Appel d’intellectuels et d’universitaires algériens à la solidarité avec l’Egypte

Djamel LABIDI, Zoubir AROUS

Nous, soussignés, avons jugé nécessaire, face à notre conscience, d’exprimer notre opinion sur la situation actuelle en Egypte.

Nous voulons tout d’abord exprimer notre horreur devant les massacres répétés commis par les autorités égyptiennes actuelles contre des foules innocentes, coupables à leurs yeux d’exprimer leur opinion et leur refus du coup d’Etat militaire.

Ces boucheries ne sont que le prolongement de la violence qui a consisté à renverser par la force un pouvoir qui bénéficiait de la légitimité constitutionnelle et elles font craindre le pire pour l’avenir.

Il ne s’agit pas pour nous de soutenir un parti contre un autre, une partie de la société égyptienne contre une autre, mais d’une position avant tout morale, celle du respect du principe intangible de la souveraineté populaire, celle du respect de la démocratie et de ses règles.

Nous voulons dire, ici, haut et fort, qu’aucune raison ne peut et ne saurait justifier qu’on puisse remettre en cause le résultat d’un scrutin populaire légitime. Nous voulons exprimer, à ce propos, notre tristesse de voir certaines élites arabes se déconsidérer en soutenant un pouvoir putschiste, en s’efforçant idéologiquement de lui construire une légitimité et d’aller jusqu’à tenter d’expliquer les crimes qu’il commet.

Notre attachement à la démocratie est notre conviction qu’elle est la seule voie pour le progrès, la renaissance des pays arabes et leur cohésion nationale. Nous exprimons notre conviction que les problèmes des pays arabes ne peuvent se régler que par le dialogue, de façon pacifique, en dehors de toute violence. Nous exprimons aussi notre profonde angoisse devant le danger terrible de guerre civile que le coup d’Etat fait courir à l’Egypte.

Nous demandons le retour à la légitimité démocratique et constitutionnelle en Egypte, la fin de la répression contre les opposants au coup d’Etat, le respect du droit à manifester pacifiquement ses opinions, que la lumière soit faite sur les récents massacres, sur l’usage de sévices et de la torture et que les coupables soient jugés.

Nous considérons que l’attitude des Etats Unis, des principales puissances occidentales vis-à-vis du coup de force en Egypte est en contradiction avec les règles de la communauté internationale concernant l’illégalité des coups d’Etat militaire, et qu’elle est donc une politique de deux poids deux mesures, marquée par l’ambiguïté, et qu’elle ne fait pas honneur aux principes de la démocratie dont ils se réclament.

Nous appelons enfin l’opinion arabe et dans le monde à dénoncer la répression en Egypte et à exprimer sa solidarité avec les luttes démocratiques du peuple égyptien.

REJOIGNEZ CET APPEL : email : egyptesolidarite@gmail.com

(Liste des signataires au 20 Août 2013)

Pr Djamel LABIDI, Université d’Alger2 ; Pr Zoubir AROUS, Université d’Alger2 ;Pr Ahmed Redouane CHEREFDDINE, Université d’Alger2 ; Dr. Mohamed HENNAD, Ecole nationale supérieure des sciences politiques, Alger ; Hmida AYACHI, journaliste et écrivain ; Me Mustapha BOUCHACHI, avocat et parlementaire ; Dr Mustapha NOUICER, Université d’Alger 2 ; Dr Mohamed AREZKI, Historien ; Dr Khaled BENSMAINE, politologue ; Sohil ELKHALDI, journaliste et écrivain ; Dr Fouad DJEMAI, Université d’Alger 2 ; Dr. Djilali ELMESTIRI, Chercheur au CRASC Oran ; Dr Mehdi Lotfi, Université de Strasbourg (France) ; Dr. Abderrezak MEKKAOUI, Ingénieur, Berkeley, USA ; Dr Fadila BOUAMRANE, Faculté de médecine d’Alger ; Pr Kamel TAIBI, USTHB Algérie ; Abdelaziz HARITI, directeur du Centre "Amel el OUMMA" d’études et de recherches ; Abdelmoumene KHELIL, membre de la Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADDH) ; Mohamed Tahar BENSAADA, enseignant et chercheur, Bruxelles. Hamid Ahmed BENYAGHZAR, Maitre Assistant, Université d’Alger2 ;Farouk Abou Seradj ADHAHAB écrivain et enseignant à l’Université d’Alger, Dr Abdelhaq MAHI, université de Constantine ; Dr Mohamed El Arbi FELLAH, écrivain et universitaire , Université de Bechar ; Dr Abdallah LATRECHE, Université de Tlemcen ; Dr Tahar BELKHEIR, Université d’Oran ; Dr El Arbi ALLALI, Université d’Oran ; Dr Ayoub SELMI, Université d’Alger ; Dr Abdallah HAWADEF, Université de Msila ; Dr Ahmed SENNANI, Université de Biskra ; Dr Youssef ZAAF, Centre universitaire de Relizane ; Dr Abdelkader BERRICHE, Ecole supérieure de commerce, Université d’Alger ; Dr Abdeladhim BENSAGHIR, Université de Biskra ; Dr Djemila MOHAMEDI, Université d’Alger ; Pr Kamel GERGOUR Université d’Oum El Bouaghi ; Dr Dahmen ACHOUR, Université de Msila ; Dr Ahmed GHRABI, Université de Msila ; Dr Said MELLAH, Université de Msila ; Dr Abdessadok ABDELAZIZ Centre universitaire de Relizane ; Dr El Arbi BENSMAINE, Université de Bechar ; Dr Bouabdallah BENSLIMANE, Université de Bechar ; Redouane BENATALLAH, homme politique ; Dr Belkacem ZAKDOUD, Université d’Oum Bouaghi ; Dr Yassine LOQMAN, Université d’Oum Bouaghi ; Dr Salah Djadid, Université d’EL TARF ; Dr Ramdhane ABED, Université El Tarf ; Dr Hussein TOUMI, Sociologue, Université d’Alger 2 ; Dr Ahmed BEKKA, Département de Chimie, Université d’Oran ; Dr Kasmi BAKHTAOUI, Université de Chlef ; Dr Hussein BOUMEDIENE, Université de Tlemcen ; Dr Khelifi ECHEIKH, Université de Tlemcen ; Dr Mohamed LATI, Université de Tlemcen ; Dr Miloud BOURDECH, Université d’Oran ; Pr Omar BOUFELDJA, Chercheur en psychologie, Université de Tlemcen ; Dr El Habib AZZAZ, Université de Mascara ; Dr Cherfi MOULAY IDRISS, Université de Mascara ; Dr BELARBI IBN OMAR, Université de Mascara ; Dr Aicha DEBIB, Université de Blida ; Elhafnaoui BENAMAR GHOUL, journaliste ; Mohamed Farouk BENBEDRA, ingénieur d’Etat ; Salim CHETOUH, écrivain ; Dahman BAGHDALI, Ingénieur d’Etat, Bouira ; Ahmed GHAMIT ; journaliste ; Abdelhamid OTHMANI, journaliste ; Mohamed BELALIA, journaliste ; Amine ZEROUATI, journaliste ; Walid El AQUEL ; journaliste ; Mohamed BOUAZOUZ, enseignant à l’université de Khemis Miliana ; Dr Nacer KASMI, Université de Blida ; Mohamed GHAZI, professeur à l’Ecole normale supérieure, Bouzareah, Alger ; Fares BOUHADJILA, écrivain et enseignant ; Abderachid HADJEB, conteur et romancier, Oran ; Riadh BOUHADJILA, poète ; Youssef DJIRAH, historien ; Aissa BRAHIMI, avocat et ex vice-président de l’Assemblée nationale populaire ; Mahmoud BENSAID, enseignant à l’Université de Laghouat ; Abdelaziz BOUCHKHOU, ingénieur d’Etat ; Naserdine BOUHAMIDA , enseignant à l’Université de Khemis Miliana ; Sadek REBAI, enseignant du secondaire, Alger ; Dr Hmidate RARBOU, Chirurgien dentiste ; Dr Wahib BOUSSAADIYA, Université de Msila ; Dr Abdenour MANSOURI, Université de Msila ; Zohra MILIANI, professeur dans le secondaire, Alger ; Rachid BOUSBAA, professeur de l’enseignement moyen, Alger ; Dr Kacimi BOUDRAA, département informatique, Université de Msila ; Zineddine TOBAL, ingénieur. Ahcene Cherif ABDELALI, ex députe. Naima SALHI, présidente de l’Union nationale des "cadres pour l’Algérie", Abdelkader BERRICHE, professeur à l’Ecole normale supérieure ; Abderrahmane TOUMI, Professeur à l’Université de Boumerdés, Ahmed CHERIT, professeur à l’Université de Blida. Youssef GIRARD, historien ; Yahia MEKHIOUBA, journaliste présentateur sur ALASR TV ; Khaled LAROUSSI MEFTAH, ingénieur. Tawfik TOUDERT, administrateur ; Pr Brahim BOUDERAH, département d’informatique, Université de Msila. Brahim HADDAD, chercheur en unité de développement des équipements solaires. Ahmed MESSAOUDI, inspecteur primaire, Wilaya de Djelfa. Lamria AZZEDINE, maître-assistante, Université d’Alger. Pr Ali BOUAFIA, professeur d’enseignement supérieur Faculté de Technologie, Université Saâd Dahleb de Blida. Abderezak BOUSSALEM, Ingénieur, Constantine. Fawzi HAKIKI, Bibliothécaire, Montpellier, France. Dr Toufik DIDI Pneumologue, Centre Hospitalier d’Annecy. Dr Badia BENJELLOUN médecin Paris. Abdelkader BENBRIK, journaliste Alger. Dr Mohammed DJABALLAH ophtalmologiste. Ali MEBROUKINE, avocat, professeur à l’Ecole Supérieure algérienne des affaires. Ferhat MAGHLAOUI, ingénieur agronome. Dr. Youcef MAHDI, Université de Médéa. Zine CHERFAOUI, journaliste. Badia HAMZA-CHERIF GAOUAR, avocate. Soufiane GASSIS, enseignant à l’Ecole Nationale Supérieure des Travaux Publics (Alger).Bouzid KHIREDINE, Professeur de Physique. Seifddine TABCHOUCHE, doctorant en génie civil à l’université de Biskra. Gamal ABINA, président de l’ََAssociation AMAL Association pour la Mémoire algérienne. Dr Mohammed DJERRAR médecin spécialiste Bordj Menaiel. Abderrahmane BOUZID Expert consultant , LYON France. Mustapha AKACEM, maitre-assistant, Université d’Adrar. Pr Chems Eddine CHITOUR, Ecole polytechnique, Alger. Azzedine DJABALLAH, ingénieur . HADDAD BRAHIM attaché de recherche, Bou Ismail. Dr Mohammed DJABALLAH, médecin ophtalmologiste, El Oued. Bousaid BENAOUDA, ingénieur d’Etat , Relizane. Mohamed TINE, président de l’Association culturelle "El Djahidhia" et enseignant à l’Université. Bachir MEDJDEL, chef d’un service de santé de proximité, Boussaada (Wilaya de Msila). Dr Hocine ZOUBIRI, sociologue, Université Ziane Achour, Djelfa. Gaye El hadji Malick Sy, professeur de français , centre régional de formation de Louga. Abdeldjalil CHACHOUA,.doctorant, Université de Tlemcen. DR Omar RAHAL, médecin, BLIDA. Abderrahmane MESSAHEL, enseignant au Centre universitaire d’El Bayadh. Dr Abdelkader KORICHE, médecin, Tiaret. Hamida NACIB, diplômée en sciences politiques et relations internationales, Alger. Dr Othmane SAADI, écrivain, président de l’Association de défense de la langue arabe. Dr Samir DJIDEL, psychiatre psychothérapeute, clinique "Les Orchidées" ,Andilly, France. Mohamed Amine MENOUR, enseignant à l’Université de Tlemcen. Hocine BEGUENDOUZ, enseignant à l’Université d’Oran. Saïd MOHDEB, doctorant, université Paris 8. Dr Khaled KARA MOSTEFA, médecin généraliste, Constantine. Abdelkader HARICHANE, journaliste- écrivain, journal El Khabar. Fares BOUZENIA, enseignant universitaire et avocat. Belkacem SAADI, journaliste, Londres. Tahar BORKANE, journaliste. AFETTOUCHE ingénieur. Samira LAHMAR, Maitre- assistante , Université d’Alger 2. Bélaid HAMIMI, Administrateur dans la presse écrite, Alger. Djamel ALLAL, enseignant à l’Université Mohamed Boudiaf, Msila .

COMMENTAIRES  

07/08/2013 10:35 par gérard

Notre attachement à la démocratie est notre conviction qu’elle est la seule voie pour le progrès, la renaissance des pays arabes et leur cohésion nationale.

Là est la dramatique, l’épineuse, la "politiquement incorrecte" question : « la démocratie est-elle un "progrès" ? »
Dans un pays comme la France plus ou moins à l’origine de l’expérimentation de ce concept, je peux affirmer...que le résultat... est que c’est de la merde !
Et ça fait combien d’années qu’elle est "au banc d’essais" ?
La période d’essais devrait pourtant être terminée, la conclusion est que ce n’est vraiment pas l’idéal...
Quelles autres solutions ?
Alors là ???
Mon intime conviction est que ce système, déjà à la base d’une imperfection manifeste, appliqué après une "révolution" ne peut pas fonctionner correctement : la démocratie est comme une course de vitesse, il faut de l’entraînement pour s’y lancer...et ça ne se fait pas en quelques mois...et nous n’y sommes toujours pas arrivé depuis 1789 !

07/08/2013 21:57 par Dwaabala

@ gérard
Votre réflexion est courageuse : elle conduit à admettre qu’il y a démocratie et démocratie, c’est-à-dire à se poser la question de savoir quels intérêts elle sert dans un état donné de la société.
Il a été quelques révolutionnaires notoires pour penser que la démocratie au service de la classe des exploiteurs (pour faire gros) ne peut pas se transformer par la vertu du simple vote en une démocratie populaire.
Ce n’est d’ailleurs pas l’opinion du coprésident du FdG ni, et depuis longtemps, celle du PCF.
L’expérience de pays tels que la Bolivie et le Venezuela présente donc le plus grand intérêt, en plus de celui premier et bien concret qu’y trouvent les intéressés, et si tant est que dans ces pays la démocratie s’y succède a elle-même.
Les opposants à l’intérieur disposent de nombreux moyens de s’opposer aux transformations fondamentales et s’ils n’y réussissent pas tout seuls, de l’aide extérieure. Au Chili, le sacrifice de Salvador Allende à la thèse du passage pacifique à la prise en main par le peuple de ses destinées en demeure un triste exemple.
Quant à prôner la démocratie partout et n’importe quand comme le font aujourd’hui les chantres de l’impérialisme... mais la chanson est trop bien entrée dans les têtes, et c’est pour cela que j’ai trouvé votre réflexion étonnante.

08/08/2013 00:53 par goudjide tarik

je suis bpiche baie face au silence international sertou selui de l’algerie qui la rend complice a ses briguant mutin de sissi et ses partisant que je denonce massivement en vue des atrossité qu’il on commis et l’arrogence la vulgarité dans se son leurs adjectif dans il on fait a l’oncontre de la population en egypt et les droit de l’homme en general tgb

11/08/2013 14:58 par habib ayyoub

en Algérie, nous avons eu toute latitude de goûter à la recette de cette démocratie concoctée par un pseudo gauche alliée de tous les pouvoirs militaro-policiers et il nous en a coûté environ 250 à 300 000 morts, des milliers de veuves et d’orphelins, des milliers de disparus, exécutés sommairement pour la bonne cause sacrée de la démocratie selon l’armée et ses sbires...il est absolument vital que nos frères en Egypte arrivent à un arrangement sans violence, après avoir échappé aux "bons conseils"des yankees essentiellement destinés à garantir la sécurité de l’entité sioniste.

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