’ai une opinion bien affirmée.

Donc, je suis d’autant plus agacée quand quelqu’un veut absolument prendre le contrepied de ce que je dis avec des arguments clairement nuls et non avenus. Je n’ai pas la science infuse et je suis tout à fait prête à entendre une argumentation étayée. Le problème, c’est que ce n’est pas souvent le cas. Et, donc, je ne laisse rien passer et je ne cède pas. C’est mon tempérament - et je n’en changerais certainement pas.

Quant à être "complaisante" avec le duo infernal du GS, vous demanderez à Maxime Vivas ce qu’il en pense, Viktor Dedaj étant, lui, resté en retrait, il n’a eu droit qu’à quelques remarques : or, je n’ai pas pour habitude de m’attaquer par amalgame à ceux qui ne disent rien.

Maintenant, un débat enflammé ne veut pas dire la guerre. Il n’y a pas de raison de poursuivre les hostilités à l’infini une fois qu’on a dit ce qu’on avait à dire.

Il y a eu des complaisances plus évidentes, et des silences bien prudents, puisque je me suis retrouvée seule pratiquement à argumenter contre.

Et pourquoi est-ce moi, justement, que vous attaquez, alors que vous soulignez que vous adhérez à mes arguments, et pas les "machos" et leurs idiots utiles ?

Quant à dire : "Et je trouve particulièrement paradoxal que vous intimiez à une femme de se taire, parce qu’elle attaque un article …" ( Curieux, vous n’appliquez pas ce principe à tout le monde).
Et pourquoi ? Les femmes qui parlent de façon irréfléchie auraient le droit de s’exprimer librement parce que ce sont des femmes ? Et les autres femmes devraient se sentir solidaires d’elles et ne pas les contredire ? Drôle de conception du féminisme.

Pour le coup, nos "machos" auraient beau jeu de nous prendre pour des imbéciles.
Et ils auraient raison (@ GS : un peu de "complaisance" ne fait pas de mal ;-)

@Safya,
Avec tout ça, cela fait plusieurs fois que j’oublie de te faire un petit signe. Bon rétablissement.

16/09/2012 11:30 par Clyde Barrow

Au Grand Soir : Pourriez vous s’il vous plait encadrer et mettre en bonne place le commentaire de gérard, ci-dessus.

C’est en effet la synthèse des arguments débiles contre lesquels les féministes se battent depuis 150 ans. Il serait donc peut-être utile de le garder, afin d’instruire les générations futures, et de montrer contre quelle montagne d’imbécillités les féministes se battent.

Merci et bravo à gérard pour ce travail de synthèse particulièrement édifiant.

16/09/2012 15:56 par Anonyme

A emcee, je vous ai adressé une observation concernant une erreur de procédure qui nuit fréquemment à vos justes arguments. Je n’ai nullement l’intention de vous "attaquer".

Il en va tout autrement à l’égard de Gérard qui fait partie de ces innombrables mâles qui ne parviennent toujours pas à se penser hors de l’âge d’or des cavernes. Mais je préfère fermer ma gueule de femelle parce que si je m’exprime librement sur l’accumulation de sottises de son commentaire je vais me faire censurer comme d’hab ; en tout état de cause, vu l’état de son psychisme, il est peu probable que les arguments d’une femme puissent atteindre un cerveau à ce point bouché. La vie est courte, je n’ai pas la patience de Sheynat.

16/09/2012 17:14 par Sheynat

@ Gérard :
Difficile de répondre brièvement à toutes les questions que tu soulèves, mais je vais quand même tenter :)

Pour commencer, tu peux enlever ton "pare-taser", car les réponses qui suivent proviennent majoritairement d’hommes (de mâles, quoi) :
Donc, déjà , à  :

Pendant que le mâle allait chasser bêtement le mammouth avec un cure-dent, la femelle était bien obligée se coltiner tout les autres travaux dans la grotte...et sans aspirateur !
Ces deux fonctions sont donc absolument complémentaires et égalitaires, car qu’une de ces deux fonctions "déconne", et c’est la fin de l’espèce...

Voici les réponses :

« Les mythes »,ici relatifs aux écarts supposés entre hommes et femmes à la Préhistoire,
« se sont tellement enracinés au fil des millénaires que leurs constructions se confondent avec un état ancestral de l’humanité …. ».

« Quelques millénaires d’écritures suffisent à édifier une fausse vérité devenue une idéologie si bien intégrée que les affirmations et les fictions les plus grotesques sont reçues sans la moindre objection ».

Source :
Pascal Picq - Paléoanthropologue- "Féminin Masculin" sous la direction de Catherine Vidal -2006.

D’où le mythe de « l’homme, le chasseur », faisant écho à cette vieille conception machiste qui ne voit l’évolution de l’homme que du côté des hommes, les mâles, et de l’émergence de leurs innovations cardinales que sont la chasse, les outils, les armes, etc. Or il n’en est rien. Rappelons d’abord que les origines de l’homme ne se passent pas dans l’Europe glaciaire, mais dans la bande des tropiques et en Afrique. L’économie de subsistance ne fait pas de la chasse et de la viande l’apport le plus important en nourriture, loin de là . Difficile de se débarrasser du cliché de l’homme des cavernes avec la femme confinée dans la grotte froide et humide en attendant son beau mâle revenant triomphant de la chasse avec un demi-mammouth dans la besace. Que ce soit en sciences humaines ou en psychologie, le paléoanthropologue reste affligé de la persistance de ces clichés machistes et européens qui, hélas, remplissent les médias de toutes sortes.

Source : Extraits de Pascal PICQ, Philippe BRENOT, Le Sexe, l’Homme & l’Évolution, Odile Jacob, 2009, p. 120 et suivantes (sur le site : sornettes.free.fr)

Voilà ... pour commencer. Je répète au cas où ça aurait été zappé en cours de lecture :
Constructions, fausses vérités, fictions grotesques, vieille conception machiste, clichés machistes.
J’espère que ça va quand même ?

16/09/2012 21:56 par danonyme à  cunégonde

Et comme d’habitude nos "amis" du GS m’ont censurée ! Heureusement il y a Sheynat ! Quelle patience admirable il faut qu’elle ait pour répondre si bien à tant de sottise !

16/09/2012 22:13 par legrandsoir

Et comme d’habitude

Ah bon ?

nos "amis" du GS m’ont censurée

Ah bon ?

16/09/2012 22:47 par emcee

@ 15:56, par Anonyme (que je soupçonne fort d’être "danomyme etc. qui a oublié de valider son pseudo

§1 : l’incident est clos, donc. :-)

§2 : tout à fait. C’est ce que je voulais dire, maladroitement, précédemment. Il y a des moments ( en particulier, quand on n’a aucune connaissance du sujet) où on devrait se faire un devoir de se passer de commenter (vous voyez que je peux m’améliorer, si on me le dit gentiment :-)

@C. Barrow : la liste n’est peut-être pas exhaustive, mais en effet, c’est un florilège.

17/09/2012 00:26 par danonyme à  cunégonde

Au GS,
Assez d’hypocrisie !
Lorsque je me suis plainte de votre censure, mon précédent commentaire (celui avec ma réponse à Gérard, ou mon vulgaire cri d’indignation si vous préférez) n’était pas affiché, alors que la réponse de Sheynat, horodatée ultérieurement à mon post, l’était déjà , ainsi que celle de clyde barrow.

A vrai dire, j’ai bien ri en les lisant et je n’étais pas trop fâchée que vous n’ayez pas publié mon commentaire qui n’était pas aussi désopilant.

Néanmoins je constate qu’en plus d’être macho, vous êtes faux-cul !

17/09/2012 14:01 par legrandsoir

horodatée ultérieurement à mon post, l’était déjà , ainsi que celle de clyde barrow.

Vous parlez de censure en mentionnant un problème d’affichage et de fonctionnement de notre logiciel de publication. Ca va les esprits ?

17/09/2012 09:13 par gérard

@ Clyde Barrow

arguments débiles (sous entendu que mes arguments le seraient...)

...une insulte n’est jamais un argument !
Ce qu’il y a de très rigolo, c’est que j’ai fait exprès d’apporter des arguments pratiquement simplistes, pour faire comprendre quelque chose de très compliqué ; mais un commentaire c’était trop court et trop dangereux, je m’en rend compte maintenant...
Pourtant j’y avais déposé quelques indices tel que celui là : « J’ai bien dit "complémentaire et égalitaire" ».
ou alors celui là :
« Rien n’est ou tout noir ou tout blanc, j’insiste pour qu’il n’y ait pas de malentendus »
et encore : « Je schématise »
...Et bien c’est raté, il y a bel et bien malentendu !
En premier je tiens à préciser que je suis un farouche partisan de ce qu’on nomme "l’égalité", et totalement allergique en tous points à ce qu’on nomme le machisme ! Toutes les formes de démonstrations de la Force masculine me font fuir...
@ Sheynat
Rien ne me prouve que Pascal Picq soit dans la vérité ; tu ne me donnes que sa théorie, alors qu’il me faudrait sa démonstration...Il y a tellement d’experts et sur de nombreux sujets qui disent n’importe quoi...
Dans le dernier paragraphe que tu cites, il y a de nombreux points où je suis totalement en désaccord avec lui, et cela fait très longtemps que je réfléchis à la question en évitant soigneusement toute "idée reçue" de quelque bord que ce soit :
- si effectivement l’origine de l’être humain se situe bien dans les tropiques, son évolution s’est aussi faite dans les régions "glaciaires", et de récentes découvertes tendent à prouver qu’elle était beaucoup plus importante qu’on ne le pensait (http://fr.wikipedia.org/wiki/Disque_de_Nebra)
- « L’économie de subsistance ne fait pas de la chasse et de la viande l’apport le plus important en nourriture, » dixit Pascal Picq
Difficile pourtant d’imaginer une "économie de subsistance" faite d’autre chose (que la chasse) avec un peu d’agriculture, d’élevage et très peu de cueillette, dans cette région froide du "disque de Nebra" à Nebra-sur-Unstrut en Saxe-Anhalt (Allemagne), ce ne sont manifestement pas les tropiques, et l’évolution avait sur certains points rien à envier à celle des régions tropicales, et c’est un euphémisme !
Non, décidément non, c’est un sujet qui est très loin d’être évident...
Quand on vit à la campagne (je suis un expatrié de Paris, donc je connais assez bien les deux milieux), il y a un phénomène héréditaire contre lequel on ne peut rien, et qui ici a une grande importance dans la vie de tous les jours pour des travaux sans l’aide de machines, la force physique. Elle est à la naissance plus importante chez l’homme. Je suis totalement admiratif du travail que les femmes des agriculteurs produisent d’ailleurs avec à la base une moindre force ; j’en ai l’exemple tout à côté de chez moi.
C’est ce que j’avais exprimé par : « face à des situations extrêmes, en règle générale la Femme réagit plus fortement. », j’aurais pu rajouter : mais elle ne le fait pas uniquement uniquement en face à des situations extrêmes...
Parler en terme "d’égalité" est à mon avis une mauvaise méthode. Égal c’est égal, aurait dit LaPalisse
Nous sommes à la fois totalement semblables, car Hommes et Femmes sont fondamentalement identiques biologiquement et très différents par les millions d’années d’évolution que l’on traîne derrière nous, qui a abouti à se coltiner ce terrible héritage qu’est l’Inné...
Tout dernièrement, une amie, qui "a de la bouteille" dans l’enseignement, me faisait part de son étonnement (elle enseigne aux 4 èmes) : " cette année je suis étonnée de la différence entre les filles et les garçons, les garçons sont en "culottes courtes", alors que les filles...."
Tiens la différence dans le déphasage chronologique, j’avais presque oublié celle là : la formation sexuelle féminine bien plus précoce que la masculine, comme si la "nature" se disait, vite, vite, il faut que j’assume la continuité de l’Espèce...
Plus le temps, le boulot m’appelle...

17/09/2012 12:04 par Maxime Vivas

@ Danonyme

Et je ne m’étendrai pas sur toutes les fois où j’ai été censurée pour avoir crié (par écrit) ma colère dans quelque commentaire de quelque article dégouttant (ou dégoûtant ?) de machisme faussement innocent.

C’est évidemment faux.

Mais je serais assez d’accord pour qu’on siffle la fin de partie sur cet article, les commentaires virent au règlement de compte et ce n’est pas l’usage ici.

MV.

17/09/2012 13:20 par gérard

@ Sheynat

Constructions, fausses vérités, fictions grotesques, vieille conception machiste, clichés machistes.

Je continue vite fait, (pose de midi) Je suis à des années-lumière de ces espèces de qualificatifs...
La conception machiste, la vraie, c’est concevoir une hiérarchie, l’Homme supérieur à la Femme, mais il faut savoir lire : je n’ai JAMAIS dit ça et à aucun moment de mon commentaire...
J’aurais d’ailleurs tendance à penser le contraire...et je l’ai écrit.
Concevoir et admettre une différence dans l’égalité me semble être la plus saine des attitudes...mais surtout ne pas entrer dans des "clichés", et ce d’où qu’ils viennent...
Ma position était quand même assez claire, non ?
Pour en revenir à la base de la polémique :
« Je préfère de loin privilégier l’éducation, le droit, la politique les conditions de travail etc...à l’orthographe ».
Dans quels buts ? Agrandir les différences ?

17/09/2012 14:28 par Clyde Barrow

@ gérard

Vous être l’archétype du troll. Vous affirmez une chose, puis vous affirmez ne pas l’avoir dite, tout en continuant à la dire, tout en affirmant ne pas la dire. Et ainsi de suite.

Vous être très fort à ce petit jeu et vous pouvez en écrire des pages et des pages, en comptant sur l’ennui et le manque de temps de vos contradicteurs pour avoir le plaisir d’avoir le dernier mot.

Alors amusez vous bien, mais sans moi, parce que je ne fais pas partie des sodomiseurs de drosophiles, et que contrairement à vous, je sais lire et j’appelle un chat, un chat. Ce qui fait que votre petit jeu ne m’amuse aucunement et que fatalement il tournera court.

Veuillez ne pas m’en tenir rigueur et trouvez vous d’autres petits camarades de jeu. Sans rancunes et cordialement.

17/09/2012 19:31 par gérard

@ Clyde Barrow
début :

Vous être l’archétype du troll

Wahou !
fin :

Veuillez ne pas m’en tenir rigueur [...] Sans rancunes et cordialement.

Alors là c’est ce qui s’appelle être gonflé, je ne pense pas qu’un autre commentaire soit nécessaire.

Vous affirmez une chose, puis vous affirmez ne pas l’avoir dite

D’accord, mais il faut dire exactement où, quand, quoi, et comment ?
Faut pas hésiter à me citer, mais surtout, surtout ne pas faire d’affirmations gratuites !

vous pouvez en écrire des pages et des pages, en comptant sur l’ennui et le manque de temps de vos contradicteurs

Quant au temps... vous intervenez assez souvent sur le site, et plus que moi ; alors normalement vous devriez l’avoir.
Par contre moi, je n’en ai que très peu en ce moment, mais il se trouve que si j’ai quelque chose à dire, surtout de désagréable envers quelqu’un je vais faire en sorte de le trouver et d’argumenter...

17/09/2012 20:03 par legrandsoir

@ tous...

On se calme, sinon la censure Grand Soirienne s’appliquera dans toute sa froideur (et injustice).

(Brrr... je me suis fait peur tout seul en écrivant ça)

17/09/2012 22:22 par Sheynat

à Gérard :

Rien ne me prouve que Pascal Picq soit dans la vérité ; tu ne me donnes que sa théorie, alors qu’il me faudrait sa démonstration...

Ok, alors je continue...
Gérard a écrit :

«  L’agressivité "gratuite", c’est à dire lorsqu’elle n’est pas en relation avec, qu’on le veuille ou non sa fonction première, la protection de sa descendance, est contre nature de la mère car elle peut mettre en danger son enfant... »

Pascal Picq a écrit :

Que disent les illustrations de la préhistoire ? Les femmes sont assises devant les grottes. Elles sont grosses (leur représentation est probablement inspirée par les sculptures des Vénus), trop grosses pour se défendre ou chasser en tout cas. Elles sont encombrées par toute une marmaille, pendant que M. Cro-Magnon, athlétique, va chercher de la viande. Il est curieux de voir comment la viande devient synonyme de progrès, alors qu’on sait par exemple que dans les tribus de chasseurs cueilleurs, ce sont les femmes qui assurent 50 à 70% de la nourriture de la tribu par la cueillette.
On suppose souvent que ce qu’on observe chez les chasseurs - cueilleurs est une approximation correcte du néolithique. Admettons. Mais il faut alors aussi admettre qu’il est faux de dire que les femmes ne chassent pas. Elles chassent moins que les hommes, mais elles chassent, elles portent aussi éventuellement des armes.
Qui a peint les grottes de Lascaux ? Nous n’avons aucun moyen de le savoir. Il est impossible de faire représenter par des illustrateurs des femmes en train de peindre. Au mieux, on arrive à les convaincre de les montrer en train de préparer des pigments, mais dans les faits, on n’en a absolument aucune idée : les peintures pourraient être exclusivement de la responsabilité des femmes.
La division des tâches, c’est la grosse invention de notre représentation de l’évolution. C’est une erreur qui nous a permis de naturaliser l’infériorité des femmes. Passons à l’éthologie. (…)
Si les femmes ont pu briller en éthologie, c’est d’abord parce que l’étude des animaux n’intéressait personne et qu’on les a laissé faire.
Dans la nature, avoir des petits n’a jamais empêché de chasser : chez les lycaons, on met les petits en garde avec d’autres femelles quand on va chasser. Mais le lion est plus emblématique que la tigresse, l’exemple du mâle qui chasse et ramène la nourriture à la femelle qui reste s’occuper des petits est davantage cité que l’exemple de la femelle qui chasse et met ses petits en garde.
Comme dans le cas de la préhistoire, on invente une vision supposée naturelle des relations entre les sexes et de la domination masculine chez les animaux qu’on utilise ensuite pour expliquer voire justifier la situation d’oppression actuelle.
Pascal Picq, Masculin / Féminin : Mythes scientifiques et idéologies
Compte-rendu de la conférence de l’AFFDU - Paris, 5 février 2005

Sinon, ils sont nombreux depuis des années à tenter de démonter les clichés perpétrés dans les livres scolaires et les mentalités : Exposition «  Mythique Préhistoire. Idées fausses et vrais clichés » Michel TOUSSAINT.

En voici un résumé certes simple des clichés présentés ici, avec des réponses à ceux que tu as colportés : Champions de la chasse aux mythes !

1. L’homme préhistorique vivait dans les grottes…
C’est faux.
A de très rares exceptions, il n’était pas possible de vivre littéralement dans les grottes. En l’absence de cheminée, le feu eut tôt fait d’asphyxier les occupants. L’homme préhistorique a souvent vécu à l’entrée des grottes ; il en a par ailleurs fait des lieux de culte et d’initiation.

6. La cueillette était très importante à la Préhistoire…
C’est vrai.
En dehors des périodes glaciaires les plus rigoureuses, la cueillette constituait un moyen de subsistance plus facile et moins dangereux que la chasse : on était probablement plus volontiers «  cueilleur-chasseur » que «  chasseur-cueilleur ».

13. Les traces de violence sont plus importantes chez les fermiers que chez les chasseurs…
C’est vrai.
Contrairement aux idées reçues, le chasseur-cueilleur n’est pas plus violent que les premiers agriculteurs. Si des conflits existaient certainement à petite échelle au Paléolithique, la guerre proprement dite semble consécutive à l’agriculture et liée, sans doute, au concept nouveau d’accumulation de richesses.

22. Peu de temps libre à la Préhistoire ! L’homme préhistorique devait sans cesse chasser pour se nourrir…
C’est faux.
De toutes les sociétés de notre histoire, la nôtre, celle du XXIe siècle, est de loin la plus «  hystérique ». Une fois un animal tué, les réserves étaient suffisamment importantes pour tenir quelques jours. Les comparaisons ethnographiques montrent que le temps moyen de travail est nettement inférieur chez les populations de chasseurs que chez les populations d’agriculteurs-éleveurs.

(suite...)

17/09/2012 22:25 par Sheynat

(...suite)

Ou encore, du côté de wikipedia, qui te sert souvent de référence :

l’expression homme des cavernes est elle-même erronée car les humains préhistoriques n’ont jamais vécu dans les parties reculées des grottes et ont aussi habité dans des régions qui étaient totalement dépourvues de cavernes (Afrique de l’Est par exemple).

Ou encore par ici : La Préhistoire dans les manuels scolaires ou notre mythe des origines
Wiktor Stoczkowski

« Il s’ensuit des descriptions de bandes affamées et désespérées, errant dans un désert glacial en quête de proie. (…)
Cependant l’histoire de l’homme remonte au-delà du Pléistocène et de ses glaciations. S’il est vrai que c’est au Pléistocène que la forme tardive des hominidés, l’Homo sapiens sapiens, est apparu avec sa culture complexe, l’époque dite « glaciaire » n’a pas été une suite ininterrompue de neige.
Des périodes de refroidissement alternaient avec des périodes de réchauffement, où le climat était parfois plus clément qu’aujourd’hui.
L’image d’un désert glacial où il était malaisé de se nourrir résume très mal la réalité du Pléistocène. »

Donc, il va falloir trouver autre chose pour justifier des théories telles que :
« Ces deux fonctions sont donc absolument complémentaires et égalitaires, car qu’une de ces deux fonctions "déconne", et c’est la fin de l’espèce... »
« Il n’y a qu’à voir comment réagissent deux jeunes enfants, fille ou garçon ; leurs réactions sont instinctivement dans l’ensemble assez différentes :
par exemple les garçons auront plus tendance à la bagarre, cela me parait être évident, il ont en eux l’inné de cette fonction qui a plusieurs millions d’années derrière elle, de lutte pour la femelle, de lutte pour défense du clan, lutte pour la chasse... »

Tu peux déjà te reporter à la réponse n°13, et puis, je vais citer un autre homme :

« Quand j’étais petit garçon, je chouinais comme on dit et ma mère me disait : « pourquoi tu pleurniches, fais donc plutôt ceci, fais donc plutôt cela ». Jamais il ne lui est venu à l’esprit de me dire comme mon père : « un homme ça ne pleure pas » ou « je t’en mets une au moins tu sauras pourquoi tu pleures ». Bien sûr, je ne lui en veux pas, j’aime mes parents et ils m’aimaient. En plus, ils étaient persuadés de bien faire. Je crois que beaucoup de choses passent par l’éducation. Personne n’a de vocation spontanée d’être mauvais. Il y a d’abord une sorte d’injonction comportementale qui est faite aux jeunes garçons »

(source : Jean-Luc Mélenchon : le féminisme au poing, par Marie-Françoise Colombani et Michèle Fitoussi, Elle.fr )
Ahlala... Quand les hommes sortent la tête de leurs clichés caverneux, je les trouve savoureux (dicton de succube :) ).

17/09/2012 22:43 par danonyme etc.

Vous parlez de censure en mentionnant un problème d’affichage et de fonctionnement de notre logiciel de publication.

Y a de ces coïncidences, quand même ! C’est toujours quand il est question de machisme ou de droit (ou non) des femmes, que votre logiciel a de ces sortes de défaillances, jamais quand je vous encense !

17/09/2012 23:24 par legrandsoir

Au fait, c’est quoi le féminin de "paranoïaque" ?

18/09/2012 00:43 par emcee

C’est quand même incroyable que sur un billet concernant les femmes - ce qui est fort rare sur le GS - on se retrouve toujours avec l’intrus de service qui monopolise l’attention après avoir écrit des tombereaux de contrevérités.

Et, en plus, il prend les lecteurs pour des débiles en niant avoir écrit ce qu’il a écrit noir sur blanc, avec force détails, et les prend à partie avec des explications du style : "oui, mais c’est que j’ai fait exprès d’apporter des arguments pratiquement simplistes, pour faire comprendre quelque chose de très compliqué".

C’est clair, au moins : "Si je dis des conneries sans rapport avec ce que je voulais dire, c’est que c’est trop compliqué à expliquer".

"J’ai bien dit "complémentaire et égalitaire" : cela ne veut strictement rien dire.
Parce que c’est, justement, antinomique. La complémentarité, c’est la justification qu’utilisent les misogynes pour maintenir les femmes dans une position inférieure.

"Complémentaire", comme on peut le voir dans le premier commentaire, c’est le cliché immuable de la femme vouée à la procréation et à la "protection de sa descendance" (pfff !) et de l’homme censé sortir de chez lui pour ramener les vivres.

("L’agressivité "gratuite", c’est à dire lorsqu’elle n’est pas en relation avec, qu’on le veuille ou non sa fonction première, la protection de sa descendance, est contre nature de la mère car elle peut mettre en danger son enfant"... ??? Pendant que le mâle allait chasser bêtement le mammouth avec un cure-dent"… Apparemment, ils n’avaient pas inventé la poudre, mais le cure-dent, oui)
"Ces deux fonctions sont donc absolument complémentaires et égalitaires, car qu’une de ces deux fonctions "déconne", et c’est la fin de l’espèce ..."
Explication limpide et étayée.
On devrait avoir tous disparu de la surface de la terre depuis bien longtemps, avec cette théorie fumeuse.

La complémentarité, donc, si je ne lis pas le contraire de ce que je devrais lire, évidemment, ça veut dire (en général, attention, parce qu’il y a des exceptions, mais c’est très minoritaire, évidemment) que les tâches sont réparties selon la catégorie :

La femme, c’est celle qui s’occupe des enfants (parce qu’elle est naturellement douce et maternelle, et que c’est sa fonction "innée" d’en vouloir et d’en avoir - alors que l’homme, non, je suppose - "dire que cette fonction n’a aucune répercutions dans l’inné profond de toutes les Femmes, c’est une aberration " (ça, c’est de l’observation fine !), qui fait le ménage et la tambouille pendant que M. Cro-Magnon s’en va chercher la pitance de la famille (enfin, si on veut, parce que de nos jours, pour être plus réaliste, c’est plutôt elle qui irait dépenser les sous durement gagnés par le troglodyte de service).

Alors que l’homme, force de la nature, est, lui, habitué aux travaux rudes et virils (on se demande ce qu’ils foutent dans les bureaux, tous ces colosses).
D’ailleurs, il travaille tellement dur, l’homme moderne, à taper de toutes ses forces sur un clavier d’ordinateur qu’il laisse au "fragile bipède" tous les petits travaux légers : s’occuper de sa progéniture, les accompagner à l’école, à la crèche, aller faire son boulot à temps partiel, revenir tranquillement après avoir fait quelques courses pour le repas, le préparer, le servir et faire la vaisselle, puis, à nouveau, répartir les enfants dans leur lieu de destination .

La "complémentarité", c’est ça : chacun à la place qui lui a été assignée depuis la nuit des temps et les vaches (les aurochs, du moins) seront bien gardées.

"Il y a un inné de base qui a plusieurs millions d’années, et on pense que depuis disons un siècle, il va être modifié ?
Ce n’est pas sérieux !"

J’allais le dire !
"Le pouvoir serait plus dans les mains des hommes, c’est très loin d’être évident. La Femme a souvent beaucoup plus de pouvoir dans la cellule familiale que l’Homme "...

C’est bien ce qu’on a cru comprendre : si l’Homme est fait pour briller en société, la femme règne en maître(sse) sur les taches ménagères. Quelle chance et quelle égalité !

Je passerai sur toute la leçon de linguistique tout aussi approximative que le reste, je ne citerai qu’un seul exemple, parmi les autres, preuve de la méconnaissance du sujet : "au fait, on fait quoi pour le féminin de enfant  ?".
Eh, oui, c’est bête, ça ! On se demande. C’est un problème. Dire que personne n’y avait pensé auparavant !

Quant au rôle des hommes et des femmes dans la société, on est loin de l’image d’Epinal de l’homme des cavernes, car tous les cas de figures existent, et papa qui fait bouillir la marmite et maman qui s’occupe du reste, ce serait l’exception et non pas la règle aujourd’hui. On ne peut certainement pas tirer des généralités de ce modèle.

Il y a des tas de femmes qui élèvent des enfants toutes seules et il y a des hommes qui le font aussi.

Il y a des hommes qui effectuent les taches ménagères et il y a des femmes qui ne le font pas.

Il y a des hommes qui restent à la maison, pour diverses raisons et qui se débrouillent aussi bien avec les enfants, le ménage, les courses, etc., et ils ne doivent pas avoir la vie facile, ces malheureux, si on en croit la théorie énoncée plus haut, parce qu’ils ne sont pas nés avec la fibre ménagère, comme les femmes qui naissent toutes avec un balai et une serpillière à la main.

Et il y a des tas de femmes qui n’ont pas le désir d’enfant.

Il y a des femmes solides et des hommes fragiles.

Et puis, il y a les homos, hommes ou femmes : dans quelle catégorie on les met, ces gens-là ? Ca doit être compliqué chez eux. Ou ça brille du sol au plafond, ou ils ont plein de viande dans le frigo.

@GS : paranoïaque, c’est un nom épicène :-). Comme il y a des prénoms épicènes : Dominique, Claude ou ... Maxime.

18/09/2012 01:05 par gérard

@ Sheynat
Wahou !
Que de thèmes, que de questions...
Il y a un point d’ordre général où j’ai bien bien insisté et à maintes fois :

Rien n’est ou tout noir ou tout blanc, j’insiste pour qu’il n’y ait pas de malentendus...Je parle des tendances générales [...] J’insiste encore : je schématise, car évidemment il y a en réalité beaucoup plus de nuances..Donc, il y aurait beaucoup d’autres choses à dire, mais je veux faire court...

Mais bien évidemment le bébé fille ou garçon n’est pas que entièrement que ceci ou que cela de par son inné. C’est le genre de polémique que j’ai d’ailleurs régulièrement avec mon meilleur ami ; il est instituteur et il ne croit pas ou très peu à l’inné ; pour lui l’éducation prime avant tout.
Je ne peux que prendre le contre pied d’un point de vue que je considère comme bancal, alors que je suis très très loin de considérer l’éducation comme étant négligeable...
En réalité, si j’avais à conclure, je dirai "les deux sont aussi importants"...
En définitive sur le sujet de notre polémique je ne peux que suivre la même démarche :
Je n’ai jamais nié le poids de la société (je n’en ai pas ou peu parlé d’ailleurs) au pouvoir bien évidemment "machiste", mais il me manquait quelque chose ; la Société pour moi ne pouvait pas tout expliquer (et j’aurais pu fournir bien d’autres exemples de différences). Il y avait donc bel et bien un inné différent dès la naissance entre les deux sexes.
Il n’y avait pour moi pas d’autres explications possibles.
Certaines réactions agressives sont étranges car j’avais aussi spécifié que loin de moi était l’idée de "supériorité" de l’Homme. J’ai même soulevé l’idée de la "supériorité" de la Femme ; ce phénomène existe dans de très nombreuses espèces animales...alors ?
Il se fait tard et je n’ai pas encore pu tout lire, mais je tiens à poser une question :
- et si ce Pouvoir que l’Homme s’est arrogé au fil des temps, ce pouvoir machiste, s’il n’était en définitive que le résultat ou la réaction de sa peur, de sa peur du (des) pouvoir(s) de la Femme, dont par exemple celui de créer la vie, mais pas uniquement que de celui là ...
Si le Monde était simple, ça se saurait.
@ plus

18/09/2012 09:24 par danonyme etc.

A Gérard,

et si ce Pouvoir que l’Homme s’est arrogé au fil des temps, ce pouvoir machiste, s’il n’était en définitive que le résultat ou la réaction de sa peur, de sa peur du (des) pouvoir(s) de la Femme, dont par exemple celui de créer la vie, et si ce Pouvoir que l’Homme s’est arrogé au fil des temps, ce pouvoir machiste, s’il n’était en définitive que le résultat ou la réaction de sa peur, de sa peur du (des) pouvoir(s) de la Femme, dont par exemple celui de créer la vie

C’est une hypothèse, en effet, que beaucoup ont osée. Et comme depuis Cromagnon notre espèce a quelque peu évolué, ou du moins est parvenue à faire quelques nouvelles découvertes, il se trouve que désormais nos mâles peuvent s’assurer de leur progéniture sans nous asservir, sans s’approprier nos personnes, nos corps, notre énergie, nos rêves et notre force de travail.
C’est pas une avancée, ça ?! Ca vaut peut-être le coup, quand même, de s’adapter au XXIe siècle, non ? Hum, quoique... nos avons encore beaucoup de progrès à faire pour apprendre à vivre en harmonie avec nous-mêmes et le monde qui nous entoure.

18/09/2012 10:26 par emcee

@danonyme, etc.
Il m’est arrivé de voir mon commentaire apparaître après d’autres publiés postérieurement.
J’ai simplement supposé qu’ils publiaient au fur et à mesure qu’ils avaient contrôlé un com’ et qu’ils ne lisaient pas dans l’ordre. Mais au bout d’un moment, le mien apparaissait dans l’ordre chronologique.

Il est aussi arrivé que mon commentaire ne soit pas publié du tout (c’était, en effet, un truc sur les femmes, d’ailleurs ;). Eh bien, je n’ai rien dit, parce que, après tout, ce sont ceux qui sont maîtres à bord qui décident : nous sommes sur leur site des invité-es et non pas des acteurs à part entière. Nous avons la possibilité de publier nos propres écrits si nous le souhaitons, et ce n’est pas le cas partout (où, si c’est le cas, nous sommes bien plus censurés).
De plus, nous dépendons de la sensibilité (ou du taux de tolérance du moment, ou de la lassitude) de la personne qui s’occupe de cela et ce n’est pas la même qui gère les com’.

Mais quand on lit certains com’ on peut se dire que la discrimination est faible.
D’autre part, la censure sur Internet n’existe pas (enfin, pas de cette façon, une qui est beaucoup plus sournoise), puisqu’il existe d’autres possibilités de donner son point de vue. On peut très bien aller commenter sur un autre site, ou ouvrir son blog/site pour pouvoir s’exprimer.

Donc, même si on n’aime pas trop passer sous les fourches caudines, il faut en accepter les règles.

Un admin’ de site n’a pas obligation de publier tout ce qu’on lui envoie ou tout ce qu’on publie si cela ne correspond pas à sa ligne. Et, au contraire, il doit se montrer vigilant sur ce qu’il publie (il y a des preuves flagrantes de cet état de fait), or, plus un site publie, plus il y a de travail de lecture.
Parce que ceux qui veulent absolument publier n’ont pas toujours l’éthique nécessaire pour ne pas glisser, par exemple, des références ou des liens douteux, ou croient avoir la liberté de tout dire. Mais leurs com’s ne leur sont pas préjudiciables à eux, mais à ceux qui les publient.
Heureusement, ces derniers sont souvent secondés efficacement par des lecteurs vigilants et bien documentés.

Autre point : je lis souvent "je n’aurais jamais cru voir cela publié sur le GS". Le GS ne publie pas selon les souhaits et les goûts d’un lecteur, mais pour l’information de tous-tes.

Les choix, même s’ils nous paraissent discutables, n’ont pas à être discutés.
Après tout, nous pouvons ne pas lire le billet incriminé, il y en a des tas d’autres à lire, nous pouvons également argumenter contre, de façon intelligente, si possible ; ou nous pouvons abandonner définitivement la lecture du site et aller ailleurs.

Et je ne dis pas cela par complaisance pour le GS - pas plus qu’ils ne me paient pour le dire :-( - mais parce que c’est la réalité sur Internet (il suffit d’avoir le moindre petit blog pour le constater).

Et que même si je ne suis pas toujours d’accord avec leurs choix, ni avec leurs opinions, je dois dire qu’ils ont du courage de s’investir dans une entreprise où ils sont sous le feu des critiques quasi-quotidiennement, qu’elles viennent de l’extérieur ou de l’intérieur.

Avec ma patience légendaire, je crois que j’aurais baissé les bras depuis longtemps.

Mais revenons au sujet :

Sheynat, j’ai lu in extenso les explications que vous nous avez données sur les hommes (et femmes) préhistoriques : elles sont très intéressantes, surtout qu’elles proviennent de spécialistes qui ont étudié la question de près, et pas du vulgum pecus.

Je ne connaissais pas la question et c’est toujours bien d’enrichir ses connaissances.

18/09/2012 14:09 par legrandsoir

merci emcee, on n’aurait pas pu mieux dire et tu as tout compris(e). ;-)

19/09/2012 01:47 par gérard

@ danonyme

il se trouve que désormais nos mâles peuvent s’assurer de leur progéniture sans nous asservir, sans s’approprier nos personnes, nos corps, notre énergie, nos rêves et notre force de travail.

Oui, oui, et mille fois oui !
J’avais écrit :
« Nous sommes à la fois totalement semblables, car Hommes et Femmes sont fondamentalement identiques biologiquement et très différents par les millions d’années d’évolution que l’on traîne derrière nous, qui a abouti à se coltiner ce terrible héritage qu’est l’Inné... »
Et ce terrible héritage des guerres et violences de toutes sortes dont l’Homme a été le principal acteur, cet inné persiste bien évidemment dans la violence masculine notamment sur la Femme...
Il ne faut pas non plus rejeter l’héritage de ces millions d’années pour la Femme, son inné...Et il fut automatiquement différent,... mais j’ai assez tenté d’expliquer les "pourquoi".
Voilà pour résumer quel était tout mon propos...

@ emcee
La dérision....mmmm j’adooore !
Belle plume soit dit en passant !
J’avais écrit :

« La Femme a souvent beaucoup plus de pouvoir dans la cellule familiale que l’Homme »

C’est un point très important ne serait-ce que par le fait que ce serait donc elle qui prendrait beaucoup plus en charge l’éducation des enfants. Cela serait donc très loin d’être anodin : une Société étant formée d’un ensemble de cellules, la Femme aurait donc une forte implication dans la Société par l’éducation des enfants...Elle aurait donc aussi une forte influence sur l’Homme.
C’était ce à quoi je pensais ; mais il faut le dire c’est assez "politiquement incorrect", car ce serait d’une certaine manière assez paradoxal.
Il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet...
Vrai ou faux là n’est pas le problème.
Par contre votre "analyse", elle en est un de...problème !
Et je ne résiste pas à l’envie de l’encadrer :

C’est bien ce qu’on a cru comprendre : si l’Homme est fait pour briller en société, la femme règne en maître(sse) sur les taches ménagères. Quelle chance et quelle égalité !

...Mais rien dans la phrase que j’avais écrite n’exprime cette idée !
En plus je prends cette interprétation comme une insulte

Et ce n’est qu’un tout petit exemple.
Chaque phrase vous vous ingéniez à la tourner en dérision ; on a le sentiment que vous avez décidé de faire un "carton", alors tous les moyens vous sont bons...
Ca rime à quoi de réagir en agressivité, mauvaise foi dérision et insultes ; si, si, relisez vous bien, il y a tout ça ; et tout au long de votre pamphlet, car ce n’est pas autre chose...
Pamphlets et analyses n’ont jamais fait bon ménage, ou alors faut avoir du talent.
Une question se pose : est ce bien la place des pamphlets dans les commentaires du Grand Soir ?

19/09/2012 09:51 par emcee

Il n’y a aucune insulte dans ce que j’ai dit. Simplement, vous détestez que l’on mette le nez dans l’ineptie de vos propos (les citations que j’insère sont toutes issues de ce que vous avez écrit, seulement voilà , ce n’est pas ce que vous vouliez dire ! on connait la rouerie de celui qui veut avoir raison coute que coute, et vous êtes, au moins là , spécialiste en la matière).

Alors, en réponse, vous injuriez vos contradicteurs en disant qu’ils écrivent des "pamphlets". Et vous leur donnez des leçons d’éthique que vous êtes incapable de mettre en application pour vous même.

Je laisse les lecteurs et lectrices juger de la finesse de vos analyses.

Mais à vous voir apporter la contradiction systématiquement sur des sujets que vous ignorez manifestement, je commence à me demander quels sont vos intérêts.

19/09/2012 09:53 par Maxime Vivas

Chacun s’est exprimé, les échanges ont été vifs (parfois trop). LGS va clore les forums de cet article.

LGS

19/09/2012 14:25 par emcee

Curieux que les forums de cet article soient arbitrairement clos, alors que d’autres arguments auraient pu être développés et que la dérive ne vient certainement pas des féministes et pro-féministes.
S’agit-il de protéger les commentateurs indigents et ignares, pourvu qu’ils soient misogynes ? C’est ce qui ressort de cette décision.
Le fil de discussion sur des propos sexistes, publié à la une, a-t-il subi le même sort ?
je l’ai dit, je ne conteste pas les décisions qui peuvent être préjudiciables à ceux qui publient, mais il est flagrant dans ce cas que c’est le sujet qui dérange, pas ceux qui y sont favorables, puisque le dernier mot (façon de parler) est quasiment laissé à un détracteur, sans qu’il y ait possibilité de droit de réponse.

30/09/2012 12:13 par Sheynat

Le mot permet de signifier ce qui est déjà en train de se produire (les femmes en tant qu’actrices dans de nombreuses sphères d’activités professionnelles dédiées plus spécifiquement aux hommes) mais aussi de signifier ce qui pourrait se faire.
Le modèle de référence change par le biais de cette signification lorsqu’on en a, au détour d’une énoncée où le genre féminin est spécifié, la preuve que des femmes sont déjà engagées dans ces voies, et par conséquent, puisque cela est possible pour un petit nombre, cela est possible -et devrait être possible- pour un plus grand nombre.
En effet, si l’utilisation d’un mot se forme à partir d’une pratique devenue coutumière, il ne faut pas perdre de vue que l’usage de la féminisation des noms métiers ouvre à l’usage de la pratique de ces métiers.

Je suis en train de préparer un développement à ce sujet, c’est à mon avis ce qui permettrait d’avancer. Car à mes yeux, la cristallisation sur les limites du rôle de la femme apparue dans les commentaires de Gérard, est en symbiose avec les crispations sur la façon de la représenter au monde :
c’est empêcher toute progression dans l’action d’égalité et de parité, or cette action passe par les mots, quelle que soit, d’ailleurs, la lutte.

Dénier l’importance de la portée d’un mot en tant que signifiant dans la cause des femmes, ce serait en dénier aussi l’impact à tous les autres niveaux de lutte pour l’égalité. Il est donc aussi nécessaire de reconnaître honnêtement à quel point le machisme imprègne les mentalités et dans la plupart des mouvements idéologiques, et de dénoncer ses enjeux économiques et politiques.

Le constat des inégalités flagrantes dont est victime la moitié de la population de la planète est profondément lié à son invisibilité dans les textes, et vice et versa.

Rendre invisible par la parole rend invisible les actes.

En grossir l’usage de manière caricaturale est une autre façon de rendre invisible, cette fois, par illisibilité.
Ne pas trouver naturel de prononcer sa fonction féminine dans ses activités sociales est inhérent au stéréotype sexiste qui consiste à trouver naturel son rôle de ménagère à domicile.
Remettre en cause l’égalité en prônant la différence (sexuelle) est une manipulation stratégique pour l’exploitation sexiste et capitaliste ; la différence ne devrait jamais justifier l’exclusion et la réclusion mais au contraire, s’inclure dans la somme des richesses à partager.
Bref, il y a beaucoup d’efforts à faire à ce niveau là encore.
Je remercie les commentatrices et les commentateurs, d’avoir participé à un article qui sans eux aurait pu couler dans les gouffres de l’invisibilité. Gérard aussi qui nous a servi les bâtons à battre.
Etant peu dispo en semaine et parfois assez prise en week-end je n’ai pu le faire avant.
Je n’hésiterai plus désormais à me définir féministe, et j’encadre l’excellente remarque d’une contributrice éclairée :

C’est bien ce qu’on a cru comprendre : si l’Homme est fait pour briller en société, la femme règne en maître(sse) sur les taches ménagères. Quelle chance et quelle égalité !

01/10/2012 00:30 par danonyme etc.

C’est nous qui vous remercions Sheynat, pour le temps que vous avez passé à rédiger cet article, à répondre patiemment aux un(e)s et aux autres, à rechercher les textes et références sur lesquels appuyer vos argumentations. Tout cela prend beaucoup de temps, surtout quand on écrit hors des sentiers battus, en toute sincérité.

Merci pour cet article.

J’espère que d’autres femmes auront comme vous le courage (qui me manque) de dire sur le GS qui, démocratiquement et librement, et malgré son machisme (vous fâchez pas, je blague !), nous offre ses colonnes, ce qu’est notre commune et spécifique condition, ce que nous refusons et ce que nous voulons, avec des mots précis et sentis.

Et puis il y a lieu aussi de débattre : qu’est-ce qui nous rassemble, en tant que femmes, mais aussi, le cas échéant, qu’est-ce qui nous oppose ? Les voies de notre émancipation sont-elles les mêmes pour toutes ? Les rapports de domination hommes/femmes sont traversés par les rapports de domination de classe, de culture, etc.
Nous avons besoin de confronter nos expériences et nos désirs pour faire la part des choses. Dans les années 70, il y eut le MLF, mais aussi des mouvements ayant une base plus large, tels que le MLAC (Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception) ou les groupes femmes, encore plus informels, où de tels débats et confrontations pouvaient se développer en même temps et à propos des actions que nous menions. Quels sont aujourd’hui les lieux où cela peut encore se faire ? Qui peut y accéder ? Et sur internet ? Comment ne pas exclure l’autre moitié de l’humanité (les hommes cette fois) de nos débats ? Car notre objectif ne peut pas être de nous poser en victimes du "sexe fort" et d’en rester là , mais plutôt de trouver et de mettre en oeuvre les stratégies de nos émancipations solidaires. Comment, néanmoins, arriver à dégager ce qui nous est propre ?

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