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Epuration commerciale à Château-Rouge (Paris 18ème) : vrai consensus municipal et fausse concertation.

Transmis par le GRAAF (Groupe de recherches activistes sur
l’Afrique).

Transfert du marché de Château-Rouge sur le site très périphérique et
inhospitalier de la Gare des Mines à Aubervilliers, transformation de la
zone commerciale en espace d’artisanat d’art et de semi-luxe, démolition
massive d’immeubles et expulsion de familles... plusieurs projets conçus par
la mairie du 18ème de concert avec la mairie de Paris menacent de modifier
de façon brutale la vie du quartier de Château-Rouge, de ses habitants et de
ses usagers. Les propos tenus à ce sujet au Conseil de Paris par la
socialiste Lyne Cohen Solal, adjointe au Maire chargée du commerce, ne
laissent d’ailleurs aucune ambiguïté sur l’intention globale de ces
différents projets : "Tout est mis en oeuvre pour que (ce) quartier (...)
soit rendu à ses habitants le plus rapidement possible" (18 Novembre 2002).
Les relents nauséabonds de la formule (après la France aux Français,
Château-Rouge à ses habitants !) sont malheureusement à l’image des
manoeuvres urbanistiques et des projets officiels de la Mairie. Malhonnêtes
dans leur manière d’utiliser quelques études d’experts, explicitement
conçues pour rendre indiscutables les « nuisances » dont seraient
responsables le commerce dit « exotique » et sa clientèle. Caricaturaux,
lorsqu’ils s’abritent derrière une concertation dont le dispositif ne
concerne que la frange d’habitants qui réclame le « grand nettoyage » depuis
plusieurs années. Et franchement inquiétants lorsqu’ils réinventent, en
opposant « habitants » et « usagers-commerçants de produits africains »,
une politique et une rhétorique douteuse, sinon raciste. Les projets, en
juin 2004, sont pourtant très largement engagés, et la Mairie affiche
clairement sa détermination à les mener à terme.

« La délocalisation du marché exotique de Château-Rouge », la Mairie du
18ème passe à l’attaque

Le départ des commerces africains fait l’objet d’un large consensus parmi
les élus UMP-PS, qui ont voté plusieurs voeux en ces termes au conseil du
18ème arrondissement, depuis 1999. Mais là où les associations proches de
l’UMP brodant sur le thème de « Château-Rouge, zone de non droit » réclament
seulement un respect des réglementations, suffisant selon eux pour « 
nettoyer » le quartier de ses africains et de son manioc, les socialistes
parisiens ont l’humanité de planifier le départ « constructif » des
commerces de produits africains. Le plan des socialistes de la mairie du
18ème prévoit officiellement de créer une incitation forte au départ grâce à 
la construction d’un « marché des cinq continents », pôle commercial « 
attractif » et confortable en périphérie parisienne.
Daniel Vaillant revendique avec fierté la paternité du projet de transfert
du marché de Château-Rouge en banlieue parisienne, ce dernier remonterait à 
son accession au poste de conseiller municipal à la mairie du 18ème en 1989.
Après de longues années de tâtonnements et d’effets d’annonce, le projet,
grâce au soutien actif de Bertrand Delanoë serait sur le point d’aboutir.

D’abord un site aurait enfin été trouvé, dit de la Gare des Mines, décrit
comme « magnifique » par la mairie. Il s’agit en fait d’un terrain vague
post-industriel à l’écart de tout moyen de transport collectif à moins de 15
mn de marche. Sachant qu’une grande partie des clients actuels du marché de
Château-Rouge vient à pied et repart chargée, on imagine la partie de
plaisir... Le contenu commercial du « Marché des Cinq continents » frise, en
l’état, le canular. Les projets rendus publics n’ont en effet pas peur des
clichés : magasins de « mode ethnique », « artisanat traditionnel », et bien
sûr commerce équitable, on imagine sans mal le désir qui anime les élus :
récréer un exotisme acceptable à leurs yeux dans un espace aseptisé,
contrôlé, et clos. Les élus rêvent sans doute de bonnets péruviens, de
flûtes de pan, de tam-tams, de costumes traditionnels et de cours de
cuisine. Tellement plus propre, en effet, que la culture urbaine et
mondialisée de l’Afrique du XXIème siècle qui s’affiche, avec Werra Son ou
les soirées « Coupé Décalé », sur les murs de Château-Rouge. Le terme même
de « Marché des cinq continents » est révélateur : il s’agit d’éviter tout « 
communautarisme » visible en « mélangeant » l’ensemble des cultures « autres
 », et en évitant une « africanisation » trop visible. Pourtant, l’expert
chargé de rendre public l’avancement du projet doit déplorer, mi-amusé
mi-inquiet, « qu’il reste à trouver les quatre autres continents », à ce « 
Marché des Cinq Continents ». Et malgré la faiblesse criante d’un projet qui
tient davantage de l’Exposition Coloniale que du marché, les propositions
définitives des investisseurs commerciaux sont attendues pour la fin de
l’été 2004, et la livraison de l’ouvrage prévue pour 2007.

Ensuite une campagne musclée d’ « incitation » qui vise à mettre en évidence
les avantages, présentés comme certains du transfert. Mme Berkovici (chargée
du « Plan d’Action Château Rouge » à la Mairie de Paris), rassurante,
rappelle à certains « habitants » qui s’en étonnent qu’il est impossible
d’interdire les commerces africains de Château-Rouge :

« Ils ne partiront pas de façon autoritaire. Ils ne partiront que s’ils sont
convaincus que premièrement l’espace des cinq continents est un espace où
seront réalisées des transactions commerciales pour eux, pour leurs chiffres
d’affaires, pour leur développement économique et deuxièmement ils ne
partiront qu’avec un accord, c’est qu’à ce moment-là leurs boutiques, leurs
murs seraient renégociés de telle manière qu’elles ne soient pas réinstallés
immédiatement par la même activité. Il n’y a pas de délocalisation. Il y a
des offres commerciales pour pouvoir permettre à des commerçants de
déménager vers les cinq continents. »

Soit la force ne sera pas employée ! Mais les moyens utilisés pour « 
persuader » les commerçants s’avèrent très agressifs. D’abord la publicité
faite au transfert par la mairie le pose comme assuré et indiscutable...
Ensuite des enquêteurs, dans le cadre d’études diligentées par la mairie,
n’hésitent pas à commencer leurs entretiens en demandant aux commerçants
s’ils souhaitent partir. Enfin « Partenaires Développement », l’un des
organismes chargés par la mairie d’enquêter sur les commerçants de la zone,
a suscité la création d’une association fantoche dite des « commerçants de
Château-Rouge », désormais présentée par la mairie comme représentative de
l’ensemble de ces commerçants. Les statuts de cette association ont été
rédigés par « Partenaires Développement », ses réunions sont plus souvent
annulées que tenues, le nombre de ses adhérents demeurent mystérieux, et de
toute façon de l’aveu même de son président très inférieur au nombre des
commerçants de Château-Rouge.

Par ailleurs on quitte le terrain de l’incitation lorsqu’il s’agit de
pratiquer un véritable harcèlement urbanistique à l’encontre des commerçants
sous couvert de travaux de voirie. A titre d’exemple et sur le modèle de ce
qui s’est déjà passé rue des Poissonniers, les travaux programmés pour 2005
dans les rues Dejean et Poulet seront mis à profit pour reprendre toutes les
autorisations d’étalage accordées aux commerçants :

« Lors de la rénovation de la rue des Poissonniers, lors de la rénovation
totale de la rue et de sa remise en forme, on a profité de ces travaux-là ...
Parce qu’on ne peut pas résilier sous des motifs X ou Y des autorisations
qui ont été données. On a profité de ces travaux, nous au niveau voirie,
pour systématiquement reprendre toutes les autorisations qui avaient été
accordées et qui étaient encore valables sur la rue des Poissonniers. On
compte agir de la même façon sur la rue Poulet et sur la rue Dejean. » (M.
Lamy, adjoint chargé de l’urbanisme à la mairie du 18ème )

C’est également une intention claire d’exclure les commerces dits « 
exotiques » que traduisent les tractations entre la mairie du 18ème et
l’OPAC (Office public d’aménagement et de construction de Paris) afin de
geler les commerces libérés dans la zone et empêcher qu’ils ne soient repris
par des commerçants « exotiques » eux aussi. Que l’appartenance à la
catégorie « commerce ethnique » puisse motiver des refus d’attribution de
local commercial signifie très nettement que les critères de sélection de la
mairie sont raciaux et donc racistes. Sur de dernier point les propos de M.
Neyreneuf (adjoint à l’Urbanisme à la Mairie du 18ème), ainsi que les
réactions d’une partie du conseil de quartier sont révélateurs :

« Simplement sachez que c’est complexe. Je voudrais prendre un autre
exemple, Laurence Legrave a parlé de la boutique de l’OPAC, la seule
boutique de l’OPAC livrée récemment qui est au 29 rue Poulet, petite
boutique. Sachez que nous avons refusé jusqu’à présent je ne sais combien de
candidatures, on aurait pu installer, je ne sais combien de cosmétiques,
vous en auriez eu des ... (Salle : Houh !) Nous avons fait barrage. »

A ces différentes pressions, il faut ajouter le harcèlement policier qui
concerne bien entendu l’ensemble du quartier, mais vise aussi dans l’une de
ses déclinaisons spécifiquement les commerçants. Un nouveau groupe de
policiers a été introduit en janvier 2004 sur Château-Rouge avec pour cible
 : le commerce sous toutes ses formes. L’un des policiers du groupe définit
ainsi sa mission :

« On a pour but de nettoyer un petit peu les rues entre guillemets. Y a
énormément de travail. Notre mission est avant tout de contrôler tous les
commerces, c’est-à -dire donc tout ce qui est lié à la réglementation, donc
nous contrôlons les commerces tant au niveau de l’hygiène qu’au niveau des
pièces administratives. (...) Nous avons aussi à éradiquer toutes les
sauvettes, tous les vendeurs à la sauvette. (...) Notre objectif 1er avant
tout c’est de contrôler les commerçants, dès que nous avons le contrôle des
commerçants et donc la pleine conformité des commerces, on pourra réellement
s’attaquer aux vendeurs sauvette. »

Enfin l’après « marché de Château-Rouge » est d’ores et déjà préparé en
l’espèce d’un projet dit des « rez-de-chaussée de la création ». La
municipalité grâce aux obstacles mis à l’installation des commerces
exotiques ainsi qu’aux opérations immobilières en cours pense récupérer
environ 70 locaux commerciaux d’ici 2007. Elle prévoit de dédier une
cinquantaine d’entre eux aux métiers d’art et de la création, en fait des
produits de luxe et semi-luxe, en prenant exemple sur l’expérience de la rue
des Gardes, surnommée rue de la mode. Un t-shirt manche courte siglé « 
Barbès » coûte à l’heure actuelle rue des Gardes : 80 °à‹... Les boutiques y
sont le plus souvent vides ou bien visitées par des clients qui arrivent en
voiture jusque dans la rue pour en repartir aussitôt. Les produits présentés
totalement inaccessibles pour les habitants de ce quartier populaire. Mais
c’est pourtant l’expérience de la rue des Gardes que la mairie a retenu pour
« restructurer » l’espace commercial du quartier. L’un des employés de la
SEMAVIP (Société d’économie mixte d’aménagement de la Ville de Paris) donne
des détails :

« c’est une opération qui est d’une ampleur assez importante, donc le choix
qui a été fait par la municipalité ça a été de s’appuyer sur l’expérience de
la rue des Gardes, pour faire tache d’huile. C’est-à -dire, d’ouvrir le champ
d’activité. La rue des Gardes était très liée aux métiers de la mode, là on
élargit le champ aux métiers du design et de la création, de manière à avoir
un panel d’activités beaucoup plus large, qui s’inscrit dans une démarche de
mixité sur le quartier. »

La mixité dans le quartier c’est donc avoir droit, à côté des fringues de
luxe, à des meubles et des objets de luxe !

Derrière les chiffres et les études officielles, l’obsession raciale

La démarche de la Mairie est officiellement fondée sur des études d’experts,
neutres, scientifiques, et impartiales comme il se doit. Fait classique sur
le marché lucratif de l’expertise, leurs conclusions, parfois grossières,
sont suffisamment conciliantes pour permettre à la Mairie d’y trouver ce
qu’elle attendait : la confirmation de son propre diagnostic. Dans le cas de
Château-Rouge, les idées de la Mairie sont largement et directement
inspirées par les associations d’habitants les plus virulentes, dont la déjà 
célèbre « Droit au Calme », qui proposent depuis plusieurs années leur
propre diagnostic du « problème », avec agitation médiatique et délation à 
la clef. Relayées parfois par des élus UMP comme Roxane Decorte, les
associations ont ainsi redoublé d’imagination pour souligner l’illégalité
des commerces eux-mêmes : Château-Rouge serait une plaque tournante du
commerce de gros, massivement fréquentée par des clients venus en voiture.
Les marchandises y seraient dangereuses pour les consommateurs, et un peu à 
leur image, clandestines. L’illégalité appelant l’illégalité, le non-respect
du droit favoriserait les trafics en tout genre, dont celui de la drogue.
Sous la pression d’une fréquentation exclusivement exotique et de
l’insécurité ambiante, l’offre commerciale dite traditionnelle serait
devenue insuffisante, voir même menacée d’extinction.

Au corps défendant de la Mairie, et des associations qui en
dénigrent systématiquement les résultats, l’étude la plus conséquente
(plusieurs dizaines d’enquêteurs) sur le tissu commercial de Château-Rouge
démontre le peu de fondement de ces postulats. Rendue au printemps 2003,
elle provient de l’Atelier Parisien d’Urbanisme (APUR), référence parisienne
du domaine. Ses résultats sont limpides : il y a peu, voire pas de commerce
de gros à Château-Rouge, l’offre traditionnelle est suffisante en quantité
et en qualité (et meilleure que la moyenne parisienne), et 80% de clients
viennent en transport en commun ou à pied. Face à ces données, la mise en
place d’un « marché des cinq continents » perd une grande partie de son
sens. Et les sites pressentis en périphérie Nord-Est, éloignés de tout
transport en commun, apparaissent particulièrement peu adaptés à une
clientèle qui utilise Château-Rouge pour sa centralité et sa
fonctionnalité.
Les « nuisances » identifiées par la même étude sont par ailleurs d’une
grande banalité, et directement liées à la fréquentation massive du
quartier : embouteillages, klaxons, propreté des rues. Bref, rien que de
très « parisien ». Et rien qui justifie de continuer, à coup d’études
supplémentaires et de déclarations d’intentions, à vouloir déporter « 
l’exotique ».

Mais les élus socialistes persévèrent et confient l’été dernier la suite des
études à « Partenaires Développement », un cabinet constitué de deux
experts. Elles visent cette fois à préciser les connaissances sur les fameux
commerces de Château-Rouge, et à évaluer la faisabilité du transfert. Grâce
à leurs résultats, Lyne Cohen-Solal affirmait tout récemment au Conseil de
Paris que 77% des commerces de Château-Rouge étaient des « commerces
ethniques ». Derrière cette catégorie « scientifique », l’étude regroupe
vendeurs de kebabs, boulangeries dites nord-africaines au motif qu’elles
sont tenues par des commerçants issus de l’immigration nord-africaine et
alors même qu’elles proposent une offre « traditionnelle », restaurants -
même « chics » - de couscous ou de cuisine turque, cafés et bars en tout
genre (sauf le bar branché l’Olympic), coiffeurs, vendeurs de mèches, de
cosmétiques, de télécartes, de téléphones portables, et bien sûr les
commerces alimentaires « plantains-manioc-piments ». Nul besoin d’en
rajouter pour comprendre la méthode utilisée : il fallait inventer un « 
chiffre-choc » pour décrire un quartier « dépossédé de lui-même ». Et pour
cela, utiliser le genre de catégorie - globalisante, caricaturale,
vraisemblablement xénophobe - qui parle certes à certains électeurs, mais
qu’il est rigoureusement inadmissible de manipuler dans une étude
d’urbanisme. Et que les élus PS seraient inspirés de laisser, pendant les
conseils municipaux, à leurs collègues du FN. La manoeuvre est en tout cas
efficace : la Tradition est menacée par l’Ethnique, catégorie indéfinie mais
identifiable comme un tout. Et Lyne Cohen-Solal peut sereinement défendre
l’avancement de la délocalisation, au nom de l’intérêt général...
En plus d’être instrumentalisée, l’identification des commerces de
Château-Rouge à une catégorie homogène est totalement fausse. Il est connu
que la zone commerciale est « tenue », selon les activités, par des réseaux
hautement diversifiés, chinois, pakistanais, et sri-lankais principalement,
sans oublier une part importante de commerçants africains spécialisés dans
les produits de leur pays d’origine. Et l’identité des propriétaires des
commerces, dont les loyers sont généralement élevés, diversifie encore le
tableau, bigarré pour le coup. A moins donc d’utiliser les mots-valises de
la xénophobie ordinaire (« ces étrangers et leurs commerces, tous les mêmes
 ! ») on est loin, à Château-Rouge de la « mono-activité » qui menace
certains quartiers de Paris. Remarquons ici que la Mairie a choisi
d’inaugurer dans le quartier sa politique de diversification commerciale
(son mot d’ordre dans tout Paris) par la création d’une zone...de
mono-activité, la « rue de la Mode » selon l’étiquetage municipal, en fait
rue des Gardes !
La « mono-fréquentation » est bien sur un constat aussi douteux : du lycéen
français au diplomate angolais, il s’agit bien d’une diversité de
nationalités, d’identités et de statuts que Château-Rouge attire et
juxtapose. Chacun a d’ailleurs un usage différent du quartier et de ses
commerces, sans qu’il soit possible de le réduire à une « identité africaine
 » quelconque, et encore moins à un « communautarisme »....
Que faut-il donc penser de Daniel Vaillant lorsqu’il explique qu’il faut à 
Château-Rouge, « réintroduire de la diversité » et « retrouver la mixité » ?
Quel est donc cet ensemble que la Mairie identifie, mesure à 77% (le
pourcentage municipal des commerces « exotiques ») et voudrait en quelque
sorte diluer ? Considère-t-elle, à la manière des théoriciens de « mission
civilisatrice de la France », que « le Noir ou l’Africain », en plus d’être
un « sauvage », forme un tout - une « race », une « culture » dit-on
aujourd’hui pour s’éviter les désagréments d’un lexique trop ancré à 
l’extrême droite et se vanter de « reconnaître » les différences.
Un tel partage du monde, en plus de marquer les rapports d’expertise et les
discours des élus, organise à Château-Rouge l’ensemble du dispositif de
concertation politique.

Les « clients du marché » ne sont pas les ennemis des « habitants du
quartier »

Le propriétaire d’un appartement haussmanien de la rue de Panama est-il plus
du quartier qu’une femme mal-logée d’un squat de la rue Myrha ou d’un hôtel
meublé de la rue des Poissonniers ? Un salarié des boutiques « exotiques »
qui arrive à 7h du matin à Château-Rouge, y travaille jusqu’à 20h en plein
air et en faisant des pauses dans les cafés du quartier l’habite-t-il moins
qu’un cadre qui en part vers 8 h pour y revenir vers 19h ? Un intermittent
du spectacle ou du précariat est-il moins légitime dans le quartier qu’une
personne certaine de pouvoir payer son loyer ? Les « primo-arrivants » des
pays d’Afrique noire et du Nord, d’Inde... à qui la structure sociale du
quartier offre parfois un premier accueil et une possibilité de survie
sont-ils moins habitants du quartier que d’autres « primo-arrivants » sur le
quartier dont la plupart des ami/es et des activités se trouvent à 
l’extérieur de Château-Rouge ? Les habitués du marché qui aiment flâner dans
les rues ou aux terrasses des cafés après leurs courses habitent-ils moins
le quartier qu’un propriétaire-locataire attiré dans la zone par le « bas »
prix des appartements mais qui rentre chez lui en pressant le pas et
maudissant les reliefs du marché, « les bruits et les odeurs » ? Les
sans-papiers et autres « clandestins » y vivent-ils moins que d’autres ?
L’augmentation des contrôles policiers ainsi que des micro-rafles suggèrent
le contraire.

Les conseils de quartier constituent l’un des grands lieux de fabrication et
d’exhibition de la catégorie municipale et privilégiée d’« habitant
(sous-entendu légitime) de Château-Rouge ». Ces assemblées où la légitimité
de la prise de parole est conditionnée par le fait d’être « habitant de
Château-Rouge » forment un excellent observatoire des personnes incluses
dans la « concertation » et des formes prises par celle-ci. L’assistance
s’auto-définit parfois comme « tous les cadres moyens et supérieurs » du
quartier. La présence des personnes issues de l’immigration africaine y est
très rare, leur prise de parole encore plus. Un oeil un peu exercé y
reconnaît une partie des ténors associatifs du quartier, et surtout les
mêmes têtes. Il faut sur ce point préciser que pour se garantir contre toute
dissonance ou perturbation, « les habitants du quartier » annoncent leurs
conseils au moyen d’un affichage extrêmement confidentiel et sans doute
inadéquat aux formes de circulation de l’information dans le quartier. Dans
ce cadre protégé, les partenaires de la concertation se limitent à la
municipalité socialiste organisatrice des conseils et porteuse du projet de
réaménagement de Château-Rouge, aux regroupements d’habitants
sarko-chevénementistes et « tout sécuritaire » qui déplorent la lenteur de
sa mise en oeuvre, aux associations institutionnelles qui font des remarques
de détails et aux Verts qui après avoir caressé l’idée d’un contre-projet
ont quitté la scène, sans doute convaincus par la dimension « hygiéniste »
de l’affaire... Bref la concertation a lieu entre des représentants de partis
et des « habitants » parfaitement homogènes et d’accord avec le projet de
transfert qui ne discutent que de points de détails ou font semblant de se
disputer sur des questions de délai.

Les discussions suscitées par le marché de Château-Rouge dans les conseils
de quartier et au sein d’un certain nombre d’associations d’ « habitants »
viennent utiliser et renforcer les catégories et les dichotomies douteuses
des études et discours officiels.
La principale des distinctions à faire serait entre ceux qui sont là , les « 
habitants » du quartier et ceux qui passent, les « clients » du marché. La
mairie parle d’un conflit entre la « fonction résidentielle » et la « 
fonction commerciale » du quartier, mais l’une des figures de la vie
associative locale Mr. Bouabsa se fait plus précis sans être contredit, il
est même applaudi :

« Alors je vais vous dire quelque chose, nous avons parlé jusqu’à présent
des commerces, nous n’avons pas parlé des gens qui y habitent effectivement,
ni à Château Rouge, ni du côté de la Goutte d’or. Vous avez deux parties. Du
côté de la Goutte d’or, vous avez un commerce qui est purement Nord
Africain. Et vous avez un commerce à Château-Rouge qui est afro-asiatique.
Les gens qui viennent dans ces commerces ne sont pas des gens qui habitent
ici. Donc il ne s’agit pas du tissu social. Le tissu social, c’est à travers
les habitants et là ce ne sont pas des habitants. »

Les termes de l’opposition se précisent puisque les « clients » dont il
s’agit achètent des produits afro-asiatiques, alors que les « habitants »
consomment du non afro-asiatique. Plus clairement, les clients satisfaits
par le marché de Château-Rouge seraient « africains », et les habitants du
quartier ne le seraient pas. Cette grille de lecture aberrante autorise à 
dénoncer le marché comme un « corps étranger » au quartier, une invasion
africaine. Elle atteste aussi que la mairie et ses supporters n’ont pas
décidé d’aborder le « problème » du « marché de Château-Rouge » comme un
traditionnel problème de marché dans une grande ville (bruits, suractivité,
livraisons...), mais comme un problème de « marché africain ». Château-Rouge
ferait aussi problème parce qu’il satisfait des besoins « africains »
supposés étrangers aux habitants du quartier.

Cette ligne interprétative est sous-tendue par une série de contre-vérités
manifestes.

- Il n’y aurait pas de personnes issues de l’immigration africaine
habitant le quartier de Château-Rouge ! C’est méconnaître les 30 dernières
années de l’histoire du quartier, depuis les années 1975-80 Château-Rouge
constitue une zone d’installation pour de nombreux immigrés en provenance du
continent africain, dans le prolongement de ce que fut le quartier depuis la
première guerre mondiale, une destination privilégié pour des générations
successives d’immigrés (cf. Jean-Claude Toubon, Khelifa Messamah, Centralité
immigrée. Le quartier de la Goutte d’Or, 1990). C’est cette histoire
continuée qui fait de Château-Rouge, l’un des lieux parisiens assez rares où
peuvent se manifester les besoins multiples des immigrés africains. C’est
encore cette histoire qui revêt Château-Rouge d’une dimension économique et
symbolique internationale grâce à la puissance d’évocation et de rayonnement
du quartier sur le continent africain. A Alger, Paris c’est d’abord Barbès !
C’est enfin cette histoire qu’il faut défendre puisque la Mairie cherche à 
nous vendre une histoire mal révisée et expurgée de ses immigrés en l’espèce
de son projet d’artisanat de luxe. Ce dernier est en effet présenté comme
fidèle à l’histoire du quartier ! C’est confondre Château-Rouge avec la
place du Tertre et Daniel Vaillant avec Amélie Poulain.

- Seuls les « Africains » seraient clients du marché de Château-Rouge.
La diversité des marchandises, leur prix souvent intéressant, l’absence de
chauvinisme culinaire de nombreux clients, les succès de l’ethnic food... en
font un espace commercial ouvert à tous.

- Enfin répétons-le, les « africains » ne forment une catégorie
homogène qu’au prix d’un étiquetage aussi raciste que celui de « race
européenne » ou encore « peuple européen » par exemple.

Pour finir...

Parce que nous refusons le racisme soft et culturaliste de la mairie
socialiste.

Parce que nous n’acceptons pas que la mairie et 3 associations transforment
de façon autoritaire le quartier en parc d’artisanat de luxe.

Parce que nous n’avons pas honte d’un espace où s’exprime une forme de « 
centralité immigrée ».

Parce que les commerçants, notamment les plus fragiles d’entre eux,
commencent à avoir peur des attaques sécuritaires et municipales.

Opposons-nous à l’expulsion du marché de Château-Rouge.

GRAAF (Groupe de recherches activistes sur l’Afrique)
Contact : peaux_rouges@no-log.org

COMMENTAIRES  

14/10/2004 01:13 par GDEVI

Messieurs,

Je lis avec étonnement votre article concernant le quartier de Château-Rouge, et l’amalgame fait entre les citoyens habitants du quartier avec la bête immonde néonazi et raciste, cela tient de l’amalgame stalinien. Car aucune femme ou homme digne de ce nom ne souhaiterait vivre dans le cloaque de Château-Rouge.
Mon amie est de ces nouvelles arrivantes dont vous parlez avec un semblant de mépris, ni bobo, ni facho. Une femme amie de l’Afrique qui a passé deux mois chez l’habitant à Pointe Noire pour filmer les retrouvailles d’un Franco-Congolaise avec sa famille et si elle a vu beaucoup de misère la bas due en grande partie à la compromission du pouvoir avec l’industrie pétrolière française, elle a aussi vu des gens avec une dignité

Ladite dignité, l’avez-vous aperçue une fois à Château-Rouge ?

Moi pas !

Alors assez de démagogie. : tout être humain noir ou blanc, riche ou pauvre aspire à la tranquillité, à l’hygiène et à la sécurité autant de notions absentes de ce quartier.
Dire le contraire serait faire le lit à tous les extrêmes.

Bien à vous
GDEVI

PJ : Copie de ma lettre envoyée aux élus pour dénoncer la situation intolérable régnant à Château-Rouge.

Monsieur le Ministre,

Dans un courrier daté du 2 janvier 2004, j’attirais l’attention de votre prédécesseur, Monsieur Nicolas Sarkozy concernant la situation explosive tant liée à la sécurité publique que sanitaire régnant dans le quartier de Château rouge et notamment rue Poulet où résident mon amie et son fils.
A’la suite de ce cette lettre j’ai reçu une réponse de son chef adjoint de cabinet, Monsieur Philippe Choppin, m’assurant qu’il procédait à l’examen de ce dossier et qu’il ne manquerait pas de me tenir informé des suites qui lui auraient été donné.

Or, rien ! Si ce n’est une brève accalmie pré élections régionale - je le reconnais - pendant laquelle tant les forces de polices nationales que les services d’hygiène municipaux (auxquels je m’étais aussi adressé) se sont montrés très actifs (nombreuses patrouilles, cars de police stationnés jours et nuits au carrefour, chasse aux dealers et aux vendeurs de contrefaçon, nettoyage amélioré de la rue). La situation s’est beaucoup améliorée et puis pschitt ! Les élections régionales passées plus rien ! Envolées les forces de police, disparus les services d’hygiènes ! La rue poulet est à nouveau une zone de non droit.

Voilà pourquoi je vous adresse là nouveau la lettre que j’avais envoyée à votre prédécesseur ainsi qu’à Monsieur le Maire de Paris, Monsieur le Maire du XVIIIème arrondissement ainsi qu’à Monsieur le Commissaire de Police.

L’enjeu de la sécurité est bien au-delà des partis, c’est un droit élémentaire que tout citoyen est en droit d’espérer mais auquel il doit aussi contribuer. Cela serait faire le jeu des extrêmes et mettre en danger la démocratie que de l’oublier.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma très haute considération

GDEVI

PJ : Copie de la Lettre adressée à Monsieur Nicolas Sarkozy, Ministre de l’Intérieur.

Email : gdevi@noos.fr

Paris, le 02 janvier 2004

A’ l’intention de Monsieur Nicolas Sarkozy, Ministre de l’Intérieur

Monsieur le Ministre,

Voilà déjà un an mon amie Cathie D. achetait un appartement et s’installait rue Poulet dans le quartier de Château Rouge à Paris 18ème. Aujourd’hu,i elle regrette amèrement cette acquisition. Car nuit et jour, derrière le folklore apparent du marché africain règnent la misère la plus crasse, la violence et la peur sans que pratiquement jamais les pouvoirs publics n’interviennent.

Sans aucun doute, la rue Poulet est la plus sale de Paris, à tel point que mon amie a honte d’inviter chez elle des amis ; un amoncellement de détritus jonche les trottoirs et la chaussée où l’application lacunaire d’une hygiène élémentaire de la part aussi bien des commerçants que des usagers du marché Dejean transforme en vaste décharge à ciel ouvert.

Les habitants n’ont jamais la chance de voir leur rue propre car les ordures sont ramassées sommairement tard le soir et dès le matin la rue est à nouveau un cloaque nauséabond où règne une odeur pestilentielle empêchant de garder sa fenêtre ouverte et quand bien même le voudrait-on, un bruit d’enfer quasi permanent l’interdirait.

De jour, c’est le hurlement des revendeurs d’objets et de vêtements de contrefaçon installés avec leurs marchandises aux pieds des immeubles à même le sol ou sur les
Voitures au mépris de la loi. Consterné, j’ai entendu dire par l’un d’eux dans la rue en pleine journée : La classe c’est la marque et la marque c’est la dignité » (sic). Beau message de fraternité.
Quelquefois, lorsqu’on veut se frayer un chemin jusqu’à la porte de son immeuble, on se fait méchamment rabrouer. Jusque là , rien de bien méchant me dira-t-on mais vous n’avez encore rien vu ni entendu.

Car le soir c’est le règne de la peur qui s’installe : une faune de morts-vivants prend possession de la rue, semblants d’hommes et de femmes n’ayant plus que les os et la peau errent à la recherche de crack, des hommes ivres d’alcool et de violence rodent, des dealers passent en puissantes limousines, patibulaires, menaçants.
Tous les soirs je tremble à l’idée que mon amie ne se fasse agresser par un toxicomane en manque, cela lui est déjà arrivé dans le quartier de la gare de l’Est et sa plainte est restée sans suite ; elle même s’inquiète pour son jeune fils de vingt ans.

Mais ce n’est pas tout : des hommes sans cessent crachent, sortent leur sexe pour uriner à même le trottoir. Quand on est enfin rentré chez soi, le cauchemar continue ; impossible de fermer l’oeil car partout résonnent dans la nuit l’écho des cris de douleurs de femmes battues, des éclats de voix de bagarres qui éclatent un peu partout, de voitures de police toutes sirènes hurlantes, vrombissantes empruntant la rue en sens interdit, sans s’arrêter de peur semble-t-il d’intervenir dans cette zone de non droit.

Presque un an de ce traitement vous laisse au bord de l’écoeurement voire de la dépression nerveuse et pourtant nous sommes en plein Paris en l’an 2004. Que font les pouvoirs publics ? Rien semble-t-il ! Seul un minibus de « Médecins du monde » et c’est tout à son honneur assure une permanence le mercredi soir.

Cette lettre n’est pas un appel à voter Front National ni à plus de répressions dont les limites sont connues. Depuis quelques mois des cars de Police stationnent sporadiquement à Château-Rouge et dans tout le quartier sans résultats probants, les délinquants de tous poils continuant de les narguer.

Alors que faire ? Il ne s’agit pas de chasser les Africains et leur marché du quartier ni de le livrer aux pelleteuses des promoteurs afin de créer un nouveau repère « Bobo » mais d’y exiger le strict respect de la loi pour que les gens normaux puissent y vivre en paix.

Que les services d’hygiène fassent leur travail et s’il faut fermer certaines échoppes pas aux normes, alors fermons-les ! Que les lois en vigueurs sur le trafic et l’usage de stupéfiants soient appliquées ! Que les vendeurs de contrefaçons soient boutés hors du quartier car l’immense majorité de ses habitants aspire à la tranquillité.
Pour cela il faut redonner visage humain à cette rue Poulet ; qu’elle soit rendue aux piétons, interdite à la circulation automobile, systématiquement et régulièrement nettoyée plusieurs fois par jour et que des amendes soient dressées aux contrevenants qui la souillent.

La présence policière au carrefour de Château-Rouge doit être renforcée, la répression envers les trafiquants et les fraudeurs de tous poils accentuée ; enfin que les toxicomanes et les malheureux soient pris en charge par les structures adéquates afin que les habitants et les simples passants n’aient plus peur rue Poulet et puissent enfin dormir la fenêtre ouverte quand ils le souhaitent.
Merci Monsieur le Ministre d’écouter un citoyen et un électeur en colère et de prendre afin de prendre toutes les mesures nécessaires pour que la rue Poulet et tout le secteur avoisinant redeviennent un quartier de Paris comme les autres.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma très haute considération

GDEVI

Copie adressée à  :
· Monsieur Bertrand Delanoë, Maire de paris
· Monsieur Daniel Vaillant, Maire du 18ème arrondissement de Paris
· Monsieur Jean-Paul Proust, Préfet de Police de Paris

07/12/2004 12:01 par eric

Avant d’apprendre a marcher,il faut connaitre le terrain.J,ai honte pour les gens qui achètent du mètre carré pas cher et qui méprisent le quartier.J,habite a chateau rouge par choix.Pas par manque de moyens.Et pas besoins d,ecrire 100 pages pour faire résonner mon indignation.A bon entendeurs salut.
Eric.

23/12/2004 15:31 par Anonyme

Désolé, c’est un mauvais procès. Il n’y a ici nul racisme de ma part mais juste l’envie de vivre en paix.

J’apprécie aussi les commerces africains et le cosmopolitisme du quartier mais j’ai le droit de dormir comme tout le monde et de ne pas marcher dans les ordures !
Où est le racisme ici ?

08/08/2006 01:52 par Anonyme

La diversité permet à chacun de voir midi à sa porte.

J’aime ce quartier car il a une âme, il est chaleureux et acceuillant voir même envoutant...

J’aime ce quartier donc j’y habite. Au lieu de vouloir le changer pour ceux qui ne le suportent plus il existe 19 autres arrondissements prets à les accueillir.

un parisien du 18ème

08/12/2004 11:45 par christian

je suis extrèmement choqué d’entendre cette dame parler de cloaque immonde en parlant de mon quartier ! J’ai habité plusieurs quartiers de Paris, le 5ème,puis place des Ternes,et c’est à Chateau rouge que je connais l’ambiance la plus chalheureuse. Enfin un quartier vivant, populaire, riche des différences , coloré et métissé où l’on peut vivre tous ensemble en mesurant ce que la méconnaissance de l’autre peut entrainer comme peur et comme rejet ! Bien sur, des améliorations sont à apporter la réhabilitation des immeubles est uner bonne chose si elle permet de garder dans de meilleures conditions les familles dans le quartier. Mais pas de les pousser en Banlieue pour faire la place aux nouveaux investisseurs qui rêvent d’un quartier asceptisé. Vive le hors norme ! dans cette époque ou tout tend à tout uniformiser. Quel bonheur ces femmes africaines cotoyant cet homme Kaboul parlant avec ce jeune algérien. Dans notre tour de Babel du 18ème, nous essayons tous de parler la même langue pour construire l’étage supérieur, celui de la fraternité.Et alors si ces femmes vendent du maïs chaud pour nourrir leurs enfants ? et sans doute nourrir 40 enfants dans leur village africain. Ne croyez pas qu’elles font ça pour vous rendre la vie insupportable, comme vous dites. Mais au lieu de les mépriser en passant souriez leur et vous verrez tout se mettra à sourire autour de vous. Car beaucoup de misères nous entoure un sourire peut plus faire que la haine que vous affichez, excusez moi, madame, mais peut être sortiriez vous de votre dépréssion en décidant vous même de regarder l’autre , pas le drogué ou la prostituée ,pauvres êtres perdus , mais votre voisin, votre voisine, non pas comme votre assassin potentiel mais comme votre égal en humanité. même s’il est noir ou bronzé. Il y a une grande différence entre aller en touristes occidentaux en Afrique et vivre à Chateau rouge. Mais avez vous été déjà invitée à boire le thé à la menthe chez Fatou ou à manger des fataïs chez Saîda ? Non ? alors, un conseil, changez votre manière ou, excusez mon audace, ayez le courage de changer de quartier. Bon courage.

27/10/2005 15:50 par Anonyme

On croit réver ma parole, vous êtes sur d’y habiter à ce fameux château rouge !

Moi j’y vis depuis un moment en j’en ai marre d’entendre des idiots dans votre genre se plaindre des initiatives louables de la mairie de paris.

Notre quartier est dégeulasse, une vrai poubelle, les immeubles s’effondrent, les "clients du marché se saoûlent la gueule dans la rue (on voit bien que vous ne devez pas avoir d’enfants) et enfin les clients bloquent le quartier du vendredi soir au dimanche fin d’am et nous offrent un concert de Klaxon, il est impossible de circuler dans ce quartier le we pour y déplacer un meuble par exemple.......
Arrêter un peu de critiquer, j’habite ce quartier par manque de moyens aussi et je trouve très bien que l’on mixe un peu les quartiers, y’en a marre de concentrer la merde à chateau rouge et à la goutte d’or-------bienvenus aux artistes, aux étudiants !
Ensuite, arreter de parler de conneries : "Epuration Ethnique ???"
ça va pas, non ?
Dieudonné, c’est pas ici, faut quand même pas dire n’importe quoi, c’est de la démagogie !
Je transmets l’adresse de ce site à la mairie !

ALORS SVP, ARRETER DE JOUER A lagauche caviar, la gauche doit être réaliste et constructive messieurs les alters !

Un homme de gauchge qui en a marre des pleurnichards

25/02/2008 14:17 par MIMI

je suis entièrement d’accord. Cela fait 20 ans que je vis dans le quartier non loin de la rue des poissonniers, et j’ai vu ce quartier se dégrader années après années à cause du crack, et depuis quelques temps à cause de la prostitution africaine. Il faut dire les choses telles quelles sont et non faire du politiquement correct surtout dans ce quartier, car les élus prennent les gens pour des imbéciles. Les immigrés, et c’est navrant, ne participent pas à la vie du quartier, et ils ne votent pas non plus. Et les autres habitants, comme moi, finissent par quitter le quartier qu’ils avaient pourtant choisi à l’époque, celle d’avant Mr Vaillant et ses amis comme Mr Fraysse, qui m’a dit il y a quelques temps, alors que je me plaignais de la prostitution, que cela n’était pas un problème pour lui et que cela ne le dérangeait pas !!!
Belle mentalité pour un élu.
La vérité c’est que ce quartier est la poubelle de Paris...

20/09/2006 00:15 par opel

oui Christian... j’habite rue des poissonniers et j’aimerais dormir tranquille par moment.
j’aimerais aussi sentir un air qui sente l’air de temps en temps.
et si j’ai des enfants un jour, métissés, dieu l’entende, qu’ils puissent profiter d’un peu de silence, d’air et puissent aller tranquillement à l’école.

Enfin, moins égoistement, j’ai habité en Afrique à Niamey pendant plusieurs années endroit ou ta morale d’offusqué pleine de clichés fait bien rire tout le monde. jaune.
Surtout ceux qui essaient de venir réellement en aide a des populations défavorisées et qui savent que des normes d’hygiène sont nécessaires. Et ce d’autant plus que ces populations sont menacées.

tu crois que dans les villages les gens sont confrontés au saturnisme ? à Chateau Rouge oui. à 15 dans l’appart.

ce que tu peux faire par contre, vu ta grande ame, c’est prêter ton superbe appartement du 5 pour éviter la ghétoisation dans le 18 populaire.
merci d’avance.

20/09/2006 22:22 par opel_2

c’est vraiment très bien ce que tu dis

21/02/2006 12:26 par LE PORCHER André

Un petit témoignage
de 1954 à 1956 mon pere avait un commerce de détails ,on appelait ça à l’époque une droguerie(sic) où il vendait peinture ,vitres, lessive ,et divers produits pétroliers *
Cela se situait tout en haut de la rue au numéro 1 face à la papeterie" Deloffre"
Nous habitions un tout petit logement situé au dessus du commerce
J’étais enfant de 6 à 10 ans,mais je me souviens parfaitement des cris toutes les nuits et des bagarres quoitidiennes même dans la journée,toutes les nuits il fallait appeler la police qui tardait souvent à arriver(rien de neuf) pour des rixes et scènes de ménage dans un hôtel du milieu de la rue l’hotel de Paris,il y avait même des incendies volontaires de poubelles et de voitures quelques fois même une bombe un jour ,c’était la guerre d’Algérie
Tout ceci pour voud dire que le quartier ,qui avait son charme,n’a pas vraiment changer en 50 ans
J’habite aujourd’hui à 13000 km de là , je suis bien

Bon courage

29/01/2007 09:29 par bibi

J’ai été choqué par l’etat du quartier de chateau rouge qui s’est dégradé.
Les gens doivent réagir et prendre leurs responsabilités sans toujours attendre des aides et des aides des collectivités et sans voir dans les maires et les responsables politiques des néonazis en puissance. ça en devient ridicule.....

24/08/2007 13:56 par narbe

Est il vrai que le commissaire de police de la rue clignancourt est le plus riche policier de france ?

24/08/2007 13:53 par narbe

Aout 2007 -

Il n’y a rien à rajouter, à part une agravation de tous tous ces problèmes.

06/03/2008 11:28 par aurore

ouh lala j’ai peur !! je suis sur le point de louer un superbe appartement rue ramey ( tout pres de chateau rouge) et là d’un coup vous me fichez la trouille ! quel dommage l’appart est vraiment beau... du coup j’hesite...est si dangereux que ça ??

15/03/2008 13:04 par Anonyme

Dangereux ? ... j’y habite depuis un an et demi. ça a été dur d’atterrir ici car je venais d’une lointaine ville de province très, très calme. Château-Rouge, je dirais plutôt que c’est un quartier très chiant à vivre : - à cause de la foule dense et permanente attirée par le marché ; - à cause de la station de métro rendue d’un abord difficile par les vendeurs à la sauvette ; - à cause des resquilleurs qui empruntent la sortie du métro pour y rentrer ce qui contraint les usagers en règle à attendre parfois longtemps (Grrrr !) ; - à cause du manque de diversité des commerces ; - à cause de la saleté.
C’est vrai qu’il y a quelques junkies ; ce sont eux qu’il faut éviter et qui sont potentiellement dangereux, notamment tôt le matin (jusqu’à 7h00) et très tard le soir (à partir de 23 h 30- minuit, je dirais). Sinon, en journée, l’avantage de la foule dense, c’est que sa présence protège. Je dirais qu’il y a des coins stratégiques plus craignos : les abords immédiats de la station Château-Rouge (il est préférable de sortir par l’escalier que par l’escalator) ; l’intersection des rues Poulet, Poissonniers, Doudeauville (à l’heure actuelle, c’est là que racolent les prostituées) ; la rive du boulevard entre les deux stations de Château-Rouge et Barbès.
Je navigue souvent dans le quartier, tous les jours, à des heures très variables ; j’ai juste été inquiétée une fois, un matin vers 7 h 00.
Notons qu’il y a également des ambiances très anxiogènes quand il y a des interventions de police d’envergure. Quand celles-ci sont "surprise", c’est dangereux car beaucoup de gens se barrent en courant et il m’est arrivé une fois de me faire méchamment bousculer lors d’un détalage. Les ambiances "rafles", avec fermeture de rues et contrôle systématique (au faciès évidemment car moi, je suis blanche et je n’ai jamais été contrôlée), c’est vraiment pas mon truc.
Bref, pour résumer, en ce qui me concerne, le quartier ne me plaît pas vraiment (c’est moche, c’est sale, y a trop de monde) mais j’y ai acquis quelques habitudes et au final, je m’y attache. Il y a une ambiance très XIXe siècle, très Zola ; c’est un vrai quartier populaire, et ça, ça me plaît.

15/03/2008 13:06 par Anonyme

J’ai oublié d’ajouter que pour l’aparte de la rue Ramey, je n’hésiterais pas ;-)

12/10/2005 11:34 par Tybo

Bonjour,

J’habite le quartier depuis six mois et apprécie énormément sa convivialité et sa chaleur. Je suis cependant un peu étonné du caractère manichéen de ce débat : pour résumer c’est un peu "raciste/facho" contre "idéaliste défenseur des drogués/dealers"... La propreté et le bruit sont deux points faibles de notre quartier, sachons le reconnaître, et noirs, blancs, arabes, nous gagnerions tous à améliorer ces deux aspects. Sans transformer Château-Rouge en Passy (ce que personne ne souhaite), il y a un vrai débat à mener, et il nécessite pour commencer d’éviter de caricaturer ses contradicteurs.

07/07/2006 07:44 par Emma

Hum hum. C’est vrai que le quartier est attachant, si différent du reste du Paris. Mais c’est vrai aussi qu’il ne peut pas ne pas faire réagir.
Le sujet de l’opposition entre habitants et clients qui viendraient d’ailleurs est lui aussi complexe : j’habite rue Laghouat dans un petit immeuble où les seuls africains sont les locataires des commerces au rdc. Et je constate que la rue sert le week end de parking pour les voitures immatriculées 93 ou 94 des africains qui viennent se ravitailler.
Il me semble que cette situation est en fait assez analogue à celle du quartier indien du Fbg St Denis : commerces et clients indiens, mais pas les habitants. Avec une opposition peut être moins violente pour des raisons culturelles.
Une autre différence pour terminer : la présence la goutte d’or de trèsnombreux logement sociaux qui eux logent une population qui est très souvent africaine. Et là , un vrai problème avec les bandes de gamins de 10-15 ans totalement ingérables... mais c’est une autre histoire

19/07/2007 15:47 par Abraham

Lorsqu’on fait un article si bien détaillé,on ne peut pas se permettre d’oublier des aspects très importants en rapport avec le sujet:la question de la sécurité et celle de l’hygiène.Le marché est bien trop fréquenté pour que dans ce lieu exigüe la sécurité des gens soit garantie,notamment à l’accès du métro ;quant à l’hygiène,il suffit d’y passer à n’importe quelle heure de la journée pour voir les problèmes que ce marché et,plus encore,les marchés parallèles occasionnent.Lorsqu’on y va faire uniquement ses courses c’est moins gênant que lorsqu’on y habite.Si on y ajoute des problèmes de toxicomanie et de gens qu’urinent partout,veuillez croire que le résultat est plus qu’alarmant.Alors,oui,il faut que cela change,et que les commerçants qui restent jouent le jeu du respet des résidents pour lesquels un peu de diversité commerciale ne ferait pas du mal...
Merci d’y réfléchir !
Abraham

27/08/2007 13:03 par Olivier

En tant qu’éventuel futur habitant du quartier, je tiens à préciser ma grande réticence à y vivre. Ayant traverser ce quartier, j’ai demandé à l’agent immobilier de contourner le marché, refusant totalement de traverser cette zone ihnospitalière, inquiétante et surtout... sale.
Ayant peu de moyens financiers, nous sommes obligés pour vivre ensemble à Paris, d’acheter et non louer, ce qui nous reviendrait bien trop cher. Notre budget ne nous permet pas de vivre ailleurs que dans ce genre de quartier encore "accessibles".
Oui, je sais c’est déjà bien de pouvoir acheter...
J’habite le 18e depuis plus de 7 ans, et je constate que dans cette "Goutte d’or", en élargissant le quartier jusqu’à la rue Ordener, il n’existe pas du tout de mixité commerciale ! Moi qui aime acheter du pain traditionnel dans une vraie boulangerie traditionnellement française, je ne le peux pas, ça n’existe pas ! Il n’y a, à mon souvenir aucun franprix, Ed... encore moins monoprix ou picard, il faut absolument quitter le quartier et aller à Montmartre ou à la mairie, au mieux, rue Ordener au nord de ce quartier, les bras chargés de sacs. Quant à une boucherie non halal...
Je précise que je ne gagne pas plus de 1300 € net par mois, que je ne risque pas de voter front national et qu’en plus, pour couronner le tout, nous sommes un couple d’homosexuels qui ne pourra pas se faire accepter dans un tel cadre avant un très long moment... Nous hésitons énormément à acheter dans ce quartier pour y vivre...
Ce qui nous attire est l’appartement superbe que nous avons visiter, le coût assez faible d’achat... Mais sûrement pas le quartier !

Par contre, installer un commerce de luxe dans ces rues est une abomination... Il faudrait simplement obliger les nouveaux commercants à s’installer en tant que boulangerie traditionnelle, boucherie, épicerie, quincaillerie, superettes de quartier, petites surfaces, mode, bistrots, bars branchés... Bref, une vraie mixité comme cela peut exister dans des rues vraiment mixtes : Ordener, Poteau, Letort...

13/11/2007 03:42 par Anonymous

Bravo belle mentalité. connaissant le quartier je n’ai pas encore vu d’homosexuel quelqui soit se faire agresser. Et en ce qui concerne les supermachés et je vous cite : "Il n’y a, à mon souvenir aucun franprix, Ed... encore moins monoprix ou picard, il faut absolument quitter le quartier et aller à Montmartre ou à la mairie, au mieux, rue Ordener au nord de ce quartier, les bras chargés de sacs". Vous trouverez un franprix dans le coeur du quartier de la goutte d’or, un ED sur la rue dejean, un champion sur le boulevard barbes en direction de marcadet et vous avez un monoprix métro barbes sur le boulevard. Ce qui pour moi veut dire que vous ne donnez meme pas une chance a ce quartier qui fait vivre de nombreuses familles...!!!

J’admets qu’il existe un problème d’hygiène et d’insécurité dans le quartier de chateau rouge, toutefois je ne pense pas qu’il soit lié à la présence d’un marché exotique, mais plutot à une forte fréquentation des toxicomanes, des revendeurs de drogues et des vendeurs à la sauvette qui balancent leurs détritus sur "vos trottoirs"....

Avez vous remarqué que la plupart des commerces du quartier sortent leur poubelles aux heures de passages des bennes ??????? Perso, prennez le temps et vous en jugerez par vous meme.

Beaucoup d’entre vous parlez de nuissance sonore cela me fait bien rire, car je ne connais que peu de quartier de paris qui soit aussi paisible et où l’on peut encore entendre chantonner les petits moineaux à l’aube.

Je connais le quartier de chateau rouge depuis 2003 et ce que je vois ne me choque pas plus que les autres quartiers de paris. Je dirais meme que chateau rouge, malgré sa mixité et sa fréquentation est pas plus dangeureux que les champs élysées où chaque minute, heure, ou jour, des vols ou agressions sont commis.

Pourquoi ne pas parler des champs élysées et ecrire à la municipalité pour renforcer encore les effectifs présent sur place pour permettre aux touristes qui viennent nous apporter un peu de "monnaie" de se sentir un peu plus en sécurité ???????????????

Une petite question à Olivier : Pourquoi n’essayes tu pas d’aller vivre dans le marais ? Je pense que la communauté Gay pourrait surement t’aider sachant vu que tu es un des leurs (je ne suis pas homophobe, mais ton discours me fait grave chier) ce qui se passe à chateau rouge. Vu qu’on attribue une etiquette Africaine à Chateau rouge et communautaire.

Je finirais en disant, que pour vraiment connaitre chateau rouge sous tous ces angles, faut il déjà s’y intéresser...

10/03/2008 00:55 par Alban

Personnellement, je suis atterré par ce discours. Je suis homosexuel, je vis en bonne intelligence dans ce quartier et avec ses diverses communautés depuis dix ans. Je te déconseille d’y venir pour de mauvaises raisons : tu risques de t’y sentir mal, sorte d’immigré économique qui n’a d’autre choix que d’acheter à Chateau-rouge parce que c’est moins cher...Oui, il y a des problèmes qui restent à régler dans mon quartier, et pour y vivre et s’y sentir bien, il faut beaucoup l’aimer. Je pense qu’au regard du constat que tu en fais au départ, tu ne t’y sentiras pas bien, et passeras à côté de l’extrême richesse de Chateau-rouge et de ses habitants. Le choix d’un lieu de vie est trop important pour le faire à la légère, et une fois arrivé, tu voudras changer ce quartier, niant sa réalité, son histoire, et méprisant ses habitants. La non mixité dont tu parles, tu l’entretiens en te stigmatisant comme homosexuel qui aura du mal à se faire accepter. Pour ma part, je suis un citoyen à part entière, et je refuse ces considérations. Le quartier de Chateau-rouge a accueilli plusieurs vagues de populations immigrées depuis 30 ans et cela continue. Si ta posture de départ est l’ouverture, il n’y a pas de raison qu’il te rejettes, et tu serais surpris du nombres de couples gays qui y vivent. Mais si traverser le marché Dejean est déjà impossible pour toi, n’insistes pas : tu n’est pas fait pour vivre ici, cela te sera pénible, et peut-être iras-tu grossir les rangs des associations genre "Droit au calme" et tu iras gloser sur le bruit et l’odeur. Désolé, mais pour moi, ce rejet dont tu as peur d’être victime ici, tu le pratiques aussi sur les habitants de Chateau-rouge et leur marché "sale et inhospitalier". Cherche ailleurs camarade, et bonne route !

21/05/2008 14:56 par Alexandre

Habitant du quartier depuis 3 ans. Je suis un peu plus bas du coté de la Goutte d’Or. On a clairement choisi ce quartier pour ses bas prix. Aujourd’hui les classes moyennes ne peuvent plus se loger à Paris... Comme on a pas envie de rentrer dans le modèle banlieue - bagnole - supermarchés... on est là .
Franchement, le quartier est un peu craignos... Moi je ne connaissais pas avant et aujourd’hui je m’y reprendrais à deux fois avant d’acheter ici... Assez naïvement, je me disais, ouais la Goutte d’or bah c’est populaire quoi... je croyais que les règles de la République s’y appliquaient quand même... et bien non ! Les atteintes au droit sont permanente... c’est invraissemblable ! des mecs qui urinent partout, des trafics permanents au grand jour, des détritus en permanence dans la rue, des mecs qui passent leur temps à cracher, des atteintes à la tranquilité toute la nuit... Je ne m’y fais pas... Ces jeunes hommes (que des hommes ! Pourquoi ?) qui tiennent les murs en permanence jusqu’à 4h du mat. Que font-ils ? Où habitent-ils ? Chez leurs parents ? Comment espèrent-ils trouver un job ? Mais je m’égare... Sur le sujet du marché... Je ne pense pas qu’il serve aux habitants du quartier (idem pour le marché de Barbès d’ailleurs !) Les gens viennent tous en métro de toute la petite couronne, c’est n’importe quoi ! Comme si on allait faire nos courses avec un cabat à Montreuil ou à Issy-les-Moulineaux !
La mixité cela marche dans les deux sens ! Dans ce quartier il faut rééquilibrer : il y a trop de logements sociaux et trop de personnes issues de l’immigration. La mairie et les nouveaux habitants ont parfaitement le droit de souhaiter une modification de la sociologie et de la morphologie du quartier.

21/05/2008 16:42 par VDJ

"...les nouveaux habitants ont parfaitement le droit de souhaiter une modification de la sociologie... du quartier"

Vous êtes israelien, non ?

VDJ

22/05/2008 15:09 par Alexandre

Ouahhh !!! Quel raccourci ! Heureusement que ce forum est modéré a priori !
Sinon, non je ne suis pas Israélien...
Je suis toujours choqué par ces comparaisons totalement abusives et si malhonnêtes intellectuellement !
Urbanisme commercial = épuration
Arrestation de clandestins demeurant illégalement sur le territoire = Rafle
Actions visant à faire respecter la loi = harcèlement policier
etc. etc.
Ces abus vous desservent

22/06/2009 03:00 par MANU

Nous habitons le quartier au niveau du métro Marcadet depuis maintenant près de 6 ans...comme beaucoup de gens de classes moyennes, nous sommes venus ici car c’était un quartier qui était das nos moyens !! Nous venons tous deux du 10eme arrondissement, donc en matière de mixité sociale je crois que les deux quartiers se valent d’autant que j’y habitais depuis 1987, donc je sais de quoi je parle...à moins que vous ne trouviez BELLEVILLE chicos...

Et bien franchement le 18eme a deux clans : tant du niveau de la propreté, du respect du voisinage que DE L’INTERVENTION DE LA POLICE pour pouvoir vivre NORMALEMENT ... EN VILLE !

D’un côté Montmartre et la Mairie du 18 où tout est propret et où la Police intervient au moindre tapage nocturne.
Et de l’autre BARBES, CHATEAU ROUGE, MARCADET et LA GOUTTE D’OR, où les rues sont sales, où les mecs pissent de jour comme de nuit aussi facilement qu’on sortirait une clope, où les prostituées africaines foisonnent, où les vendeurs et vendeuses à la sauvette sont nombreux et ne se cachent pas. Et surtout lorsque, à bout de nerfs, on apelle la police et qu’ils ne viennent JAMAIS pour les tapages nocturnes des restaurants afraicains de notre rue !!! Ces pseudos restaurants africains qui sont avant tout des bars clandestins puisque sans licence pour la plupart et où les prix ne sont pas affichés en vitrine comme la lois les y oblige !

Il serait peut-être temps que les africains S’INTEGRENT et respectent notre pays d’acceuil et que LA POLICE et LES ELUS FASSENT LEUR TRAVAIL et QU’ILS JUSTIFIENT LEURS SALAIRES, salaires payés avec les imôts que nous payons !

27/06/2009 16:29 par Anonyme

perso je n’habite pas ce quartier, mais vers les epinettes, coté bas de la rue guy moquet, quartier assez semblable, je dois avouer que je me sens bien mieux là que dans les quartiers ghettos genre 7°, 3°, 16° ou là jai vraiment peur. je passe de temps en temps en scooter dans le quartier de la goutte d’or, la derniére fois jai pris de la lacrymo dans la tronche, venu de je ne sais où. Je trouve que le probleme commence quand le comportement de certains nuit aux autres, simplement, le fait est que dans mon quartier, où il y a aussi une communauté africaine, avec aussi des commerces de denrées exotiques, coiffeurs, salon de beauté..le probleme vient vraiment des hommes (franchement je plains souvent les femmes africaines) qui braillent, picolent et pissent dans la rue en toute tranquillité, quand ils ne se font pas gueuler dessus par leurs femmes excédées de leurs comportements. sortant de mon immeuble un jour et tombant sur un gars en train de pisser le zgek à l’air, celui-ci me fit remarquer que si je n’étais pas content, je n’avais qu’à démmenager...je crois juste qu’on ne peut pas vivre dans Paris, qui est une ville dense, et étriquée comme on vit à la campagne ou au bled, non on ne peut pas pisser partout, gueuler la nuit et jeter ses poubelles partout. Je crois qu’un effort est nécessaire pour certains..bon voilà quoi.

02/08/2009 17:51 par Anonyme

j habite rue poulet ,c’est pas tant le marché qui pose problème mais bien la vente a la sauvette de sac ,produit produit,bouton de manchette,ceinture ,lunettes,mais chaud,pop corn,vêtements,médicaments,montres...d’ailleurs c’est plus de la sauvette,c’est 7 jours sur Sept,8h par jour.bref un travail au black a temps plein. et ce qui manque c’est de l’éducation : crier,se battre pour avoir une poubelle qui sert d’étalage,pisser partout,jeter les conditionnement partout...moi qui travaille dans le social je suis affligée par ce laisser faire de la part de la mairie et de la police qui glande au bout de la rue chaque jour.je ne sais plus qui me désespéré le plus.
bref je vais déménager sous peine de devenir facho
vivre ici au quotidien c’est pas du tout charmant,c’est insupportable

13/08/2010 12:59 par zapata31

Je vis ici depuis 5 ans, ça s’est beaucoup dégradé.
La vente à la sauvette envahit tout.
Effectivement, beaucoup de gens pissent dans la rue.
C’est n’importe quoi, et profondément déprimant.

Il est certain qu’il est indispensable de réhabiliter le quartier.
Non par racisme, épuration ethnique où je ne sais quelle autre connerie, mais tout simplement par bon sens.

07/10/2010 01:47 par marie77

j’habite le quartier depuis 10 ans (au niveau du métro chateau rouge...) Je l’ai apprécié pendant longtemps malgré tout (les rues encombrés, le métro inaccessible, la saleté, les gens qui vous rentrent dedans parce qu’on ne fait pas attention aux autres, c’est moi d’abord) Mais malgré cela j’y étais attachée.

Depuis environ 2-3 ans, les choses se sont dégradées à toute allure... Nous sommes vraiment dans un quartier de non-droit. C’est la loi du plus fort : je suis enceinte et ai un bébé de 18 mois, la plupart du temps je ne peux pas accéder à mon immeuble, dont l’entrée est obstruée par des vendeurs à la sauvette. Comme je les dérange, ils deviennent agressifs, et m’ont "repérée". Maintenant j’ai peur ; les policiers m’ont dit "ils ne faut pas avoir peur sinon ils le sentent et c’est là que vous allez avoir des ennuis"... on croit rêver.
Dernierement, alors que nous tentions de rentrer chez nous avec la poussette, des sacs de courses et mon gros ventre, mon ami a eu le malheur de déranger un vendeur clandestin stationné devant la porte, il a réagi violemment en me bousculant, une altercation s’en est suivie sous les yeux de ma fille de 18 mois qui hurlait... je l’ai prise dans mes bras, et là des vendeuses installées à coté en ont profité pour me voler mon sac à main... joli n’est ce pas ?
Ce qui me fait rire (jaune), c’est que je sais très bien qu’en racontant cela je vais être traitée de raciste (d’ailleurs, c’est le 1er mot qui est lancé à un blanc qui n’accepte pas de se faire malmener dans ce quartier ; c’en est comique). Mon "racisme" va envers les cons de tous pays, qui savent bien s’unir pour agresser, s’en prendre aux plus faibles (une femme enceinte, sa fille de 18 mois et son ami handicapé -eh oui... ; n’est ce pas admirable ?)
Alors non, je ne vais pas suivre ce conseil qui m’a été donné juste après l’agression ("votez correctement", sous entendu FN), non je tente, malgré tout, encore, d’"intellectualiser", de faire la part des choses, pour ne pas céder à ces amalgames à la con. D’autant plus faciles que le gouvernement actuel pousse à cela, par son discours, ses orientations, il exacerbe les conflits.
Mais je vomis tout autant ces bien pensants de gauche qui nous tiennent un discours de "tolérance", "c’est beau la mixité"... mixité mon c.. oui, à Chateau Rouge moins qu’ailleurs on peut parler de mixité !!! quand dans une école il y a 3 blancs pour 8 classes, on parle de mixité !!! Eh ! arrêtez, on n’est pas chez les bisounours ici. Rien de tel que l’ideologie pour masquer la réalité. Chateau Rouge c’est un ghetto, c’est tout. Un quartier abandonné par les pouvoirs publics, où règne la loi du plus fort. Point.
Et que les militants associatifs me jettent la première pierre, alors que l’une d’elle me confiait récemment qu’elle ne mettrait jamais plus ses enfants dans les écoles du quartier, car ils n’avaient pas à payer pour ses engagements ! Je respecte ces contradictions. J’aimerais simplement qu’elles soient assumées, et que l’on arrête les discours angéliques du style c’est meeerveilleeuux toouutes ces cultuuures qui cohabitent... non ! parlez en avec des habitants du quartier noirs, verts, rouge, tout ce que vous voulez, ils vivent ici parce qu’ils n’ont pas le choix. Et personne n’est content d’être confronté au vol, à la drogue, aux trafics d’armes (saufs ceux à qui cela rapporte)
Bien sûr il n’y a pas de solution miracle, évidente... mais par pitié, arrêtons de nous voiler la face en mettant d’un côté les vilains blancs racistes qui refusent la soi disant mixité et de l’autre les gentils africains, forcément gentils puisqu’africains. N’est ce pas un peu simpliste ? ne pensez vous pas que les gens qui vivent dans le quartier (qui plus est avec des enfants) peuvent déplorer sa dégradation sans pour autant être d’affreux fachos ?

12/12/2011 11:53 par Eliane

Bonjour Monsieur,

Je suis une jeune étudiante Camerounaise de Master 2 géographie à l’université de Rouen et le thème de mon mémoire de recherche est intitulé Logique des acteurs et gestion du marché de Château rouge De plus je voudrais savoir si cette controverse continue en ce jour. E t j’aimerai avoir des réactions récentes pour identifier les différents acteurs

Cordialement

Eliane

10/03/2012 00:46 par Châtelainblanc

bonjour,

je me suis installé dans le quartier il y a moins d’un an avec ma compagne mais au nord du quartier...
n’étant pas "parisien d’hier" je savais que ce quartier était très métissé depuis les lois sur le regroupement familial...
beaucoup de nord-africains au sud et africains de l’ouest au nord...
j’étais au courant des trafics de différentes sortes... qu’il allait être dur de trouver une baguette valable
ou un boucher de qualité... j’étais au courant que les rues y étaient plus sales qu’ailleurs et que les prosituées africaines battaient le pavé toute la journée... que les gens pissent partout...
mais franchement les autres quartiers de Paris ont tellement été gentrifiés par des populations elles aussi immigrées mais qui apparemment ne dérangent personne que ce quartier, qui n’était pas plus abordable à la base que le 20éme, le 19éme ou le 10éme, est devenu une évidence pour nous qui cherchions un peu plus grand...
la plupart des propriétaires/locataires du 18éme arrondissement sont des blancs effectivement, qui attendent derrière leurs rideaux que Bertrand Giuliani "civilise" le quartier à grand renfort de HLM octroyés aux amis du régime avec boutique d’ "art floral" ou de meubles design au rez de chaussée ou délivrant des permis de construire aux promoteurs pour y construire des maisons comme dans la rue du Nord par exemple...
ces habitants ne fréquentent le quartier que pour y dormir de toute façon le reste du temps ils bossent ou visitent leurs familles en province...
c’est quand ils commencent à avoir des mômes qu’ils se mettent à fréquenter les réunions de quartier pour réclamer l’élargissement des trottoirs, les pistes cyclables, les crèches et centres aérés bref transformer Paris en un Center Parcs pour CSP+...
je suis originaire d’une banlieue dortoir dont j’ai fui l’ambiance d’entre-soi pour la retrouver en ville finalement...
là où je pense que le propre de la ville est le cosmopolitisme et une certaine insécurité et insalubrité...
de ce point de vue ce quartier est pour moi le dernier quartier de Paris à remplir le cahier des charges...
dans les autres quartiers, qui semblent s’éloigner les uns des autres, je me sens comme étranger
au milieu de cette population de classes "émergentes" de la mondialisation qui prennent Paris pour un hôtel, voire un placement financier...
après quand je parle de propriétaires blancs, sachez que je ne suis pas dans le "black is beautiful"...
le problème des "bobos" qui s’installent dans le quartier juste pour les prix abordables de l’immobilier,
et dont le vernis craque très vite c’est qu’ils manquent de fierté, de dignité... et de culture de Paris aussi...
ce quartier avant les lois sur le regroupement familial était un quartier populaire, relativement anonyme et essentiellement peuplé de blancs...
il n’y a donc aucune raison de s’y sentir mal en tant que blanc, d’autant plus que si c’est le cas le malaise transparaît, la vulnérabilité se fait jour et qui connait Paris sait que c’est une ville cruelle qui ne permet aucune vulnérabilité...
mais ça aussi c’est l’essence même de la ville, la vraie, pas celle des oisifs rentiers que nous préparent
Bertand, Christophe, JC, Bernard et les autres...

04/06/2015 23:46 par Pignate

qui connait Paris sait que c’est une ville cruelle qui ne permet aucune vulnérabilité...

Merci pour cette intervention grâce à laquelle tout devient limpide :
Château Rouge = Paris = la loi de la jungle
Bon sang mais c’est bien sûr, comment n’y ai je pas songé plus tôt !

Tout ceci est donc bien normal. On se demande d’ailleurs pourquoi il faudrait encore payer une police à Paris ! "Ville cruelle qui ne permet aucune vulnérabilité" ... Les forts s’en sortent, les plus faibles pas... et tout va très bien !
Oh j’aime ça ! ... et pour avoir vécu en Afrique, c’est un discours que je connais bien... quel bel avenir en perspective...

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