Utopie concrète, socialisme, éco-socialisme, socialisme du 21ième siècle, Révolution citoyenne...

Changer de peuple ?

Notre peuple est ingrat, obtus, crédule : changeons de peuple ! (ironie).
Il a cru au départ que le « Front de gauche » c’était pour de bon, profond, permanent, large ; offensif : un vrai front quoi, une vraie alternative. Pas une sorte de martingale que l’on ressort à chaque élection et qui fonctionne plus ou moins bien.

Aux présidentielles, le Front a « cartonné », grâce notamment à l’énergie des communistes, à l’amorce d’une dynamique populaire, à sa diversité, et au charisme du candidat, J.L. Mélenchon.
Passées les élections, le Front a été globalement remisé au magasin des « machins » politiques, comme s’il avait peur de son ombre, comme s’il représentait un danger pour les partis de la gauche de rupture.

A ceux qui proposaient de ne pas laisser « retomber le soufflet », d’accueillir les forces nouvelles, jeunes, mises en mouvement, de créer « en bas », partout, des assemblées ou comités de front (à débattre : de gauche, du peuple, de Front populaire ?), informels mais ouverts, vivants, pluriels, dynamiques, horizontaux, sans concurrencer la nécessaire existence de partis, à ceux-là il était fait la sourde oreille. Etait-il si difficile pourtant de mener à la fois une stratégie disons « double », une activité simultanée de parti et de front ? L’une nourrit l’autre, a besoin de l’autre.

A ceux qui pensaient que cette « gauche par le bas » n’était en rien contradictoire avec le besoin d’appareils (dépoussiérés), de structures d’organisation, de directions, le plus collectives possibles, on proposait de s’investir dans des « coopératives » (OPNI : objets politiques non identifiés), des ateliers thématiques regroupant une poignée de spécialistes, mais une poignée seulement, en haut...Bref, des pis aller, freinant la dynamique tout en prétendant l’accélérer (embardées), pour ne pas ouvrir toutes grandes les portes et les fenêtres, au cas où l’on « perdrait la main », où le peuple bousculerait le scénario...Les expériences latino-américaines me paraissent riches d’enseignements à ce sujet. Qui plus est : elles nomment et politisent l’alternative, l’utopie concrète : socialisme, éco-socialisme, socialisme du 21ième siècle, Révolution citoyenne ...Elles décriminalisent la sémantique.

Cette stratégie « par le bas », mariant le mouvement social et « le politique », me semble la mieux adaptée pour gérer les problèmes de l’unité, du rassemblement, notre relation de communistes à la gauche « de gauche » (pléonasme), aux organisations sociales, au tissu associatif, aux syndicats, à tout l’éventail de ceux qui cherchent une alternative anticapitaliste, éco-socialiste, d’émancipation humaine, de partage, de justice sociale, de pouvoir populaire... A trop s’enfermer dans une stratégie « de sommet », on finit par rester « socialo-dépendant », y compris sans le vouloir, à être assimilé au « vieux monde », au « système », voire à « la caste ».

Regagner en crédibilité, en lisibilité, suppose de larguer les amarres, de renouveler les pratiques, les stratégies, le langage, de s’ouvrir à de nouvelles problématiques sociétales, environnementales, de ne plus pratiquer le grand écart, le pilotage à vue... Putain, de l’utopie, du rêve, de l’enthousiasme, de la mémoire, de la solidarité...Donner envie. Parler de révolution...Du souffle ! Pas des petits calculs de boutique, le nez collé sur les « échéances électorales », petit bras... Le risque est grand pour le PCF, plus indispensable que jamais, de stagner à un étiage bas, voire de disparaître. Sommes nous sur la remontée ou à la fin d’une propulsion historique ? Pas de question tabou. Pas de vieux réflexes de mise à l’écart des sensibilités qui interpellent. Reconstruire le temps des camarades...Et que l’on se rassure, j’en serai jusqu’au bout du chemin.

Et comme il faut une fin  :
la nécessaire unité, tant recherchée, sur des contenus de classe, me paraît devoir reposer sur un « bloc social », à la base, le plus large possible, et même structuré. Oui, structuré, de manière souple, avant, pendant et après les élections. Un bloc social, pas un cartel d’appareils.

Jean Ortiz.
Universitaire communiste

COMMENTAIRES  

17/04/2015 17:46 par Dominique

Faut pas rêver, comme le disait très bien Bernard Tapie à Ségolène Royal lors d’un débat télévisé :

"Vous êtes comme les nobles : Vous sortez tous de la même école et vous vous mariez entre vous."

17/04/2015 19:30 par Dwaabala

Le camarade a une vision idéalisée de la présidentielle de 2012.
Elle peut être envisagée comme un « soufflet », mais pas au sens où il l’entend, parce que pendant que J Mélenchon, et parce que c’était lui qui représentait le Front de gauche, « cartonnait »à 11%, Marine le Pen, elle, plafonnait (?) à seulement 16%.

17/04/2015 22:22 par CN46400

"Le risque est grand pour le PCF, plus indispensable que jamais, de stagner à un étiage bas, voire de disparaître. Sommes nous sur la remontée ou à la fin d’une propulsion historique ? Pas de question tabou"

A qui et de qui Ortiz parle ? Le PCF serait-il le seul comptable du reflux ? et les autres seuls comptables des avancées ? A qui imputer le surplace dès que le PCF lève le pied ? Ici on dit que les force manquante sont dans l’abstention, là que ceux qui suivent encore le PS sont irrécupérables, le PCF a-t-il tord de vouloir parler à tous les prolos, tous les dominés, tous les exploités, qu’ils votent ceci ou qu’ils votent cela ? Faut-il, pour satisfaire Valls et Hollande, oublier définitivement le Front popu et le CNR et la participation des socialisants et de pas mal de socialistes à ces avancées ?

Certe, Ortiz est oecuménique pour tous, même pour ceux qui ne le sont pas du tout. Mais il soulève plus de questions qu’il ne propose de réponses. En fait nous sommes, toujours, en 32 ; "que les bouches s’ouvrent", sauf que le PCF n’est pas le seul à être concerné, les autres aussi doivent parler....

18/04/2015 00:49 par Dwaabala

En attendant le « bloc social » (constitué de qui ?), souple et structuré (par qui ?), il faut bien continuer à espérer.

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